ELWATAN-ALHABIB
lundi 15 octobre 2018
 

Camps d'enfermement, campagne anti-halal : la Chine assume sa répression contre les Ouïghours














Après avoir nié farouchement durant plusieurs mois l'enfermement de citoyens musulmans dans des camps de rééducation, les autorités chinoises cherchent désormais à leur donner une base légale, sur fond de campagne anti-halal.


Meriem Laribi
Lundi 15 Octobre 2018


Camps d'enfermement, campagne anti-halal : la Chine assume sa répression contre les Ouïghours
Acculé depuis des mois à reconnaître l'existence de camps secrets de détention de musulmans dans le Xinjiang (autrefois appelé «Turkestan oriental»), à l'Ouest de la Chine, Pékin a reconnu à demi mot l’enfermement de citoyens musulmans, majoritairement issus de l’ethnie ouïghour. 

L’accumulation de témoignages récoltés par des ONG et des médias étrangers sur l'existence de ces camps de détention a en effet poussé la Chine à changer sa stratégie de communication sur cette question. Le 9 octobre, le Parti communiste chinois a proposé des amendements à la loi «anti-extrémisme», assumant ainsi officiellement l’utilisation des camps de rééducation. Ces nouveaux textes cherchent à donner un cadre légal à l'utilisation de «centres de formation professionnelle» destinés à «éduquer et transformer» les personnes influencées par une idéologie extrémiste et leur offrir des «opportunités d’emploi». Cette reconnaissance s'inscrit dans une large campagne anti-halal revendiquée par le Parti. 

Sous prétexte de lutte antiterroriste, les autorités chinoises arrêteraient arbitrairement des citoyens musulmans de tous âges. Ils seraient enfermés indéfiniment dans des cellules surpeuplées et soumis à un endoctrinement politique intensif, centré sur l’apprentissage par cœur des «pensées de Xi Jinping», le président chinois. Environ 10% de la population musulmane de la région, soit un million de personnes environ, serait détenue dans des dizaines de centres de détention extrajudiciaires, visibles sur des images satellites. 
De nombreux critères de détection de la radicalisation 

Dans cette région ancestralement musulmane, toute marque de conviction religieuse, de respect de la tradition locale ou de liens avec l’étranger est désormais considérée comme signe de «radicalisation» ou de «sympathie terroriste». Selon Libération, de très nombreuses «infractions» seraient susceptibles d’envoyer un habitant derrière les barreaux pour suspicion de radicalisation : ne pas boire d’alcool, ne pas fumer, consulter la messagerie WhatsApp, être jeune et porter une longue barbe ou un foulard, refuser de livrer ses données biométriques, participer à des funérailles traditionnelles ou encore parler avec quelqu’un qui a voyagé à l’étranger. 

"Je crois au marxisme-léninisme. Je lève l’étendard et combats jusqu’au bout la mode du halal, ferme dans ma croyance, et même jusqu’à la mort" 

En outre, depuis avril 2017, étudier le Coran, jeûner pendant le ramadan, de même que donner un prénom musulman à son enfant sont devenus des délits passibles de peines d’emprisonnement. Selon RFI, cette reconnaissance de l'existence des camps intervient au lendemain du lancement d’une campagne «anti-halal» dans le Xinjiang par les autorités chinoises. D'après la même source, sur les réseaux sociaux, des images ont circulé montrant des employés han, ethnie majoritaire dans le pays, se photographiant avec un camarade ouïghour à la cantine, la légende précisant que celui-ci «mange du porc pour la première fois de sa vie». Les cadres du Parti communiste ont par ailleurs reçu l’ordre de poster sur les réseaux sociaux ce serment : «Je crois au marxisme-léninisme. Je lève l’étendard et combats jusqu’au bout la mode du halal, ferme dans ma croyance, et même jusqu’à la mort.» 
Une région stratégique pour Pékin 

Par ces méthodes, les autorités chinoises entendent lutter contre l'extrémisme religieux. Plusieurs attentats terroristes ont en effet été commis ces dernières années par des commandos ouïghours. Ils ont fait une centaine de victime. Des dizaines de Chinois musulmans ont en outre rejoint les rangs de Daesh en Syrie. 

Mais ces tensions entre Ouïghours et le gouvernement chinois sont anciennes et découlent des velléités d'indépendance récurrentes du «Turkestan oriental». En plus des très importantes différences culturelles qui séparent cette région du reste de la Chine (langue, religion, traditions), elle constitue un enjeu stratégique de grande importance pour la puissance économique colossale qu'est la Chine. En effet, cette région située à l'orée de huit pays d'Asie centrale, dont la Russie, a une importance géostratégique pour Pékin. Elle est également très riche en ressources naturelles, notamment en gaz et en pétrole : ses réserves représenteraient près de 25% de la production nationale chinoise. 
Les Etats-Unis accusés d'instrumentaliser la problématique ouïghoure pour affaiblir Pékin 

C'est seulement en avril 2017 que l'ONG Human Rights Watch a dénoncé la répression qui toucherait la population ouïghoure. Ces dénonciations prennent ensuite de l'ampleur dans les médias étrangers, notamment via Radio Free Asia, une station de radio privée financée par le Congrès des Etats-Unis. En août, les Nations unies ont pour la première fois réclamé la fermeture des camps. Le 12 octobre, des élus du Congrès américain, républicains et démocrates, ont rendu un long rapport sur la «répression sans précédent» de la minorité musulmane chinoise, qui, selon eux, pourrait constituer un «crime contre l’humanité». 

Actif pour la reconnaissance de cette cause, le congrès mondial des Ouïghours, basé à Munich, est une organisation soutenue financièrement par le National Endowment for Democracy, (NED), qui y contribue à hauteur de plusieurs centaines de milliers de dollars par an pour «améliorer la connaissance et la visibilité des problématiques des droits de l'homme des Ouïghours» dans le Xinjiang. La NED est une organisation américaine qui a pour but de «promouvoir la démocratie» en assurant le financement d'ONGs par des fonds qui proviennent en majeure partie du Congrès des Etats-Unis. Elle est également connue pour avoir financé des révolutions colorées, comme en Ukraine, en Géorgie, au Venezuela ou encore au Liban. Des critiques s'élèvent d'ailleurs contre l'action de la NED en Chine. Soupçonnée d'être un outil de la politique étrangère des Etats-Unis, la NED est accusée d'instrumentaliser la problématique ouïghoure dans le but affaiblir Pékin. 



Lundi 15 Octobre 2018
 
 

Les Ouigours: un vrai génocide à la stratégie du voleur chinois.











Face à ce génocide culturel, politique, religieux et, maintenant, racial à la stratégie du voleur chinois les Musulmans de par le monde ont aujourd’hui l’obligation morale et religieuse d’agir en conséquence. 
De dire en somme à la Chine que derrière le vieillard ouïghour humilié à cause de sa barbe par les nervis de la police chinoise dans les rues de Xinjiang ou la femme voilée que l’on intimide à cause de son voile, se dressent deux milliards de musulmans à travers le monde. Ces deux milliards n’hésiteront pas un instant à transformer la route de la soie en géhenne infernale face à laquelle les flammes de tous les dragons chinois ne feront pas long feu


Cide
Dimanche 14 Octobre 2018

Les Ouigours: un vrai génocide à la stratégie du voleur chinois.

A peine un demi-siècle après la seconde guerre mondiale, une grande puissance mondiale, désormais la première, arpente toute honte bue le même processus entrepris jadis par le régime nazi envers une frange minoritaire de sa population, et toujours cependant pour ce qu’elle est : à savoir de confession musulmane. 
Ce processus n’est rien d’autre que l’enterrement par millions des citoyens innocents dans de grands camps de concentration à ciel ouvert. 
Ce, après avoir été pris pour cible depuis à cause de leur ethnie, leur langue, leur territoire et surtout leur religion. 

Devant un tel crime aux ampleurs sans précédent en période de paix, le monde entier reste silencieux, approuvant ainsi par ce silence consentant, voire complice, l’abominable politique génocidaire du parti communiste de façade, libéral de facto, de la très corrompue dictature chinoise. 

Le monde occidental, pompeusement libre, dont les hérauts des mauvais augures n’annoncent pas moins de nos jours que les croisades et les guerres religieuses ou ethniques, ne cache plus son plaisir de voir, une fois encore, les musulmans martyrisés de par le monde. 

Tandis que le monde musulman, qui devrait-être pourtant le premier soutien et protecteur de ses minorités partout dans le monde, croule lui sous des dictatures aussi criminelles et assassines que celle de l’empire du milieu. 

Voilant misérablement son incapacité de peser sur la marche du monde par une franche collaboration à peine cachée avec Pékin, à l’instar de l’Égypte de Sisi qui, sans scrupules aucuns, n’hésita pas à renvoyer ligotés les étudiants au sein de ses universités pour venir s’entasser avec un million d’autres Ouigours dans les camps d’épuration raciale tenus par les Hun, l’ethnie majoritaire en Chine. 

Face à ce génocide culturel, politique, religieux et, maintenant, racial à la fameuse stratégie du voleur chinois les Musulmans de par le monde ont aujourd’hui l’obligation morale et religieuse d’agir en conséquence. 
Autrement dit de manifester leur réprobation en assiégeant partout pacifiquement les représentations diplomatiques chinoises afin de passer un message simple, clair et ferme. 

Ce message est que derrière le vieillard ouïghour humilié à cause de sa barbe par les nervis de la police chinoise dans les rues de Xinjiang ou la femme voilée que l’on intimide à cause de son voile, se dressent deux milliards de musulmans à travers le monde. Ces deux milliards n’hésiteront pas un instant à transformer la route de la soie en géhenne infernale face à laquelle les flammes de tous les dragons chinois ne feront pas long feu. 
 
dimanche 14 octobre 2018
 

Israël a voulu empêcher une diffusion d’«Envoyé spécial»









Israël a voulu empêcher une diffusion d’«Envoyé spécial»
L’ambassadrice d’Israël à Paris a demandé à France Télévisions d’annuler la diffusion d’un reportage sur la bande de Gaza, trop « négatif » pour l’État hébreu.
La démarche serait « inédite ». L’ambassadrice d’Israël a Paris, Aliza Bin Noun, a écrit mercredi une lettre à la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, afin de réclamer l’annulation de la diffusion d’un reportage d’Envoyé spécial, finalement diffusé comme prévu le lendemain.
Le reportage en question, « Gaza : une jeunesse estropiée » a été réalisé auprès de jeunes habitants de la bande de Gaza, mineurs pour la plupart, blessés et amputés des suites de tirs à balles réelles de l’armée israélienne lors des manifestations de la « marche du retour » entre les mois de mars et mai.
Dans son courrier, l’ambassadrice s’inquiète des « répercutions dommageables et dangereuses » de ce reportage sur la communauté juive de France. Selon elle, le document d’Envoyé spécial présente un « point de vue déséquilibré » et « met […] Israël en avant d’une façon très négative ». Le reportage est « susceptible d’inciter à la haine à l’encontre d’Israël et peut ainsi avoir des répercussions directes, notamment physiques, sur les Français de confession juive », insiste encore la diplomate, qui demande un droit de réponse à l’issue de la diffusion. France télévision n’a donné suite à aucune de ses réclamations.
La démarche a de quoi surprendre. D’autant plus que, comme l’a confirmé au Monde le porte-parole de l’ambassade Shimon Mercer-Woods, ni l’ambassadrice ni ses collaborateurs n’ont visionné l’intégralité du reportage avant sa diffusion.
Celui-ci filme des familles gazaouies, et de nombreux jeunes, venus protester contre Israël dans le cadre de la « Marche du retour » en 2018. La majorité n’est pas armée, mais certains viennent avec des outils pour couper les barbelés qui encerclent la bande de Gaza, des lance-pierres ou des cerfs-volants enflammés. Le reportage témoigne de ce que de nombreux médias ont déjà relayé au printemps : l’armée israélienne tirant systématiquement à balles réelles sur les manifestants, dont certains étaient non-armés et se trouvaient à plusieurs centaines de mètres de la frontière.
La parole laissée à l’armée israélienne en fin de reportage ne constitue pas, pour l’ambassade d’Israël à Paris, un contre-poids suffisant à ce reportage jugé à charges. Shimon Mercer-Wood, interrogé par Télérama, a accusé Envoyé spécial de « diffamation » pour avoir « caché qu’il y avait aussi des Palestiniens armés qui venaient pour tuer des Israéliens ». Il a, en revanche, refusé de commenter les images des manifestants blessés.
Plus de 140 Palestiniens sont morts touchés par les tirs israéliens et plus de 4 500 autres ont été blessées depuis le début de la « Marche du retour ». Côté israélien, un soldat a perdu la vie.
D’autres personnalités ont également vivement critiqué le reportage d’Envoyé spécial. Francis Kalifat, président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), a notamment dénoncé un message de « haine » envers Israël.
La Société des journalistes de la chaîne a, en revanche, tenu à saluer le reportage et sa diffusion.
La rédaction d’Envoyé spécial s’est, elle, dite peu surprise par le jugement porté par les diplomates israéliens sur le reportage. Mais Yvan Martinet, journaliste auteur du sujet, a déclaré au Monde être « consterné de voir l’ambassade d’Israël interférer dans [leur] ligne éditoriale avant même la diffusion ». Il a assuré n’avoir « pas une virgule à enlever à ce reportage » et a dénoncé une « tentative d’ingérence inédite et inquiétante ».
Interrogé par Télérama sur le caractère inquiétant d’une demande d’annulation de la diffusion d’une production journalistique par les représentants d’une puissance étrangère, le porte-parole de l’ambassade a refusé de qualifier la démarche de « censure ». Il a également affirmé au Monde que l’ambassade n’hésiterait pas à réitérer ce type de « demande » en cas de publication de contenus « posant les mêmes problèmes ».

source:https://assawra.blogspot.com/2018/10/israel-voulu-empecher-une-diffusion.html
 
jeudi 11 octobre 2018
 

Alger, une guerre souterraine féroce entre services secrets











mondafrique.com
By Nicolas Beau – 
Le général Tartag, le coordinateur des services secrets qui est rattaché à la Présidence algérienne, ne compte pas que des amis au sein de l’Etat Major
Les héritiers du DRS (services algériens), dirigés par le général Athmane Tartag, proche du clan Bouteflika, et le renseignement militaire, rattaché au puissant chef d’Etat Major, Gaïd Salah, se livrent une guerre incessante en coulisses.
Comme l’avait noté feu le président Houari Boumédiène, qui a façonné le pouvoir algérien, « l’armée est la colonne vertébrale du pays et les services secrets en sont la moelle épinière ». Cette grille d’explication reste toujours valable pour comprendre le théâtre d’ombres algérien, et alors qu’on assiste à une grave crise institutionnelle où l’on voit le patron du FLN, Djamel Ould Abbès, très proche du clan Bouteflika, réclamer la démission du président de l’APN (Assemblée Nationale), Saïd Bouhadja, avant de songer à l’exclure du mouvement. Sur fond de menace de dissolution, de modification de la constitution, de la création  d’une vice présidence et de report de la prochaine élection présidentielle qui devrait avoir lieu courant 2019. Cette agitation de la classe politique s’explique par la guerre que se livrent, en coulisses, les services secret algériens. Et où l’on assiste à la chute probable du général Athmane Tartag, dit « Bachir », l’actuel « coordinateur » des services algériens, qui s’est fait connaitre durant les années noires par une détermination sans failles contre les islamistes, mais en butte à l’hostilité du chef d’état major, Gaïd Salah. Lequel Gaïd, depuis le grand ménage opéré cet été dans les rangs de la police et de l’armée, est devenu l’épicentre de la politique algérienne. Et cela avec l’aide des hommes de la DCSA (renseignement militaire) qui ont acquis une influence déterminante, en pilotant les dossiers judiciaires gravissimes dans l’affaire dite de la cocaïne qui éclabousse une grande partie de la classe politique et sécuritaire.    
L’activisme de Saïd Bouhadja
Dans cette guerre qui ne dit pas son nom, le clan présidentiel n’a cessé de tirer à vue, ces dernières semaines, contre Saïd Bouhadja, président respecté de l’APN (Assemblée algérienne), qui peut revendiquer une légitimité historique de « moudjahidine » (ancien combattant) et une appartenance historique au FLN. S’il est devenu ainsi l’homme à abattre pour le clan de l’Ouest, c’est qu’il est, lui, originaire de l’Est comme l’est Gaïd Salah dont il s’est, dit-on, rapproché. En cas de disparition soudaine d’un président Bouteflika très diminué et compte tenu du grand âge et de l’état de santé désastreux du président du Sénat, qui devrait selon la constitution assurer l’intérim, ce serait le Président de l’APN qui serait nommé, le temps de la préparation d’élections présidentielles, à la tète de l’Etat. Ce scénarion n’estpas pour plaire  ni au clan Bouteflika, ni au Premier ministre Ouyahia, dont les ambitions présidentielles sont connues. Une certitude, l’activisme de Bouhadja en faveur d’une transition paisible est de plus en plus visible. Certains affirment qu’il aurait rencontré récemment l’ex Premier ministre de Chadli, le colonel Mouloud Hamrouche, qui passe pour un des successeurs qui soient comestibles aux yeux de l’Armée. Ce que l’intéressé a démenti dans la presse. Plus grave aux yeux du clan Bouteflika, Saïd Bouhadja a écarté de l’APN le secrétaire général qui passait pour l’oeil du général Tartag chez les élus du peuple.
Le front médiatique
La bataille fait rage également sur le front médiatique où de nombreux coups sont portés de part et d’autre. Prenons le patron de la télévision Ennahar TV et du site d’information Alg24, Anis Rahmani, qui n’a rien d’un rebelle et a été soutenu constamment par Saïd Bouteflika, le frère du chef de l’Etat. Et bien ce patron de presse soudain téméraire  a laissé publier sur Alg24 un papier dénonçant l’incapacité des services du général Tartag à favoriser un dénouement de la crise politique, comme le faisait son prédécesseur et véritable maitre de l’Algérie jusqu’en 2015, le général Toufik. Le même article vantait la force de caractère du président de l’APN, Saïd Bouhadja. Et ce n’est pas tout. L’auteur du papier, Smail Djerbal, est menacé d’interpellation par les services de Tartag? Et bien le patron d’Ennahar n’hésite pas à s’en prendre violemment au coordonnateur des services lors d’un coup de fil avec un des collaborateurs de ce dernier. Sur le thème: « Si vous voulez entendre mon journaliste, lancez un mandat d’arrêt. Et on saura vous répondre ». Et comble de l’affront, la conversation est rendue publique. Du jamais vu en Algérie! A moins que Anis Rahmani bénéficie de certains encouragements en haut lieu. Des militaires? Ou, qui sait, de Saïd Bouteflika lui même qui aurait laché Tartag? On se perd en conjectures….                                            
Le vent tourne
Autre  manifestation de cette guerre de l’ombre, le site Alg 24, toujours lui, a affirmé que le fondateur du site d’investigation « Algérie Part », Abdou Semmar, connu pour ses révélations fracassantes et en qui on peut voir un relais médiatique des clans au pouvoir, notamment du général Tartag, a été convoqué par le Procureur de la République d’Alger pour répondre d’accusations d’extorsion de fonds. Or hier pourtant, il était intouchable. Le vent serait-il en train de tourner? Le rapport de forces semble défavorable aujourd’hui aux amis du général Tartag, plus proche de la porte que de l’augmentation. A la condition pourtant que les deux pôles principaux du pouvoir algérien, les partisans du président Abdelaziz Bouteflika et les proches du chef d’Etat Major, Gaïd Salah, se mettent d’accord sur le nom d’un successeur. Ce qui, en Algérie, peut prendre quelques semaines ou mois, tant le pouvoir algérien a pris l’habitude d’avoir l’éternité pour lui…
 
mercredi 10 octobre 2018
 

La fable du libéralisme qui sauve le monde











En Occident, le libéralisme passe pour une doctrine indépassable. Pur produit du génie européen, il serait à l’origine des merveilleuses prouesses dont se vantent les sociétés développées. Mais l’idéologie dominante ne se contente pas de lui attribuer toutes les vertus à domicile. Elle lui prête aussi un rayonnement sans frontières. A croire ses adeptes les plus enthousiastes, les recettes libérales sauvent le monde ! Un éditorialiste français, par exemple, peut affirmer lors d’un débat télévisé - sans être contredit - que « le libéralisme a éradiqué la pauvreté en Chine ». Devant une telle assurance, la raison défaille. Comment convaincre des croyants aussi fanatisés qu’une doctrine prônant la libre concurrence et prohibant l’intervention de l’État dans l’économie, en Chine, est une denrée introuvable ? On y voit en revanche un Etat souverain dirigé par le parti communiste et chargé de planifier le développement à long terme du pays. Un Etat fort qui s’appuie sur un secteur privé florissant, certes, mais aussi sur un puissant secteur public détenant 80% des actifs dans les industries-clé. Pour ceux qui ne l’auraient pas encore remarqué, en Chine, l’État maîtrise la monnaie nationale, le système bancaire est contrôlé par l’Etat et les marchés financiers sont sous haute surveillance.
Il est clair que l’ouverture internationale engagée par le pouvoir communiste à partir des années 80 a permis de capter de précieuses ressources et d’obtenir des transferts de technologie. Mais on ne discerne aucun rapport entre cette politique commerciale audacieuse et les dogmes libéraux, que ce soit l’auto-régulation du marché ou la concurrence pure et parfaite. Le libéralisme n’a pas inventé le commerce, qui existait bien avant que la moindre idée libérale ait germé dans le cerveau d’Adam Smith. « Etat fort », « planification à long terme », « puissant secteur public » sont des formules qui ne fleurent guère le libéralisme ordinaire, et imputer à cette doctrine les progrès spectaculaires de l’économie chinoise n’a aucun sens. La pauvreté aurait été vaincue grâce aux recettes libérales ? Dans l’imagination des libéraux, certainement. Dans les faits, la réussite économique de la Chine doit davantage à la main de fer de l’État qu’à la main invisible du marché. Cette économie mixte pilotée par le parti communiste chinois a porté ses fruits. En trente ans, le PIB a été multiplié par 17 et 700 millions de personnes ont été extraites de la pauvreté. Comme la réduction de la pauvreté dans le monde dans la même période est essentiellement due à la politique économique chinoise, on peut difficilement attribuer au libéralisme les progrès récemment enregistrés par l’humanité.
Du point de vue des rapports entre libéralisme et développement, la comparaison entre les deux géants asiatiques est également instructive. En 1950, l’Inde et la Chine se trouvaient dans un état de délabrement et de misère extrêmes. La Chine connaissait d’ailleurs une situation pire que celle de son voisin, avec un PIB par habitant inférieur à celui de l’Afrique sub-saharienne et une espérance de vie moyenne de 42 ans. Aujourd’hui, la Chine est la première puissance économique mondiale et son PIB représente 4,5 fois celui de l’Inde. Non que cette dernière n’ait accompli aucun progrès. Bien au contraire. Après avoir jeté les bases d’une industrie moderne au lendemain de l’indépendance (1947), elle a connu depuis vingt ans un développement accéléré, et elle occupe une position de premier plan dans l’informatique et la pharmacie. Mais elle a beau afficher des taux de croissance annuels insolents, elle charrie une pauvreté de masse dont la Chine, elle, a enfin réussi à se débarrasser. Auteurs du livre Splendeur de l’Inde ? Développement, démocratie et inégalités (2014), Jean Drèze et Amartya Sen résument la situation paradoxale du pays : « L’Inde a gravi l’échelle du revenu par habitant en même temps qu’elle a glissé au bas de la pente des indicateurs sociaux ».
En dépit de taux de croissance record, la situation sociale du pays, en effet, n’est pas brillante. Il vaut mieux naître en Chine qu’en Inde, où le taux de mortalité infantile est quatre fois plus élevé. L’espérance de vie des Indiens (67 ans) est nettement inférieure à celle des Chinois (76 ans). Un tiers des Indiens n’ont ni électricité ni installations sanitaires, et la malnutrition touche 30% de la population. Comment expliquer un tel décalage ? Pour Jean Drèze et Amartya Sen, « l’Inde est le seul pays des BRICS à n’avoir pas connu de phase d’expansion majeure de l’aide publique ou de la redistribution économique. La Chine a fait très tôt d’énormes progrès en matière d’accès universel à l’enseignement primaire, aux soins médicaux et à la protection sociale, et ce bien avant de se lancer dans des réformes économiques orientées vers le marché, en 1979 ». Pour qu’un économiste indien (Prix Nobel d’économie 1998) dise que l’Inde aurait dû faire comme la Chine - sur le plan économique, s’entend - il faut qu’il ait de bonnes raisons de le penser. Et ce qu’il dit est extrêmement clair : l’Inde, contrairement à la Chine, a manqué d’un investissement massif de la puissance publique dans l’éducation et la santé. L’Inde n’a pas souffert d’un surplus, mais d’un déficit d’État.
Mais pourquoi ? L’explication fournie par les deux économistes à propos de la politique éducative est particulièrement intéressante : « Les planificateurs indiens étaient à l’opposé de leurs homologues des pays communistes, à Moscou, Pékin et La Havane. Ces derniers faisaient grand cas de l’éducation scolaire universelle, considérée comme une exigence socialiste fondamentale, et aucun d’entre eux n’aurait permis que de fortes proportions d’enfants ne soient pas scolarisés ». En Inde, en revanche, « la prévention des classes et des castes supérieures à l’encontre de l’éducation des masses » a freiné la généralisation de l’enseignement primaire, entraînant un retard considérable dans l’accès à l’éducation. C’est l’orientation idéologique, et non une obscure fatalité, qui explique la différence des niveaux de développement éducatif entre les deux pays. Les élites dirigeantes de l’Inde nouvelle avaient beau se réclamer d’idéaux progressistes, elles n’ont pas misé sur l’élévation du niveau scolaire des masses indiennes, les « Intouchables » se trouvant relégués aux marges d’une société hiérarchisée, bien loin de l’égalitarisme - y compris entre les hommes et les femmes - prôné par l’idéologie maoïste de la Chine populaire.
Pour souligner un tel contraste, Amartya Sen cite un commentaire de l’écrivain indien Rabindranath Tagore formulé lors de son voyage en Union soviétique (1930) : « En posant le pied sur le sol de la Russie, la première chose qui attira mon attention fut que, en matière d’éducation en tout cas, la paysannerie et la classe ouvrière avaient fait de tels progrès en ces quelques années que rien de comparable n’était advenu même à nos classes supérieures en un siècle et demi ». On peut dire ce qu’on veut des régimes communistes, mais il est indéniable qu’ils ont misé sur l’éducation universelle, la santé pour tous et l’émancipation féminine. Les continuités historiques étant parfois saisissantes, on peut d’ailleurs rapprocher ce commentaire méconnu de Tagore sur l’URSS des années 30 avec un autre document : le résultat de l’étude sur la lecture (« PIRLS ») conduite par l’Association internationale pour l’évaluation de la réussite éducative. Menée en 2016 sur 319 000 élèves de CM1 dans cinquante pays, cette étude compare les performances des élèves en matière de lecture et de compréhension d’un texte écrit. La Russie est arrivée en tête (à égalité avec Singapour). Mais c’est sans doute le hasard.
En tout cas, une chose est sûre : en Chine populaire comme en URSS, l’enseignement public - et notamment l’enseignement primaire : la lecture, l’écriture et le calcul - était prioritaire. Si la Chine a su résoudre des problèmes dans lesquels l’Inde se débat toujours (illettrisme, insalubrité, mortalité infantile), ce n’est certainement pas parce qu’elle est plus « libérale ». En fait, c’est exactement le contraire. En dotant le pays de solides infrastructures publiques, le socialisme chinois - en dépit de ses erreurs - a créé les conditions d’un développement du pays à long terme. Les dirigeants du parti communiste ont beau faire l’éloge du libre-échange, ils savent bien que la cohésion de la société chinoise ne repose pas sur le commerce international. Avant d’ouvrir son économie, la Chine s’est dotée d’un système éducatif et sanitaire lui permettant d’affronter la compétition économique mondiale. Manifestement, elle cueille aujourd’hui le fruit de ses efforts.
Bien entendu, ce n’est pas davantage par libéralisme que Deng Xiao Ping a imposé la politique de l’enfant unique. En procédant à cette intrusion dans la sphère privée, Pékin a réussi le pari d’un contrôle des naissances indispensable au développement. Tout le monde est d’accord aujourd’hui pour admettre que le jeu en valait la chandelle. Mais il est difficile d’imputer au libéralisme le succès d’une régulation drastique des naissances imposée par le parti communiste ! Sous un régime pluraliste, une telle politique ne serait même pas concevable. Ni pluraliste ni libéral, le régime chinois pouvait planifier le développement du pays en sacrifiant les intérêts privés sur l’autel de l’intérêt général. En attendant, les résultats parlent d’eux-mêmes. Et il est probable que les Chinois en comprennent d’autant mieux la nécessité que cette politique a été assouplie. En Inde, les tentatives d’Indira Gandhi n’ont pas eu le même succès, et l’hypothèque démographique continue de peser sur le développement du pays.
Mais l’exemple de la démographie, précisément, montre que la question du développement se pose sous un autre jour si l’on réexamine plus finement la situation indienne. « Les Etats indiens qui s’en sortent bien, affirment Jean Drèze et Amartya Sen, sont ceux qui avaient posé auparavant les solides bases d’un développement participatif et d’une aide sociale, et promu activement l’extension des capacités humaines, particulièrement dans les domaines de l’éducation et de la santé ». Avec un indice de développement humain qui est de loin le plus élevé du pays, le Kérala (sud-ouest de l’Inde) fait figure de vitrine sociale du sous-continent. Il est aussi l’État de l’Inde où la transition démographique est la plus achevée, ce qui contribue à l’évolution positive de la condition féminine. Or la baisse du taux de natalité est directement corrélée à l’élévation du niveau d’éducation. Très pauvre au moment de l’indépendance (1947), le Kérala a engagé un programme ambitieux de développement éducatif et sanitaire, créant les conditions d’un développement économique dont il perçoit aujourd’hui le bénéfice. Avec un revenu par tête qui est le plus élevé de l’Union (70% de plus que la moyenne indienne), un taux de scolarisation de 98%, un taux de mortalité infantile cinq fois moins élevé que la moyenne des Etats indiens, cet Etat de 34 millions d’habitants dont la presse occidentale ne parle jamais a aussi pour caractéristique de favoriser le rôle politique et social des femmes.
Mais ces succès ne datent pas d’hier, ils sont le fruit d’une politique de longue haleine. Comme en Chine, le développement du pays va de pair avec le souci du long terme. « Le Kérala continue de progresser rapidement sur divers fronts et son avance par rapport aux autres Etats ne semble nullement se réduire avec le temps, indiquent Jean Drèze et Amartya Sen. Depuis les années 80, le développement du Kérala a régulièrement été dénoncé par des commentateurs méfiants envers l’intervention de l’État, qui le jugeaient insoutenable ou trompeur, voire susceptible de conduire à la débâcle. Il est cependant apparu que l’amélioration des conditions de vie dans cet Etat s’est non seulement poursuivie mais accélérée, avec l’aide d’une croissance économique rapide, favorisée à son tour par l’attention accordée à l’instruction primaire et aux capacités humaines ». Cette avance du Kérala par rapport aux autres Etats indiens n’est pas un héritage de la période antérieure à l’indépendance : en 1947, le Kérala était extrêmement pauvre. Ce progrès est le fruit d’un combat politique dont le moment-clé se situe en 1957, lorsque le Kérala est le premier Etat à élire une coalition dirigée par les communistes. Depuis cette date, ils exercent le pouvoir local en alternance avec une coalition de centre gauche dirigée par le parti du Congrès. En tout cas, il ne semble pas que les communistes du Communist Party of India -Marxist (CPI-M) et leurs alliés - qui exercent à nouveau le pouvoir depuis 2016 après avoir fait du Kérala l’État le plus développé de l’Inde -, aient puisé leur inspiration dans les doctrines libérales.
Bref, pour continuer à sauver le monde, le libéralisme va devoir faire la preuve qu’il a quelque chose de neuf à apporter aux deux Etats les plus peuplés de la planète. Que la Chine communiste soit responsable de l’essentiel de l’effort accompli pour éradiquer la pauvreté dans le monde, et que cet événement passe inaperçu de l’opinion occidentale, en dit long sur l’aveuglement idéologique ambiant. On pourrait poursuivre l’analyse en montrant qu’un petit Etat des Caraïbes soumis à un blocus illégal a tout de même réussi à bâtir un système éducatif et sanitaire sans équivalent parmi les pays en développement. Avec un taux de scolarisation de 100% et un système de santé récompensé par l’Organisation mondiale de la santé, Cuba a récemment accompli la prouesse d’offrir à sa population une espérance de vie supérieure à celle des USA et un taux de mortalité infantile équivalent à celui des pays développés. Les méthodes pour y parvenir n’ont rien de libéral, mais chacun a sa conception des droits de l’homme : en ramenant le taux de mortalité infantile de 79 p. 1000 (1959) à 4,3 p. 1000 (2016), le socialisme cubain sauve des milliers d’enfants par an. Pour contempler les effets mirifiques du libéralisme, il suffit de regarder ce qui se passe dans la région. Du côté d’Haïti, par exemple, ce protectorat américain où l’espérance de vie est de 63 ans (contre 80 pour Cuba), ou du côté de la République dominicaine - un peu mieux lotie - où l’espérance de vie est de 73 ans et la mortalité infantile est cinq fois celle de Cuba.
Mais ces broutilles n’intéressent guère les adeptes du libéralisme. Ils voient cette doctrine comme un chevalier blanc - c’est le cas de le dire - répandant ses bienfaits depuis cet Occident qui a tout compris et veut en communiquer le bénéfice à des populations confites d’émotion devant tant de bonté et prêtes à embrasser sa foi dans l’homo œconomicus, la loi du marché et la libre concurrence. Prenant le fruit de leur imagination pour le monde réel, ils confondent l’initiative privée - qui existe à des degrés divers dans tous les systèmes sociaux - et le libéralisme - une idéologie « hors sol » qui n’existe que dans l’esprit des libéraux pour justifier leurs pratiques. Si la société était ce que les libéraux en disent, elle serait réglée comme le mouvement des planètes. Les lois du marché seraient aussi inflexibles que les lois de la nature. Tel un chef d’orchestre, le marché harmoniserait les intérêts divergents et distribuerait équitablement les ressources. Toute intervention publique serait nocive, puisque le marché génère spontanément la paix et la concorde. La force du libéralisme, c’est que cette croyance légitime la loi du plus fort et sacralise l’appropriation du bien commun. C’est pourquoi il est l’idéologie spontanée des oligarchies assoiffées d’argent, des bourgeoisies cupides. Le drame du libéralisme, en revanche, c’est qu’il est rangé au magasin des accessoires chaque fois qu’une société privilégie le bien-être de tous et fait passer l’intérêt commun avant les intérêts particuliers.
Bruno GUIGUE
 
lundi 8 octobre 2018
 

Octobre 88 : Un tragique chahut de gamins









Octobre 88 : Un tragique chahut de gamins
«Il n’est pas de vent favorable pour celui qui ne sait où il va». Sénèque
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D’une façon quasi rituelle, nous nous remémorons le 5 octobre 1988, dans sa dimension tragique, qui a vu la fine fleur du pays être fauchée, mais aussi le souvenir, la nostalgie d’une époque qui, certes, n’a pas duré, mais qui donnait l’illusion que tout était permis, que l’Algérien, ce frondeur, avait le droit au chapitre, il pouvait critiquer. Il était, en un mot, acteur de son destin.
 Sofiane Djilali écrit à juste titre: «(…) Mais juste au lendemain des troubles et avec les promesses présidentielles, la démocratie semblait à portée de main. L’espoir s’insinuait dans le coeur des citoyens. La vie politique s’alluma, les langues se délièrent et une formidable ouverture se dessina. Parler, agir dans l’opposition, défendre ses opinions, écrire dans une presse libre, crier à gorge déployée dans les manifestations de rue, lancer ses diatribes à la télévision, tout était devenu possible. Mais le fol espoir allait vite retomber. La mal-vie, les frustrations, la misère morale et les univers mentaux inconciliables, traduisant la fragilité du processus de formation de la nation, allaient servir de détonateur entre les mains d’un pouvoir rusé et faire échec à la première tentative démocratique dans le Monde arabe. Les Algériens perdirent pied et s’accrochèrent par réflexe atavique ou eschatologique aux discours les plus radicaux, les plus sectaires, les plus dangereux. Les valeurs, identitaires ou religieuses, étaient le refuge, la voie du ´´salut´´. La descente aux enfers pouvait commencer.»(1)
 1988 arrive: en Algérie, nous sommes à la fin d’un règne sans partage avec un parti unique et sa poigne de fer qu’a verrouillée le paysage politique. Pendant plus de 12 ans, le pays détricotait minutieusement ce que le défunt président Boumediene avait construit laborieusement. Nous sommes bien contents que par sa fameuse phrase à la face du monde: ´´Kararna ta’emime el mahroukate´´, il ait pu sauver la souveraineté de l’Algérie. Avec seulement 22 milliards de dollars, Boumediene avait assis les fondations de l’État. Que se passe-t-il après? Il faut dire que le début des années 1980 a correspondu avec l’euphorie d’un baril à 40 dollars et un dollar à 10 francs. L’Algérien découvrait le PAP (Programme antipénurie); ce fut le début de la ´´bazarisation´´ du pays. à coups de dollars, l’Algérien découvrait, sans effort, sans sueur, le fromage Emmental, la machine à laver, le hors-bord, même pour ceux du Sud, au nom de l’équilibre régional… C’était aussi l’époque de la suppression de l’autorisation de sortie avec possibilité de changer 5000 francs à moins de 10 dollars en juillet 1986! Ce qu’on appela le contrechoc pétrolier. Du même coup, des petits pays furent ruinés. Les recettes de l’Algérie ne dépassèrent pas les 4,5 milliards de dollars. L’Algérie s’endetta lourdement pour nourrir la population. Les Algériens se réveillèrent brutalement. Trente ans rien n’a changé si ce n’est que la corruption est devenue structurelle, le gaspillage un sport national
 Benjamin Stora écrit pour sa part: «Le 22 octobre, dans un communiqué diffusé par l’agence officielle Algérie Presse Service (APS), des avocats algériens protestent contre les arrestations et se prononcent pour un pouvoir judiciaire indépendant. Un Comité national contre la torture, créé fin octobre, rassemble des universitaires, des syndicalistes. Les revendications portent sur la nécessité de réformes profondes du système politique, la fin du parti unique, la garantie des libertés démocratiques. L’onde de choc «d’octobre 1988» marque la fin d’une époque. Le séisme est tel que s’organise rapidement le passage au multipartisme. Le 10 octobre 1988, le président Chadli Bendjedid annonce un référendum révisant la Constitution de 1976,. Le 3 novembre, le référendum pour la modification de la Constitution est massivement approuvé (92,27% de «oui», avec un taux de participation de 83,08%)». (2)
 Benjamin Stora parle d’une possible manipulation: «Cette fin du parti unique suscitera bien des interrogations. Les émeutes d’octobre 1988 n’ont-elles été qu’un vaste complot destiné à «ravaler» le système, à en finir avec certains membres du FLN au profit d’autres clans? «Les événements n’étaient pas factices. «Ils ont représenté un appel au secours d’une jeunesse qui aspirait à un changement radical de la situation dans la pays (…) De toute façon, avec l’«octobre noir», arrive le temps des explorations méthodiques et des inventaires historiques. On pouvait lire ces lignes dans l’hebdomadaire Algérie-Actualité du 24 novembre 1988: «Les enfants d’octobre 1988 ressemblent étrangement à ceux du 8 mai 1945, à ceux de novembre 1954, à ceux de décembre 1960. […] Entre tous ces enfants, il n’y a pas qu’une ressemblance, il y a identité de revendication, sauf à renier l’histoire du Mouvement national algérien contemporain. L’examen lucide de notre histoire, l’humble étude des faits, de tous les faits, nous permettront certainement de régler nos problèmes.» (2).
 « Il y a 28 ans, le 5 octobre 1988 lit-on sur Wikipédia les chars de l’armée sont descendus dans la rue pour affronter des jeunes sortis exprimer leur mécontentement. Les forces de sécurité ont tué 169 personnes selon un bilan officiel, 500 selon d’autres sources. (…) L’appropriation du mouvement par les islamistes a été abondamment (…) Des tracts anonymes attribués à Ali Benhadj et appelant à une marche de protestation contre la répression et pour la défense de l’islam sont distribués les 9 et 10 dans les mosquées d’Alger…) La prééminence donnée au rôle des islamistes dans le processus de politisation de l’émeute s’explique par le rôle majeur qu’ils joueront ultérieurement dans la transition démocratique. Cette mobilisation multi-sectorielle réunit des acteurs préalablement organisés et dont l’implication dans l’espace public a déjà été actée: avocats, médecins, journalistes, étudiants, universitaires, militants de la Ligue algérienne des droits de l’homme (Ladh), «berbéristes», membres du Parti de l’avant-garde socialiste (PAGS, communiste), anciens hommes d’État en exil comme le premier président algérien Ahmed Ben Bella et le fondateur du Front des forces socialistes (FFS) Hocine Aït-Ahmed. Des communiqués de presse et des lettres ouvertes sont rédigés, des pétitions adressées à l’Assemblée populaire nationale. Enfin, la Ligue algérienne des droits de l’homme rédige, à l’appui de sources médicales, un rapport sur la torture exercée à l’encontre des émeutiers arrêtés. La majorité des réactions se cristallisent d’abord sur la dénonciation de la répression.» (3)

La jeunesse de 2018 et sa perception d’octobre 1988

 Un article délicieux de Walid Ait Saïd résume en deux réflexions la mal-vie et ce que pensent les jeunes de la symbolique du 5 Octobre 1988: «Pour ce jeune médecin né en 1992, Octobre 1988 a été détourné par les islamistes qui étaient à l’affût de la moindre ouverture. «Il est vrai que cette date a permis d’arracher plus de liberté. Mais le peuple qui souffrait de la mal-vie et des années de dictature a été très très vite endoctriné par les islamistes», estime-t-il. «Ils ont fait dans le populisme, ils ont fait peur au peuple, ils se sont appuyés sur une fausse interprétation de la religion pour servir leurs ambitions partisanes. La révolte des jeunes qui espéraient plus de liberté et surtout une meilleure vie s’est transformée en un moyen d’imposer l’islamisme!»
«On n’est pas inculte à ce point. C’est juste que les espoirs qui berçaient nos aînés se sont transformés en nos désillusions…», tient à souligner Farid. O., né un certain 4 octobre 1988. Pour ce jeune chirurgien dentiste, ce «mai 68» algérien n’aura rien apporté de bien. «C’est vrai que c’était à partir de là que le multipartisme a vu le jour. Mais concrètement qu’avons-nous fait avec ces partis? Si ce n’est avoir des Benhamou et Naïma Salhi qui font les clowns en nous faisant croire que c’était cela la liberté d’expression», poursuit-il avec colère. (…) Moi je ne la reconnais pas! Non pas du fait que le combat de mes aînés ne portait aucune symbolique, mais du fait que selon moi, cela n’a rien changé», dit cette ingénieure. «Les choses ont-elles vraiment changé? Moi j’ai l’impression d’être revenu 30 ans en arrière. Non pas à cause des Stan Smith qui sont revenus à la mode, mais du fait qu’en 2018 il y ait encore des chaînes humaines pour espérer avoir un…sachet de lait», conclut-elle très amèrement.» (5)
Hocine Neffah quant à lui s’interroge sur le «chahut de gamins»,?: «Aujourd’hui, écrit-il de ce sacrifice, malgré le mensonge, le black-out et les entraves qui empêchent la vérité de voir le jour, l’Algérien en tire une légitime fierté. Et il n’a pas tort. Car, grâce à un chahut de gamins, la sève démocratique a été libérée. Grâce à la jeunesse algérienne qui avait inondé la rue de son sang, aux cris de «Algérie démocratique», le pays a connu son «automne démocratique». C’est bien le 5 Octobre qui a donné naissance au multipartisme, à la presse indépendante et aux libertés individuelles. Il est vrai que ce mouvement a vite été récupéré par des fondamentalistes qui ont, quelques années après, plongé le pays dans une tragédie qui a fauché la vie de plus de 200.000 personnes.» (6)

 L’après-88 et la « récupération » : La décennie noire

 «Si l’automne 1988 voit se préciser les revendications sur la libéralisation du régime, personne ne songe néanmoins à réclamer clairement l’instauration du pluralisme partisan. La nouvelle Constitution de février 1989 leur donne une assise légale avant que l’affrontement contre l’État commence en 1991 et de façon violente pour les premiers, et en 2001 (Printemps noir 2001 – 2002) sous forme d’une «dissidence citoyenne» pour les seconds. Le gouvernement Hamrouche (1989 – 1991), porteur d’un esprit de réformes, va être contrecarré dans ses projets par les réseaux clientélistes liés aux clans militaires.» (3)
 «Commence aussi après octobre 1988, poursuit Stora, une course de vitesse pour savoir qui, d’un «pôle démocrate» ou d’un «pôle islamiste», peut se substituer au vide laissé par le parti unique FLN. Cette bataille se déroule au moment où se dessinent les contours d’un «nouvel ordre mondial». L’année suivante, le mur de Berlin s’effondre, et progressivement tous les pays de l’Est accèdent à la démocratie politique. La guerre du Golfe, en 1991, voit l’effacement du rôle politique joué par l’Urss () Après avoir connu un court moment d’euphorie démocratique, l’Algérie va s’enfoncer dans l’engrenage tragique de la violence: près de 150.000 morts tout au long des années 1990. (…) Le 5 octobre 2008, dans le Quotidien d’Oran, on peut lire, sous la plume d’Abed Charef: «Octobre aura finalement été une grande illusion (…) Depuis, le pays continue de s’enfoncer. En octobre 1988, le pays n’avait pas d’argent, mais il y avait une réelle volonté de s’en sortir. En 2008, l’Algérie a de l’argent, mais elle est incapable de se dessiner un avenir.» (2)

L’amère désillusion 30 ans après: le FLN des satrapes en tête

 «Pour Azouaou Hamou Lhadj blessé grièvement, ayant perdu un bras lors des émeutes, le multipartisme, les libertés syndicales, d’association, de la presse sont nés des «Événements d’octobre 1988». Mais en 2018, l’ex-parti unique reste malgré tout hégémonique et les jeunes ont peu de perspectives d’avenir: 30% d’entre eux sont au chômage et beaucoup peinent à se loger. (…) Des pénuries et une flambée des prix alimentent un contexte de contestation sociale et de violentes émeutes éclatent «Comme tous les jeunes, j’en avais marre de la ´´hogra´´ (terme désignant le mépris, l’injustice), on commençait à entendre parler des premières affaires de corruption (…) On en avait marre du parti unique. On voulait que ça change», se souvient-il. (…) Des «jeunes sont morts pour la démocratie, les droits de l’homme, la liberté de la presse, le multipartisme», or 30 ans après, «les acquis d’Octobre ont été remis en cause», souligne-t-il. «Il ne reste presque rien, si ce n’est une presse au ton libre», constate-t-il amèrement. La révolte a certes mis fin au règne du parti unique, aux monopoles syndical et des médias d’Etat, mais l’euphorie fut de courte durée. En 1988, «nous étions fiers. Il y avait beaucoup plus d’espoir il y a 30 ans qu’aujourd’hui», estime amèrement Azouaou Hamou Lhadj avant d’énumérer: «scandales de corruption, de trafic de drogue, impunité (…) Le régime est le même.» (4)

La régression inféconde trente après

 « L’Algérie  lit on sur une livraison du Huffington Maghreb n’accumule plus, elle perd ce qu’elle avait et ce qu’elle savait faire, y compris dans l’adversité de l’occupation coloniale. Elle est constamment prise dans une entreprise de dilapidation d’un capital de valeurs durement accumulées par des générations de militants de la cause nationale. Les Algériens n’ont pas obtenu l’Etat auquel ils aspiraient et que voulaient les militants de la cause nationale. La résilience de la nation algérienne persiste surtout grâce à la mémoire, non instrumentalisée, que les Algériens ont gardé de tout cet effort accompli par des hommes et des femmes pour résister et construire. Mais cette transmission intime, souvent familiale, qui a été un antidote à une sorte de conjuration révisionniste et négationniste arrive à ses limites, les témoins partent et la génération intermédiaire, pour des raisons objectives, n’assure plus la transmission, n’assume pas le rôle, combien essentiel, de passeur. (7)
 Abdelatif Rabah  observateur averti de la scène algérienne dans une analyse magistrale nous explique  comment les « acquis des travailleurs furent détricotés minutieusement et comment l’Algérie a été livrée à la bazarisation   qui a suivi la mort de Houari  Boumédienne en éradiquant les « pousses » d’un développement endogène certes poussif mais le seul capable de nous sortir de la dépendance et de la spirale du sous développement. Il écrit : «  Après la mort de Houari Boumediene, en décembre 1978, le camp libéral était entré en campagne pour engager l’idée qu’il fallait changer de cap. La « Synthèse du bilan économique et social de la décennie 67-78 » adoptée en 1980 est emblématique de cette action de propagande. L’industrialisation, encore dans sa phase embryonnaire, est soumise au crible d’une critique sans nuance. La révolution agraire est remise en cause puis, abandonnée. Les réformes dites de l’autonomie des entreprises inspirées des préceptes de la Banque mondiale et du FMI déplacent le centre de gravité de la problématique économique algérienne de la construction des bases productives et du cadre institutionnel du développement national indépendant sur la question du mode de régulation et du passage à l’économie de marché ». (8)
 «  L’Algérie entre dans la décennie 1990 avec une nouvelle Constitution, votée en février 1989 qui consacre l’abandon de la référence à la Charte nationale ainsi qu’au socialisme et la disparition des articles 94 et 95 de la Constitution de 1976 disposant que « le système institutionnel algérien repose sur le principe du parti unique » et que « le FLN est le parti unique du pays ». Le multipartisme fait son entrée sur la scène politique. Il se caractérise surtout par un phénomène de « déversement de la religion dans la politique », selon l’expression de Jacques Berque. Le FIS (Front islamique du salut) en sera le principal que le plus puissant protagoniste ». (8)
 « Inaugurées, à pas feutrés, dès le début de la décennie 1980, sous l’ère de Chadli Benjedid, puis approfondies et dotées d’un corps de doctrine, par l’équipe des réformateurs du gouvernement Hamrouche,  les réformes vont connaître une intensification et une accélération extraordinaires à la faveur du plan d’ajustement structurel conclu avec le FMI, en 1994-1995. Ces réformes menées à la hussarde vont imprimer à toute la décennie1990 et même au-delà, les marques multiformes d’un processus de régression économique et sociale visibles sur le niveau de vie de la majorité de la population, comme sur le niveau d’activité entreprises et des services publics. C’est l’ère du démantèlement du secteur public, des licenciements massifs, du chômage, des salaires impayés, de la précarité, de l’explosion de la pauvreté, du recours à la justice contre les grèves et les grévistes, de l’essor des grosses fortunes… Depuis 1986, l’investissement est au point mort. C’est la panne totale. Ni infrastructures sportives dignes de ce nom, ni salles de cinéma, ni théâtres, ni salles de concert, ni universités, ni lycées, ni infrastructures de santé. D’année en année, les cohortes de chômeurs s’allongent, deux jeunes sur trois en font partie.   La situation sanitaire du pays se dégrade avec le recul des programmes de vaccination et la recrudescence des épidémies. L’anarchie du foncier engloutit des dizaines de milliers d’hectares parmi les plus fertiles. L’État perd le contrôle du développement urbain » (8).
 «  Le secteur d’État a cessé d’être le symbole de la réussite sociale. Le système scolaire aussi. Un quart de siècle de libéralisme économique a engendré un puissant mouvement de décompositions, de déclassements- reclassements sociaux, contribuant à fragmenter la société et à casser les anciens clivages. Ce qui structure la réalité sociale, aujourd’hui, c’est la dynamique des inégalités croissantes qui séparent le haut et le bas des revenus, des inégalités de patrimoine, biens fonciers ou immobiliers, produits financiers, ressources en devises, des inégalités en termes de mobilité internationale et de statut citoyen y afférent. Les forces de l’argent, prédatrices et parasitaires sont à présent aux commandes de l’Etat plus que jamais, plongées dans  la logique du libéralisme prédateur et destructeur du tissu national et social »

 Conclusion

Ce ne fut pas un chahut de gamins! les jeunes qui sont descendus dans la rue, ont peut-être été manipulés, mais les causes de la mal-vie étaient réelles. C’est par-dessus tout la hogra, le népotisme, le passe-droit, le fait du prince, la corruption et le manque de perspectives. Octobre 88 attend toujours son autopsie sur les tenants et les aboutissants de ce début de tragédie qui a fait entrer l’Algérie dans la spirale de la violence. Certes, nous avons traversé plusieurs décennies: ´´la décennie noire´´, ´´la décennie rouge´´, voire aussi ´´les décennies blanches´´, en ce sens que nous n’avons rien créé de pérenne. La population de 1988 n’est pas celle de 2018 qui, à bien des égards, est toujours aussi fragmentée et en errance.
  Qu’avons-nous fait depuis 30 ans, à part manger la rente? 800 milliards depuis 2000 et une difficulté pour aller de l’avant avec une dépendance à 98% des hydrocarbures et un système éducatif qui peine pour des raisons multiples idéologiques, financières et un manque de visibilité du pays, à se déployer. Certes, Il est vrai que l’on ne peut pas mettre sur le même pied les besogneux, qui suent sang et eau, et le député gros et gras car, bien nourri. Sans aucune valeur ajoutée. Il est vrai aussi que l’on ne peut pas mettre aussi sur le même plan l’enseignant qui fait son djihad au quotidien pour des clopinettes et le trabendiste du conteneur ou le footballeur qui garde une cage à 4 millions de DA/mois qui gagne ainsi en une fois le salaire d’un enseignant, qui doit se réincarner plusieurs fois comme Highlander pour y arriver. Pourtant, le pays n’a jamais été aussi riche.
Pourtant, vus de loin, tous les attributs, tous les insignes dignes d’un État de droit semblent réunis: une Constitution, un Sénat, un Parlement, une Assemblée populaire, des juges et des magistrats pour dire le droit des tribunaux administratifs, un pluralisme politique, mais, à y voir de plus près, le tableau n’est guère enthousiaste.
Octobre 1988 fut une parenthèse douloureuse dont on n’a a pas tiré les leçons. Et pourtant, les jeunes, objet de toutes les manipulations, ne demandent qu’à vivre, étudier et faire preuve d’imagination. Une petite anecdote d’il y a quelques années: des harraga en mer écoutent la radio et apprennent que l’Équipe nationale a battu la Zambie. Demi-tour vers la mère patrie pour fêter l’événement dignement. Tôt, le lendemain, les harraga repartent à l’aventure et risquent leur vie, l’Algérie n’ayant pas su les retenir. Comment plus de trente ans après avoir conjuré ces signes indiens, l’on continue à errer sans boussole
À quand ´´la décennie verte´´ de l’espoir? Seuls le consensus, le dialogue, la parole désarmée, l’intérêt supérieur du pays permettront de réconcilier les Algériens et mettre fin à la guerre sourde de positions entre deux visions pour l’Algérie, celle d’une Algérie satellite d’une oumma arabe moyenâgeuse et celle d’un miroir aux alouettes de l’Occident dont on ne copie que les travers et non leur prouesse technologique. Ces deux visions n’ont évidemment aucune idée de ce que pourrait être la vie selon la mentalité algérienne. Qu’allons-nous laisser aux générations suivantes? À nous de nous organiser pour donner de l’espoir à cette jeunesse qui a perdu ses illusions. Pour cela, seul le parler vrai, le patriotisme, la fidélité aux valeurs nous permettront enfin de bâtir une Algérie qui sortira de la malédiction de la rente pour se mettre enfin au travail.
Professeur Chems Eddine Chitour
Ecole Polytechnique  Alger
1.Sofiane Djilali: Évocation: I. Octobre 88, la fin des illusions. Agoravox 3.10.2009
2.Benjamin Stora https://blogs.mediapart.fr/benjamin-stora/blog/071008/octobre-1988-une-nouvelle-histoire-commence-en-algerie
3.https://fr.wikipedia.org/wiki/évènements_du_5_octobre_1988_en_Algérie
4.AFPhttps://www.liberation.fr/planete/2018/10/04/algerie-l-amere-desillusion-d-un-manifestant-de-la-revolte-d-octobre-1988_1683192
5 Walid Ait Sa¨dhttp://www.lexpressiondz.com/actualite/301233-racontez-nous-octobre.html
6.Hocine Nefhah http://www.lexpressiondz.com/actualite/301230-l-ivresse-des-possibles.html
7.https://www.huffpostmaghreb.com/entry/lalgerie-naccumule-plus-elle-perd-ce-quelle-avait_mg_5bb34fffe4b0ba8bb210e5f0
8.Abdelatif Rabah 1988-2018 : de  l’économie du développement  a l’économie  de la prédation lu sur un site internet
 
"Si vous n’y prenez pas garde, les journaux finiront par vous faire haïr les opprimés et adorer les oppresseurs." Malcom X

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