ELWATAN-ALHABIB
jeudi 26 février 2009
 
Leur dépression en cours





Barak Hussein O. va l’annoncer sous peu. Le retrait des troupes étasuniennes d’Irak se fera dans les 16 à 19 mois à venir plus rapidement que ne le prévoyait l’accord pour la sécurité (SOFA pour les intimes) arraché sur les toutes dernières semaines de décembre à l’extinction du mandat accordé par l’ONU à la Coalition qui lui donnait droit d’occuper et de violenter l’Irak ad libitum.

Entre octobre 2007 et février 2009, le stock global des marchés boursiers s’est contracté de 55% atteignant à ce jour quelques 28 000 milliards de dollars, autrement dit ce sont plus de 30 000 milliards de la richesse mondiale qui se sont sublimés, volatilisés.
Ce n’est certes pas fini.
Le ménage des « actions », ces machins dont nul ne sait ce qu’ils représentent vraiment, toxiques n’est pas achevé encore d’autant que nul ne sait non plus sous quels intitulés elles circulent et que nul ne peut évaluer leur masse.


ImageClinton, la femme autrefois bafouée, peut se mettre en voyage vers l’Asie quérir l’adhésion chinoise à la version hollywoodienne de l’indissoluble interpénétration des économies chinoise et étasunienne. Les bons du Trésor Américain qui ne sont que du papier de reconnaissances de dettes ne paient certes pas la dette déjà énorme détenue par la Banque Centrale chinoise plus de 693 milliards de dollars mais l’alourdissent. Ce mécanisme de la dette se renforçant elle-même et liant ses acheteurs par un marché de dupes est en train de devenir la plus fantastique des bulles. L’ État fédéral étasunien en raison de la baisse drastique de ses recettes fiscales liées à la Récession et aux allégements fiscaux mis en place par le gouvernement néo-conservateur et néo-sioniste de G W Bush ne sera jamais en mesure de l’honorer. Une hypothèse plausible est que les Chinois se paient sur le dos de la bête et se voient porter acquéreurs de ressources nationales étasuniennes, mais lesquelles ? Les Montagnes Rocheuses vendues en kit peut-être, car pour les industries qu’elles soient manufacturières ou financières, aucun Mont de Piété ne les leur prendra en contrepartie d’une monnaie trébuchante.
La position chinoise ici représente le plus puissant catalyseur de l’amorce de la phase finale de l’effondrement des US(a). L’hilarante Barbie Clinton est allée configurer pour sa première sortie dans le monde la génuflexion de rigueur devant plus puissant que ce qu’elle représente.

Barak Hussein O. va l’annoncer sous peu. Le retrait des troupes étasuniennes d’Irak se fera dans les 16 à 19 mois à venir plus rapidement que ne le prévoyait l’accord pour la sécurité (SOFA pour les intimes) arraché sur les toutes dernières semaines de décembre à l’extinction du mandat accordé par l’ONU à la Coalition qui lui donnait droit d’occuper et de violenter l’Irak ad libitum.
Pour continuer à faire croire à une magistrale réussite de la politique du ‘surge’ de Bush-Petraeus, le Pentagone peine à reconnaître encore les pertes de ses soldats surtout quand ceux-ci se font liquider par des membres de l’armée irakienne qu’ils ont contribués à former. À Mossoul, cela s’est produit en pleine caserne, trois étasuniens ont été abattus ce début de semaine par deux Irakiens en uniforme. Le délai imparti pour faire quitter à l’Irak les 146 000 dépend de la possibilité logistique de rapatrier l’armement, les tanks, les chars dont certains les fameux MRAP n’ont pas eu le temps d’avoir été utilisés. Une étude récente du Pentagone indique que le matériel militaire étasunien tombe aux mains de forces qui ne sont pas forcément alliées pour 40%.

L’Hilarante Clinton ne trouve rien à redire à la mise en position test de la centrale atomique iranienne de Busher, alimentée en grande part par du combustible russe. L’Occident doit s’y faire, l’énergie provenant de la fission atomique est une vieille technologie qui ne lui est pas réservée, car rien ne circule mieux au monde plus que les fausses informations de la propagande, ce sont les découvertes scientifiques et leurs applications.
Dame Clinton souhaite faire œuvre utile, elle demande à l’entité sioniste d’assouplir le passage de l’aide humanitaire vers Gaza, au moment où même le chef d’État tchèque déplore ouvertement que ce soit l’extrême droite qui contrôle l’exécutif directement dans l’entité sioniste. Très significatif la façon dont les Mass media feignent d’oublier que Kadima n’est rien d’autre qu’une technique de sortie de crise pour une aile du Likoud à la veille de l’évacuation des 7000 colons de Gaza. Cette évacuation n’a pas pour autant libéré Gaza de son statut de territoire occupé mais a permis au contraire l’organisation du massacre de sa population en masse lors de l’opération plomb durci au phosphore blanc.
Barak Hussein O. va proposer à ses Chambres qui lui font de l’obstruction, histoire de prouver que no, we can’t ,
d’accorder 900 millions de dollars d’aide pour Gaza, mais pas de statut de souveraineté pour la Palestine.
C’est le vieux jeu au cours duquel les sionistes détruisent et tout le monde s’efforce de réparer ou de payer les dégâts matériels et tout indique que la Maison Blanche n’est pas défavorable à la formation d’un gouvernement d’union nationale en Palestine, ce qui signifie que le Hamas va bientôt perdre son statut de pestiféré ‘terroriste’.

Brzezinski le répète après Blair l’étasunien, ce qui guette les US(a) c’est une insurrection des pauvres.
Il est légitime de partager ses prédictions.
Et même, il est licite de voir dans ce qui se dessine des atermoiements et lamentations des dirigeants actuels des divers pays de la planète une sidération de leurs volontés. Leurs actions n’anticipent rien depuis longtemps.
C’est en somme une sorte de vacance de pouvoir au sens le plus étymologique du terme : le pouvoir voué à l’impuissance.

À nous de le prendre, c’est beaucoup plus facile qu’il n’y paraît.

Convergence des causes
24 février 2009
 
samedi 21 février 2009
 

La quadruple défaite du génocide de Gaza







La quadruple défaite du génocide de Gaza
Ce énième fiasco, dans le pire ghetto de l’histoire de l’humanité, de la soit disant quatrième armée du monde serait drôle s’il n’était criminel, infanticide et barbare.

Peut-on se satisfaire de cet échec cuisant quand on compte le nombre de cadavres d’enfants? Oui, j’aurais préféré que les soldats sionistes (SS) n’attaquent pas, n’échouent pas, ne tuent pas autant d’enfants. Mais ils l’ont fait. Alors le devoir s’impose d’établir le bilan moral de la pire défaite de l’histoire de la colonie Israël, et de s’en réjouir, de la chanter en l’honneur de tout ces petits martyrs. En l’honneur de ces centaines d’enfants broyés sous les bottes, les chenilles de chars et les bombes des réservistes sionistes, dont de nombreux français (salut Klarsfeld, salut Shalit, salut Sarko, salut Couche…), en l’honneur de ce millier de cadavres de civils, en l’honneur de ces milliers de blessés dont une large partie meure faute de soins appropriés dans les jours et les semaines à venir, ou seront, dans le meilleur des cas, handicapés à vie, en l’honneur de ce peuple qui préfère mourir debout plutôt que de vivre à genoux, en l’honneur de ce peuple qui grelotte de froid et de peur, qui meurt doucement de faim et d’empoisonnement à l’uranium. En l’honneur de ce peuple qui inlassablement n’oublie ni de se battre ni de prier. Qu’Allah jette mon propre peuple en enfer, car nous ne sommes pas digne de côtoyer au paradis les héros et les martyres de Gaza.

Petit peuple opprimé provoquant une quadruple défaite à la quatrième armée du monde: défaite militaire, défaite politique, défaite morale, défaite historique!

Défaite militaire : Si l’on compare l’immensité des moyens, l’immensité des soutiens, la longue préparation, l’incroyable technologie, la longueur du combat, la petitesse de l’objectif, la faiblesse des cibles, avec la nullité du résultat on a à fêter la plus minable des défaites militaires de toute l’histoire de l’humanité. Les sionistes du 21ème siècle sont les merdes de l’histoire de la guerre.

Après trois semaines de labour d’un confetti aux bombardiers, chars, artillerie et navires lourds, de massacres au phosphore, à l’uranium et au tungstène, les SS de la colonie nazie nous prévenaient qu’ils allaient mettre en œuvre leur fameuse phase trois qui était d’investir GAZA. Non mais, vous allez voir ce que vous allez voir! Une semaine de combats de rue pour reconnaître qu’ils étaient toujours bloqués à 1 kilomètre du centre ville, c’est à dire qu’ils n’avaient « conquis » que 5 kilomètres de territoire depuis leur frontière en trois semaines de génocide. Même en 2006, au Liban, ils avaient fait mieux face au Hezbollah en conquérant 20 kilomètres…pendant seulement trois semaines il est vrai !
« Retenez-moi, où je lui casse la gueule » éructent les alcooliques des soirées de beuveries de Tel Aviv…

Il n’y a pas eu d’armée en face. Soumis à un blocus depuis 60 ans, sans état, avec des cadres qu’on assassine indéfiniment, sans armée, sans aviation ni marine, cachés dans des trous tels des rats, sous-alimentés, sans soins, humiliés sans cesse, trahis par la communauté internationale, les pays arabes et y compris par les leurs, armés de mitraillettes et d’improbables roquettes artisanales, le peuple résistant fait face, fait front et emporte la victoire. L’objectif militaire déclaré était l’extermination du Hamas et la fin des tirs de roquettes sur les colons sionistes, cet objectif n’est et ne sera jamais atteint. Ils peuvent d’ailleurs conquérir le centre du ghetto autant de fois qu‘ils le veulent, ou plutôt qu’ils le peuvent, les résistants appliquent une guérilla qui ne tient aucunement compte des positions. La défaite militaire fut écrasante.

Les nouvelles phases de négociations de l’armée nazi-sionistes sont autant d’aveux des échecs des « phases » précédentes. Une stratégie de l’échec, rien de plus, amorcée d’ailleurs il y a quelques années lors de la construction du mur de la honte. Lao Tseu, il y a plusieurs siècles, expliquait déjà que celui qui n’avance plus…recule! Le mur des nazi est un tel aveu d’impuissance…comment le peuple des colons sionistes peut-il encore croire aux mensonges de ses élites, cela restera toujours un mystère pour moi. (il en est de même pour le peuple français, allias des droits de l’homme)

Défaite politique : un des objectif politique déclaré du carnage aveugle fut donc la disparition du Hamas, élu démocratiquement faut-il le rappeler. Les bilans des martyrs semblent démontrer que cet objectif n’est pas atteint loin de là. Il se peut que 200 résistants, cadres et combattants, aient été mis hors de combat sur les 7000 victimes tuées et blessées. Le Hamas a déjà subit plusieurs années d’assassinats ciblés et de bombardements meurtriers, et s’est toujours renouvelé aussi rapidement qu’il a été décimé. La stratégie politique et l’organigramme du Hamas n’ont jamais été mis en défaut par les attentats d’Israël. Pire, ou mieux, jamais le Hamas n’a eu si bonne image auprès de l’opinion mondiale comme de l’opinion palestinienne ou arabe en général. A chaque bombe le Hamas gagne de nouvelles recrues. Un peu comme le Hezbollah au Liban qui est rejoint depuis sa victoire par des milices sunnites ou chrétiennes, et qui est devenu un acteur incontournable du paysage politique libanais, respecté de tous. Chaque jours les cadres du Hamas apparaissent à la télévision, narguent et menacent, dirigent et négocient jusqu’en Égypte malgré le blocus. La décision finale d’un cessez le feu appartient au Hamas. Le gouvernement colonial qui a lancé l’offensive vient d’être battu aux élections tandis que le Hamas, sorti renforcé par sa victoire, se prépare à rafler la Cisjordanie aux prochaines élections palestiniennes.

Défaite morale : De part le monde entier des manifestations de soutien au peuple palestinien enterrent définitivement la bonne image dont jouissait la colonie Israël grâce à la propagande de ses collabos installés dans les états et médias de quasiment tout les pays significatifs. Des juifs, des chrétiens, des musulmans, des athées marchent main dans la main en scandant « Israël assassin ». Des millions, sûrement même des milliards d’êtres humains ont aujourd’hui un avis négatif à l’encontre d’Israël. La qualification sulfureuse d’antisémitisme qui empêchait de critiquer Israël n’as plus d’effet sur les peuples du monde. Tout le monde en à marre d’Israël, de ses horreurs et de ses crimes impardonnables. Je témoigne que dans mon entourage, des gens biens culpabilisés depuis 60 ans par la Shoah, qualifient aujourd’hui les méthodes d’Israël de méthodes nazies. Être antisémite est un crime, être pro-sioniste c’est pire…

Aujourd’hui, acculés à une fuite en avant suicidaire, de sionistes placent l’extrême droite au pouvoir…le monde vomit sur Israël. Y compris le Fatah dont le dirigeant qui voudrait sauver son fauteuil et sa tête face au Hamas vient d’annoncer qu’il ne négociera pas avec un gouvernement qui veut la guerre. Chaque jour un nouvel état expulse les ambassadeurs israéliens. Les états arabes doivent donner le change à leurs peuples de plus en plus remontés et se porter en faux contre les néo-nazi du 21ème siècle. Les effets du Boycotte citoyen mondial, conjugués à la crise, s’étendent et se font sentir chaque jours en Israël qui tombera en faillite comme les US et la Grande Bretagne avant la fin de l‘année 2009. Les sionistes sont dénoncés à la vindicte publique en europe. Dieudonné remplit les salles et Arthur accumule les fermetures.



Défaite historique: l’aube du 21ème siècle cumule les défaites des régimes sionistes et néo-cons (administration Obama comprise) en Irak, en Afghanistan, au Liban, et donc même dans le ghetto de Gaza face à des peuples désarmés, désorganisés, divisés. Encore une fois si ce n’était criminel ce serait drôle…ridicule!
Un cap est définitivement franchit. Les peuples n’ont plus peur du fascisme contemporain et ce grâce aux libanais et aux palestiniens. Quoi? Le Hezbollah et le Hamas ont tenus, et l’Iran ou le Pakistan fléchiront? Quelques soient les cibles à venir, Pakistan pour Obama, Iran pour Nethanyaou, ce sera la branlée finale, la défaite de trop.

Défaite, défaite, défaite, défaite…comme tout les fascismes de l’histoire, l’aventure criminelle sioniste est engagé sur une pente dont elle ne se relèvera pas.



Que chacun prenne ses responsabilités devant l’histoire et accompagne le mouvement.
Boycotte et résistance
Jusqu’à la victoire!

Quoi les palestiniens meurent et le peuple français, allias des droits de l’homme, se branle devant la télé ? Hoo les banlieues, réveillez-vous, c’est l’histoire de votre siècle qui vous le commande! Hoo les guadeloupéens, vous manifestez pour 200 euros, et rentrerez sagement laissant massacrer vos frères opprimés de l‘autre côté du monde? Hoo les ouvriers, vos impôts payent les guerres (36 milliards d‘euros par an!) Hooo les musulmans de France, n’avez-vous pas peur des versets 71 à 75 sourate 4?

Vincent Després Levard
Fraternités des Ignorants
fraternitesdesignorants@laposte.net

Samedi 21 Février 2009
fraternitesdesignorants@laposte.net
 
mercredi 18 février 2009
 
Lettre au CRIF de l’UJFP




Les masques sont tombés et maintenant, ça suffit ! Lettre ouverte à Mesdames et Messieurs les dirigeants du CRIF

par UJFP

Le 7 février 2009

Vous n’avez absolument aucun droit de parler, ni en notre nom ni au nom de tous les nôtres qui ont été parqués dans les ghettos, assassinés dans les pogroms, anéantis dans les camps de la mort, mais qui aussi ont été de toutes les luttes, de celles de l’Internationale pour un monde meilleur à celles de la Résistance à l’envahisseur nazi, contre le colonialisme et pour la liberté, la justice, la dignité et l’égalité des droits.

Vous avez applaudi, encouragé les crimes de l’armée israélienne écrasant sous les bombes la population dans ce que vous appelez « entité hostile », réduisant en tas de gravats ses maisons, dévastant ses cultures, prenant pour cible les écoles, les mosquées, les hôpitaux les ambulances et même un cimetière....Dès lors vous vous êtes placés dans le camp des tenants de l’apartheid, des oppresseurs et des nouveaux barbares , et le sang de leurs victimes rejaillit sur vous.

Ce faisant, vous avez perdu tout sentiment humain, toute compassion devant cette détresse, vous nous avez outragés et salis en assimilant tous les Juifs à des supporters d’une bande de criminels de guerre comme vous avez déshonoré la mémoire de Rachi, d’Edmond Fleg, d’Emmanuel Lévinas et de tant d’autres, enfin de tout ce que le judaïsme français comportait de richesse humaine, d’intelligence et de lumières.

Vous avez voulu faire d’un conflit colonial et géopolitique un conflit communautaire et en prétendant que « 95 % des Juifs français approuvent l’intervention israélienne », vous attisez l’antisémitisme dont vous prétendez vous inquiéter de la résurgence, en pompiers pyromanes.

Non Mesdames et Messieurs les dirigeants du Conseil soi-disant « Représentatif » des Institutions juives de France, vous ne représentez rien pour nous, sinon les zélateurs d’une abjecte boucherie.

Articles de UJFP publiés par Mondialisation.ca

http://www.mondialisation.ca/index.php ?context=va&aid=12236

http://www.ujfp.org/modules/news/ar...

 
lundi 16 février 2009
  Les blessures de Gaza

Les blessures de Gaza

The Wounds of Gaza

dimanche 15 février 2009 par René Balme

par les Drs Ghassan Abu Sittah et Swee Ang
2 février 2009
on The Lancet on-line

traduit de l’anglais par Marcel Charbonnier

Deux chirurgiens britanniques, le Dr. Ghassan Abu Sittah et le Dr. Swee Ang, ont réussi à entrer dans la bande de Gaza durant l’invasion israélienne. Ils décrivent ici ce qu’ils ont vécu, partagent leur vision des choses et concluent que la population de Gaza est extrêmement vulnérable et sans défense, dans l’éventualité d’une nouvelle attaque militaire.

Les blessures de Gaza sont profondes, et multicouches. Faut-il rappeler le massacre à Khan Younis, en 1956, qui fit 5 000 victimes, ou l’exécution de 35 000 prisonniers de guerre par Israël, en 1967 ? Ou encore les blessures de la première Intifada, la désobéissance civile d’un peuple occupé à l’encontre de ses occupants ayant entraîné un nombre énorme de blessés et des centaines de morts ? Nous ne saurions non plus mettre de côté les quelque 5 420 blessés, dans le seul sud de la bande de Gaza, depuis l’année 2000. Non, ce dont nous parlerons ici, c’est « seulement » de l’invasion déclenchée par Israël le 27 décembre 2008.

Sur la période allant du 27 décembre 2008 jusqu’au cessez-le-feu du 18 janvier 2009, on estime que c’est environ un million cinq-cent-mille tonnes d’explosif qui ont été lancées sur la bande de Gaza. Gaza mesure une quarantaine de kilomètres de longueur, sur quinze de largeur, et un million et demi de personnes y vit. Cela en fait la région la plus densément peuplée du monde. Avant cette guerre, Gaza avait été soumise à un blocus total et affamée durant cinquante jours. En réalité, depuis les élections (législatives) palestiniennes (remportées par le Hamas, ndt), Gaza a été soumis à un blocus partiel ou total depuis plusieurs années. Durant la seule première journée de l’invasion, ce sont 205 personnes qui ont été tuées.

Tous les commissariats de police de la bande de Gaza, sans aucune exception, ont été bombardés, de nombreux policiers ayant été tués. Les forces de police une fois anéanties, l’attention se focalisa sur les cibles non gouvernementales. Gaza a été bombardé du ciel par des avions F-16 et des hélicoptères Apache, et bombardé depuis la mer par des vedettes israéliennes, ainsi que depuis le sol par l’artillerie des tanks. Beaucoup d’écoles ont été réduites à des tas de gravats, dont l’American School de Gaza, quarante mosquées, des hôpitaux, des bâtiments de l’Onu et, bien entendu, 21 000 appartements ont été touchés, dont 4 000 ont été totalement détruits. Le nombre des sans abri est aujourd’hui estimé à 100 000 personnes.

Les armes israéliennes

Mis à part les bombes conventionnelles et les bombes à haute puissance de déflagration, les Israéliens ont utilisé des armes non-conventionnelles, dont on peut identifier au moins quatre catégories différentes :

1 - Les bombes à sous-munitions et les obus au phosphore

Les bombes au phosphore lancées par les Israéliens ont été décrites par des témoins oculaires comme des bombes explosant à haute altitude, dispersant un large parapluie de petites bombes au phosphore, qui touchent une très large zone au sol.

Au cours de l’incursion terrestre, des témoins oculaires décrivent les tanks pilonnant les maisons d’habitation tout d’abord au moyen d’obus conventionnels. Les murs une fois démolis, une deuxième sorte d’obus – des obus au phosphore – sont alors tirés à l’intérieur des domiciles. Ils sont utilisés de manière à ce que le phosphore explose et carbonise à la fois les occupants et les locaux. Beaucoup de corps carbonisés ont été retrouvé au milieu de particules de phosphore en fusion dont la combustion se poursuivait.

Un sujet de préoccupation, c’est que le phosphore semble être utilisé par les Israéliens après avoir été mélangé à un agent stabilisant spécial. Cela a pour effet que le phosphore, étant plus stable, ne se consume pas totalement. Des résidus jonchent toujours les champs, les espaces de jeu des enfants et les cours des immeubles. Ils s’enflamment spontanément lorsque de très jeunes enfants, par curiosité, les ramassent, ou ils dégagent des fumées dangereuses quand les paysans retournent dans les champs pour les irriguer. Une famille de paysans, retournée dans son champ à cette fin a été exposée à des nuages de fumée produisant des saignements de nez. Ainsi, les résidus d’un phosphore vraisemblablement traité au moyen d’un produit stabilisateur agissent, eux aussi, à l’instar d’armes anti-personnel contre des enfants, rendant le retour à la vie normale difficile, un accident étant toujours possible.

Les chirurgiens ayant opéré dans les hôpitaux ont eux aussi fait état de cas dans lesquels, après une laparotomie de première intention, pour traiter des blessures relativement peu étendues comportant une contamination minimale (par le phosphore, ndt), ont constaté, après une deuxième laparotomie de vérification, l’augmentation des zones de nécrose des tissus à environ J+3. Certains patients sont devenus alors très gravement malades, et à environ J+10, ces patients nécessitant une troisième vérification de leurs plaies présentaient des nécroses massives du foie. Cela pouvait, ou non, s’accompagner d’hémorragie générale, de défaillance rénale ou/et cardiaque, entraînant le décès. Bien que l’acidose, la nécrose hépatique et l’arrêt cardiaque subit dû à l’hypocalcémie soient des complications connues de l’intoxication au phosphore blanc, il est pour l’instant impossible d’attribuer ces complications au seul phosphore.

Il est vraiment urgent d’analyser et d’identifier la nature réelle de ce phosphore modifié, au regard de ses effets à long-terme sur la population de Gaza. Il est également urgent de collecter et de détruire les résidus de phosphore qui jonchent la totalité de la bande de Gaza. Etant donné que ces résidus produisent des fumées toxiques lorsqu’ils rentrent en contact avec de l’eau, dès les premières pluies, toute la région sera polluée par les émanations d’acide phosphorique. Il faut mettre en garde les enfants contre les dangers qu’ils encourent encore à toucher, voire pire, à manipuler, ces résidus phosphoreux.

2 – Les bombes d’armes lourdes

Le recours à des bombes [de destruction massive] dites DIME (dense inert material explosives)(explosifs à matériaux inertes denses) est évident, même si l’on ne peut assurer que de l’uranium appauvri ait été utilisé, dans le sud de la bande de Gaza. Dans les zones civiles, des patients survivants ont été retrouvés avec les membres amputés par les bombes DIME, les moignons, comme coupés à la guillotine, ne saignant pratiquement pas. Les éclats et les shrapnels de ces projectiles sont extrêmement denses.

3 – Les bombes à pulvérisation de carburant, dites « bombes à vide »

Des « bunker busters », ces bombes capables de détruire des bunkers en béton profondément enterrés, ont été utilisées. Certains immeubles, en particulier celui, de huit étages, du bâtiment des Sciences et de la Technologie de l’Université Islamique de Gaza, ont été réduits à des piles de décombres ne dépassant pas un mètre – un mètre et demi de hauteur.

4 – Les bombes silencieuses

La population de Gaza nous a fait état de bombes pratiquement silencieuses, extrêmement destructrices. La bombe arrive, comme un projectile silencieux, produisant tout au plus un sifflement, produisant une large zone où tous les objets et tous les être vivants sont vaporisés, sans laisser la moindre trace. Nous ne connaissons pas d’arme conventionnelle produisant de tels effets, et nous envisageons donc la possibilité que de nouvelles armes à particules aient été testées.

Les exécutions

Des survivants décrivent des tanks israéliens arrivant devant des maisons et demandant aux habitants d’en sortir. Des enfants, des personnes âgées et des femmes, qui sortaient parfois de ces maisons, étaient alignées contre un mur et immédiatement mitraillées et tuées. Des familles ont ainsi perdu des dizaines de leurs membres au cours de telles exécutions collectives. La prise pour cible délibérée d’enfants sans défense et de femmes a été dûment documentée par des associations de défense des droits de l’homme dans la bande de Gaza, tout au long du mois écoulé.

Des ambulances prises pour cibles

Treize ambulances ont fait l’objet de tirs, les conducteurs et des secouristes ayant été tués alors qu’ils procédaient à des secours et à des évacuations de blessés.

Bombes à fragmentation (Cluster bombs)

Les premiers patients atteints par des sous-munitions (de bombes à fragmentation) ont été amenés à l’Hôpital Abu Yusef Najjar. La moitié des tunnels ayant été détruits, Gaza a perdu une part importante de sa ligne de survie. Ces tunnels, en effet, contrairement à l’idée répandue, ne servent pas à acheminer des armes, même si des armes légères ont pu faire l’objet d’une contrebande par ce canal. Toutefois, ils représentent le principal moyen d’acheminer de la nourriture et du carburant à Gaza. Les Palestiniens ont d’ores et déjà recommencé à creuser de nouveaux tunnels. Toutefois, il est désormais certain que des bombes à fragmentation ont été lancées sur la zone frontalière de Rafah, et que l’explosion de la première de ces bombes a été déclenchée précisément par des travaux de creusement d’un tunnel. Cinq patients brûlés ont été hospitalisés, après avoir déclenché accidentellement une machine infernale du type « booby trap » [il s’agit de mines, dispersées par le container d’une bombe à sous-munition, qui explosent lorsque quelqu’un marche dessus, ndt].

Tribut mortel

A la date du 25 janvier 2009, le nombre des tués était estimé à 1 350, ce nombre ne cessant d’augmenter jour après jour. Cela est dû aux blessés très grièvement atteints, qui continuent à mourir dans les hôpitaux (60 % des tués étaient des enfants).

Les blessés graves

On relève 5 450 blessés graves, dont 40 % d’enfants. Il s’agit principalement de patients polytraumatisés et de grands brûlés. Les blessés ne souffrant « que » de fractures et capables de marcher ne sont pas inclus dans ces chiffres.

Au travers de nos conversations avec des médecins et des infirmiers et infirmières, les mots « holocauste » et « catastrophe » sont revenus avec insistance. Les personnels médicaux portent tous le traumatisme psychologique d’avoir dû vivre le mois écoulé dans cette situation, d’avoir eu à faire face à des dizaines de blessés engorgeant leurs chambres et leurs salles d’opérations. Beaucoup de patients sont morts dans les services d’urgence, tandis qu’ils attendaient un traitement impossible. Ainsi, dans un hôpital de district, un chirurgien orthopédiste a dû effectuer treize fixations externes, en moins d’une journée.

L’on estime que, sur le nombre total des blessés graves, 1 600 sont mutilés et resteront handicapés à vie. Il s’agit d’amputés, de personnes ayant été atteintes à la colonne vertébrale, de grand brûlés qui souffriront de cicatrices invalidantes.

Des facteurs spécifiques

Le tribut des morts et des blessés est particulièrement élevé, à la suite de cette récente agression, en raison de plusieurs facteurs :

Aucune échappatoire possible : Gaza étant totalement cernée par l’armée israélienne, personne ne pouvait échapper aux bombardements ni à l’invasion terrestre. Il n’y avait, tout simplement, aucune échappatoire. Et à l’intérieur de la bande de Gaza elle-même, les déplacements du nord vers le sud étaient impossibles, les tanks israéliens ayant coupé la moitié nord de la bande de Gaza de la moitié sud (trois sections ont même été évoquées, ndt).

Il faut comparer cette situation avec celle qui avait prévalu au Liban en 1982 et en 2006, la population ayant pu, au Liban, fuir des zones de bombardement intense et passer à une zone de calme relatif – à Gaza, cette option n’existait pas.

A- La densité de la population

Gaza est très densément peuplé. Il est insupportable de constater que les bombes utilisées par Israël ont été des bombes de précision. Ces bombes ont un taux d’impact de 100 % sur des buildings bondés de gens. Nous citerons les exemples du marché central, des commissariats de police. Des écoles, des immeubles de l’Onu, utilisés comme des abris (en principe) sûr, des mosquées (quarante d’entre elles ont été détruites) et les maisons et appartements de familles qui se croyaient en sécurité, dès lors qu’il n’y avait pas de combattants chez elles, ainsi que des appartements situés dans des étages élevés des tours d’habitation ont été visés, une seule bombe détruisant plusieurs familles à la fois. Ce modèle de prise systématique et constante des civils pour cibles laisse soupçonner que les objectifs militaires atteints n’étaient que des dommages collatéraux, alors que les civils étaient, quant à eux, les cibles visées en priorité.

B- La quantité et la qualité des munitions utilisées (voir ci-dessus)

C - L’inexistence de moyens de défense, à Gaza, contre les armes ultramodernes d’Israël

La bande de Gaza ne dispose ni de tanks, ni d’avions, ni de missiles antiaériens, contre l’armée d’invasion. Nous avons constaté cela de visu, lors d’un affrontement mineur au cours duquel des obus de tanks israéliens ont été échangés contre des tirs en retour palestiniens, à l’AK47. Le déséquilibre entre les armes était tout simplement accablant.

D - L’absence d’abris bien construits, pour les civils

Malheureusement, même des abris anti-bombardements répondant aux meilleures spécifications ne résisteraient pas aux bombes perceuses de bunker (offertes à l’armée israélienne par les Etats-Unis, ndt)…

Conclusion

Etant donné tout ce qui précède, la prochaine agression contre la bande de Gaza serait tout aussi catastrophique. La population de Gaza est extrêmement vulnérable et totalement dépourvue de moyens de se défendre, dans l’éventualité d’une nouvelle agression.

Si la communauté internationale est sérieuse, comme elle le prétend, dans sa volonté d’empêcher un nombre aussi catastrophique de morts et de blessés à l’avenir, elle devra mettre au point une forme ou une autre de force défensive pour la bande de Gaza.

Sinon, beaucoup d’autres civils vulnérables continueront malheureusement à mourir.

 
samedi 14 février 2009
 
Gilad Shalit : La Grande Illusion - Une analyse du discours Par Gilad Atzmon




Voici de cela quelques jours, Noam Shalit (le « père de ») a fustigé le Hamas, au motif que celui-ci retiendrait son fils prisonnier sans raison. Miraculeusement, il a réussi le tour de force d’oublier que son fils Gilad était bel et bien un soldat combattant, qui servait en tant que gardien de mirador d’un camp de concentration, et qu’il avait été capturé dans un bunker blindé surplombant Gaza...

Le Père Shalit a ainsi enjoint au Hamas d’ « arrêter de nous prendre en otages des symboles de guerres du passé ». Il a également prétendu que le Hamas serait impliqué dans rien moins qu’une « résistance imaginaire ». Apparemment, ce sont là des déclarations vraiment gonflées, de la part d’un père supposé être extrêmement préoccupé par le sort de son fils.

La saga de Gilad Shalit est, à n’en pas douter, un cas d’étude exemplaire de l’identité israélienne. En dépit du fait que Gilad Shalit est un soldat et qu’il a été directement impliqué dans les crimes de l’armée israélienne contre une population civile, les Israéliens et les lobbies juifs, dans le monde entier, persistent à le présenter comme une « victime innocente ». Le slogan massue de la campagne pour Shalit est celui-ci : « Gilad Shalit, un être humain, un JUIF ». Alors, je me demande s’il est vraiment un simple « être humain », comme le suggère ce slogan, ou bien s’il ne s’agirait pas, plutôt, d’un Elu, comme l’implique le prédicat « juif ». Et s’il n’est qu’un simple être humain, alors, pourquoi jugent-ils bon de rajouter ce « juif » ? Que peut-il donc bien y avoir, dans ce titre de « juif », qui puisse être dans l’intérêt de la campagne pour la libération de Shalit ?

Apparemment, le recours aux prédicats « être humain » et « juif », dans une telle proximité, est tout-à-fait informatif et significatif. Dans les discours juifs et « progressiste » post-holocaustiques, « être humain » est un synonyme d’ « innocent » et « juif » est un succédané de « victime ». Par conséquent, le slogan de la campagne pour Shalit doit être compris ainsi : « LIBEREZ Gilad Shalit, la victime innocente » [ !]

A ce stade, il est loisible de se demander comment un soldat combattant, servant de garde d’un camp de concentration, peut devenir ainsi une « victime innocente » ? Apparemment, dès lors qu’il s’agit du discours israélien, peu de chose suffit. En réalité, c’est simplement une question de rhétorique.

Il est notable qu’au sein de la société israélienne, très militarisée, comme on sait, le soldat est exalté, son sang est précieux, en comparaison de celui de citoyens juifs ordinaires. Les Israéliens adorent leurs soldats, et ils pleurent toute perte de leurs forces armées avec de spectaculaires lamentations. Etant donné que ‘Tsahal’ est une armée populaire, l’amour des Israéliens pour leurs soldats peut être perçu simplement comme une autre manifestation de leur amour-propre intrinsèque. Les Israéliens, tout simplement, s’aiment eux-mêmes autant qu’ils haïssent leurs voisins [ce qui n’est pas peu dire, ndt]. En Israël, la mort en opération d’un combattant de ‘Tsahal’ reçoit généralement bien plus d’attention que celle d’un civil ayant été exposé à ce que d’aucuns qualifient de « terrorisme ».

De même, en Israël, un prisonnier de guerre de ‘Tsahal’ aura tendance à focaliser un maximum d’attention médiatique. Ron Arad, Ehud Goldwasser et Gilad Shalit sont des noms qui sont cités dans tous les foyers, en Israël, leurs noms et leurs visages sont familiers, pour tous les Israéliens, ainsi que d’autres, qui sont partis au conflit. Considérant qu’Israël est constamment en état de guerre, l’intérêt collectif outrancier pour ce militaire est plutôt énigmatique, sinon intriguant.

Dans le roman national israélien, le soldat est campé comme un être innocent, « pris » dans une guerre qu’il est condamné à mener, à son corps défendant. Le combattant israélien est un combattant qui « tire dans le tas, puis sanglote ». Dans le narratif historique et dans la mentalité bernée israéliens, les Israéliens « aspirent à la paix » et c’est, d’une certaine manière, toujours « les autres » qui apportent l’hostilité et la violence. Cette auto-intoxication sans détours est tellement imbue dans l’image que les Israéliens ont d’eux-mêmes que cela leur permet de déclencher et d’initier une guerre après l’autre, sans cesser un seul instant d’être totalement convaincus que c’est toujours les « Arabes » qui tenteraient de rejeter les Israéliens à la mer.

En ce sens, il faut voir dans la « guerre contre le terrorisme » israélienne une bataille contre la terreur, à l’intérieur des Israéliens. La bataille, constante, contre « les Arabes » est un biais qui permet de résoudre l’anxiété hébraïque auto-infligée que les Israéliens sont incapables de gérer, voire même de regarder en face. C’est précisément en ce sens que le fait de balancer des bombes au phosphore contre des femmes, des vieillards et des enfants, agit à l’instar d’une pilule collective de Valium : cela calme le mental israélien, cela apaise sa terreur intrinsèque. Tuer en masse, cela soigne l’état de terreur collective insulaire israélienne. Cela explique comment il se fait que 94 % de la population juive israélienne a soutenu le dernier génocide en date, à Gaza. Les conséquences sont dévastatrices : non seulement la majorité absolue des juifs israéliens disent NON au commandement « Tu aimeras ton voisin », mais ils disent, en réalité, OUI au crime, en plein jour.

Dans leur mentalité manipulée, les Israéliens sont poussés à des guerres « où ils n’ont pas le choix » [héb. ‘ein breira’, ndt], « à l’insu de leur plein gré », en dépit du fait qu’ils ne sont que de simples « victimes innocentes ». En réalité, cette aliénation, ou plutôt, cette dissonance cognitive, est au noyau même de l’existence israélienne anti-éthique. L’Israélien est immergé dans une notion auto-inculquée de totale innocence ; c’est en quelque sorte toujours l’Autre qui endosse la culpabilité et la faute [1]. Cette contradiction totale entre l’auto-perception israélienne, à savoir l’« innocence » et la pratique israélienne manifestée, à savoir une barbarie inouïe, peut être perçue comme une forme grave de détachement du réel, prêt à verser dans la psychose collective.

Le cas Shalit incarne très bien cette inadéquation. Sans cesse, les officiels israéliens et les lobbies juifs nous demandent de faire preuve de notre compassion à l’égard d’un soldat combattant qui servait de gardien de la plus grande prison de toute l’Histoire. Un Américain de droite, par exemple, aurait la décence de ne pas requérir notre empathie compassionnelle envers un marine US qui aurait été blessé durant son service en tant que tortionnaire à Guantanamo Bay. De même, rares sont ceux qui oseraient requérir notre empathie compatissante envers un fantassin allemand qui aurait joué un rôle similaire à celui de Gilad Shalit dans un camp de concentration, en Europe orientale, au début des années 1940. De plus, quelqu’un peut-il imaginer le genre de protestation juive que soulèverait une campagne imaginaire utilisant un slogan suprématiste du type : « Libérez Wolfgang Heim, un Etre humain, un Aryen ! » ??

Autant je comprends la grave préoccupation de Noam Shalit pour le sort de son fils, autant je ne peux que lui donner ce conseil, en espérant qu’il le prendra en considération : son fils Gilad n’est pas exactement ce qu’on pourrait appeler un ange innocent. Au minimum, à l’instar de tous les Israéliens, il fait partie intégrante du perpétuel péché israélien. Il était soldat dans une armée criminelle qui sert une cause criminelle et qui lance des guerres criminelles. Je suggère donc sincèrement à M. Noam Shalit d’envisager de modifier son discours. Il devrait laisser tomber son ton de prédicateur bien-pensant, et adopter, en lieu et place, soit la dignité, soit un appel désespéré à la merci du Hamas. Soit vous reconnaissez les exactions de votre fils et vous êtes fier de lui, en militant nationaliste juif que vous êtes, soit (mais pas les deux à la fois) vous sollicitez la clémence du Hamas. Si j’étais à sa place, je choisirais probablement la seconde option. Noam Shalit ferait bien mieux d’éliminer le mot « otage » de son dictionnaire. Ni lui ni son fils ne sont des otages du Hamas. S’ils sont otages de quelque chose, c’est d’un projet nationaliste juif qui est ne va pas tarder à attirer la pire des catastrophes sur le peuple juif. Ils sont tous deux prisonniers d’une guerre criminelle contre « ton prochain », à savoir la population civile palestinienne.

Etant donné les crimes contre l’humanité qu’Israël perpètre de manière réitérée, tout ce qui reste à faire à l’Etat juif, c’est produire un bourrage de crânes purement rhétorique qui, en effet, devient de plus en plus fallacieux et inopérant. Aussi n’ai-je pas été autrement surpris de découvrir que Noam Shalit n’est pas simplement un père en souci, c’est aussi un polémiste postmoderniste pénétré. « La résistance : contre quoi ? Contre qui ? », feint de s’interroger le père Shalit, tentant de passer par pertes et profits, sans autre forme de procès, la cause palestinienne. Vous, les gens du Hamas, vous êtes en train de nous prendre « en otages de symboles qui appartiennent, dans le meilleur des cas, aux guerres d’hier, au monde d’hier, qui a depuis lors changé au point d’en être méconnaissable ! »

M. Shalit, j’aimerais que vous nous disiez qu’est-ce qui, au juste, a « changé au point d’être méconnaissable » (si ce n’est le paysage de Gaza ?). S’il vous plaît : éclairez notre lanterne, car, tout ce que nous sommes en mesure de voir, c’est que vous-même, vous continuez à vivre sur une terre palestinienne volée, et que vous faites de l’appel biblique au pillage une réalité contemporaine dévastatrice. Ce que nous voyons, c’est que vos fils et vos filles continuent à être impliqués dans des pratiques génocidaires assassines, comme ils n’ont jamais cessé de l’être depuis soixante ans.

M. Shalit, permettez-moi de vous donner un conseil : réveillez vous, le plus tôt sera le mieux ! Il n’y a strictement rien de changé, en réalité, tout au moins, du côté israélien. Le seul changement que je sois en mesure d’apercevoir, c’est le fait roboratif que vous et votre peuple, vous ne remportez plus de victoire militaire. Certes, vous vous arrangez toujours pour tuer des enfants, des femmes et des vieillards ; certes, vous avez trouvé le moyen de lâcher des armes non-conventionnelles sur des civils habitant la région la plus densément habitée de notre planète, néanmoins, vous n’avez pas remporté la guerre. Vos campagnes militaires n’apportent strictement rien, si ce n’est la mort et le carnage. Vos agissements génocidaires meurtriers n’ont abouti à rien, si ce n’est à démasquer, d’une part, ce qu’a toujours été le projet national juif et, d’autre part, ce dont l’Israélien est capable.

Votre puissance de dissuasion imaginaire fond comme neige au soleil tandis que j’écris ces mots, et les roquettes du Hamas continuent à pilonner le sud d’Israël. Reste que l’Etat juif s’est assuré d’une position éminente d’incarnation du mal.

Si un « changement au-delà du reconnaissable » peut être décelé, c’est bien le fait qu’après Gaza, nous savons tous qui vous êtes. Et dans quel camp vous vous situez !


Note :

[1] : Les Amalécites, l’Inquisition espagnole, les nazis, les Polonais, les communistes, les Arabes, le Hamas, le Venezuela, l’Iran et, depuis peu, la Turquie.

Source : Palestine Think Tank

Traduction : Marcel Charbonnier http://ism-france.org/news/article.php ?id Gilad Atzmon - Gilad Shalit : The Grand Illusion

http://www.alterinfo.net/Gilad-Shalit-La-Grande-Illusion-Une-analyse-du-discours-Par-Gilad-Atzmon_a29689.html ?preaction=nl&id=4107529&idnl=45636&

 
jeudi 12 février 2009
 
Un article de Jean Bricmont


Sur le retour du ni-ni, l’islamisme et l’antisémitisme dans les manifestations


Ce texte est en partie une réponse à une Carte Blanche « Le pouvoir aux « barbus » ? Non merci ! », publiée en Belgique (Le Soir), suite à des manifestations concernant Gaza (*).
8 février 2009


Il y a une spécialité dans certains mouvements de gauche ou pacifistes qui consiste, lors de chaque conflit, à se rabattre sur le ni-ni. Ni Milosevic, ni Otan, ni Bush ni Saddam et, aujourd’hui, renvoyer dos-à-dos Israël et le Hamas ou le Hezbollah. Dans tous les cas, le problème est triple :

- On ignore la différence dans les rapports de force.

- On met sur le même pied l’agresseur et l’agressé.

- Et, ce qui est le plus important, on se place comme si nous étions en dehors des conflits, au-dessus de la mêlée, alors qu‘évidemment nos gouvernements ne le sont pas.

Dans le cas du conflit à Gaza, la version dominante du ni-ni consiste à condamner à la fois les tirs de roquettes du Hamas et la réponse d’Israël, parfois jugée disproportionnée. Le mot "disproportionnée" est lui-même absurdement disproportionné par rapport à l’écart des forces en présence. D’un côté, il y a une force armée nationale ultrasophistiquée. Lorsque cette force attaque, elle le fait pour détruire des infrastructures et terroriser toute une région par la démonstration de sa supériorité militaire. De l’autre, il y a quelques fusées artisanales qui sont lancées vers Israël, sans espoir de gagner une bataille, mais plutôt pour signaler désespérément qu’un peuple dépossédé, enfermé et oublié existe toujours. Les tirs de roquettes n’étant qu’un moyen de cogner à la porte d’une prison, l’agresseur est avant tout celui qui a emprisonné injustement tout un peuple, le privant depuis des décennies d’autres moyens de faire reconnaître son existence. Les gens qui lancent ces roquettes sur Israël sont souvent des descendants de ceux qui ont été chassés de leurs terres en 1948. Les roquettes sont l’écho de cette dépossession datant maintenant de soixante ans. Tant que ce fait fondamental n’est pas pleinement reconnu, et il ne l’est presque jamais en Occident, il est impossible d’avoir une vision réaliste de la profondeur du problème.

Celui-ci provient en réalité des principes sur lesquels Israël est fondé, à savoir qu’il est légitime pour certaines personnes, en vertu d’une propriété acquise à la naissance (être « juif ») d’occuper la terre d’autres personnes auxquelles les hasards de la naissance n’ont pas conféré cette propriété. Que l’on invoque la Bible ou l’holocauste comme justification plus directe de cette occupation ne change rien à son caractère intrinsèquement raciste, c’est-à-dire fondé en fin de compte sur une distinction importante faite entre les êtres humains et liée uniquement à leur naissance.

Cet aspect raciste est évidemment présent à l’esprit des victimes et de tous ceux qui s’identifient à eux-surtout les populations du monde arabo-musulman et une partie du tiers-monde, pour qui le projet sioniste rappelle douloureusement des expériences antérieures du colonialisme européen, mais il n’est pratiquement jamais intégré au débat en Occident. Il faut souligner qu’il s’agit ici d’un racisme institutionnel, c’est-à-dire lié aux structures d’un état, ce qui est très différent du racisme « ordinaire », celui, malheureusement fort répandu, mais souvent passif, qui existe dans l’esprit de beaucoup d’individus. Et c’est le racisme d’état qui est en général considéré comme étant « d’extrême droite », « incompatible avec nos valeurs », « contraire à la modernité et à l’esprit des Lumières ». C’est ce racisme qui menait à la condamnation générale de l’Apartheid en Afrique du Sud et de son idéologie. Mais ce n’est pas le cas pour le sionisme, qui est pourtant l’idéologie qui légitime ce racisme institutionnel. Malheureusement, c’est souvent la gauche occidentale qui, tout en étant la plus prompte à dénoncer en général le racisme d’état, est la plus portée à faire une exception pour "l’Etat juif".

De plus, tout le discours dominant sur ce conflit est indirectement contaminé par la vision raciste de départ :

- Toutes les parties et tous les intellectuels ou commentateurs « respectables » doivent, avant toute autre chose, reconnaître « le droit à l’existence d’Israël », mais l’expression « droit à l’existence de la Palestine » est pratiquement inexistante. Pour ce qui est des Palestiniens, leur État, à supposer qu’il y en ait un jour un, résultera non d’un droit, mais d’une négociation ; et encore, d’une négociation avec un partenaire palestinien « responsable », c’est-à-dire reconnaissant comme préalable à toute discussion le droit à l’existence de son adversaire, lequel ne lui reconnaît nullement un tel droit.

- N’importe quelle personne d’origine juive a le droit de s’installer en Israël mais les non-juifs qui en ont été chassés en 1948 ou après, ainsi que leurs descendants, ne peuvent pas le faire. Même dans les Territoires dits palestiniens, leurs déplacements d’un endroit à l’autre sont fortement limités.

- Le Hamas et le Hezbollah doivent êtres empêchés de se réarmer, mais Israël peut recevoir des Etats-Unis, gratuitement, toutes les armes souhaitées.

- Israël est constamment célébré comme étant "la seule démocratie au Moyen-Orient”, mais les élections libres des Palestiniens sont ignorées.

- Les Palestiniens doivent « renoncer à la violence, » mais pas Israël.

- L’Iran ne peut posséder d’arme nucléaire, mais Israël bien.

Toutes ces différences de traitement reposent en fin de compte sur l’idée que l’entreprise initiale de colonisation était légitime, ou qu’elle appartient au passé et qu’il n’est pas souhaitable d’en reparler ; mais les deux attitudes reviennent à nier l’humanité pleine et entière des victimes, ce qui nous ramène à la question du racisme. Car imaginons quelle serait la réaction européenne si l’État d’Israël avait été créé, mettons, dans une partie des Pays-Bas ou de la Côte d’Azur, en en faisant fuir une fraction importante des habitants.

Ces deux poids deux mesures se retrouvent à tous les niveaux dans le discours dominant, par exemple lorsqu’on répète qu’il ne « faut pas importer le conflit » en France, comme si le fait que presque toute la classe politique française accepte de se faire sermonner, lors du dîner annuel du CRIF, sur son attitude supposée pro arabe, ne constituait pas déjà une « importation du conflit », mais unilatérale, en faveur d’Israël.

Le discours qui stigmatise l’extrême droite souffre également de ce deux poids deux mesures ; en général, ce discours vise l’extrême droite française traditionnelle, dans ses différentes variantes, ou les islamistes, mais jamais le sionisme. En fait, une bonne partie de la gauche politique et intellectuelle adopte, sur la question de la Palestine, une position implicitement raciste qui serait considérée comme d’extrême droite si elle avait concerné l’Afrique du Sud à l’époque de l’Apartheid.

La gauche attaque souvent en grande pompe une extrême droite, certes désagréable, mais faible et marginale (c’est bien pour cela qu’on peut l’attaquer) tout en étant, au mieux, passive face à une autre extrême droite (le sionisme), qui, elle, est soutenue militairement et diplomatiquement par la plus puissante démocratie au monde.

Une façon de tenter de faire taire les protestations contre la politique israélienne consiste à dénoncer l’antisémitisme dans les manifestations, ainsi que l’identification entre Israël et nazisme. Évidemment, cette dernière comparaison est excessive, mais tout le monde commet ce genre d’excès, tout le temps. Quid de « CRS-SS » (en Mai 68, combien de morts, comparé à Gaza) ? Ou d’Hitlerosevic ? Ou de Nasser, le Hitler sur le Nil (en 56) ? Pourquoi des supporters d’Israël peuvent-ils constamment identifier le Hamas ou l’Iran à Hitler et l’excès inverse serait interdit ? On pourrait répondre que cela devrait l’être à cause de ce que les Nazis ont fait aux juifs. Mais ce genre de considérations n’a jamais empêché de comparer aux Nazis les Soviétiques ou les Serbes, qui ont aussi beaucoup souffert pendant la guerre. Moins que les juifs sans doute, mais à partir de quel niveau de souffrance les excès deviennent-ils inacceptables ? Plus fondamentalement, à partir du moment où la nazification de l’adversaire est l’arme idéologique principale de l’Occident et d’Israël, il est inévitable que cette arme soit retournée contre eux quand l’occasion s’en présente.

Pour ce qui est de l’antisémitisme, il ne faut pas oublier que la politique israélienne se fait au nom d’un État qui se dit juif, et qu’elle est fortement soutenue par des organisations qui disent représenter les juifs (à tort ou à raison). Comment espérer éviter, dans ce climat, que beaucoup de gens ne deviennent anti-juifs ? C’est en demander un peu trop à la psychologie humaine. Pendant la guerre, la plupart des habitants des pays occupés étaient anti-allemands (contre les « Boches »), pas seulement antinazis. Pendant la guerre du Vietnam, les opposants étaient souvent anti-américains pas seulement opposés à la politique US (et c’est encore la même chose maintenant par rapport à leur politique au Moyen-Orient). Il est absurde d’espérer que les gens se fassent la guerre tout en ne se haïssant pas, en respectant les droits de l’homme, et en étant de bons antiracistes. Et comme le conflit est importé, depuis longtemps, dans le discours médiatique et l’action politique, il y a bien ici une guerre idéologique dont les effets prévisibles sont exactement ceux que l’on déplore.

On ne peut pas non plus demander aux opposants à Israël de faire la distinction entre juifs et sionistes alors que le discours dominant ne le fait presque jamais (du moins quand cette identification permet de présenter Israël comme un pays éternellement « victime » ou « paria »).

De plus, comment veut-on qu’une population qui est sans arrêt diabolisée, ridiculisée, insultée, parce que, en tant que musulmane, elle n’aurait rien compris à la démocratie, aux droits de l’homme, aux droits de la femme, et serait "communautariste" quand elle affiche ses convictions religieuses, ne réagisse pas avec virulence (au moins verbale) face aux massacres de Gaza ?

Ce qui précède n’est pas une « justification de l’antisémitisme » mais une observation banale sur un aspect déplaisant mais assez universel de la psychologie humaine. On pourrait ajouter que tous les discours de dénonciation et de condamnation de l’antisémitisme qui ne prennent pas en compte le contexte dans lequel celui-ci se développe ne servent à rien et sont sans doute contre-productifs, comme le sont en général les discours moralisateurs.

La situation ici est pratiquement aussi inextricable que la situation en Palestine même. Bien sûr que l’antisémitisme augmente, ainsi que l’identification communautaire, dans tous les camps. Nous sommes incapables de résoudre la situation au Moyen-Orient, mais on pourrait au moins commencer par reconnaître ici la véritable nature du problème (le racisme institutionnel d’Israël) et changer radicalement de discours. Il faudrait également mettre fin aux intimidations et aux procès (pour délit d’opinion), faire en sorte que tous puissent dire ce qu’ils pensent vraiment d’Israël et de ses soutiens, et établir l’égalité des armes dans les débats sur ce qui touche au sionisme. Il faudrait également que la politique française et européenne soit déterminée indépendamment de l’influence de groupes de pression. C’est seulement ainsi que l’on peut espérer, à terme, décommunautariser le débat et faire régresser l’antisémitisme.

Jean Bricmont
Le 8 février 2009.

 
mercredi 11 février 2009
 
par Moualek Touhami
Jeudi 5 février 2009
Holocauste palestinien :qui s'en soucie ?















Il serait intolérable, inadmissible, incompréhensible aux yeux du monde que les dirigeants terroristes israéliens ne rendent pas de comptes à la communauté internationale au vu des crimes de guerre qu'ils ont commis contre le peuple palestinien à GAZA. On ne peut pas au nom du droit de se défendre, après des ripostes provenant d'un peuple qu'on aurait auparavant soi-même attaqué - la sécurité vitale d'Israël n'a jamais été inquiétée par des tirs de roquettes artisanales - conduire une véritable punition collective, des représailles sanglantes inouïes et d'une cruauté immonde contre des enfants, des femmes, des vieillards, des malades, et procéder à des bombardements à l'aveugle, détruisant toutes les infrastructures nécessaires à une population pour sa survie. L'armée de TSAHAL dispose d'armes de destruction massive, s'en sert quand elle en a envie, et extermine tout un peuple à petit feu, quand, dans les salons parisiens, les intellectuels dissertent, froidement, sur le droit ou non légitime d'appeler cela un génocide. C'est hallucinant ! Les crimes seraient maintenant à classifier selon une échelle de grandeur déterminée par les bien-pensants de ce monde parti à la dérive. Il faut également remarquer que les dirigeants occidentaux accordent le « droit » à Israël de se défendre alors que cet Etat terroriste ne respecte aucun « droit », aucune loi humaine, ni même les résolutions du Conseil de Sécurité, organe international qui a pourtant promulgué sa création.


Devant de tels massacres, de telles exactions militaires, la population musulmane de France est, à mon avis - bravo à elle -, demeurée particulièrement calme, sage, posée et responsable. Sans doute les enseignements de l'islam, une religion qui incite a la patience, la persévérance et à garder raison en toute circonstance. L'importation en France du conflit du Proche-Orient n'est en rien imputable aux Musulmans de France ; ceux-ci sont attachés aux valeurs de la République et leur soutien aux victimes palestiniennes s'est opéré avec dignité, responsabilité, et de manière tout à fait démocratique. Par contre, les stigmatisations, perçues à travers des déclarations irresponsables émanant de hauts responsables politiques français, ainsi que de certaines associations communautaires françaises influentes, à l'encontre de la communauté musulmane française a été, une fois de plus, indigne et a profondément choqué beaucoup de Françaises et de Français. Que dire de la position officielle de la France affichée par le Chef de L'Etat, allant dans le sens d'une prise de position scandaleuse en faveur des dirigeants israéliens. Du jamais vu en France ! Il faut noter que des humanistes, dignes de ce nom, ont écrit au Président Français pour lui demander de mettre à disposition un navire hôpital afin d'y soigner les blessés palestiniens : une fin de non recevoir a été opposée à ces hommes et femmes qui ont déclaré, pour la plupart, qu'ils avaient vu, dans leurs différents déplacements à travers la Terre, des barbaries, des massacres et des crimes, mais qu'à GAZA l'horreur avait franchi une étape : celle d'une sauvagerie et d'une bestialité rarement atteintes. L'usage des bombes au phosphore, par exemple, est quelque chose de terrifiant. Pourtant, selon des sources sérieuses, des frégates françaises sont présentes sur place et renseignent les services de sécurité israéliens. La France serait-elle partie en guerre contre les Palestiniens aux côtés des dirigeants israéliens ? Dans ce cas, il faut nous le dire. Nous devons et exigeons de savoir. La France est tenue à une neutralité. Le peuple français a le droit de savoir !


Consciences du monde, vous ne pouvez pas contester au HAMAS le droit de se défendre et de résister à ses oppresseurs et ses colonisateurs : les dirigeants israéliens. Les Françaises et les Français, on le perçoit bien autour de soi, sont mal à l'aise par rapport à la position française, face à ces massacres programmés. Un peuple est exécuté, déplacé, torturé, exterminé, et la France ne s'en est pas indignée. Parce que nous dit le Chef de l'Etat : « Tout est de la faute du Hamas, un parti terroriste ! » Qui est l'occupé, qui est l'occupant ? L'Etat d'Israël, lui-même, a-t-il été créé de manière démocratique ? Peut-on le désigner comme un Etat démocratique alors qu'il a été créé par la force, à l'insu du peuple palestinien ? Qui colonise, qui est le colonisé ? Il ne faudrait pas, dans cette cruelle et dramatique affaire, que le Chef de l'Etat agisse en fonction de convictions personnelles qui seraient liées à ses affinités intimes et étroites avec les dirigeants israéliens. C'est lui-même qui claironne partout qu'il est l'ami intime d'Israël. Personne ne lui a rien demandé à ce sujet. Ce message est systématiquement lancé par le Président, à l'adresse des Juifs d'Israël, dès que le sujet du Moyen-orient est abordé. C'est là l'aveu d'une partialité, d'une préférence pour l'un des belligérants. N'est-ce pas mettre en difficulté la diplomatie française, jusque-là d'une neutralité évidente, et importer le conflit en France ? Le Président de la République est, nous ne le répéterons jamais assez, le garant de l'unité nationale. S'il sort de ce rôle fondamental, il met en danger la cohésion sociale. Plus de cinq millions de Français musulmans vivent sur le sol de France. A jouer avec le feu, on finit par se brûler... Les musulmans ainsi que toutes les femmes, tous les hommes de la planète épris de justice réclament pour les Palestiniens, dans le cadre du droit international, que leurs droits fondamentaux humains soient respectés.



Convaincre par la raison est bien meilleur que vaincre par la force ; dans le premier cas on est respecté, dans le deuxième cas on est haï. Le courage de se battre pour son honneur et sa patrie affranchit tout homme de la peur de la mort. C'est à ces axiomes que les Israéliens sont incapables d'apporter des réponses humaines et politiques ; ils n'y répondent que par la violence. Et nous savons que la violence ne règle rien, au contraire elle attise la haine.



Touhami Moualek
 
samedi 7 février 2009
 
L’Iran... dans les rangs ?

vendredi 6 février 2009 , par Makhlouq


... ou faites ce que je dis...

Crime de lèse-majesté ! Abomination ! « An(n)us » horribilis ! La République islamique d’Iran, (non pardon, le régime de Mollahs, « ça » sonne mieux à nos chastes oreilles !) vient de lancer son premier satellite. Grand Dieu ! C’en est fait de la civilisation, des civilisations, passées, présentes et à venir, du monde moderne... et du monde tout court !

L’Iran, au cri d’ « Allahou Akbar ! », Dieu est le plus grand, vient de lancer son premier satellite appelé « Omid », l’espoir.

Voici qu’en Europe, on s’inquiète, on s’agite, on transpire à grosses gouttes, on suppute, comme si le ciel allait nous tomber sur la tête. Des Musulmans possédant une rampe de lancement ? Pis encore... des intégristes ?

Mon Dieu, quel crime ! Ces fous, auraient-il, aussi, des fusées balistiques ?

Et voilà qu’on re-transpire à plus grosses gouttes, on re-suppute, on impute, on discute, on se dispute... de plus belles comme si l’État iranien était un danger en soi et que sa seule présence, sur notre misérable Terre, était déjà un crime. Pourquoi ne pas l’éradiquer alors, diraient les Siono-fascio-nazis ?

C’est ce que l’on envisagerait, et l’on ferait, à coup sûr, si l’Iran n’était déjà une puissance, d’autant plus, incontournable !

Voyez ce qui a été fait à l’Irak... pour seulement y avoir pensé !

Curieux, tout de même que, l’on s’en prenne à ce pays !

Pourtant, il n’a aucunement menacé l’Europe, contrairement à l’État intégriste rabbinique qui, lui, par l’intermédiaire de l’un de ses nazillons de service, a exprimé clairement que toutes les capitales européennes étaient à la portée des têtes nucléaires intercontinentales d’Israël.

Heureusement, encore, que le vieux continent est l’ami de l’État de l’Apartheid sinon... qu’adviendrait-il de lui !

Mais, plus curieux, et, comme s’ils étaient envoutés, aucun État européen n’a émis une quelconque remarque sur la menace, même pas voilée.

Aucun n’a réagi. Rien ! Nada ! A croire qu’Israël est l’enfant chéri de l’Europe ! Que dis-je ? C’est l’enfant gâté, même, puisqu’il détruit ce que nous finançons sans qu’on ne le sanctionne, sans qu’on ne dise mot... et sans qu’il paie ! Mieux encore, on ressert les liens avec lui comme pour l’encourager à continuer son jeu de démolition et de massacres ! Pourquoi se gênerait-il, alors, puisque nous l’y incitons ?

L’inénarrable dans l’histoire c’est que Paris s’inquiète... aussi mais, très certainement, plus que les autres, car nous savons que notre Empereur bien aimé, le Tsar Kozy Ier est aussi Vice-roi d’Israël ou coprince puisque, il n’échappe à personne, la France a pour suzerain la Démocratie rabbinique.

N’oublions pas que l’homme :

- n’a jamais condamné Israël, État belliqueux et raciste comme l’ont qualifiés tous les pays du monde à Durban, sauf ses complices ! Bien au contraire, il l’incite à la guerre en lui trouvant l’excuse de se défendre. Et, si Israël était condamné pour crimes de guerre, la position de la France serait inconfortable du fait qu’elle serait également blâmable en raison de sa complicité manifeste !

- favorise une communauté par rapport aux autres et l’affiche aux vu et su de tous, avec l’assentiment de tous. Sinon, comment interpréter que l’ancien ministre qu’il fut et le président qu’il est, s’indigne et crie à l’antisémitisme avant tout le monde alors qu’il n’en est rien ? Comment interpréter qu’il visite un Juif agressé mais jamais un Chrétien ou un Musulman... ou un simple Français, quel que soit sa religion, sa croyance ou son « incroyance » ? Mais, nous dira-t-il, ce n’est pas la même chose !

- manifeste son intérêt pour Gilad Shalit, le mercenaire franco-israélien, engagé volontaire dans l’ADL (Armée Des Lâches), reçoit son père officiellement à l’Élysée, cautionnant ainsi l’adhésion de la France à l’action du fils, alors qu’il ne tient aucun compte du sort d’un Français, Salah Hamouri, emprisonné injustement en Israël.

- n’a de politique en France qu’en fonction des intérêts d’Israël. La preuve, l’ennemi de l’État violent devient de facto notre ennemi alors qu’il n’a aucune animosité envers nous.

- permet aux Français de se rendre en Israël afin de s’engager dans l’ADL et de commettre des crimes de guerre sans être, aucunement, ennuyé par nos autorités.

Voilà pourquoi Paris s’inquiète, si ce n’est par rapport à Israël !

L’Iran n’aurait-il pas droit de se doter de satellites civils ?

Apparemment, non ! Sarkozy ne le veut pas parce que... ... Israël ne le veut pas !

 
lundi 2 février 2009
 
RELIGIONS ET CROYANCES

La radiographie des peuples dans le miroir de leurs dieux Jahvé et Allah, par Manuel de Diéguez







La radiographie des peuples dans le miroir de leurs dieux  Jahvé et Allah, par Manuel de Diéguez

Aux yeux des historiens prospectifs de l'histoire de la planète des armes et des songes, il y aura un avant Gaza et un après Gaza de la radiographie des peuples dans le miroir de leurs dieux. En lieu et place de l'affrontement prophétisé par le professeur Huddington entre l'Islam et la démocratie mondiale, une course de vitesse s'engagera entre une géopolitique de la dignité humaine dont l'élan sera nourri par la ferveur et la fureur de l'opinion publique de la planète, d'une part et, d'autre part, un Occident dont la vassalisation sous la houlette de leurs Etats républicains illustrera un culte de la "Liberté" complice d'un génocide.

Deux formes de la lente conquête de leur maturité politique par les peuples nés des idéaux de 1789 se partageront alors le destin du monde: on verra les masses arabes tenter de secouer le joug de leurs dirigeants aussi corrompus par leur piété ritualisée que le haut clergé chrétien du Moyen-âge par le trafic des indulgences, de l'autre, on verra l'Europe laïque mener le même combat contre sa classe dirigeante pourtant élue au suffrage universel. Car deux siècles après la Révolution française, le vote populaire se trouve encore si peu informé des arcanes de la politique internationale qu'il a autant de retard à rattraper dans ce domaine que les foules musulmanes rigidifiées à l'école de la falsification du Coran par leurs nababs du pétrole.

Le "génocide démocratique" de Gaza aura du moins révélé que l'obscurantisme politique des masses républicaines de l'Europe est devenu parallèle à celui des souverains arabes, qui feignent de se plier aux vrais enseignement de Mahomet, à l'image des gouvernements occidentaux, qui récitent leur credo à se prétendre les pieux serviteurs de deux déesses, la Liberté et la Justice - mais qui n'ignorent en rien qu'ils s'agenouillent seulement devant deux totems verbaux importés d'Outre-Atlantique. Les rois arabes, eux, ne sont pas encore tous entièrement placés sous le commandement direct d'un empire de Manès qui entend diriger le globe terrestre au nom du combat éternel du Bien contre le Mal.

Les peuples européens ont donc un adversaire beaucoup plus coriace à combattre et plus difficile à vaincre que les peuples du Coran, qui se trouvent encouragés à soutenir une éthique mondiale de la dignité humaine dont les massacres de Gaza ont puissamment ravivé la flamme. Comment l'Europe combattra-t-elle une servitude politique cachée sous le goupillon d'une sainteté démocratique coupable de crimes de guerre hilares? L'Amérique et l'Europe sont censées se partager les autels de la même divinité - mais comment balancer les mêmes ostensoirs sans tomber dans une confusion mentale plus épineuse à dissiper qu'au sein de l'Islam? Il appartient aux peuples du Vieux monde d'acquérir une pénétration d'esprit et une acuité intellectuelle peu communes s'ils entendent apprendre à dissocier les friandises cultuelles que leurs catéchistes de la démocratie leur présentent d'un côté des ambitions féroces dont ces mêmes bons apôtres se nourrissent de l'autre. Mais les peuples de l'Islam espèrent qu'au spectacle des exactions barbares d'Israël leurs dirigeants se trouveront bientôt contraints de se rallier à l'enseignement véritable d'Allah, tandis que l'Occident complice porte au doigt l'anneau de Gigès qui rend ses forfaits invisibles.

Mais puisque les massacres pseudo-légitimés par la pseudo-démocratie israélienne se poursuivront immanquablement au Moyen Orient, ils auront rapproché l'heure du rendez-vous de l'Histoire avec la furonculose générale dont l'anthropologie critique tente de formuler le diagnostic. Quand, en dernier ressort, l'Amérique et le Vieux Monde auront dû se résoudre à ausculter ensemble une pathologie qui interdit à l'Etat juif de jamais renoncer ni à conquérir la Cisjordanie, ni à renoncer à ses conquêtes territoriales antérieures à 1967, la planète des démocraties se trouvera au pied du mur: ou bien elle soutiendra l'axe cancérigène Washington-Tel-Aviv et elle se marginalisera sur un globe pourrissant sous l'égide des démocraties devenues purement nominales, ou bien elle basculera résolument du côté d'une nouvelle éthique internationale de la dignité humaine, afin de construire, aux côtés du monde musulman et à l'aide de la Russie, de la Chine, de l'Inde et de l'Amérique du Sud, le nouveau centre civilisateur de la planète du XXIème siècle.

L'Histoire est un mastodonte lent et aveugle. Son mufle met une vingtaine d'années à rencontrer le fleuve qui l'attend. Mais le véritable enjeu de la bucherie de Gaza est devenu visible à l'horloge du destin: si le monde ne retrouvait pas ses repères dans le pacte bimillénaire de l'Europe avec un monde en marche vers les sciences et le droit, jamais l'Europe ne redeviendra le foyer incandescent d'un nouveau centre de gravité du monde de l'esprit. Alors la planète se divisera entre la gangrène du manichéisme américain, d'un côté et, de l'autre, un "reste du monde" privé de la forge des sacrilèges créateurs sans lesquels il n'y aura plus de civilisation en marche vers un avenir iconoclaste de l'intelligence et de la pensée.

Telle est la problématique générale qui se trouve à l'arrière-plan des considérations anthropologiques qui suivent. .

1 -Penser inutilement et agir trop tard?
2 - La liberté et Allah
3 - Un Allah moqueur
4 - A la recherche d'Allah
5 - Les Isaïe d'aujourd'hui
6 - Le corps invisible de la justice
7 - Encore le verbe attendre
8 - Le vrai corps de la France
9 - Les yeux d'Isaïe de la France
10 - Monsieur le Président de la République

1 - Penser inutilement et agir trop tard

Les lecteurs de ce site ne considèrent nullement d'un œil étonné le primate quadrumane dont un certain Charles Darwin a identifié la fourrure en 1859 et dont l'encéphale se trouve irrémédiablement scindé entre deux lobes en querelle avec le monde et avec eux-mêmes: ils savent depuis longtemps que l'anthropologie politique et critique est une discipline devenue expérimentale à la suite de l'explosion de la bombe atomique sur Hiroshima en 1945. Mais soixante ans après la parution de mon modeste La Barbarie commence seulement, le laboratoire à ciel ouvert de Gaza soulève une question nouvelle, celle de savoir si le capital psychobiologique des peuples est transportable sous toutes les longitudes et les latitudes et si, dans ce cas, le climat et la configuration du sol modifient les gènes de la nation déplacée ou les laissent inchangés.

Dans l'espoir de civiliser gentiment Israël, faut-il accueillir un génocidaire et un criminel de guerre au sein de l'Europe des démocraties? Le danger de nous laisser contaminer peut-il être calculé? Que disent les pédagogues et les martyrs qui tentent de mettre les peuples et les nations en apprentissage de la pensée? Faut-il leur faire boire la ciguë ou leur demander de couper en deux l'idée de justice? On sait qu'ils sont rebelles à conclure des compromis avec les voix de l'agora. L'Europe d'une justice faisandée passera-t-elle un marché avec un gouvernement étranger qui lance des bombes au phosphore blanc sur des populations innocentes? Tout Européen n'est pas un stoïcien de l'éthique. Mais la barbarie est une gangrène des cœurs dont la contagion entraîne un cancer mortel. Aujourd'hui, l'intellectuel a pour vocation de peser la civilisation européenne à l'école de ses chancres. Le premier guerrier des incorruptibles de l'intelligence qui enseigna à "vomir la tiédeur" et qui fit débarquer le feu des prophètes dans la philosophie n'est pas un personnage de tout repos. Depuis vingt-cinq siècles, les Etats entourent cet abcès galopant de bandages.

2 - La liberté et Allah

Depuis que les apprentis des simulacres, subterfuges et stratagèmes qui servent de ressorts à la déesse Liberté ont réussi à enraciner Jahvé, le cultivateur de la Judée et de la Samarie, au milieu d'un peuple abondant de fidèles d'Allah dont la population s'élève à plus d'un milliard d'âmes dispersées sur tous les continents, mais rassemblés à l'écoute de la voix de leur prophète, demandons-nous si cette paire de géniteurs mythiques du cosmos scelleront une alliance, sinon indissoluble, du moins féconde entre leurs Ecritures respectives ou s'ils vont s'entredéchirer sans relâche en Palestine. Quelle est la complexion, donc la psychophysiologie des deux nations qui ont enfanté des divinités aussi dissemblables en apparence et pourtant conciliables, puisqu'Allah a fait droit aux vœux et même aux revendications impérieuses d'Isaïe.

Aux yeux de l'anthropologie critique, les trois dieux uniques nous livrent les prémisses de la future science de l'esprit religieux des divers peuples de la terre. Quel est le message d'Allah? Pourquoi fait-il semblant de disputer son vieux sceptre et ses écrits tardifs à son rival de l'encrier, alors que le calame féroce du Jahvé des origines s'est tellement amolli que cette idole a fini par partager les frasques de Zeus, ce qui lui a permis de féconder une mortelle et d'en faire naître un héritier qu'il immolera à sa propre gloire jusqu'à la fin du monde. Un dieu doté d'un foie, d'un estomac et d'entrailles est un demi dieu païen. Seuls trois dramaturges, Jahvé, Allah et la déesse Liberté, demeurent donc en lice. Ce trio va-t-il évoluer cérébralement et moralement sur un seul et même échiquier ou bien leur dramaturgie partagée va-t-elle poser à l'Europe la double question de savoir quelle est l'identité réelle de notre propre cosmologie mythique et si nos tréteaux des nues seront en mesure de civiliser Israël?

Quelques anthropologues de notre théâtre céleste soutiennent que Jahvé et Allah étant tous deux demeurés des célibataires obstinés, ce point commun serait suffisant pour rapprocher leurs écrits et leur ciel à tel point qu'ils pourraient réconcilier solennellement leurs arpents respectifs en Judée, puisque tous deux s'entêtent, de surcroît, à refuser d'élever leur prophète principal - Moïse et Mahomet - au rang d'une divinité et de se proclamer tout ensemble le père et le poète de leur progéniture. Mais d'autres parmi les biographes de nos héros du vide allèguent que, pour sa part, la Liberté serait devenue la Sainte Vierge de la démocratie mondiale et qu'à l'instar de son émule de Nazareth, elle aurait été conçue sans péché.

Les secrets du statut des demi dieux et des demi déesses ont longtemps posé des problèmes embarrassants à l'anthropologie critique. Mais les événements de Gaza ont ouvert un champ expérimental fructueux à cette discipline, puisqu'ils ont permis à Allah de démontrer l'immaturité théologique de sa rivale, la déesse des démocraties; car il est apparu que cette dernière se trouve ridiculement scindée par ses propres Ecritures entre Jahvé et le Coran. La preuve? Tantôt sa dichotomie cérébrale lui fait légitimer pleinement la volonté d'Israël à s'agripper au sol de ses ancêtres, donc de fonder un Etat prédateur, tantôt célébrer le droit d'Allah d'enraciner ses fidèles dans la terre de leur patrie - et cela au seul nom de la dignité humaine. Le retard théologique de la déesse Liberté résulte donc de sa schizoïdie politique: elle demeure ridiculement à califourchon entre l'universel et la terre ferme, tandis qu'Allah est un souverain de toute justice et qu'à ce titre, il légitime les patries.

3 - Un Allah moqueur

L'embryon de raison dont la classe politique des démocraties jouit à l'échelle de la planète lui permet tout juste de rassembler quelques bribes d'une véritable science de l'encéphale des peuples ; néanmoins, et malgré sa maigreur, cette discipline naissante permet d'ores et déjà de démontrer que si le peuple juif est un fauve lâché parmi les descendants longtemps endormis d'Ismaël, ces derniers sont demeurés en retard dans l'art de porter les armes d'un siècle plus meurtrier que les précédents, de se fabriquer des machines de la mort aussi ingénieuses qu'instantanées et de les transporter à toute allure d'un lopin à un autre de notre astéroïde. "L'Amérique a détruit le cerveau arabe, écrit le philosophe musulman Chahid Slimani. "Jour après jour, la cause palestinienne a été gommée de nos esprits, de nos cœurs, de nos consciences, de nos mémoires, de nos bibliothèques, de nos médias, de nos festivals, de nos musées, de nos lois, de notre horizon quotidien. " (Génocide à Gaza : Fin de la récréation arabe.) http://chahids.over-blog.com/100-comments-26612992.html )

Dans ces conditions, il paraît évident aux précurseurs d'une simianthropologie européenne qui aura brisé le berceau de la candeur renacentiste de notre civilisation que le peuple élu par son Titan du cosmos - un certain Jahvé - est voué à conquérir hectare par hectare la terre des indigènes, mais que les autochtones ne se trouveront pas longtemps réduits à se défendre avec des arcs et des flèches, parce qu'Allah l'omniscient réfutera la théologie schizoïde des démocraties de la Liberté. Comment son intelligence apportera-t-elle le soutien de sa foudre et de sa colère aux fils du géant des Sourates? Certes, la justice du monde est fantasque et changeante, certes, elle se révèle plus verbifique que toutes les idoles d'autrefois, certes, il s'agit d'une prédatrice impitoyable; mais sa faiblesse, aux yeux d'Allah, réside dans ses saintes écritures elles-mêmes, qui violent leurs propres commandements. Les idoles devant lesquelles la déesse Liberté demande que ses fidèles s'agenouillent ne sont que des héroïnes de roman - qu'on appelle aussi des principes. Mais Allah le Sage sait que la justice des démocraties n'est qu'une beauté changeante et fantasque, Allah l'omniscient sait que cette élégie sentimentale de l'Occident usurpe la tiare et le sceptre d'une civilisation privée d'ascension intérieure.

Si vous saviez combien Allah se moque des autels, des psaumes et des liturgies qui conviennent aux cantates de la Liberté européenne, si vous saviez combien Allah se marre d'une orthodoxie de la Justice qui change de bécarres et de bémols au gré des longitudes et des latitudes où elle transporte le drapeau, les ciboires et les dentelles de la démocratie, si vous saviez combien Allah se tient les côtes de rire au spectacle d'un culte de la Liberté armé de millions d'yeux aveugles et d'oreilles bouchées à la cire, si vous saviez comment Allah radiographie le langage et le style d'une Liberté aussi arythmique que le solfège des dieux des païens, si vous saviez comment Allah méprise le chaos cérébral dont témoigne la grammaire de la déesse Liberté, si vous saviez comment Allah fait la grimace quand il entend cette déesse des mécréants légitimer à la fois les droits des conquérants et ceux des premiers habitants du pays! Allah vomit la déesse des totems de la Liberté, Allah enseigne que cette déesse n'arme jamais que les derniers arrivés, Allah accuse l'idole de n'orchestrer qu'à voix basse le droit des vaincus de survivre aux côtés des vainqueurs, Allah foudroiera une Liberté qui méprise les affamés et bénit les affameurs.

Apprenons à l'écoute de l'Orphée du Coran à observer notre espèce avec les yeux d'Allah! En vérité, l'ignorance congénitale à l'Europe de la Justice nous rappelle un problème de stylistique de l'Histoire bien connu des augures antiques, celui d'apprendre à interpréter les dispositions favorables et défavorables des entrailles des évadés du règne animal. Pourquoi l'examen des viscères de leur bête du sacrifice - ils l'appellent la Liberté - les fait-il choir dans la fausse justice de leur espèce de démocratie? C'est que la Thémis des idolâtres juge qu'une véritable science du genre simiohumain devra éviter les dissonances sacrilèges. C'est pourquoi le totem de la justice des païens enseigne que notre espèce n'enfante jamais que des spécimens coulés dans un moule unique. C'est donc blasphémer, dit leur idole d'une justice faussée, de prétendre distinguer à l'œil nu les lions des gazelles. A l'entendre, les oppresseurs et les opprimés affichent des poids égaux sur les plateaux de sa balance truquée, à l'entendre, la justice doit rendre ses verdicts à l'écoute d'un fléau aimanté, à l'entendre, le juge est un saint défenseur de l'idole qui l'inspire.

4 - A la recherche d'Allah

Comment se fait-il que le peuple des justes que Jahvé avait élus parmi les justes pour l'adorer et le servir soit devenu un criminel de guerre, comment se fait-il qu'il échoue jour après jour à exterminer les peuples qu'Allah a semés en ces lieux il y a quatorze siècles seulement, comment se fait-il que les défroques et les guenilles de notre idole à nous, la Liberté, suffisent tout juste à protéger les disciples du Coran d'un massacre plus expéditif? Certes, toutes les idoles sont génocidaires en diable. Mais il se trouve que les foudres et les fulminations de la Liberté se partagent entre deux incantations aussi trompeuses les unes que les autres et de surcroît, rivales entre elles, celles des fatalistes du salut et de la damnation, d'une part, qui soutiennent mordicus - mais en se voilant la face - que l'extermination des plus faibles serait inscrite dans le Décalogue véritable, mais secret de la démocratie et que les bons sentiments font les mauvais jésuites des droits de l'homme, et celles, d'autre part, des entêtés de la grâce démocratique, qui prétendent que les fidèles du ciel d'Allah et les adorateurs de celui de Jahvé sont tous deux des violonistes en apprentissage d'une divinité en perpétuel devenir.

Mais comment le sang dont tous les cultes du monde aspergent leurs autels ne ferait-il qu'une seule coulée? Comment la Liberté reconnaîtrait-elle les siens à titre posthume si, comme l'écrit Isaïe, il existe au-dessus de Jahvé un autre Jahvé, qui aurait horreur des sacrifices? Où est-il, le maître de Jahvé, celui qui aurait dit au Jahvé d'Israël que le sang dont les mains de ses prêtres sont tachées le faisait vomir? Mais alors, le Jahvé d'Israël serait-il un petit garçon à renvoyer sur les bancs de l'école? La déesse panoculaire et panauriculaire que nous appelons la Liberté est une idole digne de celle d'Israël . Car ses carnages marient, eux aussi, les grandes orgues de la justice de l'Etat juif à la chorale criarde de ses sacrificateurs aux mains ruisselantes de sang.

5 - Les Isaïe d'aujourd'hui

Car enfin, Israël a lâché les bombes au phosphore blanc du totem Liberté sur Gaza; et cette idole du peuple hébreu immole les mêmes victimes que les prêtres de Jahvé, qui lâchent des bombes à l'uranium appauvri sur les autels d'Abraham. C'est donc que le drapeau bleu des Nations Unies ne protège les brebis des foudres d'aucune idole. Mais l'Europe d'Isaïe peut-elle accueillir avec des hosannahs le peuple de Caïn dans son sein, ou bien doit-elle le chasser de son enceinte? Que disent de Jahvé les Isaïe d'aujourd'hui?

"Voilà près de soixante-dix ans, lors de la seconde guerre mondiale, un crime affreux fut commis dans la ville de Leningrad. Pendant plus de mille jours, un gang d'extrémistes appelé "l'Armée Rouge" a pris en otage des millions d'habitants et ils ont provoqué les représailles légitimes de la Wehrmacht, car les Allemands n'ont eu d'autre choix que de bombarder la population et d'imposer un blocus qui a entraîné la mort de centaines de milliers de personnes.

Quelque temps auparavant, un crime semblable avait été commis en Angleterre. Le gang Churchill s'est dissimulé au sein de la population de Londres et il s'est servi sans vergogne de millions de citoyens au titre de boucliers humains. Les Allemands se sont vus contraints de leur envoyer les bombardiers de la Luftwaffe. Malgré leurs réticences, les Allemands ne purent empêcher que la ville fût réduite à un tas de ruines. Ils ont appelé cela le Blitz.

Tels sont les récits que l'on lirait aujourd'hui dans les livres d'histoire si les Allemands avaient gagné la guerre."

Qu'écrit encore le Jahvé d'Ezéchiel?

"Il en est allé de même concernant les autres atrocités. Sitôt mort, chaque bébé se métamorphose en terroriste du Hamas. Chaque mosquée bombardée devient une base du Hamas, chaque immeuble se change en une cache d'armes, chaque école se métamorphose en un poste de commandement du terrorisme, tout bâtiment du gouvernement civil se mue en un "symbole du pouvoir du Hamas". C'est ainsi que l'armée israélienne peut garder sa pureté, sa réputation "d'armée la plus morale au monde".

Qu'écrit encore le Jahvé de Jérémie?

"Même si l'armée israélienne tuait les membres du Hamas jusqu'au dernier, le Hamas en sortirait victorieux. Les combattants du Hamas seraient des héros de la nation arabe, des héros du peuple palestinien, des héros à imiter aux yeux de toute la jeunesse du monde arabe. Alors la Cisjordanie tomberait comme un fruit mûr entre les mains du Hamas, le Fatah sombrerait dans un océan de mépris, et les régimes arabes seraient menacés d'effondrement." (Uri Avnery, Israël face à la conscience des peuples (http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2484)

6 - Le corps invisible de la justice

Savez-vous que nos intellectuels sont inquiets et qu'ils commencent de se murmurer les uns aux autres: " Nous lancerons-nous à la recherche du corps invisible de la justice de Jahvé et d'Allah? Si nous devions échouer à interpréter l'oracle qui crie: "Justice, Justice!" dans le désert, nous nous mettrions dans le même embarras que feu les ennemis de Hitler et de Staline, dont nous savons que les uns ont dû attendre une guerre à mort pour en découdre avec la fausse justice du premier, les autres l'heure où l'Eglise de l'utopie s'est effondrée toute seule - mais ils n'ont pas réussi à autopsier le fantôme qu'ils appelaient la Justice. Que signifie le verbe "attendre" si nous attendons le personnage que nous appelons la justice?"

"Si notre corps véritable est celui de la justice d'Isaïe, d'Ezéchiel, de Jérémie et si ce corps-là est invisible, avons-nous quelque chance de le rencontrer? Car enfin, si Isaïe a parlé au nom de la vraie justice de Jahvé, alors nos idoles simiohumaines sont construites en poupées russes et Allah tue nos idoles à les rendre bien visibles en leur chair à nos yeux dessillés. De quels yeux le vrai Jahvé d'Israël est-il doté? Allons-nous jeter ce trésor-là à la poubelle, alors que tout prophète enfante un Jahvé nouveau ? Mais alors, quel Jahvé nouveau Mahomet nous a-t-il donné? Peut-être comprendrons-nous un jour la parole des Isaïe d'aujourd'hui qui disent: "En fin de compte, cette guerre est également un crime contre nous-mêmes, un crime contre l'État d'Israël." (Uri Avnery, op. cit.) Où habite-t-il, ce Jahvé-là ?

Dans le cas où le peuple élu de la Genèse serait devenu à lui-même son Isaïe, dans le cas où il incarnerait l'esprit de justice du Jahvé qu'enfantent les prophètes, qu'en serait-il de l'autre Jahvé d'Israël, celui qui coupe la gorge aux fidèles d'Allah en Judée? Et si cette chair-là du Jahvé d' Israël se faisait haïr sur tous les arpents et lopins de la terre habitée, que signifiera attendre aux yeux de l'Europe de l'esprit ? La civilisation de la Liberté et de la Justice d'Allah ne saurait attendre de protéger Caïn contre le reste du monde. Car le Jahvé d'Isaïe a écrit: "Quiconque tuera Caïn subira sept fois ma vengeance." (Genèse, 4 15) Mais cessons de légitimer le retour du tueur d'Abel sur les terres de son frère - sinon comment réfuterons-nous jamais la candeur de l'Assemblée Générale des Nations Unies qui a ouvert les portes de la Judée et de la Samarie à une nation ignorante des lois de la guerre?

Où se cache-t-il donc, le vrai corps de l'esprit de justice de Jahvé et d'Allah? Puisse un dieu de la pensée européenne courir sur les traces de la chair absente de l'esprit de justice des prophètes. Son glaive serait-il celui du totem Majorité? Mais comme ils sont falsifiés, les titres de gloire de ce faux dieu ! D'où le plus grand nombre détiendrait-il l'autorité d'Isaïe, depuis quand les foules tiennent-elle entre leurs mains le sceptre de l'esprit de justice et de vérité de Jahvé et d'Allah ? Car enfin, notre fausse justice est née de nos couperets; et les têtes coupées que nous avons fait tomber dans le panier du bourreau avaient les yeux d'Isaïe. Depuis lors, le vrai corps de notre justice est devenu tout isaïaque; et nous sommes devenus les Isaïe de la République.

Mais aussitôt la France est devenue un corps invisible; et le vrai corps de l'Europe, nous l'avons appelé une civilisation. Comment une civilisation ferait-elle tomber des têtes dans le son ? Quel est donc notre autre "corps de justice", celui de la chair de Jahvé, celui qui a coupé le cou à nos ennemis? Apprenons à reconnaître le corps de justice assassin et enragé d'Israël et apprenons à le séparer du corps invisible de Jahvé. C'est cela qui fera de nous les juges des enfers devant lesquels, selon Platon, les hommes paraissaient nus et dépouillés des affûtiaux de leur fausse justice. Selon que nous ferons entrer le corps de justice d'Isaïe ou celui d'Israël dans l'Union européenne, le destin politique de notre continent sera celui d'Abel ou celui de Caïn.

7 - Encore le verbe attendre

D'aucune nous disent : "Laissez donc cette question embarrassante aux bons soins de votre classe dirigeante. Certes, elle est aveugle et sourde. Mais sa fonction n'est-elle pas de gérer au mieux votre histoire réelle, celle que vous avez écrite à l'école de votre ignorance? Etes-vous responsable du corps invisible de la justice de Jahvé et d'Allah?" Mais si nous apprenions à devenir de vrais peseurs du corps invisible des civilisations, nous aurons des comptes à rendre sur l'agora. Acquérons donc en toute hâte le "Connais-toi" qui nous donnera les yeux du corps de justice invisible de l'Allah de Mahomet du Jahvé d'Isaïe.

Alors seulement nous deviendrons des sacrificateurs armés pour respirer l'odeur nauséabonde du dieu trop visible, de notre dieu de chair que nous appelons la Démocratie et que ses glandes endocriniennes font tituber dans les ruines de Gaza. Avant même qu'il se décompose, avant même qu'il descende dans sa bière, il exterminera en Judée et en Samarie soit le peuple de Jahvé, soit celui d'Allah, soit les deux. L'ombre errante d'Israël nous demande d'apprendre à distinguer le corps véritable du peuple juif de son corps de tueur. Seuls nos corps invisibles seraient-ils les vrais ? Mais si nous attendons Godot plus longtemps, nous assisterons, l'arme au pied, et les bras croisés à la confiscation mètre carré par mètre carré de la Palestine par les ossatures et les muscles du corps devenu fou de l'espèce de justice du Jahvé dont Israël a fait un Caïn.

8 - Le vrai corps de la France

Voyez comme la justice de chair et de sang d'Israël est rusée, voyez comme son corps a mauvaise odeur. Mme Livni est venue à Paris en martyre, et c'est au nom d'un Olympe malodorant de la Liberté, au nom du corps visible d'une fausse Justice, au nom du corps visible d'une fausse Démocratie qu'elle a brandi le glaive de Caïn en Judée ; et M. Nicolas Sarkozy lui a répondu au nom de la République de Caïn. Mais le peuple français n'a pas reconnu pour sienne cette justice-là de la France, le peuple français a répondu au chef de l'Etat que cette République-là lui est étrangère, le peuple français a déclaré que la vraie République est celle de son esprit de justice.

Nos élites politiques s'étaient dit entre elles: "Faisons semblant de défendre la vraie justice à Gaza, confessons du bout des lèvres notre foi en la justice d'Isaïe, attendons que le peuple français s'apaise, attendons que son émotion retombe dans les facilités de notre fausse justice. Les Français ne sont-ils pas fébriles et instables? Leurs indignations ne sont-elles passagères et tout en foucades? Il n'y a pas de continuité dans leurs apparentes volontés, et nous savons que leurs réflexes sont seulement affectifs. Quelques jours suffiront à calmer leur soif de justice. Attendons qu'ils retrouvent leur inconstance native. La justice de la France a peu de cervelle, la justice de la France est née des barricades et de la guillotine."

Et voici que la France porte soudainement les yeux sur une autre Justice, voici qu'elle en fait le guide invisible de sa raison politique, voici que le vrai corps de la justice lui montre les chemins qui attendent la postérité des descendants du chimpanzé, voici que l'Histoire change d'assiette anthropologique, donc d'assise de la connaissance de l'humanité, voici que l'Europe de la justice cesse de chercher une "solution" à un prétendu "problème palestinien", qui ne traduit que l'infirmité de la science de la justice de l'Occident, voici que notre espèce est saisie de pitié au spectacle des victimes de l'injustice . En vérité, la pitié est un sentiment très ancien - nos simiologues nous en ont fourni des exemples nombreux et probants chez les chimpanzés, nos ancêtres. Si les massacres de la Terreur s'étaient déroulés sur Internet, si nous avions assisté à la décapitation de Louis XVI dans nos fauteuils, si nous avions vu Marat baigner dans son sang, si nous avions suivi des yeux la retraite de Russie, si le passage de la Bérésina nous avait donné rendez-vous dans nos demeures, nos yeux d'Isaïe nous enseigneraient la pitié .

Réflexions sur le génie de la France,15 sept.08

9 - Les yeux d'Isaïe de la France

Cela, les peuples du monde entier le savent depuis des millénaires; mais maintenant, ils l'ont crié dans les rues et à la face d'une classe politique en retard d'une renaissance du cœur, maintenant la France de la justice se demande de quel œil ses élites dites démocratiques regardent de haut en bas les peuples qu'elles dirigent; maintenant la France de la Justice se demande quel regard les peuples apprendront en retour à porter sur la fausse justice de leurs dirigeants; c'est que le vrai corps de la France est devenu invisible. Quels seront les vrais yeux de la France, les yeux de son esprit de justice? La Révolution de 1789 n'avait ouvert les yeux du peuple que sur les privilèges des riches et des aristocrates; la révolution de 2009 ouvrira les yeux des peuples du monde entier sur l'âme et l'esprit contrefaits des dirigeants actuels du monde. Comment cette révolution ne serait-elle pas tellement nouvelle qu'elle réduira la première au rang d'un pâle prélude?

Car les peuples se diront: "Nos classes dirigeantes sont cyniques. C'est la chair dont leur justice se nourrit qui leur dit qu'elles ont grand intérêt à ignorer la justice, c'est leur corps de chair qui leur enseigne que leur iniquité met les rênes du pouvoir entre leurs mains. Mais si c'est seulement leur corps de chair qui légitime leur autorité, si c'est seulement leur corps chair qui foule aux pieds la dignité des peuples et des nations, si c'est seulement leur corps chair qui leur enseigne que les majorités populaires ont longtemps préféré la force injuste à la Justice qu'elles feignaient pourtant de réclamer en tous lieux et à grands cris, emparons-nous du vrai flambeau de l'intelligence politique et demandons-nous pourquoi, hier encore, nous ne nous émouvions qu'un quart d'heure au spectacle de la cruauté et du cynisme de nos dirigeants. Leur instinct de conservation continue de les convaincre que l'ordre injuste est préférable aux turbulences dans lesquelles la vraie justice peut précipiter les sociétés. Mais nous aussi, hier encore, rien ne nous paraissait aussi inquiétant qu'un chaos momentané, hier encore, la vraie justice nous effrayait."

C'est ainsi que le peuple français commence de peser la justice du monde sur les balances de l'esprit de justice de la France. Comme ce peuple va souffrir dans sa chair pour l'esprit de justice qui va l'habiter ! Car déjà les foules qui descendent dans la rue sont devenues des flambeaux de la justice, déjà le vrai corps de la nation commence d'apparaître. Décidément les crimes d'Israël enseignent à tous les peuples de la terre à connaître leur corps invisible, celui de leur esprit de justice.

10 - Monsieur le Président de la République

M. le Président de la République, le 1er janvier de l'an 2009, vous êtes apparu tout souriant et quasiment bouche à bouche aux côtés de Mme Livni. La France de l'esprit de justice vous accuse d'avoir comblé de grâces une tueuse, la France de l'esprit de justice de la nation vous rappelle que les grands chefs d'Etat sont présents au rendez-vous des peuples avec le corps invisible de la justice.

Seuls vos yeux de chair ont vu un peuple de plus d'un million et demi d'hommes, de femmes, de vieillards et d'enfants privés d'eau, de nourriture de feu, d'électricité, seuls vos yeux de chair ont vu les hôpitaux des vaincus vomir leurs cadavres, seuls vos yeux de chair ont vu les affamés de Gaza ronger un quignon de pain ou avaler une soupe d'herbe, mais ce ne sont pas les yeux de chair de la France qui ont vu Mme Livni refuser à vos côtés une trêve de deux jours aux agonisants de Gaza, parce qu'il n'y avait pas, disait-elle, de "problème humanitaire" dans ce camp de concentration-là.

Voyez-vous le vrai corps du peuple français est devenu celui de son esprit de justice. Entrerez-vous à l'école d'apprentissage du corps invisible de la France ? Quand une balance à peser le dégoût , le mépris, la honte, la fureur de la France de l'esprit se trouvera placée entre vos mains, vous apprendrez, M. le Président, que l'histoire de Gaza a commencé avec le Déluge, vous apprendrez qu'elle s'est poursuivie à l'école des tortures éternelles que la justice dite divine inflige saintement aux damnés sous la terre, vous apprendrez que l'esprit de justice de la France a fait une grande découverte: les crimes de l'idole de la justice étaient les nôtres.

Depuis Homère, Clio se cherchait un pilote de l'esprit de justice des nations. Mais pour le trouver, il nous fallait construire une balance à peser la justice des Etats; et la pesée de la justice des Etats se trouvait entre les mains de nos idoles. C'est pourquoi l'autopsie de la justice des démocraties deviendra la clé de la science historique de demain.

- Hélène Carrère d'Encausse et le destin de la science historique européenne, 12 janvier 2009

Alors Gaza servira de port d'attache aux Isaïe de la mémoire, qu'on appellera encore, par convention, des historiens - mais quand l'œil de la justice sera devenu celui de la France, il fera comparaître le Jahvé des tueurs à la barre de son tribunal. Quand la science des assassinats qui nous attend sera celle des visionnaires de la conscience, nous verrons le spectre de l'idole du Déluge se dresser derrière l'Etat juif et prêter la voix de sa fureur à "l'esprit de justice" d'Israël!

Savez-vous que l'ubiquité de l'image a bouleversé les paramètres de la conscience universelle ? Savez-vous que l'Assemblée de Strasbourg, elle, a enregistré le tremblement de terre que l'esprit de justice d'une civilisation déclenche sur l'échelle de Richter de l'Histoire ? Savez-vous, M. le Président de la République, que vous échouerez à faire entrer un criminel de guerre dans l'Union européenne? Voyez-vous, M. le Président, l'art de la communication, comme vous l'appelez, est une voix de l'âme, et cette voix enseigne que les corps ne sont jamais que ses humbles serviteurs.

2 février 2009

 
"Si vous n’y prenez pas garde, les journaux finiront par vous faire haïr les opprimés et adorer les oppresseurs." Malcom X

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