ELWATAN-ALHABIB
jeudi 9 janvier 2020
 

DE TRIPOLI À TÉHÉRAN, LE NAUFRAGE DIPLOMATIQUE DU RÉGIME D’ALGER









PAR AW · JANVIER 9, 2020


Omar Benderra, Algeria-Watch 9 janvier 2020
L’assassinat du général Qassem Soleimani par l’armée américaine sur ordre direct du président Donald Trump n’a suscité aucune réaction des autorités d’Alger. Nulle réaction officielle ou officieuse n’est enregistrée et aucun communiqué n’a été publié pour exprimer la position algérienne devant un fait d’une exceptionnelle gravité. Car en l’occurrence, il s’agit bien d’une exorbitante violation du droit international, un précédent sanglant, flagrant et inadmissible.
Le profil très bas adopté par l’exécutif algérien donne la mesure exacte de l’effacement du pays sur la scène internationale, de la disparition de son influence, y compris sur la scène régionale. L’image diplomatique de l’Algérie, fondée sur le non-alignement et la défense du droit, n’est plus qu’un lointain souvenir. Ce silence marque d’abord la distance prise par la dictature des généraux putschistes avec les principes constitutifs de la diplomatie Algérienne née effectivement en 1955 à Bandung.
Cette réalité peu honorable est en effet à porter au bilan totalement désastreux du coup d’état militaire du 11 janvier 1992. La rare médiocrité des personnels politiques et diplomatiques désignés par des groupes d’intérêts militaro-affairistes en cheville avec des intérêts étrangers n’explique pas à elle seule le naufrage de l’Etat Algérien. Le reniement des idéaux et principes de la révolution algérienne sous le règne délétère d’Abdelaziz Bouteflika est une entreprise délibérée d’insertion de l’Algérie dans le dispositif néocolonial arabe piloté par le Conseil de Coopération du Golfe et les Occidentaux. Entre soumission à l’ordre libéral et volonté d’acheter à n’importe quel prix des soutiens extérieurs au régime, Bouteflika et ses soutiens militaro-policiers ont littéralement bradé la diplomatie algérienne.
Tripoli/Benghazi 2011, l’effacement diplomatique de l’Algérie
L’effondrement de la position internationale de l’Algérie se manifeste dès 2011 avec l’abandon de la Libye à son sort tragique. La passivité de la diplomatie, la coopération de fait avec l’Otan (on se souvient du rapport militaire algérien sur l’état de l’armée libyenne transmis à Paris et d’autres capitales occidentales) et la soumission au CCG ont ouvert la voie à l’immixtion étrangère et la désagrégation de l’Etat libyen. La situation créée par l’intervention criminelle des Occidentaux, qui a permis de facto la sanctuarisation de régions entières au profit de groupes terroristes, est propice, ainsi qu’on le constate aujourd’hui à l’installation d’armées extracontinentales et à l’exacerbation de la déstabilisation de la région. L’Algérie a quasi-complétement disparu des radars africains durant la période, où seuls quelques fonctionnaires détachés à l’Union Africaine ont pu maintenir l’illusion d’une influence algérienne. Aucune initiative n’est esquissée au Sahel voisin ou les interventions d’armées étrangères enlisées dans des conflits sans fin contribuent à la dégradation des conditions politiques et d’existence de populations entières. L’Algérie inaudible est ignorée par les acteurs internationaux qui opèrent dans son pré carré, le fameux « pays-pivot » autrefois célébré par la presse du régime n’est plus qu’une évocation ironique. La perte de prestige du pays est telle que sans l’intervention de la Turquie, l’Algérie n’aurait pas été invitée à la conférence internationale sur la Libye qui doit se tenir avant la fin du mois de janvier à Berlin.
Le dialogue avec Ankara récemment réamorcé lors de la visite le 7 janvier du ministre des affaires étrangères à Alger serait-il le signal de retour d’une diplomatie active dégagée de l’emprise mortelle des monarchies pro-israéliennes du Golfe ? La destruction du processus politique d’union nationale engagée par le Maréchal Heftar ne joue pas en faveur d’une stabilisation de la Libye. Au contraire, une victoire militaire sur le gouvernement légitime dirigé par le premier ministre Serraj créerait les conditions d’une guerre civile prolongée. Il est encore trop tôt pour l’affirmer, mais il est certain qu’une diplomatie algérienne indépendante, engagée et intelligible par tous contribuerait à prévenir une telle évolution. Mais n’est audible que la réaffirmation d’une posture non-interventionniste, soi-disant constitutionnelle, certes louable mais très loin d’être suffisante pour contenir le danger qui monte. Au-delà de ce mantra d’impuissance répété à longueur de colonnes par les porte-paroles du régime, la voix de l’Algérie doit être perçue distinctement par tous les acteurs engagés sur le théâtre libyen. Dans l’état actuel des choses, en Libye comme au Moyen-Orient, l’Algérie est bâillonnée, sans initiative ni prise sur le réel. Cette absence est d’autant moins justifiable que les intérêts stratégiques du pays sont directement questionnés en Libye comme sur le théâtre moyen-oriental.
Téhéran/ Bagdad 2020, Du non-Alignement à la soumission devant le CCG
Au-delà de ce que cet acte est susceptible de déclencher, le meurtre du général Soleimani est un précédent particulièrement préoccupant en ce qu’il pourrait constituer une « jurisprudence Trump » qui autoriserait les pays disposant d’une impunité garantie par leurs arsenaux d’éliminer qui bon leur semble. De fait, le silence algérien est d’autant moins explicable que cet assassinat d’Etat contribue effectivement à ouvrir un processus de réhabilitation de la loi de la jungle sur le modèle israélien. Ce qui conforte une logique aux développements inquiétants. En effet, face à une épée de Damoclès susceptible de s’abattre sans préavis, tous les pays qui le peuvent doivent mettre en œuvre les moyens de dissuasion les plus convaincants possibles. Sous ce jour, la position irrédentiste de la Corée du Nord, vilipendée en permanence par la propagande occidentale, qui refuse de se séparer de son arsenal nucléaire, est plus que compréhensible.
La passivité des autorités algériennes face à un attentat aussi flagrant au droit international est d’autant plus incompréhensible que l’Algérie dispose d’un historique significatif dans cette région du monde. Alger a joué un rôle particulièrement important au service de la paix en assumant le rôle chargé de responsabilités d’intermédiaire entre les Etats-Unis et l’Iran lors de l’affaire des otages en 1981. Les bons offices algériens ont été appréciés par les deux parties alors même que l’Algérie exprimait des positions diamétralement opposées à celles prônées par les Américains que ce soit en Asie du Sud-Est ou en Palestine.
La crise politique interne ne justifie à aucun titre le silence d’Alger face à l’exécution de Qassem Soleimani. Que l’on soit ou non d’accord avec la ligne politique de l’Iran, la crise au Moyen-Orient n’est en aucun cas de nature confessionnelle comme le représente le CCG (Conseil de coopération des États arabes du Golfe). Ce conflit aux multiples facettes trouve son origine dans le déni du droit du peuple Palestinien et l’intervention de puissances extérieures à la région pour protéger des intérêts stratégiques, assurer la pérennité d’Israël et celle de monarchies réactionnaires vassalisées.
Les Algériennes et les Algériens montrent vendredi après vendredi leur attachement aux valeurs de la Révolution du 1er Novembre 1954 et à son héritage politique. L’unité populaire autour de ces principes essentiels sur lesquels est édifiée la Nation est aux antipodes des compromissions du régime. Si la dictature s’accommode naturellement de toutes ses violations, l’Etat de droit à l’intérieur des frontières implique la défense du droit dans la société internationale. Le soutien très majoritaire du peuple à la résistance anti-impérialiste et antisioniste est bien le socle d’une politique étrangère conforme à l’esprit du Hirak.
 
dimanche 5 janvier 2020
 
ONDES DE CHOC








par Abdou BENABBOU



L'assassinat du général iranien Kassem Soleimani à Baghdad n'est pas seulement la mise à feu d'une poudrière limitée à la région du Golfe et ne restera pas une déflagration circonscrite à un point isolé du globe. On sait ce que produisent de tels événements et on connaît les dommages collatéraux qu'ils enfantent. D'autant qu'on sait surtout que l'Histoire a toujours enseigné que de simples escarmouches peuvent provoquer des cataclysmes que le monde paye très cher. L'assassinat de Soleimani est l'ouverture d'une grande porte sur des drames déjà prévisibles comme l'ont été ceux qui ont suivi l'assassinat de l'archiduc autrichien en 1914, l'invasion de la Pologne par l'Allemagne, ou encore les véritables holocaustes vécus par les populations afghanes, irakiennes ou palestiniennes.

Redouter une escalade comme le suggère la diplomatie internationale est un euphémisme, car le monde ne reste seulement au stade de la crainte qu'obligé tel qu'il se présente par de petits calculs d'intérêts et on voit bien qu'il est au centre d'une catastrophe planétaire aux multiples visages. On a fermé les yeux devant la catastrophe provoquée par la famille Bush en dévastant l'Irak et on feint d'ignorer l'injustice criarde que subissent de nombreux peuples. Pourtant, l'humanité entière est convaincue que de tels désastres engendrent des ondes de choc terrifiantes. Demander à ses concitoyens d'éviter par prudence de se rendre dans tel pays ou dans telle région relève de la plaisanterie quand aux raids chirurgicaux répondent immanquablement les ceintures armées et minées déflagrantes. Les guerres armées d'aujourd'hui se passent des fronts. Elles ont le loisir de se déplacer comme bon leur semble et nul être au monde n'est à l'abri de leurs survenances.

Bien sûr qu'on peut se demander ce que faisait un haut général iranien à Baghdad, comme on doit s'interroger en quoi pouvait-il représenter un danger pour les Etats-Unis comme le prétend Trump.

La panoplie des questionnements risque d'être longue. Elle ne serait qu'une nourriture indigeste par bien des aspects pour les analystes et les politologues.






 
lundi 16 décembre 2019
 

Saïd Sadi dans une conférence-débat à la Bourse du travail de Paris

Plaidoyer «pour une deuxième Soummam»







 
16 DÉCEMBRE 2019 À 10 H 11 MIN
 
Répondant à l’invitation de l’Alliance des démocrates de la diaspora algérienne (ADDA), Saïd Sadi a plaidé, samedi, pour une deuxième Soummam qui serait organisée à partir d’une large convention ou conférence représentative et crédible et dont les participants seraient élus à la base en toute transparence.
Dans une conférence-débat à la Bourse du travail de Paris, intitulée «Pour une deuxième Soummam. La Révolution du sourire face à son destin», l’intellectuel et homme politique Saïd Sadi a pointé la situation actuelle comme une «phase charnière» de l’histoire politique de l’Algérie. Soit comme «une opportunité» et la «nécessité», aujourd’hui, de «mettre l’ensemble de la problématique nationale à plat sans complaisance et sans ostracisme». «Ce qui n’a pas été fait depuis 1957.»
«Et après le 12 décembre ?» A cette question que l’on pose à l’homme politique, Saïd Sadi répond : «Nous n’avons pas à entrer dans l’agenda du pouvoir.» «La révolution populaire doit avoir son propre agenda.» Et il en rappelle les acquis avant de développer sa proposition de deuxième Soummam, son mode d’organisation. Et d’expliquer pourquoi le modèle du Congrès et de la Plateforme de la Soummam est pertinent. En apportant des éléments de réflexion pour une Algérie nouvelle. «La substance du message du mouvement national du 22 Février est clairement l’expression d’une rupture avec le système en place.»
«Ce qui s’est passé le 12 décembre c’est la volonté du système rejeté de se régénérer.» «Au-delà des acquis de ce mouvement qu’il faut savoir apprécier, il y a un élément qui n’a pas été suffisamment relevé, c’est le développement d’une conscience nationale de ce que nous sommes dans notre pluralité. Une conscience nationale qui accepte l’autre, une conscience nationale positive est en train de se forger», a affirmé Sadi. Et cette interrogation : «De quoi est faite la crise actuelle ? A partir d’où faut-il reconstruire ?»
Retour sur la plateforme de la Soummam et ses fondamentaux
«En faussant le présent, en niant l’histoire, le pouvoir cherche à se légitimer. La problématique lancée au Congrès de la Soummam en 1956 est exactement ce qui se passe aujourd’hui. En 1956, il s’agissait de faire prévaloir le politique sur le militaire. C’est ce que réclament les manifestants depuis le 22 février quand ils scandent  »Un Etat civil et pas militaire », de parachever l’indépendance du peuple algérien.» «C’est la question de la citoyenneté qui est posée» par les millions d’Algériens qui manifestent depuis le 22 février.
Les autres questions sont celles «du culte et de sa séparation de la sphère politique, et de la territorialité du paysCes questions étaient portées par le Congrès de la Soummam», a poursuivi l’orateur. «Les régions naturelles ont été définies comme espaces de la Révolution pendant la Guerre de Libération nationale.» Et «c’est parce que les cadres du FLN et de l’ALN étaient en symbiose avec la population que la Révolution a réussi». Sur le plan extérieur «la première attaque subie par la Plateforme de la Soummam est venue de Nasser, le président égyptien.
La Plateforme de la Soummam était une plaie pour la nation arabe». «Ce jour-là, le sort de Abane était scellé.» «On a dit que le Congrès de la Soummam n’était pas représentatif. Or, les participants étaient tous mandatés par leurs wilayas respectives. Des documents l’attestent. C’est une imposture que de soutenir le contraire.» «Le seul responsable de wilaya qui n’était pas arrivé, c’est Ben Boulaïd, il avait été tué avant le congrès.» Et ce témoignage rapporté au conférencier : «Au moment où la pression de l’armée française se resserrait, il avait dit à ses compagnons :  »S’il m’arrivait quelque chose, tournez-vous vers vos frères kabyles. »» Aussi «fallait-il accréditer les résolutions de militants ou celles de Nasser ? Aujourd’hui, c’est le panislamisme qui veut imposer son influence» à l’Algérie et aux Algériens.
Pour une convention nationale représentative et crédible
Saïd Sadi cite le témoignage de Ali Haroun, chargé à l’époque de la communication à la Fédération de France du FLN, qui lui avait dit qu’il a fallu attendre le Congrès de la Soummam et sa Plateforme en août 1956 pour que le FLN ait une visibilité sur la scène internationale. «Le deuxième témoin, c’est feu Bentobal qui m’avait dit que s’il n’y avait pas eu la rencontre de la Soummam, nous aurions probablement échoué. Dans ses mémoires, on lui a fait dire le contraire.» «Personne ne peut nier que les problèmes qui se sont posés en 1956 résonnent avec acuité aujourd’hui.» Et «s’il faut se construire, c’est entre nous, nous n’avons besoin ni du Caire ni d’Abou Dhabi».
L’orateur soutient qu’aujourd’hui une clarification de la scène politique s’impose. «Soit les gens s’alignent derrière l’équipe au pouvoir, soit nous nous donnons les moyens d’apporter à cette révolution une représentativité effective et crédible.» Comment faire émerger cette représentativité ? «L’idée est d’associer tous les Algériens sur la base de règles sur lesquelles personne ne pourra déroger», avance le conférencier.
Il commence par prévenir contre les erreurs qu’il faut éviter : l’autoproclamation ou la désignation par le haut. Et de revenir ensuite à la Plateforme de la Soummam de 1956 – dont le message est pertinent mais sa traduction doit être actualisée – en affirmant que la seule manière de faire est d’organiser cette représentativité à partir des Wilayas historiques. Le Sud pourrait être subdivisé au vu de l’extension de son territoire.
La diaspora a le droit et le devoir de s’associer à cette conférence ou convention nationale. Et aussi «pas de sectarisme idéologique mais des préalables acceptés par tous». «Chaque courant développera ses arguments.» «Pas de concessions sur les fondamentaux démocratiques.» «Voilà les chantiers qui nous attendent pour transformer le contenu démocratique exprimé par la rue en valeur irréversible.» Soit «transformer l’indépendance nationale en acte de libération citoyenne»S’en est suivi un long échange avec la salle. Et cette proposition d’un militant de l’ADDA de dédier le 45e vendredi à Abane Ramdane, qui coïncidera avec le jour de son assassinat         
 
mercredi 11 décembre 2019
 

La dernière croisade du Crif













Le projet de loi sanctionnant l’antisionisme, au même titre que l’antisémitisme, a été adopté le
3 décembre dernier par 154 députés sur les 577 que compte l’Assemblée nationale française.


Chaabane BENSACI
Mercredi 11 Décembre 2019


La dernière croisade du Crif
Peu avant l’examen du texte soumis par Sylvain Maillard et porté par le Conseil représentatif des institutions juives de France ( Crif ), l’hémicycle était plein de députés mais au moment de l’examen de cette résolution, il aura fallu le concours des élus républicains pour pallier la défaillance de ceux du groupe La République en Marche, très divisés sur la question. Car le sujet n’était pas fait pour enthousiasmer le plus grand nombre, l’épée de Damoclès brandie au-dessus de la tête des Françaises et des Français leur interdisant, dorénavant, d’exprimer leur désaveu ou leur rejet de la politique de Benjamin Netanyahu et, plus encore, d’oser critiquer les exactions sionistes à l’encontre des Palestiniens de Ghaza et de Cisjordanie.

L’objectif du Crif était évident et la manœuvre aura abouti, malgré quelques correctifs qui enragent le président du Consistoire, Francis Kalifat, ardent artisan du projet, au point de traiter de lâches tous ceux qui cachaient leur enthousiasme, y compris le président de la République et celui de l’Assemblée nationale française. Il n’aura pas été le seul, car un autre député, Meyer Habib, en a fait autant, vis-à-vis de ses collègues de différents groupes.

Cette croisade du Crif a été légitimée par le président Emmanuel Macron qui, le 16 juillet 2017, lors de la commémoration de la rafle du Vel d’Hiv à laquelle il avait invité, pour la première fois, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, avait glissé sa petite phrase: « nous ne céderons rien à l’antisionisme car c’est la forme réinventée de l’antisémitisme. » Promesse qui ne tomba pas dans l’oreille d’un sourd puisque la loi existe aujourd’hui qui fait d’une opinion un délit, de sorte qu’on se demande pourquoi les colonialistes ne réclameraient pas, à leur tour, la criminalisation de l’anticolonialisme, les racistes celle de l’antiracisme, et les religieux celle de l’anticléricalisme !

Les conséquences de cette loi qui pénalise le délit d’opinion vont être très graves, y compris pour les médias, et Emmanuel Macron en portera l’entière responsabilité, lui qui ne peut ignorer que de très nombreux juifs sont foncièrement antisionistes et que plus nombreux encore sont ceux qui résistent aux sirènes des lobbies de Netanyahu. De fait, sept décennies après la création de «leur» État, 6 millions de juifs vivent en Israël et dans les colonies qui métastasent les territoires palestiniens, mais 10 millions demeurent attachés à leur pays d’origine ou d’adoption. Et ce sont entre 600 000 et un million de citoyens juifs israéliens qui ont choisi de s’installer ailleurs qu’en Israël ! Selon cette loi liberticide, ces juifs sont donc des antisémites parce qu’ils tournent le dos à l’idéologie sioniste ?

Peu avant le vote, un collectif de 127 intellectuels juifs, des ONG et des députés français ont appelé l’Assemblée nationale à s’opposer à ce projet de loi. «Nous, universitaires et intellectuels juifs, d’Israël et d’ailleurs, dont beaucoup de spécialistes de l’antisémitisme et de l’histoire du judaïsme et de l’Holocauste, élevons notre voix contre cette proposition de résolution», a écrit ce collectif dans une tribune au journal Le Monde.
La loi adoptée tente de reprendre la définition de l’antisémitisme de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA), déjà validée par plusieurs pays et soutenue par Emmanuel Macron en février dernier, devant le Crif. «Pour les nombreux juifs antisionistes, cet amalgame est profondément injurieux», affirme le collectif qui compte parmi ses signataires plusieurs professeurs en poste à Paris, Oxford (Angleterre), Princeton (États-Unis), Camberra ( Australie ), El Qods Ouest, etc. «Pour les Palestiniens, le sionisme représente la dépossession, le déplacement, l’occupation et les inégalités structurelles.(…) Ils s’opposent au sionisme, non par haine des juifs, mais parce qu’ils vivent le sionisme comme un mouvement politique oppressif»…

En 2018, un sondage de l’Institut français d’opinion publique (IFOP) révélait que 57 % des Français ont « une mauvaise image d’Israël » et 69% « une mauvaise image du sionisme ». N’est-ce pas là, désormais, un délit d’opinion ? Que fait donc le gouvernement et qu’attend Emmanuel Macron pour punir ces antisionistes primaires ? L’institut soulignait que l’électorat du Parti communiste, de la France insoumise et de l’extrême gauche française est, en même temps, le plus critique à l’égard de la politique israélienne et le plus réfractaire à toute forme d’antisémitisme. Décidément, quelque chose ne tourne pas rond dans la patrie des droits de l’homme où les libertés sont de plus en plus assiégées par la puissance de certains lobbies.
 
lundi 9 décembre 2019
 

ALGÉRIE: AVEC LE SCRUTIN L’ARMÉE VEUT RÉTABLIR UN POUVOIR CIVIL DE «FAÇADE», SELON DES EXPERTS











Carnaval électoral
22:25 8 décembre 2019
Par : RédactionAgence France-Presse
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Algérie: avec le scrutin l’armée veut rétablir un pouvoir civil de «façade», selon des experts
Photo: RYAD KRAMDI/AFPLes autorités algériennes encerclent des manifestants à Tizi-Ouzou.
Pilier du régime, historiquement habituée aux coulisses, l’armée algérienne est contrainte d’exercer le pouvoir au grand jour. En imposant une présidentielle le 12 décembre, pourtant massivement rejetée, l’état-major veut reconstruire une «façade civile», derrière laquelle il retournera tirer les ficelles, selon les analystes.
Avec la chute d’Abdelaziz Bouteflika, contraint en avril à la démission après 20 ans au pouvoir par un mouvement («Hirak») populaire inédit de contestation, «le haut commandement militaire s’est retrouvé contre son gré sur le devant de la scène, exerçant le pouvoir réel», rappelle Moussaab Hammoudi, chercheur doctorant à l’École des Hautes études en Sciences sociales (EHESS) de Paris.
«C’est une situation très inconfortable pour lui, car il aime être caché» au sein d’un système caractérisé par l’opacité, souligne le chercheur qui travaille sur l’autoritarisme en Algérie.
Ce «haut commandement militaire» aux contours mal définis s’incarne pour les Algériens sous les traits du général Ahmed Gaïd Salah, chef d’état-major de l’armée depuis 15 ans, qui donne publiquement le «la» à un président par intérim effacé -Abdelakder Bensalah- et à un gouvernement chargé de gérer les affaires courantes.
«Lui qui n’est officiellement que vice-ministre (de la Défense) s’affiche comme le véritable maître du pays. C’est une situation totalement inédite (…)», même si «l’armée a toujours été le coeur du pouvoir», commente Jean-Pierre Filiu, professeur à Sciences Po et auteur de l’essai Algérie, la nouvelle indépendance.
L’armée s’est retrouvée en première ligne face à une contestation qu’elle a cru, à tort, pouvoir éteindre en sommant M. Bouteflika de démissionner, puis en incarcérant des symboles honnis de son régime.
Dans les manifestations, le slogan «Armée et Peuple sont frères» a été remplacé par «les généraux à la poubelle». Voire «Gaïd Salah est un traître».
Depuis l’indépendance en 1962, l’armée est un «État dans l’État» et «la politique a toujours été une affaire de militaires», souligne Kamal Cheklat, chercheur sur le Maghreb au Centre de recherches sociologiques et politiques de Paris (Cresppa).
«Le “Hirak” veut remettre en cause tout ça» avec les slogans «vous partez tous» ou «Un État civil, pas un État caserne», c’est «une vraie rupture (…)».
Satisfaire les revendications de la contestation «n’est pas à l’ordre du jour des “décideurs” de l’armée, preuve en est ce passage en force par des présidentielles contestées par la majorité des Algériens», dit-il. «L’armée veut juste une façade civile à son pouvoir, léguer les contraintes de la crise politique, économique et sociale au futur président, le temps d’user le “Hirak”.»
«L’état-major veut un changement dans le système», alors que le «Hirak» veut un «changement du système», résume M. Cheklat.
Pour Jean-Pierre Filiu, «si la crise algérienne prouve quelque chose, c’est l’absence flagrante de sens politique des “décideurs” militaires» qui «espèrent sincèrement restaurer le statu quo et étouffer le “Hirak” en imposant le rétablissement d’une présidence civile de façade».
En refusant toute concession au «Hirak», l’armée refuse de «voir un processus de transition politique échapper à son contrôle», avec le risque d’une «remise à plat d’un système en place depuis l’indépendance», estime Flavien Bourrat, chercheur Maghreb — Moyen-Orient à l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire (Irsem, Paris).
Marquée par «la transition démocratique ratée du début des années 1990», quand l’armée a contraint le président Chadli Bendjedid à la démission et interrompu les législatives que s’apprêtaient à remporter les islamistes, «la hiérarchie militaire ne souhaite pas se réinvestir dans la gestion politique» directe ou dans la répression, dit-il.
La répression des émeutes de 1988 et son rôle durant la Guerre civile (1992-2002) ont sérieusement écorné l’image de l’institution.
«Les militaires ont tout à perdre à se réinvestir directement dans la gestion du politique», poursuit-il, «d’autant que la situation économique est extrêmement difficile et préoccupante et peu de gens ont envie de se retrouver avec de tels dossiers sous les bras. Et certainement pas les militaires».
Beaucoup de questions restent néanmoins sans réponse.
«Est-ce que tout le monde est unanime derrière le chef d’état-major? », s’interroge Flavien Bourrat. «Est-ce qu’il y a des débats internes au plus haut niveau de la hiérarchie militaire? J’aurais tendance à penser que oui, mais il y a une volonté commune de rien laisser transparaître» car «l’armée veut montrer qu’elle fait bloc».
Moussaab Hammoudi décèle «des fractures internes» et des «tensions très palpables» qui expliquent l’urgence pour l’armée d’«aller aux élections».
Quant au président élu, il «n’aura aucun pouvoir sur les grands dossiers. Il recevra des injonctions (de l’état-major), parfois implicites, comme cela a toujours été le cas».
 
dimanche 8 décembre 2019
 

VERS UNE ÉLECTION SANS ÉLECTEURS EN ALGÉRIE










PUBLIÉ LE08 DÉCEMBRE 2019 PAR JEAN-PIERRE FILIU
LE Monde.fr
Le chef d’état-major Gaïd Salah s’obstine à imposer, le 12 décembre, une présidentielle très contestée, au risque d’une abstention massive.
Détournement d’un panneau électoral, le 17 novembre à Alger (Ramzi Boudina, Reuters)
Le général Ahmed Gaïd Salah, chef d’état-major depuis 2004, a beau n’être officiellement que vice-ministre, il est bel et bien l’homme fort de l’Algérie et il entend le rester. C’est lui qui, en poussant à la reconduction du président Bouteflika pour un cinquième mandat, a jeté en février dernier des millions d’Algériennes et d’Algériens dans la rue. Ce fut le début du Hirak, littéralement le « Mouvement » contestataire, qui est entré dans son dixième mois sans montrer le moindre signe d’essoufflement. Bien au contraire, c’est l’obstination de Gaïd Salah et son refus du dialogue qui prolonge la crise et risque, lors de la présidentielle du 12 décembre, d’entraîner une abstention massive.
TOUJOURS TROP PEU TROP TARD
Le général Gaïd Salah aurait pu comprendre le caractère provocateur de la candidature de Bouteflika pour un cinquième mandat. Il l’a pourtant confirmée, malgré les foules qui ont commencé de manifester vendredi après vendredi pour rejeter un tel diktat. Il a finalement consenti à suspendre cette réélection, mais tout en maintenant Bouteflika à la présidence, une demi-mesure qui n’a évidemment pas suffi à apaiser la contestation. Ce n’est qu’en avril que Gaïd Salah a contraint Bouteflika à démissionner, à charge pour le président du Sénat, Abdelkader Bensalah, d’organiser une sortie de crise durant un intérim constitutionnel de 90 jours à la tête de l’Etat. Mais Gaïd Salah a balayé toutes les propositions, pourtant constructives, que l’opposition mettait en avant pour aller vers une authentique transition.
Le chef d’état-major porte ainsi l’entière responsabilité du vide constitutionnel dans lequel il a plongé l’Algérie depuis le mois de juillet. Bensalah continue d’exercer un intérim présidentiel de fait, plutôt que de droit, depuis l’expiration de son mandat légal. Gaïd Salah, non content de refuser tout geste d’apaisement, a tenté d’étouffer la contestation par l’arrestation de plus d’une centaine de détenus d’opinion et par des restrictions croissantes aux libertés de manifestation, de réunion et d’expression. Affichant publiquement son arbitraire, le chef d’état-major a décidé la tenue d’un scrutin présidentiel avant la fin de l’année, décision que les branches exécutives et législatives des institutions de façade se sont empressées d’appliquer. D’où cette échéance du 12 décembre, dont Gaïd Salah espère la restauration du confortable statu quo où un président civil et élu lui laisse la réalité du pouvoir en Algérie.
UN REFUS POPULAIRE ET MASSIF
Rares sont les Algériens à s’interroger pour savoir qui sera leur prochain chef d’Etat en titre. Même le débat télévisé entre les cinq candidats (dont deux anciens Premiers ministres de Bouteflika et deux de ses anciens ministres) n’a pas relancé une campagne ostensiblement boycottée par la population. Le seul véritable enjeu de la présidentielle du 12 décembre sera l’ampleur de l’abstention, tant le vote ce jour-là est de plus en plus assimilé à un acte anti-patriotique. C’est proclamé en français sur le panneau électoral détourné en photo ci-dessus, avec en arabe cet engagement: « Pas d’élections avec les bandes ». Ce slogan a résonné avec force toutes ces dernières semaines dans les rues d’Algérie, la clique au pouvoir étant stigmatisée comme un agrégat de « bandes » manipulatrices et corrompues. C’était particulièrement vrai lors des appels à une « nouvelle indépendance » qui ont scandé les défilés du 1er novembre, vendredi où le Hirak s’est réapproprié l’anniversaire du déclenchement en 1954 de la guerre de libération anti-coloniale.
Contesté sur le terrain même de sa légitimité, le général Gaïd Salah s’épuise à dénoncer, lui aussi, une « bande » aux obscures ramifications internationales qui chercherait à déstabiliser l’Algérie. Il a d’ores et déjà décrété que la participation à la présidentielle serait « massive », s’exposant à un désaveu cinglant de sa propre personne en cas d’abstention spectaculaire. Il a publiquement donné, le 4 décembre, des « instructions fermes » aux forces armées et aux services de sécurité pour « empêcher quiconque de perturber ce processus électoral de quelque manière que ce soit ». La veille, le ministre de l’Intérieur avait, devant le Sénat, qualifié les contestataires de « faux Algériens, traîtres, mercenaires, pervers et homosexuels ». Malgré le tollé provoqué par de telles insultes, le ministre a maintenu ses injures dans une nouvelle charge à l’encontre des « relais de la France coloniale ». Le discours menaçant de Gaïd Salah et les insanités proférées par son ministre révèlent le trouble qui a gagné la clique au pouvoir face au risque désormais très sérieux d’une élection vidée de sens comme de portée.
Le 12 décembre, nul ne sait si les Algériens iront vraiment voter. Il est revanche certain que le 13, ils seront toujours aussi nombreux à manifester, comme tous les vendredis, pour exiger leur droit à une transition effective vers une authentique démocratie. Espérons que Gaïd Salah entendra cette fois le message, quel que soit le nom du président aussi mal « élu ».
 
mardi 3 décembre 2019
 

LE RÉGIME ALGÉRIEN EST-IL UNE DICTATURE MILITAIRE ?












Addi Lahouari.
La dictature militaire est un régime où le pouvoir est exercé au nom de l’armée qui, dans les exemples de l’Amérique Latine, défend une classe sociale privilégiée. Dans le gouvernement, les principaux ministères sont dirigés par des officiers supérieurs en tenue. Régime autoritaire, l’Algérie n’est pas une dictature militaire dans le sens décrit ci-dessus. A l’indépendance, la hiérarchie militaire a confisqué le pouvoir au nom du peuple, affirmant qu’elle est issue du FLN historique et qu’elle a la mission de réaliser son programme. Le colonel Houari Boumédiène qui, en devenant ministre de la défense et ensuite Chef de gouvernement, a enlevé la tenue militaire pour prétendre être un militant du FLN. Il avait lancé une politique économique et sociale qui lui avait valu le soutien d’une grande partie de la population : nationalisation des hydrocarbures, industrialisation, réforme agraire, médecine gratuite, etc. Quelques années après, ce projet n’a pas tenu ses promesses, menant le pays vers des difficultés financières et vers l’appauvrissement de la société. Il y a été mis fin avec la réforme constitutionnelle qui a suivi les manifestations d’Octobre 1988. Théoriquement, un nouveau régime devait naître, avec comme conséquence le retrait des officiers supérieurs du comité central du FLN. Mais la hiérarchie militaire n’a pas pour autant renoncé à être source de pouvoir à la place de l’électorat. C’est pour sauver la nation (contre l’électorat ?) que la hiérarchie militaire a annulé les élections en janvier 1992. Le paradoxe du régime est qu’il prétend parler au nom du peuple contre le peuple. Tous les discours de Gaid Salah depuis mars 2019 reproduisent chaque semaine ce paradoxe.
Le régime n’a pas la cohérence de la dictature militaire où l’armée arrête les opposants et réprime les manifestations. Pour s’assurer la fidélité des magistrats, Gaid Salah n’a fusillé aucun juge comme cela se fait dans les dictatures militaires ; il a par contre a décidé d’augmenter les traitements des magistrats, utilisant ainsi le budget de l’Etat pour les corrompre, alors que, théoriquement, ils doivent rendre la justice au nom du peuple. Si demain, les juges prennent conscience et refusent de condamner arbitrairement les manifestants, les policiers cesseront d’arrêter les citoyens et Gaid Salah sera obligé de partir pour laisser l’Etat-Major négocier une transition pacifique avec le hirak.
En Algérie, la hiérarchie militaire utilise la justice et la police pour réprimer. Autrement dit, la hiérarchie militaire soumet à sa volonté des institutions de l’Etat pour s’imposer comme source de pouvoir. Sans la police et la justice, l’Etat-Major n’aurait aucun moyen d’exister politiquement. C’est ce qu’ont compris les manifestants qui scandent les vendredis « les généraux à la poubelle et l’Algérie teddi l’istiqlal ». Ils veulent dire que les institutions de l’Etat (présidence, assemblée nationale, ministères, justice, police) sont colonisées par la hiérarchie militaire qui nomme les civils à la tête de ces institutions. Ils veulent dire que l’Etat n’est pas indépendant. Face au hirak, qui a montré une maturité politique indéniable, le régime est faible parce qu’il repose sur une fiction à laquelle plus personne ne croit. L’Algérie n’est pas une dictature militaire ; c’est un régime populiste autoritaire qui a épuisé sa dynamique politique et qui n’a plus de pertinence historique. C’est un fruit mûr qui préfère pourrir dans l’arbre et tomber sur le sol avec fracas
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"Si vous n’y prenez pas garde, les journaux finiront par vous faire haïr les opprimés et adorer les oppresseurs." Malcom X

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