ELWATAN-ALHABIB
mardi 30 août 2016
 

Les États-Unis ne combattent pas le « terrorisme musulman », ni même « l’extrémisme » ; ils les fabriquent et les sèment partout (Global Research)






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Les États-Unis ne combattent pas le « terrorisme musulman », ni même « l’extrémisme » ; ils les fabriquent et les sèment partout (Global Research)
Il est temps de dire ce qui paraît désormais évident
Si l’Occident en général, et les États-Unis en particulier, pliaient bagages et fichaient la paix au monde arabe et musulman, nous n’aurions probablement jamais eu toutes ces attaques terroristes qui secouent le monde, de l’Indonésie à la France. Il n’y aurait pas eu de Moudjahidin puis sa mutation vers al-Qaida ; ni en Afghanistan ni ailleurs. Il n’y aurait jamais eu un semblant d’ISIS (ou ISIL ou EI ou Daesh ou quelque soit son nom) en Syrie, en Irak, en Libye ou ailleurs.
Et l’islam wahhabite super-conservateur, une version saoudienne rétrograde et monstrueuse, resterait cantonné aux écoles religieuses du royaume ultra-rétrograde au lieu de gagner du terrain partout dans les régions de l’Asie du Sud-Est, du Moyen-Orient et de l’Afrique.
Mais l’Occident a choisi un chemin machiavélique et brutal : il a décidé de détruire l’Islam socialiste – cette version (historiquement) modérée, compatissante et progressiste. Il a détruit l’Egypte, jadis laïque ; il a renversé le gouvernement socialiste de l’Iran puis la quasi-communiste Indonésie, pour implanter dans tous ces lieux des concepts religieux terriblement dégénérés et totalement rétrogrades. Il a utilisé des extrémistes pour détruire le patriotisme bon teint et le socialisme. Comme les Britanniques au 19ème siècle ( « Vous pouvez contrôler le cerveau des gens, tant que nous contrôlons vos ressources naturelles »), l’Occident s’est rallié à l’enseignement wahhabite, parce que ce dernier était en mesure de garantir une obéissance totale, une gouvernance dictatoriale (et pro-occidentale) et une féodalité oppressive .
L’Islam a été utilisé, manipulé et pratiquement dépouillé de son essence. Le processus est allé si loin que deux éminents spécialistes iraniens, lors de ma visite l’année dernière à Téhéran, m’ont déclaré : « Dans de nombreuses régions du monde, l’Occident a créé une religion absolument nouvelle. Nous ne la reconnaissons plus. Cela n’a rien à voir avec l’islam ».
Si l’Occident en général, et les États-Unis en particulier, pliaient bagages et fichaient la paix au monde arabe et musulman, nous n’aurions probablement jamais eu toutes ces attaques terroristes qui secouent le monde, de l’Indonésie à la France
Exact. Comme un enfant gâté et méchant, l’Occident, après avoir détruit l’Union Soviétique, a minutieusement construit son nouvel ennemi – « l’Islam militant » – afin de pouvoir continuer à se livrer à son activité préférée : le conflit perpétuel, les guerres sans fin et le pillage.
C’est aussi simple que ça.
Les plus grands oppresseurs des peuples musulmans, ceux de l’Arabie Saoudite, de Bahreïn et de l’Indonésie ont tous été étroitement liés à l’Occident. Les organisations terroristes « musulmanes » les plus terribles, d’Al-Qaida à Daesh, ont toutes été créées, armées et soutenues par l’Occident et ses acolytes.
En Europe et aux États-Unis, la « peur des terroristes » est pleinement exploitée par l’Occident. Le pouvoir y tient encore principalement grâce à cette peur implantée dans le cerveau des « gens ordinaires ».
Et que dire de la « guerre contre le terrorisme » ? Oui, une telle guerre existe, mais ce n’est pas l’Occident qui la livre. Au moment d’écrire ces lignes, la guerre contre le terrorisme est livrée par la Russie, l’Iran, la Chine, la Syrie, le Hezbollah et leurs alliés.

***

L’Occident continue de collaborer étroitement avec les terroristes. Comme par miracle, il « rate ses cibles » lorsqu’il les « attaque » ; il finance les uns et dispense une formation aux autres. Il critique et s’oppose à ceux qui sont réellement en train de combattre les groupes militants extrémistes.
Les extrémistes ont été lâchés tels des Pitbulls de combat contre presque tous les gouvernements progressistes du Moyen-Orient, mais aussi contre la Chine et la Russie. Des extrémistes musulmans, mais également des extrémistes chrétiens et même des extrémistes bouddhistes !
En retour, les politiciens aux États-Unis sont régulièrement soutenus, financièrement, par les régimes (dont l’Arabie Saoudite, Bahreïn, etc.) qui diffusent, sans relâche, à travers le monde, les concepts religieux les plus intolérants et grotesquement violents.
En dépit de leur servilité et lâcheté intrinsèque, certains grands médias nord-américains discutent actuellement de divers programmes impliquant le financement de la Fondation Clinton par l’Arabie Saoudite (aux côtés de plusieurs grandes sociétés transnationales et les plus grandes banques de Wall Street).
Dès 2008, CNN avait rapporté, dans son émission « Breaking News » :
Les dons à la Fondation William J. Clinton comprennent des montants de $10 millions à $25 millions du Royaume d’Arabie Saoudite, de la Fondation Bill et Melinda Gates et du magnat de l’immobilier Stephen Bing, un ami personnel de Clinton.
Les Clinton ont subi une pression intense pendant la campagne de Hillary Clinton pour l’investiture démocrate pour révéler les noms des donateurs à la Fondation et à la bibliothèque présidentielle Clinton dans l’Arkansas.
Bill Clinton a finalement accepté de publier la liste après que le président élu Barack Obama ait nommé Hillary Clinton au poste de secrétaire d’État.
Les gouvernements du Koweït et du Qatar figurent également sur la liste, tout comme l’homme d’affaires saoudien Nasser Al-Rashid qui a des liens étroits avec la famille royale saoudienne. Le Saoudien Sheikh Mohammed H. Al-Amoudi, réputé pour être l’un des hommes les plus riches du monde, figure aussi parmi les bailleurs de fonds. Les deux Saoudiens ont contribué à hauteur de $1 million à $5 millions. Un groupe appelé les Amis de l’Arabie Saoudite et la Fondation Dubaï apparaissent également dans la même catégorie.
Aussi récemment que le 20 Août 2016, le New York Times a écrit quelque chose de similaire, essentiellement reconfirmant la validité des articles précédents, tout en ajoutant beaucoup plus de détails et en ajustant les chiffres :
Le royaume d’Arabie Saoudite a fait don de plus de $10 millions. Ainsi que le beau-fils, par l’intermédiaire d’une fondation, d’un ancien président ukrainien dont le gouvernement a été largement critiqué pour corruption et l’assassinat de journalistes. Un homme d’affaires libano-nigérian avec de vastes intérêts commerciaux a contribué jusqu’à hauteur de $5 millions.
Pendant des années, la fondation de Bill, Hillary et Chelsea a prospéré en grande partie grâce à la générosité des donateurs et personnalités étrangères qui ont donné des centaines de millions de dollars. Mais maintenant que Mme Clinton est dans la course à la Maison Blanche, le financement de la philanthropie tentaculaire est devenu un « talon d’Achille » pour sa campagne et potentiellement aussi, en cas d’élection, pour son futur gouvernement.
Huma Abedin, qui fut longtemps la principale assistante de Clinton, (et qui a passé une partie de son enfance en Arabie Saoudite) a servi d’intermédiaire entre l’ancien secrétaire d’État et les intérêts pro-saoudiens. Elle a également négocié un soutien financier à Mme Clinton de M. Chagouri et d’autres individus, organisations et entreprises du Moyen-Orient.
Les accusations et les preuves continuent d’affluer, de différents médias, à gauche comme à droite. Le 1er Août, 2016, le conservateur Breitbart News a écrit :
Khizr Khan, le père musulman et médaillé de guerre « Gold Star » que les grands médias et l’ancien secrétaire d’Etat Hillary Clinton ont utilisé pour critiquer Donald J. Trump, a des liens étroits avec le gouvernement de l’Arabie Saoudite – et avec des investisseurs internationaux islamistes à travers son propre cabinet d’avocats. En plus de ces liens avec la riche nation islamiste, Khan a également des liens avec des programmes d’immigration controversés grâce auxquels des étrangers riches peuvent essentiellement acheter leur entrée aux États-Unis, et aussi des liens profonds avec la « Clinton Cash » à travers la Fondation Clinton.
La dépendance de Hillary Clinton envers ses sponsors saoudiens a fortement influencée sa décision de maintenir une politique étrangère au service de Riyad et de soutenir divers groupes terroristes contrôlés par l’Arabie Saoudite et le Qatar, et au-delà de la région du Moyen-Orient.
En réalité, Clinton représente tout simplement la « continuité » d’une tendance dangereuse préexistante. Le régime est en « évolution » depuis des décennies, mais surtout depuis les années Reagan. Républicains ou Démocrates, cela importe vraiment très peu. Les deux partis sèment la terreur partout dans le monde. Certes, George W. Bush a envahi l’Irak, mais des gens comme Bill Clinton sont des amis proches et des partisans de Paul Kagame, le « boucher du Congo » Rwandais, avec le sang de quelques 10 millions de personnes sur les mains. Le Démocrate et « modéré » Bill Clinton a également été responsable de l’agression criminelle et la destruction de la Yougoslavie socialiste. Et ainsi de suite…
Mais sous le règne de Barack Obama, le dernier espoir pour un Moyen-Orient indépendant et le monde arabe s’est pratiquement évaporé. La Libye a été détruite ; la guerre civile syrienne [guerre civile ? – NdE] a été lancée depuis Washington, Londres et Paris. Les Saoudiens ont noyé le Yémen dans le sang à l’aide d’armes fabriquées au Royaume-Uni et aux États-Unis. Pratiquement toutes les « révolutions du printemps arabe » ont été infiltrées et détournées. Et à Bahreïn, la majorité chiite a été littéralement violée par l’Arabie Saoudite et ses propres dirigeants impitoyables sous le regard bienveillant de conseillers britanniques.
Les États-Unis et l’Europe continuent de vendre des armes dans le Golfe, tout en construisant de nouvelles bases militaires et de soutenir les régimes les plus effroyables et sanguinaires.
L’« Ere Obama /(Hilary) Clinton » a considérablement « amélioré » la symbiose entre l’impérialisme occidental, les entreprises multinationales et les régimes fascistes pro-occidentaux dans le monde entier, mais particulièrement au Moyen-Orient et en Afrique.
Cette étreinte mortelle s’est révélée fatale pour des millions de personnes dans ces deux régions du monde. Les espoirs d’auto-gouvernance ont été ruinés. Les cadavres continuent de s’empiler en Syrie, en Irak, en Libye, au Yémen, au Soudan du Sud, en Somalie, en République démocratique du Congo (RDC), et ailleurs.
L’Occident n’en a cure, tant qu’il reste aux commandes du « spectacle », et aussi longtemps que les fabricants d’armes gagnent des centaines de milliards de dollars. Même si des millions meurent, il y a encore un flux ininterrompu de matières premières vers l’Occident et le Japon. Par conséquent, c’est « business as usual ». La vie des « non-gens » ne vaut rien.

***

À un moment donné, la Russie, l’Iran, la Chine et d’autres se sont dit « ça suffit ; nous allons combattre les vrais terroristes ! Luttons contre Daesh et d’autres bigots ! Soutenons les patriotes dotés d’une conscience sociale et indépendants ».
Ce qui a provoqué une indignation totale à Washington, Londres et Paris (et Tokyo). La désobéissance et la rébellion contre l’ordre mondial (occidental) ne peuvent être tolérées ! Il faut les écraser, même au prix d’une nouvelle et meurtrière guerre mondiale.
L’OTAN, Washington, l’Europe, le Japon et la Corée du Sud se sont tous lancés dans une politique de confrontation directe avec la Russie, la Chine, l’Iran, la Corée du Nord (RPDC) et d’autres membres de la « Coalition de ceux qui osent ». Le Brésil, un membre important du BRICS, a récemment été détruit par un coup d’état d’extrême-droite soutenu par l’Occident.
Même le candidat républicain Donald Trump, dans ses rares moments de lucidité, est clairement conscient du danger. Il ne veut pas affronter la Russie. A l’évidence, il n’est pas prêt à sacrifier des dizaines de millions de vies humaines pour des rêves grotesques de domination totale du monde par le fondamentalisme de marché soutenu par les dogmes blancs (ou occidentaux) de suprématie.
Mais les moments de lucidité de Trump sont qualifiés de « folie » par la propagande dominante. Sans surprise. Comme l’a dit à juste titre Arundhati Roy, il y a quelques années : « désormais la guerre est appelée la paix et le noir est appelé blanc ».

***

La campagne de Clinton tourne à plein régime. Elle tente de détourner l’attention de ses propres scandales de financement, en accusant les assistants de Donald Trump de recevoir un financement de l’étranger. Trump est maintenant décrit comme un « agent Russe ».
Ce n’est qu’un jeu égoïste, qui n’a rien à voir avec les intérêts du monde, ni même les intérêts des « américain ordinaires ».
Tant qu’il n’y aura pas de changement dans la ligne politique générale de l’Occident, ou tant que l’Occident ne sera pas arrêté par des forces extérieures, les guerres sans fin se poursuivront. Les génocides monstrueux en Afrique, la destruction d’Etats et de régions entières dans le Moyen-Orient, tout cela pourrait facilement se propager à d’autres parties de la planète.
Il est clair maintenant que s’ils sont provoqués et agressés, des pays comme la Chine, la Russie et l’Iran n’hésiteront pas à riposter. Ils peuvent aussi se battre pour d’autres – pour leurs alliés agressés.
Les implants et copains l’Occident, Moudjahidin / Al-Qaida et consorts, ont déjà détruit l’Afghanistan et l’Union soviétique. Daesh, un autre mutant crée par l’Occident et ses alliés, a dévasté l’Irak, la Syrie, la Libye et ce qui reste de l’Afghanistan.
Ces « mouvements » n’ont vraiment rien à voir avec l’Islam. Ils ont été fabriqués à Washington, Riyad, Londres et Doha (et très probablement même à Tel-Aviv), à plusieurs fins très concrètes, et toutes nauséabondes.
Ils veulent assurer la destruction de la nature socialiste de l’Islam, en insistant exclusivement sur des interprétations fondamentalistes rétrogrades.

***

La mère de Huma Abedin, le Dr Saleha Mahmood Abedin, est l’une des membres fondatrices de Muslim Sisterhood et présidente du International Islamic Committee for Woman and Child [Comité international islamique pour la femme et l’enfant – IICWC). Elle est aussi une écrivaine bien connue et éditrice basée en Arabie Saoudite. Son organisation (IICWC) a fait valoir à plusieurs reprises qu’il fallait abroger les lois qui interdisent l’excision, de même que les lois qui interdisent le mariage des enfants et le viol conjugal. Au cours de sa visite à KSA, Hillary Clinton a parlé au collège islamique de Dar El-Hekma (où le Dr Saleha Abedin a été vice-doyenne) aux côtés de son assistante préférée – Huma Abedin.
S’agit-il d’un simple épisode anecdotique ? A l’instar de ces millions de dollars de financement de l’Arabie Saoudite pour la fondation de Clinton ? A l’instar de la « politique étrangère » des États-Unis dans le Golfe et le Moyen-Orient, à l’instar de la propagation des groupes extrémistes musulmans aux quatre coins du monde, en Afrique, au Moyen-Orient, en Asie du Sud et même en Chine ? A l’instar du déchaînement d’un l’islam conservateur contre les pays musulmans socialistes ?
Il y a top d’ « épisodes anecdotiques » ! Trop de sang … Il est temps de dire ce qui paraît désormais évident : « L’establishment des États-Unis ne combat pas le « terrorisme musulman », ni même« l’extrémisme » ; il les fabrique et les sème partout.
Le seul véritable ennemi de Washington, de Londres et de Paris est, depuis des décennies, et même depuis des siècles, la lutte anti-colonialiste et le désir ardent des peuples du monde entier de mettre fin à la dictature mondiale de l’Occident.
Andre Vltchek
Traduction « on s’en lasse pas de remettre quelques pendules à l’heure, même s’il est trop tard » par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles.
Andre Vltchek est un philosophe, romancier, cinéaste et journaliste d’investigation. Il a couvert les guerres et les conflits dans des dizaines de pays. Ses derniers livres sont : Exposing Lies Of The Empire et Fighting Against Western Imperialism. – Discussion with Noam Chomsky : On Western TerrorismPoint of No Return est son roman politique acclamé par la critique. Oceania – un livre sur l’impérialisme occidental dans le Pacifique Sud. Son livre provocateur sur l’Indonésie : Indonesia – The Archipelago of Fear.
http://www.globalresearch.ca/hillary-clinton-is-spreading-islamist-ext…

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lundi 29 août 2016
 
Belgique: Burkini, Manifeste-toi




 par Notre Correspondant A Bruxelles:
M'hammedi Bouzina Med


Face à l'indifférence du peuple belge de l'hallucinant débat sur le port du «Burkini», ce sont les premiers responsables politiques belges qui «allument la mèche», alors que le pays s'apprête à une rentrée sociale et politique assez mouvementée.

«Lorsque la France attrape froid, la Belgique tousse», dit un adage populaire belge. Ainsi le turbulent chef de file de la NVA (Nouvelle alliance flamande) parti séparatiste et de droite dure au pouvoir fédéral avec le parti libéral francophone, le MR de Charles Michel, se saisissent de l'absurde débat du port du «Burkini» sur les plages belges en souhaitant une loi pour son interdiction. Le Premier ministre belge, lui, répond par une esquive aussi burlesque que sournoise: «Comment distinguer un burkini d'une tenue de plongée - sous-marine - ?» et d'ajouter «cependant, lorsque cela - le port du burkini- risque de provoquer des troubles à l'ordre public, il faut que les bourgmestres - maires- puissent intervenir.» Voilà donc la Belgique angoissée pour la gestion de ses quelque 60 kilomètres de façade marine dont une quarantaine de kilomètre de plages et ports de plaisance sur la mer du Nord. Puisque la société belge n'évoque pas cette question éminemment politique du burkini, c'est donc du devoir de ses responsables politiques de premier plan de l'inciter en plaçant, via les médias belges, le burkini comme une préoccupation publique obligée. La seule différence avec la France est qu'il n'y a point d'élection majeure en perspective avant 2018 en Belgique. Une autre différence non moins importante: la Belgique a eu comme toujours, un été «pourri, c'est-à-dire avec peu d'ensoleillement, beaucoup d'orages, de vent et de pluie et des températures rarement au dessus des 21 degrés. Malheureusement ou heureusement, une canicule soudaine en cette fin de mois d'août couvre le pays depuis mardi et cessera, selon la météo, dimanche.

Six jours d'une chaleur soudaine qui ont rappelé aux responsables belges que le pays a des plages, mêmes si la mer du Nord est froide et capricieuse, et qu'il faut donc prévenir le «risque de trouble à l'ordre public» que provoquerait éventuellement une tenue de plage identifiée à l'islam, puis l'islamisme, puis le terrorisme, etc. Si l'on comprend bien, le port du burkini est un risque sécuritaire face auquel il faut légiférer, doive-t-on violer les lois sur la protection des libertés individuelles prônées par la Constitution belge. C'est vrai que la rentrée sociale et politique s'annonce «chaude»: grèves, manifestations des syndicats contre la législation du travail, mouvement des étudiants sur des réformes jugées injustes, voire ségrégationnistes (médecine par exemple), surenchère des partis flamands de droite pour une autre réforme institutionnelle, etc. Et quoi de mieux que mettre au centre du débat la question d'une tenue de plage pudique pour amuser les Belges ?

Parce que se fixer jusqu'à l'obsession sur la nudité en partie ou totale du corps de la femme sur une plage jusqu'à en faire le sujet majeur de l'actualité politique, est-il autre chose qu'une immense pièce de théâtre de boulevard des temps passés comme aimait en faire un Molière (Tartuffe) par exemple? Sauf qu'en ces temps-là l'équation était inversée: c'est la nudité de la femme qui obsédait les hommes. On condamnait au fouet (autre forme de verbalisation moyenâgeuse) la femme qui montrait ses formes ou sa nudité en public. Prendre exemple sur la France et imiter ses divagations et ses dérives populistes n'est pas si conseillé en ces temps d'inquiétude du monde sur d'autres sujets plus honorables et justes: militer et activer pour la fin des guerres en Syrie, Libye, Yémen, Irak; aider et apaiser les souffrances des centaines de milliers de réfugiés dont beaucoup se noient dans les abysses des mers; stopper la colonisation israélienne en Palestine et les souffrances endurées par les Palestiniens. Au plan interne, relancer le dialogue social avec les syndicats pour la poursuite des réformes économiques avec plus de justice sociale; donner de l'espoir à la jeunesse et relancer l'emploi, etc. Soit un peu plus de sérieux et moins de cinéma.

Quoique... cette campagne anti burkini n'est pas si anodine que cela. On sait ce qu'a vécu le peuple juif des années 20 et 30 jusqu'à l'obligation du port de l'étoile jaune qui l'a conduit dans les camps d'extermination nazis. Comme quoi, lorsque des responsables politiques occupent leur temps à surveiller l'accoutrement des gens jusque sur les plages n'est pas au final qu'une simple comédie politique, mais est plus révélateur de la pulsion des hommes qui annonce une catastrophe générale qui emportera hommes et femmes sans distinction d'origine, de croyance ou de sexe. Ca s'appelle la guerre. 
 
vendredi 19 août 2016
 

Burkini : Le choc des civilisations à l’heure du pastis







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Curieux pays que la France. Ses dirigeants tentent d’abattre depuis cinq ans, par tous les moyens, le seul régime non confessionnel du Moyen-Orient. Ils livrent des armes aux djihadistes au nom de la démocratie et des droits de l’homme. Ils bombardent les populations civiles en prétendant lutter contre le terrorisme qu’ils soutiennent par ailleurs. Ils distribuent des médailles honorifiques et vendent des avions de chasse aux sponsors saoudiens de la terreur planétaire. Mais cette absurdité permanente de notre politique étrangère n’offusque personne. Elle ne suscite dans les médias dominants que des débats feutrés. Aucun mouvement de foule n’en dénonce la nocivité. Pour peu elle passerait inaperçue, faisant place à d’autres préoccupations.
Car ce ne sont pas les événements d’Alep qui passionnent les foules. Ces affrontements exotiques auxquels on ne comprend rien n’intéressent personne. Loin de nous, ils sont comme frappés d’insignifiance. Le vrai sujet est ailleurs, son urgence saute aux yeux. Son extrême gravité nous pétrifie d’angoisse. Le burkini ! Ce costume de bain ne devrait provoquer, au pire, qu’un sourire narquois ou désabusé. Il ne devrait susciter, au mieux, qu’une souveraine indifférence. Mais voilà qu’il se transforme en casus belli pour estivants déchaînés, qu’il devient le motif extravagant d’une bataille de parasols. Portée à l’incandescence par l’atmosphère corse, la discorde frôle même le paroxysme, à coups de jets de canettes et de fléchettes de harpon.
Aurait-on tort de ne pas prendre au sérieux cette invraisemblable querelle ? Oui, nous dit-on, car elle serait symboliquement décisive. Elle serait lourde de signification implicite, grosse d’une menace existentielle. A croire certains, elle s’élèverait même au rang du combat suprême pour la défense de nos valeurs. Menacée de submersion, l’identité européenne jouerait son va-tout dans cette rixe saisonnière aux relents de pastis. Congédiant la pétanque et les épuisettes, elle reléguerait les passions vacancières au magasin des accessoires. Alors que dans les piscines allemandes on s’en moque, ce maudit vêtement émeut l’opinion, chez nous, avec une singulière intensité.
On a parfaitement le droit, bien sûr, de ne pas aimer cette tenue de bain pour ce qu’elle représente. Car cette version balnéaire du voile intégral n’est pas étrangère à un rigorisme qu’il est légitime de combattre sur le plan des idées. Mais la vie en société implique aussi l’acceptation de la différence culturelle. Dès lors qu’elle n’entrave la liberté de personne, une pratique sociale, vestimentaire ou autre, ne peut faire l’objet d’une interdiction que si elle déroge à un principe fondamental. Mais dans le cas d’espèce, lequel ? On peine à le trouver. Et l’on interdit la pratique des uns parce qu’elle ne plaît pas aux autres. Ce qui soulève cette question : dans un Etat laïc, les prohibitions légales ont-elles vocation à épouser les aversions subjectives des uns et des autres ?
Effet collatéral du climat créé par les attentats, cette interdiction, en réalité, renvoie sans le dire à la lutte contre le terrorisme. Que le burkini entretienne un rapport de connivence implicite avec l’idéologie wahhabite, au demeurant, n’est pas faux. Que cette idéologie soit la matrice originelle du djihadisme non plus. Mais les femmes qui adoptent cette tenue par conviction religieuse ne sont pas pour autant des adeptes du terrorisme. Et le motif de l’interdiction, il faut le reconnaître, demeure juridiquement faible, puisqu’on ne peut même pas invoquer le fait que le visage est masqué, contrairement à la burqa.
Il n’empêche que pour une partie de la population française cet argument est de peu de poids. A ses yeux, cette lutte symbolique est le baroud d’honneur de l’Occident en proie aux barbares. La guerre du maillot intégral, c’est le choc des civilisations mis à la portée des plagistes, le grand frisson identitaire à l’heure de l’apéro aux olives. On croit combattre le fanatisme en faisant la chasse au burkini, mais on ne poursuit que des ombres, sans voir la diversion à laquelle on prête la main. Nourrie par des médias rapaces, cette bataille dérisoire, une fois de plus, détourne de l’essentiel. Cette vaine dispute est un écran de fumée dont des politiciens véreux font leur miel. Et elle montre notre incapacité politique à prendre au sérieux l’islamisme radical pour mieux le combattre.
 Bruno Guigue
Bruno Guigueancien élève de l’École Normale Supérieure et de l’ENA, Haut fonctionnaire d’Etat français, essayiste et politologue, professeur de philosophie dans l’enseignement secondaire, chargé de cours en relations internationales à l’Université de La Réunion. Il est l’auteur de cinq ouvrages, dont Aux origines du conflit israélo-arabe, L’invisible remords de l’Occident, L’Harmattan, 2002, et de centaines d’articles.

 
mardi 16 août 2016
 
Paris accusé de miser sur la partition de la Libye




par Kharroubi Habib
A ceux qui ne parvenaient pas à comprendre pourquoi la France qui, officiellement, reconnaît le gouvernement d'accord national (GNA) dirigé par Fayez Sarradj en tant que seule autorité légale de Libye a mis pourtant à disposition du général Khalifa Haftar qui la lui conteste le détachement de ses forces spéciales qui opère dans ce pays, le président de la commission des affaires étrangères du Sénat italien Pier Ferdinando Casini leur fournit sans détour l'explication dans l'interview qu'il a accordée au quotidien « El Messaggero ».

Pour ce sénateur italien, si en Libye la France marche dans une direction alors que l'Italie, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis avancent dans une autre (soutien au Premier ministre et à son cabinet d'union nationale), c'est parce que avec l'Egypte elle mise sur la division du pays en trois parties.

L'accusation que formule le parlementaire italien contre Paris et que le gouvernement de Rome estime probablement avérée n'est pas sans fondement malgré les dénégations françaises qu'elle provoquera. La justification fournie par les autorités françaises sur la présence de leur détachement des forces spéciales de leur pays aux côtés de « l'armée nationale libyenne » que commande le général Haftar qui refuse l'autorité du GNA est qu'elle est destinée à contribuer à rendre plus efficiente sa participation à la lutte contre Daech. Ce qu'elles taisent par contre c'est que le général Haftar refuse toute subordination de son « armée » à l'état-major des forces armées du GNA engagées elles aussi dans une offensive en cours contre l'organisation terroriste, et qu'en l'aidant militairement elles l'encouragent à persister à faire cavalier seul, ce qui ne concourt pas à conforter la dynamique d'union nationale ébauchée en Libye sous les auspices des Nations unies et dont le cabinet Sarradj en est l'émanation.

En tout état de cause, il se dévoile qu'en Libye les interventions étrangères qui s'y déroulent n'ont pas pour but uniquement de mettre fin à la menace qu'est la présence de Daech dans le pays mais également de faire prévaloir les intérêts respectifs des Etats qui les ont engagées. Leur résultat risque de prolonger en l'aggravant le chaos dans lequel se trouve la Libye tant il apparaît manifeste que ces intérêts sont divergents occasionnant des rivalités entre ces Etats qui pour défendre ce qu'ils estiment leur revenir dans ce pays ne reculent pas à jouer un camp libyen contre l'autre.

L'accusation formulée par le président de la commission des affaires étrangères du Sénat italien contre la France et l'Egypte n'est toutefois nullement à considérer comme la dénonciation de l'ingérence étrangère dans les affaires de la Libye. Rome ne s'oppose à Paris et au Caire que parce qu'elle estime le but de leur intervention préjudiciable aux intérêts « historiques » que l'Italie détient en Libye. Pour les contrer, Pier Fernandino Casini ne propose rien d'autre que la convocation d'un sommet européen qui sous couvert d'une position commune de l'Europe contraindrait la France à réviser sa position. Suggestion qui n'est pas excluante d'une intervention militaire étrangère coordonnée.

Ce dont pourtant le gouvernement Sarradj censément appuyé par l'Italie et les autres puissances occidentales a fermement déclaré qu'il n'en veut pas. Accusateurs comme accusés jouent dans ce conflit une partition en solo dont on décèle derrière chacune les sinistres appétits de leurs exécutants. Pour l'Algérie, ces ingérences étrangères en Libye voisine n'augurent rien de bon pour sa sécurité nationale. 

 
mardi 9 août 2016
 
Terrorisme: La haine du «mode de vie» occidental, dites-vous?



par Bruxelles: M'hammedi Bouzina Med
L'agression lâche et criminelle, samedi dernier, d'un «sans-papiers» algérien contre deux policières belges remet à l'ordre du jour, chez les politiques, la stratégie de fuite en avant en donnant pour seule explication du terrorisme la haine du «mode de vie occidental».

Trois jours après « l'attaque terroriste» d'un homme de 33 ans, algérien de nationalité en séjour illégal en Belgique, contre deux policières dans la ville de Charleroi, les médias belges (et français) autant que les premiers responsables politiques belges s'engouffrent dans le machiavélique jeu espéré par les terroristes, une fois leurs crimes abjectes réalisés: tétaniser la société, brouiller les repères politiques, semer la confusion dans les discours politiques et lever les communautés les unes contre les autres. S'il est évident que « l'attaque terroriste» contre les deux policières blessées, heureusement hors de danger, demeure un crime crapuleux et impardonnable, il est tout aussi inquiétant de constater la prise en charge de cet événement dramatique par les dirigeants politiques belges et les médias, assurant consciemment ou non, une opération de marketing politique et de publicité tout bénéfice pour l'ogre Daech. Attribuer la capacité à l'organisation sanguinaire à planifier et réaliser ce qui s'apparente plus à une agression qu'à une «attaque» d'un «sans papier» désespéré, pourri de frustrations, auteur de larcins et haineux envers l'administration belge pour lui avoir refusé à deux reprises la régularisation, est non seulement ridicule, mais dangereux comme explication. Dangereux parce que si la médiocrité du traitement médiatique de tels faits (de société) répond souvent à la méprisable course à l'audimat et ses honteuses retombées financières, cette médiocrité semble croiser le chemin de responsables politiques aux affaires ou non. Le Premier ministre belge et le président de la région de Wallonie-Bruxelles ont interrompu leurs vacances dès l'annonce de «l'agression» des deux policières pour s'exprimer sur les plateaux de télévisions et manifester leur soutien aux victimes et aux policiers d'une manière générale. Honorable réaction qui marque le sens des responsabilités de ces deux hommes politiques. Malheureusement, leurs interventions aussi sincères soient-elles, participent à aggraver le climat anxiogène et de tension communautaire né depuis les attentats de novembre à Paris et mars à Bruxelles. Le Premier ministre belge, Charles Michel, à repris à son compte le vocabulaire des médias qualifiant l'agression «d'attaque terroriste», alors que le président de la Wallonie, Paul Magnette, explique « Ils - les terroristes- ont de la haine contre notre mode de vie». Des lieux devenus communs. Les mots ont un sens et peuvent faire plus de dégâts dans la société que les actes. Ainsi, soudainement, cet homme qui demande depuis 2012 à être régularisé pour vivre en Belgique et sommé de quitter la Belgique s'est mis à détester le «mode de vie» belge. Et par ricochet, tous les fous qui se réclamant de l'islam qui attaquent ou se font kamikazes et tuent d'autres gens sans distinction de religion, origine ou couleur de peau ont, soudain de la haine contre le «mode vie occidental» dans lequel ils sont pour leur majorité nés, élevés et éduqués. Qu'elle est loin la guerre en Syrie et ses millions de victimes! Qu'ils sont loin les drames libyen, yéménite, irakien ! Qu'il est loin des yeux et des médias le drame des Palestiniens ! Seul le mode de vie explique la violence terroriste sur le sol occidental. La légèreté de l'explication des raisons des actes terroristes sur le sol occidental s'apparente à la provocation recherchée par Daech et tous les autres terroristes du monde. Si telle est l'explication, pourquoi les terroristes de Daech, El Qaeda, Al- Nosra et consorts tuent, assassinent et terrorisent les populations à majorité musulmane qui ont un «mode de vie» qui n'a rien à voir avec l'Occident? Et puis comment faire croire aux populations occidentales que leurs gouvernements peuvent bombarder en Syrie et ailleurs, tuant des milliers de civils sans qu'elles ne soient inquiétées chez elles? Pourquoi l'Occident ne cesse-t-il pas lui aussi la guerre pour s'employer à un travail de politique et de diplomatie, qui coûte nettement moins cher que la guerre, pour un dialogue entre les belligérants en Syrie, Libye, Yémen, etc.? C'est une logique infernale dans laquelle s'engagent les responsables politiques occidentaux que celle d'expliquer la violence aveugle qui frappe leurs concitoyens par le seul argument de la haine de leur «mode de vie». Désespérant pour l'avenir. 
 
jeudi 4 août 2016
 

Lutter contre les commentaires racistes en les affichant en « une » de son journal










La « une » du journal libéral « De Morgen » du 3 août, qui titre sur le « racisme sans honte » en réaction aux insultes racistes contre un jeune Belge décédé au Maroc.

L’histoire aurait pu n’être qu’un triste fait divers. Elle est en passe de devenir un symbole dans l’éternel débat autour de la liberté d’expression sur les réseaux sociaux, et les recours, juridiques ou symboliques, qui existent face à la haine, la méchanceté et l’horreur en ligne.

Ramzi Mohammad Kaddouri, 15 ans, habitait à Limburg, en Flandre. Pendant ses vacances au Maroc, cet adolescent, de nationalité belge et d’origine marocaine, a trouvé la mort, le 30 juillet, dans un accident de quad. Le journal De Morgen a relayé la triste nouvelle, et a constaté la réaction sur les réseaux sociaux : des centaines de commentaires racistes sous l’article, avec la photo du jeune homme, sur Facebook ou Twitter, jusqu’à sa reprise, toujours sur Facebook, par la page d’un groupuscule d’extrême droite, la Ligue de défense flamande (le post a été supprimé depuis).
Dans son édition du 3 août, De Morgen décide de faire sa « une » avec ces commentaires écrits sur fond noir, sous le titre : « Racisme éhonté ». Courrier international a traduit certains des messages auxquels ont eu droit les modérateurs du journal flamand, sans citer les noms de auteurs :
  • « Si ça c’est un Flamand, je suis Saint-Nicolas » ;
  • « Malheureusement, la plupart des Flamands ressemblent désormais à ça, avec leur face de singe » ;
  • « Lol, c’était un attentat-suicide ? ».
Tine Peeters, une journaliste de De Morgen, a écrit une tribune pour dénoncer le comportement de ces lecteurs, ce déferlement de haine décomplexé directement lié aux« attentats, à la crise des réfugiés et à la stagnation économique [qui] attisent visiblement la peur et font disparaître toute honte ». Ce jeune homme, décrit comme « charmant et engagé », est « mort deux fois (...). D’abord , il a eu l’accident sur un quad au Maroc. Il a ensuite été tué sur Facebook et Twitter ».
Plutôt qu’ignorer, effacer ou censurer, la rédaction de De Morgen a voulu montrerdénoncer et faire en sorte que tout le monde lise ces mots. Une stratégie qui aura eu le mérite de lancer un débat politique, mais qui n’aboutira pas forcément à ce que les auteurs aient honte de ce qu’ils ont écrit. Comme le dit Tine Peeters, certains auteurs de ce lynchage numérique « n’ont même pas pris la peine de se cacher derrière de faux noms ».

Condamnations un peu trop unanimes

Passé la médiatisation, la classe politique flamande a unanimement condamné ces messages racistes. Le ministre des médias, Sven Gatz (Open-VLD, libéral), condamne le« racisme maladif » de ces internautes et plusieurs membres du parti nationaliste NV-A, le mieux représenté à la Chambre des représentants, ont constaté, à l’instar du ministre-président flamand, Geert Bourgeois, « qu’il y a encore beaucoup de travail pour parvenir à une citoyenneté partagée et à une société inclusive ».
Des réactions rapides et unanimes, qui cachent un problème plus profond dans la classe politique flamande, selon Tine Peeters :
« Ils se bousculaient pour condamner les discours de haine, c’en était presque pathétique. S’ils pensent vraiment ce qu’ils disent, voici ce qu’ils doivent faire. Ils doivent faire leur examen de conscience et se demander si les mots qu’ils ont prononcés ces derniers mois n’ont pas repoussé la limite de ce que l’on considère comme autorisé à dire publiquement. »
Le service public de lutte contre la discrimination et de promotion de l’égalité des chances (Unia), qui intente depuis plusieurs mois un procès contre le groupuscule d’extrême droite flamand en question, a annoncé que « l’affaire Ramzi » sera ajoutée au dossier. Selon plusieurs médias, le groupe vient de recevoir une incitation à comparaître du parquet d’Anvers à la suite de la plainte déposée en 2015 par l’Unia pour « incitation à la haine, à la violence et à la discrimination ».
Le sujet remet aussi sur la table le rôle de modération que doivent jouer les compagnies américaines comme Facebook, Twitter, YouTube ou Microsoft : des questions primordiales maintenant que chaque citoyen peut être connecté quasiment en permanence.
Le 31 mai, ces entreprises ont signé avec la Commission européenne un « code de conduite » contre la haine en ligne, pas contraignant, dans lequel elles s’engagent àexaminer, en moins de vingt-quatre heures, « la majorité des signalements valides » rapportés par les internautes et à « supprimer ou rendre inaccessibles » les propos haineux illégaux. Quelques semaines avant, plusieurs ONG françaises, comme SOS-Racisme ou l’Union des étudiants juifs de Frances’étaient plaintes des failles de surveillance des réseaux sociaux devant les contenus haineux.
Au niveau européen, un texte, adopté en novembre 2008, oblige les Etats à condamner pénalement les auteurs de propos racistes et xénophobes. Internet n’y est pas mentionné une fois.

    Journaliste a

 
mercredi 3 août 2016
 

Même mort, cet ado belge d'origine marocaine est victime d'un racisme "dégoûtant"





 mercredi 3 août 2016
Même mort,  cet ado belge d'origine marocaine est victime d'un racisme "dégoûtant"
Ramzi Mohammad Kaddouri, un adolescent de 15 ans originaire de Genk, a perdu la vie de manière tragique dans un accident de quad au Maroc. Le jeune Belge est décédé des suites de ses blessures après avoir été plongé dans le coma.
Sur les réseaux sociaux, les réactions racistes - souvent sous un pseudonyme - qui ont suivi sa mort provoquent l'indignation générale. En voici un florilège.
"Il était en vacances dans son pays d'origine. Il donne le bon exemple en restant là-bas"
"Mieux vaut un qu'aucun"
"Si ça c'est un Flamand, moi je suis Saint-Nicolas"
"Un Arabe en moins"
Sven Gatz: "Un racisme dégueulasse et maladif"
Sven Gatz, le ministre flamand de la Culture et des Médias, dénonce un "racisme dégueulasse et maladif". "Ces gens-là doivent se faire soigner mais ne le peuvent/veulent pas", s'indigne-t-il.
Les commentaires provoquent un tollé dans toute la classe politique flamande dans son ensemble. "Comment la mort d'un jeune garçon peut engendrer de telles remarques ignobles? Qu'est-ce qui cloche dans ce monde?", se demande la députée flamande Tine Soens (sp-a).
"Les commentaires parfois haineux sur les médias sociaux montrent qu'il y a encore beaucoup de travail (à effectuer) pour parvenir à une citoyenneté partagée et à une société inclusive. Les personnes qui utilisent un tel langage offensant feraient mieux de se regarder dans un miroir", a prolongé le ministre-président flamand Geert Bourgeois, en exprimant ses condoléances à la famille de Ramzi Mohammad.
Plainte auprès de Unia?
Zuhal Demir, parlementaire N-VA, va même plus loin. Elle appelle la commune de Genk à saisir Unia (ex-centre interfédéral pour l'Egalité des Chances). "Ces réactions sont indignes, dégoûtantes et n'ont pas leur place en Flandre. La société ne peut tolérer un tel racisme", fulmine-t-elle.
Le collège des bourgmestre et échevins de la ville ne compte pas en rester là. "Nous ne pouvons pas le laisser passer", a indiqué le maïeur de Genk, Wim Dries (CD&V). Les autorités communales examineront la question après le retour de la famille de la victime du Maroc, d'ici quelques jours.
"Quelqu'un de serviable et respectueux"
Les circonstances de la mort du jeune garçon n'ont pas encore été éclaircies. La disparition de Ramzi laisse un grand vide derrière lui, notamment dans son quartier de Winterslag, où il était apprécié de tous. Bénévole pour un mouvement de jeunesse, il est décrit comme quelqu'un de "serviable, respectueux, qui a le cœur sur la main". 
 
"Si vous n’y prenez pas garde, les journaux finiront par vous faire haïr les opprimés et adorer les oppresseurs." Malcom X

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