ELWATAN-ALHABIB
mercredi 24 septembre 2008
 
Economie et pouvoir financier

Crise financière, Le pape ou le Coran


André Comte-Sponville, philosophe, nous l'a redit à satiété : le capitalisme ne peut pas être moral, ni contre la morale. Il est tout simplement amoral.

Beaufils Vincent



L’économie et la morale relevant, au sens pascalien, de deux ordres différents, tenter de conjuguer les deux ensemble relève du « barbarisme », rappelle l’auteur de l’excellent essai Le capitalisme est-il moral ? (éditions Albin Michel).

Mais même pour ceux qui ne croient pas à l’ordre divin, quelle tentation, au moment où le pape est en visite en France, de chercher quelques repères sur l’économie dans les textes du Vatican.

Notre chroniqueur Robert Rochefort, qui cache derrière ses fonctions de directeur du Crédoc un attachement à la tradition des chrétiens sociaux, n’a pourtant rien trouvé de très récent en provenance de Rome (lire page 61). Rien en tout cas de très important depuis 1991, quand Jean-Paul II s’était essayé à l’économie dans son encyclique Centesimus annus, et qu’il y avait donné une justification du profit du bout de la crosse : la pierre angulaire du capitalisme y était reconnue tout au plus « comme un bon indicateur du fonctionnement de l’entreprise ».

En réalité, et Benoît XVI nous pardonnera, au moment où nous traversons une crise financière qui balaie tous les indices de croissance sur son passage, c’est plutôt le Coran qu’il faut relire que les textes pontificaux. Car si nos banquiers, avides de rentabilité sur fonds propres, avaient respecté un tant soit peu la charia, nous n’en serions pas là.

Il ne faut pourtant pas voir la finance islamique comme un exercice de troc moyenâgeux, car les pays du Golfe nous ont montré combien leur mentalité entrepreneuriale savait épouser le XXIe siècle. Simplement, leurs banquiers ne transigent pas sur un principe sacré : l’argent ne doit pas produire de l’argent. La traduction de cet engagement est simple : tout crédit doit avoir en face un actif bien identifié. Interdits, les produits toxiques ; oubliés, les ABS et CDO que personne n’est capable de comprendre. Autrement dit, l’argent ne peut être utilisé que pour financer l’économie réelle. Il n’y a donc pas de hasard : si les banques du Golfe sont sorties indemnes de la crise du subprime, c’est qu’elles n’y sont pas entrées.

Le respect de ce principe du Coran est également fort utile dans la relation que chacun entretient avec l’argent, qu’il s’agisse des entreprises ou des particuliers : les personnes morales n’ont ainsi pas le droit de s’endetter au-delà de leur capitalisation boursière ; quant aux personnes physiques, elles ne peuvent de facto souffrir de surendettement.

Voilà des règles qui ne peuvent pas nuire. Et même si elles reposent sur un texte qui date du VIIe siècle, Benoît XVI aura du mal à faire des sermons davantage puisés dans l’actualité.

Paru sur http://www.challenges.fr


Mercredi 24 Septembre 2008
 
samedi 20 septembre 2008
 








La criseLes maîtres de la défaite : l’empire états-unien en déconfiture, au milieu de force fracas belliqueux




Le sociologue marxiste James Petras développe depuis plusieurs années une analyse dialectique de l’empire siono-états-unien opposant une volonté d’hégémonie par l’expansionnisme militaire à une autre centrée sur l’économie. Il applique ici sa grille de lecture à la crise actuelle : l’accumulation de défaites militaires provoque une crise économique interne et l’instauration d’un régime policier aux États-unis mêmes ; simultanément les forces visant à l’hégémonie économique tentent d’infléchir la stratégie de Washington et entrent en collision avec les prétentions israéliennes.
18 septembre 2008DepuisNew York (États-Unis)Outils
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« Washington en est réduit à regarder d’autres puissances modifier le réel » Financial Times, 25 août 2008
Où que l’on porte son regard, la politique impériale des Etats-Unis subit des défaites militaires et diplomatiques de grande ampleur. Avec le soutien du Congrès démocrate des Etats-Unis, la poursuite par une Maison-Blanche républicaine d’une approche militaire du meccano de l’Empire a conduit à un déclin d’ampleur mondiale de l’influence de Washington, au réalignement d’anciens régimes-clients sur des adversaires de l’Empire, à l’émergence d’hégémons concurrents et à la perte de sources vitales de matières premières stratégiques. Les défaites et les pertes n’ont (pourtant) en rien douché l’enthousiasme des stratèges, ni mis un terme à une frénésie d’édification d’un empire.
Au contraire : tant la Maison-Blanche que les membres actuels du Congrès ont adopté un durcissement des positions militaires, réitéré un style agressif de politique et une dépendance accrue vis-à-vis de l’Outre-mer, ainsi qu’une posture belliqueuse visant à distraire le peuple états-unien de la dégradation de ses conditions de vie. Tandis que le coût économique et politique d’entretien de l’Empire ne fait que s’accroître ; tandis que le gouvernement fédéral alloue des centaines de milliards de dollars à un secteur financier mité par les crises et opère des coupes de plusieurs dizaines de milliards dans les taxes sur les profits des entreprises, afin d’essayer d’éviter les faillites et la récession ; c’est l’ensemble du fardeau économique qui est supporté par les salariés, sous la forme d’un niveau de vie déclinant, alors que douze millions d’ouvriers immigrés sont en butte à une sauvage répression de l’Etat.
Les échecs outre-mer et les crises à l’intérieur, toutefois, n’ont abouti à l’apparition d’aucune alternative progressiste : les bénéficiaires en sont les concurrents des Etats-Unis, outre-océan, et l’élite états-unienne. Dans une large mesure, là où des majorités de l’opinion publique ont exprimé un désir (voire, ont réclamé à cor et à cris) des alternatives progressistes, elles ont été rembarrées par des représentants politiques liés à des idéologues militaristes et aux élites entrepreneuriales.
Paradoxalement, les défaites et le déclin du meccano d’empire US sous emprise militaire se sont accompagnés du reflux des mouvements anti-guerre en Amérique du Nord et en Europe occidentale, ainsi que du déclin vertigineux des partis et des régimes politiques opposés à l’impérialisme US dans les capitales de tous les pays capitalistes avancés. Autrement dit, les défaites subies par l’Empire US n’ont pas été produites par la gauche occidentale, et elles n’ont par conséquent produit aucun « dividende de la paix », ni même des conditions de vie améliorées, pour les classes laborieuses ou pour les paysans. Pour autant qu’elles aient bénéficié à quelqu’un, c’est essentiellement à des pays aspirant depuis peu à l’impérialisme économique, comme la Chine, la Russie ou l’Inde, ou encore à de riches pays pétroliers du Moyen-Orient, mais surtout parmi à un vaste ensemble de pays exportateurs de ressources agro-minérales, comme le Brésil, l’Afrique du Sud et l’Iran, qui se sont taillé de confortables « niches » économiques dans leurs régions respectives.
La croissance et l’expansion outre-mer des nouveaux pays bâtisseurs d’empire(s) économique(s), ainsi que leurs classes dirigeantes agro-minéralo-financières (à la possible exception du Venezuela) ont grandement bénéficié à une minuscule élite ne comprenant jamais plus d’un cinquième de leur population générale. Le déclin relatif de l’impérialisme militaire US et l’ascension de nouvelles puissances impérialistes économiques ont redistribué la richesse et les parts de marché entre pays, mais non pas entre classes, au sein des puissances montantes. Si ce sont les spéculateurs militaristes-sionistes-financiers qui dirigent l’Empire US, c’est, en revanche, les industriels nouveaux milliardaires, les spéculateurs de l’immobilier et les exportateurs de matières premières agro-minérales qui dirigent les nouveaux empires économiques en cours d’émergence.
Relevons un deuxième paradoxe dans le fait que les forces politiques qui sont en train de dézinguer l’empire US militaro-centré ne sont pas les mêmes que celles qui bénéficient de la guerre…
Si les résistances irakienne et afghane ayant imposé un coût s’élevant au minimum à trois milliards de dollars au Trésor états-unien et cloué au sol plus de deux millions de GI’s en rotation dans ces contrées durant les six années écoulées, ce sont les Chinois, les Indiens, les Russes, les Européens, les classes dirigeantes et financières du pétrole du Golfe qui ont récolté les bénéfices d’énormes dépenses états-uniennes improductives. Si les nouveaux bénéficiaires sur le plan économique sont, dans une large mesure, laïques, impérialistes et élitistes, les forces politico-militaires qui sont en train de saper et de battre l’Empire militaire US sont des forces religieuses (islamiques), nationalistes et fondées sur l’adhésion des masses.
Les défaites actuelles du meccano de l’Empire militaire US ne sont pas le produit de mouvements occidentaux, laïques, de gauche, de masse. Elles ne se traduisent pas non plus dans une société progressiste ou égalitaire.
Non : en lieu et place, nous assistons à des inégalités économiques criantes se développant à très grande vitesse, dictées par des classes dirigeantes qui font la promo de leurs propres versions « nationales » des stratégies néolibérales à base de liberté des marchés et de stratégies maximisant les profits, à travers l’exploitation économique du travail, de l’extraction jusqu’à l’épuisement des ressources naturelles et du pillage de l’environnement. Tant que les mouvements de masses, les intellectuels et les militants de l’Occident ne se départiront pas de leur passivité et de leur allégeance aveugle vis-à-vis des plus grands partis politiques existants, la défaite du militarisme états-unien restera un fardeau coûteux, assumé par les masses du Tiers-Monde, tandis que les bénéfices afflueront vers les nouveaux impérialistes économiques nouveaux milliardaires, en pleine expansion.
Géographie des défaites et de la Berezina de l’empire
Le Moyen-Orient : l’Irak et l’Iran
L’ascension du meccano d’Empire à direction militaire aux Etats-Unis a, une fois de plus, mis en évidence son incapacité absolue d’imposer un nouvel ordre impérial. Après six ans et demi de guerre et d’occupation en Irak, les Etats-Unis ont subi des pertes militaires effroyables et des pertes économiques s’élevant à plus d’un demi-milliard de dollars sans avoir pu, pour autant, s’assurer un quelconque gain, ni en matière politique, ni en matière militaire, ni prosaïquement en termes de ressources naturelles. Les pertes entraînées par la guerre ont généré une opposition domestique à l’intervention militaire états-unienne qui ne cesse de saper la capacité militaire actuelle et future de l’Empire. Il n’est pas jusqu’au chef de pacotille installé par les Etats-Unis à la tête de l’Irak, Al-Maliki qui n’ait osé exiger une date ferme pour le retrait des Etats-Unis. L’autre client des Etats-Unis, en Afghanistan, cette fois, le président Kharzai, a réclamé un droit de regard accru sur les opérations militaires états-uniennes, qui ont tué des dizaines de non-combattants et de civils, ne faisant, de ce fait, qu’approfondir et étendre le soutien de la population afghane à la résistance nationale, qui opère désormais absolument partout en Afghanistan.
Pour ceux, aux Etats-Unis (et en particulier à « gauche ») qui arguaient erronément du fait que l’invasion de l’Irak aurait été « une guerre pour le pétrole » (et non ce qu’elle était en réalité, à savoir une guerre visant à soutenir les ambitions hégémoniques d’Israël), la signature par l’Irak d’un contrat de fourniture de pétrole, pour un montant de 3 milliards de dollars avec la China National Petroleum Corporation, fin août [
1], démontre le contraire, à moins que les tenants du « Pas de sang pour du pétrole ! » soient prêts à revoir leur slogan, pour en faire : « Non à une guerre états-unienne pour le pétrole chinois ! »… Tout au long des six années consécutives à l’invasion de l’Irak par les Etats-Unis, les compagnies pétrolières états-uniennes n’ont jusqu’ici jamais réussi à obtenir le moindre marché pétrolier qui fût digne d’être mentionné.
Les 4 et 5 octobre, la Shell, une des plus grandes multinationales pétrolières du monde, et OMV, une firme énergétique australienne vont parrainer une conférence, à Téhéran, sous les auspices de la National Iranian Gaz Export Company, afin de promouvoir « les opportunités d’exportations de gaz et les potentialités gazières de la République Islamique d’Iran ». Cette conférence n’est qu’un exemple de plus du rôle joué par les majors du pétrole, qui s’efforcent, par des moyens pacifiques, de bâtir leurs holdings transocéaniques (l’ « empire économique »). La plus importante opposition à cette initiative « pétrole contre la paix » de la Shell Oil est venue du principal promoteur judéo-sioniste de l’engagement états-unien dans les guerres moyen-orientales pour les beaux yeux d’Israël, j’ai nommé l’Anti-Defamation League, qui a fustigé « Big Oil », les « grossiums du pétrole »…
Selon ses deux principaux dirigeants, Glen Lewy et Abraham Foxman, « … ces deux firmes sont en train de sponsoriser une conférence avec la compagnie d’Etat du principal pays encourageant le terrorisme et grand violateur des droits humains devant l’Eternel. Mais en sponsorisant comme elles le font une des industries stratégiques de l’Iran – le gaz naturel -, OMV et Shell portent atteinte aux efforts déployés par les Etats responsables (sic) et par de nombreuses entreprises, afin d’isoler l’Iran ».
Le conflit entre Shell/OMV et la principale organisation sioniste états-unienne met en évidence le conflit fondamental opposant le meccano de l’Empire économique et celui de l’Empire militaire. Le fait que Shell et OMV aient poursuivi leur préparation de la conférence en Iran démontre que certains secteurs, tout au moins, de l’industrie pétrolière, commencent, enfin, à défier la mainmise des siono-militaristes sur la politique moyen-orientale des Etats-Unis. Après avoir perdu des dizaines de milliards de dollars en contrats pétroliers lucratifs, « grâce » aux politiques dictées par les sionistes, les compagnies pétrolières sont tout juste en train (enfin !) d’ébaucher de premiers pas en direction de la formulation d’une nouvelle politique.
En poursuivant l’agenda israélo/siono-US de guerres séquentielles et de sanctions contre de riches pays pétroliers musulmans, Washington a perdu l’accès, le contrôle et les profits qui en découlent, à l’avantage de concurrents économiques de taille mondiale, d’une une région particulièrement stratégique.
Afrique
En Somalie, Washington a opté pour l’intervention militaire via le régime éthiopien dictatorial comparse de Meles Zenawi, afin de soutenir le régime fantoche failli et pro-états-unien d’Abdullah Yusuf. Après près de deux ans, l’Ethiopie et le régime fantoche ne contrôlent qu’à grand-peine que deux pâtés de maisons de la capitale Mogadishu, tandis que le reste du pays est aux mains de la résistance somalie. D’après le Financial Times [
2], le régime éthiopien a « exprimé un désir de réduire, voire de cesser, son engagement militaire en Somalie ». Le vassal des Etats-Unis a été défait tant militairement que politiquement, les Etats-Unis ont échoué à garantir un soutien de l’Union Africaine à son occupation par délégation. Dans l’ensemble de l’Afrique, la Chine, l’Union européenne, le Japon, la Russie, ainsi (dans une moindre mesure) que l’Inde et le Brésil ont, tous, réalisé de grandes percées vers la certitude d’obtenir des joint ventures dans le pétrole, les matières premières, les marchés d’exportation et des investissements de grande ampleur (et de très long-terme, dans les infrastructures), tandis que les Etats-Unis soutenaient des commandos séparatistes au Soudan et finançaient le régime corrompu de Moubarak en Egypte, pour un montant annuel de plus d’un milliard de dollars. Non seulement l’empire US a cédé le terrain, sur le plan économique, à ses concurrents mondiaux, mais il a subi une défaite militaro-diplomatique majeure en Somalie et il a très gravement affaibli son vassal éthiopien, tant politiquement que financièrement.
Asie du Sud
En Asie du Sud, le gouvernant fantoche stratégique des Etats-Unis, le dictateur pakistanais Musharraf a été contraint à la démission – et la coalition électorale, faible et divisée, qui le remplace, n’a pas été capable d’être au niveau de soutien militaire, diplomatique et informationnel qu’assurait Musharraf à la guerre états-unienne en Afghanistan. La frontière pakistano-afghane est virtuellement un territoire ouvert pour des attaques transfrontalières, pour le recrutement et pour la fourniture en armes des organisations résistantes afghanes. La perte de Musharraf par l’Empire US ne fait que saper davantage les efforts des Etats-Unis visant à imposer leur avant-poste en Afghanistan.
A travers de fréquentes attaques terrestres et aériennes contre des régions pakistanaises frontalières de l’Afghanistan, la « coalition » Etats-Unis-Otan a multiplié, approfondi et rendue massive l’opposition civile, politique, et aussi l’opposition armée et ce, dans l’ensemble du pays. La soi-disant « élection » du vassal des Etats-Unis, ci-devant seigneur de la guerre et malfrat Asif Ali Zadari, au poste de président du Pakistan, ne contribuera pas, quoi qu’il en soit, à la récupération par les Etats-Unis de leur influence, au-delà d’une élite politique extrêmement restreinte et de cercles militaires extrêmement limités. La recherche et l’extension de leur impérialisme militaire de l’Afghanistan vers le Pakistan par les Etats-Unis les a conduits à une défaite politique d’autant plus sévère dans la population de la quasi-totalité de l’Asie du Sud.
Des généraux et des officiers supérieurs de l’Otan ont reconnu que les ainsi dits « Taliban » ont réorganisé et étendu leur influence dans l’ensemble de l’Afghanistan, qu’ils contrôlent désormais la plupart des voies d’accès aux grandes villes et qu’ils opèrent y compris autour et à l’intérieur de la capitale Kaboul. Des bombardements et des frappes par missiles américains répétés ont généré une opposition quasi-unanime envers le gouverneur de pacotille Karzai. Les engagements de l’un comme de l’autre candidat à la présidence américaine de renforcer considérablement les forces d’occupation en Afghanistan dès qu’il se sera installé aux manettes du pouvoir ne font que prolonger la guerre et approfondir l’affaiblissement de l’empire et économique, ainsi que ses fondations internes.
Le Caucase
La tentative de Washington d’étendre sa sphère d’influence au Caucase, au moyen d’un larcin territorial par son vassal géorgien autoritaire, le président Mikheil Saakashvili, a abouti, en lieu et place, à une profonde défaite des ambitions régionales de ce satrape régional. La sécession politique et l’intégration à la Russie de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie représentent la fin de l’expansion illimitée des Etats-Unis et de l’Union européenne dans cette région du monde – ainsi qu’un recul considérable de ce terrain contesté. L’aventurisme dément de Saakashvili et la destruction de l’économie géorgienne qui en a découlé ont provoqué un désordre interne généralisé (en Géorgie).
Pire encore : la Géorgie, les Etats-Unis et ses clients est-européens en appellent à des « sanctions » contre la Russie, menacent de saper les pipelines stratégiques approvisionnant en énergie l’Europe de l’Ouest, et de mettre un terme à la collaboration de Moscou à la politique militaire des Etats-Unis en Afghanistan, en Iran et au Moyen-Orient. Si Washington poursuit son escalade dans ses menaces militaires et économiques contre la Russie, celle-ci pourrait fournir à l’Iran, à la Syrie et à d’autres ennemis des Etats-Unis de puissants missiles anti-aériens ultramodernes de moyenne portée. Tout aussi grave : la Russie peut très rapidement se débarrasser de 200 milliards de dollars qu’elle détient sous la forme de bons du Trésor américain, affaiblissant d’autant le dollar et initiant ainsi une débandade mondiale de cette devise.
En Géorgie, comme ailleurs, le meccano de l’empire économique US accorde la priorité à des larcins faillis d’avance de territoires par un pays vassal de troisième catégorie, au détriment de relations stratégiques, économiques et militaires fructueuses avec la principale puissance énergétique mondiale, qui est aussi son collaborateur crucial dans ses opérations en cours au Moyen-Orient. Tandis que les relations économiques des Etats-Unis avec la Russie s’effritent, en conséquence de leur politique militaire agressive d’encerclement de Moscou – avec des bases militaires étatsuniennes en République tchèque, en Pologne, en Géorgie, en Bulgarie, en Roumanie – les bâtisseurs de l’Empire ouest-européen s’abstiennent de proférer des menaces militaires, s’en tenant à une rhétorique virile et au « dialogue », en vue de renforcer leurs relations énergétiques stratégiques avec la Russie…
Moyen-Orient / monde arabe
Au Moyen-Orient, le soutien inconditionnel des Etats-Unis à l’agression militaire israélienne au Liban, en Palestine et en Syrie, ainsi que le soutien états-unien apporté à des vassaux arabes faibles et ineptes, ont entraîné un déclin vertical de l’influence US. Au Liban, depuis la défaite de l’invasion israélienne de 2006, le Hezbollah gouverne littéralement la moitié Sud du pays – et il détient un véto sur le gouvernement libanais, ce qui revient à dire qu’il est en mesure de renverser le gouvernement libanais actuel, vassal des Etats-uniens. 

A Gaza, les tentatives états-uniennes et israéliennes de s’emparer du pouvoir et d’évincer le Hamas, via leur féal Abbas et leur marionnette Dahlan, ont été déjouées et elles ont fait long-feu, tandis que le mouvement indépendantiste nationaliste palestinien, sous la direction du Hamas, a renforcé son pouvoir.
La velléité de Washington de recouvrer son influence et d’améliorer son image de marque auprès des gouvernants conservateurs et modérés en assurant la « médiation » d’un accord de paix entre Israël et la ‘Palestine’, à Annapolis, en novembre 2007, a été totalement foutue en l’air par la répudiation effrontée et totale par Tel-Aviv de toutes les conditions fondamentales mises en avant par l’administration Bush. Washington n’a strictement aucune influence sur l’expansion coloniale sioniste. Au contraire, la politique moyen-orientale des Etats-Unis est totalement soumise à l’Etat israélien, à travers la configuration du pouvoir sioniste et son contrôle sur le Congrès, sur le choix des candidats à la présidence, sur les mass médias et sur les principaux ‘think tanks’ de la propagande.
Les sionistes ont apporté la démonstration du pouvoir qui est le leur en édictant qui pouvait, et qui ne pouvait pas, ne serait-ce que prendre la parole à la Convention nationale démocrate, qui a connu – cerise sur le gâteau – une censure sans aucun précédent à l’encontre du président James Carter en raison de ses critiques humanitaires contre la politique israélienne à l’encontre des Palestiniens. L’usurpation siono-israélienne de la politique moyen-orientale des Etats-Unis a entraîné la perte d’investissements, de marchés, de profits potentiels et de partenariats stratégiques pour l’ensemble de l’industrie multinationale du pétrole et du gaz. La fusion politique entre militaristes impérialistes confrontés à la Russie, au prix de relations économiques stratégiques et la poursuite par les militaristes sionistes de l’hégémonie régionale israélienne ont conduit à de multiples aventures militaires pitoyables et, ce, au prix de pertes économiques mondiales terrifiantes.
Le monde occidental
La mise en œuvre de cette stratégie militariste, ainsi que le déclin relatif de l’hégémonie économique ont conduit à des défaites stratégiques et à des échecs, dans le monde occidental. A la fin 2001, Washington défia et menaça de représailles le président vénézuélien Chavez qui refusait de se soumettre à la guerre de Bush contre « la terreur ». Chavez, à l’époque, fit savoir à un représentant particulièrement hargneux des Etats-Unis (Grossman) ceci : « Nous ne combattrons pas la terreur au moyen de la terreur ! ». Moins de six mois après, en avril 2003, Washington soutenait un coup d’Etat militaire foireux contre Chavez et, entre décembre 2002 et février 2003, un lockout économique (qui fit un flop total), à l’initiative des patrons vénézuéliens.
L’échec de la stratégie militariste états-unienne a dévasté l’armée et les clients de Washington au sein de la classe dirigeante vénézuélienne, et il n’a fait que radicaliser davantage le gouvernement Chavez. En conséquence, le dirigeant du Venezuela a nationalisé le pétrole et le gaz, et il a développé des relations stratégiques avec des pays en compétition, voire totalement opposés à l’Empire US, tels que Cuba, l’Iran, la Chine et la Russie. En Amérique latine, le Venezuela a conclu des accords économiques stratégiques avec l’Argentine, la Bolivie, l’Equateur, Cuba et le Nicaragua. Tandis que Washington déversait plus de 6 milliards de dollars d’aide militaire sur la Colombie, le Venezuela signait des investissements pétroliers et gaziers, ainsi que des accords commerciaux, avec la plupart des pays d’Amérique centrale et de la Caraïbe, remettant sérieusement en question l’influence de Washington dans ces régions du monde.
Des prix des matières premières exorbitants, des marchés asiatiques en plein boom, des taxes et des subventions états-uniennes inacceptables ont conduit à une relative indépendance des régimes « capitalistes nationaux » de l’Amérique latine, qui ont adopté le « néolibéralisme » sans les contraintes du FMI et sans les diktats de Washington. Dans ces circonstances, les Etats-Unis ont perdu le plus gros de leur influence – mis à part les menaces militaires du régime colombien – dont ils auraient besoin pour inciter l’Amérique latine à isoler Chavez – voire même Cuba. C’est la stratégie militaire adoptée par Washington qui est la cause de son propre auto-isolement.
Les conséquences, outre-mer, de stratégies militaires condamnées à l’échec
L’isolement états-unien en Amérique latine ne saurait être solutionné, car la poursuite de l’Empire par Washington, via son agression militaire incessante – dans le reste du monde, et en particulier en Amérique latine – ne saurait rivaliser avec les profits, la richesse, les opportunités d’investir et de faire du commerce offerts aux classes dirigeantes d’Amérique latine par les nouveaux marchés en Russie, au Moyen-Orient, en Asie, ainsi que par le Venezuela, un pays riche, grâce à son pétrole.
La stratégie impériale militariste de Washington apparaît très clairement dans sa politique duplice : mise en priorité de la dépense de 6 milliards de dollars en aide à la répression colombienne, tout en sacrifiant pour plus de 10 milliards de dollars en échanges commerciaux, en investissements et profits avec le riche pays pétrolier qu’est le Venezuela. Washington a gaspillé plus de 500 milliards de dollars dans ses agressions contre l’Afghanistan et l’Irak ; des milliards de dollars sont consacrés aux préparatifs d’agression contre l’Iran ; plus de 3 milliards de dollars sont gaspillés annuellement au profit de la soldatesque israélienne ; le tout, sans cesser un seul instant de perdre des centaines de milliards de dollars de commerce et d’investissements croisés avec l’Amérique latine.
L’aspect le plus frappant de cette contradiction historique réside dans le fait que les dépenses militaires inhérentes à un meccano d’empire centré sur l’armée ont échoué, y compris dans leur objectif minimaliste d’acquisition de contrôle politique, d’avant-postes militaires et de matières premières stratégiques du point de vue militaire. Par contraste, les concurrents des Etats-Unis sur le marché globalisé se sont assurés de l’accès à (suivi du contrôle sur) les ressources naturelles stratégiques, et ils ont signés de lucratifs accords de coopération politique sans aucun engagement militaire coûteux…
Les conséquences intérieures d’un meccano d’empire à dominante militaire
Le coût du meccano d’empire sous la houlette siono-militaire, pour l’économie états-uniene, a été dévastateur : la compétitivité a décliné, l’inflation ronge le niveau de vie, l’emploi en contrepartie de salaires stables et décents est en train de disparaître, le chômage et les licenciements suivent une courbe asymptotique, le système financier est totalement déconnecté de l’économie réelle, et il est sur le point de s’effondrer, les saisies de maisons atteignent des niveaux catastrophiques et les contribuables sont saignés à blanc afin de combler la dette des spéculateurs gagée sur les prêts immobiliers, qui atteint le millier de milliards de dollars. Le malaise politique est général. Au milieu d’une crise d’ampleur mondiale, un Etat policier a étendu son emprise : des milliers de travailleurs migrants, légaux et sans papiers ont été arrêtés sur leurs chantiers et dans leurs usines et détenus dans des camps militaires, loin de leurs enfants. Des associations musulmanes et des associations arabes font l’objet de perquisitions violentes ; elles sont poursuivies en justice sur le témoignage d’informateurs stipendiés, dont des « témoins » israéliens dûment cagoulés.
La police fédérale (étatique, sur l’ensemble des Etats-Unis) et la police locale (particulière à chaque Etat) pratiquent la « détention préventive » de militants et de journalistes avant les conventions en vue du choix des candidats à l’élection présidentielle, arrêtant des protestataires avant qu’ils aient pu exercer leurs droits constitutionnels et détruisant systématiquement les caméras, les appareils photo et les films réalisés par des citoyens essayant d’enregistrer les passages à tabac. L’impérialisme militaire failli amène lentement mais sûrement un Etat policier pléthorique – soutenu tant par les démocrates que par les républicains – afin de tenter de faire face à des crises économiques qui menacent les fondations politiques et sociales d’un empire aux pieds d’argile.
Conclusion
La crise économique, à quelques semaines des élections états-uniennes, n’a pas abouti à l’émergence d’un candidat alternatif progressiste qui fût susceptible de s’appuyer sur les masses. Les compétiteurs, tant démocrate que républicain, promettent de prolonger et d’étendre les guerres impérialistes, et ils se soumettent à un dictat militaire israélo-sioniste sans aucun précédent, en ce qui concerne le contentieux avec l’Iran.
Les crises gigognes et les multiples défaites militaires n’ont entraîné aucune reprise en considération des engagements globaux des Etats-Unis, tant économiques que militaires. En lieu et place, nous assistons à une radicalisation de la droite états-unienne, qui cherche à aggraver les confrontations avec la Chine, avec la Russie et avec l’Iran. Les Etats-Unis entraînent derrière eux les régimes qui leur sont liges en Europe orientale, au Caucase et dans les pays baltes afin de contrer l’accent mis par l’Europe occidentale sur la dominante « économique » de son propre meccano d’empire.
La réalité, qui est celle d’un monde économique multipolaire, toutefois, sape les efforts états-uniens visant à imposer une confrontation militaire bipolaire. La Chine détient 1,2 milliers de milliards de dollars de la dette extérieure états-unienne. L’Europe occidentale, de manière générale, dépend de la Russie pour plus d’un tiers de son énergie, pour ses foyers, ses bureaux et ses usines. L’Allemagne en dépend pour près de 60 % en matière de gaz naturel. Les économies asiatiques : Japon, Inde, Chine, Vietnam et Corée du Sud dépendent, toutes, du pétrole du Moyen-Orient et en aucun cas elles ne dépendent des projets guerriers des militaristes israélo-US au Moyen-Orient… Le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine, l’Afrique du Sud, le Venezuela et l’Iran sont des pays absolument essentiels pour le fonctionnement de l’économie mondiale. Au moins autant que l’axe Etats-Unis-Israël-Royaume-Uni est tout-à-fait incapable de maintenir son empire sur les bases de stratégies militaires foireuses à l’extérieur et d’un désastre économique accompagné d’un état policier chez eux.
Traduction Marcel CharbonnierLes articles de cet auteur
[1] Financial Times, 28 août 2008.
[2] Ibid.



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mercredi 17 septembre 2008
 






La malédiction de Sabra-Chatila
par René Naba



Mondialisation.ca, Le 14 septembre 2008



Samir Geagea: l’unique survivant des protagonistes de ce massacre...face à ses fantômes
Pour voir la carte cliquez ici.Paris 13 septembre 2008 – Avec une régularité de métronome, la malédiction de Sabra-Chatila frappe ses promoteurs, souvent de manière violente, n’épargnant pratiquement aucun de ses protagonistes, comme l’expression d’une sorte de justice immanente, vingt six ans après ce massacre de sang froid de près de trois mille civils des camps palestiniens de Sabra-Chatila, dans la banlieue sud-est de Beyrouth.

Hormis le rapport Kahanna de la commission d’enquête israélienne sur ce massacre et le bouleversant témoignage de l’écrivain français Jean Genêt «quatre heures à Chatila » consigné à l’automne 1983 dans la Revue d’Etudes Palestiniennes, aucune œuvre de l’esprit, pas plus un film, qu’un documentaire, qu’un récit historique, encore moins un «roman-enquête», -la technique de narration préférée du philosophe Bernard Henry Lévy pour torturer la vérité et titiller l’imagination et la curiosité de ses zélateurs-, n’est venu éclairer ne serait-ce que d’un simple faisceau lumineux cette effroyable boucherie commise, sans discernement, par les milices chrétiennes libanaises, téléguidée par la soldatesque israélienne, ivre de colère devant l’échec de leur plan de mainmise sur le Liban.
Depuis 26 ans, une chape de plomb s’est abattue sur cet épisode peu glorieux de l’armée israélienne au Liban, ternissant sa réputation au point de mettre à mal le mot d’ordre justificatif de ses excès, la « pureté des armes» israéliennes, au point de bouleverser la perception de l’opinion internationale à l’égard d’Israël. Près de trois mille civils palestiniens seront massacrés pendant deux jours, du 15 au 17 septembre 1982, dans une opération ordonnée pour venger l’assassinat de Bachir Gemayel, chef des Forces Libanaises, fraîchement élu à la présidence de la République Libanaise et assassiné à la veille de son entrée en fonction. Par la gratuité de sa violence aveugle, cet acte fut comparé en son temps par le Président François Mitterrand à Ouradour sur Glane, du nom d’une opération analogue commise par l‘armée allemande à l’encontre des habitants de la bourgade française en guise de représailles à l’assassinat de soldats allemands en France.
Vingt six ans après que sont les protagonistes de ce drame devenus.
1- Le clan Gemayel, le grand perdant de l’affaire malgré deux présidents.
Bachir Gemayel, qui rêvait de raser les camps palestiniens en une lointaine anticipation des épurations ethniques des guerres post-communistes de la décennie 1990, pour faire de son pays un paradis sur terre aseptisé des petites misères des grandes fortunes, ce chef militaire d’une communauté chrétienne minoritaire d’un monde arabe majoritairement musulman, qui s’est allié au principal ennemi du Monde arabe pour parvenir à la magistrature suprême, l’homme qui soutenait pour ce faire qu’il existait un «peuple de trop au Moyen-Orient», ignorant que ce peuple de trop pouvait être un jour le peuple des chrétiens arabes, réalisa bien son rêve.
Il fut élu à l’ombre des blindés israéliens, président du Liban, sans toutefois jamais savourer la jouissance du pouvoir suprême, pas même un court instant: Il sera pulvérisé par une explosion dans son quartier général de Beyrouth-est, la veille de la prestation de son serment présidentiel.Depuis lors, la famille Gemayel accumule malheur sur malheur. De son propre fait et de ses méfaits. Son histoire n’est pas une saga à la Kennedy comme se plaisent à la populariser des gazettes occidentales complaisantes, mais une longue complainte de larmes et de sang, dont ils en sont les principaux responsables.
Bachir a été assassiné à 35 ans, en 1982, son neveu, Pierre Amine Gemayel, le sera à 34 ans, en 2006, dans son fief électoral de Jdeiddeh, dans le Metn, alors qu’une violente offensive diplomatico-militaire israélo-américaine était à nouveau lancée en direction du Moyen orient en vue de mettre au pas les contestataires de la «Pax Americana». Amine Gemayel, l’aîné du clan, qui succéda à la tête de l’Etat à son frère cadet à la suite de son assassinat, et qui ambitionnait de succéder au poste de député à son fils assassiné, a vécu une sorte d’assassinat politique lors de sa défaite électorale en 2007 dans son propre fief du Metn, battu par un inconnu, en dépit de la sympathie villageoise suscitée par la tragédie familiale. Sa mise en cause du patriotisme des Libanais de souche arménienne qui lui ont fait défaut durant cette élection a démontré l’ampleur de son dépit face à cette cuisante défaite inattendue en même temps qu’elle a révélé une xénophobie primaire et rance dans les cercles dirigeants libanais dès lors que leurs intérêts claniques sont en cause.
Si la famille Gemayel a réussi à placer deux présidents à la tête de l’Etat libanais, des membres d’une même fratrie qui plus est, elle passe pour être le grand perdant de la vie politique libanaise, avec deux assassinats au sein de cette famille, sans aucune visibilité parlementaire ou ministérielle, son traité de paix avec Israël pulvérisé par ses contestataires, et, suprême humiliation pour ce seigneur du terroir, le chef du clan présidentiel, Amine, contraint à l’exil en France, pendant quinze ans dix (1985-2000), au terme d’une mandature peu glorieuse, le leadership chrétien âprement contesté désormais entre deux dirigeants, -le général Michel Aoun, chef du Courant Patriotique Libanais (CPL) et Samir Geagea, d’anciens subordonnés de la famille Gemayel du temps de la présidence familiale.
2-Menahem Begin et son «cheval fou» Ariel Sharon
Sur le plan israélien, l’opération «Paix en Galilée» a précipité la réclusion politique de Menahem Begin, chef historique de la droite messianique israélienne et premier ministre au moment de l’invasion du Liban, victime direct des embardées incontrôlées de son «cheval fou», le général Ariel Sharon, ministre de la défense, et des visions bibliques propres à la droite radicale israélienne qu’il a encouragées dans cette voie pendant le demi siècle qu’il a présidé ce mouvement.
Ariel Sharon: plus qu’un long discours, une simple séquence du film «Valse avec Bachir» résume mieux que tout le personnage, ses ambitions et ses contradictions. Par une fiction narrative, le cinéaste israélien, réalisateur du film, Ari Folman, projette une conversation téléphonique entre Menahem Begin et Ariel Sharon, au lendemain des massacres de Sabra-Chatila.
Nullement incommodé par cette effroyable boucherie, tenant d’une main son combiné, opinant régulièrement du chef en direction de son supérieur hiérarchique, l’homme à l’embonpoint légendaire, gardait les yeux rivés sur dix œufs aux plats qu’il s’était commandé pour son petit déjeuner, …….comme indifférent aux malheurs des autres, se préoccupant surtout durant cette conversation de satisfaire, au propre comme au figuré, son féroce appétit du pouvoir en même temps que sa boulimie alimentaire. L’appétit du pouvoir, il la satisfera en devenant premier ministre 18 ans après Sabra Chatila, sa boulimie alimentaire, elle le terrassera ainsi que sa carrière politique, en le plongeant dans un coma cinq ans plus tard….en état de contiguïté passive avec ses anciennes victimes. Une séquence qui passera dans l’histoire comme un morceau d’anthologie politique et illustre plus que tout l’autisme de la classe politique israélienne à son environnement arabe, particulièrement palestinien.
Le rêve d’un Liban fort havre des Chrétiens d’Orient est tombé en lambeaux. L’équipée de Bachir, particulièrement son alliance avec l’ennemi officiel du monde arabe, a entraîné un déclassement des prérogatives constitutionnelles des Chrétiens libanais, principalement les Maronites, dans le nouvel arrangement interlibanais conclu à Taëf, sous l’égide de l’Arabie saoudite, pour mettre fin à la guerre en 1989.Les camps palestiniens sont demeurés à la périphérie de Beyrouth, avec une population plus nombreuse et rajeunie, comme un pied de nez à la famille Gemayel, désormais comme marginalisée dans l’échiquier politique par l’avènement de l’ancien lieutenant de Bachir, Samir Geagea, un ambitieux à la férocité redoutable, au premier plan de la scène chrétienne.
Beyrouth qui fut la respiration du monde arabe et sa conscience critique pendant un demi siècle, assume désormais de surcroît une fonction traumatique dans la conscience collective israélienne puisqu’elle revendique le privilège unique au Monde d’avoir symbolisé, à deux reprises dans l’histoire contemporaine, la résistance arabe à l’hégémonie israélo-américaine:
La première fois, en 1982, lors du siège de la capitale libanaise par le général Ariel Sharon, du temps où le sunnisme s’identifiait au combat nationaliste, depuis le fief du sunnisme libanais à Beyrouth-Ouest,
La deuxième fois, en 2006, depuis Beyrouth-sud, cette fois, (ad dahyah), littéralement la banlieue sud de la capitale, le fief chiite de la capitale, du temps du coma du général Ariel Sharon, où le chiisme libanais suppléant la vassalisation du sunnisme arabe à l’axe israélo-américain prenait sa relève en vue de pérenniser le combat nationaliste arabe.
Le soutien des commandants en chef successifs de l’armée libanaise –le Général Emile Lahoud, le général Michel Aoun et la sympathie manifestée par le nouveau Président de la République, le général Michel Sleimane, ancien commandant en chef de l’armée, à la Résistance nationale Libanaise agglomérée autour de son noyau dur, le Hezbollah chiite, témoigne, par contrecoup, du souci de la hiérarchie militaire chrétienne de brider les pulsions mortifères des «têtes brûlées» de l’ordre milicien, si préjudiciables au camp chrétien
3 - Elie Hobeika et Samir Geagea, les deux lieutenants de Bachir, des prédateurs insatiables.
En sa qualité de responsable du service de renseignement de la formation paramilitaire libanaise, Elie Hobeika, un des deux lieutenants de Bachir Gemayel, est considéré comme l’un des principaux responsables des massacres de Sabra-Chatila, au même titre que Samir Geagea, responsable opérationnel des «Forces Libanaises», qu’une impitoyable guerre de succession va épuiser au point de marginaliser la principale formation paramilitaire du camp chrétien du temps de la guerre.
Le premier qui va dégainer et déclencher les hostilités sera Elie Hobeika: Par dévotion à l’égard de Bachir, il fomentera 24 mois après son assassinat un coup de force contre le président Amine Gemayel pour s’emparer du parti et de son trésor de guerre. Allié d’Israël, il tournera casaque en 1985 pour rallier la Syrie avant d’être évincé à son tour par Samir Geagea. Piètre performance pour un homme en charge du renseignement. Exilé du Liban, il reviendra par la grande porte à la fin de la guerre interfactionnelle et l’instauration d’une «pax syriana». Suprême consécration, il siègera même au sein des gouvernements libanais successifs y compris, en 1992, celui de Rafic Hariri, le milliardaire libano-saoudien et principal bailleur de fonds des milices libanaises, assassiné en 2005.
Peu avant sa mort violente, il s'était retourné contre Israël et se proposait de témoigner contre Ariel Sharon dans le procès intenté contre lui en Belgique pour «crime contre l’humanité». Il aurait voulu mettre en cause des unités commando de l’armée israélienne (les Sayeret Matkal) qui auraient œuvré sans uniforme dans le déroulement du massacre. Comme auparavant Bachir et ultérieurement le neveu du chef phalangiste, Pierre Amine Gemayel, Elie Hobeika est mort par suite d’un attentat à la voiture piégée devant son domicile le 24 janvier 2002, à l’âge de 46 ans.
Son élimination n’a suscité aucune demande d’enquête de la communauté internationale. Les préparatifs de l’invasion américaine de l’Irak, il est vrai, allaient bon train, de même que la mise à l‘index de la Syrie, via la «Syria Accountability Act », adoptée en 2003. Il importait de ne pas se laisser dévier de cet objectif majeur de la stratégie israélo-américaine par la mort d’une personne, dont l’élimination arrangeait beaucoup de monde: le premier ministre israélien Ariel Sharon, directement visé par son possible témoignage à Bruxelles, Samir Geagea, son rival permanent, Amine Gemayel, son ancien chef à qui il a ravi le parti phalangiste, des époux contrariés et irascibles à en juger par les conquêtes féminines qui lui sont attribuées, enfin pour être complet, la Syrie, tant l’implication de ce pays dans toutes les affaires du Moyen-Orient est un exercice de style obligé pour tous les chroniqueurs occidentaux.
Samir Geagea
Son pseudonyme ne doit pas faire illusion: il emprunte à l’amphibologie, tout comme son personnage à l’ambivalence. «Al Hakim», son non de guerre, qui signifie le sage ou le médecin, n’a jamais été sage dans son comportement belliqueux, au delà de toute mesure et démesure, ni docte, ni médecin, dont il ne détient pas non plus le grade universitaire. C’est là sa première usurpation. Celui que sa formation universitaire aurait dû destiner à un comportement d’humanité, s’est révélé être l’un des plus inhumains chefs de guerre, l’implacable fossoyeur du camp chrétien, responsable de la décapitation de la famille Frangieh, en 1978, n’épargnant rien ni personne de cette grande famille du nord du Liban, pourtant ses voisins, pas plus une petite fillette de trois ans que le chien de garde devant la maison.
Récidiviste en 1980, il donnera l’assaut contre le fief de l’autre allié des phalangistes, les milices du PNL (Parti National libéral) du président Camille Chamoun, à Faqra, dans la région montagneuse du Liban, noyant dans le sang des forces chrétiennes pourtant alliées au sein d’une même coalition. En juillet 1983, il engagera le combat de la montagne du Chouf contre la milice druze conduite par Walid, le fils et successeur de Kamal Joumblatt, le chef du parti socialiste progressiste et chef de la communauté druze. Son offensive s'était soldée par la destruction de 60 villages et de l'exode d'une population chrétienne de plus de 250.000 habitants du Chouf, mettant un terme à un siècle de convivialité druzo-chrétienne dans le Chouf. Il en sera de même avec des résultats identiques à Saida, chef lieu du sud-Liban et à Zahlé, dans le centre du Liban, en 1985, Piètre bilan pour le défenseur des minorités chrétiennes opprimées, que son bellicisme opprimera plus durablement que l’hostilité de leurs adversaires.
La liste n’est pas limitative. En 1988, à la fin du mandat du président Amine Gemayel, Samir Geagea se trouvait à la tête d’une entreprise prospère soutenue par une machine de guerre bien rodée. L’épreuve de force qu’il engagera contre le général Michel Aoun, commandant en chef et premier ministre intérimaire, achèvera d’épuiser le camp chrétien, le général Aoun prenant le chemin de l’exil vers Paris où il demeurera quinze ans et Samir Geagea, le chemin de la prison où il croupira pendant près de dix ans.
L’assassinat de l’ancien premier ministre Rafic Hariri, en février 2005, donnera lieu à un invraisemblable retournement d’alliance coalisant les anciens chefs de guerre antagonistes et leur bailleur de fonds: Walid Joumblatt, Samir Geagea, Amine Gemayel et Saad Hariri. Si elle débouche sur la libération de Samir Geagea à la faveur du vote d’une loi d’amnistie amnésiante, cette coalition hétéroclite et sans crédit constituera le point faible du dispositif occidental en vue de préserver le pouvoir libanais dans son giron.
Samir Geagea est l’unique rescapé de principaux protagonistes de l’affaire de Sabra-Chatila, dont le grand vainqueur moral pourrait être, a posteriori et paradoxalement, Soleimane Frangieh, le rescapé du massacre fondateur de son autorité.
Dans un pays transformé depuis longtemps en un gigantesque cimetière, Soleimane Frangieh, dont la famille a servi de banc d’essai à la boucherie de Sabra-Chatila, bridera ses instincts guerriers pour accorder le pardon des offenses, seul dirigeant libanais à avoir accompli ce geste de grandeur morale, renvoyant à sa vilénie le bourreau de sa propre famille.
Des analystes de la scène libanaise soutiennent qu’une percée politique de Nadim Gemayel, fils du Président assassiné Bachir et son véritable héritier politique, à tout le moins de son cousin germain Sami, fils d’Amine, tournerait au cauchemar pour Samir Geagea, en le privant de toute légitimité populaire et politique, le renvoyant du même coup à ses fantasmes. A moins qu’ «Al-Hakim», coutumier de telles manœuvres de contournement, n’anticipe cet événement en un mouvement de confinement en vue de museler les héritiers Gemayel, une mesure d’autant plus impérative que l’absence d’héritiers biologiques le fragilise en même temps qu’elle frappe de précarité la pérennisation de son projet politique, le mettant à la merci d‘un mauvais coup du sort.
Samir Geagea a ainsi donc provisoirement échappé à la justice des hommes. Personnage funeste sans progéniture, sans remords, seul face à ses méfaits, seul face à ses fantômes, entravé de ses forfaits, tâches indélébiles, il pourrait difficilement se soustraire au châtiment de l’Histoire…. . A n’en pas douter, l’œil sera dans la tombe et regardera Caïn.
Paix à l’âme des victimes des camps palestiniens de Sabra-Chatila et que la terre des hommes leur soit légère.


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René Naba : Ancien responsable du monde arabo-musulman au service diplomatique de l’Agence France Presse, ancien conseiller du Directeur Général de RMC/Moyen orient, chargé de l’information, est l’auteur notamment des ouvrages suivants : —« Liban: chroniques d’un pays en sursis » (Éditions du Cygne); « Aux origines de la tragédie arabe"- Editions Bachari 2006.; "Du bougnoule au sauvageon, voyage dans l’imaginaire français"- Harmattan 2002. « Rafic Hariri, un homme d’affaires, premier ministre » (Harmattan 2000); « Guerre des ondes, guerre de religion, la bataille hertzienne dans le ciel méditerranéen » (Harmattan 1998).
René Naba est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca
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samedi 6 septembre 2008
 
La mise en examen de George W. Bush pour meurtre : le livre qu'ils n'arrivent pas à cacher




On ne joue pas avec la vie des citoyens que l'on envoie guerroyer pour une guerre qui ne les concerne pas... ni avec la vie des habitants dont on occupe le pays...La mise en examen de George W. Bush pour meurtre
Le livre qu'ils n'arrivent pas à cacher.
COLLINS Michael
Le procureur et le président
Vincent Bugliosi veut voir George W. Bush mis en examen pour meurtre. D’autres sont complices du crime, notamment le vice-président et Condoleezza Rice, mais Bush est la cible principale de ce célèbre procureur de Los Angeles (affaire Charles Manson) et auteur à succès (Helter Skelter et The Betrayal of America, par exemple). Sa détermination reste intacte devant le silence quasi total des grands médias. C’est directement auprès du public et via les médias alternatifs et l’internet qu’il se bat.
Bugliosi présente un dossier dévastateur dans son livre « The Prosecution of George W. Bush for Murder (la mise en examen de George W. Bush pour meurtre - ndt) ». Alors que j’écris ces lignes, j’ai encore du mal à me remettre du choc ressenti à la lecture du titre et du nom de l’auteur. Procureur légendaire avec un passé presque parfait dans de grandes affaires criminelles, Bugliosi développe une des idées les plus révolutionnaires qu’on puisse imaginer dans le contexte présent où la pensée politique est devenue quasi-nulle. Mais parlons du livre et examinons le raisonnement du procureur.
Dés les premières lignes, il aborde la question du titre choc. On peut lire :
« le livre que vous avez entre les mains traite de ce que je crois être le crime le plus grave jamais commis dans l’histoire des Etats-Unis – le président de la nation, George W. Bush, en toute connaissance de cause et délibérément, a entrainé le pays dans une guerre en Irak sous de prétextes fallacieux, une guerre qui a condamné plus de 100.000 personnes, dont 4000 soldats étatsuniens, à une mort horrible et violente. »
Le président a « en toute connaissance de cause et délibérément » provoqué la mort de soldats US et de civils Irakiens et cela s’appelle un meurtre, c’est aussi simple que ça. Il ne s’agit pas d’une situation hypothétique qui pourrait se produire sous une juridiction d’exception. Lorsque le président quittera ses fonctions, il sera soumis aux mêmes lois que tout un chacun. Bugliosi explique la possibilité d’une mise en examen de George W. Bush par un procureur de district ou d’état dans n’importe quelle juridiction où quelqu’un aurait perdu la vie dans la guerre en Irak. Les procureurs fédéraux ont aussi cette possibilité. L’analyse détaillée de cet aspect représente la meilleure partie du livre avec ses notes et ses références diverses.
Dans le premier chapitre, « Ouvrir les yeux », Bugliosi explique comment il est arrivé à cette conclusion et encourage le lecteur à faire de même. Il attribue son très grand succés en tant que procureur et auteur à sa capacité de « voir ce que j’ai en face de moi sans me laisser influencer par les habits (ou la réputation, ou les rumeurs, etc) que d’autres ont enfilés. »
Après cet appel à garder l’esprit ouvert, l’auteur offre à ses lecteurs une série de citations de Bush, Cheney, Rice et autres. Avant l’invasion, ces déclarations ont eu le pouvoir de faire basculer l’opinion publique en faveur de la guerre. Comment pouvons-nous tolérer un dictature, demanda Bush, qui « menace le monde avec des maladies et des poisons horribles, avec des armes chimiques et atomiques » ? L’Irak possédait des « appareils volants sans pilotes » et « cherchait à les utiliser contre les Etats-Unis ». Ces déclarations, et d’autres, étaient non seulement totalement fausses, mais en plus il le savait, sans aucun doute.
Après les deux premiers chapitres, méticuleusement construits, le procureur, connu pour ses plaidoyers de plusieurs centaines d’heures devant un jury, a préparé le lecteur à admettre la recevabilité de ses accusations. Ensuite il ouvre une parenthèse, avant d’en arriver au fait, pour nous rappeler le coût de ces mensonges. Plus de cent mille personnes sont mortes dans une guerre basée sur les mensonges délibérées du président.
Ce ne sont pas n’importe quelles morts, nous dit-il. Nous sommes en présence du meurtre d’états-uniens jeunes, influençables, patriotiques qui se sont engagés dans l’armée pour toute une série de raisons honorables. Un même lien les unit, une loyauté envers leur pays pour lequel ils étaient prêts à mourir dans une guerre. Bugliosi n’oublie pas les civils irakiens morts dans le chaos provoqué par l’invasion de Bush, mais précise qu’il n’a trouvé aucune loi qui permette une mise en accusation pour ces morts là.
Après les trois premiers chapitres, nous connaissons la tragédie qui demande que justice soit faite et nous sommes conscients de la détermination de l’auteur à chercher à obtenir cette justice pour tous ceux qui sont tombés. Il est en colère devant ce crime et veut obtenir justice. Bugliosi est indifférent devant le silence quasi-total des médias résultant de l’état comateux dans lesquels sont plongés les milieux dirigeants, état illustré par la censure calculée de tous les réseaux d’information et les pisse-copie de l’administration Bush au sein du New York Times et du Washington Post.
Bugliosi présente trois dates dans son dossier à charge :
Le 1er octobre 2002, Bush reçut un rapport rédigé par tous les services de renseignement du pays. Le danger que représentait l’Irak pour les Etats-Unis était résumé par cette simple phrase : « il n’y a pas d’indication de drones pouvant lancer des armes chimiques, ni de ventes d’armes à Al Qaeda qui pourraient être retournées contre nous, ni d’autres dangers imminents. Bagdad pour le moment ne semble pas disposé à mener des attaques terroristes par des armes conventionnelles ou chimiques contre les Etats-Unis, par crainte de fournir aux Etats-Unis un prétexte pour attaquer. L’Irak pourrait probablement tenter des attaques clandestines sur le sol des Etats-Unis si Bagdad craignait qu’une attaque mettant en danger le régime était imminente ou inévitable, ou possiblement par vengeance. De telles attaques – probablement avec des armes bactériologiques plutot que chimiques – seraient probablement menées par des forces spéciales ou des services de renseignement ». NIE, 10/2002 et (V. Bugliosi, pp. 104-105)
Le 4 octobre 2002, Bush présenta au Congrès une version manipulée du rapport, appelé le Rapport Blanc (White Paper). Il avait retiré l’information essentielle, à savoir que l’Irak n’était considérée comme un danger imminent que si la survie du régime était menacée par une attaque US. Les « jugements » et autres suppositions avaient été transformés en affirmations afin de faire passer le rapport pour un aval des services de renseignements pour passer à l’attaque.
En fait, le rapport présenté au Congrès disait exactement le contraire que celui qui avait été rédigé par les services de renseignement le 1er octobre. L’élément qui pouvait déclencher une menace irakienne était exactement ce que Bush se proposait de faire : lancer une attaque qui menacerait la survie du régime de Saddam Hussein. Plutôt que de penser à la sécurité du pays, en toute logique et selon les avis de ses propres services de renseignement, Bush a risqué la sécurité de la nation tout en occultant des informations cruciales.
Le 7 octobre 2002, Bush s’exprima devant un public à Cincinnati, Ohio, et affirma que Saddam Hussein représentait un danger pour les Etats-Unis avec ses « drones volants » équipés d’armes de destruction massive « visant des objectifs aux Etats-Unis ».
Il s’agit d’éléments importants. Sans ambiguité. Bush savait que l’Irak ne représentait pas une menace pour le pays, mais a prétendu le contraire pour obtenir un soutien à sa guerre. Tout ceci ne représente qu’une petite partie des arguments qui sont présentés dans ce livre d’une manière déterminée, complète et prenante et où Vincent Bugliosi tient ses promesses.
Il présente un dossier accablant contre George W. Bush, explique les bases juridiques qui rendraient une mise en examen possible, et explique que cette mise en examen du président était un élément fondamental pour restaurer le prestige de cette « grande nation » que sont les Etats-Unis.
Mais la mise en examen aurait des répercussions plus larges, si elle devait avoir lieu.
Le procès et la condamnation de George W. Bush pour meurtre serait un événement d’une importante gigantesque, mais ne serait encore rien devant la jurisprudence que cela représenterait. Les présidents ne pourraient plus jouer avec les vies des soldats et des civils dans des guerres autres que celles qui seraient spécifiquement menées dans le cadre de la défense nationale ou en riposte à un danger imminent pour le pays.
Bien que le président ait plusieurs fois changé de version dans ses justifications d’une invasion, son déclenchement et l’occupation n’avaient pas grand-chose à voir avec la sécurité des Etats-Unis. Comme Bugliosi l’a dit lors d’une interview avec l’auteur de ces lignes, plus de 4000 soldats sont morts « pas dans votre guerre, pas dans ma guerre ni dans celle des Etats-Unis, mais dans la guerre de Bush ». Toutes les explications offertes par Bush ont été rejetés par tous sauf par les auteurs du crime et aucune des motivations financières ou politiques avancées par d’autres ne sont acceptables devant les morts et les destructions provoquées.
Si un procès devait se tenir, et l’accusé condamné, tout futur président devra réfléchir à deux fois avant de servir des propres intérêts ou ceux de ses financiers et de quelques autres heureux élus, peu importe leurs promesses ou leurs cadeaux. Le président et ses conseilleurs principaux seraient responsables du droit fondamental de chaque individu, évident pour nous mais pas pour eux, de ne pas risquer sa vie au nom des desiderata égoïstes, politiques ou financiers du président. Les présidents ne pourraient plus couvrir le péché de meurtre avec préméditation en le drapant d’une fiction sur les pertes nécessaires au nom d’un intérêt national supérieur. Les véritables fondements d’une décision présidentielle seraient publics et soumis à l’examen du peuple via leurs procureurs locaux.
L’éternel conflit entre les droits individuels et les droits collectifs serait résolu aussi. Dans l’impossibilité de recourir à des guerres inutiles, le chef de l’exécutif agirait dans l’intérêt de chaque citoyen et l’industrie militaire surdimensionnée serait réduite au minimum au lieu de servir d’outil à une présence impérialiste partout dans le monde. La diplomatie servirait les intérêts communs, et se substituerait à la force imposée sur les états plus faibles. Et ceci ne concernerait pas que les grandes guerres.
Depuis la deuxième guerre mondiale, Les Etats-Unis ont effectué plus de 40 interventions militaires. Alors à moins que le président puisse être certain qu’aucun soldat ne mourrait, il serait bien avisé de trouver une justification solide pour engager toute opération militaire afin de ne pas se retrouver inculpé et risquer une peine sévère [ndt - lors d’une interview filmé du procureur, celui-ci parle ouvertement de "peine de mort" ou "prison à vie" - NDT]. Le président aurait aussi devant lui l’exemple d’un vice-président qui s’est livré à des mensonges incessants sur les justifications d’une guerre.
La Défense Nationale était cruellement défaillante le jour du 11 Septembre, malgré l’incroyable puissance militaire déployée dans le monde. L’administration a réussi à s’exempter d’avoir des comptes à rendre devant les tribunaux internationaux, alors qu’il existe une possibilité de poursuites à l’intérieur du pays, souligne Bugliosi. La menace est donc plus sérieuse et concrète pour tous ces dirigeants qui jouent avec la vie de leurs concitoyens juste pour servir quelques intérêts financiers qui refusent toute véritable concurrence sur leur terrain.
Traduction VD pour le Grand Soir
Article Original
http://www.dissidentvoice.org/2008/...
The Prosecution of George W. Bush for MurderBy Vincent BugliosiVanguard Press (May 26, 2008 )ISBN-10 : 159315481XISBN-13 : 978-1593154813Hardcover : 352 pages
Michael Collins writes for Election Fraud News and the Money Party. He is one of few to report on the ongoing struggles of Susan Lindauer, an activist accused of being a foreign agent, who was the subject of a government request for forced psychiatric medication
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Sources Le Grand Soir
 
 
Appel à une manifestation européenne pour la réouverture des enquêtes sur le 11 Septembre
Vidéo : Unité pour la vérité sur le 11 septembre


United For Truth - 08 - NWO 911 9/11 9-11 nine eleven
Appel à une manifestation européenne pour la réouverture des enquêtes sur le 11 Septembre
Lettre ouverte des coordinateurs
Salut et bienvenue,Nous sommes deux artistes belges, un producteur néerlandophone (25 ans) et un percussionniste francophone (41), qui aimons cette planète et la Vie. Les quelques personnes nous aidant et nous-mêmes avons une vie professionnelle à plein temps. Nous trouvons inacceptable et absurde le fait qu'existe des classes entre lesquelles les écarts se creusent à l'extrême. Certains ayant plusieurs fois le montant de la dette du tiers monde sur leur compte bancaire, tandis que les autres se cherchent un avenir sous forme de prêts hypothécaires ou autres, afin d'avoir un toit au-dessus de leur tête. D'autres tentent de survivre tout simplement… Parce que la concentration du pouvoir aux mains d'une élite transnationale a entraîné et permis le dévoiement total de la structure globalisée, nous somme trop occupés à (sur)vivre noyés dans la désinformation de la société du spectacle qui nous empêche de raisonner et d'agir. Aujourd'hui une classe cooptée de "dirigeants" détournent et usurpent le bien public, le système financier, le système éducatif, de soins à grande échelle et bien sûr nos médias. Le 11 septembre 2001 cette élite, appuyé par le complexe militaro-industriel, a dépassé la limite une fois de plus. A la télévision et en direct, les lois de la physique et les procédures légales d'enquêtes furent ignorées ou réinventées. Des tours d'acier, de béton et de verre qui s'effondrent à la vitesse de la chute libre ... De même que la troisième tour (WTC7) qui ne fut pas percutée par un avion! Immédiatement et sans aucune preuve l'accusé fut désigné: Ben Laden. Pourtant de nombreux délits d'initiés et autres manœuvres financières (assurances) ont précédé les attaques, de même que l'attaque du pentagone a permis , en détruisant précisément l'aile où étaient conservés les documents et fichiers relatifs, d'effacer les preuves d'un détournement massif d'argent par la défense (des trillions de $!). Mais l'objectif principal c'était vous! Instiller auprès des téléspectateurs la peur, celle du nouvel ennemi officiel : l'Islam. Ce jour là, nos "démocraties occidentales" ont fait un pas de plus vers un régime fasciste global. Ce "Nouvel Ordre Mondial" annoncé et souhaité par tant de dirigeants rêvant d'une humanité "pucée électroniquement", contrôlée dans chacun de ses mouvements et actions... Depuis le 11 Septembre la "guerre contre le terrorisme" sert d'alibi à l'élite et de prétexte à ses guerres qui rapportent des sommes colossales aux entreprises privées occidentales. Ces guerres qui ont déjà coûté la vie à plus de 1,5 millions de citoyens innocents d'Afghanistan et d'Irak. Ces guerres visent en fait le contrôle des champs d'opium, des oléoducs en Afghanistan et des champs de pétrole en Irak. Et les voilà qui se préparent maintenant à "apporter la démocratie" en Iran! Certains se battent pour l'annulation de la dette du tiers-monde, d'autres pour les sans-papiers, l'eau potable ou l'environnement…Nous voulons faire le lien, unir pour faire la différence, pour créer un rapport de force (ou de farce) et en finir avec la structure qui permet ou provoque tout cela : le système financier aka " les riches toujours plus riches et les pauvres toujours plus pauvre"…Ensemble nous pouvons bâtir de nouvelles alternatives ne menaçant ni l'humanité, ni la planète. Ensemble nous pouvons faire échouer leurs plans en refusant de les exécuter, tout simplement! C'est pourquoi nous organisons ce rassemblement pacifique face au Berlaymont à Bruxelles le dimanche 7 septembre 2008. Ce sera l'endroit idéal pour se rencontrer et exiger des réponses de ceux qui se prétendent nos dirigeants et/ou nos serviteurs. Si vous ou votre organisation approuve notre plate-forme merci de nous contacter. Nous avons besoin de votre aide! Nous condamnons toute forme de racisme, fascisme, intégrisme et extrémisme. Nous sommes les (pires) ennemis de Big Brother: nous agissons et pensons par nous mêmes.
Julez Edward & Olivier "Durruti" Galand


Voir la vidéo :
http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=9940

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vendredi 5 septembre 2008
  Israël, l'État de l'intégrisme juif





01-09-2008
Deux juifs ultra-orthodoxes, membres d'une 'patrouille de la pudeur', ont été arrêtés à Jérusalem pour avoir sévèrement battu une femme accusée d'avoir une conduite 'indécente', apprend-on lundi de source policière. Un troisième membre du groupe a été arrêté sous l'accusation d'avoir mis le feu à une boutique de vêtements dans un quartier ultra-orthodoxe, a indiqué le porte-parole de la police Micky Rosenfeld. La victime, une divorcée âgée de 31 ans habitant dans un quartier ultra-orthodoxe, avait été attaquée début juin à son domicile après que des voisins s'étaient plaints de son comportement contraire, à leurs yeux, aux normes religieuses. Cette femme, elle-même ultra-orthodoxe, avait été ligotée, rouée de coups, couverte d'injures et menacée de mort si elle ne quittait pas le quartier alors que ses agresseurs s'étaient emparés de son téléphone mobile pour découvrir les noms des hommes qu'elle fréquentait, selon l'enquête. La victime, qui depuis a déménagé, a porté plainte. Mais ce n'est que la semaine dernière que l'un des suspects, Elhanan Buzaglo, 29 ans, a été arrêté après un relevé d'empreintes digitales trouvées dans la maison de la victime. Il a été inculpé pour coups et blessures ainsi que pour avoir reçu 2.000 dollars pour monter cette opération punitive, précise le quotidien de langue anglaise Jerusalem Post. Il a été assigné à domicile ainsi que les deux autres suspects dont Benjamin Meirovitch accusé d'être un leader de la 'patrouille de la pudeur'. Depuis plus de dix ans, ces 'patrouilles' opèrent en Israël, particulièrement dans les quartiers ultra-orthodoxes de Jérusalem, ravivant les tensions entre Israéliens religieux et laïcs. Dans l'un des incidents, en 1998, des activistes masqués avaient mis le feu aux appartements de trois chrétiennes suisses à Mea Shearim, le quartier ultra-orthodoxe de Jérusalem, qui vivaient là depuis trois ans et qui étaient soupçonnées de se livrer à une activité missionnaire auprès des juifs. Les ultra-orthodoxes, Haredim, en hébreu littéralement 'Craignant Dieu' respectent scrupuleusement la loi religieuse juive en lui donnant l'interprétation la plus stricte. Ils représentent de 8 à 10% de la population juive en Israël et leur proportion va croissante.Ils sont l’essentiel des colons nouvellement installés.Alors, laïc et exemplairement moderne et démocratique, ce greffon de l’Occident dans le monde arabe du Proche-Orient ?Rappel : en 1948 deux États totalement artificiels et se proclamant religieusement purs furent créés sous les auspices du colonialisme britannique : le Pakistan et Israël.


D’après l’AFP
Le 31 août 2008
 
"Si vous n’y prenez pas garde, les journaux finiront par vous faire haïr les opprimés et adorer les oppresseurs." Malcom X

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