ELWATAN-ALHABIB
lundi 25 juillet 2016
 
Présence militaire française en Libye: duplicité cynique





par Kharroubi Habib
Après la mort la semaine écoulée en Libye de trois sous-officiers français - dans la chute accidentelle de l'hélicoptère les transportant selon la version officielle des autorités françaises, abattu par un tir de missile selon celle donnée par le porte-parole de la milice libyenne qui en a revendiqué la destruction -, Paris a dû enfin reconnaître la présence dans ce pays d'un contingent de ses forces spéciales.
Les autorités françaises auraient probablement continué à nier tout engagement militaire de leur pays en Libye n'eût été cet incident qui a coûté la vie à trois sous-officiers de leurs forces spéciales. Cela pour la raison qu'elles avaient conscience qu'elles l'ont décidé en contradiction de leur position officielle sur le dossier libyen qui est que la France n'interviendrait militairement en Libye qu'à la demande de l'autorité légale du pays, en l'occurrence le gouvernement d'unité nationale de Tripoli bénéficiant de la reconnaissance de l'ensemble de la communauté internationale et dans le cadre d'une opération dont l'armée française n'en serait pas l'unique acteur.
Désormais, l'on sait que la France a été dans le mensonge officiel, parce qu'elle n'a pas attendu pour intervenir en Libye que le gouvernement légal de ce pays lui fasse appel et que plus est le contingent de ses forces spéciales qui s'y trouve opère pour le compte des forces du général Haftar qui ne reconnaît pas l'autorité de ce gouvernement. Paris a beau invoquer la gravité de la menace terroriste pour la sécurité nationale française que représente l'implantation de l'Etat islamique en Libye, que la contribution de ses soldats se limite à réunir une information précise sur les capacités et les agissements de cette organisation, il ne lui est pas possible de contredire l'accusation que la France a agi sans tenir compte de la souveraineté de l'Etat libyen dont elle a pourtant soutenu la formation et reconnu la légalité et au mépris de la légalité internationale
La France n'est pas la seule puissance occidentale à piétiner la légalité internationale sous prétexte de la lutte contre le terrorisme. Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne s'y adonnent eux aussi allègrement. Le prétexte de la lutte antiterrorisme recouvre et masque en fait les véritables objectifs des opérations militaires qui sont menées par les puissances qui l'invoquent.
Pour ce qui est de la France, il apparaît dans l'affaire libyenne que Hollande et les socialistes qui n'ont eu de cesse de dénoncer l'illégalité de l'intervention militaire occidentale dans ce pays et à laquelle sous l'autorité de Nicolas Sarkozy la France a pris une part décisive, n'ont pas tiré le bon enseignement des conséquences catastrophiques qu'elle a eues pour la Libye, mais aussi pour les régions méditerranéenne et sahélienne ainsi que pour la France et l'ensemble de l'Union européenne.
Ce à quoi les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France s'adonnent en Libye sous couvert de la lutte contre Daech ne vise pas à aider les Libyens à refaire leur unité nationale. Ils ne font au contraire qu'attiser la flamme de la discorde allumée par les ambitions que nourrissent les factions politiques et militaires qui sévissent en Libye. Si ces puissances ne veulent pas probablement que l'Etat islamique arrive au pouvoir à Tripoli, elles ne s'empresseront pas néanmoins d'aider les Libyens à se réconcilier et à restaurer leur Etat national. Un chaos « gérable » est ce qui leur permettra de continuer à faire main basse sur la ressource énergétique de la Libye. Le scénario n'est pas nouveau, l'Irak, la Syrie lui ont servi de terrain d'expérimentation.
 
Commentaires:

Enregistrer un commentaire

Abonnement Publier les commentaires [Atom]





<< Accueil
"Si vous n’y prenez pas garde, les journaux finiront par vous faire haïr les opprimés et adorer les oppresseurs." Malcom X

Archives
février 2007 / mars 2007 / avril 2007 / mai 2007 / juin 2007 / juillet 2007 / août 2007 / septembre 2007 / octobre 2007 / novembre 2007 / décembre 2007 / janvier 2008 / février 2008 / mars 2008 / avril 2008 / mai 2008 / juin 2008 / septembre 2008 / octobre 2008 / novembre 2008 / décembre 2008 / janvier 2009 / février 2009 / mars 2009 / avril 2009 / mai 2009 / juin 2009 / juillet 2009 / août 2009 / septembre 2009 / octobre 2009 / novembre 2009 / décembre 2009 / janvier 2010 / février 2010 / mars 2010 / avril 2010 / mai 2010 / juin 2010 / juillet 2010 / août 2010 / septembre 2010 / octobre 2010 / novembre 2010 / décembre 2010 / janvier 2011 / février 2011 / mars 2011 / avril 2011 / mai 2011 / juin 2011 / juillet 2011 / août 2011 / septembre 2011 / octobre 2011 / novembre 2011 / décembre 2011 / janvier 2012 / février 2012 / mars 2012 / avril 2012 / mai 2012 / juin 2012 / juillet 2012 / août 2012 / septembre 2012 / octobre 2012 / novembre 2012 / décembre 2012 / janvier 2013 / février 2013 / mars 2013 / avril 2013 / mai 2013 / juin 2013 / juillet 2013 / août 2013 / septembre 2013 / octobre 2013 / novembre 2013 / décembre 2013 / janvier 2014 / février 2014 / mars 2014 / avril 2014 / mai 2014 / juin 2014 / juillet 2014 / août 2014 / septembre 2014 / octobre 2014 / novembre 2014 / décembre 2014 / janvier 2015 / février 2015 / mars 2015 / avril 2015 / mai 2015 / juin 2015 / juillet 2015 / août 2015 / septembre 2015 / octobre 2015 / novembre 2015 / décembre 2015 / janvier 2016 / février 2016 / mars 2016 / avril 2016 / mai 2016 / juin 2016 / juillet 2016 / août 2016 / septembre 2016 / octobre 2016 / novembre 2016 / décembre 2016 / janvier 2017 / février 2017 / mars 2017 / avril 2017 / mai 2017 / juin 2017 /


Powered by Blogger

Abonnement
Articles [Atom]