ELWATAN-ALHABIB
jeudi 29 novembre 2018
 

QUE RESTE-T-IL DE LA GAUCHE EN ALGÉRIE?















Houmam Alsayed – Syrie
Face au libéralisme mafieux imposé par la dictature, la population oppose une tradition d’égalitarisme et de justice très ancrée, fort éloignée des dogmes et des idéologies. En attendant l’inévitable recomposition du champ politique, il ne reste donc « de gauche » que ce que le peuple, dans ses profondeurs, a conservé en termes de refus de l’injustice et de l’arbitraire, de résistance au diktat impérialiste en Palestine et d’opposition à l’alignement sur l’Occident.


2018-11-27 Omar Benderra économiste algérien

Cette publication a bénéficié du soutien de Rosa Luxembourg Institute. Ce texte peut être reproduit entièrement ou partiellement à condition de citer sa source.
L’effondrement moral et politique du camp « socialiste », en réalité un bloc de régimes sclérosés avec à leur tête l’ex-URSS, explique pour une large part le recul d’un vaste courant idéologique construit sur des idéaux de justice et de revendications égalitaires. En Occident, le mouvement de repli des courants politiques qui re-jettent, avec plus ou moins de sincérité, l’omnipotence du marché ne se réduit pas aux seuls anciens partis communistes mais concerne tout autant des partis sociaux-démocrates dont les pratiques de pouvoir finissent toujours pas s’aligner sur le marché et l’ordre libéral. Le même constat peut être dressé pour les pays de l’ancien « tiers monde ». Dans tous les cas, il s’agit davantage d’un écroulement interne que d’une victoire idéologique du libéral-conservatisme. C’est bien ce que l’on constate aujourd’hui en Algérie.

Du socialisme « spécifique » au libéralisme bureaucratique

La crise de l’été 1962 au lendemain immédiat de l’indépendance obtenue le 5 juillet, opposant l’armée des frontières dirigée par Boumediene au GPRA(1) et aux maquis de l’intérieur a débouché sur l’interdiction durable de politique à une société meurtrie et traumatisée par une atroce nuit coloniale. Les partis politiques ont été interdits, seul le FLN vidé de sa substance et réduit à un pur appareil bureaucratique est chargé de relayer les options du pouvoir. Avec le parti unique, le régime militaro-policier s’arroge le monopole de l’expression politique. Ainsi dès la récupération de la souveraineté, les orientations progressistes et sociales de la guerre de libération (2) sont graduellement abandonnées par un régime policier de plus en plus corrompu. Les dimensions sociales de la politique de développement des années 1970 procédaient officiellement d’une version « spécifique » du socialisme qui reprenait une partie des postulats socio-économiques de différents courants du socialisme « scientifique » tout en rejetant l’irréligiosité du matérialisme dialectique. La réorientation de l’économie vers un libéralisme de comptoir de type « infitahiste », impulsée dès la disparition du président Boumediene en 1978 a été accélérée par le coup d’État militaire qui a interrompu dans le sang, le 11 janvier 1992, un processus électoral libre, sans précédent dans l’histoire de l’Algérie indépendante.
Le premier tour de cette élection qui consacrait une réalité politique pluri partisane a sanctionné la prééminence du Front islamique du salut (FIS), un parti protoplasmique autorisé deux ans plus tôt, synthèse fragile de sensibilités diverses et parfois antagoniques, se réclamant de diverses déclinaisons de l’islam politique. Le FIS était dirigé par un Majliss ech-choura dont les deux figures emblématiques étaient le très populaire prédicateur Ali Benhadj et Abassi Madani, un notable issu du mouvement de libération nationale. Les deux autres partis qui réalisaient des scores significatifs, mais en net retrait par rapport à la vague islamiste, étaient l’historique Front de libération nationale (FLN), ex-parti unique, alors dirigé par le pro-réformateur Abdelhamid Mehri et le Front des forces socialistes (FFS) présidé par Hocine Aït-Ahmed, figure éminente de la Révolution algérienne et opposant irréductible au régime très autoritaire installé par l’armée au lendemain de l’indépendance en juillet 1962. Ces deux formations se réclamant pour le FLN du socialisme « spécifique » historique peu ou prou revisité et, pour le FFS, du socialisme démocratique, « à visage humain » cher à Aït-Ahmed.

1989-1991: la parenthèse démocratique

Le socialisme algérien s’est largement fondé sur l’étatisation de larges secteurs de l’économie. La bureaucratisation du commerce extérieur et son appropriation de fac-to par les dirigeants de la police politique et de l’armée avant même la disparition de Houari Boumediene en 1978 s’est révélée comme un obstacle à tout développement en aggravant la dépendance du pays aux exportations d’hydrocarbures et aux importations de biens de consommation finale, notamment de produits alimentaires. Cette organisation bureaucratique est largement responsable de la crise de la dette et de la dégradation des conditions économiques générales du pays. Des cadres à la présidence de la république vont tenter de répondre à cette évolution en développant un programme de réformes fondées sur une double ouverture vers l’économie de marché – en préservant le secteur public développé dans les années 1970 – et vers l’état de droit et les libertés publiques. Cette ouverture qui mobilise un grand nombre de professionnels et d’experts de tous les secteurs était avant tout le fait d’un groupe de cadres, qui sera connu sous l’appellation générique de « réformateurs », réunis au-tour du Premier ministre Mouloud Hamrouche. Sous l’impulsion de Ghazi Hidouci (3), ministre de l’Économie, ces cadres, appuyés par quelques dirigeants du FLN avec à leur tête Abdelhamid Mehri, étaient convaincus de la nécessité de sortir du régime autoritaire du parti unique ainsi que d’un mode administratif de gestion d’une économie inefficace structurée autour de la rente pétrolière et gazière. Appelé en septembre 1989 par le président Chadli Bendjedid à diriger l’exécutif, Mouloud Hamrouche et son gouvernement mettront en œuvre pendant une brève période de dix-huit mois (jusqu’à juin 1991), un programme de réformes politiques fondé sur l’instauration de l’État de droit, notamment sous l’angle des libertés publiques et économiques par la démonopolisation et l’institutionnalisation des règles communes de marché.
La contrainte principale de l’époque résidait dans une dette extérieure dont le service aspirait l’essentiel des revenus externes du pays. La priorité stratégique consistait à préserver la souveraineté du pays en évitant de céder aux programmations ultralibérales du FMI et des créanciers détenant le gros d’une dette extérieure qui contractait fortement les marges de manœuvre. La quadrature du cercle réformateur consistait dans la volonté de préserver autant que possible le caractère social (médecine gratuite et enseignement de masse) d’un État issu de la guerre de libération, de défendre le secteur public, tout en accélérant sa mutation démocratique et l’ouverture au secteur privé pour tenter la réhabilitation productive de l’économie.
Hocine Aït-Ahmed a qualifié ce mouvement et cette période d’une « ouverture démocratique par effraction (4)». C’est durant cette période de libertés inédites, d’expression, de réunion et de manifestation notamment, que des journaux « indépendants » voient le jour, que des partis se constituent ou sortent de la clandestinité. En particulier, le plus important d’entre eux le Front Islamique de Salut (FIS), le Front des Forces Socialistes (FFS). Mais aussi le nettement moins important Parti de l’avant-garde socialiste (Pags) (5), avatar du Parti communiste algérien, prosoviétique, oscillant tout au long de sa longue période clandestinité entre « soutien critique » et alignement pur et simple sur les orientations du régime. Les faits montreront au fil des événements dramatiques des années 1990 que ce parti était largement infiltré par la police politique. Quelques autres formations marxisantes groupusculaires se ré-clamant de la IVe Internationale ou du trotskysme en général apparaissent également en pleine lumière.
Mais l’action du gouvernement « réformateur » suscite rapidement l’opposition de ceux à l’intérieur du système dont les positions d’autorité se réduisent et voient leur monopole de gestion de la rente remise en cause. Ces individus à la tête de l’armée et de la police politique étaient les protecteurs et les premiers bénéficiaires d’un système constitué de groupes d’intérêts actifs notamment dans l’importation de produits alimentaire et les marchés avec l’étranger. Le coup d’État de janvier 1992 refermait dans une phase de violence sans précédent une ouverture politique entamée au len-demain des émeutes d’octobre 1988, où la crise interne du régime télescopait un très vif mécontentement populaire.

Modernisme de façade et dictature

Composé de militants issus de la classe moyenne plutôt francophone et urbaine, le « Parti de l’avant-garde socialiste (PAGS) » est au début des années 1990 sorti très affaibli de la clandestinité. Sa position de « soutien critique » au régime l’ayant fortement décrédibilisé aux yeux des cadres et de la population. Cela dans un contexte marqué par une tradition ancrée de méfiance vis-à-vis des communistes. En effet, la rupture dès 1939 avec le Parti communiste français (PCF), considéré comme néocolonial, a largement structuré le discours politique des indépendantistes algériens(6).
Au plan externe, l’invasion de l’Afghanistan par l’Armée rouge en 1979 avait suscité l’indignation d’une opinion algérienne qui, cette même année, observait avec un étonnement admiratif l’éviction du chah provoquée par la révolution islamique iranienne. Puis la chute du mur de Berlin en 1989 et la disparition subséquente de l’URSS avaient achevé de faire perdre toute intelligibilité à un discours obsolète ; l’immense majorité des Algériens, ayant subi le « socialisme » policier de Boumediene, n’était pas disposée à cautionner des thèses forcloses. À la fin des années 1980, le contexte international en transformation rapide éclairait d’un jour impitoyable les difficultés d’un quotidien particulièrement ingrat marqué par les pénuries de tous ordres, l’arbitraire permanent et l’exhibition éhontée de richesses de la partie la plus corrompue des élites de pouvoir. L’exaspération populaire avait continuelle-ment irrigué le terrain d’un islam politique qui ne cessera de croître et de se renforcer tout au long de la décennie.
Sans prise sur les réalités, miné par des dissensions internes, le PAGS connaîtra en dépit de son ancrage historique le même échec aux élections de décembre 1991 que les partis de « laboratoire » – comme le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), « moderniste laïque » – fabriqués par des officines locales mais relayés par de très actifs appuis externes, notamment de cercles proches du Parti socialiste français. Le constat n’a rien perdu de son actualité : la société algérienne n’est pas prête à adhérer aux modernités d’apparence d’une petite bourgeoisie hors-sol.

Les militaires, les éradicateurs, les oligarques

La fin en 1993 du PAGS, principal parti se réclamant du marxisme (7) a coïncidé avec la guerre antisubversive déclenchée par l’armée. Radicalement antireligieuse (8), cette tendance « communiste » a rapidement rejoint les franges les plus extrémistes de soutien aux généraux, les tristement notoires « éradicateurs » partisans de la guerre à outrance contre les islamistes et de leur élimination radicale, par tous les moyens (torture généralisée, disparitions forcées massacres collectifs…). La guerre « contre les civils (9)» a trouvé dans ces milieux ses acteurs les plus engagés et ses propagandistes, notamment en Europe, les plus zélés.
La trouble mais sanglante guerre contre une population qui a « mal voté » en 1991, mobilise nombre de militants qui semblent par ailleurs peu sensibles à l’abandon progressif des acquis sociaux et au creusement accéléré des inégalités. En effet, les orientations libérales, dont le caractère mafieux est marqué, notamment depuis l’accord de « stand-by » avec le FMI en 1994, ne suscitent pratiquement pas de réactions des partis ou de personnalités « progressistes » (10). Cet accord de stand-by est pourtant un coup majeur porté au secteur public, dont une partie importante sera dé-mantelée et vendue dans l’opacité la plus complète. Cette phase voit la mutation bru-tale de nombre de figures publiques ci-devant marxistes en affairistes aux appétits illimités… L’application de l’accord de stand-by avec le FMI s’accompagne d’une mise au pas très brutale d’un encadrement qui refuse la liquidation du secteur public et les injonctions de la police politique. Ainsi, au cours des années 1994 et 1995, plus de 4000 cadres seront emprisonnés sous les prétextes les plus divers. Certains mourront en prison ou des séquelles des tortures subies. La réorientation brutale de l’économie est efficacement masquée par la guerre contre les civils et les atteintes généralisées aux droits humains. Cette période ultraviolente qui culmine dans les massacres de masse exécutés par des « escadrons de la mort » relevant de la police secrète militaire s’achève avec la désignation d’Abdelaziz Bouteflika comme prési-dent de la république en 1999.
Les premières années du nouveau siècle sont celles de la double fortune du régime. Les attentats du 11 septembre 2001 réorientent complètement les politiques occidentales vers la « guerre des civilisations ». Les généraux putschistes empochent un jackpot inespéré, les organisations de défense de l’homme cessent progressivement de s’intéresser à l’Algérie et le régime redevient fréquentable. Un bonheur n’arrivant pas seul, le pétrole entre dans une phase de prix élevés qui durera plus d’une dizaine d’années, permettant dans la période entre 2003 et 2013 à ce pays d’une quarantaine de millions d’habitants de comptabiliser plus de 800 milliards de dollars de recettes d’exportations d’hydrocarbures. La corruption structurelle au sommet des appareils militaro-sécuritaires se hisse à des hauteurs inédites et modifie la structure de pou-voir en Algérie. Une classe d’intermédiaires liés aux groupes de décideurs à la présidence de la République et à la tête de l’armée se constitue grâce à une capacité illimitée de détournement et d’accaparement des richesses nationales. Ces hommes d’affaires sont aujourd’hui partie prenante aux centres de décision (11). De fait, l’Algérie est désormais objectivement gouvernée, les décisions de politique économique parlant d’elles-mêmes, par une oligarchie en symbiose avec l’armée et la po-lice politique (12).

Les résistances populaires au libéralisme mafieux

Face à ces développements sociopolitiques qui s’opèrent ostensiblement mais sans réactions politiques significatives, est-il possible d’affirmer que les courants porteurs d’idées de justice et de progrès ont cessé d’exister en Algérie ? Il est vrai que toute expression contraire aux orientations mises en œuvre depuis 1994 est quasiment im-possible. La société tout entière vit un régime d’oppression et la population abandonnée. L’épidémie de choléra qui a sévit dans le centre de l’Algérie à la fin Août 2018 a montré l’étendue de l’incurie d’un régime impotent qui n’a d’autre politique que de bâillonner l’opinion. Le débat est donc interdit, l’expression étant confinée dans les marges clientélistes d’un régime qui a suscité le vide politique à la mesure de son effondrement moral, de sa faillite économique et sociale.
La scène politique vit donc un temps suspendu où les forces politiques qui traversent la société n’ont pas droit de cité en termes de structures, d’organisations ou même de discours. Les partisans très vocaux de l’éradication des islamistes ont disparu du champ médiatique, leurs thèses se révélant ineptes au fil de la régression du système. La petite bourgeoisie francophone parmi laquelle se recrutait l’essentiel des activistes de gauche s’est progressivement coupée du reste de la population et les quelques manifestations sporadiques que tentent d’organiser des organisations issues de ce milieu ne mobilisent pas les foules. Cependant, il est évident que les idées de progrès et de justice n’ont pas disparu du champ social, même si ceux qui les ont longtemps incarnées ont perdu toute audience. Tout comme le mouvement illégal mais massif d’exode vers l’Europe, l’expression antisystème virulente des jeunes lors des matchs de football en dit long sur le désespoir des nouveaux « damnés de la terre » de la dictature algérienne. Et tandis que des centaines de jeunes algériennes et algériens risquent leur vie en traversant la méditerranée se constitue une bourgeoisie compradore inculte et largement délinquante en symbiose avec les centres de pou-voir comme on a pu le constater lors d’une récente et scabreuse affaire de trafic de cocaïne (13) impliquant des chefs de la police et de l’armée. Le creusement vertigineux des inégalités et le bâillonnement de l’expression politique contribuent à nourrir le ressentiment de très marges catégories abandonnées. Stérile et médiocre, la bourgeoisie militaire et ses façades civiles n’ont d’autres ressources que la violence et l’anesthésie du mécontentement populaire par les subventions. Mais cette politique touche à ses limites, la contraction de la rente ne permettant plus les peu regardantes redistributions clientélistes de la décennie précédente.
Face au libéralisme mafieux imposé par la dictature la population oppose une tradition d’égalitarisme et de justice très ancrée fort éloignée des dogmes et des idéolo-gies. En attendant l’inévitable recomposition d’un champ politique authentique, il ne reste donc « de gauche » que ce que le peuple, dans ses profondeurs, a conservé en termes de refus de l’injustice et de l’arbitraire, de résistance au diktat impérialiste en Palestine et d’opposition à l’alignement sur l’Occident.
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1- Gouvernement Provisoire de la République Algérienne Cf. http://www.montraykreyol.org/article/contribution-pour-le-cinquantieme-anniversaire-de-la-creation-du-gpra
2- Tels qu’exprimés dans les textes fondamentaux de la Révolution algérienne, l’Appel du 1er novembre 1954 et la Plateforme de la Soummam (20 août 1956).
3- Cf. Ghazi HIDOUCI, Algérie, la libération inachevée, La Découverte, Paris, 1995, 302 pages.
4- Sur l’action politique de Hocine Aït-Ahmed après le coup d’État de janvier 1992, on peut lire la contribution de Samir Ghezlaoui : https://blogs.mediapart.fr/samir-ghezlaoui/blog/221013/hocine-ait-ahmed-fin-du-coup-detat-aux-elections-truquees
5- Le Parti de la révolution socialiste (PRS) de Mohamed Boudiaf n’activait pratiquement plus à la fin des années 1980.
6- Voir Jean-Pierre VERNANT, « Le PCF et la question algérienne », Voies nouvelles, 1959, www.vacarme.org/article143.html
7- Cf. Abdelaziz Saoudi : www.algerieinfos-saoudi.com/article-document-comment-on-a-liquide-le-pags-98147881.html
8- Un point de vue plutôt représentatif de l’opinion dominante des militants du Pags : https://blogs.mediapart.fr/edition/decouvrir-mediapart/article/040216/le-pags-et-cette-legalite-inopportune
9- Cf. Salima MELLAH et François GEZE, « La “sale guerre” en Algérie : responsables et coupables », Le Monde, 16 mai 2005 : www.lemonde.fr/idees/article/2005/05/16/la-sale-guerre-en-algerie-responsables-et-coupables-par-francois-geze-et-salima-mellah_650231_3232.html
10 Avec des exceptions notables, notamment celle de Sadek Hadjerès, ex-secrétaire général du Pags. Cf. https://blogs.mediapart. fr/edition/decouvrir-mediapart/article/040216/le-pags-et-cette-legalite-inopportune
11- Cf. Omar BENDERRA, « L’Algérie des oligarques : l’alliance des baïonnettes et des coffres-forts », Algeria-Watch, décembre 2014 : www.algeria-watch.de/fr/article/analyse/algerie_des_oligarques.htm
12- Les capacités décisionnelles de cette nouvelle bourgeoisie militaro-compradore peuvent être illustrées, inter alia, par les circonstances qui ont entouré le limogeage d’un Premier ministre durant l’été 2017 (cf. www.lefigaro.fr/international/2017/08/15/01003-20170815ARTFIG00160-algerie-le-premier-ministre-deja-limoge-au-bout-de-trois-mois.php).
13- https://www.middleeasteye.net/fr/reportages/en-alg-rie-l-t-des-intrigues-commenc-1157796851
Le contenu de cette publication est l’entière responsabilité de Assafir Al Arabi et n’exprime pas obligatoirement les positions de Rosa Luxembourg Institute.
 
vendredi 23 novembre 2018
 

La « guerre contre la terreur », alibi d’un crime de masse












Avec cette arrogance perceptible à l’œil nu chez ceux qui se croient sortis de la cuisse de Jupiter, les dirigeants occidentaux aiment se prévaloir des valeurs morales universelles - ou supposées telles - pour donner des leçons à toute la planète. Ils distribuent les bons et les mauvais points, les châtiments et les récompenses, comme s’ils étaient à la place du dieu Minos qui, dans un mythe cher à Platon, soupèse les âmes des défunts avant de les expédier dans le Tartare. Mais sauf preuve du contraire, ces juges infaillibles du bien et du mal, censeurs autoproclamés du reste de l’humanité, sont loin d’être des divinités antiques. Nous avons pu mesurer, au contraire, à quel point ces représentants d’un impérialisme cynique sont « humains, trop humains », et l’expérience nous a montré qu’ils appliquaient surtout le principe : « Faites toujours ce que je dis, mais ne faites jamais ce que je fais ».
Une étude récemment publiée par l’Institut Watson (Brown University, USA) a révélé que les Etats-Unis avaient dépensé 5 900 milliards de dollars depuis le 11 septembre 2001 pour « guerre contre la terreur ». Engagée dans 76 pays, soit 39% des Etats de la planète, cette guerre héroïque du Bien contre le Mal a coûté une fortune colossale qui correspond au PIB annuel cumulé de la France et du Royaume-Uni. Mais ce n’est pas le pire : elle peut également se vanter d’un bilan humain hors compétition. D’après cette étude, entre 480 000 et 507 000 personnes ont été tuées dans les opérations menées par les Etats-Unis en Irak, en Afghanistan et au Pakistan durant cette période. A ces victimes directes de la guerre menée par Washington, les auteurs de l’étude estiment qu’il faut ajouter les victimes indirectes, beaucoup plus nombreuses. Ce demi-million de morts n’est donc qu’une estimation extrêmement basse, la face émergée de l’iceberg. Car 76 pays au total ont fait l’objet de la généreuse croisade anti-terroriste menée par les USA, et la comptabilité de ces victimes immolées sur l’autel du Bien, si elle était poussée jusqu’à son terme, donnerait le vertige.
Car on devrait aussi ajouter, malheureusement, les victimes des embargos meurtriers décrétés par les pays riches contre les pays pauvres, et notamment celui qui fut infligé à l’Irak et provoqua la mort d’un demi-million d’enfants dont Madeleine Albright, secrétaire d’État US et icône mondiale des droits de l’homme, disait que c’était “le prix à payer”. Mais l’essentiel, pour l’Occident, n’est-il pas d’avoir bonne conscience ? Au lendemain de l’attaque nucléaire contre Hiroshima et Nagasaki qui fit 220 000 morts - en toute inutilité sur le plan militaire -, les généraux US prirent l’habitude de fêter l’événement en mangeant un gâteau en forme de champignon atomique en compagnie de leurs familles réjouies. Enracinée dans l’inconscient collectif d’une nation élue de Dieu, cette identité présumée avec le Bien ne risque pas de souffrir d’un obscur alignement de chiffres, d’une comptabilité macabre qui est de mesure nulle face à l’immensité des bienfaits dont la nation exemplaire irradie le monde ébahi. Et puis, que valent quelques millions de morts dans des pays lointains tant que l’Amérique s’imagine qu’elle continue à jouir - à crédit - de l’american way of life ?
Frappé de stupeur par un tel bilan, un esprit naïf serait peut-être tenté de supposer que la lutte contre les méchants terroristes menée par Washington, au moins, a rencontré quelque succès. Mais où faut-il jeter le regard pour observer un effet positif de cette grandiose entreprise menée par les chevaliers blancs de la démocratie ? En fait, le seul endroit de la planète où les terroristes ont vraiment reçu un coup sur le museau est la Syrie, c’est-à-dire un Etat allié de la Russie - qui a fortement contribué à la destruction de l’appareil terroriste financé par les alliés de Washington - et un Etat honni et combattu par les USA, qui ont cyniquement laissé Daech s’emparer de Palmyre en 2014. Partout ailleurs, la gangrène terroriste s’est répandue au même rythme que l’intervention américaine, comme si les coupeurs de têtes étaient arrivés dans les fourgons de l’US Army et de ses suppôts. C’est sans doute pour opposer un démenti à cette cruelle réalité que Donald Trump, avec un aplomb stupéfiant, a osé accuser l’Iran d’être la matrice du terrorisme au Moyen-Orient. Travers notoire du discours officiel en Occident, cette pratique de l’inversion maligne - qui consiste à attribuer à son adversaire la responsabilité de ses propres turpitudes - a probablement atteint en 2018 son acmé historique.
Mais ce n’était pas suffisant, et le camp du Bien n’est jamais à court d’arguties dès qu’il s’agit de s’exonérer de ses crimes. Plus subtil que l’inversion maligne - qui a quand même tendance à frôler le grotesque -, la thèse de l’erreur stratégique - par définition involontaire - a de fervents partisans dans la sphère de l’expertise occidentale. Au vu des résultats de la guerre présumée contre la terreur, les fournisseurs habituels en filet d’eau tiède qui occupent les plateaux télévisés répondent généralement que cette guerre était juste, mais qu’elle a été conduite en dépit du bon sens. Il fallait combattre les terroristes, bien sûr, mais intelligemment. A propos de la Syrie, par exemple, de présumés experts expliquent que l’Occident a été victime d’une « illusion » funeste, qu’on n’a pas compris les rapports de forces locaux, que les agents de la CIA ne comprennent pas l’arabe, bref qu’il y a eu défaillance de l’expertise, et que si l’on avait écouté les vrais experts on n’en serait pas là. Si on lit entre les lignes, les dirigeants de nos vaillantes démocraties ne voulaient pas causer de tels dégâts, leurs intentions étaient pures, mais ils eurent de mauvais conseillers et de mauvais exécutants. Le point aveugle de cette thèse, évidemment, c’est qu’elle confond méconnaissance des réalités et cynisme politique, et insiste sur la première pour occulter la seconde.
Fréquemment invoqué pour étayer une critique « soft » et inoffensive de la politique occidentale, cet argument fallacieux de « l’illusion » ou de « l’erreur » a beau avoir pignon sur rue, il est particulièrement toxique. Il jette une fausse clarté sur ce qu’il prétend expliquer, il en occulte la réalité ultime. La prétendue guerre contre la terreur n’a pas échoué parce qu’elle fut conduite par des ignares ou des lourdauds. Loin d’être une guerre contre les terroristes, elle avait manifestement d’autres cibles, et il suffit d’énumérer les interventions impérialistes menées depuis 2001 pour les identifier. Créée avec l’appui de la CIA pour combattre le communisme en Afghanistan, Al-Qaida n’a jamais souffert de l’hostilité de Washington au cours de son histoire - pas plus que ses avatars successifs (Al-Nosra, Daech) arrosés de pétrodollars et fournis en moyens militaires par les pétromonarchies du Golfe. Et il serait digne, de la part du Département d’État, de réparer une injustice flagrante en versant à la veuve de Ben Laden une pension de réversion amplement méritée, compte tenu des bons et loyaux services rendus par le meilleur agent recruteur de la CIA.
Non seulement le terrorisme ne s’est jamais aussi bien porté depuis que les USA prétendent le combattre, mais les Etats souverains qui l’affrontent pour de vrai - aujourd’hui comme hier - figuraient depuis longtemps sur la liste noire des faucons du Pentagone. Afghanistan envahi, Irak laminé, Libye pulvérisée, Soudan tronçonné, Syrie agressée, Iran sanctionné, Yémen affamé : la guerre contre la terreur est l’alibi d’une destruction méthodique des structures étatiques du « grand Moyen-Orient », pour reprendre l’expression de Michel Raimbaud. On ne comprend pas la politique occidentale dans la région si l’on refuse d’admettre que la guerre contre la terreur était en fait une guerre pour la terreur, destinée à perpétuer le chaos dans une partie du monde aussi riche en puits de pétrole qu’en peuples récalcitrants. Contrairement au discours convenu des chancelleries occidentales sur « notre ennemi mortel, l’islamisme radical » - discours destiné aux naïfs - , les coupeurs de tête n’ont jamais causé le moindre tort à l’hégémonie US, qui a précisément besoin de leur nocivité pour se perpétuer. A la fois mercenaires et boucs-émissaires, les djihadistes en tous genres ont fourni sa piétaille-kleenex à l’empire du crime.
Insupportable, la morgue moralisatrice des dirigeants occidentaux est l’écran de fumée qu’ils jettent complaisamment sur les tombereaux de cadavres dont ils sont responsables. C’est non seulement une insulte à l’intelligence des peuples qui les écoutent, mais surtout - c’est de loin le plus grave - une ignominie à l’égard des peuples qu’ils ont condamnés à la mort ou à la misère. Dans cette entreprise mortifère où le false flag est la règle et le bombardement aveugle le mode opératoire, de Kaboul à Bagdad, de Tripoli à Sanaa et de Mossoul à Damas, les Etats-Unis battent tous les records, mais leurs supplétifs français et britannique, ces roquets de l’Empire, ne sont pas en reste dans l’exécution du crime de masse. Quel autre pays dans le monde, outre ces trois-là, peut se vanter d’avoir fait autant de guerres chez les autres, imposé autant de sanctions économiques, déstabilisé autant de nations souveraines ? S’ils avaient une vague idée de ce qu’est le patriotisme, leurs citoyens descendraient dans la rue pour imposer la fin de cet acharnement criminel contre des populations qui ne leur ont rien fait, et dont certaines avaient même la candeur de croire aux valeurs usurpées par un Occident failli.
Bruno GUIGUE
 
jeudi 22 novembre 2018
 

Le dérapage du projet moyen oriental de Netanyahou










Le dérapage du projet moyen oriental de Netanyahou
Par Alastair Crooke
Nahum Barnea, un commentateur israélien de renom, a expliqué très clairement dans l’édition de mai du Yedioth Ahronoth  les dessous de « l’accord » qui soutient  la politique du Moyen-Orient de Trump : selon Barnea, Trump, à la suite du retrait des Etats-Unis de l’accord JCPOA,  le 8 mai dernier, va promettre tous les malheurs du monde à Téhéran… pendant que Poutine devrait de son côté empêcher l’Iran d’attaquer Israël depuis le territoire syrien, laissant les mains libres à Netanyahou pour établir de nouvelles règles, qui permettraient à Israël d’attaquer à son gré les forces iraniennes partout en Syrie (et non pas seulement celles placées dans les zones frontalières selon l’accord initial), sans crainte de représailles.
C’est le premier niveau de la stratégie de Netanyahou: contenir l’Iran et obtenir l’assentiment de la Russie pour mener des opérations aériennes en Syrie. « Une seule chose reste incertaine», a déclaré un représentant de la défense israélienne très proche de Netanyahu à Ben Capit, «  qui travaille pour qui ? »… Netanyahou travaille-t-il pour Trump ou ce dernier est-il au service de Netanyahou ? … Vu de l’extérieur, il semblerait que les deux hommes soient totalement synchronisés…mais vu de l’intérieur, il semblerait qu’il n’y ait qu’un seul très grand bureau ».
Il y a depuis le début un deuxième niveau à cette stratégie : la « pyramide inversée » de cette manœuvre moyen-orientale trouve son origine en un seul point, à savoir, Mohammed Ben Salman (MbS). Selon le Washington Post, c’est Jared Kushner qui « a présenté Mohammed comme le champion des réformes, celui qui ferait passer la monarchie pétrolière ultra-conservatrice dans l’ère de la modernité. Kushner a argumenté pendant des mois que Mohammed serait un élément clé dans le processus de paix au Moyen-Orient, et qu’en obtenant la bénédiction du prince, une grande partie du monde arabe suivrait ». C’est encore Kushner, continue The Post « qui a poussé son beau-père à choisir Riyad pour son premier voyage présidentiel à l’étranger, et ce contre l’avis de son secrétaire d’Etat de l’époque Rex Tillerson, et en dépit des mises en garde de son secrétaire de la Défense Jim Mattis ».
Maintenant que MbS a été mêlé d’une façon ou d’une autre au meurtre de Khashoggi, « le royaume est devenu pour la première fois en cinquante ans un facteur d’instabilité (et non plus une force stabilisatrice) », écrit Bruce Riedel de Brookings, un observateur de longue date de l’Arabie Saoudite, et ancien membre haut placé de la CIA et de la défense américaine. Il ajoute que certains milieux à Washington commencent à montrer des signes de remords évidents.
Le « processus administratif sans encombre » auquel se réfère le représentant israélien avec Caspit est connu sous le nom de « cloisonnement », qui apparaît quand les politiques étrangères et sécuritaires d’une nation étrangère sont présentées directement au président, sans passer par l’administration de Washington, faisant ainsi fi des supervisions américaines requises et empêchant les conseillers américains de donner leurs avis sur leurs contenus. C’est comme cela qu’on se retrouve dans cette bévue stratégique avec l’affaire Khashoggi. Et celle-ci fait suite à d’autres « erreurs » telles que la guerre au Yémen, le siège du Qatar, l’enlèvement de Hariri et le nettoyage princier du Carlton-Ritz.
Pour remédier à cela, on a rappelé un « oncle », le prince Ahmed ben Abdel Aziz en exil en occident, pour l’envoyer à Riyad (avec des garanties pour sa sécurité de la part des services secrets américains et britanniques) afin de remettre un peu d’ordre dans ces mésaventures et instaurer un système permettant de contrecarrer la clique de conseillers entourant MbS et éviter ainsi d’autres « erreurs »de ce genre. Il semblerait aussi que le Congrès américain veuille voir une fin au conflit yéménite, un conflit auquel le prince Ahmed s’était opposé tout comme il s’était systématiquement opposé au « couronnement du prince héritier ». Le général Mattis a en effet appelé à un cessez-le-feu dans les 30 jours. C’est un pas vers la restauration de l’image du royaume.
MbS reste pour le moment le prince héritier. Le président Sisi et le Premier Ministre Nétanyahou le soutiennent publiquement, et « pendant que les conseillers américains réfléchissent à une réponse plus convaincante au meurtre de Khashoggi, Kushner rappelle l’importance de l’alliance américano-saoudite dans la région » déclare le Washington Post. L’oncle de MbS (qui, en tant que fils du roi Abdel Aziz, et selon le système de succession en vigueur au royaume pourrait prétendre au trône), espère sans aucun doute pouvoir réparer les dommages infligés à la réputation de la famille al-Saoud et au royaume. Y arrivera-t-il ? MbS acceptera-t-il qu’Ahmed mette fin à la centralisation du pouvoir qui a valu tant d’ennemis? La famille al-Saoud en a-t-elle la volonté ou est-elle encore déroutée par les événements ?
Et le président Erdogan pourrait aussi mettre des bâtons dans les roues de ce délicat processus en divulguant des preuves supplémentaires si Washington n’accède pas de façon adéquate à ses demandes. Erdogan cherche en effet à reprendre le leadership du monde sunnite en le plaçant sous bannière ottomane, et pourrait bien encore avoir de belles cartes à jouer (telles que des écoutes téléphoniques entre l’équipe en charge du meurtre et Riyad). Mais ces cartes perdent de leur valeur maintenant que l’attention se porte sur les élections de mi-mandat.
Le temps le dira, mais c’est à cet enchevêtrement de dynamiques incertaines auquel Bruce Reidel fait référence lorsqu’il parle « d’instabilité » en Arabie Saoudite. La question sous-jacente est de savoir quelles conséquences ces évènements peuvent-ils avoir sur la « guerre » iranienne de Netanyahou et de MbS ?
Mai 2018 semble loin. Trump n’a peut-être pas changé, mais Poutine n’est plus le même. L’Establishment sécuritaire russe a exprimé au président son mécontentement face aux attaques aériennes israéliennes en Syrie visant soi-disant les forces iraniennes dans le pays. Quant au ministère de la défense russe, il a installé en Syrie une ceinture de missiles et des systèmes électroniques de désactivation dans le ciel aérien syrien. Politiquement la situation a aussi changé : l’’Allemagne et la France ont rejoint le processus Astana pour la paix en Syrie. L’Europe veut voir les réfugiés rentrer chez eux, ce qui exige le retour de la stabilité dans le pays. Certains pays du Golfe ont eux aussi commencé à normaliser leurs relations avec l’état syrien.
Les américains sont toujours en Syrie, mais un Erdogan, revigoré (après la libération du pasteur américain et fort de ses cartes Khashoggi, obtenues par les services secrets turcs) entend réduire à néant le projet Kurde au nord et à l’est de la Syrie, soutenu par Israël et les Etats-Unis. MbS, qui finançait ce projet pour le compte des USA et Israël, y cessera toute participation (une demande formulée par Erdogan en échange de sa discrétion dans l’affaire Khashoggi). Washington voudrait lui aussi voir la fin de la guerre au Yémen dont le but unique était d’embourber l’Iran, ainsi que l’effritement du Qatar.
Cela représente autant de complications pour Netanyahou et son projet moyen-oriental, même si les deux revers les plus importants pour Netanyahou et MbS sont la perte de cet accès direct au président Trump, rendu possible par Jared Kushner, qui court-circuitait tout le système américain de poids et contrepoids. « La ligne directe » Kushner n’a permis ni de mettre en garde Washington des « erreurs » à venir ni de les empêcher. Le Congrès américain ainsi que les services secrets américain et britannique tentent de mettre le nez dans ces affaires. Ils ne sont pas très portés sur MbS, et tout le monde sait que le prince Mohammed Ben Naïf était leur favori (il est toujours en résidence surveillée dans son palais).  
Trump espère tout de même mener à terme “son projet iranien” et conclure l’accord du siècle entre Israël et les Palestiniens (mené par l’Arabie saoudite, à la tête du monde sunnite). Trump ne cherche pas la guerre avec l’Iran, mais est convaincu qu’il peut y avoir un soulèvement populaire en Iran qui fera tomber le gouvernement actuel.
Le second obstacle tient en ce que l’objectif du prince Ahmed ne doit se résumer à cela : créer l’instabilité ou entrer en conflit avec l’Iran. Il doit redorer l’image de sa famille, restaurer son statut de leader dans le monde sunnite qui a été érodé par la guerre du Yémen, et que cherche à lui ravir la Turquie. On peut légitimement penser que la famille Al-Saoud n’aura guère l’appétit de remplacer une guerre coûteuse et désastreuse (Yémen) par un conflit, plus grand, avec son voisin iranien, bien plus puissant. Cela n’aurait aucun sens. C’est peut-être pour cela que nous voyons Israël se ruant vers une normalisation des ses relations avec les Etats arabes, et ce bien qu’il n’y ait aucune amélioration côté palestiniens.
Nehum Barnea avait vu juste dans son article publié en mai dans Yediot Ahoronot lorsqu’il déclarait : « Trump aurait pu déclarer un retrait de l’accord JCPOA et cela aurait pu suffire ». Mais sous l’influence de Netanyahou et de sa nouvelle équipe, il a choisi d’aller plus loin. Les sanctions contre l’Iran seront plus strictes, bien plus qu’elles ne l’étaient avant que l’accord nucléaire ne soit signé. «  Faites leur mal au porte-monnaie », conseilla Netanyahou à Trump. « Si vous leur faites mal au porte-monnaie, ils suffoqueront, et s’ils suffoquent, ils renverseront les ayatollahs ».
Ce fut un autre de ces conseils passé directement au président américain. Ses conseillers lui auraient sûrement expliqué que c’était de la folie. Ils n’y aucun exemple de sanctions, qui à elles seules, aient réussi à renverser un gouvernement. Et même si les Etats-Unis peuvent se permettre d’utiliser leur hégémonie judiciaire pour faire appliquer ces sanctions, ils se sont en fait isolés en sanctionnant l’Iran : l’Europe ne veut plus d’insécurité, elle ne veut plus de réfugiés. Etait-ce l’attitude intransigeante de Trump qui amena Jong Un à la table des négociations ? Ou, au contraire, Jong Un aurait-il compris qu’une rencontre avec Trump était le prix à payer pour reparler de la réunification des deux Corée ? Trump a-t-il été prévenu que l’Iran subirait des pertes économiques, mais qu’elle survivrait coûte que coûte en dépit des sanctions? Non et c’est bien là le problème lorsque les conseils court-circuitent le circuit traditionnel.
Alastair Crooke est un ancien membre de la diplomatie britannique, fondateur et co-directeur, à Beyrouth, du Conflicts Forum.
*Source (version originale) Conflicts Forum
Traduction et Synthèse : Z.E pour France-Irak Actualité
via:http://www.france-irak-actualite.com/2018/11/le-derapage-du-projet-moyen-oriental-de-netanyahou.html
 
 



Crise du régime:Les grands médias internationaux se réveillent  !





 
mercredi 21 novembre 2018
 

HARRAGAS ALGÉRIENS DISPARUS EN MER EN ITALIE : LE RÉCIT D’UN RESCAPÉ











TSA



EXCLUSIF
– Harragas algériens disparus en mer en Italie : le récit d’un rescapé

La commune de Rais Hamidou est secouée depuis quelques jours par la tragique disparition en mer de plusieurs de ses enfants.
Sur les 13 jeunes qui ont pris la mer mercredi 14 novembre en direction de l’Italie, seuls trois ont été retrouvés et sauvés par les garde-côtes italiens, vendredi, au large de la Sardaigne. Sur les dix autres qui ont choisi de rejoindre le rivage à la nage après que leur embarcation ait été immobilisée par une panne de moteur près de la côte, trois sont décédés et leurs dépouilles ont été repêchées -la dernière a été repêchée ce mercredi- alors que les sept autres sont toujours portés disparus.
L’un des rescapés, actuellement détenu dans un centre de rétention de migrants à Cagliari, en Sardaigne, a été joint par sa famille au téléphone. « On n’a de nouvelles d’aucun (des disparus), il y a un rescapé de La Vigie (quartier de Rais Hamidou) et un d’Annaba », a-t-il confirmé lors de la communication téléphonique dont un enregistrement a été communiqué à TSA.
« Les autres qui sont partis à la nage, on n’a aucune nouvelle d’eux et personne ne peut dire s’ils sont vivants ou morts », a raconté le rescapé, confus. La panne du moteur n’est pas la seule difficulté à laquelle les 13 jeunes Algériens ont dû faire face. Selon le témoignage du rescapé, les conditions météo étaient très défavorables. Le voyage en mer qui « dure normalement 18 heures a duré 30 heures », a-t-il relaté.
La disparition des 8 jeunes harragas qui ont choisi de se jeter à la mer pour rejoindre le rivage à la nage est expliquée par ces mauvaises conditions. « La distance n’est pas grande, mais il faisait noir et les conditions étaient difficile, la mer agitée et il y avait un fort vent d’est », a expliqué le survivant.
« Il y avait le froid, la faim, la panique, la peur. Certains ne pouvaient pas nager, mais ils ont essayé et ils ne sont plus reparus », a regretté le rescapé. « Nous sommes tous les fils du même quartier, comme des frères, il n’y a eu aucun problème ni de bagarre entre nous », a-t-il assuré
 
mardi 20 novembre 2018
 
ICG préconise des réformes en urgence: Risque d'une crise économique majeure en Algérie







par Yazid Alilat

L'Algérie devrait mettre en œuvre des réformes en urgence pour diversifier son économie et éviter une crise économique qui pourrait frapper le pays dès 2019, a averti dans son dernier rapport le centre d'analyse International Crisis Group (ICG).

L'économie algérienne pourrait heurter l'iceberg en 2019, estime l'ICG, si le gouvernement ne met pas en place des réformes en urgence autant pour diversifier l'économie que pour améliorer les grands indicateurs économiques, relève l'ICG dans son rapport «Surmonter la paralysie économique de l'Algérie».

Partant du constat que les recettes pétrolières du pays se sont nettement détériorées depuis 2014 dans le sillage de la baisse des prix de l'or noir et que les réserves de change sont consommées à un rythme effréné, le centre souligne que «les nouvelles réalités financières ne permettent plus de maintenir le niveau élevé de dépenses publiques des dix dernières années qui vide rapidement les caisses de l'Etat». «Malgré les promesses des gouvernements successifs de faire des réformes et de rééquilibrer les finances publiques, la paralysie politique a fait obstacle à toute mesure décisive», ajoute le rapport. L'ICG relève d'autre part qu'en dépit du «rétablissement du cours du pétrole, la crise économique pourrait frapper le pays dès 2019» et «se greffer aux tensions entourant la présidentielle» d'avril prochain.

En outre, «les autorités reconnaissent que le modèle actuel est à bout de souffle, mais peinent à le corriger». Le rapport regrette que les réformes économiques «ont eu tendance à être reportées». Mieux, l'ICG explique l'inertie du gouvernement en matière de réformes économiques par «les groupes d'intérêt influents, qui défendent le statu quo» ainsi que «le souvenir de la guerre civile (1992-2002), née des troubles politico-sociaux ayant suivi les mesures d'austérité des années 1980 et 1990». D'autant que l'ICG considère «insuffisantes les coupes budgétaires» et la «politique monétaire expansionniste, qui alimente l'inflation et permet seulement au gouvernement de gagner du temps sans s'attaquer aux problèmes de fond». «A terme, l'Algérie ne pourra pas se contenter de petits ajustements techniques à sa politique économique», prévient le centre d'analyse pour qui il une renégociation du «contrat social implicite» dans le pays est inévitable pour le gouvernement, «à savoir que l'Etat pourvoit aux besoins d'une population tenue de s'exécuter». Mais, il a averti que «toute renégociation doit être envisagée avec prudence», notamment le contrat social. Le centre rappelle en effet le poids de la demande sociale, notamment en matière de création d'emplois dans un environnement économique marqué par la désindustrialisation et la baisse des investissements des entreprises et même publics. «Les moins de 30 ans (55% de la population selon les statistiques officielles) entrent aujourd'hui sur le marché du travail avec de sombres perspectives d'avenir et une capacité considérablement réduite de l'Etat à les soutenir», relève l'ICG qui admet que l'Algérie peut néanmoins compter sur une dette extérieure inférieure à 2% du PIB et sur des partenaires, européens notamment, «prêts à apporter leur soutien».

D'autant que économistes et analystes ont appelé l'Algérie à plus de transparence sur l'état des finances publiques, les difficultés économiques, les réformes nécessaires et leurs résultats attendus et à «mettre l'accent sur les jeunes dans l'élaboration du programme de réformes». Le centre, dont fait partie l'ancien ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, a également appelé le gouvernement à s'ouvrir et élargir son «éventail» de partenaires sociaux, et à ne pas rester dans la dualité avec l'UGTA et le FCE, deux organisation patronales proches du pouvoir. Très critique de la démarche du gouvernement en particulier et des pouvoirs publics en général, l'International Crisis Group estime que «l'attitude actuelle du gouvernement, qu'il s'agisse de prendre des décisions économiques majeures ou de s'attaquer à des questions politiques et sociales plus vastes, est trop souvent distante, arrogante et contraire aux attentes des Algériens». «Comme beaucoup de questions cruciales en Algérie, les questions de réforme économique ont tendance à être reportées, les partisans du changement attendant un leadership politique plus avant-gardiste», affirme encore l'ICG. Pour autant, «cela n'apparaîtra peut-être pas avant un certain temps et les décideurs d'aujourd'hui devraient considérer qu'il serait plus sage, tant pour leurs intérêts que pour ceux de l'Algérie, de prendre de l'avance en faisant face à une crise future plutôt que de faire face au choc lorsqu'il arrivera», prévient encore le centre d'analyse international.

Les recommandations des experts de l'ICG se retrouvent parfois dans le discours du gouvernement, qui n'a pas donné cependant des certitudes sur sa volonté réelle d'aller plus en profondeur dans cette démarche pour relancer la croissance, améliorer la compétitivité des entreprises et freiner les déficits. Lors des réunions d'automne 2018 des institutions de Bretton Woods en octobre dernier à Washington, le ministre des Finances Abderrahmane Raouya, avait rappelé la volonté et l'engagement du gouvernement algérien à poursuivre les réformes économiques structurelles visant notamment à améliorer le cadre institutionnel et à orienter les ressources disponibles au bénéfice de la croissance économique. «Des efforts sont toujours déployés pour un meilleur recouvrement de l'impôt, la lutte contre la fraude et l'évasion fiscale, l'amélioration des dispositifs pour encourager davantage l'investissement, la mise en place de mécanismes adaptés pour l'inclusion du secteur informel et la diversification des produits bancaires pour plus d'inclusion financière», avait-il affirmé.

Mais, cela n'est pas suffisant, selon les experts de l'ICG qui conseillent des réformes économiques profondes devant permettre l'émergence d'une économie diversifiée et indépendante des hydrocarbures. Et, surtout, lutter plus efficacement contre la corruption. Le gouvernement devrait «chercher à répondre aux préoccupations grandissantes du public face à la corruption» et recommande de mettre en place une «commission d'experts chargée d'examiner la meilleure façon de réduire la corruption au moyen de réformes administratives et législatives». 
 
lundi 19 novembre 2018
 

Israël ne pourra plus rien y faire désormais – la Palestine est inévitable











Israël ne pourra plus rien y faire désormais – la Palestine est inévitable
Par Mikhail Osherov

La doctrine militaro-politique actuelle des dirigeants israéliens est fondée sur la poursuite de l’occupation des territoires syriens et palestiniens occupés par l’État d’Israël, ce qui exige une violence constante et des actes d’agression internationale et de terrorisme d’État contre la population des territoires occupés de Cisjordanie, ainsi que celles de la bande de Gaza, de la Syrie et de l’Iran.
En outre, la doctrine politico-militaire des dirigeants d’Israël exige l’impunité et aucune perte. La société israélienne n’est préparée à aucune perte. Les mères israéliennes adorent que leurs enfants soient habillés d’un bel uniforme vert, mangent dans des cantines de l’armée et tuent des Arabes, mais elles n’aiment pas que leurs enfants soient tués dans une guerre.
D’un point de vue historique, lorsque les citoyens d’un État ne sont pas prêts à mourir pour leur pays, de tels États meurent (à titre d’exemple, Byzance, qui ne pouvait plus être protégée par ses murs et n’avaient plus que des mercenaires).
Pour commettre des actes d’agression impunis sans perte, il faut une supériorité considérable, sinon absolue, technico-militaire. Jusqu’à récemment, l’État d’Israël avait une telle supériorité. Mais ces dernières années et mois, la situation a commencé à changer.
Lors de l’agression israélienne contre le Liban en 2006, les derniers chars israéliens Merkava ont été détruits et endommagés par les vieux systèmes antichars soviétiques banals des années 1970.
Après plusieurs jours de combats avec une suprématie aérienne absolue et après la perte d’un nombre important de chars pour Israël, une bonne partie des chars Merkava n’étaient plus utilisés comme chars d’assaut en première ligne d’attaque, mais ont été retirés vers la deuxième ligne, puis utilisés comme canons d’artillerie.
Les pertes au Liban ont forcé l’armée israélienne à se replier en territoire israélien. Si les dirigeants israéliens avaient des objectifs dans cette guerre, ils n’ont pas été atteints. L’armée israélienne a subi une défaite lors de cette guerre et la société israélienne a commencé à exiger encore plus d’opérations militaires de la part de son gouvernement.
Récemment, la Syrie a mis fin à de nombreuses années d’agression israélienne. Après la destruction tragique de l’avion russe Il-20, provoquée par un raid aérien israélien sur Lattaquié, et le transfert à la Syrie de systèmes de défense antiaériens S-300 par la Russie, les raids aériens israéliens contre la Syrie ont cessé, craignant de perdre les avions et les pilotes.
Les systèmes de défense aérienne syriens et russes « voient » maintenant tout le nord et le centre d’Israël. Les avions israéliens utilisent désormais des aérodromes dans la région de Beersheba pour des missions de reconnaissance.
Au cours du dernier conflit israélien avec la bande de Gaza [considérablement moins bien équipée] qui s’est déroulé les 11 et 12 novembre à cause d’une nouvelle tentative des forces spéciales israéliennes de mener une opération terroriste dans la bande de Gaza, mais qui a été découverte et partiellement éliminée, nous avons assisté à une énième guerre entre l’État d’Israël et cette petite bande de terre encerclée et sous blocus.
Les missiles israéliens ont détruit 160 cibles dans la bande de Gaza. De la bande de Gaza vers Israël, 460 missiles ont été tirés, dont seulement 106 ont été interceptés par les systèmes de défense aérienne israéliens du fameux dôme de fer.
Il s’est avéré que ces systèmes ne peuvent pas intercepter les lancements de salves de roquettes et d’obus non guidés. Comparez cela aux actions des systèmes de défense aérienne syriens « Pantsir » et « Thor » en Syrie, contre l’attaque simultanée de centaines de missiles de croisière américains manœuvrables. Après la menace des dirigeants de la bande de Gaza de frapper l’aéroport israélien Ben Gourion, les hostilités entre Israël et la bande de Gaza ont été stoppées.
Dans un proche avenir, l’État d’Israël perdra inévitablement sa supériorité militaire sur les pays voisins, c’est ce qui est en train de se produire actuellement. Cela signifie que d’autres actions d’agression unilatérales et impunies d’Israël contre la Syrie et les Palestiniens seront impossibles à l’avenir.
S’étant engagé sur la voie du soutien à des gangsters syriens et internationaux luttant contre le gouvernement syrien légitime, l’État d’Israël n’a fait que réduire ses capacités diplomatiques et se souiller de la honte de travailler avec des bandits et des meurtriers.
Les provocations israéliennes sans fin contre la bande de Gaza et la violence contre la population palestinienne de la Cisjordanie occupée ne peuvent pas durer éternellement. Les aiguilles de l’horloge de l’histoire s’approchent de la fin pour l’état d’Israël.
Les dirigeants de l’État d’Israël doivent à présent réfléchir non pas à la guerre, mais au fait qu’il est préférable et plus avantageux pour l’État d’Israël de mettre fin à l’occupation des territoires palestinien et syrien, de conclure un accord de paix global au Moyen-Orient et de créer un État palestinien indépendant, plutôt aujourd’hui avec la supériorité relative d’Israël, que plus tard, lorsque cette paix lui sera imposée aux seules conditions iranienne, syrienne et égyptienne.
 Source : https://www.fort-russ.com/2018/11/israel-is-now-powerless-palestine-is-inevitable/
Traduction Avic – Réseau International
 
"Si vous n’y prenez pas garde, les journaux finiront par vous faire haïr les opprimés et adorer les oppresseurs." Malcom X

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