ELWATAN-ALHABIB
vendredi 29 juin 2007
  Le crime et la manière douce

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29-06-2007
Il se comporte comme le candidat ayant déjà gagné les élections
anticipées qui vont balayer du pouvoir les membres de la mixture Kadima
faite avec des Likoudniks qui ont accepté de "perdre" Gaza pour mieux
fragmenter la Cisjordanie, affamer et bombarder les Gazaouis.

Il était déjà l'invité d'honneur de la Convention de l'AIPAC en mars
dernier à Washington, le Lobby qui arrive à retarder depuis des années
le procès de deux de ses ex-dirigeants attrapés la main dans le sac par
le FBI en flagrant délit d'espionnage pour le compte d'Israël.
Netanyahu avait rencontré tout ce qui était présidentiable aux US(a) à
ce moment et le propos était déjà de faire progresser les sanctions
économiques contre l'Iran au niveau fédéral, cinq cent réunions ont été
tenues avec des élus du Congrès, comme au niveau des États.
Le gouvernement de Floride a décidé de retirer ses investissements des
compagnies qui avaient des relations avec l'Iran. La Californie et
l'État de New York sont en train d'envisager de prendre de telles
mesure également.

Ce dispositif d'étranglement programmé reçoit l'agrément des Démocrates
qui ne souhaitent pas replonger dans une guerre avec de l'hémoglobine
qui coulerait de nouveau à flot ostensiblement sur les écrans
télévisuels du "monde occidental".

Les présidentiables de ce monde là font campagne en allant se faire
adouber dans l'entité sioniste. La réciproque est respectée pour les
USA. Netanyahu assure qu'il ne parle pas de politique intérieure
israélienne au cours de ses rencontres avec les candidats, étant
entendu que la question palestinienne est considérée comme une affaire
interne à l'entité. De même que l'ingérence prochaine de l'armée
jordanienne comme force supplétive à l'armée d'occupation, comme le
quadrillage policier égyptien à Gaza sont du pur interne. La nomination
de Blair comme appoint pour repenser et refonder les institutions
palestiniennes par contiguïté est aussi du domaine intérieur. Blair n'a
en effet pas reçu l'ordre de faire des négociations en vue d'une
quelconque paix, fut-elle hebraïca, le prisonnier de Bush grand
ordonnateur de l'invasion puis de l'occupation de l'Irak est vu par les
Arabes comme un Néron pyromane à qui l'on confie la tâche de sapeur
pompier en chef de Rome. Rice prétend vouloir consacrer le temps qui
lui reste à tailler dans une toile arachnéenne un plan (le nième plus
un, comme dans les suites convergentes ...) pour l'Orient moyen avec
sans doute une autorité, en minuscule, pour Jénine, une autre pour
Ramallah, une dernière pour Béthléem et pour Gaza, un protectorat
égyptien avec une assistance israélienne.
Dans un anglais parfait, Netanhyahu a même séduit Hilary Clinton alors
que sous la présidence de William, la préférence allait vers Pérès
l'inusable.

Il n'a pas été question de la Palestine sans doute parce que son sort
est déjà réglé, Olmert est passé par là la semaine dernière et a obtenu
des sous encore des sous pour plus d'armements et toutes les assurances
de Bush. Il faut s'occuper activement de la grande menace imaginaire
iranienne et comme l'ont déclaré des évangélistes sionistes à l'AIPAC,
"il faut faire à l'Iran ce que nous avons fait à Saddam".

Convergence des Causes
29 juin 2007
 
  Les Usa indésirables en Afrique

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27-06-2007
Ryan Henry, principal conseiller politique au sous-secrétariat à la
Défense étasunienne, s'en est retourné bredouille de son périple en
Afrique la semaine passée. Le fameux plan du Pentagone pour créer
une nouvelle base de commandement militaire en Afrique même, a soulevé
quelque peu des vagues d'hostilité parmi les gouvernements de la région
réticents à s'associer à la "Guerre Contre la Terreur".

Les ministres des affaires étrangères et de défense d'Algérie, de la
Libye, du Maroc, de l'Égypte, de Djibouti et d'autres appartenant à
l'Union Africaine ont été consultés séparément, et unanimement "ont
préféré ne pas s'engager".
En dépit de la considérable amélioration de leurs relations avec les
US(a), ni la Libye, ni l'Algérie, ne souhaitent offrir de base
terrestre à l'Africom. Le Maroc considéré comme le plus proche allié en
Afrique du Nord refuse d'accueillir une base militaire étasunienne
permanente.

Ce mur du refus amènera sans doute le Pentagon à modifier son ambition
et plutôt qu'un seul commandement unifié, il est envisagé d'organiser
une réseau de contrôle militaire à partir d'unités plus petites
réparties sur plusieurs pays.

Ryan Henry prétend dans ses déclarations imiter l'efficacité
délocalisée d'Al Qaïda.

Faut-il rappeler que le Golfe de Guinée, avec l'Angola et le Nigéria
seront les fournisseurs du quart des importations pétrolières
étasuniennes sous peu, que les ressources minières du Congo en diamant,
cuivre et tantale en font une proie pour les prédateurs à peine
déguisés en humanistes. Le doublement des aides pour la lutte contre le
Sida en Afrique porte la somme allouée à quelques misérables
millions de dollars -30 millions exactement-, vraiment pas de quoi
ralentir la progression de la maladie.

Les US(a) ont fait preuve d'un cynisme époustouflant lors de
la dernière réunion du G8 en la matière, bloquant l'application votée
précédemment de l'augmentation de la dotation de la lutte contre le HIV
pour l'Afrique.

L'hégémonie se fêle, irréversiblement.

Convergence des Causes
27 juin 2007
 
jeudi 28 juin 2007
  Newt Gringrich : nous sommes en train de perdre la IVème guerre mondiale

28 juin 2007

Gringrich part en guerre. L’ex président Républicain du parlement US juge que la victoire du Hamas est une défaite dans la IVème guerre mondiale que les USA mènent contre l’Islam radical. Il faut réagir, dit-il. Eradiquer le Hamas et le Hezbollah. Jeter en prison tous ceux qui s’opposent à la politique américaine. Contrôler la population en administrant directement les aides internationales et les établissements d’enseignement. Nous n’en sommes même pas au début, conclut-il, mais nous savons que ce qui nous attend, c’est une vraie guerre. Il faut lire, dans le texte, comment nos « amis américains », non seulement ne redoutent pas la guerre de civilisation, mais s’y préparent, l’appellent de leurs voeux, et nous y entrainent.

Avertissements à Gaza

Par Newt Gringrich, Washington Times, 26 juin 2007

La victoire du Hamas à Gaza est un avertissement. La Quatrième guerre mondiale (ainsi que Norman Podhoretz l’a désignée) va être longue et difficile. C’est aussi un avertissement sur le fait que l’occident, à l’heure actuelle, est en train de perdre la guerre.

Ces défaites ne reflètent pas le courage et la volonté du peuple américain. Lors d’un sondage effectué en juin à la demande de American Solutions, 85% des américains ont déclaré qu’il était important de défendre l’Amérique et ses alliés. Seulement 10% s’y opposaient. Sur la question encore plus déterminante de savoir si il était important de battre les ennemis de l’Amérique, seulement 16% étaient en désaccord.

Donc le noyau dur de gauche en Amérique n’est que de 16%. Il est inférieur de cinq fois au nombre de ceux qui veulent battre nos ennemis.

La source de notre échec ne doit pas être cherchée dans le peuple américain mais dans les dirigeants, manquant d’idées et de dessin, à tout niveaux dans le gouvernement qui à l’heure actuelle préside au lieu de diriger.

La côté tragique du débat en cours à Washington, c’est qu’au même moment où cette absence de dessin et la mauvaise performance de l’administration Bush ont conduit les américains à souhaiter une nouvelle orientation, la politique de la gauche insiste sur le fait que cette nouvelle orientation devra consister à faire "moins de Bush".

Mais les leçons tirées de l’Afghanistan, de l’Irak, du Pakistan, du New Jersey, de la tentative d’attentat à l’aéroport JFK de New York, des attentats en Algérie, du programme nucléaire iranien, du conflit du Liban, et maintenant de la défaite à Gaza pointent toutes dans la même direction. Celle d’une politique pour conduire la guerre qui soit substantiellement plus ambitieuse et plus robuste que celle de Bush.

Au moment ou les forces de la modernité ont été jetées à bas par le terrorisme, notre vie politique ne crée pas un Churchill ou Roosvelt pour rassembler les démocrates, mais au contraire, des avocats de la reddition, de la défaite et du retrait des troupes. Alors que les femmes sont opprimées nous restons silencieux. Face à la faiblesse, aux hésitations et au manque de dessin des dirigeants d’Israel et des Etats-Unis, le peuple voit cette violence comme dénuée de sens, ce bain de sang comme répugant, et les stratégies actuelles comme trop inéfficaces pour continuer à s’y investir.

Gaza constitue l’exemple le plus récent ou le manque d’imagination de l’occident a été mis en échec par la détermination et la cruauté.

Israel a eu un pouvoir énorme sur Gaza durant 40 ans. Les Nations Unies ont géré les camps depuis 1949 avec des résultats désastreux qui ont conduit a un accroissement massif de la population, un chômage considérable, une profonde amertume, et qui produit des entrepreneurs en terrorisme plutôt que des entrepreneurs en création de richesse. Michael Oren a relevé que depuis 1993 l’Autorité Palestinienne a "bénéficié de plus d’aide internationale qu’aucune autre entité durant l’histoire moderne — et davantage par personne que les états européens durant le plan Marshall." Malgré tous ces avantages, la vieille organisation terroriste "raisonnable" a été détruite par la nouvelle génération du Hamas, plus militante et plus féroce.

C’est une victoire insigne pour l’Iran et une défaite pour les USA, Israel et les soi-disants gouvernements arabes modérés.

Les premières réactions à cette défaite ont été pathétiques. Accablés, les gouvernements israelien et américain se sont réunis en se tordant les mains et ont promis de financer le vieux terroriste de la Cisjordanie. Cela s’avérera sûrement être une stratégie perdante. Le Hamas consolidera son emprise sur Gaza et commencera à l’étendre plus résolument sur la Cisjordanie.

L’occident aura tôt ou tard à se confronter à plusieurs réalités difficiles pour battre ses ennemis.

D’abord, les organisations terroristes comme le Hamas et le Hezbollah devront être éradiquées et détruites. Nous n’avons pas aujourd’hui la stratégie, la doctrine ou les techniques pour battre ce type d’organisation. En Irak, après plus de quatre ans d’efforts, notre doctrine actuelle pour le contrôle de la population, pour la police de proximité et le renseignement est pathétique. Pour battre des organisations férocement convaincues et fanatiques de la violence comme Al Qaida et les Talibans, il faudra pour notre part déployer une nouvelle énergie, une nouvelle direction, et une nouvelle détermination.

Deuxièmement, les stratégies consistant à épauler des dictatures corrompues devront laisser place à des aides directes à la population, en assurant les droits à la propriété et les secours financiers directs qui nous permettront d’améliorer la vie des famille et leur permettront d’être plus fortes pour défendre leur voisinage contre les malfaisants. Hernando de Soto sera plus efficace pour planifier cela que tous les bureaucrates de l’AID et de l’ONU réunis.

Troisièmement, le système socialiste des camps de réfugiés, avec ses subsides anti-humanitaires caritatifs, devra être remplacé par un système totalement nouveau de revenu gagné et de droit de propriété acquis pour restaurer la diginité et l’espoir pour chaque palestinien.

Quatrièmement, le système actuel d’écoles sous le contrôle du Hamas et du Fatah devra être remplacé complètement par un système dédié à une éducation convenable, et à l’enseignement des droits de l’homme, plutôt que le jihad et la haine.

Enfin, les mosquées ne seront plus autorisées à prêcher la haine et la violence. La dénazification qui semblait une évidence en Allemagne en 1945 devra trouver son équivalent dans une campagne contre la haine aujourd’hui. Ceux qui sont haineux doivent être défaits, désarmés et détenus si les forces de paix veulent gagner.

Ces étapes ne représentent que le début, mais le fossé existant entre notre réaction pathétique aujourd’hui et les nécessités de la victoire donne une indication sur la route que l’occident a accomplir s’il veut gagner. En des termes Churchilliens, nous ne en sommes même pas au début. Par contre, nous sommes peut-être au début de la reconnaissance du fait que ce sera une vraie guerre.


Publication originale Washington Times
 
mercredi 27 juin 2007
  L'Empire et l'emprise de la Destruction




27-06-2007
Le président d'un des plus grands syndicats du crime, G W Bush
s'accommode fort bien de la démocratie des Pères Fondateurs, les
quelques nantis négriers et assassins allègres des Indiens indigènes
ayant fédéré les colonies britanniques d'Amérique en 1776, pour faire
démissionner un général de l'armée des USA début 2007.

Le Général Major Antonio Taguba avait enquêté sur les crimes et abus
commis par l'armée étasunienne sur les prisonniers politique à Abou
Ghraïb et établi un rapport qui ne laissait pas de doute sur sa
responsabilité. Il a confié au journaliste Seymour Hersh comment il fut
l'objet d'intimidation de la part de John Abizaïd et avoir ressenti
alors, après 32 années de services loyaux à son pays au sein de son
armée, appartenir à une Mafia dont il n'aurait pas respecté le code de
l'omerta.

Il est en effet impérieux que ne soit pas divulguée l'existence de
pratiques un peu secrètes comme l'équipe d'unités spéciales qui errent
de par le monde chargées d'accomplir toute action efficace contre de
présumés "terroristes", à savoir des assassinats.
Bush s'arroge donc le droit d'appréhender qui il veut dans la rue dans
n'importe quel coin de la planète, de l'incarcérer indéfiniment sans en
donner la raison, de le torturer, de le détenir dans une prison secrète
voire de l'exécuter.

Le récent rapport déclassifié cette semaine du Pentagone qui met en
évidence l'implication de psychologues et de psychiatres comme
collaborateurs dans l'élaboration de programmes d'interrogatoire et de
torture pour les agents de la CIA et du Pentagone ne rajoute rien à la
monstruosité des black sites et des pays européens et non européens
complices, de Guantanamo et de la multiplication des prisons en Irak
sur le modèle d'Abou Grhaïb.

Le système politique des Usa est essentiellement le prolongement des
fabricants d'armes qui ont milité très activement contre la détente
pendant la Guerre dite Froide et saboté tout accord de démilitarisation
déjà sous le gouvernement Nixon. Une fois effondrée l'Union soviétique,
les Pipe, Perle, Rumsfeld et autre Robert Gate pouvaient exalter les
dépenses pentagonesques et les porter à des sommes qui atteignent les
mille milliards en recréant un ennemi imaginaire.

Convergence des Causes
27 juin 2007
 
mardi 26 juin 2007
 

Appel à la société civile algérienne !

Réagissons au rapport du gouvernement soumis au Comité des droits de l'homme de l'ONU
Algeria-Watch et Al Karama for Human Rights, 25 juin 2007

Nous lançons un appel aux associations algériennes de défense des droits humais, de femmes, journalistes, syndicats autonomes, militants d'associations et de partis politiques, avocats et défenseurs des droits de l'homme à s'impliquer dans l'examen par les experts du Comité des droits de l'homme de l'ONU du troisième rapport périodique du gouvernement algérien le 23 juillet 2007 (accessible à l'adresse: http://www.unhchr.ch/tbs/doc.nsf/(Symbol)/CCPR.C.DZA.3.Fr?Opendocument).
L'Etat algérien a ratifié le Pacte international relatif aux droits civils et politiques le 16 mai 1989 et s'engage en conséquence à fournir régulièrement un rapport dans lequel il rend compte de l'application des droits consacrés par le Pacte. Il répond ensuite aux préoccupations exprimées par le Comité des droits de l'homme après examen du précédent rapport.
Le Comité des droits de l'homme étudie des communications soumises individuellement et relatives à des violations présumées du Pacte mais aussi des rapports et communications adressés en vue de l'examen du rapport périodique des Etats parties.
Suite à l'analyse du second rapport périodique algérien soumis en 1998, le Comité des droits de l'homme a publié des observations dans lesquelles il a relevé entre autres points, « l'insuffisance de données précises sur la crise actuelle en matière de droits de l'homme » notamment par rapport aux « massacres généralisés (...) dans un grand nombre de villes et de villages », aux assassinats mais aussi aux enlèvements et viols de femmes, à « l'absence de mesures opportunes ou préventives de protection des victimes de la part des autorités de police et du commandement de l'armée », aux « allégations persistantes de collusion de membres des forces de sécurité dans la perpétration d'actes de terrorisme ».
Le Comité s'est dit préoccupé par les informations reçues à propos d'exécutions arbitraires ou extrajudiciaires, le recours à la torture de manière systématique et les disparitions forcées, les centres de détention secrets, les gardes à vue prolongées, les restrictions de la liberté d'expression et d'association.
De plus, il regrette le peu d'informations fournies par le gouvernement algérien à propos des « groupes de légitime défense », ainsi que sur la réglementation garantissant l'indépendance de la justice.
Le Comité formule un certain nombre de recommandations en rapport avec les préoccupations énoncées parmi lesquelles l'information du public algérien des droits protégés au titre du Pacte ainsi que de la possibilité pour des particuliers dont les droits ont été violés de s'adresser au Comité. Il demande à l'Etat algérien de fournir dans son prochain rapport en juin 2000 des réponses aux préoccupations exprimées.
Le 22 septembre 2006, le gouvernement algérien a remis avec six ans de retard son troisième rapport périodique. Pour nous, associations de défense des droits humains et des libertés publiques, il est d'autant plus important que nous prenions connaissance de ce rapport et réagissions qu'il brosse un tableau des plus reluisants de la situation en Algérie mais comporte de nombreuses lacunes et inexactitudes.
Afin de ne pas abandonner au gouvernement algérien le monopole du traitement de questions si fondamentales, nous devons adresser au Comité des droits de l'homme des exposés précis des faits, en fonction de nos occupations et missions spécifiques.
Le gouvernement algérien a répondu à une partie des recommandations formulées par le Comité des droits de l'homme et passé en revue les différents articles du Pacte pour exposer leur mise en application. Nous rapportons ici quelques exemples tirés de ce rapport afin de mettre en relief le caractère erroné de certaines allégations.
1. Le rapport évoque l'instauration de l'état d'urgence pour en démontrer le bien fondé quant à la « situation insurrectionnelle et subversive très grave qu'a connue le pays à partir de 1991 », mais insiste sur le fait que cette mesure « n'interrompt pas la poursuite du processus démocratique, de même que continue à être garanti l'exercice des droits et libertés fondamentaux ». Sans vouloir entrer dans les détails, nous rappelons que le Prof. Mohand Issad, mandaté par le Président Bouteflika pour mener une commission d'enquête suites aux graves dérives qui ont bouleversé la Kabylie en 2001, a constaté que « la chronologie des textes permet de constater un glissement subtil de l'état d'urgence vers ce qui s'apparente plutôt à l'état de siège. Les pouvoirs donnés par l'arrêté de 1993 aux commandants des régions militaires sont des pouvoirs propres, ce qui est caractéristique de l'état de siège » *. Maintenir depuis 1992 l'état d'urgence revient à décréter que la situation qui a selon le pouvoir de l'époque nécessité sa mise en place prévaut encore. Toute la classe politique affirme pourtant que la situation sécuritaire est maîtrisée.
Les entraves à l'exercice des libertés individuelles et collectives et la violation des droits fondamentaux sont monnaie courante et sont parfois justifiées par l'existence de l'état d'urgence à l'exemple des restrictions du droit de manifestation.
2. Le rapport traite longuement de l'ordonnance d'application des dispositions de la Charte pour la paix et la réconciliation promulguée le 27 février 2006 pour en démontrer sa conformité avec la constitution et la compatibilité avec les standards internationaux. L'irrecevabilité de plaintes à l'encontre de membres des forces de sécurité énoncée dans l'article 45 de l'ordonnance est justifié par le gouvernement par le fait que la Charte aurait été « plébiscitée » par le peuple le 28 septembre 2005. La restriction contenue dans cet article « constitue en conséquence un amendement spécifique apporté lors du référendum aux règles générales régissant la saisine de juridictions ».
Il est fondamental de dénoncer cette codification de l'impunité qui s'accommode aussi de l'absence de procédure transparente et publique caractérisant le traitement des personnes suspectées d'activités terroristes qui se sont rendues aux autorités. Quant aux personnes « amnistiées », le retrait de leurs droits politiques est dans de nombreux cas anticonstitutionnel. L'ordonnance prévoit de plus dans son article 46 une condamnation à une peine de prison de 3 à 5 ans pour quiconque qui « utilise ou instrumentalise les blessures de la tragédie nationale pour porter atteinte aux institutions“ du pays, „fragiliser l'Etat, nuire à l'honorabilité de ses agents qui l'ont dignement servie ou ternir l'image de l'Algérie sur le plan international ».
3. Le gouvernement algérien aborde assez rapidement une des plus graves violations des 20 dernières années: la torture. L'idée principale est d'affirmer que le législateur a amélioré les textes existants pour les adapter aux normes internationales et que toute personne l'appliquant est puni par la loi, les fonctionnaires inclus. Pas un mot d'explication sur les allégations de tortures régulièrement dénoncées par les victimes et les organisations de défense des droits de l'homme.
4. Dans le cadre de la liberté de l'individu, le gouvernement traite de la garde à vue qui serait, au même titre que la détention provisoire ordonnée par le juge d'instruction soumise à un contrôle judiciaire et de l'obligation faite à l'officier de police judiciaire d'en informer le Procureur de la République. Or dans la réalité la garde-à-vue de 48h, qui selon le rapport ne peut être excédée, est régulièrement dépassée. Le rapport ne mentionne pas la durée de garde à vue de 12 jours établie par la loi antiterroriste de 1992, toujours de rigueur aujourd'hui. Il va sans dire que la loi n'interdit pas la communication avec la famille et le conseil. Or là aussi la réalité est toute autre. Les personnes suspectées d'activités terroristes (et pas seulement elles) sont détenues au secret pendant des périodes variant de quelques jours à quelques semaines, voire à plusieurs mois.
5. Le gouvernement octroie une place importante à la liberté d'expression et célèbre les immenses progrès réalisés depuis l'adoption de la loi relative à l'information en 1990, la pluralité médiatique et "l'ouverture à toutes les sensibilités politiques, partisanes et associatives" qui en découlent. Les journalistes algériens apprécieront ces éloges et sauront mieux que quiconque décrire la subtilité de la censure et l'autocensure, le vocabulaire choisi, les analyses formatées imposées , la relative liberté commandée dans le cadre de règlements de compte régentés. Qu'en est il des cascades d'inculpations pour diffamation, du refus des visas à de nombreux journalistes étrangers, de la fermeture du bureau d'Al-Jazeera à Alger?
6. Quant à la liberté d'association, autre point abordé dans le rapport, le nombre d'associations agréées témoignerait de la vitalité de la société civile. Il est bien connu qu'une grande majorité d'entre elles n'existent que sur le papier tandis que d'autres, tentent depuis des années d'obtenir un agrément, en particulier des associations de victimes des violations des droits de l'homme commises par des agents de l'Etat. Mais aussi des partis politiques ont vu leur agrément de facto refusé.
La liberté de créer des associations syndicales a effectivement été inscrite dans la loi mais les entraves que rencontrent les syndicats autonomes sont multiples: retrait de subventions, interdiction de louer un local, arrestations et harcèlement judiciaire de syndicalistes etc. Les membres des syndicats autonomes sauront faire état des déboires qu'ils rencontrent dans l'exercice de leurs droits.
Nous n'abordons dans cet appel que quelques uns des articles du Pacte traités par le gouvernement algérien. Le rapport traite aussi la question de l'égalité de droit des hommes et des femmes, l'indépendance de la justice, l'éducation, les droits de l'enfant.
Dans ce rapport, le gouvernement algérien se présente comme garant des droits et des libertés de ses citoyens. L'examen de ce rapport périodique par le Comité des droits de l'homme nous offre l'opportunité de fournir à ce mécanisme de l'ONU des informations détaillées supplémentaires d'un point de vue non gouvernemental. Il est néanmoins nécessaire de préciser que les observations et recommandations du Comité ne sont pas contraignantes et n'ont pas force exutoire. Ce mécanisme ainsi que d'autres offrent toutefois aux organisations de défense des droits humains et des libertés publiques une possibilité supplémentaire - et pas des moindres - de se faire entendre.
Afin de mener à bien cette tâche, les organisations ou personnes désireuses de s'impliquer sur un ou plusieurs points abordés dans le rapport périodique du gouvernement doivent envoyer leur communication au Comité des droits de l'homme bien avant le 23 juillet 2007 en 20 exemplaires (nombre d'experts du Comité) et par la poste afin qu'ils aient le temps de l'étudier.
Nous proposons aux organisations en particulier celles basées en Algérie de nous envoyer leur contribution par e-mail et nous nous chargerons de la faire parvenir en bonne et due forme au Comité. Nous proposons aussi – si elles le désirent - de publier ces contributions sur nos sites respectifs.
Algeria-Watch
Al Karama for Human Rights
www.algeria-watch.org
www.alkarama.org
 
  "LE BOUCLIER ANTIMISSILE AMÉRICAIN ET LA MENACE IRANIENNE",

Centrer











Qui croit réellement à la menace balistique iranienne ? Pas grand monde apparamment, analyse Pierre-Emmanuel Dupont. Va-t-on devoir, faute d’"armes de destruction massive", exporter à nouveau la démocratie busho-israélienne ?

Dans un document rendu public le 29 mars 2007, le Département d’Etat américain justifie son plan de déploiement en Europe orientale d’un bouclier antimissile en affirmant que le système actuel de défense antimissile dont dispose l’OTAN « fournit seulement une protection contre les menaces de courte portée, et ne serait pas capable de se défendre contre des missiles de plus longue portée lancés du Moyen-Orient vers l’Europe centrale ou occidentale ». Outre la Corée du Nord, le projet américain est censé protéger « la sécurité nationale U.S., et la sécurité des amis et alliés des U.S.A. » contre la menace que constitue l’Iran, décrit par le même document comme « l’un des régimes les plus menaçants et les moins responsables du monde ». Au début du mois de mars 2007, John Rood, responsable du Bureau of International Security and Non-proliferation au sein du Département d’Etat U.S., a expliqué clairement que le dispositif projeté, dont la construction des installations doit commencer en 2008, est conçu en réponse à la « menace grandissante » des missiles iraniens.

Le problème, si l’on peut dire, est que les données techniques existantes sur les différents types de missiles dont dispose la République Islamique d’Iran contredisent les affirmations de la diplomatie américaine.

Nous avons consulté une documentation officielle consacrée aux capacités de l’Iran en matière de missiles balistiques, publiée sous les auspices du Congrès des Etats-Unis en 2004. De par son origine, et parce qu’elle s’appuie principalement sur des sources américaines (et en particulier sur des études menées par la C.I.A.) et britanniques, cette documentation est peu suspecte de minimiser ou de sous-estimer les performances de l’arsenal iranien. Il en ressort que, outre un nombre effectivement important de missiles balistiques dits de courte portée (« short range », c’est-à-dire inférieure à 1.000 kilomètres), parmi lesquels les fameux Scud-B (d’une portée de 300 km) et Scud-C (d’origine nord-coréenne et chinoise, et d’une portée de 500 km), le seul vecteur de longue portée dont dispose l’Iran est le Shahab-3.

Les spécialistes estiment que le Shahab-3 est capable d’atteindre une portée de 1.300 kilomètres, et « pourrait » éventuellement emporter une charge nucléaire. Rappelons à ce sujet qu’aucune donnée tangible n’a été apportée à présent à l’appui des allégations américaines selon lesquelles l’Iran chercherait à développer des armes nucléaires.

Les spéculations relayées par certains experts, d’une part sur le fait que l’Iran travaillerait actuellement à l’amélioration des capacités du Shahab-3 (notamment en termes de portée), d’autre part sur l’existence d’un programme visant à développer des missiles Shahab-4, Shahab 5 et Shahab-6 de plus longue portée, semblent ne reposer sur aucune preuve précise et crédible, ainsi qu’il ressort de la documentation américaine susvisée. Quant à l’affirmation selon laquelle le programme spatial iranien, annoncé par Téhéran début 2004 et devant aboutir au lancement d’un satellite, servirait en réalité de camouflage au développement de missiles intercontinentaux, elle n’est pas plus convaincante.

On comprend, dans ces conditions, les réactions très défavorables au projet américain, qui se sont fait entendre en Europe et en Russie. « Les arguments américains ne convainquent pas grand monde en Europe », admet le très atlantiste Figaro. « La menace balistique iranienne est largement surévaluée et ne peut pas justifier le déploiement des moyens stratégiques du bouclier antimissile américain en Europe », a déclaré le 10 mai dernier à Bruxelles le chef d’État-major général des Forces armées russes, Iouri Balouïevski, qui estime en outre que l’Iran, compte tenu des contraintes technologiques, ne serait pas en mesure de se doter de missiles intercontinentaux avant la fin des années 2030, et au prix d’un effort très important.

Quant à Ali Larijani, Secrétaire du Conseil de Sécurité Nationale iranien et principal négociateur international dans le dossier nucléaire, il a récemment souligné que son pays n’a aucune raison de frapper l’Europe, qui est le premier partenaire commercial de l’Iran ; il a employé l’expression de « blague de l’année » à propos de la justification officielle avancée par Washington pour son bouclier antimissile."

Pierre-Emmanuel DUPONT juriste (diplômé de l’Université de Nantes) et chercheur indépendant en relations internationales.

CAPJPO-EuroPalestine


 
lundi 25 juin 2007
 
NON, pas de guerre civile en Palestine mais une occupation qui n'a que trop duré



Il n'y a pas de guerre du tout.
Il n'y a qu'une occupation cruelle, inhumaine, un véritable champ
d'expérimentation d'une prison où des millions d'humains dont près de
la moitié sont des enfants, sont encagés, exposés à la quatrième armée du
monde en dotations technologiques mais la première, très haut sur le
podium, en perversions, fabrications de propagande et manipulations.
Partout ailleurs dans le monde, la tentative de destitution d'un
gouvernement élu aurait porté le nom de coup d'État, sauf en Palestine
occupée.

Les médias dominants avec leur fonction de décerveler ceux qui les subit
ne vont pas parvenir à nous rendre amnésiques.
Les prétendus accords d'Oslo avec le flot ininterrompu de spoliation
des terres palestiniennes, l'augmentation exponentielle du nombre des
colons en Cisjordanie et le mouvement de danse hypnotique autour des
accords sans cesse repoussés sous prétexte que l'occupé doit
exclusivement assurer la sécurité de l'occupant a abouti à l'Intifada
Al Aqsa au lendemain de la provocation meurtrière de Sharon sur
l'esplanade des Mosquées.
De quartette en feuille de route, Mahmoud Abbas a été imposé comme
premier ministre acceptable par les forces impérialistes qui pratiquent
encore quelque délicatesse pour couvrir le démantèlement de ce qui
reste de la Cisjordanie entre sept cents check points, des centaines de
kilomètres de barrière.

Après la disparition du leader historique de l'OLP, mort pour le moins
mystérieuse avec son syndrome d'hémorragie disséminée survenue au
lendemain d'un simple embarras gastrique, les Palestiniens, toujours
victimes de leur emprisonnement meurtrier ont essayé de desserrer
l'étau qui les affame leur interdisant toute circulation en votant
pour le candidat "non terroriste" "modéré" très au goût des diplomates
occidentaux qui allait reprendre des négociations de paix.
Dans l'année qui a suivi, Sharon a continué son Mur, ses manoeuvres
d'annexion, d'emprisonnement-harcèlement de jeunes et moins jeunes
voire d'enfants des deux sexes, et d'assassinats dits ciblés pur actes
de terrorisme et de barbarie. Le peuple palestinien n'avait pas moins
souffert sous Abou Mazen que sous "autorité" de Arafat.
Le moins du tiers du peuple palestinien qui a voté, rappelons que les
habitants d'Al Qods n'y ont pas eu droit et pas non plus la composante
en exil, a choisi de dire Non à la collaboration et à la corruption.
Dans les dix jours qui ont suivi, un article du Haaretz a signalé que
trois camions chargés d'armement ont été livrés depuis Israël pour la
garde Présidentielle de Mahmoud Abbas.
En décembre 2006, l'agence de presse Reuters et de nouveau les médias
israéliens ont font état de nouvelles livraisons d'armes qui ont
transité par l'Égypte. Les démentis de l'Autorité ont fait figure de
dénégations maladroites à ce moment.

Ismail Hanyeh a mis de très longues semaines à former son gouvernement
en mars 2006 dans lequel le Fatah et d'ailleurs les autres formations
comme Al Monadara du Dr Mustapha Barghouti a refusé de prendre part.
Il fallait punir le Hamas d'avoir été vainqueur.
La sanction est vite tombée, la démocratie palestinienne a été
étranglée par la décision du boycott imposée par les Likoudniks.
Maintenant, le dessein de Dov Weiglass de laisser les Palestiniens
affamés s'entre-tuer dans les prisons sous formes de cantons où ils
résident pouvait s'accomplir.

De ci, de là, les Bushniks réaffirmaient leur soutien au très peu
populaire Abbas qui ne déclarait qu'une chose, vouloir rencontrer les
dirigeants de l'État occupant qui ne daignait pas le recevoir,
car qualifié d'illégitime et ne faisant pas encore
assez preuve d' "autorité".
Toutes les tentatives du roi d'Arabie la séoudienne, sa réédition d'une
proposition de paix avec Israël de tous les pays arabes en échange de
la création d'un État palestinien dans les frontières de 1967 et de
faire cesser la lutte aberrante d'un Président contre les élus de son
peuple ont échoué. L'argent et les armes coulaient à flot vers le
mandaté par l'occupant de déclencher une guerre civile. La présence
d'une déléguée de l'Union européenne au point de contrôle de Rafah a
permis au monde entier de savoir rapidement l'acheminement des hommes
entraînés en Égypte par le général étasunien Dayton ces derniers jours.

Il n'est donc pas juste de parler d'une guerre civile quand l'une des
parties est armée et financée par la puissance occupante. Ce à quoi
nous assistons est toujours une lutte de Libération.
Cette configuration n'est pas exceptionnelle dans l'histoire récente
des mouvements de décolonisation.

La situation va se clarifier.

Il faut bien que la gestion confiée à des Palestiniens collaborateurs
de l'occupation cesse et que l'occupation coloniale apparaisse sous son
jour le plus nu, sans déguisements et affabulation. Ni Abbas, ni Arafat
n'ont pu assurer à l'écolier d'aller à l'école, au malade de se rendre
à l'hôpital, ni au fermier de cueillir ses olives.
Le peuple palestinien n'a rien à perdre, nous non plus.
Il nous apprend tous les jours ce que veut dire être libre du fond
de son étroite geôle et de derrière les barbelés électrifiés,
surmontés de lames de rasoir brevetés made in Israël, et ponctués de
miradors gardés par des soldats parfois franco-israéliens, fous de haine
qui tailladent de coups de couteau des chauffeurs de taxi palestiniens
au nom de la Torah ou qui reviennent en France se faire élire députés,
sans rire.


Convergence des Causes
17 juin 2007
 
vendredi 22 juin 2007
  Palestine : le refus des résultats du vote était un vrai coup d’état



Qui sont les putchistes ? Les miliciens du Hamas ou ceux qui voila un an ont refusé de reconnaitre le résultat des urnes et provoqué au désespoir par d’injustes sanctions collectives ? Analyse de Peter Beaumont, pour l’Observer.

Par Peter Beaumont, The Observer, 17 juin

Voici comment fonctionne la politique au pays des merveilles d’Alice en Palestine sous la tutelle des USA et de la communauté internationale. Après des années où on leur a enjoint de tenir des élections et d’adopter un fonctionnement démocratique, les palestiniens, voila un an et demi, ont régulièrement élu le Hamas par 44% des votes contre le Fatah qui en a obtenu 41%.

C’était une élection correcte, comme l’a observé à l’époque l’ancien président Jimmy Carter. Une élection libre, sincère, exprimant exactement les désirs des palestiniens fatigués de l’inefficacité, de la corruption et du gangstérisme du Fatah. Le problème c’est que ce choix ne réflétait pas les attentes de Washington et de la communauté internationale.

Et bien que l’on ne puisse ignorer que le Hamas, qui refuse de reconnaitre l’existence d’Israel et a soutenu les attentats suicides, soit une organisation menaçante, il n’y eu aucune tentative d’ouverture du dialogue comme celle qui avait été pratiqué depuis des années avec le Fatah, dont les militants avaient eux aussi perpétrés des dizaines d’attentats.

Maintenant, après des mois d’embargo financier par l’Europe et les USA du gouvernement dirigé par le Hamas, après le financement et le soutien au Fatah du président Abbas, après cet étranglement lent de la société palestinienne qui a entrainé sa désintégration, qu’avons nous obtenu ? Une quasi guerre civile à Gaza, une dissolution du gouvernement par décret, et un nouveau premier ministre Salam Fayyad, nommé avec la bénédiction explicite des USA.

Permettez moi de rappeler les antécédents démocratiques de Fayyad, un économiste intelligent et remarquable, généralement considéré comme indemne de corruption. En n’importe quelle autre circonstance, il serait l’homme idéal. Mais lors des élections Législatives remportées par le Hamas l’année dernière, sa liste a obtenu 2,4% des voix. Ce n’est pas exactement le profil populaire pour diriger une société en voie d’effondrement. Ce n’est pas là le seul problème. Les connaisseurs de la vie politique palestinienne ne basent pas leur appréciation du manque de crédit politique de Fayyad uniquement sur son faible score aux élections.

Ils vous diront qu’il est largement inconnu de la plupart des palestiniens, qu’il n’a pas le soutien d’un appareil politique, et que sa co-listière Hanan Ashrawi est impopulaire auprès de nombreux palestiniens.

En réalité les seuls appuis qui sont effectivement derrière Salam Fayyad sont les diplomates européens et américains, qui chantent ses louanges depuis déjà longtemps devant tout journaliste qui veut les entendre.

Ainsi, le Président Bush et les autres membres du Quartet ont eu ce qu’ils voulaient. Abbas, plein de dévouement, s’est rendu chez le consul général américain à Jerusalem, avec à sa remorque Mohammed Dahlan, l’homme qui est largement considéré comme celui qui a démarré le cycle des violences à Gaza. Et à la fin de la réunion, le boycott des fonds américains pour le gouvernement palestinien était levé.

Il est difficile de ne pas être désabusé. La société palestinienne a été étranglée jusqu’à la douleur, punie collectivement pour avoir voté pour le mauvais parti. Et lorsque l’explosion inévitable a eu lieu la semaine dernière, Abbas a finalement renvoyé le Hamas, comme les USA l’y encourageaient depuis des mois, durant lesquels il hésitait.

Alors, quel a été le vrai coup d’état ? La sanglante attaque du Hamas contre les gangsters violents du Fatah qui terrorisaient Gaza depuis un an ? Ou la décision inconstitutionnelle prise hier par Abbas avec le soutien des américains ?

Quelle que soit la réponse, encore une fois, ce sont les palestiniens qui vont souffrir.

Peter Beaumont est responsable du service étranger à l’Observer


Publication originale The Observer
 
 

Le gouvernement US envoie des détenus de Guantánamo en Tunisie malgré des menaces de mauvais traitements et de torture


Reprieve, 19 juin 2007

Traduit par le Collectif guantánamo


Reprieve dénonce le transfert – qui vient d’être révélé aujourd’hui – de son client le prisonnier de, Guantánamo Abdullah Ben Omar, et d’un second prisonnier, dont on ignore pour l’instant le nom, en Tunisie.
Les deux hommes ont été expédiés en Tunisie le dimanche 17 juin 2007. Condamné par contumace en Tunisie pour son association avec le parti politique d’opposition Ennahdha, M. Ben Omar court un risque sérieux de mauvais traitements et de torture.
Au début des années 1990, M. Ben Omar a été condamné par contumace en Tunisie à 23 ans de prison pour son affiliation au parti politique islamiste modéré et non-violent Ennahdha. À cette époque, M. Ben Omar vivait au Pakistan depuis 2 ans. Il était absent à son procès et n’a donc pu se défendre. Cette condamnation, ajoutée à l’emprisonnement de M. Ben Omar à Guantánamo, lui fait courir un risqué grave de détention indéfinie et de torture.
"Abdullah Ben Omar a été blanchi par les USA, qui ont considéré qu’il ne constituait pas e menace et ne détenait aucune information sur le terrorisme. Mais les USA ne lui ont pas présenté d’excuses et ne l’ont pas remis en liberté après cinq ans à Guantánamo. Au lieu de cela, il a été expédié en Tunisie, où des mauvais traitements et éventuellement des tortures l’attendent. Qu’est-il arrivé à la justice américaine ? Comment pouvons-nous assurer note sécurité en renvoyant des hommes innocentés à des régimes notoirement sinistres ? », a dit Zachary Katznelson, avocat de Reprieve.
Le gouvernement US n’a autorisé Reprieve à rencontrer M. Ben Omar qu’une seule fois durant ses cinq ans de détention. Lors de sa rencontre avec Zachary Katznelson le 1er mai 2007 à Guantánamo, M. Ben Omar a exprimé de vives inquiétudes quant aux risques qu’il courait, en cas de renvoi en Tunisie, d’être torturé pour être forcé à faire des aveux ou à devenir un informateur. Lorsque Reprieve a plus tard appris que M. Ben Omar avait été condamné par contumace – une condamnation dont M. Ben Omar n’a apparemment pas eu connaissance -, l’organisation a demandé à plusieurs reprises à être autorisée à rendre de nouvelles visites à notre client. Le gouvernement US n’a pas répondu à ces requêtes.
"Aujourd’hui, Abdullah Ben Omar se retrouvé transformé en cobaye dans une expérience diplomatique potentiellement mortelle. Les USA sont si désespérément résolus à se débarrasser de détenus de Guantánamo Bay, qu’ils sont prêts à ignorer l’horrible dossier des droits humains de la Tunisie. La Tunisie fait face à un choix simple : agira-t-elle correctement et montrera-t-elle au monde qu’elle soutient les droits humains ou va-t-elle retourner à son sombre passé ? Nous attendons tous de le savoir », a déclaré Zachary Katznelson.
Abdullah Ben Omar est né dans le nord-est de la Tunisie. Après ses études , il a travaillé comme mécanicien pour les chemins de fer tunisiens. Il a quitté la Tunisie pour l’Arabie saoudite en 1989 pour ensuite aller au Pakistan, fuyant son pays pour cause de persécution religieuse.
Il vivait donc au Pakistan quand il a été condamné en son absence en Tunisie à 23 ans de prison. En 2001, Abdullah a été arrêté à son domicile par des agents pakistanais. Il dit avoir été vendu aux USA pour une rançon de 5000 $.
Il se trouvait à Guantánamo Bay depuis le 5 août 2002. Il est marié et a huit enfants. Sa famille vit en Tunisie.

 
jeudi 21 juin 2007
  En Palestine condamnée
En Palestine condamnée


Ecrit par Tariq Ramadan le 19-06-2007



Il ne fallait pas être devin pour prédire ce désastre. Depuis des années - de processus de paix malmenés en provocations ciblées - le gouvernement israélien essayait de provoquer un conflit inter-palestinien. L’intelligence politique, la patience et la lucidité des acteurs avaient permis d’éviter le pire. Les Palestiniens se savaient divisés sur le plan idéologique mais ils restaient unis dans la résistance à l’oppresseur.

C’est la carotte d’une autorité sans pouvoir qui aura eu raison de leur conscience politique et de leur sagesse. Je l’avais répété au début des repositionnements politiques, avant puis après les élections : il s’agissait d’un piège et le couvercle allait bientôt se refermer sur le peuple palestinien dans son ensemble. Le triste spectacle de ces derniers jours ne fait que confirmer des prédictions si prévisibles. Quel gâchis !

Nous voilà avec deux autorités sans pouvoir, en conflit...avec le seul pouvoir de répandre la mort et la désolation. Des règlements de compte, des assassinats à coup de fatwa ou de dénonciations. C’est intolérable...et le gouvernement israélien, spectateur cynique de ces déroutes, continue à calculer l’étendue de ses gains et avantages. Le chef de cabinet de Sharon nous l’avait annoncé : il n’est pas question d’un processus de paix. Il est question, simplement, de gagner du temps ! Et si les Palestiniens tombent dans le piège et les y aident, comment ne s’en réjouiraient-ils pas ?!

Aucune raison religieuse ou d’Etat ne peut justifier ce conflit interne et les tueries qui en découlent. Le monde musulman devrait être en première ligne pour s’interposer et amener les acteurs à la raison et au bon sens. De là où nous sommes, il nous faut dire, répéter et faire entendre que nous ne sommes pas dupes des jeux et des silences des puissants, des collaborateurs et des lâches mais que rien ne peut justifier que les Palestiniens deviennent les ennemis de leur propre cause. Cela ne peut pas être ! Notre condamnation des tueries, des meurtres et des exécutions sommaires (et de toutes les soi disant fatwas qui les justifieraient) doit être claire, forte, déterminée. Il faut faire cesser ces horreurs et la dérive générale : les Palestiniens de l’intérieur doivent porter ce message à l’instant où, de l’extérieur, nous rappelons à tous les gouvernements (du monde majoritairement islamique comme de l’Occident) ainsi qu’à la communauté internationale des peuples que jamais le monde ne sera en paix si les Palestiniens n’obtiennent leur droit légitime à un Etat et à la dignité. On peut aisément les rendre responsables de ce désastre de quelques semaines et faire mine d’oublier l’immense trahison que signifient ce long silence et cette hypocrisie de plusieurs décennies quant au déni de leurs légitimes revendications.

Il est urgent également de condamner et de mettre un terme au blocus imposé à Gaza par les forces israéliennes d’occupation qui cherchent à asphyxier la population pour la pousser à bout. Cette stratégie est inhumaine et intolérable.

Quel goût amer, quel sentiment d’oppression.. face aux images des opprimés palestiniens... se trompant si gravement d’ennemis.

 
lundi 18 juin 2007
 

Des larmes de crocodile





VOICI CE qui arrive quand un million et demi d'êtres humains sont emprisonnés dans un territoire minuscule et aride, coupés de leurs compatriotes et de tout contact avec le monde extérieur, affamés par un blocus économique et dans l'incapacité de nourrir leur famille.

Il y a quelques mois, j'ai décrit cette situation créée par Israël, les Etats-Unis et l'Union européenne comme un banc d'essai sociologique. La population de la bande de Gaza comme des cobayes.

Cette semaine, on a vu les résultats de l'expérience. Ils démontrent que les êtres humains réagissent exactement comme les autres animaux : quand un trop grand nombre d'entre eux sont entassés sur une petite surface dans des conditions misérables, ils deviennent agressifs, et même ils tuent. Ceux de Jérusalem, Washington, Berlin, Oslo, Ottawa et autres capitales qui ont mis en place l'expérience peuvent se frotter les mains de satisfaction. Les sujets de l'expérience ont réagi exactement comme prévu. Beaucoup d'entre eux sont même morts dans l'intérêt de la science.

Mais l'expérience n'est pas encore achevée. Les scientifiques veulent savoir ce qui arrivera si le blocus est encore pire.

QU'EST-CE qui a causé l'actuelle explosion dans la bande de Gaza ?

Le moment choisi par le Hamas pour prendre de force la Bande n'était pas accidentel. Le Hamas avait de nombreuses bonnes raisons de l'éviter. L'organisation est incapable de nourrir la population. Elle n'a aucun intérêt à provoquer le régime égyptien occupé à combattre les Frères musulman, l'organisation mère du Hamas. L'organisation n'a aucun intérêt non plus à fournir à Israël un prétexte de resserrer encore davantage le blocus.

Mais les dirigeants du Hamas ont décidé qu'il n'y avait pas d'autre alternative que de détruire les organisations armées liées au Fatah qui prennent leurs ordres du président Mahmoud Abbas. Les Etats-Unis ont ordonné à Israël de ravitailler ces organisations en grandes quantités d'armes, pour leur permettre de combattre le Hamas. Les chefs de l'armée israélienne n'ont pas aimé cette idée, craignant que les armes finissent par tomber entre les mains du Hamas (ce qui est arrivé aujourd'hui). Mais notre gouvernement a obéi aux ordres américains, comme d'habitude.

L'objectif américain est clair. Le président Bush a choisi un dirigeant local pour chaque pays musulman, qui gouvernera sous protection américaine et suivra les ordres américains. En Irak, au Liban, en Afghanistan, et aussi en Palestine.

Le Hamas croit que l'homme choisi pour ce travail à Gaza est Mohammed Dahlan. Depuis des années, il a semblé qu'il avait été préparé pour ce rôle. Les médias américains et israéliens ont chanté ses louanges, le décrivant comme un dirigeant fort, déterminé, "modéré" (c'est-à-dire obéissant aux ordres américains) et "pragmatique" (c'est-à-dire obéissant aux ordres israéliens). Et plus les Américains et les Israéliens encensaient Dahlan, plus ils sapaient sa position parmi les Palestiniens. En particulier quand Dahlan est parti au Caire, comme s'il était en train d'attendre pour ses hommes de recevoir les armes promises.

Aux yeux du Hamas, l'attaque des bastions du Fatah dans la bande de Gaza est une guerre préventive. Les organisations de Abbas et de Dahlan ont fondu comme neige au soleil palestinien. Le Hamas a aisément pris le pouvoir sur l'ensemble de la bande de Gaza.

Comment les généraux américains et israéliens peuvent-ils si mal calculer ? Ils ne sont capables de penser qu'en termes strictement militaires : tant de soldats, tant de mitraillettes. Mais dans les combats internes en particulier, l'approche quantitative est secondaire. Le moral des combattants, et les sentiments de l'opinion publique sont de loin plus importants. Les membres des organisations du Fatah ne savent pas pour quoi elles se battent. La population de Gaza soutient le Hamas, parce qu'elle croit qu'il combat l'occupant israélien. Ses opposants apparaissent comme des collaborateurs de l'occupation. Les déclarations des Américaines sur leur intention de les armer avec des armes d'Israël les ont finalement condamnés.

Ce n'est pas une question de fondamentalisme islamique. A cet égard, toutes les nations sont les mêmes : elles haïssent les collaborateurs d'un occupant étranger, qu'ils soient norvégien (Quisling), français (Pétain), ou palestinien.

A WASHINGTON et à Jérusalem, les hommes politiques déplorent la "faiblesse de Mahmoud Abbas".

Ils s'aperçoivent aujourd'hui que la seule personne capable d'empêcher l'anarchir dans la bande de Gaza et en Cisjordanie était Yasser Arafat. Il avait un autorité naturelle. Les masses l'adoraient. Même ses adversaires, comme le Hamas, le respectaient. Il avait créé plusieurs appareils de sécurité concurrents, afin d'éviter qu'un corps unique ne perpètre un coup d'Etat. Arafat était capable de négocier, de signer un accord de paix et d'amener son peuple à l'accepter.

Mais Arafat a été cloué au pilori par Israël comme un monstre, emprisonné à la Mouqataa et, en fin de compte, assassiné. Les Palestiniens ont élu Mahmoud Abbas comme son successeur, espérant qu'il obtiendrait des Américains et des Israéliens ce que ceux-ci avaient refusé à Arafat.

Si les dirigeants de Washington et de Jérusalem avaient vraiment voulu la paix, ils se se seraient empressés de signer un accord de paix avec Abbas, qui avait déclaré qu'il était prêt à accepter le même important compromis qu'Arafat. Les Américains et les Israéliens l'ont couvert de tous les éloges imaginables mais ont rejeté toute demande concrète de sa part.

Ils n'ont permis à Abbas d'obtenir même pas le plus léger et misérable résultat. Ariel Sharon lui a arraché toutes ses plumes et puis s'est moqué de lui comme "un poulet déplumé". Après que les Palestiniens eurent patiemment attendu en vain que Bush bouge, ils ont voté pour le Hamas, dans l'espoir désespéré de parvenir par la violence à ce qu'Abbas avait été incapble d'obtenir par la diplomatie.

Les dirigeants israéliens, militaires et politiques, étaient ravis. Ils voulaient affaiblir Abbas, parce qu'il jouissait de la confiance de Bush et parce que la position qu'il avait prise rendait plus difficile la justification de leur refus d'entamer des négociations réelles. Ils firent tout pour démolir le Fatah. Pour y parvenir, ils ont arrêté Marwan Barghouti, la seule personne capable de garder la cohésion du Fatah.

La victoire du Hamas a complètement répondu à leurs objectifs. Avec Hamas, on ne peut pas parler, offrir un retrait des territoires occupés et le démantèlement des colonies. Le Hamas est ce monstre contemporain, une organisation "terroriste", et, avec les terroristes, il n'y a rien à discuter.

ALORS POURQUOI y a-t-il eu des gens à Jérusalem qui n'étaient pas satisfaits cette semaine ? Et pourquoi ont-ils décidé de "ne pas interférer" ?

En vérité, les médias et les hommes politiques, qui ont contribué pendant des années à pousser les organisations palestiniennes les unes contre les autres, ont montré leur satisfaction et se sont gaussé "nous vous l'avions bien dit". Regardez comment les Arabes s'entretuent. Ehoud Barak avait raison quand il disait il y a des années que notre pays est "une villa dans la jungle".

Mais dans les coulisses, on pouvait percevoir des expressions d'embarras, et même d'anxiété.

La transformation de la bande de Gaza en Hamastan a créé une situation pour laquelle nos dirigeants n'étaient pas prêts. Que faire maintenant ? Isoler complètement Gaza et laisser la population mourir de faim ? Etablir des contacts avec le Hamas ? Réoccuper Gaza, maintenant qu'il est devenu un grand fossé antichars ? Demander l'envoi de troupes internationales de l'ONU – et dans ce cas, combien de pays seraient assez fous pour risquer d'envoyer leurs soldats dans cet enfer ?

Notre gouvernement a travaillé pendant des années à détruire le Fatah, afin d'éviter d'avoir à négocier un accord qui le conduirait inévitablement au retrait des territoires occupés, et au démantèlement des colonies. Aujourd'hui, alors qu'il semble que leur but a été atteint, ils n'ont aucune idée de ce qu'ils vont faire de la victoire du Hamas.

Ils se consolent avec l'idée que cela ne peut pas arriver en Cisjordanie. Là le Fatah reigne. Là le Hamas n'a pas prise. Là notre armée a déjà arrêté la plupart des dirigeants politiques du Hamas. Là Abbas est toujours au pouvoir.

C'est ce que disent les généraux, avec la logique des généraux. Mais en Cisjordanie aussi, le Hamas a eu la majorité aux dernières élections. Là aussi, ce n'est qu'une question de temps pour que la population perde patience. Elle voit l'expansion des colonies, le Mur, les incursions de notre armée, les assassinats ciblés, les arrestations nocturnes. Elle explosera.

Les gouvernement israéliens successifs ont systématiquement détruit le Fatah, coupé l'herbe sous les pieds d'Abbas et ouvert la voie au Hamas. Ils ne peuvent pas prétendre être surpris.

QUE FAIRE ? Continuer à boycotter Abbas ou lui fournir des armes, afin de lui permettre de combattre le Hamas pour nous ? Continuer à l'empêcher d'obtenir le moindre résultat politique ou finir par lui accorder quelques miettes ? Et quoiqu'il en soit, n'est-ce pas trop tard ?

(Et sur le front syrien : continuer à manifester un intérêt de pure forme pour la paix tout en sabotant tous les efforts de Bashar el-Assad de démarrer des négociations ? Négocier secrétement en dépit des objections américaines ? Ou continuer à ne rien faire du tout ?)

Pour le moment, il n'y a pas de politique, et pas de gouvernement qui pourrait fixer une politique.

Alors qui nous sauvera ? Ehoud Barak ?

La victoire de Barak dans la compétition pour la direction du parti travailliste cette semaine l'a presque automatiquement désigné comme prochain ministre de la Défense. Sa forte personnalité et son expérience de chef d'état-major et de Premier ministre lui assurent une position dominante dans le nouveau gouvernement. Olmert agira sur le terrain dans lequel il est devenu le maître incontesté – les manœuvres politiciennes. Mais Barak aura une influence décisive sur la politique.

Dans le gouvernements des deux Ehoud, Ehoud Barak décidera sur les questions de la guerre et de la paix.

Jusqu'à présent, pratiquement toutes ses actions ont eu des résultats négatifs. Il est arrivé très près d'un accord avec Assad le père et au dernier moment , il s'est dérobé. Il a retiré l'armé israélienne du Sud Liban, mais sans parler avec le Hezbollah, qui a pris le pouvoir. Il a contraint Arafat de venir à Camp David, où il l'a insulté et a déclaré qu'il n'avait pas de partenaire pour faire la paix. Cela a porté un coup fatal aux chances de paix, ce qui paralyse encore les Israéliens. Il s'est vanté d'avoir eu pour intention réelle de "démasquer" Arafat. Il a plutôt été un Napoléon manqué qu'un de Gaulle israélien.

Pourra-t-il changer de nature ? Il est difficile de le croire.

DANS LES drames de Shakespeare, il y a fréquemment un interlude comique dans les moments de tension. Et pas seulement dans les drames de Shakespeare.

Shimon Pérès, la personnes qui, en 55 ans de vie politique, n'a jamais gagné une élection, a réalisé l'impossible cette semaine : il a été élu président d'Israël.

Il y a de nombreuses années, j'ai donné pour titre à un article sur lui "M. Sisyphe", parce que, encore et encore, il était très près du succès, et le succès lui échappait. Aujourd'hui il doit avoir l'impression de faire un pied de nez aux dieux en atteignant le sommet, mais – hélas – sans le rocher. La charge de président est dénuée de contenu et d'attributions. Un homme politique creux à une fonction creuse.

Aujourd'hui personne ne s'attend à un débordement d'activité au palais du président. Il fera certainement des conférences sur la paix, des rencontres de personnalités, des déclarations tonitruantes et des plans extraordinaires. En bref, beaucoup de bruit pour rien.

Le résultat concret est que la position d'Olmert a été renforcée. Il a r"éussi à installer Pérès à la présidence et Barak au ministère de la Défense. A court terme, la position d'Olmert est assurée.

Et pendant ce temps, l'expérience continue à Gaza, le Hamas prend le pouvoir et le trio – Ehoud 1, Ehoud 2 et Shimon Pérès versent des larmes de crocodile.


Traduit de l'anglais "Crocodile Tears" : SW


Articles de Uri Avnery publiés par Mondialisation.ca

 
samedi 16 juin 2007
  LES TAMBOURS DE "FAFA" ENTRENT EN RESONNANCE


(par Abdelkader DEHBI)


"Pourquoi les chiens perdent-ils régulièrement au bridge ? – Parce qu'ils ne peuvent pas s'empêcher de remuer la queue dès qu'ils ont un as de pique !"

On serait tenté ici, de parler "d'os de pique" mais passons…

Cette boutade d'un célèbre chansonnier des années cinquante, se prête à merveille pour dépeindre cet enthousiasme indécent montré par un certain quotidien d'expression française, en marge de ce que je qualifierais d' "agitations préliminaires" auxquelles donne actuellement lieu, la prochaine visite à Alger de M. Sarkozy. Un enthousiasme journalistique zélé, voire suspect, mettant en valeur des déclarations lénifiantes et creuses de tel diplomate français en poste à Alger, ou montant en épingle des détails insignifiants sur les capacités de "sherpa", de tel conseiller diplomatique de M. Sarkozy, dépêché en mission, ou alors, annonçant comme un "scoop" vital pour le Peuple Algérien, l'octroi de nouveaux quotas de visas aux Algériens…etc.
Le "Devoir d'informer" ici, cède carrément le pas au "Droit de manipuler l'opinion".
Eh bien non Messieurs de la rédaction de "Liberté" ! Personne, ne fera avaler aux algériens, avec cette tarte des quotas de visas et autres billevesées, leur ferme et légitime attente d'une reconnaissance formelle et solennelle par l'Etat français, des crimes commis contre le peuple algérien durant la période coloniale.
On aura tout le loisir ensuite – et ensuite seulement -, d'examiner tous les traités d'amitié que l'on voudra ou tous autres projets fumeux du genre "Union Méditerranéenne".
Ceux-là – en Algérie ou ailleurs -, qui se hasarderaient à passer en force contre la volonté populaire des Algériens, à la faveur d'une conjoncture de crise institutionnelle et morale interne d'un régime politique en quasi déliquescence, ceux-là devraient savoir que cette exigence historique et morale de notre devoir de mémoire, est une affaire de dignité nationale qui n'appartient à personne en propre. Elle appartient à la mémoire collective et à la conscience intime de chacun des plus de 30 millions de citoyens qui composent le Peuple Algérien.
Aussi bien, aucun homme, aucune légitimité historique, aucune autorité, aucune institution, aucun tour de passe-passe diplomatique, – en Algérie ou ailleurs - ne pourront subroger cette mémoire collective du Peuple Algérien.
Les petits saltimbanques de la politique de "café du commerce" et leurs commanditaires éventuels, doivent se le tenir pour dit une fois pour toutes et ranger au placard les basses manœuvres, les promesses mensongères et les manipulations grossières d'une opinion publique algérienne qui demeure vigilante et surtout, profondément nationaliste, contrairement à ce que pourraient suggérer les inconduites morales et les impérities d'un système politique à l'agonie. (Abdelkader DEHBI)

 
"Si vous n’y prenez pas garde, les journaux finiront par vous faire haïr les opprimés et adorer les oppresseurs." Malcom X

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