ELWATAN-ALHABIB
samedi 17 février 2018
 

Les "Harragas"(*) ou l'émigration sans visa










Djamel Labidi
Vendredi 16 Février 2018


Les "Harragas"(*) ou l'émigration sans visa
                              Les "Harragas"(*) ou l'émigration sans visa 
Par Djamel Labidi 
  
Ce qu'il y a d'étonnant dans les débats actuels sur la question des "Harragas", c'est que l'un des éléments essentiels du drame de cette émigration, un élément qui parait  pourtant évident, semble passer inaperçu ou du moins ne pas prendre l'importance qu'il mérite dans les débats: il s'agit de la question des visas. 
Il y a "Harragas" lorsqu'il n'y a pas de visas. Cela semble être une lapalissade mais c'est mettre le doigt sur un problème majeur de notre époque. Jamais la mondialisation n'a été aussi grande sur le plan économique et celui des moyens de communication, mais jamais les frontières n'ont été aussi fermées. L'Europe, l'Occident, les pays riches ont leur part de responsabilité dans ce drame.  Les accords de l'OMC prévoient la libre circulation des marchandises, des capitaux et des biens. Les êtres humains seraient-ils moins précieux que les marchandises. 
Jusqu'aux années 80, les déplacements humains étaient infiniment plus libres. Il fut un temps, à l'époque de la guerre froide, où l'Occident faisait campagne contre "le rideau de fer" dressé, par l'URSS et les pays socialistes de l'Est européen, à la libre circulation de leurs citoyens et où les frontières ouvertes étaient une caractéristique dont s'enorgueillait le "monde libre". Des accords dans ce sens avaient même été signés à Helsinki (en Août 1975) entre les pays occidentaux,  l'URSS et les pays d'Europe de l'Est. Voilà qu'aujourd'hui c'est exactement l'inverse et qu'il est fait reproche aux pays en développement de laisser partir leurs ressortissants. 
                                                     Les drames de l'émigration 
  
Des centaines de milliers de jeunes occidentaux sont attirés par les USA et  viennent y tenter l'aventure. Cela ne se transforme pas en drame car ils obtiennent précisément un visa. Plus de 500 000 mille jeunes français ont quitté leur pays pour le Royaume Uni. Mais, nuances du langage, il y a les expatriés et il y a les émigrés. 
Si les centaines de milliers de Harragas mexicains ne risquent pas de  mourir en mer c'est que les frontières sont terrestres entre les Etats Unis et le Mexique. Bien que  ces dernières années, des milices nord américaines se sont constituées  qui n'hésitent pas à revendiquer le droit de tirer à vue sur les émigrants clandestins mexicains, et que le drame parfois, là aussi, n'est pas loin. Trente ans après le mur de Berlin, le président Trump veut le restaurer, mais entre les Etats-Unis et le Mexique. 
Par contre malgré les efforts connus et reconnus d'un pays comme Cuba pour améliorer les conditions de vie sociales dans l'ile, du point de vue de l'éducation, de la santé etc.., l'émigration vers la Floride n'a jamais cessé et a été l'occasion de bien de drames en mer. A l'ouverture des frontières de la RDA, des masses humaines énormes se sont dirigées vers la RFA. Tout cela montre la généralité des phénomènes d'émigration en même temps que les diversités de situation. 
Les drames liés à l'émigration ne sont d'ailleurs pas nouveaux. Dans d'autres contextes historiques, ils étaient liés, non pas évidemment à une question de visas, mais à la précarité des moyens de transport. C'est ainsi que l'émigration massive vers les Etats Unis, à l'époque de la navigation à voile, avant les bateaux à vapeur, s'est traduite par des milliers de morts d'émigrants, dont des femmes et des enfants, traversant l'Atlantique à fond de cale, dans des conditions très dures. Plus loin dans le temps, l'empire romain parlait d'invasion de "barbares". Il est étrange de retrouver, aujourd'hui, à notre époque technologique, mais pour d'autres raisons, la  même précarité dans les moyens de transport  utilisés par les Harragas, qui traversent la mer dans des barques, et les mêmes thèmes des "barbares" réapparaître dans le vocabulaire d'une certaine opinion publique occidentale. Dans cette résurgence de formes cruelles d'un autre temps, la question des "Harragas" devient révélatrice des relations mondiales actuelles. 
                                              Emigration sans visa et avec visa                                                                 
  
Pour ce qui est de l'Algèrie, il est étonnant qu'il n'y ait pas d'enquêtes empiriques, basées sur des données factuelles, aussi  bien sur le phénomène dit des " Harragas", que sur les causes de l'émigration algérienne en général et ses particularités. Certes des chiffres sont donnés, notamment en ce qui concerne l'exode des compétences, mais concernant les causes, les avis à ces sujets, relèvent en général de points de vue politiques ou idéologiques. 
Pour les uns, les partis et les medias d'opposition en particulier, c'est le pouvoir qui fait "fuir les jeunes du pays". Ils lui renvoient  la responsabilité entière  du phénomène des "Harragas", et de l'émigration en général. Pour d'autres au contraire, le phénomène est à rattacher à l'esprit d'aventure particulier aux jeunes, à l'inconscience, aux illusions  sur la vie en occident catalysées par la télévision et les nouveaux moyens de communication. Sur un plateau de télévision, un invité présenté comme sociologue expliquait que les jeunes quittaient le pays car "dégoutés de voir des gens s'y enrichir sans effort par la corruption et le favoritisme". Une autre, sociologue elle aussi, insistait sur le facteur religieux et l'importance de l'éducation pour empêcher les jeunes de céder aux sirènes occidentales. Bref, chacun y va, en l'absence de données factuelles, d'une explication qui correspond à son orientation politique, idéologique, voire philosophique ou religieuse. 
Il est important de connaître les nouvelles tendances et particularités  de l'émigration dans le contexte de la mondialisation, ainsi que leur intensité et leur importance respective dans le cas de l'Algèrie: Quelle est la part des raisons économiques "pures", le chômage, la pauvreté ? Quelle est la part des raisons culturelles,  politiques, religieuses. Quelle est la part de l'influence des nouvelles technologies dans la vision qu'elles donnent de la vie moderne et les contacts humains qu'elles induisent ?  Quelle est la part de l'attraction du mode de vie occidentale, et des nouvelles motivations, comme la  qualité de la vie, chez une jeunesse de plus en plus instruite. Il semblerait en effet  que cette recherche d'une plus grande qualité de vie touche, à travers la mondialisation des moyens de d'information et de communication, désormais toute la jeunesse indépendamment de sa condition sociale. Quels sont les rapports aujourd'hui entre l'émigration type "exode des compétences" et l'émigration type "Harragas", entre l'émigration avec visa et sans visa. Ces deux types d'émigration ne révèleraient- elles pas de nouvelles discriminations qui ne seraient plus seulement sociales, entre jeunes de couches favorisées et défavorisées, mais qui correspondraient aussi à des différences de "pouvoir de négociation" entre titulaires de formations recherchées sur le marché mondial des compétences, et d'autres moins demandées? On  parle, dans les médias, de "harags" titulaires de diplômes, de masters. Toutes ces questions méritent d'être explorées sur la base d'enquêtes empiriques. 
Il faut, en outre, faire la part des choses, entre les  causes locales et les causes extérieures.  Comment par exemple ne pas tenir compte, dans les drames actuels de l'émigration clandestine  par les mers, de l'intervention étrangère en Libye et ses conséquences sur les pays africains voisins, des guerres menées par les pays dominants en Irak, en Syrie, en Afghanistan. 
Tout cela montre qu'il  faut se méfier des explications réductrices. En effet, voir sans nuances,  dans l'émigration et les "Harragas",  l'influence sans limite des politiques menées par les pouvoirs en place n'aide pas  à comprendre le phénomène dans toute sa complexité. De telles  explications sont réductrices pour une raison simple: tous les pays en voie de développement  vivent, à des degrés et des intensités diverses, le problème de l'exode des compétences et de l'émigration. Jusqu'aux pays développés entre eux, par rapport à des pays encore  plus développés, même si c'est sous des formes plus "softs. Ce sont en effet les inégalités de développement qui sont la cause profonde des flux migratoires. Elles sont comme des poupées russes qui s'emboitent l'une dans l'autre.  L'Algèrie, par exemple, est un pays d'émigration mais elle est aussi un pays d'immigration par rapport à d'autres pays. 
Certes les politiques menées par les pouvoirs ont un impact sur le mouvement migratoire, que ce soit  positivement par leur réduction ou négativement par leur aggravation. L'Inde par exemple partage avec l'Algèrie un certain nombre de traits: importance du secteur d'Etat avant le passage actuel à l'économie de marché, diffusion de l'instruction et grand nombre de diplômés, influence considérable sur les élites de la culture anglophone, comme en Algèrie de la culture francophone, exode des compétences considérable, notamment massif  des médecins vers le Royaume Uni et les USA etc...Mais la situation  a commencé à s'améliorer ces deux dernières décennies grâce  une politique résolue de l'Etat en direction des diplômés à travers un système de prêts et d'encouragement à la création de petites entreprises. On retrouve des traits similaires en Algérie à travers le système de l'ANSEJ. 
                                                             
                                   Les facteurs objectifs et les facteurs subjectifs    
  
Les différences de développement entrainent des sentiments de frustration. Ceux ci peuvent jouer un rôle positif en poussant les sociétés et les nations à se dépasser pour se mettre au niveau des nations les plus avancées et à être exigeants envers leurs dirigeants. 
Mais ces différences peuvent entrainer aussi  un sentiment de dévalorisation, et à une hiérarchisation implicite des nations, entre "nations avancées" et "nations arriérées". C'est la racine des visions sombres, pessimistes, défaitistes qu'on retrouve, à un autre pôle, dans nombre de pays du Tiers monde, notamment dans les pays arabes et dans lesquelles les manipulations ou les interventions étrangères ont trouvé souvent un terreau propice. La tentation, en effet,  est souvent grande d'exploiter à des fins politiques partisanes de telles visions. La question de l'émigration est alors  instrumentalisée et dramatisée à outrance. 
De telles approches  n'aident  pas à comprendre l'évolution historique de l'émigration et ses nouvelles données actuelles. Le développement en tant que transformations structurelles et qualitatives économiques et sociales  continues et rapides, est un phénomène historique relativement récent, qui s'est déclenché avec la révolution industrielle et le capitalisme, il y a environ deux siècles, d'abord en Angleterre puis dans les pays européens. La question des inégalités de développement exige donc elle aussi une vision historique, un recul, une perception historiques qui permettent de ne sous-estimer ni le chemin parcouru ni celui qui reste à faire pour le développement. 
En fait, les pays en développement ont fait des progrès réels si ce n'est par le seul fait de la libération des énergies historiques rendu possible par les luttes de libération nationale.  Ces progrès économiques et culturels sont  l'un des facteurs principaux  des transformations mondiales actuelles. Ils sont aujourd'hui  le principal moteur de la croissance économique mondiale  et notamment de la révolution de l'enseignement qui s'est développée après les indépendances et se poursuit actuellement et qui a vu le nombre de gens instruits et de diplômés des pays en développement dépasser largement celui des pays occidentaux dés les années 80, phénomène qui  influe grandement sur les migrations internationales actuelles. 
Prenons le cas de l'Algèrie. En 1962, à l'indépendance, elle avait moins de 10 millions d'habitants. Aujourd'hui elle en a  4 fois plus. En 1962, un pays comme la France, avait 40 millions d'habitants. Si sa population avait augmentée dans les mêmes proportions, la France aurait aujourd'hui 160 millions d'habitants et serait dans une crise inextricable. L'Algérie, par contre, a pu, dans cette période historique, répondre aux principaux impératifs du développement: éducation de la population, sur le plan de la santé une espérance de vie comparable à celle des pays développés (de 76 ans environ), électrification du pays et distribution généralisée du gaz, alimentation en eau, développement des infrastructures etc.. Sur le plan de l'habitat, le nombre d'habitations, tout logement confondu, était en 1962 de 700 000 pour toute l'Algérie. C'est moins que le nombre des habitations aujourd'hui pour la seule ville d'Alger. En 1962, 80 % de ces habitations n'avait pas de système d'évacuation des eaux uséesy compris les villas  des colons et des français aisés qui utilisaient des fosses septiques. 
Tout cela pour dire qu'il y a des pesanteurs historiques venus de la colonisation et du sous developpement qui s'imposent à tout pouvoir, quel qu'il soit, au delà des orientations  idéologiques, socialistes, capitalistes, libérales, et qui doivent engager à relativiser les choses. Et pour dire aussi, qu'au delà du niveau politique, il y a  beaucoup de respect et de reconnaissance à avoir pour les trésors de sacrifices et de dévouements, le plus souvent anonymes, dont a fait preuve la société pour construire un pays à partir de pratiquement rien, affronter les difficultés de développement et atteindre le niveau actuel. 
Mais il faut être réaliste. Quel que soit l'efficacité des efforts de développement, il faudra du temps pour que l'Algèrie, comme d'autres pays même émergents,  comble la distance qui la sépare des pays développés. Cela veut dire que les facteurs objectifs qui travaillent à reproduire les flux migratoires continueront encore d'exister.  Il faut donc s'appuyer aussi sur les facteurs subjectifs: le patriotisme, le nationalisme et les mettre au service du développement de la nation. On sait l'importance qu'ils ont jouée  dans l'industrialisation et la modernisation du Japon au 19éme siècle, à l'ère du Meiji. , à travers notamment l'envoi, et le retour au pays, de missions de milliers d'étudiants envoyés vers les pays européens pour leur formation. On sait le rôle qu'ils ont  joué aussi en Allemagne dans son unification après la guerre franco-allemande, et dans la résorption de son retard industriel par rapport à la France et l'Angleterre. Aujourd'hui il y a aussi l'exemple de la Chine, du Vietnam, de la Turquie etc.. où le nationalisme, le patriotisme  jouent un rôle positif,  progressiste, et sont requis au service de l'émergence de la nation. 
L'économie n'est pas une science exacte. Elle est politique au sens où elle dépend de facteurs sociaux, de l'unité de la société, de la qualité des élites politiques, économiques, culturelles,  etc. Ces facteur subjectifs sont eux aussi une force économique car c'est l'Homme qui est au centre du travail et de la vie économique. 
Si l'émigration sans visa ne peut être stoppée dans un avenir prévisible, pourquoi ne pas la gérer de façon civilisée, sans qu'elle devienne une catastrophe humaine, et la considérer, pour ce qu'elle est, comme une forme de régulation des inégalités de développement à l'ère de la mondialisation.  L'émigration sans visa, le "Harrag", et les tragédies quotidiennes qui les accompagnent, ont surgi, de façon inattendue, pour  faire  la critique muette et douloureuse de l'inhumanité des  relations internationales actuelles, et dévoiler leur caractère anachronique. Cette situation  ne mérite-t-elle  un débat mondial, une profonde réforme et une nouvelle vision des rapports et des échanges humains entre nations. La question des visas ne peut plus, aujourd'hui,  être traitée de façon classique, traditionnelle,  diplomatique, comme simplement une question de souveraineté pour chaque pays, elle dépasse désormais ce cadre, elle devient une question mondiale; elle pose le problème d'un réaménagement du droit international et l'émergence d'une nouvelle morale dans les rapports internationauxPlus de 40 ans après, Les accords d'Helsinki, sur la libre circulation des hommes et des idées,  restent encore à être appliqués. 
___________ 
(*) "Harragas" , expression algérienne. Veut dire littéralement "ceux qui brûlent" (sous-entendu les  frontières par la mer sans papiers) 
  
Paru dans "Le Quotidien d'Oran du Jeudi 15 Février 2018 
 
vendredi 16 février 2018
 

L’affaire Tariq Ramadan qui fait mal à la France







Depuis mardi, le professeur Tariq Ramadan est en détention provisoire. Une décision contestée par ses représentants légaux. Cette décision est d'autant plus particulière que l'équipe d'avocats du professeur Tariq Ramadan a fourni un alibi qui n'a pas été vérifié avant la garde à vue. Une pièce maîtresse qui aurait pu donner une toute autre tournure à cette enquête.
t-ramadan

Une enquête avec des zones d’ombres

Certains éléments sont troublants.

En effet, "L’accusation soutient que sa remise en liberté présente un risque de fuite et a donc eu recours à l’option extrême de le maintenir emprisonné malgré la coopération manifeste dont il a fait preuve jusqu’à présent. Il s’est rendu en France il y a plus d’une semaine pour rencontrer les enquêteurs, pleinement confiant en son innocence. En dépit de sa bonne volonté et de sa confiance dans le système, le juge n’a apparemment pas envisagé d’autres alternatives, telles qu’un dispositif de surveillance électronique et d’assignation à résidence, qui auraient pu permettre d’assurer sa présence en France le temps de l’enquête »

D'autre part, je cite ici le billet de RÉGIS DE CASTELNAU issu du son site VUE DE DROIT, que je trouve explicite :  'D’après les informations très partielles dont on peut disposer, il semble que l’enquête préliminaire ait été particulièrement à charge. Surtout lors des interrogatoires et confrontations qui ont eu lieu pendant la garde à vue. Par exemple les contradictions dans les dépositions des plaignantes n’ont pas été abordées. Il faut savoir que les avocats qui ont assisté Ramadan pendant sa garde à vue n’avaient pas accès au dossier, et se trouvaient par conséquent impuissants, pour les relever. L’absence de transmission par le parquet aux services de police d’un justificatif pouvant crédibiliser un alibi dans une des affaires, est surprenant. Il semble que l’hypothèse de l’oubli volontaire ne soit pas complètement absurde. À la fin de la garde à vue, le parquet doit présenter celui qui va devenir un prévenu au juge d’instruction. Le procureur a requis la mise en examen pour des qualifications criminelles et la mise en détention provisoire du prédicateur. Quelques indiscrétions transformées en rumeurs qui parcourent les couloirs du palais de justice donnent à penser que le dossier criminel est pour l’instant boiteux. Et qu’en l’état, une condamnation pour viol en cour d’assises ne serait pas garantie. Et en fait, c’est l’avocat d’une des plaignantes qui a un peu craché le morceau lors d’une interview donnée à BFM après le mandat de dépôt du prédicateur. Avec une certaine ingénuité il a indiqué que l’intérêt de la détention résidait dans le fait qu’elle allait permettre à d’autres paroles de se libérer. Donc si l’on comprend bien, la détention est destinée à empêcher des pressions sur de futures plaignantes. C’est original…'

Alors que Tariq Ramadan nie toutes les accusations portées contre lui et dépose des poursuites en diffamation contre ses accusateurs, il est toujours en détention provisoire. Alors que la société française tente d'avancer sereinement, des événements de la sorte ne peuvent que créer des clivages et un rapport à l'altérité traumatique. En effet, Il y a un ressenti en France, très prégnant ; la justice serait à géométrie variable. Ce propos aujourd'hui je le comprends. Quel message envoie-t-on aux citoyens lorsque l'on enferme un homme toujours présumé innocent, tandis que d'autres hommes actuellement tout aussi accusés jouissent de la présomption d’innocence ? Le problème n'est pas la liberté, mais l'enfermement.

Une affaire qui laissera des stigmates dans la société et l’inconscient collectif

Sociologiquement donc, cette histoire marque et marquera la société française créant un trauma dans les inconscients collectifs. Pour les uns, le symbole d'un enfermement politique, pour d'autres le reflet d'une loi qui ne protège pas l'individu comme elle le devrait et pour d'autre encore une justice discriminante à géométrie variable.

Pour ma part, je reste profondément interloquée de l'acharnement aussi bien médiatique que juridique, interloquée par le nombre de figures intellectuelles et/ou médiatiques qui ont pris la parole par voie de presse, en parlant du professeur Tariq Ramadan comme 'coupable’ alors que nous sommes dans un processus d'enquête à charge et à décharge. Alors que nous pourrions nous appuyer sur les lois dans un processus de société saine, la non-connaissance de celles-ci laisse le champ ouvert à toutes les dérives aussi bien psychiques que sociétales.

D'ailleurs comme nous avons pu l'entendre récemment dans les médias de l'avocat Dupont-Moretti au sujet de cette affaire : "Il y a autant de chemins qui séparent la plaignante de la victime, que l'accusé du condamné". Le fait que certains aient eu envie de parler dans les médias du Professeur Tariq Ramadan 'au passé' dit quelque chose d'un effacement que l'on cherche à créer autour d'un homme, toujours présumé innocent, dont l'apport intellectuel depuis trente ans a fortement influencé certains pans de la société internationale.

L’enquête d’un homme ou de ces idées ?

Cet acharnement attire l'attention sur un fait : il est un homme à abattre. Est-ce symptomatique d'un malaise de la société française ? Est-ce lié à ce que cet homme représente ? Une chose est sûre, la société française, à force de vivre ce type de réaction politico-médiatique, verra se former un clivage de plus en plus profond entre les générations, entre les communautés mais aussi avec les autres pays qui observent la France, nous jugeant de plus en plus prisonniers d'une forme de discrimination rongeant le cœur de notre société. Si la France avait un inconscient, quelle histoire y trouverions-nous ? Quel trauma ? Quelle souffrance ? Quelle réponse ?

Aujourd'hui, en France comme dans d'autres pays, une campagne pour la libération du
Professeur Tariq Ramadan a été lancé demandant à ce qu'il soit immédiatement libéré "au nom de la présomption d'innocence et du droit à la dignité durant tout le déroulement du procès et de l'enquête". Des voix ce font entendre : Houria Bouteldja ou la ligue des Musulmans de Belgique ont fermement appelée à un traitement aussi bien légal que mediatique juste et égalitaire. D'autre voix se feront bientot entendre. 
Ce qui se passe est très grave et nous en sommes tous témoins. Le professeur Tariq Ramadan, pourtant toujours innocent, passe ce soir une autre nuit en détention provisoire. Des questions se posent. Ne restons pas silencieux.
 
 

Ramadan, justice patriarcale, justice raciste






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Oui à une sévérité exemplaire contre le viol 
Non au traitement raciste de Tariq Ramadan


Houria Bouteldja
Vendredi 16 Février 2018


Ramadan, justice patriarcale, justice raciste
En tant que femme, j’exige que le viol soit sévèrement puni quel que soit l’auteur du crime, Blanc ou Noir. 
En tant que femme indigène, j’exige la même répression contre tous les auteurs de viol, Blancs ou Noirs. 

Oui, la justice française est patriarcale et, oui, elle est tendanciellement complaisante à l’égard des crimes sexuels notamment lorsqu’ils sont commis par des hommes de pouvoir. Oui, la parole des femmes est constamment méprisée et délégitimée. Mais il y a une exception : lorsque l’auteur est réputé Noir, Arabe, Musulman ou habitant de banlieue. 

Là, la justice devient tendanciellement raciste. Les choses s’inversent : les hommes qui sont généralement plutôt protégés au détriment des femmes perdent toute immunité, voire sont condamnés d’avance. Cela est vrai tant pour les délits que pour les crimes. C’est la raison pour laquelle les hommes issus de l’immigration sont surreprésentés en prison. 

Croit-on vraiment défendre la cause des femmes en chargeant une catégorie d’homme et en organisant l’impunité des autres ? Croit-on vraiment servir la cause des femmes quand les auteurs - présumés ou reconnus - d’agressions sexuelles caractérisées mais bénéficiant de leur situation de pouvoir jouissent de leur liberté et de leur présomption d’innocence avec le soutien de leurs pairs pendant que Tariq Ramadan, déjà condamné par le tribunal médiatique, écope d’une détention provisoire à laquelle ont échappé et échappent Dominique Strauss-Kahn, Patrick Balkany, Georges Tron, Gérard Darmanin, Denis Baupin, Thierry Marchal-Beck, Frédéric Haziza, Jean-Claude Brisseau, Gilbert Cuzou et tant d’autres. Évidemment, toutes ces affaires ne sont pas similaires mais les différences de traitement médiatique, politique et judiciaire réservé à ces hommes avec celui infligé à Tariq Ramadan, en dit long. Dans le cas de Gilbert Cuzou, plus particulièrement, il est édifiant de noter que même s’il a été mis en examen pour cinq agressions sexuelles, il a pu ressortir libre, dans l’attente du procès. Tariq Ramadan croupit lui à Fleury-Mérogis depuis le 2 février. 

L’humiliation et le traitement discriminatoire des hommes indigènes ont des conséquences désastreuses sur nos vies de femmes. Ils ont des conséquences funestes sur la vie de nos enfants et de nos communautés qui en paient collectivement le prix. 

Quant à l’impunité des hommes blancs en particulier, elle a des conséquences désastreuses sur la vie des femmes en général. 

Le silence des féministes sur cette différence de traitement a déjà des conséquences néfastes sur leur propre cause car non seulement le patriarcat se renforce mais en plus cette indifférence ne fait que creuser l'abîme qui existe déjà entre les femmes blanches et celles issues des immigrations post-coloniales dont l’union est pourtant fondamentale pour les luttes d’émancipation. 

Ainsi, la seule sortie par le haut qui s’offre à nous toutes c’est d’exiger, quelle que soit l’issue de la procédure concernant Tariq Ramadan, et sans préjuger de sa culpabilité ou de sa non culpabilité, qu’il soit traité sans être humilié, c'est à dire, dignement. A tout le moins comme les autres...ou que les autres soient traités comme lui. C’est urgent et non négociable. 

En mon âme et conscience, Houria Bouteldja 


Vendredi 16 Février 2018

 
jeudi 15 février 2018
 

France/Affaire Ramadan : la saisine de l'organe de contrôle de la Justice rejetée 











 14/02/2018

France/Affaire Ramadan : la saisine de l'organe de contrôle de la Justice rejetée





















Le ministère français de la Justice a décidé de ne pas saisir l'Inspection générale de la justice (IGJ), après une demande en ce sens des avocats du théologien musulman suisse Tariq Ramadan, inculpé pour viols, a-t-il indiqué mercredi à l'AFP. 

"A ce stade, les critères de la saisine de l'Inspection générale de la justice ne sont pas réunis. L'information judiciaire est actuellement en cours. Elle vise à rassembler les éléments de preuve à charge et à décharge et c'est au juge de vérifier", a expliqué le ministère. 

Les avocats de l'islamologue suisse, inculpé pour viols le 2 février et placé en détention provisoire, avaient réclamé la saisine de cet organe de contrôle de l'administration judiciaire car, estiment-ils, l'enquête préliminaire a été émaillée de dysfonctionnements ayant porté préjudice à leur client. 

Ils pointent notamment le fait qu'une note envoyée aux autorités judiciaires le 6 décembre n'ait été transmise aux enquêteurs que le 1er février, soit au second jour de la garde à vue de M. Ramadan. Or, les avocats font valoir que ce document est un élément à décharge important pour leur client car elle fait état de l'agenda du théologien le 9 octobre 2009, date à laquelle une des deux femmes, désignée sous le pseudonyme de Christelle, l'accuse de l'avoir violée dans un hôtel à Lyon (est). Cette note mentionne notamment une réservation de billet d'avion pour une arrivée à Lyon prévue à 18H35, alors que la plaignante a évoqué un viol ayant eu lieu l'après-midi. La présence effective de Tariq Ramadan dans ce vol n'avait donc pu être vérifiée avant sa mise en examen. 

Incarcéré à la prison de Fleury-Mérogis, près de Paris, Tariq Ramadan a fait appel de son placement en détention provisoire et son recours doit être examiné jeudi par la cour d'appel de Paris. 

https://www.lorientlejour.com/article/1100017/france-affaire-ramadan-la-saisine-de-lorgane-de-controle-de-la-justice-rejetee.html

Commentaire:L'état de santé de l'islamologue, atteint d'une sclérose en plaques et d'une maladie non identifiée, se serait fortement dégradé en détention, révèle « Le Parisien ».

Ce journal a fait un excellent travail d'enquête, il révèle dans ces derniers articles de nouveaux mensonges dans les récits des deux plaignantes. Il révèle aussi que la décision d’incarcérer Mr Ramadan repose uniquement sur les témoignages démentis par les faits des deux accusatrices.
Le magistrat se fonde sur le récit des victimes présumées. « Les déclarations de Christelle (NDLR : la première plaignante) sont particulièrement circonstanciées, réitérées et constantes […] . Sauf qu'un mensonge détaillés, réitéré et constant reste un mensonge. Le rôle d'un juge est de vérifier si ces paroles ne sont pas contradictoires ni démenties par des faits présentés par l'accusé. 
Or, les faits démontrent que ce sont de faux temoignages. L'incarceration n'est ni fondé ni motivé par des faits qui confirment les récits de viols, ils sont dementis par les faits. C'est une decision arbitraire qui pietine les regles de justice

Le plus grave, le très mauvais état de santé de Ramadan connu par les trois magistrats est incompatible avec une incarcération. C'est une décision encore plus grave, elle porte atteinte à la vie du justiciable. Incarcération fondée à charge, elle constitue en plus une volonté manifeste d'attenter à la vie de l'accusé, au vue de ses antécédents médicaux et du résultat prévisible.

Le journaliste parle de maladies non identifiée. Je crains fort que Mr Tarik ait été empoisonné en prison comme Arafat le fut ? Ces jours sont peut-etre comptés.
Les temoignages des deux accusatrices se sont effondrés et une enquête à charge, constituent des éléments majeurs pour l'innocenter. 
Devant ce scandale judiciaire qui ne manquera pas d’éclater aux yeux du monde entier, il est probable qu'ils aient décidé de l'empoisonner afin d'éviter que le scandale ne les rattrape. L'universitaire mort, il n'y a plus d'affaire, plus de danger d’être traduit devant une cour de justice. Il se trouvera des médias à travers l’extrême-droite israélienne pour affirmer qu'il s'est suicidé donc il était coupable.

il restera juste en mémoire de l'opinion public un homme que des médias et des juges ont présenté comme un violeur.

J'espère que je me trompe. Cependant, le fait qu'il ne soit pas hospitalisé d'urgence constitue la preuve d'un acharnement meurtrier.

L'Etat français et ces fonctionnaires responsables devront en répondre devant la cour européenne.
 
 

POUR ORGANISER "L'ISLAM DE FRANCE", LE BILDERBERG MACRON FAIT APPEL AU BILDERBERG KEPEL












Panamza.com
Mercredi 14 Février 2018

POUR ORGANISER "L'ISLAM DE FRANCE", LE BILDERBERG MACRON FAIT APPEL AU BILDERBERG KEPEL
Le 11 février, le Journal du dimanche révélait qu'Emmanuel Macron, en cours de réflexion sur la restructuration du fonctionnement de "l'islam de France", a fait appel à l'universitaire Gilles Kepel 
{https://www.la-croix.com/…/Emmanuel-Macron-face-defi-lislam……}. 

Le 2 novembre 2016, le site de L'Obs (magazine emblématique de la "gauche caviar" pro-PS et pro-israélienne) avait publié un entretien avec Gilles Kepel {http://panamza.com/cdd}. 

Aligné sur le courant de pensée incarné par Valls, Fourest et Sifaoui, Kepel y exprimait alors une vive hostilité aux citoyens (qualifiés pêle-mêle de "charlatans islamo-gauchistes") qui luttent contre l'islamophobie. 

Le 28 février 2014, Panamza révélait que Kepel , islamologue arabisant et membre de l'association élitiste Le Siècle, collaborait discrètement aux journées du "dialogue stratégique France-Israël" organisées par ELNET {http://panamza.com/5465http://panamza.com/cde}. 

Co-dirigé par l'ex-bras droit du criminel de guerre Ariel Sharon, ELNET est ce lobby israélo-américain qui subventionna -en 2011- la campagne des primaires socialistes de François Hollande et -en 2016- la campagne présidentielle d'Emmanuel Macron {http://www.panamza.com/140817-macron-elnet/}. 
La collaboration d'ELNET avec Kepel embarrasse visiblement ce dernier : quelques semaines après la publication de l'enquête de Panamza, le site d'ELNET avait retiré sans explication la photographie de Kepel participant à l'une de leurs conférences. 

Trop tard : Panamza avait sauvegardé une copie (visible à droite de l'image). 

À noter : ce dimanche 11 février, Kepel fut confortablement interviewé sur la chaîne sous contrôle franco-israélien BFM TV par Apolline de Malherbe, une fan revendiquée du "peuple juif", et Laurent Neumann, ex-membre de l'hebdomadaire ultra-sioniste Marianne {https://twitter.com/et_en_memetem…/status/962752775720456192http://www.panamza.com/301017-ramadan-ayari-bfmhttp://www.panamza.com/301015-benbarka-benamou}. 

Rappels : 

* utilisée par Kepel, "Islamo-gauchisme" est l'expression favorite des judéosionistes {http://panamza.com/islamogauchisme}. 

* En juin 2015, Kepel était l'un des rares Français conviés aux discussions secrètes de l'influent groupe Bilderberg {http://panamza.com/cdf}. 

* Macron et son Premier ministre Edouard Philippe font également partie du réseau Bilderberg, une organisation accusée par un haut-magistrat italien de pratiquer et couvrir le terrorisme sous faux drapeau {https://twitter.com/Panamza/status/948879176425197568}. 

Anecdote personnelle : en septembre 2011, j'avais longuement interviewé Gilles Kepel. À la fin de l'entretien, il m'avait fait connaître en "off" -et sourire aux lèvres- son avis sur Tariq Ramadan. 
Selon Kepel, "DSK est un enfant de choeur à côté de Ramadan". 
La comparaison avec Strauss-Kahn (tombé 4 mois plus tôt dans la sombre affaire du Sofitel) m'ayant étonné, je lui demandais de développer sa réflexion. L'air gourmand, Kepel se contenta de m'affirmer qu'une "opération", basée sur la publication d'un "livre-choc", était en cours de préparation "en Belgique". La manoeuvre devait "bientôt" faire "exploser" l'image de Ramadan auprès des citoyens musulmans {http://www.panamza.com/241017-ramadan-ayari-haddad/}. 

 http://www.panamza.com/page-de-



Mercredi 14 Février 2018
 
mercredi 14 février 2018
 

L’AMERICAN WAR MACHINE LA MAIN DE L’ETRANGER OU SIMPLE EPOUVANTAIL ?











  Ils étaient près de trois mille invités au Forum Economique Mondial de Davos. Chefs d’Etat, de gouvernements, patrons de multinationales, banquiers, institutions financières (BM, FMI), Organisation mondiale du Commerce (OMC), mais aussi des ONG etc…Tous ce beau monde utilisait ce cadre d’échange pour communiquer, s’informer, lier des contacts etc…
Dans ce cadre, l’ancien patron de Wendel (2009-2017) Frédéric Lemoine expliquait comment ses discussions avec le ministre de l’économie du Rwanda l’avaient amené à investir en Afrique (IHS holding en 2012, Saham au Maroc en 2013, SGI Africa en 2016 et Tsebo Solutions group en 2016).

En ouvrant la séance des interventions publiques le mardi 23 janvier 2018, le premier ministre indien a fait campagne pour ‘‘Invest India’’. Il est évident que cette posture fut celle que tous les chefs d’Etat et de gouvernement présents au Forum ont totalement assumée, chacun s’efforçant de présenter les meilleures opportunités possibles en vue d’attirer vers son pays les capitaux et les investissements.
Pour son premier Davos et clôturant les interventions, le président US a mené une véritable opération de séduction en direction des entreprises disant que le moment n’a jamais été aussi favorable pour investir aux Etats-Unis. « Les Etats-Unis sont l’endroit pour faire des affaires, donc venez aux Etats-Unis »Il a également défendu la monnaie américaine en déclarant « l’économie américaine va bien et le dollar doit refléter cette bonne santé. Je suis pour un dollar fort ». Par ailleurs il a invité une quinzaine de dirigeants de multinationales européennes à diner en vue de sensibiliser ces derniers et les convaincre à investir aux USA.

La situation de l’économie et des finances algériennes fut qualifiée ‘‘d’enfer’’ par le premier ministre lors de la présentation de son programme à l’APN, et la valeur du dinar serait plus proche de la cotation du marché parallèle que de sa valeur officielle vient tout récemment d’avouer le ministre du commerce. Pour ce dernier, ‘‘il y a le feu en la demeure’’.  Qui plus que l’Algérie avait donc tant besoin de ce cadre (Davos) pour tenter de séduire et intéresser les grandes firmes internationales à au moins regarder en direction de notre pays ? Il semblerait pourtant que les investissements étrangers ne constituent en réalité nullement un souci pour l’exécutif algérien puisque et depuis cette même tribune du ‘‘world economic forum’’, le ministre algérien des affaires étrangères n’avait pas trouvé mieux que de discourir sur ‘‘l’expérience algérienne dans la lutte contre le radicalisme’’.
L’intervention, totalement déconnectée du contexte et des grandes préoccupations algériennes de l’heure, semblait irréelle. Ce n’était absolument ni l’endroit ni le moment de faire étalage, devant cet ‘‘over world’’, de toute la misère de la diplomatie algérienne confinée depuis plus de deux décades à rabâcher sur tous les toits du monde son expérience dans la lutte contre le terrorisme. En traitant du radicalisme religieux, notre diplomatie croyait peut-être ce faisant faire étalage de son update. Ce radicalisme, source du passage à l’acte terroriste à en croire des grands spécialistes autoproclamés est traité par le Docteur KEVIN BARNETT dans son livre intitulé ‘‘WE ARE NOT CHARLIE’’. Les interventions militaires en Côte d’Ivoire, en Centre Afrique, au Tchad, au Niger au Burkina ou au Mali pour ce qui concerne l’Afrique, mais tout autant en Afghanistan, en Irak, en Syrie, en Libye ou au Yémen avaient et continuent d’avoir besoin d’être justifiées auprès des opinions des pays agresseurs en particulier et internationale d’une manière générale. Pour ce faire, et à en croire le docteur Barnett, les attentats terroristes qui eurent lieu en Europe auraient été dans leur immense majorité pour ne pas dire dans leur quasi-totalité des opérations ‘‘false flag’’ pour imputation au compte du terrorisme islamiste.
                         PETER DALE SCOTT dans son livre intitulé ‘‘The road to 9/11.Wealth, Empire and the future of america’’ rapportait que Dick Cheney et Donald Rumsfeld ont cosignés en 2000 une étude majeure élaborée par le PNAC et intitulée Rebuilding America’s Defense. Il était dit que les changements de politiques préconisés (par l’étude en question) seraient difficiles à appliquer dans l’immédiat, en l’absence d’un évènement catastrophique et catalyseur, comme un nouveau Pearl Harbor : L’idée majeure à laquelle s’associait et se partageait les membres du PNAC se résumait à seul un évènement qui provoquerait un traumatisme de l’ampleur de Pearl Harbor pourrait faire accepter et ensuite entrainer l’opinion américaine a cautionner un engagement offensif de la direction politique.
Pour Peter Dale Scott, Webster G.Tarpley, Bob Woodward ou Thierry Meyssan, entre beaucoup d’autres, le 11 septembre fut cet évènement fabriqué, ce traumatisme type Pearl Harbor qui allait justifier auprès de l’opinion US et mondiale la guerre contre le terrorisme. Une guerre qui, selon un très haut responsable américain en 2002 soit quelques mois avant l’agression contre l’Irak, serait, ‘‘Une guerre qui allait durer deux générations et qui commencera en Irak…’’. Il n’est cependant rien dit de l’endroit où elle finira.
En réponse à un journaliste qui lui demandait si les USA « ne regrettaient pas d’avoir soutenu le fondamentalisme islamique qui a donné des armes et des conseils aux futures terroristes » (El Qaeda. NDLR), Zbigniew Brzezinski, conseiller à la sécurité nationale sous Jimmy Carter répondait, « Qu’est ce qui est plus important, quelques musulmans surexcités ou…. La fin de la guerre froide ?» Ceci pour dire que le terrorisme et le radicalisme, bien entendu religieux, intrinsèquement ne pèsent rien et ne constituent en réalité que le faire valoir d’une vaste machination destinée à concrétiser un projet de domination mondiale par ‘‘le new empire’’.
‘‘Full Spectrum dominance’’ fut le maitre mot du ‘‘joint-vision 2020’’, ce plan directeur du département de la défense américaine pour le futur, avalisé le 30 mai 2000 pour le Pentagone par le chef d’Etat-major des armées US, le général John M.Shalikashvili.
Cet article n’ambitionne aucunement, comme il ne peut constituer le cadre idoine pour traiter convenablement du couple radicalisme-terrorisme islamique, il y a lieu de lire en ce sens les écrits des auteurs que nous avons cité plus haut et de consulter les documents intitulés Northwoods et celui du PNAC (Project for New American Century) pour s’en convaincre. ‘‘L’opération Northwoods est un projet d’opérations militaires clandestines sous fausse bannière destinées à manipuler l’opinion publique’’ (Wikipédia) et la préparer à l’invasion de Cuba. Il est clairement signifié dans ledit document, ‘‘l’assassinat d’américains à imputer aux cubains’’.
En ce qui nous concerne, nous nous suffisons simplement à essayer de saisir le module incitatif, la direction et le sens du vecteur Algérie qui depuis l’arrivé le mois d’Aout 2017 de la nouvelle équipe à la fonction de ‘‘Direction’’, le pays donne l’impression d’être totalement soul, presque irresponsable dans sa soumission aux prétendants à l’hégémonie du monde. Il est tout à fait légitime pour tout Algérien de s’interroger sur le ou les objectifs poursuivis par la diplomatie algérienne à travers cette déclaration de Davos si ce n’est grossièrement d’informer le ‘‘supra monde’’ que sous le vent, notre pays s’est courbé.
On perçoit en effet très mal les tenants et aboutissants ou les dividendes escomptés en poursuivant ce suivisme politique et économique aveugle dont l’histoire récente a montré la face cachée. Volonté de garder indéfiniment le Pouvoir ?  Pour autant, nous tenons expressément à rappeler la manière faste avec laquelle fut reçu le chef de l’Etat libyen avec sa tente à Paris, puis le sort funeste qui lui fut réservé par ses mêmes hôtes en octobre 2011 sans aucun état d’âme malgré toutes ses largesses. Rappelons aussi la manière dont fut reçu le Président Syrien dans la même ville le 10 décembre 2010. « Au cours d’un déjeuner de travail avec Nicolas Sarkozy, jeudi à l’Élysée, annonçait la presse française, les deux dirigeants aborderont les grands enjeux régionaux ». Prémonition ? Trois mois plus tard, soit à partir du 15 mars 2011 date du début de l’insurrection populaire en Syrie, Paris s’engageait totalement contre le pouvoir syrien, en fait maillon faible des enjeux régionaux en question. Dans cette guerre qui ‘‘va durer deux décennies’’, qui a bien commencé en Irak conformément aux prévisions, Paris ne constitue pas plus qu’un allié pour ne pas dire un sous-traitant de l’american war machine. Elle serait chargée de mener principalement la campagne africaine sous supervision des mentors (des troupes américaines sont au Mali, en Libye …). Le fondement de cette campagne meurtrière et ce qu’elle charrie, réside dans la volonté du projet ‘‘suprématie globale’’ qui traduit un type de folie propre aux empires. Cette vraie guerre contre une ‘‘terreur fabriquée’’ ne vise pas moins le contrôle des ressources énergétiques, minières et matières premières essentielles du monde avec pour objectif stratégique majeur la volonté d’affaiblir l’URSS et la Chine. Alexandre de Marenches ex patron du SDECE français disait « la lutte pour le contrôle des matières premières, le contrôle psychologique des populations par les médias, les Eglises, l’enseignement, la désinformation sous toutes ses formes, telle est la guerre planétaire en cours sous nos yeux…»
Contrôler les matières premières d’un pays c’est au préalable et avant tout dominer ce pays. Les Karzai, Maliki, Talabani, Haftar et beaucoup d’autres grands dirigeants arabes en exercice ne seraient en sommes que des prévôts au service du full spectrum dominance.
Pour autant, sauver l’Algérie revient à réunir un large front populaire autour d’un candidat unique, dans le cadre des prochaines élections présidentielles, qui aurait pour principale mission d’affranchir le pays de la tutelle française pour les uns, un candidat unique pour redresser le pays pour les autres. La démarche dégage une impression fortement simpliste pour ne point dire éventuellement hautement manipulatrice. La problématique algérienne, à la fois profonde et complexe possède sa propre dynamique. Elle serait systémique au même titre du reste que la corruption par exemple. Un simple changement de président ne changerait en rien à l’ordre des choses, comme il serait d’ailleurs et de toutes les façons totalement impensable pour ne pas dire débile de prétendre remettre en cause à travers un processus électoral profondément dévoyé la candidature désignée du système.
En dehors d’indices relativement sérieux en notre possession, mais qui ne peuvent quand même en aucun cas amener à conclure avec certitude, il serait peut-être plus utile de s’intéresser à la nature des ambitions que nourrit l’american war machine envers notre pays, tout comme il serait encore plus judicieux de percer le programme de mise en œuvre de cette guerre de 60 ans. Cependant, et nonobstant ces données d’accès difficile, un regard rapide en direction des pays en guerre fait apparaitre très vite que les concernés sont tous des pays musulmans et que ces pays en deuxième lieu, à savoir l’Irak, la Libye, la Syrie, le Yémen, la Tunisie ou l’Egypte avaient également en commun, ce syndrome des dictatures, cette dichotomie majeure entre les dirigeants et leurs populations. Ce talon d’Achille ou cette fragilité des pouvoirs, offrait par ailleurs cette grande faille ou ce portail largement ouvert à toutes les manipulations, provocations, intrusions, violations. .… et enfin domination.

Très important de constater par ailleurs que Paris ne pouvait rien faire pour sauver l’ami tunisien Benali par exemple en proie à la grogne populaire. Les USA n’ont pas permis à l’ami Moubarak contrairement à Sissi d’user de la force pour se maintenir. Pourtant, bien que totalement soumis, Benali ou Moubarak furent sacrifiés à l’autel d’une stratégie globale qui ne s’embarrasse point de sentiments. Pour avoir usé et abusé du pouvoir les deux dictateurs étaient rejetés par leur population propre et rendaient ce faisant leur régime instable à terme lorsque le besoin des prétendants à la gérance du monde résidait dans une autocratie certes, mais une autocratie populiste, plus ou moins acceptée par la société pour espérer une relative stabilité. A elle seule, la soumission, même entière ne suffit pas, d’où ce besoin des dictateurs et cette importance accordée à la participation populaire aux scrutins.
Faisons aussi remarquer que tous les cadeaux qu’un pays pourrait offrir directement ou ‘‘en assouplissant ses lois pour attractivité’’ en direction de l’empire ou ses lieutenants, ne changeraient rien au plan directeur de la machine de guerre. Dans ce cadre, Khadija Mohsen-Finau, chercheuse à l’Institut français des relations internationales, spécialiste du Maghreb estimait que «La guerre en Irak a effrayé le colonel Kadhafi, qui craignait d’être le prochain sur la liste ». La signature entre la France et la Libye de Kadhafi de contrats d’armement et des accords de coopération en matière de défense et de nucléaire civil avec en prime dit-on le financement d’une campagne électorale présidentielle traduit en effet cette crainte. Cet effet racket, même légal, se prétendait être corrupteur du côté des donateurs. Il ne changea quand même et en définitif rien à l’ordre de bataille de l’empire. Cet exemple du comportement de feu le leader libyen démontre on ne peut mieux que ni la repentance ni les largesses ne peuvent trouver grâce auprès d’une logique dominatrice tout à fait établie et qui n’accepte point les recours. Offrir donc du travail à Peugeot comme avant lui à Renault et bien avant à Alstom, se soumettre au désirât du Medef, octroyer gaz et pétrole de schiste aux majors n’atténuera en rien le planning du programme. Ce n’est donc absolument et en aucun cas dans le ‘‘hands up’’ que se trouve le salut.                   
                         ‘‘L’Iran est la plus grande priorité, mais l’Irak est plus faible’’ disait un responsable américain. L’Irak fut envahi en premier. L’Iran, est toujours l’axe du mal, mais en premier furent lancées les campagnes libyenne, syrienne, Yéménite et la tentative de putsch sur la Turquie n’est pas en reste. Il est donc utile, nécessaire et légitime de s’interroger sur ce qui constitue cette protection ou cette force iranienne qui continue à tenir en respect toute l’animosité de la war-machine, partant que ce pays est très loin de soutenir la comparaison sur le plan militaire, technologique, économique etc… Au même titre que pour la Turquie, dont l’échec du coup d’état fut en grande partie l’œuvre du peuple Turc, la puissance iranienne réside simplement dans la symbiose qui existe, quoi que l’on dise, entre les dirigeants et la majorité de la population dans ce pays. Une liaison covalente qui tente cependant d’être brisée. Si cette légitimité est d’une façon ou d’une autre mise à mal, l’Iran quel que soit la force de son armée deviendra un état faible susceptible de se transformer en une prévôté au même titre que celles déjà installées ou en cours d’installation.
Force donc est de constater que de nos jours, et en sus de la stabilité interne, la cohésion de la société constitue également ce rempart inébranlable contre les velléités malfaisantes externes. La force et son corollaire la sécurité trouve leurs ressorts à l’intérieur de la nation.
Cependant, la cohésion de la société étant requise pour les régimes soumis (cas Benali ou Moubarak) ou souverains (cas Erdogan ou Rohani), les descendants du million et demi de martyrs ne s’avanceront que dans le discernement et en toute clarté. En aucune façon ils ne succomberont à la manipulation médiatique ou à celle de thuriféraires engagés destinés à faire légitimer une prévôté. L’histoire du monde rappelle par ailleurs que conjuguer oppression et privation a toujours constitué l’ingrédient majeur dans l’amorce des révolutions quels que soient les conditions de surveillance et de contrôle des populations. De gros périls sont à craindre en dessous de cette surface ou l’agitation éparse actuelle est catalysée par une autosuffisance malveillante et une incompétence, dont la matrice peut être moins dans le savoir que dans l’absence du savoir-faire.
Notre destin est entre nos mains, la question est de savoir comment l’assumer ? Pour aller dans le sens de ce grand responsable de la révolution algérienne : Confiez la sécurité du pays au peuple, il saura en étancher les fissures, les brèches et le plus à même d’assumer la résistance.

Djeddou Mayara
 
"Si vous n’y prenez pas garde, les journaux finiront par vous faire haïr les opprimés et adorer les oppresseurs." Malcom X

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