ELWATAN-ALHABIB
lundi 25 février 2019
 

OMAR BENDERRA : QUELQUES CLÉS POUR COMPRENDRE LES MANIFESTATIONS DU 22 FÉVRIER 2019 EN ALGÉRIE










PAR AW · PUBLIÉ FÉVRIER 25, 2019 ·


Une interview de Omar Benderra* par Marwan Andalussi, Algeria-Watch, 25 février 2019

Qu’est ce qui explique la formidable mobilisation des Algériens ce 22 février dans plusieurs villes du pays, alors que personne ne sait qui a appelé à la marche ? Cela ressemble, toutes proportions gardées, aux événements d’octobre 1988. On savait qu’il allait se passer quelque chose, mais on ne savait pas d’où ça venait.
Interpréter les intentions d’un système politique hermétique, violent et cynique, qui pratique depuis toujours une forme d’endogamie régressive au sommet de structures décisionnelles clandestines est un exercice où la tentation paranoïaque est permanente. Cette tentation est nourrie par une propagande visant à représenter ce régime sans visage comme un système omniscient et omnipotent. Ce qui n’est évidemment pas le cas au vu de la dégradation continue et bien trop perceptible de l’État et des menaces grandissantes qui pèsent sur le pays. Il est donc essentiel de rester lucide et vigilant, de ne pas verser dans le conspirationnisme et d’éviter d’attribuer ces manifestations à un ou des marionnettistes invisibles qui orchestreraient les expressions du mécontentement. Même si des centres de pouvoir – ceux qui estiment que leurs intérêts ne sont pas suffisamment pris en compte dans les équilibres actuels – ont très probablement stimulé ou favorisé la réunion des conditions d’une mobilisation populaire massive.
Qui peut prétendre l’ignorer ? Les appareils du système, en premier lieu la police politique sous les diverses appellations dont elle s’affuble, peuvent en effet instrumentaliser la rue pour régler des conflits entre groupes d’intérêts au sein du système. Tous l’ont compris en effet lors des événements d’octobre 1988 et, dans une autre logique, lors des « marches spontanées » de soutien en 1995 à la candidature de Liamine Zeroual – déjà un général retraité…
Mais en l’occurrence, s’agissant de la mobilisation de ce vendredi de février, ces milieux n’ont fait qu’embrayer sur une situation plus que mûre pour des contestations sur ce mode. Autrement dit, si certains groupes au sein du régime ont favorisé les manifestations du 22 février, ils n’en sont en aucune façon les architectes. La population s’est prise en charge elle-même, elle a choisi ses mots d’ordre et ses formes d’expression. L’opinion algérienne est depuis longtemps au-delà de l’exaspération et ce n’est que par les traditions de patience et de refus de la violence que la société s’est maintenue par elle-même dans une posture de retrait par rapport au régime et ses parodies, de désobéissance civile non dite et d’indifférence devant les gesticulations de ceux qui contrôlent l’État. Comme on avait déjà pu l’observer au cours de la « campagne » du quatrième mandat en 2014, où l’opinion avait manifesté une souveraine indifférence à la communication du régime.
Sur tous les plans, la situation a bien évolué depuis lors. En effet, et je crois que tous s’accordent sur ce point, les Algériennes et les Algériens se sont sentis insultés par cette indigne mascarade d’un cinquième mandat qui consiste à imposer un vieillard à l’agonie en tant que candidat de l’espoir et du renouvellement. Cet élément a joué comme un détonateur de mécontentement, la goutte d’eau qui a fait déborder un vase d’indignation et d’amertume. Ce que les populations contestent et rejettent ne se limite pas à la reconduction d’un président-zombie. Le peuple algérien est exaspéré et ne veut plus de cette dictature brutale et incompétente, corrompue au-delà de toute expression et qui conduit, au vu et au su de tous, le pays vers de sombres lendemains.
Le refus du cinquième mandat est-il la raison exclusive de cette mobilisation inédite ?
On a bien vu au rythme des slogans et des mots d’ordre des manifestants que les revendications vont bien au-delà. Certains « progressistes » et d’autres publicistes en service commandé essaient de transformer ce refus générique du système en simple remise en cause de Bouteflika. La manœuvre peut paraître grossière, mais elle est bien en action : il s’agit pour ces milieux de canaliser l’indignation populaire vers le rejet du cinquième mandat pour promouvoir un candidat du consensus militaro-policier, présenté comme une alternative novatrice et crédible. C’est ainsi qu’entre quelques lièvres plus ou moins farfelus préposés à l’animation d’arrière-cour, on nous offre un général sorti du néant comme alternative. Cette opération de recyclage de général remisé pourrait convaincre les milieux « éclairés » qui se représentent comme des élites dont certains feignent de croire au miracle électoral.
Ces cercles chargés de valider des options fantomatiques font leur office habituel. Mais je ne suis pas sûr qu’ils disposent d’une grande audience auprès d’une population revenue de toutes les fourberies. Les Algériennes et Algériens n’attendent ni homme providentiel ni n’espèrent de caudillo reconverti sorti d’une pochette surprise ou de faqih (juriste musulman) recyclé. Ils aspirent à vivre librement en citoyens respectés dans une société libre, dirigés par des femmes et des hommes qu’ils auront librement choisis dans un contrat politique opposable à tous et uniquement régi par le droit. Le peuple est pour un changement radical et contre le cinquième mandat.
Mais pourquoi donc le régime s’obstine-t-il à reconduire un président si visiblement amoindri ?
Pour comprendre ce phénomène qui conduit à une situation absurde et une image gravement dégradée de notre pays, il est utile de rappeler qu’Abdelaziz Bouteflika a été l’un des fondateurs du système militaro-policier algérien au lendemain immédiat de l’indépendance en 1962. Il connaissait donc parfaitement les codes, le mode de fonctionnement, les usages et les composantes de cette organisation de pouvoir. Il ne pouvait en aucun cas trahir un système dont il a été, aux côtés de Houari Boumediene (mort en 1978), l’une des chevilles ouvrières.
Après une longue traversée du désert, Abdelaziz Bouteflika a été exhumé en 1999 de son exil doré aux Émirats arabes unis pour succéder à Liamine Zeroual (chassé sans gloire du pouvoir par ceux-là mêmes qui l’avaient fait roi en 1995), avec force marches de soutien « spontanées ». Bouteflika a d’abord été choisi en raison de ses qualités de diplomate : il avait été ministre des Affaires étrangères pendant treize ans – de 1965 à 1978 –, durant la période ascendante du régime algérien. Les généraux « janviéristes » et leurs subordonnés, auteurs du coup d’État du 11 janvier 1992 ayant annulé la victoire électorale du Front islamique du salut (FIS), ont tablé sur son entregent substantiel pour juguler la menace que la justice internationale faisait planer sur les crimes contre l’humanité qu’ils ont commis dans les années 1990 lors de la « sale guerre » déchaînée contre les islamistes et l’ensemble de la population algérienne.
Avec l’aval et l’appui des dirigeants français, Abdelaziz Bouteflika, aidé par une conjoncture favorable (les attentats du 11 septembre 2001 modifiant radicalement la posture des Occidentaux vis-à-vis de l’islam politique), va mener à bien la mission qui lui a été confié. Son activisme externe, grâce à une batterie de dispositions et de lois exorbitantes d’amnistie et d’effacement des crimes, a permis (provisoirement ?) de lever les hypothèques qui pesaient sur les chefs de l’armée et des services secrets.
Un bonheur n’arrivant jamais seul, Abdelaziz Bouteflika a pu consolider son emprise à la faveur de l’exceptionnelle période d’« embellie financière » due à l’augmentation durable et substantielle des prix pétroliers. La base de corruption du système s’élargit alors au-delà de toute espérance, puisque dans la période 2002-2013 l’Algérie enregistre près de 1 000 milliards de dollars de recettes pétrolières. De marchés publics en sociétés écrans, cette manne profite à des réseaux de commissionnements et de corruption composés de chefs militaires et de leurs hommes d’affaires. Ces derniers, au fil de la constitution de fortunes considérables et de rôles de plus en plus significatifs d’intermédiation avec l’étranger, ont pris progressivement une place décisive au sommet du pouvoir.
Depuis 2013, l’impotence du président a eu pour effet de conforter les principaux dirigeants du système dans des positions politico-administratives qui s’apparentent à de véritables baronnies au-dessus du droit commun et ne souffrant ni supervision ni intrusion d’aucune autorité supérieure. Les dossiers exigeant un arbitrage au sommet de l’État sont négociés ponctuellement avec l’entourage familial du président. Ce dispositif, totalement contre-productif pour la gouvernance du pays, n’en est pas moins très confortable pour les nouveaux « seigneurs de guerre » sur lesquels ne s’exerce aucune supervision.
Ces dirigeants et leurs businessmen civils, constitués en groupes d’intérêts, maintiennent contre vents et marées Bouteflika au pouvoir pour conserver leur accès à une rente qui, bien que se contractant, reste la source d’enrichissement massif et continu. Il s’avère au fil des mandats qu’il est particulièrement ardu pour ces bureaucraties de pouvoir de s’entendre sur une alternative consensuelle au président malade. Ceux qui contestent le cinquième mandat au sein de cette organisation ne sont pas à la recherche d’une évolution du régime. Il s’agit purement et simplement pour des groupes qui ont été écartés plus ou moins brutalement du pouvoir de retrouver l’accès à la rente.
Les manifestations à Alger sont bannies depuis près de vingt ans, qu’est-ce qui explique la non-intervention de la police qui était pourtant déployée massivement ?
Je pense que ceux qui ont décidé de faire preuve de retenue l’on fait non pas pour des considérations « démocratiques », si j’ose dire, mais bien par calcul. Ils savent que la contestation est massive et généralisée, que l’exaspération est grande. Il ne s’agit que d’un pur constat d’évidence : l’Algérie toute entière, du sud au nord et d’ouest en est, arrive au bout d’une patience légendaire. Or, dans un tel état esprit à l’échelle de la nation, entrer d’emblée dans un cycle de répression directe et de confrontation violente avec la population peut mener à des ruptures imprévisibles… Ces « décideurs » savent aussi que leurs appareils de répression, police, gendarmerie, armée, ne sont pas imperméables ou insensibles, loin de là, à ce qui se déroule dans la société. La mesure dont a jusque-là fait preuve la police semble bien la preuve que le régime cherche à la ménager, à économiser ses forces, à prévenir son usure, traduisant une vraie appréhension de sa part devant une situation dégradée et qui pourrait s’envenimer, à Dieu ne plaise, au moindre dérapage. Il faudra alors au régime assumer une répression durable d’une ampleur inédite…
Quelle sera la riposte du régime ? Au lendemain de la manifestation du 22 février, des rumeurs parlent de contre-manifestation de ceux qui sont favorables au cinquième mandat (FLN et RND seraient derrière, ils ont le savoir-faire en termes de marches spontanées). Si cela arrive, ne risque-t-il pas d’y avoir une fracture violente du pays ?
Ces partis « bidons » que vous citez disposent largement de moyens matériels pour convoquer des clientèles achetées à vil prix. Il existe en Algérie, comme dans toutes les sociétés humaines, des franges sans morale prêtes à toutes les manipulations. Il faut espérer que cette riposte n’advienne pas et que ceux dans l’armée et les services de sécurité qui ont conservé le sens de l’État et qui n’ont pas totalement rompu avec l’héritage politique du 1er novembre 1954, s’il en reste, auront leur mot à dire pour empêcher des aventures dont le prix et les conséquences sont incalculables. La responsabilité de ces milieux est directement engagée.
Pour leur part, les centaines de milliers de manifestants à travers tout le pays ont montré au monde avec éclat la hauteur de principes de non-violence et d’expression policée des revendications conforme à une tradition établie. Ce peuple, que d’aucuns se plaisent à injurier du haut de leur mépris d’arrivistes oublieux de trajectoires douteuses, a exprimé avec noblesse et dignité son refus du désordre et de la tyrannie. Avec une force de conviction et une énergie évocatrices des glorieuses journées décoloniales de décembre 1960.
Tout le monde aura remarqué le silence honteux des médias publics le jour de la manifestation (et des tergiversations des médias privés). Les partis dits d’opposition semblent, eux, sonnés par la mobilisation populaire et ils sont très discrets. Qu’est-ce qui explique ces attitudes (la presse et les partis d’opposition) ?
Il n’existe pas de médias libres en Algérie, pas plus qu’il ne peut exister de partis politique autonomes dans une scène hermétiquement verrouillée et totalement contrôlée par la police politique. Les chaînes de télévision publiques et privées n’ont pas du tout fait état ni couvert les manifestations. Les journaux liés à la police politique et à des oligarques ont mis l’accent sur le rejet du cinquième mandat en faisant généralement l’impasse sur la contestation radicale du régime.
C’est une question de pur bon sens : une presse libre peut-elle exister dans un environnement liberticide ? Non, bien entendu. Depuis le coup d’État militaire du 11 janvier 1992, les libertés fondamentales constitutives de l’État de droit sont foulées au pied par le système. Les libertés d’expression de réunion, de manifestation sont prohibées. Il est interdit d’exercer le journalisme et il est interdit de faire de la politique. Il est en revanche permis d’être des propagandistes du régime et de servir d’opposition-alibi dans un environnement institutionnel intégralement fabriqué.
Les hommes et femmes politiques indépendants et respectables existent pourtant et tous savent leurs noms. Ceux-là n’ont pas voix au chapitre, et quand ils peuvent s’exprimer, ils sont au mieux ignorés. Quand les dirigeants de la police politique les jugent dangereusement audibles par la population, les contre-feux de la diffamation, de l’injure et de la calomnie sont rapidement allumés… Il est évident que dans un tel climat, les expressions politiques indépendantes et sincères émergent très péniblement et soient difficiles à identifier. Il faut espérer que ces mobilisations de la population permettent enfin l’émergence de cadres et militants politiques jeunes et courageux, susceptibles d’assumer massivement une relève dont le pays a vitalement besoin.
Le même constat de carence peut s’appliquer aux médias. À l’exception de quelques rares journalistes honorables dont les noms sont également connus de tous, la presse est massivement constituée d’éléments parfaitement disciplinés de cette milice de la désinformation. Les agences de presse étrangères, ainsi que l’a montré la couverture francophone tronquée et trompeuse des manifestations, ne dérogent pas à la règle. Les journalistes qui activent dans la presse étrangère, française en particulier, métropole oblige, sont trop souvent – heureusement pas toujours – des agents en service commandé chargés de maintenir la confusion et le trouble sur la nature réelle des faits politiques qui émaillent le quotidien de l’Algérie.
Mais au grand dam des praticiens de l’intoxication et des manipulateurs d’opinion, le règne de l’information contrôlée est révolu. Les réseaux sociaux pallient très largement et très efficacement ce déficit de médias autonomes. Les coupures d’Internet et les ralentissements organisés de flux ne sont que des moyens d’arrière-garde. Les sites électroniques du régime tentent vainement de la capter à leur profit, mais l’opinion est infiniment mieux informée que ce que souhaiterait la dictature. Aucun artifice ni interdiction ne peut aller contre ce courant. Ce 22 février 2019, ces médias et ces valets de presse ont simplement achevé de se discréditer.
Il y a un élément d’une grande importance dans ce qui s’est passé le 22 février qui mérite d’être souligné fortement. Je veux parler des gens qui ont protesté contre les prêches commandés des imams, certains ont même quitté la mosquée comme à Béjaïa, et accompli leur prière à l’extérieur. Le verrou de la pression par la religion a-t-il sauté ?
Dans le vide moral politique et culturel créé et entretenu par la dictature, la religiosité est devenue un liant, qui a permis le maintien de la cohésion sociale. La religion demeure ainsi un refuge premier et ultime pour beaucoup. La spiritualité des Algériens exprime aussi, intensément, le refus de l’ordre – plutôt du désordre – sans éthique imposé par la force au nom de valeurs que chacun connaît et reconnaît, ancrées dans l’histoire et les usages. Mais nous ne sommes plus dans les années 1980 ou 1990.
Au fil du drame et de l’impasse, des enjeux mis à nu et de l’identification des acteurs, la société a évolué et mûri. Le niveau général, politique et critique, est incomparablement plus élevé. L’expérience accumulée au cours de ces décennies de sang, de violence et d’injustice a forgé les consciences et permet de mieux résister aux méthodes démagogiques de toutes formes et de toutes apparences.
Le régime, très cyniquement, avec ses prédicateurs-charlatans et ses imams au garde-à-vous, a tenté de faire fructifier l’obscurantisme et d’orienter les pratiques religieuses vers la bigoterie, les anathèmes et la régression. Mais le succès de cette manœuvre d’empoisonnement de la foi semble avoir fait long feu. La population aguerrie n’est plus aussi facilement tenue par les discours d’adhésion ou d’autorité, quelle qu’en soit la source et quels que soient les habits dont les propagandistes se revêtent… Il n’y a pas d’allégeance mécanique ni de gourous intouchables. Les Algériens, croyants ou non, pratiquants ou pas, respectent le sacré et savent ce qui relève de la politique, inévitablement distinct de ce qui relève du spirituel et de la religion.
Quelles pourraient être les suites de cette journée particulière ? Quid des élections présidentielles du 18 avril ?
L’avenir est indéchiffrable, même si nous pouvons placer beaucoup d’espoir dans la jeunesse algérienne. Des initiatives sont menées à la base et des cercles de discussions et d’échanges voient le jour. Il peut s’agir là d’un prélude à une recomposition politique effective. Ce que l’on peut affirmer sans grand risque d’erreur est que les manifestations du 22 février ont unifié les rangs du peuple algérien, dans sa diversité et ses différences, face à ce régime de voyous sans scrupules. Les habitants de ce pays ont déployé aux yeux de tous une conscience politique et un sens des responsabilités de très haut niveau. Sans que soit oubliée la solidarité internationale, avec la cause palestinienne notamment. Il faut espérer que cette mobilisation soit pérenne, qu’elle soit la matrice d’une réorganisation politique plurielle et démocratique de la société algérienne. Et qu’elle aboutisse enfin à un règlement politique, pacifique et dans le respect du droit et des libertés, de la crise que subit depuis trop longtemps le peuple algérien.
*Membre d’Algeria-Watch
 
 
Des positions bien arrêtées






par Moncef Wafi

Quarante-huit heures après la démonstration de force des opposants au cinquième mandat, la question la plus lancinante est de connaître l'intention du pouvoir en place. Vendredi dernier, des milliers d'Algériens lambda ont sillonné les rues des villes algériennes dans le calme pour scander des slogans hostiles au cinquième mandat et réclamer le changement. Si la réaction du gouvernement était inaudible ce jour-là, l'absence d'une répression policière face aux manifestations, interdites de facto, présageait d'une nouvelle orientation au sommet décisionnel d'autant plus que les menaces et mises en garde contre le recours à la rue n'ont pas manqué dans la bouche des responsables politiques et institutionnels. Mais aussitôt que la tempête s'est calmée, les Algériens ont assisté au retour des vieux réflexes du temps de l'ancien parti unique. Les préposés à la parole, les défenseurs d'un cinquième mandat, recrutés dans les sphères partisanes et dans les appareils appendices de l'Etat, ont reproduit le discours de circonstance, celui qu'on ressort à chaque contestation d'envergure citoyenne. Bouchareb, Ghoul ou encore Sidi Saïd ont dégainé la vieille litanie des années de braise, expliquant au peuple que sans la continuité du régime le pays pourrait revivre cette décennie noire qui l'a détruit. Cette réaction primaire et l'entêtement à ne pas vouloir entendre le bouillonnement de la rue ont provoqué la colère des Algériens qui se sont sentis insultés par l'attitude méprisante de ces porte-voix du cinquième mandat et leur obstination à les infantiliser. A l'occasion des festivités officielles du double anniversaire du 24 février qui se sont tenues hier à Adrar, les partisans de Bouteflika, partagés entre son responsable de campagne, le patronat, le syndicat et le gouvernements, ont de nouveau appelé à un nouveau mandat alors que des manifestations hostiles ont lieu dans la ville. Actuellement, sur l'échiquier politique, on est face à des partisans de la réélection de Bouteflika supportés par une logistique mise en service par l'Etat, et les adversaires d'un cinquième mandat portés par la rue. Les forces en présence semblent déséquilibrées tant l'emprise des appareils étatiques est pesante dans la vie du pays.

Cette nouvelle donne exclut de manière presque définitive les structures partisanes traditionnelles au détriment d'un nouveau parti issu du peuple. En attendant ce que les prochains jours vont apporter et connaître la durée de vie de la protestation populaire, les avis restent partagés et surtout arrêtés, chacun défendant sa chapelle. 

 
 
Va-t-on écouter cette voix générale ?





par El Yazid Dib

Chaque génération veut avoir sa révolution. Chacun use des moyens de son époque. Du fusil au clic, le monde a évolué, les exigences du peuple aussi. Ils n'ont pas vécu, ces jeunes les années 1990. La peur, les incendies, le sang et la mort. Ce fut la rançon d'une démocratie encore balbutiante. Personne ne voudra y retourner. C'est pour cela que l'on préfère la prise de rue, la prise de parole, le haut débit que d'habiter des cimetières chaque jour et formuler des condoléances chaque instant. Va-t-on écouter cette voix générale ? En principe oui. Car elle émane d'une jeunesse qui n'a vu que ces personnages qui leur ont promis monts et merveilles, depuis voilà vingt ans. Ils étaient enfants dans des classes primaires, ils sont adultes dans la rue, dans la vague, dans la drogue, dans le rien, soit dans un tourbillon et les autres sont toujours là. Ces jeunes ont eu leurs diplômes des instituts et des universités algériens construits par l'argent de l'Etat et non pas par les fortunes personnelles de ceux-là même qui s'en vantent de les avoir bâtis. Cette voix générale, qui s'est élevée presque dans toutes les villes, en ce vendredi 22 février, ne serait pas l'œuvre d'une opposition organique ou partisane. Elle s'est voulue une vocifération colérique citoyenne contre le système et son corollaire. L'opposition façadière et ses démembrements. Elle semble dans sa substance surpasser le candidat au 5ème mandat mais cible, particulièrement, ceux, nombreux, qui le veulent avec acariâtreté. La révolte d'un jour est l'expression d'une longue accumulation. La rue comme le pays qui la contient n'est pas la propriété, ni de Ouyahia, ni de Bedoui. Chacune d'elles, porte heureusement le nom d'un Chahid. Et ce Chahid est soit le grand-père, le père, l'oncle ou l'arrière-cousin du policier et du jeune que l'on incite et excite dans un face-à-face. Les deux sont les enfants du peuple, au moment où ceux qui les ont mis forcément l'un face à l'autre en se sont détachés. J'ai pu déceler dans le visage des manifestants, des badauds, des policiers, dans les lignes des pancartes brandies ou dans le cœur de ceux qui n'ont ni visage ni banderoles ; énormément de messages. L'un des plus expressifs reste cette exigence de voir partir rapidement ces audaces, ces versalités, ces hypocrisies qui personnifient ces ministres zélés, ces oligarques goinfres et voraces. Et ces adeptes de l'excellence opportuniste d'un larbinisme inconvaincant que sont les mauvais leaders de l'alliance dite présidentielle et les chaînes dites d'égout. Sans vouloir les citer, évitant une nauséabonde haleine dans mon écrit ; ils sont, largement, médiatisés dans les annales de la honte et de l'à-plat-ventrisme. Leurs visages puzzlés et rubriqués constituent, maintenant, une affiche ignominieuse dans les réseaux sociaux.

Aussi, crois-je que le courroux populaire s'est abattu indirectement, sur un régime fragilisé et qui s'est laissé prendre par ces entremetteurs systémiques; croyant à une prétendue domination mentale nationale. Les jeunes, en ce 22 février, ont scandé un marasme, une tourmente et une lassitude. Le 5ème mandat ne compte pas pour eux pour une énième réélection d'un homme malade, mais le prennent pour une malicieuse reconduction de ces gens-là, de leurs propres intérêts, de leur égoïsme. Idem pour ce slogan « FLN dégage ! » il ne s'adresserait pas à ce glorieux sigle historique, ce socle patriotique, bien collectif mais à ceux qui le représentent du sommet à la base. Ces roublards maléfiques, boulimiques et fatidiques.

Cette voix généralisée est adressée, notamment, à ceux qu'elle ne cite pas, qu'elle ne scande pas. Ces noms impopulaires qui sont derrière celui qui est mis en porte-à-faux avec tout un peuple et qui ont initié la théorie du cadre. Cette sortie reste un gage démonstratif de « démocratie participative », telle que voulue par la spontanéité et la sagesse populaires et non pas par la fausseté d'un groom qui veut asservir les territoires et leur volonté. Va-t-on l'écouter, cette voix lancée pacifiquement, sereinement ? Elle le sera d'une façon ou d'une autre. Un des jeunes, battant le pavé, rencontré après la dispersion me disait jovialement « ya El hadj ; on n'est pas contre le 5ème ou le 6ème, mais contre ces « oujouh el bakhss » (figures du déshonneur) qui essayent de nous le vendre » la messe étant dite ; aux chapelles du pouvoir d'en tirer le sacerdoce utile. Table rase.
 




 
dimanche 24 février 2019
 
Un tabou est brisé





par Mahdi Boukhalfa

Un tabou est tombé vendredi 22 février. Le mur de la peur a été brisé et des Algériens, toutes catégories sociales confondues, ont été unanimes à rejeter autant le 5ème mandat que les tentatives politiciennes d'imposer une continuité politique qualifiée de suicidaire. Par cette action l'on a voulu exprimer son refus d'un état de fait imposé par la force d'un système politique qui a trop longtemps surfé sur la fibre patriotique, mais en restreignant chaque jour un peu plus les territoires des libertés fondamentales, l'expression citoyenne.

Vendredi, des Algériens, comme un seul homme, ont fait une démonstration de la force d'un peuple qui peut faire bouger des montagnes quand il veut. Il a, à sa manière et d'une façon brutale, dit ‘'non'' à une alternative politique qui lui est imposée par un système politique qui a atteint ses limites. La ‘'grinta'' des Algériens n'était pas expressément dirigée contre le chef de l'Etat en tant que personne, mais contre le 5ème mandat, une perspective politique rejetée en bloc par les Algériens. Le mystérieux appel à manifester a donc fait mouche et les Algériens ont retrouvé les chemins pour aller battre, eux aussi, le pavé pour s'exprimer sur cette présidentielle, pour dire qu'ils ne sont pas d'accord avec la tournure qu'elle est en train de prendre. Sans cautionner un quelconque parti politique, la réaction de la rue algérienne a été claire, simple: pas de 5ème mandat.

La rue algérienne a plus que tout montré qu'elle est en avance sur les politiques, comme elle les condamne à plus d'imagination pour baliser l'avenir du pays. Un avenir qui ne saurait être restreint ou limité aux résultats d'une élection présidentielle, mais à l'ouverture de nouvelles perspectives politiques, économiques, sociales qui ont tant tardé. Après, la rue a montré que les Algériens ont atteint un seuil de tolérance qui ne leur permet plus d'accepter des situations politiques de compromission, des perspectives sociales aléatoires sur un avenir inquiétant. Dès lors, le 5ème mandat a pris pour la rue algérienne les contours d'un danger imminent, sinon une autre fuite en avant du pouvoir qui s'accroche à un candidat qu'on dit malade, au lieu de proposer des solutions plus réalistes, conformes aux attentes citoyennes quant à des réformes sociales, politiques et économiques urgentes. Or, le maintien du président Bouteflika comme candidat du pouvoir pour un 5ème mandat, et donc le maintien de la médiocrité sociale dans laquelle vivent dorénavant les Algériens, n'est assurément pas la route promise pour le changement tant attendu. Et puis, il y a eu ce formidable sursaut de tout un pays contre une fatalité que les Algériens refusent dorénavant, celle du 5ème mandat.

Pour autant, les partis de l'opposition comme ceux de la majorité semblent, au lendemain d'un cri de détresse venu du pays profond, tétanisés par l'ampleur de la contestation populaire. Pour l'opposition comme pour les partis proches du pouvoir, le message de la rue doit être bien écouté, bien compris que dorénavant les Algériens réagiront à chaque fois que leurs intérêts sont bafoués. Le mur de la peur a sauté, la balle est aujourd'hui dans le camp des partis politiques, opposition et majorité, pour trouver des réponses à la demande de la rue : des changements urgents, sans démagogie. 
 
samedi 23 février 2019
 

AVERTISSEMENT: CE PEUPLE MÉRITE DE VIVRE LIBRE SUR CETTE TERRE









23/02/2019  | Actualisé il y a 6 heures

Les jeunes Algériens l’ont fait. Ils ont permis au pays, en apnée face à des mois et des mois de l’affligeant spectacle des “cérémonies rituelles du cadre”, de prendre une grande respiration. Le pouvoir entendra-t-il l’avertissement?

Avertissement: ce peuple mérite de vivre libre sur cette
“Je ne sais pas comment l’expliquer mais je me sens plus léger. Euphorique presque. Merci les jeunes.” Sur sa page Facebook, l’architecte Achour Mihoubi résumait parfaitement dans la soirée du vendredi 22 février 2019 le sentiment général d’une fierté retrouvée après des mois et des mois de cérémonies du cadre humiliantes et insultantes pour l’intelligence des Algériens. Rien n’est joué, tout reste incertain, mais pourtant le pays semble s’être ébroué, réveillé, comme décidé à renouer avec l’ambition de la liberté et de la justice.
Les jeunes Algériens l’ont fait. Ils ont permis au pays, en apnée face à des mois et des mois de l’affligeant spectacle des “cérémonies rituelles du cadre”, de prendre une grande respiration. Cette société, d’une infinie patience, a fait savoir de manière éclatante qu’elle refusait l’humiliation qu’on essaie de lui infliger. Ni la crainte des dérapages, ni l’instrumentalisation des prêches, ni la peur entretenue d’un retour aux années noires n’ont eu raison de la volonté des jeunes Algériens: basta, barakat, yezzi!. Imposer un homme malade en fin de vie à un peuple jeune est tellement irrationnel que cela a fini par déborder. Au-delà de toutes les prévisions, à Alger et dans les autres villes.
Les tenants et les clientèles du régime, totalement dans leur bulle, n’ont rien vu venir ou alors ils ont fait la sourde oreille à cette fureur contenue qui ne trouvait que les réseaux sociaux pour s’exprimer. Les hommes du régime avaient le sentiment aussi qu’ils peuvent faire ce qu’ils veulent sans se soucier de ce que les Algériens pensent ou ressentent. Ils étaient tellement pris dans une partie surréaliste et grotesque qu’ils ont oublié, ainsi que le rappelle Ahlam Mostghanemi, que l’Algérien, “peut feindre de ne pas voir “ceux qui volent dans sa poche” mais il ne supporte pas que “ l’on se moque de son intelligence et que l’on porte atteinte à sa dignité”. Voir en effet les Ghoul and co parler avec une évidente effronterie au nom du peuple est un affront, l’expression d’une arrogance des zélateurs qui se croient du bon côté du manche.
Oui, les jeunes Algériens ont marché. Ils sont venus après la prière du vendredi, de ces mosquées où les imams ont été instruits de les dissuader et de leur rappeler les bienfaits de la “stabilité”. Ils sont venus des quartiers populaires, ceux que l’on craint car ils sont en mesure de changer la donne. Ils ont réussi un octobre 1988 sans casse.
Que va faire le pouvoir? Sans doute perdre du temps à chercher un complot qui n’existe pas et à identifier ces “mystérieux” auteurs de l’appel à la manifestation du vendredi. Ou à se lancer dans des contre-manifestations pour le cinquième mandat. Et encore une fois, le régime et ses hommes, rateront l’essentiel, l’avertissement envoyé à nouveau de manière pacifique par la jeunesse algérienne : vous faites fausse route. Il est temps d’écouter, de sortir de la bulle, de ne pas réduire le pays aux clientèles d’un système déjà qualifié de “pourri” par un président en exercice, Liamine Zeroual.
Tous les appels à un changement ordonné lancés par des personnalités ou des opposants ont été ignorés, aujourd’hui c’est dans la rue qu’une grande partie de l’Algérie le demande. Le 22 février n’est pas une révolution mais c’est le constat, dans la rue, que le discours de la peur, de la surenchère nationaliste ne tient pas la route devant l’évidence: il faut sortir de ce système qui favorise les prédateurs et les laudateurs au détriment de l’effort et de l’intelligence.
Un système qui a fini par croire que les Algériens n’existent pas et que les sigles vides et les bruits des laudateurs sont suffisants pour donner l’illusion. Un système qui a fini par oublier l’histoire. Les Algériens ont payé très cher leurs tentatives de changements mais vendredi ils ont dit qu’ils ne sont pas prêts de s’accommoder de l’offre qui leur est faite pour le 18 avril.
Ce système a oublié que les Algériens forment un peuple patient mais qui ne s’accommode pas indéfiniment de l’oppression, de l’injustice et de l’atteinte à la dignité. Ce peuple dont le sens politique s’est forgé au coeur d’une longue patience, dans l’épreuve atroce de la guerre intérieure et dans l’absence des ”élites”, ce peuple-là, sur cette terre, mérite de vivre. Ecoutez l’avertissement : c’est sérieux.
 
jeudi 21 février 2019
 

Déclaration de l’Union Juive Française pour la Paix du 18 février 2019






Déclaration de l’Union Juive Française pour la Paix du 18 février 2019

Nous sommes juifs et nous sommes antisionistes

Nous sommes juifs, héritiers d’une longue période où la grande majorité des Juifs ont estimé que leur émancipation comme minorité opprimée, passait par l’émancipation de toute l’humanité.
Nous sommes antisionistes parce que nous refusons la séparation des Juifs du reste de l’humanité.
Nous sommes antisionistes parce la Nakba*, le nettoyage ethnique prémédité de la majorité des Palestiniens en 1948-49 est un crime qu’il faut réparer.
Nous sommes antisionistes parce que nous sommes anticolonialistes.
Nous sommes antisionistes par ce que nous sommes antiracistes et parce que nous refusons l’apartheid qui vient d’être officialisé en Israël.
Nous sommes antisionistes parce que nous défendons partout le « vivre ensemble dans l’égalité des droits ».
Au moment où ceux qui défendent inconditionnellement la politique israélienne malgré l’occupation, la colonisation, le blocus de Gaza, les enfants arrêtés, les emprisonnements massifs, la torture officialisée dans la loi … préparent une loi liberticide assimilant l’antisémitisme qui est notre histoire intime à l’antisionisme,

Nous ne nous tairons pas.

La Coordination nationale de l’UJFP, le 18 février 2019 – URL de l’article : https://www.ujfp.org/spip.php?article6938
 
 

Antisémitisme : pas d’amalgame avec les Gilets Jaunes







Antisémitisme : pas d’amalgame avec les Gilets Jaunes
par Daniel Vanhove
Tout le monde sait – ou devrait savoir – que les valeurs ne sont jamais définitivement acquises et qu’il faut rester sur la brèche, prêt à les défendre. Cela semble à nouveau le cas dans ce qui secoue une fois encore une (petite) partie de la société française, sauf que c’est toujours la même…
En effet, samedi dernier, Mr. Finkielkraut a récidivé. Comme au moment des ‘Nuits debout’, par ce qui ne me semble pas être un hasard, il est allé se promener au cœur du mouvement des ‘Gilets Jaunes’. Telle une provocation dont il savait bien ce qu’elle risquait d’engendrer comme réaction à son encontre de la part de manifestants. Lui qui n’a de cesse avec quelques voyous dans son genre, de dénigrer tout ce qui n’est pas bleu, blanc, rouge, et bouscule sa caste. Lui qui n’a de cesse de s’abriter derrière un antisémitisme fantasmé, convoqué en fonction des circonstances, mais qui cache mal son sionisme avéré. Lui qui n’a de cesse d’exacerber les tensions entre communautés. Ses éructations dans les médias l’illustrent en suffisance et il convient de rappeler que cet ‘agité du bocal’ déclarait en 2005 dans les colonnes du journal israélien Haaretz – sans que cela suscite alors de tollé médiatique – que « la France mérite notre haine » !
Quoi d’étonnant que cet histrion à qui l’on déroule le tapis rouge dans les médias français – mais on sait aussi à quels milliardaires ces derniers appartiennent – s’en prenne plein la tronche dès lors qu’il va au-devant de ceux qu’il n’a de cesse de mépriser et d’insulter tout au long de ses interventions ? Pourtant, à bien regarder les images de cette confrontation, à aucun moment il ne semble effrayé. Au contraire, il paraît sourire de ce qui lui arrive, trop content sans doute d’avoir fait mouche…
En vérité, s’il est un racisme profond, chevillé dans les esprits, qui coule dans les veines de certains psychopathes, c’est le sionisme. Trompe-l’œil élaboré, paravent commode derrière lequel se cachent toutes celles et ceux qui n’ont fondamentalement pas réglé leur problème de racisme conscient ou inconscient, empêtrés dans leurs amalgames grossiers. Et qui se situent au niveau politique tant à droite qu’à gauche… quand celle-ci ne l’est plus depuis longtemps déjà.
72655592-327d-11e9-af59-000d3a2439ea_1550385020Heureusement, un travail méticuleux a été entrepris depuis des années par certains chercheurs, historiens, exégètes, philologues, linguistes, philosophes fiables, animés de sincérité et de probité pour bien établir la distinction entre l’appartenance à une croyance – le judaïsme – et une idéologie politique – le sionisme.
Le terme ‘sémite’ est utilisé pour désigner une famille de langages dont se servent les habitants dispersés d’un vaste espace géographique, à l’origine, la Mésopotamie. Est donc sémite, toute personne qui utilise les langues sémitiques et non les juifs seuls.
Le sionisme n’est qu’un colonialisme rebaptisé et maquillé, n’ayant d’autre objectif – comme toute entreprise coloniale – que de voler le bien d’autrui, au nom d’une soi-disant promesse divine.
Le tour de passe-passe est habile, mais ne trompe plus ceux qui s’arrêtent avec sérieux et objectivité sur le dossier, sachant bien qu’au départ, les principaux protagonistes de l’idéologie raciste sioniste étaient farouchement athées, détestant tout ce qui les reliait au judaïsme religieux. L’objectif colonial de s’approprier la Palestine historique en essayant d’en éradiquer la population arabe qui y vivait depuis des siècles était leur seule boussole. Et cela n’a pas changé. Ce n’est que plus tard, que la soi-disant promesse divine a été récupérée par les héritiers du sionisme d’origine, dans le but de fédérer un nombre croissant de partisans dont cette idéologie raciste avait besoin pour accélérer son rapt. A tel point que les évangéliques américains constituent à ce jour l’un des supports les plus importants du sionisme.
Que la violence et la radicalité des méthodes utilisées à l’encontre des Palestiniens par ces fanatiques sionistes, s’apparentent à un ethnocide ou un génocide, peu importe le terme en ce moment. Ce qui importe dans le cas présent c’est de ne pas faire l’amalgame entre le sionisme et pour appeler les choses par leur nom, la haine des juifs exprimée par l’appellation erronée d’‘antisémitisme’.
Que des ténors de partis politiques et autres idiots utiles ayant quelque notoriété médiatique, se pressent alors pour récupérer l’incident et le monter en affaire d’État, ne fait qu’illustrer la manipulation de l’information à travers laquelle s’organise ce qu’il faut bien appeler un buzz ignoble, une veule instrumentalisation que tout citoyen doté d’un minimum de réflexion devrait fuir.
Tout est ‘récupéré’ et travesti chez ces délinquants, tant que cela sert leurs turpitudes. Ainsi, à la suite de cette grossière mise en scène, le ministre israélien Yoav Gallant n’a pas hésité à réitérer un avis que Benyamin Netanyahu avait déjà utilisé à l’intention des juifs français, les invitant hier par tweet, à « rentrer à la maison en immigrant en Israël ».
Les vrais coupables de racisme anti-juif sont précisément ceux qui se font passer pour leurs plus ardents défenseurs, à savoir les officines du CRIF, de la LICRA et autres associations et lobbies du même genre. Insultant ceux qui dévoilent leurs manigances de ‘traîtres’, quand ce n’est pas d’être coupables de ‘haine de soi’.
Or, la première faute grave est d’établir une hiérarchie entre les différentes formes que peut prendre le racisme. L’antisémitisme, n’en déplaise à certains, n’est pas pire racisme que l’islamophobie, la négrophobie, la xénophobie, l’homophobie et autres avatars du même ordre. Établir une hiérarchie dans le racisme, c’est le premier jalon posé d’un racisme à l’envers. Pour tout vrai antiraciste, il convient donc de s’en abstenir.
Tout gouvernement responsable et qui aurait le sens des valeurs devrait condamner ce type d’approche et au lieu de l’alimenter comme on le voit régulièrement, devrait statuer sur ces sordides arrière-boutiques à l’œuvre qui par leur poison, divisent les citoyens au lieu de les rassembler pour le bien commun. Et leur interdire de nuire davantage.
Le mal, la souffrance et les comportements abjects qu’inocule toute forme de racisme sont assez tragiques dans l’histoire de l’humanité que pour perpétuer plus encore ces odieux amalgames qui relèvent plus de sombres calculs que de recherche de la vérité.
arton2175Et pour le coup, le calcul se situe ailleurs : celui de discréditer le mouvement des ‘Gilets Jaunes’ dont le gouvernement Macron ne sait plus que faire pour le désamorcer, le diviser et s’en débarrasser. Ainsi, saisir l’occasion d’accuser – comme les médias dominants s’y sont employés de suite – l’ensemble du mouvement d’antisémitisme, crime absolu aux yeux d’une France plus vertueuse que les sionistes eux-mêmes en la matière, tombe à point nommé.
A bien regarder, la ‘bête immonde’ n’est sans aucun doute pas là où l’on voudrait nous faire croire qu’elle se cache. Des juifs, de plus en plus nombreux et qui ont bien compris le leurre, ne se reconnaissent d’ailleurs pas dans ces approches primaires et exhortent les citoyens à prendre leur distance avec ces tromperies de bas étage.
L’Union Juive Française pour la paix (UJFP) a transmis un communiqué clair par lequel elle se désolidarise des positions de ces racistes sionistes notoires.[1]
Comme indiqué sur un panonceau lors du rassemblement de ce mardi 19 février : ÇA SUFFIT. Encore fallait-il ne pas se tromper de rassemblement, ni d’objectif. Il ne fallait pas être avec les idiots utiles du pouvoir se disputant le premier rôle à défendre ‘les juifs’ place de la République, mais plutôt place Ménilmontant aux côtés des vrais militants contre toute forme de racisme, sans distinction aucune !

[1] http://www.afrique-asie.fr/ujfp-nous-sommes-juifs-et-nous-sommes-antisionistes/
source : https://www.mondialisation.ca/antisemitisme-pas-damalgame-avec-les-gilets-jaunes/5631245
 
mercredi 20 février 2019
 

LA « MAIN ÉTRANGÈRE » AU SERVICE DU RÉGIME ILLÉGITIME D’ALGER DURANT LA « SALE GUERRE ».











C’est la propagande des services de l’action psychologique que nous observons ces jours-ci sur la toile pour contrer (vainement) le réveil populaire contre le régime illégitime et sa mascarade électorale, accusant notre jeunesse d’être à la solde de la « main étrangère », du sionisme et du sinistre BHL, qui m’a amené à reprendre un de mes articles publié au début des années 2000 sur le rôle de la « main étrangère » en soutien au régime dans sa « sale guerre » menée contre une grande partie du peuple.
SE. SIDHOUM.


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Salah-Eddine SIDHOUM.
Parler de ce que certains ont appelé déjà la «seconde guerre d’Algérie » et de la désinformation, c’est parler inéluctablement du rôle de la France officielle et du lobby néo-colonial dans la tragédie algérienne.
Il est indéniable que la France officielle a joué un rôle non négligeable dans la prolongation de la guerre, par son soutien inconditionnel à la politique répressive de l’oligarchie. Il est important ici d’ouvrir une parenthèse pour clarifier certains faits. Pour lever d’emblée toute équivoque, nous distinguerons clairement dans notre analyse la France officielle du peuple français. Si nous persistons à dire que la France officielle et ses réseaux mafieux politico-financiers ne sont pas étrangers à l’aggravation de la guerre, nous insisterons aussi sur le fait que l’écrasante majorité du peuple français s’est réfugiée dans une indifférence teintée de compassion.
De l’aide militaire à l’aide financière en passant par la vaste campagne diplomatique de soutien de l’oligarchie au sein des institutions politiques et financières internationales, la France officielle aura joué pleinement son rôle néo-colonial. En tant que militants des droits de l’homme, nous garderons à l’esprit l’impressionnant travail de coulisses que déployèrent ses «agents » lors de la session de la commission des droits de l’homme de l’ONU à Genève, durant le printemps de l’année 98. Alors que des preuves irréfutables de violations massives des droits de l’homme se trouvaient entre les mains des experts internationaux de la dite commission, les représentants français déployèrent des efforts surhumains pour éviter une motion de condamnation de l’oligarchie d’Alger. Les querelles et fréquentes scènes de ménage, savamment entretenues entre Alger et Paris, par médias interposés, ne sont en fait que des montages grossiers des communicateurs des deux rives. L’intrication des intérêts de l’oligarchie militaro-financière et de certains milieux politico-mafieux français n’est plus à démontrer et certaines vérités doivent être crûment dites aujourd’hui.
L’esprit colonial n’a jamais quitté l’Algérie malgré les apparences et la notion de colonisabilité n’est pas une simple vue de l’esprit. De part et d’autre de la Méditerranée se sont tissés des liens plus que douteux entre une minorité algérienne de nostalgiques de l’Algérie des bachaghas, atteinte d’une francophilie névrotique qui vire à une véritable francofolie, et un lobby néo-colonial hexagonal avec ses réseaux extrêmement bien structurés, constituant de puissants groupes d’influence et de pression économique et politique.
La répartition des rôles se fera avec une admirable synchronisation. Ce lobby aura ses hommes politiques  (Pasqua et ses réseaux, Marsaux, Bonnet, Stasi, Sarre, Lang, Audibert, Chesson, Soulier..), ses journalistes attitrés (Taveau, Schemla, Adler, Paul-Marie de la Garce, Nahon, Kahn, Leconte, Benyamin, Ghozlan, Julliard ….), ses intellectuels (Glucksmann, Lefort, Bernard-Henri-Levy, Herzog, Finkelkraut, Brukner, .).
Français et algériens dignes connaîtront tous, les honteux rôles joués par les acteurs de ce lobby dans la guerre de désinformation menée durant les six premières années du conflit. Doit-on rappeler pour l’Histoire, le tristement célèbre CISIA et son indigne indignation sélective, l’odieuse partialité du député André Soulier au sein de la commission européenne en visite en Algérie lors des massacres, les multiples meetings de soutien à la politique d’éradication tenus à la Mutualité, qui constituaient de véritables encouragements au terrorisme d’Etat et au meurtre, l’ignoble émission de désinformation de plus de 4 heures d’Arte, sous la direction de Daniel Leconte qui soulèvera l’indignation des journalistes français, les reportages et autres écrits télécommandés de certains philosophes de l’imposture qui joueront le rôle d’envoyés «spécieux » en Algérie sous la garde très rapprochée des services spéciaux (BHL et Glucksmann en « visite organisée » à Bentalha en 97 après l’odieux massacre).
Doit-on aussi rappeler les grossières provocations et machinations policières contre certains opposants politiques réfugiés en France et les nombreuses arrestations arbitraires qui se termineront au bout de quelques années par des non-lieux, tout comme les pressions exercées contre certains avocats et magistrats français, pratiques indignes de la patrie des droits de l’homme. Pour la France officielle, spécialiste dans l’élevage des dictatures en Afrique, la raison d’Etat et la protection de ses affidés prenaient encore une fois le dessus sur les valeurs et les principes universels de défense de la personne humaine dont elle était sensée en représenter la patrie.
Tout comme à Alger et en parfaite coordination, les acteurs médiatiques et intellectuels de ce lobby Outre-Méditerranée descendront en flammes tout ce qui ne s’inscrira pas en droite ligne avec la «pensée dominante». Des personnalités comme Burgat, B. Etienne, Gèze, Guillard, Césari, Joxe ou des journalistes comme Tuquoi, Garçon, Simon en savent quelque chose.
Dans une correspondance datant de 1997, un ami intellectuel français qui ramait courageusement durant cette période de désinformation à contre-courant de la «pensée dominante » m’écrivait à juste titre : « L’Algérie depuis 166 ans, nous sert à nous français, à nous unifier, à nous rassurer quant à l’avenir, à nous persuader que nous sommes dans la bonne voie (alors qu’en vérité nous en doutons). Notre hymne national dit : »Qu’un sang impur abreuve nos sillons ! ». Depuis 1830, nous avons décidé que l’Algérie serait le  »sang impur » que nous pouvions faire couler à loisir. Le FIS fut le bouc émissaire de nos pêchés, et il ne s’est rien passé d’autre, ces quatre dernières années que ce qu’avaient connu l’Emir Abdelkader ou Mourad Didouche. C’est toujours la même histoire ! ». Sages et courageusesvérités qui expliquent beaucoup de choses en ces temps d’imposture intellectuelle !
 
lundi 18 février 2019
 

Bientôt, accusations de guerre et contre l’humanité contre ‘Israël’, de la part de l’ONU








onu_droits_hommes
Rédaction du site
Le Conseil des droits de l’homme des Nations unies va accuser l’entité sioniste de crimes de guerre, pour sa répression sanguinaire des manifestations palestiniennes qui ont lieu dans la bande de Gaza et qui ont tué plus de 190 palestiniens.
Selon le site d’informations en ligne israélien francophone, Times of Israël, citant le groupe de veille pro-Israël UN Watch, la session du 18 mars prochain à Genève verra une série de rapports condamnant Israël et la publication également d’une « liste noire » des entreprises opérant dans les implantations de Cisjordanie occupée.
Citant un officiel anonyme des Nations unies, la Douzième chaîne israélienne  d’information a quant à elle déclaré la semaine passée que le rapport devrait qualifier les actions d’Israël de crime de guerre et de crimes contre l’humanité, tout en présentant les protestations palestiniennes comme étant légitimes.
Six Jours, et dans des territoires revendiqués par les Palestiniens.
La rencontre se focalisera probablement sur les conclusions d’une enquête que l’UNHRC a autorisée en mai au sujet des Palestiniens tués par des soldats israéliens lors des protestations le long de la barrière de sécurité avec la bande de Gaza.
Israël a déclaré qu’il n’allait pas coopérer avec l’enquête, selon Times of Israel.
Source: Divers
 
"Si vous n’y prenez pas garde, les journaux finiront par vous faire haïr les opprimés et adorer les oppresseurs." Malcom X

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