ELWATAN-ALHABIB
samedi 30 avril 2011
 

MONSIEUR GHOZALI

: TAISEZ-VOUS



Par : Nourredine BELMOUHOUB *


Monsieur Sid Ahmed Ghozali, Vous fûtes Chef du Gouvernement et Vous aviez signé le décret exécutif n°92-75 du 20 février 1992 fixant les conditions de placement dans les centres d’internement crée dans des zones à forte teneur de radioactivité nucléaire, ce dont vous ne pouviez prétendre ignorer. Votre décret génocidaire affiché clairement la nature de cette mesure tout en dissimulant avec une subtilité sournoisement assassine l’objectif éradicateur des commanditaires du crime odieux contre l’humanité, une basse besogne que Vous aviez servilement accepté d’accomplir en décrétant je cite : « Le placement dans un centre de sûreté est une mesure administrative à caractère préventif qui consiste à priver toute personne majeure dont le comportement est susceptible de compromettre dangereusement l’ordre et la sécurité publics ainsi que le bon déroulement des services publics, de sa liberté d’aller et venir en plaçant dans un des centres, créés par arrêté du ministre de l’Intérieur et des collectivités locales ». (Art 2), ce dont je qualifie de mort collective sur ordonnance, Votre acte ressemblait à celui d’un gang monstrueux, à la solde des déserteurs de l’armée française, dont Vous fûtes un sous-intendant.

Dites-moi, dites nous Monsieur Ghozali, Vous êtes vous rendu compte que cette escroquerie politique est la plus abominablement inouïe de tous les siècles, car il faut reconnaitre qu’aucun gouvernement d’aucune nation n’a livré ses propres fils à la radioactivité nucléaire, ignominie la plus abjecte de l’histoire du monde, l’infamie la plus abjecte dont on puisse avoir l’exemple. Rien ne rivalisera avec cet acte qui nous a fait mal et qui continue à nous faire souffrir. Monsieur Ghozali Vous avez agi mal pour le mal et Votre mal nous a fait très mal. Tant de souffrances, tant de vies brisées, tant de sang et de larmes et tant de veuves et d’orphelins, pourquoi ? Pour finir par reconnaitre avoir été le « harki du système » et par afficher le regret d’avoir été contre la volonté populaire, ce repentir n’attenue point nos douleurs. On ne légifère ni sous la botte, ni dans la terreur, ni sur la pression des monstres de la nomenklature, un geste souverain Monsieur Ghozali (tant pis, si c’est un montagnard qui vous le rappelle), n’a d’effet que dans la pleine liberté de l’exercice du pouvoir. J’affirme que ce n’était pas Votre cas, en plus que dans cet enchevêtrement, d’apparentes raisons maffieuses et de folies criminelles de février 1992, comment pouvait-on avoir confiance en de tels « irresponsables » reconnus de semblable essence et d’égale valeur.

Aujourd’hui en faisant l’aveu de Vos erreurs, Vous réveillez en nous nos douleurs et nos peines, ce genre d’honnêteté politique se nommait jadis de la duplicité, naguère encore, cela se châtiait, lorsque l’on ne faisait pas signer à tout un chacun, et à tout propos, des déclarations sur l’honneur, les coupables de forfaitures étaient déshonorés. Monsieur Ghozali a-t-on ravalé l’honneur et rendu inutiles les marques des honneurs dévalorisés ? Je demande à nos académiciens d’inventer un autre terme pour honneur, et de me donner, de l’ancien, une définition adéquate à son actuel sens. Alors le mieux que Vous ayez à faire c’est tout dire, sinon taisez-vous.

* Porte parole du Comité des Internés des Camps du Sud.

 
mercredi 27 avril 2011
 

Assassinat du

Professeur Kerroumi

: Le D.R.S. vire à

l’O.A.S.




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Par Iskander DEBACHE.

Quand on dit « Chassez le naturel » ce n’est qu’une vue de l’esprit tant la réalité est autrement plus amère et sans même aller jusqu’à dresser le moindre procès d’intentions, au chapître des crimes, le D.R.S. n’a pas encore montré sa véritable capacité de nuisance. Le fait est que ce pouvoir est dangereux et comme à l’accoutumée, dès qu’il se sent en situation de danger, il déploie ses escadrons de la mort et dresse les listes de personnalités à abattre. L’assassinat du professeur Kerroumi n’étant que l’introduction à un vaste programme de liquidations physiques et d’assassinats ciblés. Désormais, la machine de mort est relancée, nous savons à quoi nous attendre. Nous en avons l’habitude…

Les conclusions supposées de l’enquête présentées par Algérie-Focus ne collent pas! Exécutant les ordres de son officier traitant, le journal a envoyé un ballon d’essai pour jauger les réactions possibles. Après, ils passeront à autre chose. De toutes façons cette solution ne les arrange pas, une personne physique qui aurait avoué le meurtre même sous la contrainte ou l’intimidation pourrait tôt ou tard se rebeller et les mettre en accusation! A ce propos, Le cas de Malik Medjnoun est très éloquent…

Passés maîtres dans l’art de pousser au crime et marcher dans la procession du défunt, leur scenario est bien rodé. Dans quelques jours leur presse aux ordres tout à coup de nouveau rentrée sagement dans le rang, annoncera la mort d’un Islamiste anonyme à l’issue d’un accrochage avec les forces de l’ordre, un enième émir Abou-Foulène-El-Foultènaoui qu’ils auront pris soin de présenter en coupable désigné pour l’assassinat du professeur Kerroumi. Avec un peu de chance, ils enverront leur pleureuse de service Hamraoui Habib Chawki à l’enterrement de la victime pour verser des larmes de saurien devant les caméras de l’E.N.T.V. et les rédactions mises en place pour donner l’illusion d’un pluralisme médiatique de façade joindront leur voix à la meute pour hurler au crime Islamiste. Pour tenter de dissiper les doutes et en guise de bonne foi, il leur suffira tout au plus de s’offusquer publiquement en affichant des mines de vierges effarouchées puis de fustiger le sceptiques du « Qui-tue-qui » selon la formule préfabriquée et le tour sera joué….Il n’y aura ni enquête, ni expertise, ni ouverture d’information, ni Sidi Zakari comme si la diarrhée médiatique édulcorée bien qu’invérifiée du fait divers pouvait justifier et en même temps suffire à elle seule pour s’affranchir de toute exigence d’investigation et de justice impartiale.

Avec ce dernier crime, le D.R.S. n’a fait que renouer avec les causes profondes de sa génèse ou plutôt de sa mise en place au début des années quatre vingt dix. La seule question qui reste à se poser serait: Et maintenant, à qui le tour?

Le coup d’état de Janvier 1992 était la réaction de défense d’une bourgeoisie comprador parasite habituée à pomper dans la rente pétrolière et qui n’entendait pas se laisser déposséder de ses privilèges à l’issue d’élections favorables au F.I.S. La suite est connue: Le coup d’état a suscité une réprobation mondiale et poussé dans ses derniers retranchements, la pouvoir a déployé sa stratégie de la terreur.Un Putch de généraux suivi d’une stratégie de la terreur n’est pas quelque chose de nouveau en Algérie. L’O.A.S. l’avait déjà fait à la différence près que pendant la décennie noire, le crime avait du point de vue de la junte quelque chose de préventif. Les listes de personnalités à abattre étaient étudiées et conçues de manière à cibler tout ce qui potentiellement exhalait des relents d’opposition crédible. Aujourd’hui les choses ont changé, le D.R.S. et ses hommes de main ne tuent plus pour prévenir un changement, ils tuent par instinct de vengeance, parce qu’ils savent que désormais tout est fini, ce qui les pousse à pratiquer la politique de la terre brûlée comme autrefois l’O.A.S.

Iskander DEBACHE.

 
samedi 23 avril 2011
 

Algérie: L’assassinat du

Professeur Kerroumi est la

preuve que le régime n’a

pas changé.





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Si l’épouse du Professeur Ahmed Kerroumi a affirmé, avec autant d’assurance et aussitôt que le corps sans vie de son époux a été découvert, que celui-ci a été assassiné, c’est qu’elle a de sérieuses raisons de le croire. Cette dame, qui a pu surmonter sa douleur, pour prendre des photos de la victime et des lieux où elle a été découverte, s’attendait vraisemblablement à une manipulation de l’enquête qui allait être diligentée.
Son attitude est tout simplement dictée par l’absence de confiance en la justice, et en la police, de son pays. Elle a pris ces photos, et fait ces déclarations fracassantes et sans appel, parce que comme tous ses compatriotes, elle connait la nature du régime, la totale soumission de la justice à ceux qui dirigent ce pays, et l’usage quasi-mafieux que ces derniers font de ce qui est très outrancièrement qualifié de « services de sécurité ».
Il y a peu, avant que le dispositif scélérat d’auto-amnistie, proclamé très pompeusement « Charte pour la paix et la réconciliation nationale », ne soit rendu effectif par un décret présidentiel, l’assassinat d’opposants politiques, voire même d’alliés du régime, par ses propres « services de sécurité », les enlèvements, les séquestrations dans des lieux de détention épouvantables, la torture, d’une bestialité inouïe, et les exécutions sommaires, sur le bord des routes, ou du haut d’hélicoptères, d’où on précipitait ces mêmes personnes qui avaient été enlevées, séquestrées et torturées, était monnaie courante.
Tous les Algériens savaient parfaitement à quoi s’en tenir. Les « honorables agents de l’Etat » tels que spécifiés par la « Charte pour la paix et caetera « ne prenaient même pas la peine de se faire discrets. C’est à peine s’ils n’organisaient pas des visites publiques des endroits où ils faisaient subir l’enfer à leurs victimes. Nous les avons vus dans leurs oeuvres, en ces temps où même certains journalistes caracolaient fièrement sur les pistes de danse des Gasbathèques en exhibant, mine de rien, les pistolets de gros calibres qui leur faisaient des bosses sur le coeur, ou le derrière. J’ai entendu un jour, de mes propres oreilles, une de ces brutes ignobles, un capitaine des « forces spéciales », se vanter d’énucléer ses victimes avec une fourchette, et de les obliger à se sodomiser les unes les autres, avant de leur ôter la vie.
Les seules personnes qui semblaient ne pas croire à ces pratiques massives, systématiques, systémiques et généralisées, étaient les journalistes payés pour mentir aux opinions publiques internationales et Rezzag Bara, le Président de l’Observatoire des Droits de l’Homme, ce ver rampant, qui se sustentait du sang des victimes.
C’était leur boulot de nier l’indéniable, d’étouffer les cris des , de travestir des assassins de masse, sadiques de surcroît, en sauveurs de la république. Ils y étaient grandement aidés par les islamistes armés, qui apportaient de l’eau au moulin de la propagande du régime, en hachant menu des civils innocents, en violant les femmes de la « ghanima », et en égorgeant des jeunes appelés pendant qu’ils appelaient leur maman, et de s’en vanter lors d’interviews accordés à la presse du régime.
Et donc, ces « islamistes » qui faisaient leur djihad en égorgeant des adolescents, et en violant des petites filles, et qui collaboraient très activement avec les « agents honorables de l’Etat », qui assassinaient des recteurs d’université, des journalistes, des artistes et même des généraux, et qui, les un et les autres, amassaient des fortunes colossales, ont commis, dans l’impunité la plus totale, des crimes contre l’humanité, et des crimes de guerre, à une échelle qui aurait provoqué une indignation planétaire, si elle n’avait été confinée au huis clos, grâce à la complicité active de la « presse la plus libre du monde arabe ».
Lorsque le sang des innocents a fini par déborder le black-out, et par interpeller les consciences, le spectre de poursuites pénales internationales a commencé à planer au dessus des certitudes. C’est le moment qu’a choisi le Président Boutelflika pour évacuer son concurent Benflis, en promettant aux généraux qu’il leur apporterait leur amnistie sur un plateau d’argent, s’ils lui permettaient de violer la constitution, qui limitait à deux le nombre de ses mandats présidentiels. Tout ce beau monde se mit donc d’accord sur cette grosse arnaque. Toi et tes frères, et ton clan d’Oujda, et tes agents américains, et tes émirs chasseurs, et tes businessmen égyptiens, et toute ta smala vous gardez les clés de la maison, et nous les chwakars, les vampires, les bouffeurs de caviar à la louche, après avoir été les goinfrés de méchouis bédouins, nous gardons les clés de votre liberté. Et la populace, le ghachi, les brosse à reluire, et les lécheurs en tout genre, on les laisse se trucider les uns les autres. Il n’y a pas plus cruel tortionnaire, ni pire assassin, que celui qui vient de la populace. A-t-on jamais vu un général faire la sale besogne ? Non, bien sûr. Il y a suffisamment de chiens dans la foule, pour qu’on mette nous-même la main à la pâte.
Et c’est à peine si le dispositif honteux qui fut imposé aux Algériens, n’exigea pas de ceux-ci de demander pardon à leurs propres tortionnaires. Islamistes « dihadistes » et « agents honorables de l’Etat », furent donc lavés des « accusations ignobles » qui pesaient sur eux, et ils purent, enfin, se consacrer à d’autres activités que le meurtre et le carnage, celles surtout qui consistaient à gérer les fortunes qu’ils avaient amassées sur des tas de cadavres.
Nombreux, qui se voulaient pratiques, et qui usèrent de leur capacité à agiter l’épouvantail de la terreur si le peuple n’acceptait pas la seule issue qu’on lui laissait, de ne pas demander de comptes à ses bourreaux, ont pu convaincre que cette amnésie honteuse et injuste pour toutes ces victimes qui avaient été taillées en pièces, qui avaient été énucléés avec des fourchettes, qui avaient été violées, dont on avait violés les filles et les fils sous leurs yeux, et qui avaient été réduits en charpie, était la seule issue possible. Un vrai chantage: Accepter de tourner la page, sans la moindre question, soit continuer à subir l’horreur.
Et le peuple n’eut pas d’autre choix que d’accepter cette honteuse compromission. Hormis quelques voix d’hommes et de femmes d’honneur, personne ne se dressa contre cette ignominie. Ni les démocraties occidentales, ni les partis politiques algériens, ni les défenseurs des Droits de l’Homme, et encore moins les journalistes algériens, hormis ceux qui se confinèrent à rejeter l’amnistie des seuls islamistes, comme si l’on pouvait dissocier des auteurs d’un même crime, juste parce que les uns portaient une barbe, et d’autres une casquette.

Aujourd’hui, avec cet assassinat du Professeur Kerroumi, les clients de la paix publique à tout prix, et les béats de toute sorte, découvrent que rien n’a changé dans la nature profonde de ce régime criminel. Les dispositifs sur l’auto-amnistie n’y changeront rien, si ce n’est une impunité institutionnalisée.
Ceux qui ont assassiné des dizaines de milliers de nos compatriotes, qui ont torturé, violé, et commis des exactions aussi nombreuses qu’elles sont inqualifiables, et qui se vautrent publiquement dans cette impunité officielle et officialisée, qui continuent de convoquer des patrons de presse pour leur dicter des lignes de conduite, et qui vont jusqu’à déborder des frontières du pays, pour voler au secours d’un Kadhafi, ces gens là, ces assassins là, ne cesseront de nous hanter, et de répandre le sang de nos compatriotes que si nous les traduisons devant la justice, que nous leur demandions des comptes, sur tous leurs crimes, sur leurs avoirs financiers, sur leurs complicités, et même sur les cas de haute trahison dont ils se sont rendus coupables. Pour cela, nous devons nous révolter, chasser ce régime odieux, créer une justice qui n’obéissent au’au Peuple algérien, des services de sécurité qui n’obeissent qu’à la Loi, et des Institutions qui sont au service du peuple. Ce jour là, des hommes comme notre cher disparu, le Professeur Ahmed Kerroumi, pourront vaquer à leurs devoirs civiques sans être assassinés par des chiens.

Il ne nous reste plus qu’à nous hisser à notre responsabilité, à recouvrer notre nature d’Hommes et de Femmes dignes de ce nom, ou à nous taire à jamais, et à rentrer dans notre niche.

D.Benchenouf

 
vendredi 22 avril 2011
 

L’IDENTITÉ ET LE SYSTÈME ÉDUCATIF

:Les grands oubliés du discours du

Président Bouteflika








«Observons les nations développées : en quoi nous ont-elles dépassé? Elles nous dépassent par la connaissance.»

Mohamed Boudiaf



Professeur Chems Eddine Chitour
Vendredi 22 Avril 2011

L’IDENTITÉ ET LE SYSTÈME ÉDUCATIF :Les grands oubliés du discours du Président Bouteflika

Le dernier discours de Monsieur le Président m’a donné l’impression d’un
goût d’inachevé. Deux dimensions importantes ont été omises. Il s’agit,
d’abord, de la nécessité de réconcilier le peuple algérien avec son
identité au moment où l’Algérie se devait de célébrer le trente et
unième anniversaire du Printemps amazigh dans une vision oecuménique tant il
est vrai qu’une identité assumée dans ses multiples dimensions est notre
plus sûre défense immunitaire contre l’anomie du monde. Que l’on ne s’y
trompe pas. Le pays va mal, la vague contestataire, quoique généralisée, ne
dépasse pas pour le moment le seuil d’une contestation à caractère social.
Grâce à la généreuse manne pétrolière, le pouvoir peut l’éteindre
facilement. Mais l’absence de courroies de transmission démocratiques entre
l’Etat et la société est annonciatrice de perspectives dangereuses pour la
paix civile.

Face à l’impuissance d’un syndicat national dépassé et discrédité en
raison de son inféodation au pouvoir, l’intransigeance de syndicats autonomes
qui se développent rapidement n’est pas toujours un facteur de progrès comme
on peut l’espérer tant l’impatience et l’inexpérience peuvent aisément
prêter le flanc à des manipulations politiciennes et «diplomatiques»
douteuses. De son côté, le radicalisme d’une jeunesse désespérée et
dépolitisée est utilisé par les lobbies de la rente dans leur chantage
quotidien contre toute tentative d’encadrement juridique et administratif
d’une économie informelle qui brasse des milliards comme on l’a vu lors des
émeutes de janvier dernier.

Les dynamiques mondiales souterraines font de l’errance identitaire leur
fonds de commerce. Un exemple,? Personne ne savait qu’il y avait quarante
tribus en Libye, que la tribu dominante est celle des Kadafa et que la Libye
n’est pas un Etat au sens occidental du terme. En clair, la partition
inexorable ne changerait rien. Il nous a fallu quarante ans pour le découvrir
Qui empêcherait les officines occidentales de réfléchir à cela, s’agissant
de l’Algérie? D’autant que subitement, l’Occident découvre que dans les
pays arabes il y a des peuples qui aspirent à la liberté. C’est le sens à
titre d’exemple, du conclave au ministère français des Affaires étrangères
où nous avons vu Alain Juppé faire, à peu de frais, le mea culpa de la France
pour avoir soutenu les dictateurs contre leurs peuples.

Ainsi et comme l’écrit Jean-Christophe Ploquin, lors d’un colloque
organisé par le ministère des Affaires étrangères à Paris, le chef de la
diplomatie française a tendu la main aux mouvements islamistes qui respectent
l’Etat de droit, les principes démocratiques et le refus de la violence. La
France veut jeter un regard positif sur le «printemps arabe». Sa diplomatie
entend être plus à l’écoute des sociétés qui réclament libertés,
dignité et emplois. Elle juge que cette région renoue avec une tradition
d’ouverture qui s’était déjà manifestée plusieurs fois à travers
l’Histoire. Et elle entend oeuvrer pour soutenir les mouvements démocratiques
et peser sur les régimes réfractaires au changement. Telles sont les
indications données samedi 16 avril au soir par Alain Juppé, en conclusion
d’un colloque d’une journée qui s’est déroulé à l’Institut du Monde
arabe à Paris sur ce thème du «printemps arabe». Pour Alain Juppé, en tout
cas, le jeu en vaut la chandelle et il est temps d’écrire une nouvelle page.
«Trop longtemps, nous avons brandi le prétexte de la menace islamiste pour
justifier une certaine complaisance à l’égard de gouvernements qui
bafouaient la liberté et freinaient le développement de leur pays», a-t-il
déclaré à la fin du colloque. Aujourd’hui, c’est «la flamme de la
liberté qui se propage dans toute la région». «Ce printemps arabe ne doit
pas nous faire peur, a-t-il poursuivi.(1)

On l’aura compris, l’Algérie doit se battre. « A l’est, comme
l’écrit Isabelle Mandraud du journal Le Monde, une révolution et une guerre.
A l’ouest, bousculé par des manifestations, un roi s’engage dans une
réforme politique qui, au passage, arrimera solidement, espère-t-il, le Sahara
occidental à son royaume. Entre ses remuants voisins tunisien, libyen et
marocain, l’Algérie, le plus grand pays du Maghreb, est à l’étroit dans
ses frontières. Faisant ses adieux en quittant son poste le 24 mars,
l’ambassadeur des Etats-Unis à Alger, David Pierce, a averti : «L’Algérie
n’est pas immunisée contre les changements.» Les difficultés
s’accroissent pour les autorités algériennes, qui tentent de tenir tous les
bouts de la chaîne : se prémunir de la «contagion» des mouvements du Monde
arabe et apaiser la contestation qui monte de tous côtés sur son propre sol,
maintenir des relations de bon voisinage avec des pays devenus instables,
surveiller et mettre à l’abri un territoire qui a déjà connu une décennie
de violence ».

Le danger Aqmi

« Le front libyen constitue aujourd’hui la première source d’inquiétude.
L’organisation djihadiste Al Qaîda au Maghreb islamique (Aqmi), dont les
chefs sont algériens, pourrait «accaparer un armement lourd et sophistiqué de
nature à mettre en péril la sécurité dans cette région et bien au-delà»,
a fait valoir, mardi 5 avril, Abdelkader Messahel, ministre délégué algérien
chargé des Affaires maghrébines et africaines, en évoquant la situation en
Libye. Pour les opposants au régime algérien, l’argument de la sécurité
est entaché de soupçons, nourris par les rumeurs sur une aide à Mouamar El
Gueddafi qu’Alger s’emploie à démentir. Cernée sur sa droite comme sur sa
gauche par des mouvements importants, l’Algérie voit donc augmenter le péril
qu’il y aurait pour elle à rester immobile. D’où la levée de l’état
d’urgence qui était appliqué depuis dix-huit ans ; d’où, aussi, la
résurrection d’un vieux débat autour d’une Constituante. Mais ce que
montre surtout la nouvelle donne du Maghreb, c’est l’isolement
aujourd’hui, sur la scène internationale, de l’Algérie ».(2)

Ceci est clair, l’Occident va changer de fusil d’épaule, il va jouer les
peuples ou, mieux encore, les jeunesses arabes contre leurs gouvernants. Ceci
nous amène encore une fois à dire tout notre scepticisme concernant le
printemps arabe téléguidé sûrement de l’extérieur. Ces révolutions ou
révoltes ont pu s’épanouir à des degrés divers car le terreau était
favorable et là encore le discours du Président était en décalage avec la
jeunesse. Que l’on interroge le personnel politique des deux bords, on
s’aperçoit qu’il y a une complicité objective. Ils apprécient
différemment le discours, mais la jeunesse profonde, celle qui représente les
trois quarts de la population, n’a pas son mot à dire et ce n’est pas
quelques jeunes soigneusement triés pour chanter en coeur qui donneront le
pouls de cette jeunesse qui rêve de réussir sa vie, qui veut bien se sentir
dans le pays, qui ne veut pas mourir en mer qui, réellement n’a pas de pays
de rechange, contrairement à ceux qui quittent le navire quand il est en
perdition pour aller vers des cieux plus cléments et qui reviennent ensuite en
touristes dire «Il n’y a qu’à...» se prenant pour des messies en face
d’un pays convalescent et qui peine à se redéployer.

Que veulent les satrapes qui, à des degrés divers, ont confisqué la parole,
le pouvoir? Continuant un discours de courtisan qui donne la nausée, ils
prônent une Algérie installée dans les temps morts, coupée de sa jeunesse et
ceci en ameutant le ban et l’arrière-ban pour faire croire grâce à
«l’Unique» que tout va bien madame la Marquise, que tout est sous contrôle
et que la rente pourrait durer mille ans pour couvrir leur gabegie. Cruelle
erreur! l’Algérie ne va pas bien, elle est attaquée de toute part, et ce
printemps arabe, va nous atteindre d’une façon ou d’une autre.

Le redécoupage du monde doit nécessairement atteindre un domino central :
l’Algérie. Supposons que nous sommes dans une situation de chaos! qu’on se
le dise, nous sommes partis encore pour un demi-siècle de déstabilisation qui
installera définitivement l’Algérie dans les zones grises. Certes, nous
aurons un nouveau paysage politique avec un vernis de démocratie de liberté.
Ce qui est sûr, c’est que l’Algérie de nos rêves, celle pour qui la fine
fleur de ce pays a été fauchée, appartiendra définitivement à l’Histoire
Il me semble que la culpabilité du régime, du fait de sa fragilité, provient
du fait que face à la difficulté, on ne sent pas que nous avons en face de
nous un Etat stratège qui fait dans la pédagogie et qui a une vue d’ensemble
des problèmes. Cette distribution tous azimuts de la rente donne l’impression
que le gouvernement, dos au mur, pense gagner du temps et calmer les rues par le
démantèlement des règles que nous avons mis cinquante ans à édifier.

A titre d’exemple, les augmentations des différentes catégories ne rentrent
pas dans une grille unique de la Fonction publique qui donne l’impression que
c’est une juxtaposition de statuts particuliers, chacun étant plus
particulier que l’autre dans l’opacité la plus totale, chaque corps pensant
avoir touché le gros lot. On l’aura compris, face à un gouvernement attaqué
à la fois de l’intérieur et de l’extérieur, et lâchant du lest, les
citoyens voient qu’ils peuvent régler leur problème par l’émeute ou par
les rassemblements. De plus, ceci est dangereux car il n’est pas demandé de
contrepartie. A titre d’exemple, la revalorisation des salaires des
enseignants n’a pas boosté l’université. Elle continue sur une cinétique
de contemplation des convulsions de la société sans y prendre part, n’étant
pas sollicité. Quand on dit que des milliers de diplômés ont quitté le pays,
il faut s’interroger pourquoi. Certes, on peut penser que certains ont
privilégié leur carrière. Est-ce à dire comme certains journaux
l’écrivent, sans savoir que tous ceux qui sont restés au pays sont du bas de
gamme? Non! ce n’est pas vrai! Il y a aussi une explication, peut-être que
ceux qui sont restés aiment aussi le pays et ont sacrifié leur carrière.

Ceci m’amène au deuxième oubli du discours de Monsieur le Président : la
formation des hommes. Si nous avons réalisé des routes, construit des
logements, amené de l’eau, c’est très bien, mais cela ne crée pas de la
richesse. Il faut savoir que notre système éducatif est en panne, notre
baccalauréat ne permet plus l’ascension sociale, banalisé et, réduit à un
ventre mou constitué par les lettres et les sciences naturelles, il a perdu les
disciplines mathématiques et physiques dont le pays a cruellement besoin. Les
baccalauréats mathématiques techniques et élémentaires ont pratiquement
disparu. On ne forme pas un ingénieur justement avec un bac sciences

Justement, à propos de la formation d’ingénieur, il est tragique de
constater qu’elle a disparu. Le plan énergie renouvelable, bien
qu’incomplet parce qu’il n’est pas adossé à une stratégie énergétique
d’ensemble, a besoin de milliers d’ingénieurs et de techniciens Au moment
où en Europe, les perspectives montrent que les futurs emplois seront de plus
en plus qualifiés comme nous lisons dans le Rapport publié par la Commission
européenne qui révèle que les pays de l’UE ont amélioré leurs systèmes
d’éducation dans des domaines essentiels au cours des dix dernières années.


Depuis 2000, l’Union est parvenue à relever de 37% le nombre des diplômés
en mathématiques, sciences et technologie, ce qui est largement supérieur à
l’objectif de 15% qu’elle s’était fixé. Androulla Vassiliou, commissaire
européenne à l’éducation, a déclaré à ce propos : «La bonne nouvelle,
c’est que les niveaux d’éducation européens se sont considérablement
améliorés. Le nombre de jeunes qui achèvent le second cycle de
l’enseignement secondaire ou obtiennent un diplôme de l’enseignement
supérieur est plus élevé qu’il y a dix ans.(3)

Réhabiliter l’Université

L’Université algérienne doit réhabiliter la formation d’ingénieurs et
de techniciens par milliers. Au lieu de s’acharner sur les Ecoles, il faut les
multiplier à l’infini. Le destin du pays qui repose sur ses élites doit se
décider en Algérie, nous n’avons pas besoin de tutelle qui doit nous
indiquer si nous sommes sur la bonne voie ou si nous devons encore faire des
efforts pour arriver à la norme, qui, on l’aura compris, est dictée par
l’Occident, notamment paléo-colonial. Il serait tragique que la formation des
hommes soit sous-traitée à l’extérieur. J’en appelle clairement à la
remise sur rail, avant qu’il ne soit trop tard, de la formation technologique
dans le pays, en réhabilitant la discipline des mathématiques, des
mathématiques techniques, en revoyant fondamentalement la formation
professionnelle, et naturellement en redonnant à la formation d’ingénieurs
ses lettres de noblesse.

Dans la cacophonie actuelle, ce qui restera dans le futur ce sont les hommes et
les femmes bien formés, fascinés par le futur et dont l’Algérie aura
besoin. Le destin de l’Algérie se jouera assurément dans cette génération,
soyons au rendez-vous de l’Histoire! Les conditions critiques d’implosion
demeurent, les frustrations persistent, les perspectives s’assombrissent et
enfin les fondements d’un développement durable du pays ne sont toujours pas
réalisés. Si nous nous arrêtons aux équilibres macroéconomiques et la
dette, il est évident que nous avons bénéficié d’une conjoncture favorable
à nos exportations d’hydrocarbures et de bonnes conditions pluviométriques
qui nous donnent un peu de répit. Cette embellie est indépendante de nos
efforts.

Seul le parler vrai, l’assumation sereine d’un passé dans toutes ses
dimensions, permettra de remobiliser le peuple algérien, en dehors des partis
politiques dont on connaît les limites. Saurons-nous alors, tous ensemble,
trouver le secret pour sauver l’Algérie en offrant à cette jeunesse en panne
d’espérance une perspective pour le futur autrement que par le mimétisme
ravageur d’un Occident sûr de lui et dominateur? La question reste posée

1.Jean-Christophe Ploquin. Alain Juppé veut que la France change son regard
sur le Monde arabe. Journal La Croix 17.04.2011

2.Isabelle Mandraud. L’isolement de l’Algérie, à l’étroit dans ses
frontières. Le Monde 08.04.11

3.http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=IP/11/488&format=HTML&aged=0&language=FR&guiLanguage=fr


Pr Chems Eddine CHITOUR

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

Vendredi 22 Avril 2011
 
jeudi 21 avril 2011
 

Violent réquisitoire de Sid Ahmed Ghozali : «Le régime actuel est pire que les islamistes»

L’ex-Chef du Gouvernement, Sid Ahmed Ghozali, a accusé clairement «une partie du régime» d’être responsable de l’assassinat de l’ex-Président algérien Mohammed Boudiaf. «C’est connu, j’ai décidé de démission du Gouvernement après la mort de Boudiaf. Ceux qui n’étaient pas convaincus du choix de Boudiaf à la tête de l’Etat sont derrière cet assassinat», lâche Ghozali, dans un entretien publié par «Waqt El Djazaïr».

C’est la première fois qu’un ex-responsable algérien, ayant gouverné durant l’ère Boudiaf de surcroît, conteste ouvertement la version officielle qui plaide «l’acte isolé». «Après l’assassinat de Boudiaf, j’ai décidé de démissionner. A l’époque, j’avais rédigé une lettre explicative de quatre pages dans laquelle j’explique beaucoup de choses à propos de l’assassinat de Boudiaf et les raisons de mon retrait. Cette lettre n’a jamais été publiée par nos médias», précise SAG.

Ce dernier a aussi évoqué l’arrêt du processus électoral en 1992 : «Si j’avais su que l’Algérie déboucherait sur la situation actuelle, je n’aurais jamais encouragé l’arrêt du processus électoral lorsque le FIS l’avait remporté. A l’époque, je croyais que cet arrêt éviterait à l’Algérie de tomber sous la botte d’un régime autocratique. (…) Aujourd’hui, je me rends compte que le régime actuel est pire que les islamistes. Je ne regrette rien parce que j’étais convaincu que le régime retiendrait la leçon. (…) Mais je suis surpris de constater que l’Algérie va de mal en pis», martèle Ghozali.

Ali B.

 
mardi 19 avril 2011
 
La Grande-Bretagne et la France préparent leurs plans de guerre

L’Axe du Mal colonialiste prépare

l’invasion de la Libye (Answer)






Brian BECKER


Le décor est désormais planté pour une invasion impérialiste de la Libye. La Grande-Bretagne, la France et les Etats-Unis ont décidé de renverser le gouvernement Libyen.

Frustrés par l’échec de la campagne de bombardements de l’OTAN qui n’a pas donné la victoire aux rebelles anti-Kadhafi, les puissances principales de l’OTAN se préparent à une escalade dans la guerre. Elles espèrent que la menace d’une escalade convaincra Kadhafi et ses amis de quitter le pouvoir tout comme la menace d’une invasion en juin 1999 avait convaincu Milosevic de capituler et permettre aux forces de l’OTAN d’occuper le Kosovo. Une autre alternative sera de procéder à une invasion militaire du pays.

« … il est impossible d’imaginer l’avenir de la Libye avec Kadhafi au pouvoir, » ont écrit Barack Obama, Nicolas Sarkozy et David Cameron dans un article commun publié simultanément dans le New York Times et plusieurs journaux européens le 15 avril.

Dans cette dernière déclaration publique, le prétexte invoqué initialement de « protéger les civils » dans la guerre civile Libyenne (Résolution 1973 adoptée au Conseil de Sécurité de l’ONU le 17 mars avec l’abstention de la Russie, la Chine, l’Allemagne, le Brésil et l’Inde) a été substituée par l’intention de remplacer le gouvernement Libyen par un nouveau régime docile dans le pays qui détient les plus grandes réserves de pétrole du continent africain.

« Aucun accord politique qui maintiendrait en place le dictateur n’est viable. L’Occident et ses partenaires doivent se préparer à exercer une pression politique, économique et militaire jusqu’à son départ, » déclare le New York Times dans un éditorial du 15 avril.

Ne vous laissez pas berner par la motivation antidictateur affichée par le New York Times. Lorsque la CIA et les services de renseignement britanniques ont renversé le gouvernement démocratiquement élu du Dr. Mohammad Mossadegh et l’ont remplacé par la dictature du Chah, le New York Times a écrit dans son éditorial : « les pays sous-développés riches en ressources ont désormais reçu une leçon sur le lourd prix qu’aura à payer celui qui oserait s’aventurer dans le nationalisme fanatique. »

Mossadegh avait mérité l’étiquette de « fanatique » parce qu’il avait osé nationaliser la compagnie pétrolière Anglo-Iranian Oil Company (alias British Petroleum) et consacrer ses revenus à sortir le pays de sa misère profonde.

Toutes les victimes des invasions impérialistes et « changements de régime » ont fait l’objet d’une diabolisation en bonne et due forme. De l’Iran en 1953, le Guatemala en 1954, le Congo en 1961, la Grenade en 1983, le Panama en 1989, la Yougoslavie en 1999, l’Afghanistan en 2001 et l’Irak en 2003, le processus de diabolisation des dirigeants est un préalable à l’agression. Les motivations des envahisseurs sont pures et nobles. Les bombes larguées sont intelligentes. Elles ne tuent que les méchants et les ennemis de la liberté.

En ce moment, les politiciens corrompus des deux côtés de l’échiquier à Washington, depuis les Républicains du Tea Party jusqu’à la plupart des Démocrates, font taire leurs divergences et joignent leurs voix dans la condamnation du démon tandis que les troupes se préparent, que les avions décollent et que les missiles de croisière s’abattent sur leurs cibles. Ce sont des patriotes fidèles à l’Empire et savent qu’ils peuvent rapidement perdre leur emploi privilégié et choyé de « représentants du peuple » s’ils s’aventuraient à défier la machine de guerre et son appareil de propagande médiatique. Car eux aussi pourraient se voir diaboliser s’ils franchissaient la ligne.

Le peuple des Etats-Unis ne veut pas de cette guerre. Il veut la fin des guerres en Afghanistan et en Irak – deux autres guerres au service de l’Empire. Il n’est pas dupe des mensonges du gouvernement qui affirme que le pays n’a plus d’argent pour payer des enseignants, des infirmières et autres travailleurs du secteur public et qui dans le même temps mène une politique impérialiste à l’étranger au profit des plus grandes banques et compagnies pétrolières et pour qui il n’y a plus de problème de trésorerie lorsqu’il s’agit d’envahir et d’occuper un pays où vivent d’autres travailleurs.

Brian Becker

Coordinateur national de la coalition ANSWER

http://www.answercoalition.org/nati...

Traduction "Le journal le Monde titrera-t-il un jour "Nous sommes tous des salauds" ?" par VD pour le Grand Soir avec probablement les fautes et coquilles habituelles.

URL de cet article 13452
http://www.legrandsoir.info/L-Axe-du-Mal-colonialiste-prepare-l-invasion-de-la-Libye-Answer.html
 
dimanche 17 avril 2011
 

Al Qaida: Imposture

ou soucis

sécuritaires .?



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Mahmoud Hammana

Dans son édition d’aujourd’hui,17/04/2011,le quotidien arabophone pro-gouvernemental « Echourouk » publie à la une :
« selon une source bien informée,DROUDKAL rapporte que l’organisation « El qaida « a profité de la guerre pour implanter cinq camps d’entrainement en Lybie » et de poursuivre » que ses combattants ont reçu ou réussi à récupérer des armes depuis les stocks d’armement de Kaddafi ».Pour conclure « que les craintes algériennes quant à l’extension de la guérilla à notre territoire se trouvent fondées ».

Une telle version de ce qui pourrait etre des retombées de la crise lybienne sur la situation dans notre pays déjà explosive eu égard au ras- le- bol du citoyen aux prises avec la succession de crises qui secouent le pays et qui sont à l’origine des émeutes jusque là épisodiques dans bon nombre de villes à travers le territoire national mais appelées à dégénérer en évènements sanglants qui placeront le pays dans le sillage du printemps arabe en vertu de la logique indépendantiste d’un peuple issu d’une colonisation des plus barbares de plus d’un siècle et demi et qui voit son indépendance passer de la domination militaire d’une puissance étrangère au néocolonialisme d’une régence encore plus inique de ses supplétifs qui furent préparés de longue date à ce dessein ,permet d’envisager corrélativement deux cas de figures:

Si l’on considère que cette organisation fantome fait toujours apparition au gré des convenances des superpuissances afin de leur servir d’alibis là ou celles-ci veulent créer les foyers de tentions dans des perspectives obeissant à leurs agendas,on comprend aisément qu’impliquer EL QAIDA dans le contexte d’un gouvernement qui n’a pas hésité à voler au secours de son voisin, NERON de lybie en lui fournissant dans un premier temps une aide diplomatique en s’opposant à la création d’une zone d’exclusion aérienne qui aurait pu empecher le massacre des populations civiles soumises à des bombardements systématiques par mercenaires interposés dépéchés en grande partie d’Israel que le fils ainé SEIF EL ISLAM a visité dès les premiers jours des combats dans le but de négocier son concours vu les difficultés que la résistance pose au tyran de Tripoli acculé dans son dernier bastion de Bab el azizia et avec laquelle il n’arrive pas à en découdre malgré l’arsenal militaire disproportionné en action depuis le débuts du conflit et en envoyant ses éléments prendre part aux combats pour sauver son homologue d’une chute certaine mais dont il ne font qu’en retarder l’échéance en raison de la détermination des lybiens à en finir avec une dictature vieille de quarante-deux ans, on est amené à situer la version du journal qui véhicule la position officielle dans le cadre des manœuvres de diversion orchestrées par un système érodé par les luttes intestines des clans entre la ténébreuse DRS au cœur du système et celui des satellites d’un président sénile aux prises avec ses difficultés sanitaires et qui se refuse à toutes formes de transition des commandes du pays et dont le dernier discours traduit l’état de délabrement du sérail et ce,afin de canaliser la fureur d’une société en ébullition et dont le sentiment de frustration qu’elle n’arrive plus à cacher préside de sa misère du fait d’un pouvoir régalien qui semble se délecter de ses souffrances au vu de l’indifférence affichée à son égard .L’autre volet de ses subterfuges demeure les récentes mesures expéditives décidées aux profits d’une société qui devient de plus en plus réticente aux promesses officielle et dont il fallait satisfaire les revendications à coup de centaines de milliards de dinars qui font office de soporifiques afin de lui permettre de reprendre son souffle mais qui n’ont pas d’impact sur le terrain au regard de la recrudescence des mouvements de protestations n’appelant plus à des réformes économiques mais s’attaque à la légitimité du système dont elle exige la refonte selon ses aspirations en contradiction évidemment avec la détermination de la caste des généraux qui monopolisent le pouvoir à leurs services exclusifs aux détriments d’une jeunesse marginalisée en mal de débouchées et qui appréhende son avenir avec un pessimisme excessif toutefois justifié.

Le souffle des révoltes spontanées dans le monde arabe menées,dans un regain de confiance et de détermination de s’émanciper de la tutelle de ses tyrans, par une jeunesse humiliée et meurtrie mais convaincue de la nécessité de la rupture avec le passé et qui s’est réconciliée avec elle-meme ,et qui a entrainé jusque-là la chute de deux des alliés de l’occident et d’israel les plus surs(Benali en Tunisie et Moubarak en Egypte) a eu sur les usurpateurs du choix populaire en algérie l’effet de secousses telluriques conséquentes au séismes tunisien et Egyptien et dont l’impact malgré occulté est à chercher dans la confusion du régime qui pour cacher ses inquiétudes n’a pas hésité cette fois de corrompre non ses barons mais un large pan de la société civile qui a tendance à s’en démarquer au risque de lui faire perdre le credo de sa légitimité et de se confiner dans les déclarations contradictoires de ses ténors.Un facteur auquel s’ajoute l’usure du clan de la mafia occasionnée par la perte de ses meilleurs éléments qui ont passé l’arme à gauche,le reste étant aux prises avec leurs problèmes de santé ou ont tiré leur révérence se sentant à bout de rouleau et de ce fait ils n’influent plus sur la scène politique au point ou il n’arrive plus à sécuriser nos frontières à en croire l’information telle que rapportée par Echourouk pour finir,à défaut d’alternatives, par diaboliser une faction dont il se targuait dans un passé récent qu’elle est dans sa phase résiduelle pour dissimuler ainsi son embarras face au difficile choix qu’il se doit de faire d’etre aux services de la dictature Lybienne pour sauver la leur ou de se ranger du coté de la nation pour sauvegarder ce qu’il lui reste de popularité pour éviter l’effondrement d’un édifice au sein duquel plusieurs brèches sont ouvertes dont la plus significative reste l’impact qui a valeur de sérieuses mise en garde de la marche historique du 12 courant des étudiants à Alger perçue comme un message fort à son adresse de la part d’une jeunesse algérienne décidée à ne pas rester en marche de l’histoire en emboitant le pas à leurs homologues Egyptiens pour ouvrir le bal à d’autres acteurs de l’échiquier national.

Signé:HAMMANA Mahmoud,retraité
Guémar.

 
samedi 16 avril 2011
 

BOUTEFLIKA : LE DISCOURS

DE LA FIN,

UNE GUEULE DE BOIS QUI

FAIT SUITE A 50 ANS

DE MENSONGES.


Par Youcef Benzatat

Ce n’est pas moins qu’un effet d’annonce médiatique pour un non événement politique. La chute du système politique algérien se précise. La mine grave, le ton
impersonnel, le verbe indécis, la voix rauque et tremblante, BOUTEFLIKA en repenti, avant lui, BEN ALI, MOUBARAK, se sont aussi repenti la veille de leur fin, dans une ultime escarmouche de l’esprit pour un dernier mensonge, pour une dernière tentative d’abus de confiance, d’un vicieux ensorcellement d’un peuple pudique, tous, sommes convaincus que c’est trop tard, le chameau est déjà a terre, le jour de la vérité est arrivé, les enfants des chouhadas ont grondé l’avant-veille, ils ont fait savoir que le vent de liberté qui a soufflé autrefois sur leur pères est de retour, qu’à présent il les habite, BOUTEFLIKA et ses complices savent que ce vent là, c’est le vent des hommes libres, ils savent qu’il ne les quittera plus jusqu’à la victoire finale, jusqu’à leur fin qui se précise, qui se précipite, qui est là au tournant du cadran, quelques jours, quelques semaines. Par ce discours, le compte à rebours de la chute du système a déjà commencé. L’ébranlement fut déjà le discours du dauphin OUYAHYA un 30 mars, aujourd’hui le chameau est achevé. Le temps fera le reste.
Dans quelques jours notre peuple et a leur tète les étudiants marcheront vers la liberté, jusqu’à la victoire finale, jusqu’à la fin de cette maudite première république qui a corrompu notre humanité, qui a usé notre dignité, qui a bafoué nos droits, qui nous a réduit à l’ignorance et à la résignation devant le bonheur et la joie de vivre, de travailler et de se nourrir de culture.
Que cette nouvelle république qui s’annonce à l’horizon de ce combat à venir, puisse se nourrir de l’échec de cette expérience puérile de la liberté, acquise dans la foulée des luttes des peuples pour leur auto-détermination, dans le combat de décolonisation, pour se prémunir de l’oubli de soi dans le devoir de s’accomplir dans la dignité, qui a vu notre peuple tenté par toutes les turpitudes, et tout ce qui est dégradant pour notre humanité. L’autoritarisme et l’abus de pouvoir pour les uns, la corruption et le mensonge généralisé à toutes les couches de la société et imposé par le pouvoir comme la conduite incontournable, et la complicité des subalternes ,qui savaient, et par leur silence, en échange de quelques dividendes de la rente de l’état.
Qu’ on se prépare tous en cette veillée d’armes, pour le combat, pour notre destin, armés de courage et de détermination, jusqu’à la victoire finale, quoi qu’ils en disent, quoi qu’ils en fassent, quelque soit leur force et quelque soit la barbarie de la violence a laquelle ils vont nous soumettre, nous avons déjà éprouvés toutes les souffrances auxquelles ils nous ont soumis, nous supporterons celle-ci, nous la sublimerons, car, c’est l’ultime violence qu’ils puissent nous infliger. Au lendemain, il sera un autre jour, on sera déjà dans la nouvelle république, on aura dissous leur force diabolique qui est la police politique, et nous aurons dissous leurs institutions à travers lesquelles ils exerçaient sur nous leur domination.
Mais d’abord, ce jour, on ira tous leur dire d’une seule voix, comme dans un cœur d’anges, comme l’ont fait tous nos autres frères : « le peuple veut la chute du système ».

 
jeudi 14 avril 2011
 
Rassemblement massif

anti-Israël au Caire ! ...






Descriptif/Commentaire LBS : Pas une image des médias français concernant la manifestation de plus d’un million de manifestants égyptiens sur la place Tahrir, au Caire, le 8 avril, pour exiger de leurs dirigeants militaires qu’ils abandonnent Israël et lèvent le blocus sur la Bande de Gaza assiégée ! ... BHL, va-t-il demander l’intervention de la France et de l’OTAN pour dire stop aux menaces de l’Etat juif, qui préparerait une nouvelle offensive massive (Plond durci) contre Gaza ? ... Je n’y crois pas un instant cela dit, bien trop lâche pour aller bombarder une Population sans défense, en ces temps de tension extrême. Le monde Arabe notamment en Egypte est en ébullition, la moindre occasion, serait fatale à l’Etat Juif, raciste et lâche qu’est Israël ! ... Le lobby juif sioniste n’agit toujours qu’en position de force (ils ne sont fort que là, où les autres sont faibles), j’en (Ahmed) connais quelque chose pour avoir encore été convoqué la semaine derrière, à la Police Judiciaire, le Mardi 5 avril 2011, à la demande, du BNVCA (Bureau National de Vigilance Contre l’Antisémitisme), qui profite de taper sur les plus faibles, avec leurs réseaux et l’asservissement du monde politique et médiatique ! ... Voilà ! La réalité de notre pays, soumisse par le lobby juif (la maison mère le CRIF), qui à la demande du Philosophe, Juif, BHL, envoie l’armée Française en guerre contre la Libye, pour les intérêts d’Israël, et se servent des institutions de notre République pour faire taire la moindre critique à l’encontre du lobby Juif sioniste en France ! ... (LBS

Plus d’un million de manifestants égyptiens se sont rassemblés place Tahrir, au Caire, le 8 avril, pour exiger de leurs dirigeants militaires qu’ils abandonnent Israël et lèvent le blocus sur la Bande de Gaza assiégée. Les protestataires ont exprimé leur colère contre Tel Aviv en brulant le drapeau israélien et en exigeant la libération de la Palestine.

lls ont promis de rester aux côtés des Gazaouis, qui souffrent sous les attaques israéliennes et quatre années d’un siège étouffant.

De nombreux manifestants se sont dirigés vers l’ambassade des États-Unis pour protester contre les attaques meurtrières d’Israël contre Gaza. Ils ont déchiré le drapeau israélien puis ont essayé d’accrocher le drapeau palestinien sur l’ambassade israélienne.

Les manifestants ont également exigé que les responsables ayant appartenu à l’ancien régime - principalement le président déchu Moubarak et sa famille, soient poursuivis en justice.

Sous Moubarak, le régime égyptien servait les intérêts d’Israël en l’aidant et en gardant le silence sur les assassinats des Gazaouis. L’Égypte a imposé un blocus de Gaza depuis que le gouvernement Hamas démocratiquement élu ait pris le contrôle du territoire en 2007. Depuis lors, Israël a imposé un blocus étouffant sur le territoire qui est à l’origine d’une crise humanitaire.

L’important parti politique égyptien des Frères Musulmans a récemment demandé que le Conseil suprême des forces armées agisse pour briser le siège de Gaza.

Les partis politiques d’Égypte disent que le blocus de Gaza sert les intérêts d’Israël et des États-Unis et menace la stabilité et l’indépendance régionales.

Pendant ce temps, des responsables israéliens ne cessent de menacer de lancer une nouvelle offensive massive contre Gaza. Ils ont dit que cette attaque pourrait même être plus destructive et meurtrière que celle de fin 2008-début 2009, qui a tué 1.400 Palestiniens, pour la plupart des femmes et des enfants.

http://www.alterinfo.net/Rassemblem...

 
 

Y-a-t-il encore un

minimum de sagesse

en Algérie pour lui

éviter un sort à la

lybienne?



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Adel H.

Qu’y-a-t-il encore à dire sur le régime algérien qui n’ait été dit? Son illégitimité, ses échecs répétés, la corruption qui le mine, la prédation qu’il a érigée en vertu, son absence de vision, la mainmise de l’Armée et de la police politique sur tous les centres de décision, les institutions démocratiques de façade qui ne trompent personne, etc., ont été analysés maintes et maintes fois sur LQA.

Sur le front social, la contestation gagne tous les secteurs et il ne se passe pas un jour sans qu’une nouvelle victime de la mal-vie et du désespoir ayant décidé de mettre fin à ses jours pour ne plus avoir à subir la précarité et l’absence totale de perspectives soit signalée. Tout continue pourtant comme si de rien n’était et de nouveaux prédateurs affûtent leurs griffes en attendant de succéder aux vieillards usés jusqu’à la corde qui ont mis le pays en faillite.

Le système politique algérien refuse obstinément de changer.

A l’image de la famille Kadhafi qui s’accroche bec et ongles au pouvoir, préférant mettre le pays à feu et à sang plutôt que de passer la main, la classe dirigeante algérienne, toujours aussi arrogante et incapable de mesurer l’ampleur du désastre, continue de nier l’évidence.

L’opposition, quant à elle, peine à trouver ses marques et toutes les initiatives qu’elle prend rencontrent très peu d’écho. Il manque toujours le catalyseur miraculeux qui permettra à la dynamique de changement de démarrer de manière effective.

Quelle forme prendra l’inévitable changement dans notre pays? Sera-t-il pacifique? Les tenants du pouvoir en place auront-ils assez de bon sens pour éviter au pays un nouveau bain de sang? Qui peut le dire aujourd’hui? Le silence radio qui règne depuis quelques jours est-il le présage à une action résolue pour sortir le pays de l’impasse de la part de nouveaux acteurs au niveau de l’institution militaire ou bien est-ce encore et toujours la même partition faite de ruses et de manipulation qui se joue?

Nous sentons tous confusément que ce pouvoir usé et cerné de toutes parts se trouve dos au mur et qu’il ne passera pas l’année. Y a-t-il toutefois en son sein des personnalités qui n’ont pas perdu tout sens patriotique et qui vont tenter d’impulser une réforme radicale du système? Ou bien faudra-t-il que la population occupe la rue et crie sa colère sans discontinuer jusqu’à ce que toute la nomenklatura qui tient le pays en otage soit balayée? Tout le monde appréhende certainement cette confrontation porteuse de gros dangers.

Mais y-a-t-il encore un minimum de sagesse dans notre pays pour lui éviter un sort à la libyenne?

 
dimanche 10 avril 2011
 

Les illusions de Bashar al-Assad :

La rhétorique de la

résistance ne cache plus

le caractère

répressif du régime syrien

(Al Jazeera)




Lamis ANDONI


Bashar al-Assad, le président syrien, continue à croire que son soutien à la "résistance contre Israël" distingue son régime des autres régimes de la région et que par conséquent, il est protégé des révolutions qui ont chassé des présidents pro-occidentaux en Tunisie et en Egypte. Son soutien du Hamas et du Hezbollah le rend peut-être plus populaire parmi les populations arabes mais il se fait beaucoup d’illusions s’il s’imagine que cela rend le meurtre de militants pacifiques plus acceptable.

L’éruption des révolutions arabes est la conséquence de dizaines d’années de répression et de l’injuste répartition des richesses : deux problèmes qui ont fortement handicapé les gouvernements arabes, qu’ils soient pro ou anti-occidentaux.

Et la Syrie est un des états les plus répressifs de la région ; des centaines si non des milliers de personnes ont disparues dans ses prisons infâmes. Certains réapparaissent après des années, d’autres au bout de dizaines d’années et beaucoup ne réapparaissent jamais.

Les Syriens n’ont pas été les seules victimes. D’autres arabes comme les Libanais qui ont été enlevés au cours des dizaines d’années pendant lesquelles la Syrie à contrôlé son voisin, des membres jordaniens du partie Baas au pouvoir qui n’étaient pas d’accord avec leurs dirigeants et des membres des différentes factions palestiniennes, font aussi partie des victimes.

Les Syriens qui critiquent le régime sont souvent arrêtés et accusés -en dehors de toute procédure légale- d’être des agents des USA ou d’Israël dont le but est de saper "les politiques de stabilité et d’opposition".

Mais ces abus n’ont jamais été condamnés comme il aurait fallu par les partis politiques arabes ni par la société civile, qui ont soutenu la position syrienne vis à vis d’Israël tout en refusant de voir sa politique répressive.

Et c’est pourquoi, alors même que les dissidents syriens dont des intellectuels influents de la gauche nationaliste, sont incarcérés dans les prisons syriennes, d’autres intellectuels et militants arabes se sont réunis en grand nombre à Damas pour faire l’éloge du rôle que la Syrie joue dans la "défense des causes arabes".

Cette hypocrisie a conforté la conviction du régime d’être à l’abri des critiques que subissent les gouvernements répressifs pro-occidentaux de la région.

Le mythe de la résistance

Bien que la domination de Hafad al-Assad, le président défunt, ait été encore plus impitoyable que celle de son fils, Bashar, qui lui a succédé en 2000, l’appareil de sécurité répressif continue à tenir d’une main de fer les institutions de l’état.

Sous Bashar al-Assad, le régime continue d’utiliser son statut de "résistant" pour justifier la suppression de la liberté d’expression et le musellement de l’opposition.

Mais il est peut-être temps maintenant d’examiner sérieusement la prétention qu’a la Syrie d’être un état qui fait de la résistance et qui serait donc en conséquence plus légitime que les autres régimes ou dictatures arabes.

Sur un plan plus général, la position de la Syrie a en effet empêché Israël et les USA de complètement infiltrer d’autres états plus accommodants ou carrément inféodés. Mais si la Syrie a bien contribué à empêcher Israël de faire la paix avec plus d’états de la région, cela n’a pas été sans compromis politiques.

La revendication de la Syrie d’être "une forteresse de résistance" s’appuie sur deux facteurs : Le premier est le fait que Damas ait refusé de signer un traité de paix avec Israël tant que le plateau du Golan qu’Israël occupe depuis 1967, ne lui était pas rendu ; le second c’est le soutien qu’il offre à divers groupes palestiniens ainsi qu’au Hezbollah du Liban.

Il n’y a pas de doute que son refus d’accepter un compromis avec Israël, à la différence de l’Egypte, la Jordanie et l’Organisation de Libération de la Palestine (PLO), a augmenté le crédit de la Syrie dans le monde arabe et renforcé son rôle géopolitique. Mais la Syrie a fait un compromis qui lui permet de se poser comme un état "d’opposition" tout en s’assurant que ses frontières avec Israël demeurent le front "d’opposition" le plus tranquille qui soit. Elle est arrivée à cela en prenant les mesures les plus brutales pour empêcher le trafic d’armes vers le Golan et en s’assurant que les Syriens, les Palestiniens et autres, soient dans l’incapacité absolue de traverser ses frontières étroitement surveillées.

Les Syriens ou les membres des groupes palestiniens basé à Damas, n’oseraient donc jamais essayer de passer des armes en contrebande ou d’attaquer Israël comme d’autres l’ont fait via la Jordanie ou les frontières du Liban.

De plus, la Syrie s’est montrée étonnamment peu encline à dénoncer l’expropriation de la terre palestinienne, la construction des colonies et le transfert de colons juifs sur le plateau du Golan. Il y a plus de 30 colonies juives qui regroupent au moins 20 000 colons sur le plateau du Golan qui est considéré comme une des meilleures terres cultivables. La population arabe de la région est passé de 130 000 personnes en 1967 à 20 000 aujourd’hui car Israël a exproprié toute la terre à l’exception de 6 pour cent.

La Syrie affirme qu’Israël doit se retirer de tout le Golan, quel que soit le nombre de colonies et de colons. Cette revendication paraît logique mais le silence de la Syrie en ce qui concerne les activités d’Israël sur le Golan a contribué à cimenter le calme de facto qui règne entre les deux ennemis.

Plus de peur que de mal

Quant au soutien syrien à la "résistance" il paraît peu convaincant lui aussi quand on le soumet à un examen plus attentif. En fait la Syrie a toujours cherché à contrôler le mouvement de résistance palestinienne, en utilisant souvent la force pour consolider sa domination sur les Palestiniens.

Les Palestiniens n’ont pas oublié qu’ils doivent l’un des chapitres les plus tragiques de leur histoire à l’armée syrienne qui, entrée au Liban sous prétexte d’y maintenir la paix et l’ordre pendant la guerre civile, a rasé le camp de réfugiés palestiniens de Tel a-Zaatar de Beyrouth.

Au milieu des années 1980, la Syrie a activement soutenu le siège du mouvement libanais Amal dans le camp de réfugiés de Sabra et Shatila.

L’ingérence syrienne dans les affaires palestiniennes, qui a souvent provoqué des divisions, est de notoriété publique. De plus, bien que Assad pendant toutes ces années ait incité les dirigeants palestiniens à opter pour la résistance armée, Damas n’a quasiment rien fait pour soutenir la première ni la seconde Intifadas.

Sa rhétorique plaît, sans nul doute, aux forces arabes progressistes et nationalistes. Cependant dans les faits, la Syrie a rarement fait plus que d’encourager les autres à combattre Israël jusqu’à la dernière goutte de sang principalement palestinien ou libanais.

Les masques tombent, la tyrannie apparaît

La Syrie a fait preuve de discernement en refusant de se laisser entraîner dans des négociations ouvertes avec Israël sans avoir la garantie que les territoires syriens occupés lui seraient rendus. Cela a contribué à consolider sa position à l’inverse d’états apparemment plus soumis et cela a posé un dilemme à tous les Arabes qui se sont sentis obligés de choisir entre soutenir Damas ou soutenir les plans occidentaux dans la région.

Mais c’est une erreur et parfois même une faute morale de garder le silence sur les crimes du régime syrien et de nier que leur politique est avant tout au service de leurs propres intérêts.

La politique du régime qui consiste à "survivre à tous prix" l’a poussé à rejoindre la coalition contre l’Irak menée par les USA en 1990 et à coopérer avec enthousiasme à la "guerre contre la terreur" après le 11 septembre. Sa "posture de résistant" ne l’a pas empêché de torturer le Syrien Maher Arar suite à sa déportation controversée en Syrie selon la procédure (canadienne NdT) dite d’extraordinary rendition.

L’usage cynique du langage politique révolutionnaire par le régime pour dissimuler les contradictions de ses positions politiques l’a certainement aidé. Mais les révolutions arabes ont fait tomber les masques de tous les régimes et la tentative du régime syrien pour réprimer la révolte a révélé son côté tyrannique. Bashar al-Assad, à en juger par son discours "j’accuse" (en français dans le texte NdT) vit en pleine illusion. Mais l’époque où il suffisait de crier à la conspiration pour dissimuler ses crimes sanglants est terminée, même si le président syrien ne l’a pas encore compris.

Lamis Andoni analyse et commente les événements en Palestine et au Moyen Orient.

Pour consulter l’original : http://english.aljazeera.net/indept...

Traduction : D. Muselet

URL de cet article 13341
 
vendredi 8 avril 2011
 

Complot contre le

peuple libyen…




par Djamaledine Benchenouf, vendredi 8 avril 2011, 20:18

Dès les premiers jours de la révolution libyenne, tous les observateurs, y compris des experts militaires, ont été unanimes. Kadhafi était fini. C’était une question de jours, peut-être d’heures, affirmaient les plus enthousiastes.

Ce verdict avait été prononcé bien avant que le Conseil de Sécurité ne donne son aval à une intervention armée contre les dernières troupes du dictateur. Personne ne donnait plus cher de l’avenir politique du dicateur, ni même de sa peau.

Kadhafi allait tout naturellement subir le sort de ses deux compères qui l’avaient précédé dans leur chute, le Tunisien Benali, et l’Egyptien Moubarak.

Des personnalités du régime, des Ministres, des généraux, des chefs de tribus et presque tous les diplomates accrédités à l’étranger, qui ne doutaient plus de l’issue du soulèvement, passaient massivement dans le camp des insurgés.

L’affaire était entendue, parce que les mêmes effets semblaient découler des mêmes causes. Le peuple libyen, comme ses voisins tunisien et égyptien, s’était soulevé contre une dictature atroce, qui s’était mué, avec le temps, et comme celle des voisins, en une sorte de « république familiale ». Pourtant, contrairement au voisin tunisien, Kadhafi n’avait pas été pris de court. Ils savait que la colère grondait, et que les exemples des voisins avaient ébranlé les murs de la peur, qu’il avait érigé autour de tous les libyens, pendant quarante deux longues années.

Le peuple lybien n’avait pas d’autre choix que de prendre les armes…

Des quatre coins de la Libye, la jeunesse envahissait la rue, criant des slogans de liberté, huant le nom des Kadhafi. Aux discours de menace de Kadhafi et de ses fils, le peuple libyen répondait par des quolibets, et des jets de chaussures contre les écrans géants des places publiques où apparaissaient le dictateur et son fils Seïf el Islam.

Puis ce fut la répression. Les libyens de Benghazi et d’autres villes de l’Est du pays entrèrent en résistance, et répondirent à la violence par la violence. Le peuple était en armes. Une répression sanglante et démesurée, s’abattit sans discernement sur les villes d’où étaient partie la contestation. Le dictateur lâcha des troupes lourdement armées, et étoffées de milliers de mercenaires africains contre les populations. Kadhafi voulut étouffer la contestation avant qu’elle ne se propage à l’ensemble de la population, avant que le Conseil de Sécurité ne donne l’aval pour une intervention.. Il ne ménagea aucun moyen. Bombardement aérien, artillerie lourde, exécutions sommaires, pour l’exemple, de centaines de personnes.

C’est dans ces conditions que le Conseil de Sécurité décida de mettre fin à ce carnage, pour protéger les populations civiles. Mais aussi pour s’assurer, et c’est de bonne guerre, que ce pays, grand producteur de pétrole et de gaz, ne devienne incontrôlable.

Les puissances occidentales savaient qu’il leur suffisait de priver les Kadhafi de leurs avions, de leur défense anti-aérienne et de leur artillerie lourde, pour que la messe soit dite. Le reste ne serait qu’une question de jours, au bout desquels les révolutionnaires feraient le reste de la besogne: Chasser les Kadhafi et installer une nouvelle république, à l’instar de la Tunisie et de l’Egypte. Une nouvelle République, 7eme producteur mondial de pétrole, qui serait invitée à témoigner sa gratitude à ceux qui s’étaient interposés entre une famille de monstres et le peuple qui leur servait de façade honorable.

Mais c’était compter sans certains éléments, particulièrement déterminants.

Aujourd’hui, les opinions publiques ne savent plus quoi penser de ce qui se passe. Pourquoi la dynamique qui devait bouter Kadhafi hors du pouvoir, et même le faire juger pour divers crimes de guerre, et contre l’humanité, a-t-elle été brusquement interrompue ?

Comment Kadhafi est-il ainsi revenu de la quasi certitude d’être balayé au stade d’interlocuteur à part entière, qui écrit au Président américain, qui se dit prêt à entreprendre un processus démocratique, et même qui promet de devenir le principal rempart de l’occident contre l’islamisme et l’immigration clandestine ?

Que s’est-il donc passé pour que ce retournement ahurissant ait pu se produire?

Pourquoi les décisions du Conseil de Sécurité ont-elles été stoppées à leur moment le plus décisif. ?

Pourquoi les pays intervenants ont-ils passé le relai à l’Otan, dont la lourdeur et la lenteur ne pouvait qu’arranger les Kadhafi, au point de leur permettre une vraie latitude de déplacements des troupes, voire des bombardements, à l’artillerie lourde, de villes entières, comme Masserata et Djdaïbia ?

Que s’est-il passé ?

Stopper la dynamique…

En réalité la situation a été renversée par un enchaînement d’évènements et de manipulations.

D’abord sur un plan maghrébin, puis sur un autre registre géostratégique, sous la houlette du Mossad.

Cela commença bien avant que le régime tunisien ne tombe. En pleine révolution de jasmin. Tous les régimes de la région avaient compris que cette révolte n’était pas comme les autres, et qu’elle risquait de se propager à tout le voisinage. Les plus inquiets, et qui commencèrent très tôt à préparer l’avenir furent l’Algérie et la Libye.

Très tôt, dès que les prémices d’un grand bouleversement se firent sentir en Tunisie, une réunion sécuritaire de très haut niveau eut lieu entre les régimes Libyen et Algérien et Tunisien. L’Egypte qui ne croyait pas beaucoup à ce genre de coopération traînait les pieds, et le Maroc semble avoir décliné l’invitation. Entre l’Algérie, la Libye, et la Tunsie des promesses de soutien réciproque, en cas de soulèvements populaires, furent scellées. Les régimes algérien et libyen tinrent parole, puisque le Président Benali fut soutenu par ses deux voisins jusqu’à la fin. On ne sait pas ce que fut au juste la nature de l’aide qu’ils lui apportèrent, mais il ne fait aucun doute que celle-ci eut bien lieu. Comme l’accueil de plusieurs membres de la famille Trabelsi en Libye et en Algérie, qui avaient fui la Tunisie en emportant des fortunes considérables. L’Algérie et la Libye assurèrent la fourniture aux forces de la répression, jusqu’au dernier jour, et même après, d’équipements et de munitions. Il semble aussi qu’un plan visant à déstabiliser la Tunisie, après la fuite de Benali, qui consistait à faire régner le chaos, et qui a connu un début d’exécution, avant d’être déjoué par la vigilance de population tunisienne, allait être sérieusement relayé par les deux régimes voisins. Le DRS algérien, qui s’était spécialisé dans le « créneau », dans les années 90, aurait pu plonger la Tunisie dans une anarchie sanglante. Pour faire regretter au peuple tunisien le départ du régime Benali. Fort heureusement, il n’en eut ni le temps, ni le loisir.

Expérience mortifère…

En pleine débandade libyenne, et au moment où le régime algérien s’obstinait à refuser toute manifestation en Algérie, le Maroc, qui non seulement avait décidé de ne pas se compromettre avec les deux régimes, avait autorisé des manifestations à travers tout le royaume, et avait même fait des ouvertures politiques à l’endroit de l’opposition, dans lesquelles il envisageait toutes sortes de réformes constitutionnelles. Même si celles-ci restent très en deçà des attentes populaires, elles avaient le mérite de démarquer le royaume chérifien de ses voisins, qui s’emmuraient dans des logiques suicidaires. Ces derniers prirent très mal les initatives du Roi marocain, qu’ils considérèrent, comme une provocation, un geste inamical, en l’occurrence. C’est vraisemblablement ce qui convainquit les deux pays, l’Algérie et la Libye, d’inviter le Polisario à la table des complots contre les peuples. Car c’est de cela qu’il allait s’agir, désormais.

Le régime algérien, qui avait réussi, depuis plusieurs années, à dévoyer une infinité d’émeutes, qu’il dégonflait, qu’il manipulait de façon à les transformer en jacqueries. Il avait fini par se spécialiser dans la gestion de la manifestation permanente. Le tout, pour lui, était que ces manifestations populaires ne soient pas simultanées, ni généralisées. Grâce aux agents provocateurs qu’il infiltrait dans les rangs des manifestants, il réussissait toujours à les faire dégénérer en dévastation du mobilier urbain, et en pillage de magasins. Ce qui les rendait fatalement impopulaires, au moment où les « forces de l’ordre » passaient pour des sauveurs de la quiétude publique.

Or, voici que la révolution de jasmin allait bouleverser cet état d’esprit. Impressionnés par le niveau civique et politique des manifestants tunisiens, les jeunes algériens semblaient désormais tentés par des manifestations pacifiques, organisées, tendues vers un seul but: Chasser le régime, et instaurer un État démocratique. Le fameux « DEGAGE » des Tunisiens était sur toutes les lèvres, et sur les réseaux sociaux d’internet, les jeunes Algériens faisaient assaut d’inventivité, à qui trouverait les meilleurs slogans, les montages photos les plus ingénieux. C’en était trop pour le régime algérien.

Il venait de découvrir que le vide politique qu’il avait créé autour de lui ne le servait plus maintenant qu’il avait besoin d’interlocuteur crédible pour négocier une transition en douceur.

Les seuls partis politiques qui activaient sur la scène, et la seule opposition « officielle », étaient totalement coupés du peuple algérien, uniquement obnubilés par à la course à la prébende, à la rente.

Complots et subversion…

Le régime algérien s’engagea dès lors dans une fuite éperdue en avant. Il lui fallait gagner du temps. Et en même temps qu’il déversait sur la marché des dizaines de milliards de dollars, pour entretenir ses alliés naturels, et anesthésier la population, il entreprit de tout faire pour faire échouer la révolution libyenne. Il savait que si Kadhafi tombait, et avec les ouvertures politiques du royaume alaouite, il serait encerclé d’états démocratiques. Cela serait un trop grand contraste, et entraînerait sa chute, de façon fulgurante. Kadhafi était devenu une sorte de garant pour sa survie. La monstruosité qui donnait, en comparaison, un visage presque humain au régime algérien.

Et c’est ainsi qu’il entreprit de tout faire pour empêcher que Kadhafi tombe. Du moins pour qu’il ne tombe pas trop vite. Et de préférence que le processus soit suffisamment sanglant, pour dissuader un peuple algérien qui n’avait pas encore épanché les blessures d’une décennie sanglante, d’aller vers un autre cycle de violence.

Ce fut d’abord une assistance diplomatique remarquée. L’Algérie fit tout, et même n’importe quoi, pour dissuader la ligue arabe de donner son aval au Conseil de Sécurité, pour une intervention contre les troupes de Kadhafi. Mais elle ne fit pas le poids devant les consignes que les USA avaient donné à ses alliés arabes. La recommandation passa comme une mettre à la poste. Le régime algérien ne se tint pas pour battu. Non seulement, il entra en action, sur le terrain, en autorisant le survol aérien de son territoire, par des aéronefs qui transportaient des mercenaires africains, mais il semble qu’il mettait lui-même la main à la pâte, en dotant les troupes de Kadhafi de matériels militaires performants en tout genre, et en ménageant un couloir à des troupes du Polisario, qui avaient été mobilisées, pour assurer à Kadhafi une logistique en véhicules militaires, armes, munitions et mercenaires. L’Algérie n’avait pas besoin de payer la facture, puisque les Kadhafi disposaient d’un matelas financier inépuisable. Tout se réglait au comptant.

Mais tout cela n’est rien, comparé à la formidable arme psychologique que le régime algérien allait déployer en faveur de son allié libyen. On se rappelle bien que Kadhafi, dès que les premières manifestations eurent lieu en Libye, avait tout aussitôt accusé Al Qaida d’en être l’instigatrice. La ficelle était trop grosse, trop usée. Avant lui, les Présidents Benali et Moubarak l’avaient agitée. En vain.

Mais les méthodes algériennes étaient autrement plus construites. Le DRS algérien avait une grosse expérience en la matière, lui qui avait créé les GIA, pour retourner les populations contre le FIS, en les faisant massacrer par ses islamistes infiltrés, ou manipulés à leur insu. Le DRS avait mis en place, durant la décennie rouge, ce que le général major Smaïl Lamari désignait sous l’appellation de « terrorisme pédagogique. Une vaste opération qui consistait à conditionner les opinions publiques, occidentales surtout, par le meurtre d’occidentaux, de prêtres chrétiens, de journalistes et d’intellectuels algériens, des attentats commis en France même, avec la complicité de patrons de services secrets français, qui avaient été grassement rémunérés, parfois convaincus d’agir pour la Raison d’Etat, mais aussi avec la complicité presque active de journalistes occidentaux, d’intellectuels, de « philosophes », qui avait permis que le carnage se perpètre à huis clos.

C ’est ce même DRS qui récupéra le GSPC, pour l’infiltrer à tous ses paliers, et qui fit tout pour faire croire qu’il n’en était rien. Puis, ce même DRS réussit sa plus grosse opération, en faisant adouber le GSPC par le numéro deux d’Al Qaida lui-même, qui était loin de se douter qu’il venait de bénir le meilleur groupe terroriste du DRS. C’est ainsi que le GSPC devint l’AQMI.

Faire comme si…

Les services occidentaux savent tout cela. Plus ou moins. Le régime algérien n’allait donc pas leur faire gober facilement la thèse d’Al Qaida qui avait pris le contrôle de la révolution libyenne. Mais le fait est que depuis le décès du général Smail Lamari et la désormais prépondérance du clan Bouteflika sur le DRS et les autres généraux qui lui étaient inféodés, le contrôle de l’AQMI avait partiellement échappé à ses mentors. Des clans s’étaient formés au sein de cette organisation, dont certains se livraient à un négoce très fructueux, celui de la cocaïne, en provenance d’Amérique latine et à destination de l’Europe. Des barons du Polisario en sont partie prenante et contrôlent la route du trafic qui se trouve entre l’atlantique et le sud algérien. Puis le relais est pris par un réseau algérien de l’AQMI, jusqu’à l’étape targuie. Cela ne concerne que la route sud du trafic. Il y en a d’autres. La presque totalité du trafic était contrôlée par des généraux algériens du DRS, mais le scandale Zendjabil a tant ébruité l’affaire que même les Américains ont dû mettre un bémol à l’affaire. Depuis, le principal général qui chapeautait le trafic, par trop encombrant, a été botté en touche, ainsi que des dizaines d’autres baronnets. L’AQMI a donc pris certaines distances avec le DRS, et acquis une certaine autonomie, qui tend plus au trafic de drogue; de cigarettes, de fausse monnaie et d’autres marchandises de bon rapport, qu’au registre religieux habituel. Nul doute que le cocktail composé par l’AQMI, ses patrons des services algériens, certains barons du Polisario et certaines factions touarègues, représente une menace certaine pour la bonne marche des affaires dans la région, à fortiori que le Sahel est devenu un pôle géostratégique de première importance pour les Américains, les Européens et les Chinois.

C’est tout cela que l’Algérie, avec un savant dosage d’alarmisme, de réalisme, et de tractations autour de gros contrats, a su mettre en avant, pour « persuader » les occidentaux qu’en aidant les révolutionnaires libyens, c’est Al Qaida qu’ils renforcent en armements, et c’est l’islamisme politique qu’ils contribuent à installer au Maghreb. Cet article, d’un journal qui est une sorte de porte-parole d’une faction du DRS est éloquent en la matière. (http://www.lexpressiondz.com/article/2/2011-04-07/88025.html )

Copains coquins…

Mais l’Algérie n’a pas été seule dans cette action de conditionnement des occidentaux, pour les amener à lâcher le peuple libyen. Israël lui a été d’une aide précieuse.

Kadhafi a failli tout gâcher lorsqu’il a lâché, publiquement, à la télévision libyenne que son régime était le seul garant contre une immigration clandestine massive vers l’Europe, et surtout de la sécurité…d’Israël. Venant de cet homme dont la stigmatisation d’Israël était un véritable fond de commerce, cette déclaration valait son pesant d’énormité.

Et donc, en même temps que l’Algérie entreprenait de jeter le discrédit sur les révolutionnaires libyens, allant jusqu’à fournir des « mémorandums détaillés » qui faisaient état, non seulement, d’armements sophistiqués qui étaient tombés aux mains d’AQMI, mais qui vont jusqu’à noter que les cris de guerre des révolutionnaires étaient « Allahou Akbar », que les combats étaient interrompus au moment de la prière, et autres détails d’épouvantails. Le régime algérien a oublié de préciser à ses amis occidentaux que durant la guerre de libération nationale, les révolutionnaires algériens, y compris les agnostiques parmi eux, montaient au front au nom d’Allahou Akbar. Cela n’a pas fait d’eux des islamistes.

Israël, revenue de sa grosse surprise, parce que quoi qu’en disent les experts de l’après-coup, la révolution de jasmin, et celles qui la suivirent, n’ont été ni prévisibles, ni encore moins prévues. Personne au monde, qui connaisse bien la Tunisie, la Libye et l’Égypte, n’aurait pu croire qu’un jour les peuples de ces pays puissent ainsi secouer, en si peu de temps, le joug de régimes d’une si atroce constitution. Il faut connaître le triple maillage policier, tribal et milicien de la Libye, pour mesurer combien cette révolution n’était tout simplement pas envisageable.

Aujourd’hui, Israël se rend compte, et ses protecteurs avec lui, de toute la portée de ces révolutions, et de celles qui ne manqueront pas de suivre. Israël a tout à gagner que les peuples arabes et musulmans soient toujours dominés par des despotes prédateurs. C’est un gage de survie. Avec des peuples libérés, dans des États démocratiques, le contexte international ne serait plus le même. Il pourrait même devenir menaçant pour ceux dont la nature intrinsèque est d’évoluer en eaux troubles..

Et c’est donc tout naturellement que les lobbies sionistes aux USA sont montés au créneau. Le président Obama a été interpellé par plusieurs membres du Congres, républicains et démocrates, qui se sont montrés particulièrement mécontents sur la façon dont l’intervention américaine était menée, sur ses coûts, sur le manque de renseignements sur les révolutionnaires. Une audition a été exigée, et obtenue, des Commissions de défense des deux Chambres, pour des éclaircissements. Une violente campagne de presse a afghanisé, jusqu’à la caricature, les révolutionnaires libyens. Un Membre du Congrès, repris en boucle par les chaînes de télé les plus importantes des USA se posait la question sur ce qu’il devait dire aux familles des soldats américains tués en Afghanistan, par les mêmes qui étaient soutenus aujourd’hui par l’armée américaine, avec l’argent du contribuable américain. Voici, grosso modo, le topo de la propagande du régime algérien et d’Israël.

Voilà pourquoi Kadhafi a repris du poil de la bête.

La lybie est indivisble…

Le plus grave dans tout cela, est qu’un scénario de partition de la Libye est sérieusement envisagé par certains acteurs du théâtre libyen, où le régime algérien est loin d’être un figurant.

C’est compter sans le peuple libyen, et sans le peuple algérien. Nos deux peuples n’accepteront jamais une telle ignominie. Ces odieuses manipulations coûtent très cher au peuple libyen, en souffrances, en sang et en larmes. Mais l’issue est inéluctable. La Libye sera libre, et le peuple libyen pourra construire un État de Droit, une république sociale, où la volonté populaire ne sera pas un vain mot. Nous seront bientôt un Grand Maghreb, où règnera la quiétude et le progrès. Il n’y a aucun doute sur cela. Les seuls qui ne le savent pas sont Kadhafi et le régime algérien.

D.Benchenouf

 
"Si vous n’y prenez pas garde, les journaux finiront par vous faire haïr les opprimés et adorer les oppresseurs." Malcom X

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