Le coup du cargo,ou le coup fumant d'Israel
Source Agoravox
Auteur:Morice
Moi qui m’apprêtai à vous parler à nouveau cargo, et bien vous allez être servis. Vous vous attendiez à ce que je vous reparle de l’Artic Sea ? Hé bien non, ce ne sera pas encore pour cette fois (les enquêtes sont longues, vous savez, parfois, mais rassurez-vous, ça avance, on en découvre tous les jours à son propos !). Non cette fois-ci c’est d’un autre scoop dont je vais vous faire part : celui de l’arrestation en pleine mer d’un cargo contenant plusieurs tonnes d’armement iranien, paraît-il, par la marine israélienne. Vous en avez peut-être déjà vu les images, assez impressionnantes, de l’amas de munitions débarqué à Ashdod et fièrement montré à la face du monde par les israéliens, ravis de l’aubaine. Fort impressionnante cargaison, bien plus importante que celle du Karina, et qui donne droit bien entendu à tous les superlatifs côté israélien : "plusieurs centaines de tonnes de munitions", "l’équivalent de ce qu’à dépensé le hezbollah pendant la guerre du liban en 2006", "dix fois plus que le Karina", etc . Il est vrai que la prise est véritablement de taille et remplit une bonne partie des quais. Evidemment, obligatoirement, les armes à son bord sont iraniennes, nous assène immédiatement Galei Tsahal, la radio militaire israélienne. Avec ça, se dit-on, les iraniens sont faits comme des rats ! Pris en flagrant délit de trafic ! Mouais. A part que tous les journalistes ont oublié une chose primordiale dans cette affaire : le bateau d’où a été débarqué cette imposante cargaison d’armes n’est pas celui qui à l’origine était soi-disant parti d’un port iranien, son affrètement est allemand et chypriote, avec l’active participation d’une société.. israélienne. A partir de là, l’histoire de la prise miraculeuse des israéliens s’effondre quelque peu en effet, et ce n’est pas la seule chose comme nous allons le voir. Et autant le dire, c’est donc bien un scoop que je vous révèle aujourd’hui : derrière ce qu’on vous a raconté, il y a bien une autre histoire de cachée. Celle d’une belle opération de "cover-up" israélienne de grande dimension, mais ratée. Ici-même, saluons Leila, qui l’avait pressentie la première. Pour ma part, j’ai relevé dans les louanges israéliennes ce bien étrange propos : "A noter l’étrange silence des médias français, en particulier les journaux télévisés, qui ont choisi de faire l’impasse sur cette saisie israélienne." Les télévisions françaises se sont-elles méfiées par réflexe ? L’histoire était-elle trop belle pour être vraie ? Ou l’armée israélienne, en voulant contrôler toutes les images, a-t-elle voulu trop en faire ?
En tout cas, tout de suite, des détails laissent pantois. Visiblement, le nom du bateau,"Francop" a été surapposé récemment, sur une retouche de peinture hyper-visible. Le bateau avant de débarquer à Ashdod, a clairement reçu des retouches de peinture, dont certaines autour de son nom : voilà qui intrigue d’emblée. Ce "nouveau" nom n’est autre pourtant que celui du quartier de la ville hanséatique de Hambourg, dans le canton de Harburg. Or, le bateau évolue sous ce nom depuis 2006 au moins, où on l’avait déjà moult fois photographié.. qu’a-t-on voulu faire ? Rendre le nom plus visible pour les télévisions ? Ou a-t-on repeint un autre navire similaire ? En réalité, il a eté lancé en 2003... et sa robe a en effet quelque peu varié selon le temps : il a été successivement gris, puis bleu et rouge (jusqu’en 2008), puis à nouveau gris. Il aurait changé de couleur en février 2009 comme le montrent deux clichés successifs. Ok pour la livrée, mais ce navire n’a pas toujours porté le même nom. Sorti du chantier Sietas Schiffswerft, J J, il portait le N°1166, avant de devenir le Tavastland , reconnaissable à sa cheminée déportée sur la gauche à l’arrière... En 2003, le voilà donc déjà gris... (avant de redevenir bleu ? puis à nouveau gris ?) et on le retrouve ainsi aux mains de la société Reederei Gerd Bartels, basée à Neu Wulmstorf (la très proche banlieue de Hambourg). Le navire a connu peu d’incidents, à part celui du 13 juin 2004, ou, en remontant le canal de Kiel, son moteur ayant eu des ratés, le navire toucha le fond et dû être remorqué. Le navire n’est pas qu’un simple porte container, il possède une cale interne : il peut aussi transporter autre chose, comme du bois... sur son pont particulier, car c’est aussi un bateau à cales, aux portes servant de ponton. En 2006, il fit ainsi le trajet de St Pétersbourg, au nom de la Russian Wood Alliance, le 3 mars 2006, de PETROZAVODSK, pour porter 13 lots de bois aux Etats-Unis, à la MIDLANTIC PULP PAPER ... affrété alors par la compagnie CHINA SHPG CONTAINER LINE. Un lot de bois au dessus d’une cale creuse, voilà qui n’est pas sans rappeler les aventures d’un bateau fort ressemblant : l’Artic Sea, un vraquier resté célèbre depuis (et qui est resté des semaines avec ces bâches dans le port de Malte) ! . L’un des frères jumeaux du Tavasland, l’OOCL NEVA, lui aussi au sein de la flotte de Bartels (composée de 4 navires seulement à l’époque !) s’occupant plutôt de la Baltique à partir d’Hambourg, toujours, remontant jusqu’à Kaliningrad où il a été vu parfois (comme l’Article Sea !). Associés, Reederei Gerd & Mirko Bartels détiennent aussi le Charlotta, de la CMA/CGM.
Le troisième navire de la société Bartels est encore plus intéressant : c’est le Jessica B, construit en 2000 et ressemblant assez au Francop, à 4 m de longueur près et a sa cheminée dans l’axe et un mât avant plus grand. Or Lui s’est aussi appelé en 2001, le Lucy Borchard. Sur plusieurs registres, étrangement, ce bateau porte aussi la mention "current name : Francop". Voilà qui est bien intriguant. Les navires sont répertoriés par des numéros ou un code, ici les V2DJ5 et VQEC9 respectivement, et ils peuvent effectivement changer de nom... en gardant le même identifiant (ce qui permet de suivre leur carrière). Or le Lucy Borchard porte le V2BH2 comme autre indicatif. Sur un autre cliché datant de 2007 cette fois, le Lucy Borchard a perdu son mât plus grand et présente sa cheminée exactement comme celle du... Francop, et son bateau de sauvetage est passé à droite et non plus à gauche... qu’est-ce donc que ce navire dont l’aspect change ? A-t-il reçu après son accident de 2005 des modifications ? Impossible à retrouver les dates de ces possibles remaniements. Toujours est-il qu’un des bateaux nommés Borchard appartenait bien à la société Bartels, et que les deux navires sont devenus identiques par on ne sait quel mystère... Bartels-Borchard, les liens semblent bien établis, et certains de leurs bateaux.... interchangeables.
Les deux navires se ressemblent énormément, il est vrai. Mais il n’y a pas que cela d’intrigant : leurs propriétaires respectifs semblent bien se connaître, et celui du Lucy Borchard présente une histoire assez passionnante. Mais avant, remarquons que le 1er novembre 2009, ce fameux Lucy Borchard, justement, est arrivé à.... Ashdod, en provenance de Limassol (Chypre), les bateaux de la société Borchard faisant un trajet bien particulier en Méditerranée. En allant sur le site de Borchard Lines, on est en effet édifié tout de suite : en cliquant sur le bouton "West Mediterraneen", on comprend tout de suite.. le trajet d"un bateau de cette ligne passe par... Barcelone, Marseille et Gênes, fonce vers Limassol, descend vers Ashdod, remonte vers Haifa, redescend vers Alexandrie... et repart à Barcelone. Dans l’autre sens, on a bien un Haifa-Ashdod à un moment, ou de toute façon un Limassol-Ashdod bien pratique semble-t-il, auquel ne manque qu’une adresse : Marriette. Le Jessica B, ancien nom du Lucy Borchard est bien connu des autorités françaises, qui ont dû s’en occuper le 6 juin 2005 lorsqu’il a tamponné au large du Cross de Jobourg, un cargo russe, le Yamal. Il était en route pour Dublin, où il a fini par arriver, l’étrave abîmée . Le Yamal, navire poubelle russe étant plus atteint a dû être escorté par l’ABEILLE LANGUEDOC.
L’histoire des Borchard est liée à la ville d’Hambourg, et remonte à l’Allemagne nazie en effet : au départ c’est l’histoire d’une compagnie de remorqueurs , Pauls & Blohm, fondée en 1877 à Hambourg, qui se marie en 1905 avec une autre, présidée par Carl Tiedemann. La firme devient alors Schleppdampfschiffsrhederei Carl Tiedemann und Pauls & Blohm. Richard Borchard, qui travaillait depuis 1897 chez Tiedemann, se lie à l’entreprise en 1924 et la rachète même en 1926, sous le nom de Fairplay Schleppdampfschiffsreederei Richard Borchard. Hélas, il meurt le 12 janvier 1930, et c’est sa femme Lucy qui reprend les rênes de l’entreprise. Jusqu’en 1938, où les lois prohibant la direction d’entreprise par des juifs l’exclut de la sienne. Elle émigre alors à Londres, où elle crée Fairplay Towage Co. Ltd. L’entreprise est dirigée par le fils de Lucy, prénommé Kurt, et en 1949, elle reprend son nom initial. Lucy meurt en 1969, laissant l’entreprise à son fils Kurt. Kurt et sa femme Ruth, une femme cultivée passionnée de tableaux de peintres anglais, décédée en 2000 à Jerusalem. Ce parcours explique deux choses : le fait que la famille est bien une famille juive, et qu’elle est native de Hambourg, ce qui expliquerait les liens actuels entre Borchard Shipping et la firme allemande de Reederei Gerd Bartels. Cela explique surtout le nom de Francop, qui n’est autre qu’une petite localité de la Ville hanséatique de Hambourg, dans le Canton de Harburg...Fairplay Towage existe toujours. Avec 31 remorqueurs construits à son effectif aujourd’hui.
Voici ce que dit un site spécialisé à propos de la famille. "Fondé en 1905, par Mr Richard Borchard. A sa mort, en 1930, sa femme Lucy reprit la direction de la compagnie. Ce qui fit d’elle, pendant de longues années la seule femme armateur d’Europe, connue dans de nombreux ports comme "Mother Borchard". Suite à la réunification de l’Allemagne en 1989, FAIRPLAY s’est implanté à Rostock en 1990. En 2004, à l’entrée de la Pologne dans l’Europe, FAIRPLAY s’installe dans ce pays et s’ouvre vers la Baltique en rachetant une défunte compagnie d’état polonaise, créant ainsi PROJECT ZEGLUGA. En 2004, également, FAIRPLAY prend le contrôle à 50% de la compagnie de remorquage belge URS. FAIRPLAY exploite des pontons et est impliqué dans l’offshore".
La firme, bien avant d’être expulsée d’Allemagne, avait déjà des comptoirs ailleurs et s’était lancée dans le transport et non plus dans le simple remorquage. Dans un de ses sites actuels, elle précise qu’elle a même été crée en israel en 1933... créée, on le sait en 1948. Kurt a peut-être un peu anticipé les effets de la déclaration Balfour, qui sait . Toujours est-il que Borchard Shipping est présent à trois endroits en Israel : à Tel-Aviv, la capitale, et dans deux ports, celui de Haifa et celui d’Ashdod, que connaît donc particulièrement bien le Lucy Borchard, puisque selon les autorités, il y était attendu au 2 novembre dernier... date de l’arrestation du "Francop". Ce qui est une bien étrange coïncidence dirons-nous : en fait il y est arrivé la veille.
Autre chose étrange : lorsque Israël juste né aura besoin d’armes, il faudra bien lui en envoyer. Par bateau, bien entendu. Israël recevra ainsi sur la base de Hatzor des avions PR. XVI Mosquitos, rachetés aux français et aux anglais, en même temps que des ambulances. Or un très étonnant document filmé d’origine américaine datant de 1955 nous montre des pièces de Mosquito et ces ambulances montées à bord d’un navire s’appelant... le Richard Borchard. La firme proposait déjà ses services à l’acheminement d’armes il y a plus de cinquante ans ! Le bateau était le Fairwood, l’ancien Empire Galland, un de ces "empire" cargos anglais, en fait un cargo allemand prise de guerre, démobilisé après 1945 et acheté en 1960 par... Farplay ! .
Selon les informations dont on dispose, le bateau, et c’est même visible sur la vidéo de son arrivée à Ashdod complaisamment offerte par les israéliens, qui ont clairement mis en scène cette arrivée (la veille, ils n’ont pas révélé le nom du navire et encore moins annoncé l’étalage de son contenu !) : à l’arrière, le navire porte trois lettres blanches qu’il n’avait jamais portées jusqu’ici : UFS, pour "United Feeder Services", une entreprise chypriote d’affrètement. Une compagnie dont on vous parlera plus en détail bientôt si vous le voulez bien. Une inscription fort récente, d’après les photos antérieures du navire : en juin dernier, il ne porte toujours pas ces lettrages. Une compagnie qui effectue le trajet DAMIETTA-BEIRUT-LATTAKIA-MERSIN-DAMIETTA, autrement qui relie Damiette, où les containers auraient été chargés, à Lattakia... en Syrie donc. Un autre navire fait la même chose pour UFS : le Sea Pioneer, ex-Olympic Racer et ex-Sinotrans Tokyo. "United Feeder Services" est la résultante de 3 sociétés ayant fusionné : la grecque Camou Marine, Mediterranean Feeders Ltd, de l’île de Man, et Med Express Italia à Gênes. La société qui représente UFS à Ashdod, Conmart, est une société qui fournit aussi des containers... blancs sous le nom de YANG MING MARINE TRANSPORT CORP. Des containers bien visibles, comme ceux habilement disposés sur le pont du Francop... pour les caméras !
On pensait jusqu’ici que les containers d’Ashdod venaient donc directement de Bandar Abbas. L’examen des derniers trajets du Francop nous en détournait tout de suite : au moins depuis octobre 2008, le navire n’est jamais passé par Suez. Mais aujourd’hui, on apprend que les munitions, selon Israel Valley et Harretz, n’ont pas été chargées sur ce navire, mais ont été transvasées à Damiette, en Egypte. Un sérieux doute s’installe : en deux temps trois mouvements, il est possible de charger n’importe où, y compris à Haifa ou ailleurs, une trentaine de containers et d’affirmer qu’ils l’ont été en Egypte. Aujourd’hui encore, on a en effet un chiffre : ce sont 36 containers qui contenaient ces armes, sur les 400 à bord. Le navire, étrangement, est déjà signalé ce matin (jeudi 5 novembre) comme étant déjà reparti... les affaires de la famille Borchard n’attendent pas, visiblement... D’autant plus que tout le monde aura remarqué que les containers étaient blancs, on l’a dit, et surtout marqués d’un large sigle rouge. IRISL. Le nom de la société iranienne d’affrètement : un peu comme si, pour trafiquer, les gens de la mafia et fourguer les voitures volées en Italie à la Pologne mettaient des autos-collants "camorra" sur leurs containers. Car c’est bien cela qui cloche dans l’histoire : comment un pays qui se sait surveillé pourrait-il utiliser pareil "camouflage" ? C’est littéralement... aberrant. Sur les vidéos, les caméras insistent sur l’arrivée du navire avec ces containers blancs savamment disposés à bord, pour être vus (un malin les aurait mis à fond de cale, ce dont dispose le navire !) et promptement emportés par les grues pour se retrouver sagement alignés côte à côte et ouverts... aux caméras. Bref, l’insistance est telle que l’on hésite entre le grotesque et la désolation la plus complète. Et nous ne sommes pas au bout de nos peines, car au déballage des armes, ce n’est guère mieux. On expose là des armes dont certaines sont.... israéliennes.
Car il y a mieux, maintenant que l’on a pu entrevoir la cargaison. Et là aussi, l’idée d’un montage complet réapparait, il n’y a pas que le navire "transvaseur" et les containers blancs. Il y a des caisses espagnoles, ou écrites en espagnol, des obus de 107 neufs, marqués comme datant de 2007, avec manuel d’utilisation en anglais, et des énormes roquettes Katyusha de 122 sans affûts. Au total il y en a pour 32 camions qui ont servi pour transporter les armes dans les entrepôts ; paraît-il, "où elles doivent être triées" indique le représentant de Tsahal dépêché sur place. Encore une étrange méthode : on a vu, à la télévision que les Hysters ont rapidement emmené les palettes de caisses. Histoire qu’on ne s’y attarde pas trop, peut-être. Car l’excuse de relâcher le navire dès le lendemain même est elle aussi... étrange.
Les obus de 106 noirs marqués en espagnol rangés par boîte de deux sont brésiliens, et ne peuvent être utilisés que via un canon assez spécial sans recul de plus de 3 m de long. C’est facile à savoir : tout est marqué sur l’étiquette de la boîte. : CSR M40A1, utilisé aujourd’hui par la Bolivie par exemple. On se demande ce que va pouvoir faire le hezbolla avec pareils obus anti-tanks : pour le tirer, il faut un obusier construit en 1953, et dont la licence avait été accordée à l’Espagne, au Brésil, au Japon... et à Israel ! Résultat, ils peuvent aussi l’être, israéliens ces fameux obus. Les fusées des longues roquettes de 122 mm, nous les avons retrouvées dans un catalogue précis de toutes les têtes existantes, que l’on a épluché pour vous . Verdict : c’est bien encore du chinois !
De même que les américains ont tenté à plusieurs reprises de mouiller les iraniens en repeignant des anciens obus chinois pour en faire des neufs, les israéliens semblent avoir fait de même avec leurs obus de 107 mm, bien proprement emballés. Or là, l’armée israélienne elle-même n’exclut pas que ces fameux obus, qui sont bien chinois d’origine, puissent aussi être les siens : elle en a revendu à L’Iran d’avant Khomeini ! Mieux encore : les obus de mortier de 81 mm montrés sont difficilement implicables : comme beaucoup d’autres, ce sont des copies de Soltam israéliens vendus eux aussi à l’Iran avant la révolution, eux mêmes semblables aux M252 américains et aux L16 anglais. Ce qui les distingue, c’est l’empennage en fait. Les caractères retrouvés dessus, en italiques et sérifs, ne prêchent pas pour autre chose que.. du Chinois, encore une fois. Bref, rien n’est encore prouvé : seule une commission de l’ONU pourrait certifier l’origine iranienne de ces munitions. Car n"oublions pas une chose : du stock, les israéliens en regorgent, et nous vous en avons même donné le tonnage : 5200 tonnes. Débarquées, rappelons-le... à Ashdod même ! Comme je vous le disais " Le 31 décembre, sa décision d’attaquer massivement les populations civiles de Gaza devait déjà être prise. Le même jour, l’US Navy prévoit de requérir deux cargos européens pour une commande fort spéciale, qui requiert l’envoi de 2 cargos de 168 TEU, pour le transport au total de 325 containers de munitions de 20 pieds standards... en Israël. Le volume et le poids représenté est sidérant : les deux navires requis emportent au total jusqu’à 3 250 tonnes de munitions environ, à 10 tonnes le container en moyenne". A Ashdod, ou ailleurs : " Les américains disposent donc de dépôts d’armes en plein israël ?? Sur "leurs" bases ? Première nouvelle !! Et pourtant, oui, c’est le cas, et l’une d’entre elles a été complétée en 2005, à dix minutes à peine de l’aéroport Ben Gourion. C’est surtout un gigantesque dépôt, où flottait le drapeau américain en effet en 2005. A côté de la base passe la nouvelle autoroute.. menant directement à Haïfa... ou à Ashdod, le port pressenti pour recevoir le chargement !".
Les israéliens citent également Damiette comme port de transvasement, on l’a vu. En oubliant de préciser qu’Alexandrie est tout proche... où le Lucy Borchard était encore le 15 juillet dernier, par exemple, comme il était à Limassol le 1er novembre... le même jour que le .... Francop. Le temps d’un petit transfert vite fait ? A Limassol, ou les chypriotes ont débarqué des containers en provenance bel et bien de Bandar Abbas, remplis de poudre d’obus mais sans les obus... Des containers au nom de la société iranienne de transport... qui ont donc été vidés depuis de leur contenu. Que sont-ils devenus ces containers transportés sur la base de Mari ? Ah ça, avec l’arrivée à Ashdod on a bien une petite idée... Car cette histoire nous en rappelle une autre, celle du Monchegorsk. Venu lui, bel et bien de Bandar Abbas : lorsque les américains ont intercepté le navire, ils l’ont d’abord conduit en Egypte, à Port-Saïd, avant de le rendre à Chypre... Qu’ont-ils fait à Port-Saïd, nul ne le sait. Comme on ne sait pas ce qu’on fait les autorités chypriotes des containers iraniens vidés... il faut rappeler que ce jour-là, les iraniens avaient rempli le cargo de container contenant la poudre pour des tas d’obus... mais sans les obus. Ce qui avait mis en rage la CIA, qui pensait tomber sur le pot aux roses : juridiquement, la poudre seule n’entre pas dans la résolution de l’ONU interdisant à l’Iran de vendre des armes... Mais de cela, nous parlerons une prochaine fois si vous le voulez bien car cela fait aussi partie de l’histoire de l’Artic Sea .
Enfin, il reste un autre élément tout aussi troublant et tout aussi ridicule : les sacs de plastique ayant servi à dissimuler les caisses d’armes. Or là encore, on tombe sur du n’importe quoi : si l’on veut dissimuler une charge, dans un container, on ne s’amuse pas à mettre comme masque des objets de poids ridicule : à la simple pesée, un container de sac plastiques et un container rempli à moitié d’obus de 81 ne pèse pas la même chose ! Rien qu’avec un balance, ou plutot une grue de port, capable d’évaluer le poids qu’elle soulève, on peut déjà faire le tri dans le trafic ! Non, là, ça devient grotesque. D’autant plus que ça marquerait encore plus une signature.. israélienne, ce procédé. Israël fait pour son agriculture une énorme consommation de films de polyéthylène, en israël aussi on sait donc en produire en quantités. Nous en avons trouvé une à Yavne, Mor Plastics, et une autre à Rishon le Tsiyon, D.SPlus TA Ltd. A 20 minutes d’Ashdod, une autre encore à Einat A.A. POLYTIV , une autre à. Haifa GERBER R. & R. GOLDBERG LTD. Bref, ce n’est pas ce qui manque au alentours d’Ashdod...
Bref, vous pouvez bien entendu toujours croire ce qu’on vous raconte. Mais la prochaine fois, soyez plus attentifs aux détails. Les choses ne se passent pas obligatoirement comme on vous les raconte...
Documents joints à cet article
La fin de la propagande sioniste internationale
redaction@mecanopolis.org Lundi 2 Novembre 2009

Il faut d’abord dire quelques mots sur ce que nous entendons par propagande sioniste internationale. Il convient de distinguer entre propagande sioniste internationale et propagande sioniste menée à l’intérieur de l’État d’Israël. Une propagande sioniste internationale est le fait de groupes, de partis politiques, de lobbies juifs et non juifs, de gouvernements comme ceux des Etats-Unis et de l’Union européenne, etc. Par leur défaitisme, les pays arabes font indirectement de la propagande sioniste internationale. Rappelons qu’une propagande vise des objectifs et nécessite une organisation sophistiquée. L’objectif de la propagande est la modification de la posture psychologique des individus en vue de l’action ou de prise de position par rapport à un problème donné. Pour atteindre son objectif, la propagande utilise des moyens de communication de masse, les mass medias. Dans nos sociétés capitalistes, ceux qui peuvent faire de la propagande, ce sont les grands groupes capitalistes et les États qui les servent, c’est-à-dire ceux qui détiennent les moyens financiers pour acheter et contrôler les mass medias. Contrairement aux apparences trompeuses, il n’y a pas plusieurs propagandes dans les sociétés capitalistes, il ne saurait y avoir qu’une seule, la propagande capitaliste. Les « deux partis uniques » qui alternent au pouvoir pour mieux gérer les intérêts du Capital aux Etats-Unis et en Europe sont élus avec l’aide des mass medias détenues et contrôlées par ce même Capital. Pour dissiper un dernier malentendu lourd de conséquences, il n’y a aucune différence entre la propagande politique des capitalistes privés et la propagande d’État, car l’une et l’autre concourent à une même fin, créer des individus aliénés et abrutir les masses pour mieux les dominer.

Cela dit, s’il est impossible de mener une contre-propagande à l’intérieur des États, il n’en est pas de même à l’échelle internationale où une propagande politique peut être combattue et neutralisée par une propagande adverse du fait de l’existence de clivages idéologiques entre les Etats. Par exemple, à l’époque de l’Union soviétique et du bloc socialiste, la propagande capitaliste internationale avait en face d’elle une propagande capable de la contrecarrer. Pour annihiler les effets d’une propagande adverse, il faut d’abord se doter de moyens humains et matériels équivalents. Il faut ensuite repérer les thèmes centraux de la propagande adverse et les réfuter systématiquement en faisant apparaître leurs visées idéologiques et politiques. Aujourd’hui, grâce à l’internet et aux satellites, la propagande capitaliste et impérialiste mondiale a du plomb dans l’aile et elle commence à être combattue, neutralisée et démasquée comme propagande. Mais dès lors qu’une propagande a été démasquée comme propagande, elle perd ses effets escomptés. Nous nous trouvons aujourd’hui dans le même cas de figure qu’à l’époque de l’union soviétique et du bloc de l’Est, avec l’émergence d’une contre-propagande menée sur la scène internationale par de nouveaux dirigeants politiques comme le président iranien Mahmoud Ahmadinejad et le président vénézuélien Hugo Chavez qui n’hésitent pas à se servir des conférences internationales comme tribune politique pour vilipender le sionisme et l’impérialisme. Sans parler d’autres supports d’information indépendants qui ne sont plus tributaires des multinationales de l’information occidentales pour retransmettre leurs propres images, fabriquer leurs propres nouvelles et fournir leurs propres interprétations des faits et des événements. Nous voilà donc à un tournant qui annonce non seulement la fin de la propagande capitaliste, impérialiste et sioniste mais la fin de toutes les propagandes.
LE DESSOUS DE LA PROPAGANDE SIONISTE INTERNATIONALE
Quand on parle de la propagande sioniste internationale, on pense immédiatement et machinalement au lobby israélien aux Etats-Unis et en Europe. C’est notamment la thèse soutenue en 2006 par John Mearsheimer et Steven Walt qui considèrent que la politique étrangère américaine au Moyen Orient est sous influence d’un puissant lobby israélien qui lui imprime ses actions et ses orientations. Sans nier aucunement l’influence de ce lobby surtout au congrès et à la Chambre des Représentants, sa puissance a été exagérée volontairement justement par la propagande sioniste internationale elle-même pour faire croire que les juifs sont des hommes super intelligents, dotés d’un QI supérieur aux autres et d’un pouvoir manipulateur hors du commun. On parle trop souvent du lobby israélien aux Etats-Unis ou en Europe mais on ne parle pas assez ou pas du tout de tous ces groupes obscurs et de tous ces lobbies non juifs et non sionistes qui exercent discrètement et sournoisement une influence considérable sur les orientations de la politique étrangère américaine et européenne au Moyen Orient. Les villes américaines sont peuplées de groupes de pression, de think tanks de tous genres, d’institutions, civiles, religieuses, politiques, de centres de recherche politiques, stratégiques et militaires, de fondations comme le NED (National Endownment for Democracy), Fondations Soros, Fondations Rockefeller etc. qui sont des groupements non juifs et non sionistes mais qui font une propagande active et efficace tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des Etats-Unis en faveur du soutien inconditionnel à l’entité sioniste en Palestine. Le lobby israélien aux USA et en Europe ne représente en fait qu’un petit groupe très minoritaire par rapport à une myriade d’autres groupes non juifs et non sionistes qui agissent dans l’ombre et qui apportent un soutien indéfectible à Israël. Rappelons par ailleurs que le but de ces groupes non juifs et non sionistes n’est pas franchement l’amour du juif et l’Etat d’Israël mais la planification et la préparation des prochaines guerres impérialistes au Moyen Orient. Plus précisément, le travail de ces think tanks non juifs et non sionistes consiste à semer des troubles et à fomenter des conflits au sein des sociétés arabo-musulmanes quand bien même ces dernières représentent un terrain fertile et réceptif à toutes les sollicitations extérieures du fait de leur composition ethnique et religieuse. Ceux qui mettent en avant ou exagèrent la puissance du lobby israélien cherchent en réalité à détourner les regards du vrai danger qui menace le Moyen-Orient qui est moins l’entité sioniste que la soldatesque des Etats-Unis. En se focalisant sur le lobby israélien aux Etats-Unis, on occulte par ailleurs les vraies motivations de la politique étrangère américaine au Moyen Orient qui, rappelons-le au passage, ne sont ni morales, ni religieuses ni éthiques mais la protection des intérêts du capital et des multinationales. Israël représente certes une menace permanente au Moyen Orient mais ce qui menace le plus cette région, c’est l’impérialisme américain. Le soutien américain inconditionnel n’est pas spécifique au seul Etat d’Israël, c’est une constance de la politique étrangère américaine que l’on relève dans bien d’autres régions du monde, en Afrique, en Europe ou en Amérique latine. L’aide apportée par les États unis à leurs alliés est conditionnée comme toujours par leur degré de fidélité et leur coopération directe ou indirecte pour la protection des intérêts des multinationales américaines. Par conséquent, le soutien des Etats-Unis à l’État d’Israël dépend de la position hautement stratégique qu’occupe l’entité sioniste dans la mise en œuvre de l’hégémonie américaine au Moyen Orient. Ce sont cet enchevêtrement et cette collusion entre les intérêts stratégiques et tactiques des Etats-Unis et d’Israël qui empêchent de bien discerner les objectifs visés par la propagande impérialiste américaine et ceux de la propagande sioniste internationale.

Essayons de voir par ailleurs de quelle manière la propagande sioniste internationale sert les intérêts du grand capital américain et accessoirement le grand capital européen au Moyen Orient. L’existence de l’État sioniste au cœur du Moyen-Orient est d’abord et avant tout une source de conflits et de tensions permanents dans cette région du monde. C’est déjà une affaire juteuse pour les Etats-Unis et pour l’Europe, ou plus précisément pour les marchands d’armes et le complexe militaro-industriel. À intervalles réguliers, pour pouvoir survivre et maintenir l’unité de ses populations que tout sépare, l’histoire et la géographie, Israël est condamné à faire des guerres et à entretenir des tensions permanentes au Moyen-Orient. Dans les années1950, Moshé Dayan a affirmé qu’Israël n’avait pas besoin d’une alliance militaire, car il n’est menacé ni par ses voisins arabes ni par les palestiniens qui n’ont pas d’armes. La grande menace qui pèse sur Israël, dit-il, est le maintien de son unité intérieure et dans ce dessein il fallait sans cesse faire peur aux Israéliens en leur racontant des histoires comme par exemple les Américains et les Anglais sont en train de débarquer dans le désert du Néguev. Cet aveu de Moshé Dayan confirme le fait que l’État d’Israël n’est pas un État créé pour des juifs européens persécutés et victimes de l’antisémitisme et de l’holocauste mais comme une simple base militaire occidentale, appelée à jouer le rôle de gendarme et du berger allemand au Moyen-Orient. Ces guerres à répétition sont donc du pain béni pour les marchands d’armes et le complexe militaro-industriel américain et européen. D’ailleurs, si l’État sioniste n’avait pas existé, les marchands d’armes et le complexe militaro-industriel l’aurait inventé. Autrement dit, Israël n’est autre chose qu’un marchepied et un pion au service des marchands d’armes et du complexe militaro-industriel.
Après chaque conflit armé, les marchands d’armes et les représentants du complexe militaro-industriel américain et européen accourent en Israël pour faire le point avec les militaires sionistes sur l’efficacité des armes utilisées contre les populations civiles palestiniennes et libanaises et cela dans le but de les perfectionner pour les prochaines guerres. Après chaque guerre, les think tanks états -uniens, européens et sionistes se mettent aussitôt au travail pour préparer les prochaines guerres moyen orientales avec à la clé le futur plan de campagne et le prochain ennemi à abattre. Avec les guerres et les conflits armés au Moyen-Orient, les marchands d’armes et le complexe militaro-industriel font deux coups avec une seule pierre en vendant les armes dernier cri aux Israéliens et les armes défensives ou presque obsolètes aux États arabes voisins. Naturellement avant chaque guerre, il faut préparer psychologiquement les opinions publiques occidentales grâce à une intense propagande. Depuis l’effondrement de l’Union soviétique, la collusion entre la propagande impérialiste américaine et la propagande sioniste internationale est parfaite et les deux propagandes ont travaillé ensemble, main dans la main et elles ont conjugué leurs efforts pour en finir avec tous les régimes qui faisaient obstacle à l’hégémonie des Etats-Unis au Moyen-Orient. La première guerre du Golfe avait déjà été planifiée une dizaine d’années avant, c’est-à-dire après la fin de la guerre Iran-Irak en 1980. Avant le 11 septembre 2001, la propagande impérialiste et la propagande sioniste avaient déjà désigné les futurs ennemis à abattre, les États de l’Axe du mal ou les États voyous (Rogue States) l’Irak, l’Iran et la Corée du Nord. Pour mener leur propagande guerrière et pour violer psychiquement les opinions publiques occidentales, les marchands d’armes et le complexe militaro-industriel ont fait main basse sur les mass medias aux Etats-Unis et en Europe. Aux USA, parmi les dix grands groupes de communication, sept sont contrôlés par des marchands d’armes et par le complexe militaro-industriel. Par exemple, General Electric est la maison mère de la chaîne américaine NBC. Le cas de la France est assez éloquent à cet égard puisque les mass medias sont aujourd’hui contrôlées par deux marchands d’armes, Lagardère et Dassault. La collusion est donc parfaite entre les intérêts du complexe militaro-industriel américano européen, la propagande sioniste internationale et la propagande impérialiste américaine.
CONTRE PROPAGANDE ET NEUTRALISATION DE LA PROPAGANDE SIONISTE INTERNATIONALE
La propagande sioniste internationale est fondée sur la suggestion émotionnelle qui a si bien réussi à Hitler pour accéder au pouvoir en Allemagne. La propagande de type émotionnel n’est pas à vrai dire une prorogative des dictatures, car on trouve aux Etats-Unis et en Europe des techniques similaires visant à exciter l’émotivité et l’impulsivité des individus. Dans le plan de campagne de la propagande sioniste internationale, on trouve une série de fables et de légendes fabriquées pour le besoin de la cause comme le droit historique des juifs sur la terre de la Palestine et l’holocauste devenu une industrie. L’holocauste qui est une autre manière pour exciter l’émotivité a été mis à contribution pour légitimer l’occupation israélienne et pour couvrir les exactions et les atrocités commises à l’égard des populations civiles palestiniennes. (Sur les origines du sionisme, lire cet excellent article de René Castillon. Pour une critique pertinente du droit historique des juifs, voir l’article documenté de Frédéric Courvoisier sur le site mecanopolis, « L’exil du peuple juif remis en cause » )
Palestinien de Jérusalem résistant à l'invasion des forces d'occupation à Al-Aqsa
Aujourd’hui, le thème de l’éternelle victimisation du juif est en perte de vitesse et ne fait plus recette. Les crimes à répétition commis par les forces d’occupation sioniste en Palestine et l’extension de la colonisation de la terre palestinienne démasquent jour après jour les mensonges de la propagande sioniste internationale. Quand on parle de la fin de la propagande sioniste, cela veut dire concrètement qu’une propagande adverse, en l’occurrence une propagande anti-sioniste, fera appel à des données factuelles pour montrer que la propagande sioniste internationale n’est qu’un tissu de mensonges. La propagande anti-sioniste se doit d’évoquer des faits et des événements réels en évitant la propagande émotionnelle. Pour convaincre, la propagande anti-sioniste doit diffuser ses propres images, produire ses propres informations et donner ses propres interprétations des faits et des événements. Les multinationales de l’information occidentales n’ont plus aujourd’hui le monopole de la production des images et de l’information et elles ont perdu du coup l’exclusivité dans l’interprétation des faits. Les sources d’information se diversifient et se multiplient en permettant à tout un chacun de confronter des points de vue différents sur la même question. Aujourd’hui, chacun des protagonistes au Moyen Orient possède ses propres moyens de propagande par lesquels il s’exprime et combat la propagande adverse. Pendant la première guerre du Golfe, CNN était le seul organe de propagande américano-sioniste. Depuis, CNN a perdu le monopole de la propagande à cause de l’émergence d’une chaîne arabe concurrente, Al-Jazira. Pendant la guerre libanaise de l’été 2006, l’aviation israélienne a bombardé en premier Al-Manar, l’organe de propagande du Hezbollah. Le Hamas palestinien a sa radio et sa télévision. Sous la pression du lobby sioniste en France, le gouvernement français a interdit la diffusion de la chaîne Al Manar.
Durant la guerre sur Gaza, malgré le bouclage et l’interdiction faite aux journalistes étrangers de filmer le massacre et des exactions commis à l’égard des populations civiles palestiniennes, le monde entier a tout de même pu découvrir à travers les images diffusées par la chaîne Al-Jazira, les corps d’enfants palestiniens, déchiquetés et brûlés par les bombes à phosphore. Le monde entier a ainsi pu voir et constater de visu, la sauvagerie et la barbarie sioniste en Palestine. Grâce aux images d’Al-Jazira et d’observateurs étrangers, européens, américains, le monde entier a pu se rendre compte que les victimes d’hier de l’holocauste juif deviennent aujourd’hui à leur tour des bourreaux et des criminels de guerre en commettant massacre après massacre à l’égard les populations civiles palestiniennes. La propagande sioniste internationale ne pouvaint rien contre les images diffusées par satellite, car ces images parlent d’elles-mêmes et elles n’ont besoin ni de long discours ni de commentaires. Les membres des ONG et des organisations internationales de défense des droits de l’homme présentes sur place durant la guerre contre Gaza ont tout vu et ils ont filmé les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité commis par l’armée sioniste dans les territoires occupés. D’ailleurs, pour établir son rapport, la commission Goldstone qui, par ailleurs a été empêchée d’enquêter sur place, a puisé l’essentiel de ses informations dans les reportages et les rapports réalisés par des ONG et des organisations humanitaires indépendantes.
N’ayant plus la maîtrise absolue de la production de l’image et de l’information, la propagande sioniste internationale s’est trouvée désarmée et elle a du coup manqué son objectif, celui de berner et de manipuler comme par le passé, les opinions publiques occidentales. La mobilisation sans précédent de celles-ci en faveur des palestiniennes et contre Israël durant la guerre de Gaza, une attitude contrastant bizarrement avec les positions pro-sionistes des gouvernements européens, montrent à quel point la propagande sioniste internationale a perdu la guerre de l’image et de l’information et elle s’est démasquée comme propagande.

Palestinienne agressée par un extrémiste juif à Jérusalem
Les enceintes internationales deviennent de plus en plus un lieu de propagande anti-sioniste. Au mois de septembre, lors de la réunion annuelle de l’Assemblée générale des Nations-unies, le colonel Kadhafi qui, après avoir déchiré la Charte des nations unies, a accusé l’organisation onusienne d’avoir fomenté et cautionné 67 guerres depuis sa création et il a réclamé, entre autres, l’ouverture d’une enquête internationale sur le massacre de Sabra et Chatila et l’invasion de la bande de Gaza en 2008. Les fulminations et diatribes du président vénézuelien Hugo Chavez contre l’impérialisme américain et l’expulsion de l’ambassadeur israélien pendant la guerre de Gaza s’apparentent à une forme de propagande anti-sioniste. La colère et le départ précipité de Davos en Suisse du premier ministre turc, Regip Taeb Erdogan de Davos en Suisse suite à des propos prononcés par le président israélien Shimon Peres contre le Hamas palestinien sont une manière personnelle de s’opposer à la propagande sioniste internationale.
Par ailleurs, certains chefs d’États arabes osent aborder la question du nucléaire israélien en brisant un tabou sur la question de l’arme atomique au Moyen-Orient. Le colonel Khadafi a déclaré lors d’une interview diffusée lundi 26 octobre par la chaîne britannique Sky News, que les Egyptiens, les Syriens et les Saoudiens ont le droit de posséder l’arme atomique au même titre qu’Israël. Dans une interview au Sunday Times le premier ministre turc, Erdogan, a reproché à l’Occident son acharnement à l’égard du nucléaire iranien alors que les mêmes membres du conseil de sécurité qui veulent empêcher l’Iran de se doter de l’arme atomique, possèdent chacun son propre arsenal nucléaire. Depuis deux décennies, les délégations des États arabes demandent à l’AIEA d’enquêter sur le nucléaire israélien mais en vain. Dernièrement, une résolution présentée par les pays arabes a été votée par 49 voix contre 45 demande au président de l’AIEA Mohammed El Baradei de soumettre le nucléaire israélien à des inspections au même titre que le nucléaire iranien. Mais Israël a refusé toute inspection de ses installations nucléaires ainsi que toutes formes de coopération avec l’agence onusienne sous prétexte qu’il n’est pas signataire du traité de non-prolifération nucléaire. Quelle serait l’attitude de la soi-disant communauté internationale si c’est un État arabe qui refusait l’inspection de ses installations nucléaires? Bush et Blair ne sont-ils pas allés en Irak sous prétexte que le régime de Saddam Hussein cachait des armes de destruction massive. Comprenne qui pourra.
Indéniablement, c’est le président iranien Mahmoud Ahmadinejad qui se révèle sur la scène internationale comme un redoutable propagandiste anti-sioniste en brisant des tabous et en mettant en selle des thèmes que personne n’ose aborder en Occident tels l’holocauste et de l’antisémitisme, sous peine d’être poursuivi et condamné pour négationnisme. Il faut bien reconnaître qu’avant Ahmadinejad, aucun chef d’État n’a eu le courage et n’a osé poser la question de l’holocauste, de l’antisémitisme et les conditions qui ont été à l’origine de la création de l’État d’Israël. Quand le président iranien monte sur les tribunes internationales, il pose la question de l’holocauste et de l’origine de l’Etat d’Israël en avançant des arguments dont certains sont certes discutables et même critiquables mais d’autres sont pertinents. Je reproduits ici un extrait d’une interview donnée par la président iranien à l’hebdomadaire Neesweek, où il aborde entre autres la question de l’holocauste et les victimes juives de la Seconde Guerre mondiale.

Newsweek : Alors que l’Iran tente de renouer des liens avec l’Occident, pourquoi à nouveau nier la réalité de l’Holocauste, quand ces thèses sont si aisément réfutables ? Ne pensez-vous pas que l’Holocauste est un sujet important ?
Mahmoud Ahmadinejad : Oui, je pense que c’est le plus grand crime du XXe siècle.
Vous êtes donc d’accord sur le fait que le sujet est important. Pensez-vous que l’Holocauste est encore d’actualité aujourd’hui, qu’il nous concerne encore aujourd’hui par ses effets ?
Pouvez-vous m’expliquer en quoi il influe sur les questions de l’heure ?
Ce que je pense importe peu, M. le président, c’est ce que vous pensez qui compte.
Bien sûr, mais je voudrais que nous puissions échanger nos points de vue afin de pouvoir régler une question.
Le monde voudrait savoir ce que vous pensez.
De quel monde parle-t-on ici ?
L’Iran tente d’améliorer ses relations avec l’Occident, c’est du moins ainsi que je le comprends. Il est clair que l’Holocauste a eu lieu. Pourquoi dire qu’il n’a pas eu lieu ? Pensez-vous qu’il ne devrait pas y avoir un état Juif ? Pas d’Israël ?
Ce que je dis est extrêmement clair. C’est une approche académique d’un sujet d’importance capitale, qui se fonde également sur des considérations humanitaires. Ce que je dis, c’est que bien des choses sont survenues tout au long de l’histoire, et qu’au cours de la seconde guerre mondiale, bien des crimes ont été commis. Plus de 60 millions de gens ont été tués, encore plus déplacés. Il se pose donc un certain nombre de questions spécifiques quant aux événements de la seconde guerre mondiale, et je pense qu’on ne pourra trouver de réponses à ces questions dans la propagande que diffusent les médias. Au bout du compte, il faut des réponses convaincantes à ces questions. La première chose que je voudrais comprendre, c’est la raison pour laquelle, étant donné tout ce qui s’est passé au cours de la seconde guerre mondiale, on met l’accent sur l’Holocauste plus que sur tout autre [événement] ?
Disons que les crimes de Staline étaient de même gravité.
La seconde question est : pourquoi les hommes politiques en occident sont tellement obsédés par ce problème ? La troisième question est : de quelle façon cet événement est-il relié aux problèmes que nous pouvons observer autour de nous dans le monde d’aujourd’hui ? Fut-il un événement historique isolé, sans impact sur la situation présente ? La question qu’on doit se poser ensuite est : si cet événement s’est produit, où s’est-il produit, qui en sont les responsables, et quel fut le rôle du peuple palestinien ? Quel crime a-t-il commis pour mériter ce qu’il a subi en conséquence ? Pour quelle raison le peuple palestinien devrait-il être brimé ? Saviez-vous que plus de cinq millions de Palestiniens ont été déplacés, et bénéficient du statut de réfugié ? Quel rôle ont-ils joué dans l’Holocauste ? Pourquoi exploite-t-on l’Holocauste comme prétexte à l’occupation de la terre d’un autre peuple ? Pourquoi les Palestiniens devraient-ils donner leur vie en échange ? Vous devez savoir que les habitants de Gaza ont dû subir plusieurs embargos.
Et ceux-ci ont lancé des frappes contre Israël au moyen de missiles.
En fin de compte, les habitants de Gaza sont dans leur maison, c’est leur vie, et c’est leur terre. Qui est l’occupant ici ? Quel régime d’occupation est condamné par les résolutions des Nations Unies ? Quel esprit juste pourrait accepter qu’un événement qui s’est déroulé en Europe entraîne l’occupation de sa terre, autre part dans le monde ? Si un crime a été commis en Europe, pourquoi les habitants de Palestine devraient-ils en payer le prix ? La question est simple à comprendre. Malheureusement, les politiciens occidentaux refusent de répondre à ces questions, et préfèrent changer le sujet. Nous sommes opposés par principe au meurtre d’êtres humains. Soixante millions de gens ont été tués à l’époque [de la seconde guerre mondiale] et c’est effectivement très regrettable. Peu importe quelles étaient leur foi ou leurs opinions — c’étaient des êtres humains et leurs vies auraient dû être respectées du seul fait que c’étaient des êtres humains. Je voudrais souligner que nous ne vivons pas dans le monde d’il y a soixante ans. Nous vivons aujourd’hui. Nous considérons l’Holocauste comme un prétexte au génocide commis sur le peuple palestinien.
L'intégralité de cet interview est disponible sur Mecanopolis
À Genève, le 20 avril 2009, lors de la conférence de Durban II sur le racisme, Ahmadinejad évoque les conditions dans lesquelles a été fondé l’État d’Israël provoquant ainsi le retrait précipité des délégations occidentales présentes dans la salle. Voila ce que dit le président iranien à propos de l’Etat d’Israël « « A la fin de la deuxième guerre mondiale, prenant prétexte des souffrances juives ils (les Européens, ndlr) ont eu recours aux moyens militaires pour créer une nation de sans abris. Ils ont envoyé des migrants d’Europe et des États unis et d’autres parties du monde afin d’établir un gouvernement totalement raciste dans la Palestine occupée » (sur l’analyse du discours d’Ahmadinejad à la conférence de Durban sur le racisme à Genève, lire l’article de Frederic Courvoisier Mahmoud Ahmadinejad à la Conférence de « Durban II » : Une vérité qui dérange. La conférence sur l’holocauste organisée à Téhéran en 2006 en présence du négationniste français Faurisson est une forme de propagande anti-sioniste.
En guise de conclusion, il convient d’évoquer la géographie politique du vote du rapport Goldstone. L’analyse du vote marque la fin de la propagande sioniste internationale et une timide prise de conscience des pays du Tiers-monde vis-à-vis d’un État, l’État sioniste, qui, jusqu’ici, a violé toutes les lois internationales et qui a bénéficié, grâce à la complicité occidentale, d’une impunité parfaite. Mais n’allons pas vite en besogne, car ce n’est pas demain que nous verrons les criminels de guerre sionistes, les mains enchaînées, en train de répondre de leurs crimes devant un tribunal pénal international, devant la Cour pénale internationale ou devant une instance pénale nationale. Après la guerre de Gaza, l’inquiétude gagne le rang des hauts responsables militaires et politiques israéliens menacés de poursuites judiciaires ou d’arrestations lors de leurs déplacements à l’étranger. Pour les informer sur les pays à risque notamment l’Espagne, une cellule spéciale a été mise en place au ministère des affaires étrangères. Cela étant dit, revenons à présent au rapport Goldstone. Le rapport Goldstone a été adopté par le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU par 25 voix contre 6 voix. Les États qui ont voté pour le rapport Goldstone sont : Bahreïn, Djibouti, Egypte, Jordanie, Qatar, Arabie saoudite, Pakistan, Indonésie, Bangladesh, Sénégal, les Etats d’Amérique centrale et du sud (Brésil, Argentine, Bolivie, Chili, Cuba, Nicaragua), Nigeria, Afrique du sud, Zambie, Ghana, Inde, Philippines, Chine, Russie. Les États qui ont voté contre, ce sont les Etats-Unis et leurs satellites, Italie, Hollande, Norvège, Slovaquie, Ukraine et Hongrie. 11 Pays se sont abstenus comme l’Allemagne, la France, la Slovénie, le Japon, la Corée du sud, le Mexique. Mais ce qui attire l’attention lors de ce vote est l’attitude de la Bosnie-Herzégovine qui a voté contre le rapport Goldstone alors que les Bosniaques ont vécu une situation dramatique similaire à celle que vit aujourd’hui les palestiniens sous l’occupation israélienne. Bien que voué, comme tous les autres rapports, aux oubliettes de l’histoire, le rapport Goldstone a tout de même révélé un phénomène inédit, la fin de la propagande sioniste internationale qui ne peut plus cacher les images de l’horreur et de la barbarie israélienne en Palestine et qui n’a plus assez de ressources pour manipuler comme bon lui semble les opinions publiques occidentales ou non occidentales et de ce fait on ne peut que s’en féliciter.
Faouzi Elmir
Crimes de guerre israéliens à Gaza
Des mères horrifiées par la naissance d’enfants difformes suite à l’usage par Israël d’armes prohibées
L’annonce par le Ministère de la Santé sous autorité du gouvernement élu du Hamas a jeté l’effroi ces jours-ci à Gaza. En effet, dix mois après la guerre lancée contre sa population par le gouvernement israélien – guerre appelée cyniquement « Plomb durci » par les stratèges militaires de Tel Aviv - des Palestiniennes vivant dans des zones lourdement frappées par les bombardements accouchent de bébés monstrueux.
A l’hôpital Shifa on nous a parlé d’une demi-douzaine de nouveaux nés victimes de graves malformations : organes incomplets, malformations du cerveau, visages défigurés.
Les médecins et les scientifiques qui cherchent à en déterminer la cause pensent qu’il y a là un lien direct avec les armes au phosphore, DIME, ou armes à l’uranium appauvri, utilisées par l’armée israélienne dans des zones très habitées où des cas de malformation sont apparus, comme Al-Zayton, Al-Zahra, Ezzbet Abed Rabbo, et Wadi Gaza.
L’État Major israélien a-t-il choisi délibérément de contaminer ces zones densément peuplées pour expérimenter in vivo, les effets de ces armes sur les populations qui y sont exposées ?
Une douzaine de métaux extrêmement toxiques ont été détectés et sont actuellement toujours à l’étude ; des chercheurs italiens et français ont fait des prélèvements et les examinent pour établir si ces armes sont à l’origine de maladies nouvelles et des malformations des bébés.
Ces bébés nés malformés s’ajoutent à tous ceux qui, depuis longtemps déjà, meurent peu après leur naissance ou survivent avec de graves séquelles parce que leur mère a été sous alimentée pendant sa grossesse en raison du siège imposé à Gaza [1].
Où sont les journalistes d’investigation ? Leur silence quand il s’agit de porter à la connaissance du monde -de manière détailée- les actes de barbarie de l’armée israélienne, et les énormes souffrances qu’ils génèrent, n’est-il pas troublant ?
Ce qui est sûr, c’est que la désinformation bat à nouveau son plein et que les tambours de la guerre roulent à nouveau contre la principale cible actuelle des dirigeants israéliens : l’Iran.
Comme l’écrivait le Dr. Oren Ben Dor au lendemain de la guerre israélienne contre Gaza, « Israël a besoin d’un cycle permanent de violence. Aussi longtemps que ce cycle est provoqué par une oppression quotidienne, les Israéliens arrivent à maintenir ce havre où ils peuvent s’unir derrière leur incapacité à regarder leur mentalité d’apartheid. » [2]
Ainsi Israël, coupable de tant de crimes et de n’avoir jamais appliqué aucune des résolutions de l’ONU, incrimine les voisins qu’il veut anéantir, les uns après les autres.
Hier le Liban, puis l’Irak, puis le Liban, puis Gaza, demain l’Iran ? Tout cela avec la complicité des gouvernements occidentaux qui rechignent maintenant à apporter leur appui au rapport Goldstone [3] accusant Israël de crimes de guerre à Gaza, rapport qui devrait conduire à traduire enfin cet État en justice devant la Cour pénale internationale.
Silvia Cattori
[1] Voir : « Gaza meurt dans l’indifférence, au su et au vu du monde », par Silvia Cattori, silviacattori.net, 3 juin 2008.
[2] Voir : « Israël : le suicide par l’autodéfense », par Oren Ben Dor, 1er janvier 2009.
Voir également : « Les racines profondes de la terreur exercée par l’État juif », par Silvia Cattori, Réseau Voltaire, 19 janvier 2009.
[3] Voir : « Pourquoi le rapport Goldstone est important », par Richard Falk, info-palestine.net, 26 septembre 2009.