ELWATAN-ALHABIB
samedi 30 janvier 2016
 

  
Une démocratie inhumaine




par Ahmed Farrah
L'alternance au pouvoir politique, qui nous est renvoyée des régimes occidentaux dits démocratiques, n'est en fait qu'un trompe-l'œil pour les plus avisés. Souvent les adversaires politiques représentent les deux faces d'une même pièce et constituent ce qui est appelé l'établissement. Ils se répartissent les rôles de la comédie, quand les uns sont aux affaires, les autres s'opposent, quoique la gauche et la droite sont toutes les deux pour la «liberté» et «l'égalité», ne sachant pas proposer autre chose que la même politique emballée, présentée et vendue sous des appellations différentes. Ce faux clivage est devenu mécanique: s'opposer continuellement quel que soit le sujet, quel que soit le contexte pour exister sur le terrain médiatique et créer l'impression que la gestion du pays est catastrophique menant tout droit au désastre et au chaos. Et quand apparaît un parti tiers menaçant les intérêts non avoués de l'establishment, des barrages se dressent contre lui pour l'empêcher d'arriver au pouvoir. Tout est fait en amont dans leur système électoral pour que la gauche et la droite associent leurs forces et endiguent la houle bleu marine de peur de les emporter. Les médias ne sont pas en reste, le battage en boucle réoriente les opinions, influence les indécis, culpabilise et mobilise les abstentionnistes. Ainsi un pan entier de la population se trouve sur le ban, sans représentation politique, ses voix ne sont jamais prises en compte, comme si ces électeurs n'appartiennent pas à leur pays. La démocratie occidentale tant louée est devenue un instrument au service des marchés financiers, qui sont le vrai pouvoir, représenté par une oligarchie rentière et cupide et dont les politiques et les syndicats ne sont que des exécutants et des marionnettes. La finance met les hommes et les femmes dans la précarité et le chômage endémique et leur verse des miettes en «revenu» minimum vital pour les occuper, bien que le droit au travail est un droit fondamental, mais ne bénéficiant d'aucune garantie, contrairement au droit de propriété. La démocratie devrait avoir comme fin ultime un consensus général, lequel ne peut se faire que sur un projet global, comme le traité de Maastricht rejeté par référendum dans plusieurs pays mais adopté quand même par le truchement d'artifices contre la volonté des peuples qui ne sont plus souverains chez eux et leurs parlements sont devenus des chambres d'enregistrement des lois édictées à Bruxelles. Les représentants politiques trouvent en contrepartie des bénéfices et des avantages en cumulant les mandats, les indemnités et les faveurs. Malgré le taux de participation très faible dans beaucoup de scrutins qui ne leur donne pas une légitimité complète au sens de l'éthique, mais cela n'est pas leur point de fixation. Ils font des lois pour eux et les interdisent aux autres. Certains d'entre eux peuvent accéder à la magistrature suprême du pays bien qu'ils ont été condamnés par la justice, en politique le casier judiciaire vierge n'est pas obligatoire comme il l'est pour un chauffeur de taxi. Dans les pays dits démocratiques, des élus encore en fonction ont été mis en examen dans plusieurs affaires: financement occulte de parti politique, de recel d'abus de crédit et de recel de corruption sans qu'ils ne soient jamais condamnés par la grâce de la protection fonctionnelle d'élu qui fait traîner les procédures durant des années. La démocratie occidentale réprime l'antisémitisme et occulte les crimes du sionisme en Palestine où chaque jour des enfants sont assassinés à bout pourtant, filmés et diffusés à travers la blogosphère sans que les médias ne le dénoncent. Aujourd'hui l'ex-président Gbagbo est jugé par la Cour pénale internationale pour crimes contre l'humanité qui n'ont aucun rapport de gravité avec ce qui se passe en Palestine depuis 1948, où les actes de crime sont abominables et sont sans commune mesure. La diaspora qui dicte sa loi au reste du monde ne tolère aucune critique contre l'Etat israélien et encore moins contre le sionisme et le racisme anti-palestinien. Aussi, c'est au nom de la démocratisation des peuples arabes que des pays sont effacés de la géographie et leurs peuples sont poussés à l'exode, au naufrage et ceux qui s'obstinent à résister sont affamés et déculturés. Si, actuellement, personne ne parle de la souffrance du peuple de la Palestine, c'est surtout à cause de la puissance financière du marché omnipotent qui assujettit ces démocraties occidentales. Il est curieux que l'affaire Volkswagen soit soulevée aux USA au moment où Angela Merkel a ouvert ses frontières aux réfugiés syriens… ! Finalement la démocratie est ressentie et vécue par les peuples damnés comme une injustice commise par le plus fort contre le plus faible et non pas un pouvoir légitime issu de la majorité populaire dirigeant la minorité. Cette plaie dévastatrice ne sera pas cicatrisée de sitôt et ne génèrera que le mépris, la haine et le ressentiment des peuples soumis aux dictatures encouragées par des intérêts mercantiles. Comme disait Winston Churchill: «La démocratie est le pire des régimes - à l'exception de tous les autres déjà essayés dans le passé.», ce n'était pas le même contexte qu'aujourd'hui, quand il avait prononcé cette phrase mais les causes des drames sont restées les mêmes. 
 
mercredi 27 janvier 2016
 

L’inacceptable impunité d’Israël et ses causes





L’inacceptable impunité d’Israël et ses causes
Devant le Conseil de Sécurité, notre ami Ban Ki-moon a presque failli se fâcher à propos de la situation en Palestine… C’est dire… Des propos plus que mesurés qui ont mis en transe les Israéliens, pendant que les Etats-Unis approuvent, et que les Palestiniens tirent contre leur camp… ce qui est le vrai problème.
Ban a condamné les attaques menées depuis plusieurs mois par des Palestiniens contre des civils israéliens mais a ajouté qu’il était « dans la nature humaine de réagir face à l’occupation qui sert d’incubateur à la haine et à l’extrémisme », ajoutant :


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« Les mesures sécuritaires ne pourront pas réduire à elles seules les violences. Elles ne peuvent pas résoudre le profond sentiment d’aliénation et de désespoir ressenti par certains Palestiniens – en particulier les jeunes. La force de la loi doit être exercée sur tous ceux qui commettent des crimes – avec une justice s’appliquant de manière égale aussi bien à l’encontre des Israéliens qu’à l’encontre des Palestiniens. La frustration palestinienne grandit sous le poids d’un demi-siècle d’occupation et la paralysie du processus de paix. »
Le secrétaire général s’est ensuite déclaré « profondément inquiet » de nouveaux projets israéliens de construction de logements en Cisjordanie : « Ces initiatives provocatrices ne peuvent que faire monter encore la tension et nuire à toute perspective de règlement politique ». Et Ban a souligné : « Pour faire des progrès vers la paix il faut un gel de l’entreprise de colonisation. La poursuite des implantations est un affront fait à la population palestinienne et à la communauté internationale et soulève des questions fondamentales sur l’engagement d’Israël envers une solution à deux Etats. Les parties doivent agir, et agir immédiatement, pour éviter que la solution à deux Etats ne disparaisse pour toujours. Mettre en œuvre cette vision – deux Etats vivant côte à côte dans la paix et la sécurité – offre le seul moyen à Israël de conserver à la fois sa majorité juive et son statut démocratique. Alors que l’ensemble du Moyen-Orient continue d’être en proie à une vague incessante de terreur extrémiste, Israéliens et Palestiniens ont l’occasion de redonner espoir à une région déchirée par l’intolérance et la cruauté. Je leur demande instamment d’accepter ce défi historique ».
Ban n’a pas oublié les réalités palestino-palestiniennes : « Je continue à penser que les conditions à Gaza posent une menace grave pour la paix et la sécurité sur le long terme dans la région ».
Ce texte n’est pas un exploit, mais le service minimum du rappel des réalités, et il faut prendre cinq minutes pour rappeler les responsabilités vis-à-vis du peuple palestinien.
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La première est celle de l’ONU, qui en 1947 a adopté un plan de partage de la Palestine. Or, l’ONU – celle d’avant la décolonisation qui était le club des puissances impérialistes – n’avait aucun droit pour donner ce qui ne lui appartenait pas et elle ne pouvait donner ni la terre de Palestine, ni la souveraineté du peuple palestinien. Jusqu’à preuve du contraire, on ne partage que ce qui existe, et il est bien évident que la Palestine existait, une Palestine de toutes les religions. Cette recommandation a donc conduit à la violence, la Nakba, et n’a jamais pris fin.
La seconde est celle d’Israël, avec son armée professionnelle du crime de guerre.
La troisième est celle des puissances occidentales qui soutiennent les yeux fermés la politique annexionniste de l’État d’Israël, quelles qu’en soient les méthodes, quel qu’en soit le coût. Pour en rester à 1967, il ne serait pas difficile pour les Etats européens de condamner la colonisation de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est, reconnue comme violation flagrante du droit international par le Conseil de sécurité, nonpar des jolis mots mais par des mesures efficaces, en poursuivant toutes les entreprises européennes impliquées et en refusant tout statut aux produits issus de ce crime de colonisation.
La quatrième est celle des dirigeants palestiniens qui se sont laissés engluer dans des négociations-reddition, conduisant au dépeçage de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est, et la marginalisation de Gaza, la plus grande prison à ciel ouvert : 1,8 millions de personnes. Après des évènements qui ont brassé toute la société palestinienne et tant de fausses pistes, déserteur de la justice, Abbas s’est finalement résolu à ratifier le Traité de la Cour Pénale Internationale, mais en renonçant à déposer plainte contre Israël, et en dissimulant cette énième rouerie par des déclarations de perroquet énervé. La CPI peut agir demain: il suffit d’un fax de Ramallah déposant plainte.
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source: http://lesactualitesdudroit.20minutes-blogs.fr/archive/2016/01/27/l-inacceptable-impunite-d-israel-et-ses-causes-925648.html
 
mardi 26 janvier 2016
 

Boris Cyrulnik: « Une organisation qui existe depuis très longtemps utilise le terrorisme comme une arme efficace et économique »





Boris Cyrulnik: « Une organisation qui existe depuis très longtemps utilise le terrorisme comme une arme efficace et économique »
Boris Cyrulnik est psychiatre, psychanalyste et professeur à l’Université. En Janvier 2015, lors de l’émission « Point de vue » sur TV7 ou il faisait la promotion de son dernier ouvrage, il a tenu à donner sa vision des choses suite aux attentats de Paris. Cette analyse va quelque peu méduser les présentateurs qui vont d’emblée l’accuser de complotisme. La raison en est simple: penser qu’il se cache d’autres groupes et intérêts derrière le terrorisme = théories du complot = tabou = direct au bûcher sans procès. 
On soulèvera la remarquable entourloupe du média Sud Ouest, qui plutôt que de relayer fidèlement les propos de Boris Cyrulnik a préféré censurer la partie la plus délicate de son entrevue qui évoque que l’organisation qui aurait organisé ces attentats en amont existe « depuis très longtemps » et qu’il ne s’agit pas d’une organisation terroriste mais bien politique.
Il ne parle donc pas de l’Etat Islamique ni d’Al Qaeda. Les journalistes ont donc sciemment supprimer ces deux notions et ont orienté leur article sur une autre partie de ses propos. Le titre de l’article devient alors: « Terroristes islamistes : « C’est la même mécanique que pour les nazis ». Ils vont jusqu’à inventer une question que les journalistes de l’émission n’ont pas posé (Comment expliquez-vous une telle violence au nom d’une religion ?) pour faire coller la réponse à leur bon vouloir. La phrase suivante a également été supprimée « Une fois que ces jeunes gens ont été repérés, fabriqués et sacrifiés, il déclenchent les processus politiques mondiaux. » Les raisons en sont évidentes puisque cela implique des « processus politiques mondiaux » que des organisations terroristes ne sont pas à même de mettre en place. Cela nous mène une fois encore à des hommes de pouvoir en coulisse, la superclasse invisible

Boris Cyrulnik : « toutes les guerres sont manipulées par le même groupe occulte »

Voici une retranscription fidèle des propos de Boris Cyrulnik.
Boris Cyrulnik  : Ce que je pense, c’est que ce n’est pas un accident. C’est une organisation qui existe depuis très longtemps, qu’on a signalé et dont personne n’a tenu compteOn met la haine dans des quartiers en difficulté. C’est intentionnel, c’est une politique. On met la haine, on repère ces jeunes en détresse sociale, psychologique et sociale. On repère ces enfants, on leur offre des stages de formation militaires, à la guerre.
Journalistes : Quand vous dites « on », ce sont des groupes terroristes ou..c’est à ça que vous faites allusion?
BC:  Non, non c’est des groupes politiques. Ils utilisent le terrorisme comme une arme parce que c’est une arme efficace et économique. C’est pas cher. On peut bouleverser une société avec peu d’hommes à sacrifier et c’est moins cher qu’une armée. Quand la haine est semée, on repère les enfants les plus faciles à fanatiser. On leur offre des voyages, on leur offre des stages, on leur apprend à manipuler des armes et ensuite on les envoie aux sacrifices. Sacrifices des autres au prix de leur propre existence. C’est donc une organisation qui est financée je ne sais par qui…mais si vous me posez la question, je vous répondrais quand même.
J – Ben, on vous la pose.
BC – C’est financé par les gens du pétrole, de la drogue qui ont des intentions politiques sur le proche Orient et sur l’Occident. Une fois que ces jeunes gens ont été repérés, fabriqués et sacrifiés, il déclenchent les processus politiques mondiaux.
J – Vous savez que ce que vous nous dites ça ressemble un peu à ce qu’on appelle la théorie du complot QUAND MÊME C’EST …
BC: Non, pas du tout parce que ça a déjà été fait. C’est même régulièrement fait. L’’inquisition chrétienne relève a duré 6 siècles en occident et elle est partie exactement du même processus. Le nazisme est parti de la belle culture germanique des années 20 et des années 30 et avec 3% de la population qui était convaincue par la nazisme, 6 ans après les élections 95% de la belle culture germanique allemande votait pour nazi et mettait le feu au monde.
sourcehttp://fawkes-news.blogspot.fr/
 
lundi 25 janvier 2016
 

L’empire états-unien : une entreprise d’assassinat






A supporters of Former Indonesian President Suharto holds a banner outside Pertamina hospital in Jakarta to show his support, Saturday, Jan. 12, 2008. Former dictator Suharto was showing slight signs of improvement, doctors said Saturday, hours after he suffered organ failure and was placed on a ventilator with the early, dangerous signs of infection in his lungs. (AP Photo/Vincent Thian)
Pendant que l’ancien président indonésien Suharto vivait ses derniers jours, un de ses partisans affichât un portrait de lui devant l’hôpital de Djakarta, où le dictateur militaire mourut deux semaines plus tard. C’est pendant les trente ans du brutal règne de Suharto que l’Indonésie a envahi le Timor oriental, où le reporter Allan Nairn couvrit les atrocités commises par les troupes du général. (Vincent Thian / AP)
La terreur, l’intimidation et la violence sont le ciment qui assure la cohésion d’un empire. Les bombardements aériens, les attaques de missiles et de drones, les frappes d’artillerie et de mortiers, la détention de dizaines de milliers de personnes, les assassinats ciblés, les massacres, les exécutions par escadrons de la mort, la torture, la surveillance de masse, les transferts illégaux de prisonniers, le couvre-feu, la propagande, la perte des libertés et les marionnettes politiques complaisantes alimentent nos guerres, qu’elles soient directes ou par procuration.
Les pays que nous cherchons à dominer, depuis l’Indonésie jusqu’au Guatemala en passant par l’Irak et l’Afghanistan, sont familiarisés avec ces mécanismes brutaux de contrôle. Mais la réalité impériale atteint rarement le public américain. Les quelques atrocités qui parviennent à sa connaissance sont dédaignées, considérées comme des aberrations marginales. On assure l’opinion que ce qui a été mis au jour sera l’objet d’une enquête et ne se reproduira plus. Les objectifs de l’empire, selon la presse servile et selon nos élites dirigeantes, sont vertueux et nobles.
Et l’énorme machine à tuer va de l’avant, nourrissant comme elle l’a toujours fait les comptes bancaires boursouflés des industriels de défense et des multinationales qui exploitent les ressources naturelles et la main d’oeuvre à bon marché à travers le monde.
Il y a très peu de journalistes pour couvrir les affaires de l’empire avec tant de courage, de ténacité et d’intégrité qu’Allan Nairn. Pendant plus de trente ans, il a fait des reportages en Amérique Centrale, au Timor Oriental, en Palestine, en Afrique du Sud, à Haïti et en Indonésie – où les soldats indonésiens lui ont fracturé le crâne et l’ont arrêté. Ses reportages sur le gouvernement indonésien lui ont valu d’être catalogué comme ’menace pour la sécurité nationale’ et officiellement proscrit du Timor Oriental occupé.
Nairn est revenu clandestinement au Timor Oriental en de nombreuses occasions. Ses reportages clandestins sur la torture et le meurtre de civils par l’armée indonésienne ont contribué à ce que le Congrès U.S. suspende l’aide militaire à Jakarta, en 1993. Il dévoila la complicité américaine avec les escadrons de la mort et avec les organisations paramilitaires qui se livraient à des expéditions meurtrières au Salvador, au Guatemala et à Haïti. Lors des élections présidentielles en Indonésie, où il passait beaucoup de son temps, Nairn a été menacé d’arrestation pour sa dénonciation du rôle du candidat Prabowo Subianto dans les atrocités.
Les révélations de Nairn au sujet des massacres commis par l’armée ont été un élément important du procès de l’ancien président du Guatemala, Efrain Ríos Montt. Le général Montt avait ordonné l’assassinat de plus de 1700 personnes dans la région guatémaltèque d’Ixil au début des années 80, et il a été condamné, en 2013, à 80 ans de prison pour génocide et crimes contre l’humanité. La condamnation fut ensuite annulée.
Nairn, avec qui je me suis entretenu à New-York, remonte au génocide des amérindiens, à l’esclavage institutionnel, et aux meurtres de centaines de travailleurs et de responsables de syndicats ouvriers qui ont eu lieu au cours du 19° siècle et au début du 20°, où il voit l’origine de la violence impérialiste des Etats-Unis. Il remarque que, bien que les massacres de masse soient devenus tabou sur le sol américain au cours des générations récentes, le FBI procédait à des assassinats sélectifs de radicaux noirs, dont Fred Hampton dans les années 60. Par ailleurs, la police abattait sans grande contrainte des personnes de couleur appartenant à des communautés déshéritées.
Mais à l’étranger, il n’y a pas de restrictions. Le massacre aveugle d’opposants réels ou imaginaires passe pour une prérogative de la puissance impériale. La violence est le principal langage dont nous usons pour nous adresser au reste du monde. Des carnages équivalents àWounded Knee et My Lai adviennent au-delà de nos frontières à un rythme dont nous n’avons pas idée.
« Aujourd’hui », dit Nairn, « il est politiquement admissible pour les forces américaines de procéder ou de commanditer l’assassinat de civils – étudiants, journalistes, leaders religieux ou paysans… de n’importe qui, en fait. En fait, dans le cadre politique US, si les présidents hésitent ou paraissent hésiter à le faire, ils sont fustigés. On les traite de mauviette. George Bush Senior a subi de violents reproches quand il tenta, par des voies secrètes, de monter un coup d’état au Panama contre [Manuel] Noriega, et que le coup manqua. Il y eut alors un magazine [Newsweek, qui titra « Combattons le ’Facteur Mauviette’ »] pour s’attaquer à l’excessive faiblesse de Bush.
« Je crois que c’est dans la semaine qui a suivi son invasion formelle du Panama, une invasion qui incluait l’incendie du quartier El Chorrillo, où des centaines de personnes ont été tuées, un quartier pauvre. Le New-York Times a fait paraître une analyse, en une, de R.W. Apple, qui disait que Bush senior avait achevé son initiation présidentielle en manifestant sa volonté de faire couler le sang », continue Nairn. « Pas son propre sang, mais celui d’étrangers, dont des civils. »
« On constate fondamentalement un refus de la part de la société américaine d’appliquer les lois sur le meurtre quand les homicides sont commis par des résidents ou des généraux, et où les victimes sont des civils », indique-t-il. »Bien sûr, toutes les grandes puissances font ça. Mais dans la période récente, parce que les USA sont la puissance dominante, ce sont eux qui ont le plus grand nombre de victimes. En comptant toutes les opérations, on arrive à des millions de morts. Voici la liste de celles que j’ai personnellement suivies, essayé de dénoncer et de combattre : Guatemala, Salvador, Nicaragua, Honduras, Haïti, Afrique du Sud, Palestine, Timor Oriental, Indonésie, Thaïlande du sud, et je suis sûr d’en oublier quelques unes. Les Etats-Unis ont utilisé le Pentagone, la CIA, et occasionnellement le Département d’Etat pour mettre en place et organiser des forces locales, pour les aider à collecter des renseignements sur les dissidents et à leur procurer les moyens de perpétrer des assassinats de masse. »
Assassinats et torture sont souvent accompagnés, dans ces guerres directes et guerres par procuration, par des massacres systématiques que commettent les troupes gouvernementales, en « rasant des villages entiers », selon Nairn.
« Les soldats guatémaltèques l’ont fait, en particulier au début des années 80 quand l’administration Reagan les soutenait avec tant d’enthousiasme, sous la dictature du Général Rios Montt », dit Nairn. »Ils allaient dans des villages des hauteurs Maya, au nord-ouest. … J’y suis allé, et j’ai parlé aux soldats pendant leurs opérations, j’ai parlé à des survivants… ils décapitaient des gens. Ils en crucifiaient. Ils utilisaient les mêmes tactiques que ce que l’Etat Islamique met en vidéo et qui choquent tant le monde entier en ce moment ».
« De tous temps, les puissants ont volontiers utilisé ces méthodes », dit-il, « et pendant des siècles ils en ont été fiers. Vous n’avez qu’à regarder les textes sacrés des principales religions – la Bible, le Coran, la Torah. Ils sont emplis de massacres à la chaîne. Les gens oublient. L’histoire de David et Goliath est célébrée : à la fin, David décapite Goliath, il parade en exhibant sa tête. »
« Tout récemment encore, jusqu’à la présidence de Teddy Roosevelt, les présidents s’en vantaient ouvertement », précise Nairn. « Retournez aux écrits de Roosevelt. A maintes reprises, il mentionne la nécessité de verser du sang, l’impératif des tueries. Sans cela, un gouvernement ne pouvait être sain. C’était ça, Teddy Roosevelt. Aujourd’hui, on ne peut plus faire cela. »
« On ne peut plus le faire dans aucun des principaux pays de nos jours. La seule exception, partielle, au niveau du discours, c’est Israël. Les miliaires et politiques israéliens parlent encore ouvertement de la nécessité de tuer des palestiniens. Mais ce sont bien les seuls. Partout ailleurs – en Europe en Russie, en Chine, aux USA -, ces activités doivent être masquées. »
Lorsque j’ai rencontré Nairn la première fois, en 1984, je couvrais la guerre au Salvador. Cette année-là, il a publié un article d’investigation explosif dans le magazine The Progressive, sous le titre Behind the Death Squads (Derrière les escadrons de la mort). Il y détaillait comment les Etats-Unis soutenaient, entraînaient et armaient au Salvador les escadrons de la mort qui assassinaient, et souvent torturaient et mutilaient, des centaines de personnes tous les mois. L’article conduisit à une enquête du Comité du Sénat sur le renseignement.
Le commandement US en Irak, dans une tentative de réduire l’insurrection sunnite en 2004, en revint aux tactiques de terreur qui avaient été utilisées au Salvador. Ils mirent au point un plan nommé « L’option salvadorienne » pour entraîner et armer les unités paramilitaires chiites. L’ancien colonel de l’armée américaine James Steel avait commandé dans les années 80 le groupe militaire ’MilGroup’, qui conseillait l’armée salvadorienne. Il y avait été envoyé par Donald Rumsfeld en qualité de conseiller civil [sic]. Steele, qui avait combattu au Vietnam, fut affecté en Irak au groupe paramilitaire des Commandos de Police Spéciale, unité connue aussi sous le nom de « Brigade des Loups ».
Des fonctionnaires de l’ONU et une équipe d’investigation du journal The Guardian accusèrent ultérieurement ces paramilitaires chiites d’avoir perpétré des assassinats généralisés, et d’avoir géré un réseau de centres de détention clandestins qui pratiquaient la torture, alors qu’ils étaient sous la supervision de Steele.
« Le dispositif des escadrons de la mort au Salvador avait été créé par les USA, débutant sous l’administration Kennedy, principalement au travers des Forces spéciales et de la CIA » dit Nairn. « Un système de collecte de renseignements fut créé, qui reliait le Salvador, le Honduras, et le Nicaragua. Un fichier central fut mis en place, avec l’aide de la CIA. On enseignait aux escadrons comment espionner systématiquement les campus, les tribunaux, les plantations et plus particulièrement les usines, exploitées par les oligarques locaux mais aussi par des investisseurs américains. Les divers fichiers étaient centralisés. »
Nairn passa 13 heures à interviewer l’ex général salvadorien Jose Alberto Medrano, le parrain des escadrons de la mort salvadoriens. Un an après, en 1985, le général était assassiné par les rebelles du Front Farabundo Marti de Libération Nationale (FMLN).
« Il m’a expliqué comment au Salvador les prêtres, les bonnes soeurs, les catéchistes et les syndicalistes étaient contrôlés par Moscou », dit Nairn. « Il me dessinait des schémas de Moscou à la Havane en passant par ici et par là. Et il me dit que tous étaient devenus des cibles ; c’était sa mission de les tuer. Il m’a décrit de manière très détaillée ce qu’il faisait, tout cela en étant payé par les Etats-Unis. »
« Voilà ce qu’étaient les escadrons de la mort qui exécutaient des actions comme le viol et le meurtre de bonnes soeurs, » me dit Nairn, au sujet de Jean Donovan, la missionnaire laïque [catholique américaine] et des trois nonnes américaines Dorothy Kazel, Maura Clarke et Ita Ford, qui furent toutes tuées en décembre 1980, au Salvador, par des soldats de la garde nationale. Huit mois auparavant, les escadrons de la mort avaient exécuté l’archevêque Oscar Romero. Plus de 75.000 salvadoriens perdirent la vie pendant le conflit, dont des milliers aux mains des escadrons de la mort, qui faisaient souvent faire « disparaître » leurs victimes.
« Finalement, les gens commencent à réaliser ce que veut dire l’assassinat politique quand ils voient les vidéos de l’EI », dit Nairn. … « Au Salvador, non seulement ils tuaient, mais ils coupaient des mains, ils coupaient des bras, et ils exposaient le résultat de leur bricolage au bord de la route ; ainsi, les passants le voyaient. Pendant cette période – j’étais le plus souvent au Guatemala, où c’était encore pire -, ils en ont tué plus de 100.000, peut-être plus de 200.000 selon certaines estimations. Un jour, à la Polytechnica, l’académie militaire du Guatemala, j’ai trouvé à la bibliothèque la traduction en espagnol d’un manuel de contre-insurrection US. L’ouvrage donnait des instructions sur la manière de provoquer la terreur ; c’était précisé en ces termes dans le livre. Y étaient décrites les méthodes utilisées aux Philippines dans la campagne contreles Huks. »
« Dans le cas des Philippines, ils parlaient de laisser les corps le long des rivières’, dit-il. « Alors on mutile les corps, on les découpe, ensuite on les expose sur les berges des rivières pour faire monter la terreur dans la population. Et bien sûr, c’est exactement ce que fait l’EI aujourd’hui. »
Les mêmes méthodes ont été utilisées en Indonésie contre les personnes d’origine chinoise, les responsables syndicaux, les artistes, les intellectuels, les leaders étudiants et les membres du Parti Communiste Indonésien (PKI) après la purge anti-communiste de 1965. Celle-ci avait été appuyée par les Etats-Unis, et avait finalement renversé le président indépendantiste Sukarno. Sukarno a été remplacé lors du coup d’état de 1967 par le Général Suharto, qui a dirigé le pays avec brutalité pendant 31 années, pendant lesquelles les assassinats par l’armée et les groupes paramilitaires ont liquidé jusqu’à un million de personnes. Les corps ont souvent été abandonnés, flottant dans des rivières, ou au bord de routes.
« La CIA est arrivée avec une liste de 5000 assassinats à faire. A l’époque la presse américaine l’avait saluée comme une lueur d’espoir en Asie. Le Général Suharto a été installé au pouvoir dans la foulée. C’est lui qui, quelque dix ans plus tard, sollicita auprès du président Ford et de Henry Kissinger la permission d’envahir le petit pays voisin du Timor Oriental, qui accédait à l’indépendance après avoir été une colonie portugaise. Il obtint le feu vert ; ils lui dirent seulement d’agir rapidement. Les Indonésiens envahirent et tuèrent le tiers de la population. »
« En 1991, ils firent un massacre, en face d’un cimetière, auquel j’ai survécu par hasard », raconte Nairn. « J’y étais avec Amy Goodman. Sous nos yeux, plus de 200 personnes ont été tuées. Ils m’ont fracturé le crâne à coups de leurs crosses de M-16 américains. C’est la pratique courante. J’ai essayé d’aller dans les pays où la répression était la plus intense, là où elle était appuyée par les USA. J’ai essayé de dénoncer cette répression, et de la faire cesser. »
 » C’est systématique « , continua-t-il.  » C’est exactement la même méthode pays après pays, avec des adaptations locales, et souvent les officiers sont tous formés dans les mêmes bases militaires – Fort Bragg, Fort Benning, Leavenworth [et] à au Inter-American Defense College [ndt : distinct de la célèbre « école des Amériques »], dans le cas des officiers latino-américains . »
 » Ce n’est pas réservé aux Etats-Unis », précisa Nairn.  » C’est la procédure habituelle des grandes puissances. … Si vous cherchiez à avoir le moindre impact sur la politique, alors il vous fallait vous aligner sur une force meurtrière ou une autre, que ce soit les USA, ou l’OTAN, ou les Taliban, ou une quelconque faction armée capables de tuer massivement, et vite. Sans cela, vous n’aviez aucune chance.  »
 » En Afghanistan, en Irak et en Syrie, le stade de l’effondrement politique et social est atteint », dit Nairn. « Il n’y a pas moyen d’arrêter ce processus. C’est hors de contrôle. Il n’y a pas que deux camps, mais de nombreux [adversaires]. C’est un peu ce qui s’est passé au Cambodge, où le bombardement massif américain a ouvert la voie au Khmer Rouge. Cela a détruit toute apparence de politique ou même de société normales. Dans un tel environnement, c’est le plus vicieux, le plus violent qui a la meilleure chance de l’emporter. »
La guerre continuelle et l’assassinat aveugle sont dans la nature de l’impérialisme américain. Mais cette stratégie, dit-il, s’est retournée contre les USA.
« A moins d’avoir suffisamment d’ennemis disponibles, à moins d’avoir suffisamment de combats en cours, à moins d’avoir suffisamment de spectacle à offrir sur la grande scène, un pays très puissant, dont l’un des piliers est la guerre comme c’est le cas des Etats-Unis voire d’Israël aujourd’hui – états de type Sparte – ne peut pas se maintenir » dit-il. « Ils ont besoin d’un niveau élévé de tension dramatique. Ils doivent constamment provoquer, constamment provoquer des troubles ici et là ».
« Nous sommes à un moment où ces opérations de meurtre délibéré de la part des USA, et de provocations, leur reviennent et les blessent », dit-il. « Cela n’a pas lieu d’habitude. Il n’y a eu aucune conséquence de cet ordre en Amérique Centrale. Pas non plus venant d’Haïti, de Palestine ou d’Afrique du Sud. Mais là, c’est arrivé ».
« Des opérations comme l’appui US aux moudjahidin pour repousser l’invasion soviétique de l’Afghanistan… l’appui des USA aux diverses forces islamistes en Syrie, ont fait naître d’abord al-Quaïda puis l’Etat Islamique. Ce n’était pas l’intention des Américains. Ils ne voulaient pas créer cet al-Quaïda-là qui attaque les Etats-Unis. Ils ne voulaient pas créer cet Etat Islamique, qui est devenu un cauchemar politique ».
« La Bible dit que qui sème le vent, récolte la tempête », dit-il. « Eh bien, en général, ce n’est pas vrai. C’est faux la plupart du temps. Comme pour cet autre slogan : « Le peuple uni ne sera jamais vaincu ». Ce n’est pas vrai. Le peuple uni est vaincu tout le temps. Il se fait écraser. Il se fait massacrer. Il se fait jeter dans des fosses communes. Mais quelquefois, celui qui sème le vent récolte la tempête. Et c’est ce qui arrive maintenant à l’Occident avec l’Etat Islamique ».
Chris Hedges Jan 3, 2016
Chris Hedges a été co-lauréat du « Pulitzer prize » pour une série d’articles publiés par le New York Times sur le terrorisme mondial. Il a écrit: Collateral Damage: America’s War Against Iraqi Civilians (« dommages collatéraux: la guerre des Etats-Unis contre la population civile en Irak »), et Empire of Illusion: The End of Literacy and the Triumph of SpectacleIl publie régulièrement des articles sur le site TruthDig .
Article original: [le titre se réfère aux massacres de la mafia des années 20, appelée « Murder Inc. »]http://www.truthdig.com/report/item/the_american_empire_murder_inc_20160103#14524240455471&action=collapse_widget&id=0&data=
Traduit par Chb
 
samedi 23 janvier 2016
 

Non, les sanctions nucléaires contre l’Iran n’ont pas fonctionné





Des gens qui croient avoir tout compris disent que la mise en œuvre de l’accord sur le nucléaire iranien montre que « les sanctions ont marché » :
DougSaunders@Doug Saunders
Le paradoxe iranien : cette semaine a prouvé que les sanctions marchent. C’était donc la pire semaine que le Congrès des États-Unis pouvait choisir pour imposer de nouvelles sanctions
17 janvier 2016 10H42 -

C’est complètement faux. Les sanctions n’ont pas marché en ce qui concerne le problème nucléaire avec l’Iran. Les sanctions ne marcheront pas davantage contre le programme de missiles balistiques de l’Iran.
D’autres auteurs ont déjà expliqué cela en détails, mais il faut y revenir.
L’Iran considère, et a toujours considéré, le développement d’un programme nucléaire civil pour l’électricité et d’autres besoins, comme le seul moyen de devenir un Etat moderne entièrement développé. Les États-Unis et Israël ont voulu l’en empêcher. Israël considère l’Iran comme une puissance concurrente au Moyen-Orient et les Etats-Unis pensent que l’Iran est trop indépendant et trop puissant pour le laisser faire ce qu’il veut. Ces deux pays veulent limiter le développement de l’Iran, tant que l’Iran n’accepte pas de redevenir l’état-client qu’il était autrefois.
Le vecteur idéal pour faire pression sur l’Iran était son programme nucléaire et ils ont affirmé que « l’Iran n’avait pas le droit de disposer d’uranium enrichi ». Cette affirmation n’avait aucune valeur juridique car tout Etat a le droit naturel d’utiliser ses ressources comme il l’entend, mais les États-Unis se sont donné beaucoup de mal pour essayer d’imposer cette vision des choses. S’ils y étaient parvenus, cela leur aurait donné un droit de veto sur la manière dont l’Iran, et d’autres pays, géraient ou utilisaient leurs ressources naturelles.
C’est la résistance iranienne à la volonté des États-Unis d’imposer cette donnée qui a fait durer le conflit plus de 10 ans. Après les premières affirmations (fausses) selon lesquelles l’Iran développait des armes nucléaires, il y a eu des négociations qui ont fait des progrès rapides. L’Iran était disposé à restreindre ses activités et à autoriser une inspection complète de son programme nucléaire. Mais c’est l’affirmation étasunienne qu’il n’avait « pas droit à l’enrichissement » qui a empêché toute solution. Le négociateur britannique Peter Jenkins écrit :
Comme j’ai fait partie de l’équipe de négociation anglo-iranienne en 2004 et 2005 sur le nucléaire, je sais qu’en mars 2005, le président Hassan Rouhani et le ministre Javad Zarif, qui avaient alors des fonctions différentes, étaient prêts à sceller un accord très similaire, pour l’essentiel, à l’JCPOA.
A cette époque, l’Iran avait seulement quelques centrifugeuses expérimentales et peu d’uranium enrichi.
Mais les Etats-Unis ont voulu à toutes forces imposer l’idée que l’Iran n’avait pas le droit d’enrichir de l’uranium et cela a sonné le glas des négociations. Les sanctions ont suivi et l’Iran a réagi en développant ses capacités d’enrichissement. Plusieurs séries de sanctions se sont succédé et l’Iran a répondu à chaque fois en augmentant davantage ses capacités. Après la dernière série de sanctions, l’Iran a annoncé qu’il allait fabriquer de l’uranium fortement enrichi pour construire des sous-marins nucléaires.
C’est à ce moment-là que les États-Unis ont finalement compris qu’ils n’arriveraient pas à renforcer toujours davantage les sanctions internationales pour stopper le programme nucléaire de l’Iran. Cela leur laissait deux possibilités : Une violente agression militaire très coûteuse contre l’Iran suivie d’une longue occupation, scénario dont le peuple étasunien ne voulait absolument pas, ou des négociations et des concessions pour régler la question.
Une nouvelle série de négociations a commencé en novembre 2013 et au cœur des discussions, il y avait toujours le droit de l’Iran à l’enrichissement :
La question de savoir si l’Iran a ou non le droit d’enrichir de l’uranium au regard du droit international, est au cœur du différend vieux de dix ans sur son programme nucléaire et a compliqué la tâche de la diplomatie pour trouver une solution.
Les officiels iraniens ont clairement dit vendredi, le troisième jour des pourparlers de Genève, que « le droit » de l’Etat islamique d’enrichir l’uranium devait faire partie de tout accord provisoire visant à freiner son activité atomique en échange d’un allégement des sanctions.
...
Les États-Unis affirment qu’aucun pays n’a ce droit explicite aux termes du Traité de non-prolifération (TNP), le Pacte mondial conclu en 1970 pour empêcher la prolifération de bombes atomiques.

Au cours de ces négociations, en 2013, les États-Unis ont finalement cédé et quelques jours plus tard, un accord préliminaire fut conclu :
L’accord nucléaire initial conclu avec l’Iran, pendant le week-end, stipule clairement que la deuxième étape – ou « solution globale » – « comprendra un programme d’enrichissement défini conjointement avec des limites pratiques. »
Le libellé permet à Téhéran d’affirmer que les États-Unis et cinq autres puissances impliquées dans les négociations ont accepté que l’accord final, qui doit se faire dans les six mois, laisse l’Iran avec un programme d’enrichissement d’uranium à usage interne.
L’Iran a interprété cela comme la reconnaissance de son droit à enrichir de l’uranium. Une fois cette question clé résolue, la suite des négociations a porté sur diverses concessions mutuelles secondaires.

Comme on l’a appris seulement par la suite, les États-Unis avaient renoncé à imposer la clause « pas droit à l’enrichissement » même avant les négociations de novembre 2013 :
Les relations diplomatiques secrètes américano-iraniennes, qui ont contribué à faire avancer l’accord nucléaire intérimaire l’an dernier, ont démarré après qu’un message du président américain Barack Obama a été transmis à l’Iran : Les Etats-Unis seraient prêts à accepter un programme limité d’enrichissement iranien à usage interne dans le cadre d’un accord nucléaire dans lequel l’Iran prendrait des mesures concrètes et vérifiables pour garantir au monde entier que son programme nucléaire resterait exclusivement pacifique.
...
Le message d’Obama qu’il serait prêt à accepter un programme d’enrichissement iranien limité dans un accord par ailleurs acceptable a été transmis à l’Iran lors d’une réunion secrète à Oman en mars 2013, par une délégation américaine conduite par le secrétaire d’Etat adjoint Bill Burns, qui comprenait également Jake Sullivan, aujourd’hui conseiller à la sécurité nationale du vice-président Joe Biden, ainsi qu’Einhorn et Puneet Talwar, le conseiller sur l’Iran de la Maison Blanche.

Ce sont les États-Unis qui ont cédé et qui sont revenus sur leur position (indéfendable) selon laquelle l’Iran n’avait pas le droit d’enrichir de l’uranium. C’est cette concession des États-Unis – et non pas les sanctions – qui a ramené l’Iran à la table des négociations et qui a permis de mettre fin au conflit sur le programme nucléaire de l’Iran.
Moon of Alabama
Traduction : Dominique Muselet
»» http://www.moonofalabama.org/2016/01/no-the-nuclear-sanctions-on-iran-...

 
mercredi 20 janvier 2016
 

Qui sont les vrais terroristes? En 2015, les USA ont largué 23 144 bombes sur des pays à majorité musulmane








Qui sont les vrais terroristes? En 2015, les USA ont largué 23 144 bombes sur des pays à majorité musulmane

Traduction de l’article : « U.S. Dropped 23,144 Bombs on Muslim-Majority Countries in 2015  »

En 2015, les USA ont largué 23 144 bombes sur des pays à majorité musulmane.

Le président Obama, lauréat du prix Nobel de la Paix, a lancé un nombre impressionnant de bombes l’année dernière. 
Par Adam Johnson / AlterNet 
image: http://i1.wp.com/www.alternet.org/files/styles/story_image/public/story_images/bombing_0.jpg?resize=236%2C183
 
Le sceptique Micah Zenko, résident au Conseil des Relations Etrangères [NdT : CFR], a récemment récolté les chiffres du nombre de bombes que les États-Unis ont largué sur d’autres pays et les résultats sont aussi déprimant que l’on pense. Zenko nous dit que depuis le 1er janvier 2015, les États-Unis ont largué près de 23 144 bombes sur l’Irak, la Syrie, l’Afghanistan, le Pakistan, le Yémen et la Somalie, tous des pays qui sont à majorité musulmane. 
Le tableau, fourni par le think tank [CFR] pro Département d’Etat, met en évidences le nombre de destruction que les États-Unis ont opérées sur les autres pays. Peu importe qu’on pense que de tels bombardements soient justifiés ou pas, cela représente une image brusque des dégâts bruts que les États-Unis infligent au monde musulman : 
 
image: https://lh4.googleusercontent.com/SQIDqS-iWvE5lRiHCJffexoL8BJ4Br4kVapkywNevOEOhApw3Z6vRytDXuXquDlXtoKQedUjdp4E0-yamu6C2K-rV80VkCL7ve7HC0CqRzFmumiM9p45HdS6NY1cQFzNm7-OF32G
Bombes larguées par les USA en 2015 
  
Malgré ça, cela ne semble pas fonctionner. Malgré le fait que le Américains ont largué 947 bombes en Afghanistan en 2015, une analyse récente de la revue Foreign Policy a constaté que les talibans contrôlent [encore] plus de territoire en Afghanistan qu’à tout autre moment depuis 2001. Les États-Unis sont entrés dans leur 16e année de guerre en Afghanistan en dépit de plusieurs promesses faites par l’administration Obama de se retirer. En Octobre de l’année dernière, le président Obama est revenu sur sa position et a décidé de maintenir les troupes américaines en Afghanistan jusqu’à la fin de 2017. 
Les quatre derniers présidents américains ont bombardé l’Irak, et cela comprend l’actuel [prédisent] à compter des frappes aériennes qui ont été lancées le 7 août 2014. La guerre contre ISIS [l’Etat Islamique] a été initialement annoncée comme une intervention « limitée », « humanitaire ». Depuis lors, l’ancien secrétaire à la Défense, Leon Panetta, a insisté sur le fait que ce sera une « guerre de 30 ans  » et la Maison Blanche a parlé vaguement d’un « effort à long terme  » en Irak et en Syrie. 
Un autre avertissement [NdT : aberration] que Zenko a noté, l’absence totale de morts parmi les civils pointée dans le résultat de ces 23 144 bombes.
Remarquablement, ils affirment également que parmi les 25.000 combattants tués, seulement 6 civils ont «probablement» été tués dans la campagne aérienne des dix-sept mois. Dans le même temps, les officiels admettent que la taille du groupe [NdT : de l’Etat Islamique] est restée totalement inchangée. En 2014, la Central Intelligence Agency (CIA) a estimé  que l’effectif de l’État islamique se situait entre 20.000 et 31.000 combattants, tandis que [ce]mercredi [6 Janvier], [Steve] Warren à nouveau répété l’estimation à 30.000. Pour résumer le calcul explosif de l’Etat anti-islamique [NdT : des USA] : 30.000 – 25.000 = 30.000. 
Ainsi, après plus de 20.000 bombes, le Département de la Défense des États-Unis déclare juste la mort de six civils. Cette position est largement accepté par les médias, qui demande rarement qui sont ceux qui sont décimés par les frappes aériennes en Syrie et en Irak. 
En Octobre, 30 civils sont morts après que les Etats-Unis ont bombardé un hôpital à Kunduz, en Afghanistan. L’incident est toujours sous enquête, mais il a déjà été révélé que de nombreux éléments de l’histoire officielle étaient soit faux, soit délibérément trompeurs. 
Adam Johnson est rédacteur en chef adjoint à AlterNet. Suivez-le sur Twitter @adamjohnsonnyc
Fin de traduction by ΛmiЯ pour L’ΛmiЯauté 
Et après ça vous osez encore dire que ce sont les musulmans les terroristes? 
Sources : 
http://www.alternet.org/news-amp-politics/us-dropped-23144-bombs-muslim-majority-countries-2015 
http://blogs.cfr.org/zenko/2016/01/07/how-many-bombs-did-the-united-states-drop-in-2015/ 
http://alternet.org/ 

http://www.lamiraute.info/2016/01/15/qui-sont-les-vrais-terroristes-en-2015-les-usa-ont-largue-23-144-bombes-sur-des-pays-a-majorite-musulmane/ 

En savoir plus sur http://www.alterinfo.net/Qui-sont-les-vrai
s-terroristes-En-2015-les-USA-ont-largue-23-144-bombes-sur-des-pays-a-majorite-musulmane_a120236.html#LEwiCdtI76bl5Mcz.99
 
"Si vous n’y prenez pas garde, les journaux finiront par vous faire haïr les opprimés et adorer les oppresseurs." Malcom X

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