ELWATAN-ALHABIB
jeudi 3 décembre 2009
 

Quel rôle pour les services secrets américains dans les attentats de Mumbai en novembre 2008?

Source:Mounadil Djazairi

Les attentats de Mumbai en novembre 2008 avaient fait couler beaucoup d’encre et, malheureusement, beaucoup de sang.
Un seul des auteurs présumés est actuellement aux mains de la justice indienne, les autres ayant péri au cours des attaques.
J’avais, comme d’autres à l’époque, pointé un certain nombre de problèmes liés à ces attaques meurtrières.
Cette affaire, une fois l’émotion résorbée, est passée pratiquement aux oubliettes de l’information sauf en Inde où se déroule en ce moment le procès de l’unique assaillant arrêté.
Et en Inde, on parle beaucoup d’une autre personne impliquée dans ces attentats, un certain David Coleman Headley alias Daood Gilani, un citoyen pakistano-étatsunien.

Je vous laisse découvrir dans l’article qui est David Coleman Headley: il y a vraiment de quoi être perplexe et souscrire (les yeux ouverts) à une théorie du complot.

Si l’article nous dit bien que Headley, lorsqu’il séjournait en Inde, se présentait souvent comme un agent de la CIA à ses interlocuteurs, il omet de nous dire autre chose tout aussi important: entre 2006 et 2008, Headley a tenu à Mumbai un bureau d’immigration |une officine pour aider les gens à émigrer] et se faisait passer pour juif.

Je vous laisse tirer vos propres conclusions mais permettez-moi d’esquisser les miennes: l’Inde sera dans relativement peu de temps une puissance mondiale de tout premier plan, comme la Chine ou le Brésil. Ce pays occupe en outre une position géographique stratégique aux confins de la Chine, du Pakistan et non loin de l’Iran et de tout le Moyen Orient.
Ceci n’a échappé à personne et surtout pas aux sionistes qui préparent ces changements en essayant d’investir à leur manière ces contrées. Comme d’habitude, leur démarche passe par les communautés juives locales, il en existe de fort anciennes en Chine et en Inde. Simplement, ces communautés ne sont pas forcément sionisées et leur embrigadement passe par une politique de terreur «antisémite» qui ouvre la voie à leur prise en main par les officines du gang de tel Aviv.
Les attentats de Mumbai s’inscrivent parfaitement dans cette démarche de contrôle de la communauté juive en assurant une prise en main des «chabad houses» et l’intervention sur place, avec l’accord des autorités locales, des « spécialistes » sionistes de la sécurité. Car l’entité sioniste s’appuie bien sûr sur les intérêts des pouvoirs locaux et sur les contradictions qui existent en leur sein.
On peut lire par exemple dans le Telegraph de Calcutta:

De manière curieuse, la tuerie de Juifs [à Mumbai] a amené la petite et très efficace machine militaire d’Israël à aider l’Inde, même si New Delhi a longtemps été un partisan de la cause palestinienne.
Et un peu plus loin:
A l’avenir, l’Inde, en cas de besoin, peut s’attendre à voir le Mossad, la machine de vengeance mortelle d’Israël, basculer en sa faveur. Il travaille probablement dès maintenant à «capturer» ceux qui au Pakistan étaient responsables [des attentats].
L’Inde est par aussi, rappelons-le, une destination privilégiée pour de nombreux toxicomanes ex-soldats de l’armée sioniste.

Les sionistes se préparent donc dores et déjà au déclin de leur protecteur américain dans une stratégie qui, si elle semble fonctionner avec l’Inde, rencontre plus de difficultés avec la Chine qui, avec son système politique et sa culture confucéenne, est un pays plutôt imperméable aux influences étrangères qu’il n’a pas délibérément choisies. Peut-être les sionistes n’ont-ils tout simplement pas encore trouvé la bonne porte d’entrée dans l’Empire du Milieu? Celle des «justes parmi les nations» ne semble guère prometteuse car on a pu trouver que deux Chinois à mettre sur la liste dont l’un au moins était un plénipotentiaire de la république de Chine, confinée aujourd’hui à Taï Wan que Pékin ne désespère pas de récupérer. Autre difficulté, la communauté « juive » chinoise ne représente aujourd’hui que quelques centaines de personnes dont la qualité de juifs est d’ailleurs disputée par la loi halachique qui considère qu’est juif celui dont la mère est juive alors que chez les « Juifs » Chinois, elle se transmet par le père.


Headley est-il un agent secret Américain devenu renégat?
TNN, Times of India le 27 novembre 2009 traduit de l'anglais par Djazaïri

NEW DELHI: C’est un complot qu’on aurait pu tirer tout droit des univers de bluff et de double bluff créés par John le Carre et Frederick Forsyth. Sauf qu’il semble s’être joué dans la vraie vie, pour le malheur de centaines de personnes innocentes. L’hypothèse séduisante selon laquelle David Headley pourrait avoir été un agent secret Américain infiltré qui serait devenu ripou travaille beaucoup de monde ici alors que les autorités US gardent ce djihadiste du Lashkar basé aux Etats Unis hors de portée des enquêteurs Indiens.

Pour rendre l’histoire encore plus dramatique, Headley pourrait avoir justement avoir donné aux services secrets US des informations qui ont empêché un attentat du Lashkar en septembre à Mumbai. La théorie – et ce n’est encore qu’une théorie – est que Headley a été utilisé pour infiltrer le Lashkar, mais s’est progressivement laissé prendre par l’influence des mêmes terroristes qu’il était supposé espionner.

Tiraillé entre deux allégeances, il pourrait avoir continué à donner des informations à ses officiers traitants Américains, et un tuyau fourni par lui pourrait même avoir aidé à éviter un attentat initialement prévu pour septembre. Mais il semble s’être engagé résolument dans le Lashkar après cela, ce qui pourrait être une des raisons qui expliquent pourquoi les services secrets américains ont été pris au dépourvu par les attaques du 26/11.

En Inde, Headley se présentait souvent comme un agent de la CIA. Mais les soupçons selon lesquels il est un agent renégat découlent surtout de l’information toute récente sue le fait que Headley, un homme avec un œil vert et l’autre brun, pouvait circuler aisément aux Etats Unis et au Pakistan en dépit de démêlés judiciaires aux USA.

Un profil publié récemment par le New York Times affirmait qu’en 1998, Headley (alors connu sous l’identité de Daood Gilani) avait été condamné pour tentative de contrebande d’héroïne entre le Pakistan et les Etats Unis. « Les dossiers du tribunal montrent qu’après son arrestation il avait fourni tant d’informations sur son rôle personnel dans le trafic de drogue qui durait depuis plus de dix ans, et sur ses fournisseurs Pakistanais qu’il avait été condamné à moins de deux ans de prison avant de se rendre au Pakistan pour mener des opérations d’infiltration et de surveillance pour la Drug Enforcement Administration (DEA), » signalait l’article du New York Times.

Ce qui laisse entendre que Headley avait passé un accord avec les autorités des Etats Unis qui l’autorisait à s’en tirer avec une peine réduite en échange d’une promesse de coopération.

Pour beaucoup ici, cela signifie aussi qu’il était quelqu’un de connu par les autorités des Etats Unis chargées de la répression du trafic de drogue et du terrorisme. Après le 11 septembre, les cloisons entre ces services étaient tombées en raison des liens entre la drogue et le terrorisme, particulièrement dans le contexte pakistano-afghan où les missions de la DEA et de la CIA s’imbriquent étroitement. Fait surprenant, la déclaration sous serment du FBI contre Headley ne mentionne pas son accord avec la DEA.

La déclaration sous serment du FBI contre Headley indique qu’il a changé son nom de Daood Gilani pour celui de David Coleman Headley en 2008 pour dissimuler son passé criminel. Comme il l’avait dit à un policier de l’air et des frontières en août 2009, c’était pour se donner la liberté de voyager inaperçu – il disait que son nouveau nom éveillait beaucoup moins de soupçons quand il voyageait.

C’est un fait que des terroristes masquent leur identité religieuse pour passer au travers de la surveillance antiterroriste, avec des organisations terroristes qui cherchent à recruter des Caucasiens (des blancs) pour de nouvelles frappes. Mais on doute généralement qu’un simple changement de nom pourrait avoir fonctionné dans le cas de Headley compte tenu de ses problèmes avec la loi mais surtout à cause des destinations où il se rendait.

Compte tenu de la réputation bien établie du Pakistan comme plaque tournante du terrorisme international, les gens qui partent de ce pays ou s’y rendent éveillent aussitôt la vigilance dans les aéroports du monde entier. De plus, Headley rencontrait souvent ses contacts aux Emirats Arabes Unis – un lieu de rendez-vous bien connu des terroristes et des trafiquants, et un endroit du plus haut intérêt pour les services chargés de la répression.

Les sceptiques ont trouvés intriguant que des agences hypersensibles des Etats Unis n’aient rien trouvé à redire aux tampons sur le passeport US de Headley. Si les sceptiques ne pensent pas avoir encore de réponse, ils inclinent vers la possibilité que Headley ait été un agent infiltré qui, tiraillé entre deux exigences contradictoires, celles de ses compagnons djihadistes qu’il devait infiltrer et celle de ses maîtres Américains, serait parti à la dérive.

Headley, de son propre aveu, a rejoint le Lashkar-e-Taiba en 2006 et a suivi un entraînement dans un des camps terroristes de cette organisation terroriste.

Ceux qui adhèrent à la théorie de « l’agent renégat » inclinent à penser que ceci était connu des Américains, toujours soucieux de soutirer des informations sur des groupes terroristes difficiles à pénétrer. Ils ont aussi le sentiment que les services US étaient peut-être conscients que l’année dernière, Headley était en Inde pour reconnaître des cibles pour des attaques du Lashkar initialement prévues pour septembre – comme l’a confirmé Ajbal Kassab dans sa déposition – et qui ont finalement été commises le 26 novembre. Au contraire, ils soupçonnent aussi que Headley pourrait avoir été la source de l’information qui a aidé les Américains à donner l’alerte sur l’attaque prévue en septembre de l’année dernière.

Dans leur avertissement, qui avait été transmis au gouvernement du Maharasthtra par l’Intelligence Bureau, les Américains avaient indiqué que d’importantes installations de Mumbai étaient visées par les djihadistes. De fait, l’alerte du FBI mentionnait spécifiquement le Taj et d’autres hôtels – le Marriott, le Land’s End et le Sea Rock.
On suppose que la défection de Headley est intervenue immédiatement après et que c’est peut-être une des raisons pour lesquelles les Américains n’ont pu, comme au mois de septembre, sentir l’attaque du 26:11. Cette suspicion est renforcés par le fait que c’est vers cette époque que le FBI a placé Headley sous sa surveillance, ce qui aboutit à son arrestation le 3 octobre de cette année.

Ces soupçons sont encore renforcés parce que les Américains tardent à donner un accès à Headley aux enquêteurs Indiens. On a l’espoir que les services indiens auront aussi la possibilité de parler au terroriste après que les charges – inculpation dans le lexique américain – seront formulées à son encontre le 1er janvier. Il existe aussi l’éventualité que Headley ait promis de se mettre à table à la condition de ne pas avoir à répondre à des enquêteurs venus d’Inde.

Mais au cours des échanges sur cette question, le FBI a été très réticent à discuter de Headley en détail – inattendu de la part d’un organisme qui avait promptement alerté sur les attaques que le Lashkar avait planifié pour septembre et sans l’aide duquel la percée dans l’enquête sur le 26/11 ne se serait pas produite.
 
 

Les banques occidentales s’opposent au commerce sino-africain
Comment les pays créanciers décident en République démocratique du Congo

par Renaud Vivien*, Damien Millet*

A quelques jours d’intervalle, le ministère français de l’Économie réunissait en grande pompe le « Forum Franco-Chinois de promotion du commerce et de l’investissement » et en toute discrétion le « Club de Paris ». Cette seconde instance, composée de créanciers publics, a enjoint à la RDC d’annuler ses contrats commerciaux avec… la Chine.
S’appuyant sur le mécanisme de la dette odieuse, les Occidentaux poursuivent leur politique néo-coloniale malgré la globalisation. Ils interdisent aux Africains de choisir leurs partenaires commerciaux et aux Chinois de s’approvisionner en Afrique. Ils exigent l’exclusivité du commerce avec l’Afrique et avec la Chine.




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Réunion du Club de Paris au ministère français de l’Économie et des Finances.

Les 19 pays créanciers composant le Club de Paris [1] se sont réunis le 18 novembre pour examiner le cas de la République démocratique du Congo (RDC), après deux reports liés à la révision du très controversé contrat chinois. Ce contrat, qui hypothèque de gigantesques quantités de minerais au profit de la Chine en échange de la construction d’infrastructures en RDC, a finalement pu être révisé dans le sens souhaité par les bailleurs de fonds occidentaux représentés par le FMI [2]. Suite à cela, l’affaire semblait réglée : le Club de Paris allait accorder les assurances financières demandées par le FMI pour conclure un nouveau programme de 3 ans avec le gouvernement congolais d’ici la fin 2009 et effacer début 2010 une partie importante de sa dette extérieure publique. Loin s’en faut ! Le Club de Paris a décidé, à son tour, de « faire chanter » la RDC en exigeant le maintien de deux contrats léonins signés avec des transnationales occidentales.

Le Club de Paris prouve une fois encore qu’il est une instance gouvernée par le Nord dans laquelle les pays du Sud ne jouent qu’un rôle de figurant. Aucun membre du gouvernement congolais n’a été invité aux discussions menées à Bercy, au ministère français des Finances, où siège le Club de Paris. Ce Club se définit lui-même comme une « non-institution » n’ayant pas de personnalité juridique. L’avantage est clair : le Club de Paris n’encourt aucune responsabilité quant à ses actes et ne peut donc être poursuivi en justice puisqu’officiellement, il n’existe pas !

Pourtant, ses décisions sont lourdes de conséquences pour les populations du tiers-monde car c’est en son sein qu’est décidé, de concert avec le FMI et la Banque mondiale, si un pays endetté du Sud « mérite » un rééchelonnement ou un allégement de dette. Lorsqu’il donne son feu vert, le pays concerné, toujours isolé face à ce front uni de créanciers, doit appliquer les mesures néolibérales dictées par ces bailleurs de fonds, dont les intérêts se confondent avec le secteur privé.

Le 18 novembre dernier, c’est la RDC qui en a fait les frais puisque le Club de Paris a décidé d’aller au-delà de la seule révision du contrat chinois exigée par le FMI en s’ingérant encore plus dans ses contrats miniers, domaine qui relève pourtant de la souveraineté permanente de la RDC, selon le droit international et l’article 9 de sa Constitution.

Officiellement, c’est le risque d’augmentation de la dette congolaise, lié à la garantie d’Etat initialement prévue dans le contrat chinois, qui avait justifié l’ingérence du FMI dans les affaires internes congolaises.

Mais en réalité, la RDC, à l’instar d’autres pays africains regorgeant de ressources naturelles, est le théâtre d’une compétition acharnée entre les pays occidentaux et la Chine, dont l’appétit ne cesse de grandir au point d’être aujourd’hui le troisième partenaire commercial pour l’Afrique derrière les États-Unis et la France. Le Club de Paris est donc l’instrument qu’ont utilisé les pays occidentaux, notamment le Canada et les États-Unis, pour exiger du gouvernement congolais qu’il revienne sur sa décision de résilier le contrat ayant donné naissance au consortium Kingamyambo Musonoi Tailings (KMT) et de réviser la convention créant Tenke Fungurume Mining (TFM), dans lesquelles les États-Unis et le Canada ont d’importants intérêts.

Les bailleurs de fonds occidentaux appliquent la politique du « deux poids, deux mesures » selon qu’il s’agisse d’un contrat conclu avec la Chine ou avec une entreprise occidentale. Les intérêts du secteur privé l’emportent sur les considérations de légalité et de développement puisque le caractère frauduleux de ces deux conventions a été rapporté par la Commission de « revisitation » des contrats miniers, mise sur pied en RDC en 2007 [3]. Les États du Nord se servent du Club de Paris et des institutions financières internationales, où ils sont surreprésentés, comme d’un cheval de Troie pour s’accaparer les ressources naturelles du Sud.

C’est le trio infernal Club de Paris – FMI – Banque mondiale qui a organisé à partir de 2002 le blanchiment de la dette odieuse de la RDC en restructurant les arriérés laissés par le dictateur Mobutu. Il s’agissait à l’époque de prêter de l’argent au gouvernement pour apurer les vieilles dettes du dictateur, permettre au gouvernement de transition de s’endetter à nouveau tout en lui imposant des politiques antisociales, notamment un nouveau Code minier très favorable aux transnationales.

En 2009, la dette continue d’asphyxier le peuple congolais dont les droits humains fondamentaux sont piétinés pour assurer le remboursement du service de la dette. Malgré les effets d’annonce des créanciers qui promettaient une annulation de la dette congolaise, celle-ci s’élève aujourd’hui à 12,3 milliards de dollars, soit l’équivalent de la somme réclamée à la RDC au moment de la mort de Laurent Désiré Kabila en 2001… Or, cette dette est l’archétype d’une dette odieuse, nulle en droit international car elle a été contractée par une dictature, sans bénéfice pour la population et avec la complicité des créanciers. Le gouvernement congolais pourrait donc la répudier, ce qui lui permettrait de surcroît de ne plus accepter les diktats du Club de Paris.

Le chantage du Club de Paris n’est pas une surprise : cette instance illégitime est depuis sa création à la fois juge et partie. Elle doit donc être purement et simplement abolie, tout comme la dette de la RDC.

En attendant, le gouvernement congolais doit suspendre unilatéralement le paiement de cette dette, à l’instar de l’Équateur en novembre 2008 et de l’Argentine qui avait décrété en 2001 la plus importante suspension de paiement de la dette extérieure de l’Histoire, pour plus de 80 milliards de dollars, tant envers les créanciers privés qu’envers le Club de Paris, et ce sans que des représailles n’aient lieu.

La crise économique nécessite des actes forts et immédiats contre la dette, et au profit des peuples. Pour ce faire, les pays du Sud auraient tout intérêt à constituer un front uni pour le non-paiement de la dette.

 Renaud Vivien

Membre du Comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde (CADTM)

 
samedi 28 novembre 2009
 
États-Unis et Israël, De la double utilité du Choc



et de l’effroi
. par Pascal Sacré

Semer le choc et l’effroi engendre des peurs, des dangers et des destructions incompréhensibles pour certains éléments ou secteurs de la société à l’origine de la menace, ses dirigeants ou les citoyens en général. La nature, sous forme de tornades, d’ouragans, de tremblements de terre, d’inondations, d’incendies contrôlés, de famines et de maladies, peut provoquer le choc et l’effroi. Shock and Awe. Achieving Rapid Dominance, Doctrine militaire établie pour la guerre des Etats-Unis en Irak.(1)

« Seule une crise, réelle ou imaginaire, peut engendrer un changement profond. » Milton Friedman.

Avec les attentats du 11 septembre 2001, certains ont eu « leur » Shoah, ce genre de crime terrible, qui justifie ensuite toutes les prérogatives, toutes les extrémités, qui légitime tous les comportements même absents, d’ordinaire des pires cauchemars : l’extermination, la torture extrême, nier à des gens de notre espèce le moindre droit, même le plus élémentaire, les traiter comme des animaux, décréter des embargos pour la nourriture et les médicaments, l’assassinat d’enfants et de vieillards, la déportation dans des enclos, la mise à mort par les moyens les plus terribles qui soient***. Et cela, sans plus devoir rendre aucun compte et en apparaissant toujours comme la victime. Car la blessure justifie absolument tous les actes perpétrés en son nom.

Loin de moi de tirer, aujourd’hui, des conclusions définitives sur l’origine des attentats du 11 septembre 2001, ou d’en suggérer, afin de m’épargner le Choc et l’effroi qui règnent autour de ces controverses, et d’être traité de tous les noms, par exemple de celui qui rime avec hérisson*.

Mais le choc et l’effroi, doctrine admirablement développée dans le travail de Naomi Klein (2), et qui consiste à terroriser la cible de nos attaques afin de la rendre complètement perdue et de la dominer plus facilement ensuite, n’est-ce que ça ? N’y a-t-il pas un autre aspect, plus terrifiant encore, hypothèse que beaucoup rejeteront parce que cela détruirait tous leurs repères, toutes leurs intimes convictions ?

Je ne saurais trop vous conseiller la vision de ce petit film de 7 minutes . Naomi Klein dénonce, dans La Stratégie du Choc, « l’existence d’opérations concertées dans le but d’assurer la prise de contrôle de la planète par les tenants d’un ultralibéralisme tout puissant. Ce dernier met sciemment à contribution crises et désastres pour substituer aux valeurs démocratiques, auxquelles les sociétés aspirent, la seule loi du marché et la barbarie de la spéculation. » Prétraiter la cible, un pays, une population, une armée (Irak en 1991-Tempête du Désert-(3)), un groupe de personnes par une série de chocs ou un seul d’une violence inouïe, puis, sans attendre, imposer son véritable objectif, la cible ayant perdu tout repère, elle ne peut s’y opposer. Que l’objectif soit économique, militaire, social…cela marche. Je vous encourage à regarder le petit film référencé un peu plus haut et à lire La Stratégie du Choc, de Naomi Klein(2).

Il y a dans l’Histoire, des crimes, des offenses d’une portée démesurée, mais qui ont eu ensuite, pour des gouvernements et pour une partie des victimes de ces crimes, de ces offenses immenses, la conséquence de pouvoir se comporter comme ils l’entendent. Sans plus jamais devoir se justifier. Car les critiquer, quelle que soit la critique, revient, selon eux, à nier leur offense, leur blessure originelle. A la remettre en cause, chose inacceptable. Même s’il n’en est rien, toute critique actuelle, sur les actes actuels, d’une autorité actuelle, mais descendant du peuple ayant subi l’Offense passée, est prise pour une remise en question de l’Offense impardonnable. Tout est permis, dorénavant. Et sera excusé.

Et si une critique arrive quand même à sortir de la gorge nouée de certains, le bouclier de l’offense et du crime anciens est brandi. Au risque d’être traité de facto d’antisémite, alors que je ne le suis pas, le peuple juif est l’exemple le plus connu de crime odieux (la Shoah), et ça c’est indiscutable, ayant ensuite entraîné une immunité d’inhumanité pour leur gouvernement actuel, et ça c’est discutable. Loin de moi l’idée de bâtir une théorie autre que celle enseignée dans nos manuels d’Histoire autour de la Shoah, je ne parle que de cette conséquence, dont la réalité, elle, n’est pas révélée par mon article, mais se trouve partout autour de nous, et est une évidence, il suffit de suivre l’actualité : télévision, journeaux, livres… C’est un fait, la Shoah sert au gouvernement actuel d’Israël pour faire ce qu’il fait aujourd’hui, sans devoir rendre aucun compte. Sans apparaître aucunement comme l’oppresseur. Il est la victime perpétuelle. Tsahal-Hamas. Lion-chat. Mais le lion, dans notre scénario, réussit la prouesse d’apparaître toujours comme la victime. La souffrance infligée au peuple juif par les bourreaux allemands justifie, excuse, disculpe, innocente, fournit un alibi. Définitivement. Cette conséquence est évidente, tous les jours.

Ne dit-on pas, dans certaines pathologies, que certains patients retirent un bénéfice de leur maladie (assistance, pitié, secours, indulgence) ? Goldstone(4), Shlomo Sand(5), Noam Chomsky(6), Uri Avnery (4)…mettent tous en évidence la position de victime permanente brandie par Israël. Et je n’ai pris, sciemment, que quelques exemples de critiques brillantes par des auteurs juifs.

Avec les attentats du 11 septembre 2001, certains ont eu, symboliquement, leur Shoah, son équivalent en termes de bénéfice secondaire…

Certains… Qui ? Ce ne sont pas les Etats-Unis (le pays, le peuple), ce n’est pas tout le gouvernement américain. Je n’ai aucun nom à vous donner.

Seulement des livres, des pistes à vous proposer (7), et surtout le conseil de suivre votre voie, de faires vos recherches et de tirer vos conclusions, en vous permettant, toujours, de changer votre avis, au fur et à mesure de vos découvertes, sans vous imposer, jamais, aucune limite sous le seul prétexte qu’une Offense ancienne devrait transformer définitivement tel chemin en sens interdit.

Certains… Certainement le « complexe » militaro-industrialo-financier des Etats-Unis, et plus probablement encore, du monde entier. Que ce soient des personnes (présidents, secrétaires, ministres, journalistes) ou des agences (CIA, SAIC[8], NSA[9], OTAN[10]), celles-ci ne sont « que » les outils pour répandre le choc et l’effroi, de par le monde à conquérir, dans l’intérêt de ce complexe.

Le troisième élément, le mot financier, est majeur. Rien que ce fait, à lui seul : toutes les transactions financières autour du 11 septembre 2001 et surtout leur mise à l’abri de toute enquête, démontre que la version officielle de cet événement n’a rien à voir avec la vérité(11). Avec ce que nous voulons, ou devons tous croire, peut-être, mais pas avec la vérité.

Il n’est un secret pour personne (enfin, personne qui cherche et creuse) que la CIA a été créée par les financiers de Wall Street**. Si quelqu’un tousse à la Bourse(12) dans la Rue du Mur, ou à la City(13), la CIA, la NSA le savent et rendent compte à leurs maîtres. De tout.

Laissez-moi citer Noam Chomsky (14) : « Les gouvernements ont tenté, et tentent toujours, de s’unir autour du pouvoir économique. James Morgan décrit, dans le Financial Times de Londres, le ‘gouvernement mondial de facto’, qui prend forme dans le ‘nouvel âge impérial’, gouvernement constitué par le FMI(15), la Banque Mondiale, le groupe des 7, l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce-GATT (16)- et toute institution destinée à servir les intérêts des sociétés transnationales, des banques et des sociétés de placements. Ces institutions possèdent un atout enviable : leur imperméabilité aux influences populaires. »

Quand aux éléments militaro-industriels, indissociables du précédent, cherchez par vous-même les budgets qui leur sont consacrés, crise ou pas crise, et ces budgets de la guerre ne cessent d’augmenter, y compris sous la présidence du prix Nobel de la paix.

Les attentats du 11 septembre 2001 ont été pour certains, aux Etats-Unis et dans le monde, l’Offense suprême, le Crime impardonnable, définitivement, pour justifier ensuite de tuer même en tirant dans le dos, de kidnapper même en risquant de se tromper de suspect, de se proclamer Champion des démocraties tout en déchirant les conventions de Genève***, de torturer et de tuer de la façon la plus cruelle qui soit, de prendre des enfants, des vieillards, de les parquer comme nous ferions avec des animaux, de les couper de tout et de les exclure de toute Humanité.

Tout cela sans plus rendre aucun compte. Quelles que soient les commissions parlementaires de façade qui ne font que donner l’illusion d’une recherche de la vérité***. Dans le cas de l’agresseur, excusé et présenté comme la victime, il est naturel et normal de l’exposer comme une nation, un pays offensé et ayant droit à l’autodéfense et dans le cas de l’autre pays, il est naturel également de le réduire, lui, à une organisation terroriste, et, cette autre nation qui est pourtant bien plus que ça, de lui nier tout droit à l’autodéfense. « Le secrétaire d’Etat adjoint pour les droits de l’homme, Michael Posner, a reconnu que Richard Goldstone était une « personnalité distinguée », mais en précisant aussitôt que son rapport était « profondément erroné ». Il a expliqué que les Etats-Unis refusaient de « mettre sur le même plan moral un Etat démocratique comme Israël qui a le droit de se défendre et le Hamas, qui a répondu au retrait d’Israël de Gaza en terrorisant les civils dans le sud d’Israël ». Israël(en fait le Mossad) d’un côté. Le Hamas(en fait la Palestine) de l’autre. Un pays, noble, opposé à un repaire abject de terroristes et le tour est joué. http://www.humanrights-geneva.info/Washington-torpille-le-rapport,6683 . La Shoah…Les attentats du 11 septembre 2001…sont des événements effroyables où d’innocentes personnes ont payé de leur vie le prix de la sauvagerie humaine, personne ne peut humainement remettre cela en question. Mais les conséquences ont été les mêmes et se servir d’une ignominie pour en commettre d’autres en s’imaginant au-dessus de toute critique, de tout compte à rendre, et que cela donne légalement tous les droits, est toujours un crime contre l’Humanité. Un crime peut-être plus grand encore.

Les attentats du 11 septembre ont été pour le complexe militaro-industrialo-financier étatsunien et du monde leur Shoah, qui elle est toujours pour le gouvernement israélien, la justification de leur impunité permanente face à leurs crimes insupportables.

Le Choc et Effroi. Cette doctrine sert certainement, ainsi que le développe brillamment Naomi Klein, à terroriser sa cible, son ennemi, pour, après, sans attendre, lui imposer notre volonté sans plus aucune difficulté. La doctrine du capitalisme destructeur.

Je soutiens qu’il en existe une variante, tout aussi terrifiante. Barbare et inhumaine. Une forme interne, en quelque sorte : un ébranlement émotionnel excessif, qu’il soit provoqué ou non, ciblant les nôtres, nos enfants à nous, et utilisé pour défendre, appuyer, justifier, ensuite, les comportements les plus inhumains qui soient. Tout devenant excusable, grâce à cette Offense. Sans ce choc, cet effroi subi de l’intérieur, des populations, des ministres, des politiciens, des représentants, des congressistes des journalistes, des familles…des humains, n’auraient jamais supporté, et ne supporteraient jamais, encore aujourd’hui, de telles conduites, celles de nos gouvernements actuels agressifs, arrogants et destructeurs.

Le Choc et l’Effroi sont le vrai moteur du monde, partout et tout le temps, ce sont la peur et la haine attisées par ceux qui nous dominent, tantôt pour vaincre les populations envahies, tantôt pour avoir le soutien des leurs et de leurs électeurs. Profiter du moment de stress et d’émotion intense, quand il est encore à son maximum, pour commettre l’impardonnable, l’injustifiable et espérer s’en sortir sans jamais devoir, un jour, en répondre.

Si les populations pouvaient se renseigner, s’informer et ouvrir les yeux sur ces manipulations, elles pourraient réaliser qu’elles ont bien plus à craindre de ces techniques que de n’importe quelle organisation terroriste, et ainsi, se prémunir de toute cette peur.



Notes

(1) Bud Edney, « Appendix A : Thoughts on Rapid Dominance”, dans Harlan K. Ullman et James P. Wade, Shock and Awe. Achieving Rapid Dominance, NDU Press Book, Washington, DC, 1996, p.110.

(2 )Journaliste, essayiste, réalisatrice, diplômée de la London School of Economics, Naomi Klein est l’auteur de NO LOGO, et de LA STRATEGIE DU CHOC, la montée d’un capitalisme du désastre Ed Leméac/Actes Sud ISBN 978-2-7427-7544-6.

(3) La plupart des soldats irakiens se rendront sans résistance.

(4) Rapport Goldstone (condamnation ONU des crimes de guerre par Israël et le Hamas à Gaza, pour l’offensive Plomb Durci, 2008-2009) : http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2797&var_recherche=rapport+Goldstone

(5) Shlomo Sand http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2258

(6) Noam Chomsky : le champ du possible : Dialogue sur le conflit israélo-palestinien, ADEN, 2008.

(7) Eric Laurent, Webster Tarpley, Daniele Ganser, Thierry Meyssan, David Ray Griffin, Jürgen Elsässer, Nafeez Mosaddeq Ahmed, Noam Chomsky, Jean Bricmont, Naomi Klein…

(8) SAIC : Science Applications International Corporation http://www.dailymotion.com/video/x5zbuh_la-saic-ou-la-cia-xxl_news

(9) NSA, National Security Agency http://fr.wikipedia.org/wiki/National_Security_Agency

(10) OTAN Organisation du Traité de l’Atlantique Nord, http://fr.wikipedia.org/wiki/Organisation_du_trait%C3%A9_de_l'Atlantique_Nord

(11) Nafeez Mossadeq Ahmed, La Guerre contre la Vérité, 11 septembre, désinformation et anatomie du terrorisme, éd. DemiLune collection Résitances, 2006.

(12) http://fr.wikipedia.org/wiki/Wall_Street

(13) http://fr.wikipedia.org/wiki/Cit%C3%A9_de_Londres

(14) Noam Chomsky, Un Monde Complètement Surréel, le contrôle de la pensée publique, Ed LUX, 2003, p.24.

(15) FMI Fonds Monétaire International

(16) GATT, ancêtre de l’OMC, Organisation Mondiale du Commerce.

* Robert Faurisson http://www.erichufschmid.net/HoloHoax/Faurisson-video-mars2007-F.html

** http://www.fromthewilderness.com/free/economy/dontblink.html

Remember - The National Security Act of 1947, which created the CIA, was written by Wall Street lawyer and banker Clark Clifford. Clark Clifford is the man who brought the CIA backed drug bank BCCI into the United States. Allen Dulles who virtually designed the CIA and served as its Director, and his brother John Foster who was Eisenhower's Secretary of State, were Wall Street lawyers from the firm Sullivan and Cromwell. Dwight Eisenhower's personal liaison with the CIA was none other than Nelson Rockefeller. William Casey was Chairman of the Securities and Exchange Commission under Richard Nixon. Former CIA Directors from William Raborn to William Webster to Robert Gates to James Woolsey to John Deutch all sit or have sat on the Boards of the largest, richest and most powerful companies in America.

***A VOIR : “Made in USA”.


Pascal Sacré est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca. Articles de Pascal Sacré publiés par Mondialisation.ca

http://pcfcapcorse.over-blog.com/article-debat-la-double-utilite-du-choc-et-de-l-effroi-40069703.html




 
lundi 23 novembre 2009
 

I am Israel - Je suis Israël (traduction)


je suis venu sur une terre sans peuple pour un peuple sans terre. Ceux qui se trouvaient là, n’avaient pas le droit d’y être et mon peuple leur a montré qu’ils devaient partir ou mourir ; j’ai rasé 480 villages palestiniens et j’ai effacé leur histoire.



Lundi 23 Novembre 2009

I am Israel - Je suis Israël (traduction)

Je suis Israel. Écrit par Hashem Said le 25 février 2002. Vidéo :Jihane, le 4 septembre 2009. Hashem Said fait partie de la direction du groupe d’étudiants palestiniens Hayaat à l’université de Wisconsin(UW).
Traduction du script :
Je suis Israël- je suis venu sur une terre sans peuple pour un peuple sans terre. Ceux qui se trouvaient là, n’avaient pas le droit d’y être et mon peuple leur a montré qu’ils devaient partir ou mourir ; j’ai rasé 480 villages palestiniens et j’ai effacé leur histoire.
Je suis Israël – certains parmi mon peuple ont commis des massacres et sont devenus plus tard premier ministre pour me représenter. En 1948, Menachem Begin était responsable de l’unité qui a massacré les habitants de Deir Yassin, soit 100 hommes, femmes et enfants. En 1953, Ariel Sharon a dirigé le massacre des habitants de Qibya, et en 1982 il a fait en sorte que nos alliés tuent environ 2000 personnes dans les camps de réfugiés de Sabra et Chatila.
Je suis Israël – taillé en 1948 dans 78 % de la terre de Palestine, dépossédant ses habitants pour les remplacer par des juifs venus d’Europe et d’autres parties du monde. Alors que ceux dont les familles ont vécu sur cette terre pendant des milliers d’années ne sont pas autorisés à rentrer, des juifs du monde entier deviennent instantanément des citoyens.
Je suis Israël – en 1967, j’ai englouti les terres restantes de Palestine – la Cisjordanie et Gaza – et j’ai soumis leurs habitants à un régime militaire d’oppression ; je les ai contrôlés et humiliés dans tous les aspects de leur vie quotidienne. Ils devraient finalement comprendre qu’ils ne sont pas invités à rester et qu’ils devraient rejoindre les millions de réfugiés palestiniens dans les bidonvilles du Liban et de la Jordanie.
Je suis Israël – j’ai le pouvoir de contrôler la politique étasunienne. Mon comité des affaires publiques israélo-américaines (AIPAC) peut fabriquer ou détruire à son gré n’importe lequel des politiciens et comme vous le voyez, ils se bousculent pour me plaire. Toutes les forces du monde sont sans pouvoir contre moi, y compris les Nations unies puisque j’ai le veto étasunien pour bloquer toute condamnation de mes crimes de guerre. Comme l’a si bien dit Sharon, nous contrôlons les USA.
Je suis Israël – j’influence aussi les médias étasuniens dominants et les nouvelles sont toujours taillées en ma faveur. J’ai investi des millions de dollars dans les relations publiques, et CNN, le New York Times et d’autres ont fait du très bon travail pour promouvoir ma propagande. Regardez les autres sources de nouvelles internationales et vous verrez la différence.
Je suis Israël – et vous, Palestiniens, vous voulez négocier la paix !? Mais vous n’êtes pas aussi malins que moi ; je vais négocier, mais je ne vous laisserai que vos municipalités tandis que moi je contrôlerai vos frontières, votre eau, votre espace aérien et tout ce qui peut être important. Pendant que nous négocions, j’avalerai vos collines et je les remplirai de colonies peuplées par les plus extrémistes de mes extrémistes, armés jusqu’aux dents. Ces colonies seront reliées par des routes que vous ne pouvez pas emprunter et vous serez coincés entre elles dans vos petits bantoustans, entourés de check-points dans tous les sens.
Je suis Israël - j’ai la quatrième armée la plus puissante du monde et j’ai des armes nucléaires. Comment vos enfants osent-ils confronter mon oppression avec des pierres ? Ne savez-vous pas que mes soldats n’hésiteront pas à leur faire sauter le crâne ? En 17 mois, j’ai tué 900 d’entre vous et j’en ai blessé 17 000, des civils pour la plupart, et j’ai tout loisir de continuer puisque la communauté internationale garde le silence. Ignorez, comme je le fais, les centaines de soldats israéliens qui refusent maintenant d’appliquer mon contrôle sur votre terre et votre peuple ; la voix de leur conscience ne vous protégera pas.
Je suis Israël - et vous voulez la liberté ? J’ai des munitions, des tanks, des missiles, des Apaches et des F-16 pour vous effacer. J’ai placé vos villes sous siège, j’ai confisqué vos terres, déraciné vos arbres, démoli vos maisons et vous exigez toujours la liberté ? Vous n’avez pas compris ? Vous n’aurez jamais ni paix ni liberté parce que Je suis Israël .


Source: http://anniebannie.net/2009/11/21/i-am-israel-2/
 
vendredi 20 novembre 2009
 
Le budget du Pentagone : le plus élevé de tous les temps et en augmentation constante
Sara Flounders

Le 28 octobre, le président Barack Obama a signé le décret d’autorisation de la Défense pour 2010, c’est-à-dire le plus gros budget militaire de l’histoire des EU. Il n’est pas seulement le plus gros budget militaire au monde, il est en même temps plus important que l’ensemble des dépenses militaires du reste de la planète.

Et, d’année en année, il ne cesse de croître. Le budget militaire de 2010 – qui ne couvre même pas toute une série de dépenses ayant trait à la guerre – a été fixé à 680 milliards de dollars. En 2009, il était de 651 milliards alors qu’en 2000, il n’était encore que de 280 milliards. Il a donc plus que doublé en dix ans.

Quel contraste avec la question des soins de santé !

Le Congrès américain a ergoté autour d’un plan des soins de santé de base – une chose que possèdent tous les autres pays industrialisés sous une forme ou une autre – durant plus de six mois. Il y a eu d’intenses pressions de la part des compagnies d’assurances, des menaces de la droite et des mises en garde sévères : le plan des soins de santé ne pourrait accroître le déficit d’un seul cent.

Pourtant, au beau milieu de ce débat d’une importance vitale pour les soins médicaux des millions de travailleurs et de pauvres qui ne bénéficient d’aucune couverture de soins, une subvention gargantuesque aux plus importantes des sociétés américaines a été adoptée sans qu’il y ait pratiquement de discussion et d’articles dans la presse, alors que la chose concerne des contrats militaires et des systèmes d’armement, lesquels génèrent chaque fois de véritables déficits.

L’organisation Médecins pour un programme national de santé estime qu’un plan de santé entièrement financé par l’État coûterait 350 milliards de dollars par an, ce qui, en fait, équivaudrait au montant économisé avec l’élimination de tous les frais administratifs de l’actuel système privé de soins de santé – un système qui exclut presque 50 millions de personnes.

Comparez cela aux dépassements du budget militaire chaque année. Même le président Obama a déclaré, en signant le budget du Pentagone : « Le Bureau gouvernemental des comptes (GAO - Government Accountability Office), a examiné 96 importants projets de défense de l’an dernier et a découvert que les dépassements totalisaient 296 milliards de dollars. » (voir : whitehouse.gov , 28 octobre 2009)

La pyramide de Ponzi à 50 milliards de dollars de Bernard Madoff, dont certains prétendent qu’elle est la plus grosse arnaque de l’histoire, semble minable, en comparaison. Pourquoi n’y a-t-il pas d’enquête pénale sur ce vol de plusieurs dizaines de milliards de dollars ? Où sont les questions du Congrès ou les manifestations d’hystérie médiatique sur ces 296 milliards de dépassements ? Pourquoi les PDG des sociétés ne sont-ils pas amenés menottés au tribunal ?

Les dépassements de frais font partie intégrante des subventions militaires aux plus grandes des sociétés américaines. Ils sont traités comme des affaires ordinaires. Qu’importe le parti au pouvoir, le budget du Pentagone grossit, les dépassements de frais grossissent et la proportion des dépenses domestiques rétrécit.

Accro à la guerre


Le budget militaire de cette année n’est que le dernier exemple de la façon dont l’économie américaine est maintenue à flot à l’aide de moyens artificiels. Des décennies de relance constante de l’économie capitaliste via le stimulus des dépenses de guerre ont créé une dépendance morbide vis-à-vis du militarisme, au point que les entreprises américaines ne peuvent plus s’en passer. Mais ce moyen n’a plus l’ampleur suffisante pour résoudre le problème capitaliste de la surproduction.

On a justifié ce coup de seringue annuel de plusieurs centaines de milliards de dollars en disant qu’il contribuerait à amortir ou à éviter complètement une récession capitaliste et à résorber le chômage. Mais rappelons la mise en garde du fondateur du Workers World Party, Sam Marcy, en 1980, dans « Generals Over the White House » (Les généraux sont au-dessus de la Maison-Blanche), lorsqu’il parlait d’une très longue période pendant laquelle ces stimulants allaient être de plus en plus nécessaires. Finalement, il se fait qu’ils ont un effet diamétralement opposé et qu’ils se muent en un dépresseur massif qui contamine et pourrit toute la société.

La racine du mal réside dans le fait que la technologie devient plus productive, que les travailleurs ont une part de plus en plus restreinte de ce qu’ils produisent. L’économie américaine dépend de plus en plus du stimulant des superprofits et des dépassements des coûts militaires (296 milliards de dollars !) pour absorber une part de plus en plus grande de ce qui est produit. C’est une partie essentielle de la redistribution constante de la richesse loin des poches des travailleurs et directement dans celles des gens richissimes.

Selon le Centre du contrôle des armements et de la non-prolifération, les dépenses militaires américaines sont aujourd’hui considérablement plus élevées, en dollars 2009 ajustés à l’inflation, qu’elles ne l’étaient au plus fort de la guerre de Corée (1952 : l’équivalent de 604 milliards de dollars actuels), de la guerre du Vietnam (1968 : 513 milliards) et de la mise sur pied de l’ère militaire sous Reagan, dans les années 80 (1985 : 556 milliards). Et, pourtant, cela ne suffit plus à maintenir l’économie américaine à flot.

Même en forçant les pays riches en pétrole dépendant des EU à devenir des nations débitrices via des achats sans fin d’armes, on ne pourra résoudre le problème. Plus de deux tiers de toutes les armes vendues dans le monde en 2008 provenaient de sociétés militaro-industrielles américaines. (Reuters, 6 septembre 2009)

Alors que, dans les années 30, un gigantesque programme militaire était en mesure de tirer l’économie américaine d’un effondrement dévastateur, sur une longue période, ce stimulant artificiel sape les processus capitalistes.

L’économiste Seymour Melman, dans des ouvrages comme « Pentagon Capitalism » (Le capitalisme pentagonal), « Profits without Production » (Des bénéfices sans produire), « The Permanent War Economy : American Capitalism in Decline » (Une économie de guerre permanente : le capitalisme américain en déclin), mettait en garde contre la détérioration de l’économie américaine et du niveau de vie de millions de personnes.

Melman et d’autres économistes progressistes étaient partisans d’une « conversion économique » rationnelle ou d’un passage de la production militaire à la production civile par les industries militaires. Ils expliquaient comment un seul bombardier B-1 ou un sous-marin Trident pouvait payer les salaires de milliers d’enseignants, fournir des bourses ou des soins ambulants ou reconstruire des routes. Cartes et graphiques montraient que le budget militaire emploie beaucoup moins de travailleurs que les mêmes sommes dépensées pour couvrir les besoins civils.

C’étaient toutes des idées valables et raisonnables, hormis le fait que le capitalisme n’a rien de rationnel. Dans sa pulsion insatiable à vouloir maximiser les profits, il choisira les aumônes du superprofit immédiat et laissera de côté même les meilleurs intérêts de sa survie à long terme.

Pas de « dividende de paix »

Les grands espoirs, après la fin de la guerre froide et l’effondrement de l’URSS, de voir des milliards de dollars se muer désormais en « dividendes de paix » se sont écrasés face à la croissance astronomique continue du budget du Pentagone. Cette pénible réalité a tellement démoralisé et submergé les économistes progressistes qu’on n’accorde quasiment plus d’attention aujourd’hui à la « conversion économique » ou au rôle du militarisme dans l’économie capitaliste, même s’il est infiniment plus important aujourd’hui qu’aux moments les plus forts de la guerre froide.

Les centaines de milliards de dollars des subventions militaires annuelles sur lesquelles ont compté les économistes bourgeois depuis la Grande Dépression pour amorcer la pompe et réenclencher une fois de plus le cycle de l’expansion capitaliste ne suffisent plus, aujourd’hui.

Une fois que les sociétés sont devenues dépendantes des centaines de milliards de dollars de subventions, leur appétit n’a plus connu de limites. En 2009, dans un effort pour écarter la liquéfaction complète de l’économie capitaliste mondiale, on a refilé plus de 700 milliards de dollars aux banques les plus importantes. Et ce n’a été que le début. Le renflouage des banques se chiffre aujourd’hui en milliers de milliards de dollars.

Même 600 ou 700 millions de dollars par an de dépenses militaires ne peut plus relancer l’économie capitaliste ni engendrer la prospérité. Pourtant, l’Amérique des entreprises ne peut s’en passer.

Le budget militaire s’est accru dans des proportions si importantes qu’il menace maintenant de submerger et de dévorer la totalité du budget social. Son poids réel met à plat les fonds nécessaires à chaque besoin humain. Les villes américaines s’écroulent. L’infrastructure des ponts, routes, barrages, canaux et tunnels se désintègre. Vingt-cinq pour cent de l’eau potable américaine est considérée de « piètre qualité ». Le chômage atteint officiellement 10 pour cent et, en réalité, il est le double de ce chiffre. Le chômage chez les jeunes Afro- et Latino-américains dépasse les 50 pour cent. Quatorze millions d’enfants aux EU vivent dans des ménages situés en dessous du niveau de pauvreté.

La moitié des dépenses militaires sont cachées

Le budget militaire annoncé pour 2010, 680 milliards de dollars, ne représente en réalité qu’environ la moitié du coût annuel des dépenses militaires américaines.

Ces dépenses sont si importantes qu’il y a un effort concerté pour cacher de nombreuses dépenses militaires dans d’autres éléments du budget. L ‘analyse annuelle de la Ligue des opposants à la guerre a répertorié les véritables dépenses militaires américaines pour 2009 et les a évaluées à 1.449 milliards de dollars, et non pas l’officiel budget de 651 milliards. Wikipedia, citant diverses sources, est arrivé à un budget militaire total de 1.144 milliards. Mais qu’importe qui compte, il ne fait absolument aucun doute que le budget militaire dépassée aujourd’hui les 1.000 milliards de dollars.

Le Projet des priorités nationales, le Centre d’information sur la Défense et le Centre du contrôle des armements et de la non-prolifération analysent et dénoncent de nombreuses dépenses militaires cachées qu’on a planquées dans certaines autres parties du budget total des EU.

Par exemple, les allocations des vétérans, qui totalisent 91 milliards de dollars, ne sont pas reprises dans le budget du Pentagone. Les pensions militaires (48 milliards au total) sont répertoriées dans le budget du département du Trésor. Le département de l’Énergie cache dans on budget 18 milliards de dollars de programmes d’armes nucléaires. Les 38 milliards du financement des ventes d’armes étrangères est compris dans le budget du département d’État (= ministère des Affaires étrangères). L’un des postes cachés les plus importants représente les intérêts des dattes encourues lors des guerres passées : 237 milliards et 390 milliards de dollars. C’est en réalité un subside sans fin aux banques et celles-ci sont étroitement liées aux industries militaires.

Chaque partie de ces budgets goitreux est censée augmenter de 5 à 10 pour cent par an, alors que le financement des États et des villes par le fédéral diminue annuellement de 10 à 15 pour cent, ce qui amène des crises de déficit.

Selon le Bureau de la gestion et du budget, 55 pour cent du budget total américain pour 2010 ira à l’armée. Plus de la moitié ! Pendant ce temps, des pans entiers des dotations fédérales aux États et villes sur le plan des services humains vitaux – écoles, formation des enseignants, programmes de soins à domicile, repas scolaires, entretien des infrastructures de base de la distribution d’eau potable, entretien des égouts, des ponts, des tunnels et des routes – diminuent à vue d’œil.

Le militarisme nourrit la répression

L’aspect le plus dangereux de la croissance de l’armée est la pénétration insidieuse de son influence politique dans tous les domaines de la société. C’est l’institution la plus éloignée du contrôle populaire et la plus encline à l’aventurisme militaire et à la répression. Des généraux retraités font une tournante dans les conseils d’administration des sociétés, deviennent des vedettes du crachoir dans les principaux organes médiatiques, des lobbyistes, conseillers et hommes politiques grassement payés.

Ce n’est pas une coïncidence si, non contents de posséder la plus importante machine de guerre du monde, les EU ont également la plus importante population carcérale de la planète. Le complexe carcéro-industriel est la seule industrie à connaître une croissance. Selon le Bureau de la statistique du département américain de la Justice, plus de 7,3 millions d’adultes étaient en probation, en liberté sur parole ou incarcérés en 2007. Plus de 70 pour cent des personnes incarcérées sont des Afro- ou Latino-américain(e)s, des Amérindiens et autres personnes de couleur. Les adultes noirs risquent quatre fois plus la prison que leurs homologues blancs.

Exactement comme pour l’armée, avec ses centaines de milliers de contractuels et de mercenaires, la frénésie à vouloir maximiser les profits a abouti à une privatisation croissante du système carcéral.

Le nombre de détenus a augmenté sans relâche. Il y a 2,5 fois plus de gens dans le système carcéral actuel qu’il y a 25 ans. Comme le capitalisme américain est de moins en moins en mesure de procurer des emplois, des formations à l’emploi ou un enseignement tout court, les seules solutions proposées sont les prisons ou l’armée, provoquant ainsi la désolation chez les individus ou au sein des familles et des communautés.

Le poids de l’armée pousse l’appareil répressif de l’État vers toutes les couches de la société. Il y a une augmentation énorme des polices en tous genres et d’innombrables agences de police et de renseignement.

Le budget de 16 agences de renseignement américaines atteignait 49,8 milliards de dollars, pour l’année fiscale 2009 : 80 pour cent de ces agences secrètes de renseignement sont des bras du Pentagone. (Associated Press, 30 octobre 2009). En 1998, ces dépenses étaient de 26,7 milliards de dollars. Mais ces agences ultrasecrètes ne sont pas reprises dans le budget militaire. Pas plus que les agences de répression de l’immigration et de contrôle des frontières.

Les forces armées américaines sont stationnées dans plus de 820 bases militaires disséminées dans le monde entier. Et ce chiffre n’inclut pas les centaines de bases louées, de postes clandestins d’écoute et ainsi que les centaines de navires et de sous-marins.

Mais plus la machine militaire prend de l’ampleur, moins il est possible de contrôler son empire mondial, parce qu’elle n’offre pas de solutions ni n’améliore les niveaux de vie. Les armes high tech du Pentagone peuvent lire une plaque minéralogique de voiture à partir d’un satellite de surveillance, leurs lunettes de lecture nocturne peuvent pénétrer l’obscurité la plus profonde et leurs drones peuvent incendier un village isolé. Mais elles sont incapables de fournir de l’eau potable, des écoles ou la stabilité aux nations qu’elles attaquent.

En dépit de toutes ces armes du Pentagone à la technologie fantastique, la position géopolitique américaine se dégrade d’année en année. En dépit de sa puissance de feu massive et de son armement à la pointe de l’art, l’impérialisme américain a été incapable de reconquérir les marchés mondiaux et la position du capital financier américain. L’économie et l’industrie des EU ont été entraînées vers le gouffre par le simple poids du maintien en état de la machine militaire. Et, comme l'a montré la résistance en Irak et en Afghanistan, cette machine ne peut rivaliser avec la détermination des peuples à vouloir contrôler eux-mêmes leur propre avenir.

Puisque la puissante économie capitaliste américaine n’est capable que de proposer de moins en moins aux travailleurs d’ici, aux EU, il est certain que ce niveau de résistance déterminée va s’enraciner également.

Source: Workers World

Traduit par Jean-Marie Flémal pour Investig'Action

Images:
1- Rencontre de George W. Bush et de Barack Obama dans le bureau ovale de la Maison blanche , le 10 novembre 2008 par Eric Draper
2- Bombardier B52 par USAF
3- Latuff

 
mercredi 11 novembre 2009
 
La géopolitique derrière la guerre bidon des États-Unis en Afghanistan


Mondialisation.ca, Le 3 novembre 2009








L’un des aspects les plus remarquables du programme présidentiel d’Obama, c’est que, dans tous les États-Unis, peu de gens ont remis en question, dans les médias ou ailleurs, la raison de l’engagement du Pentagone dans l’occupation militaire de l’Afghanistan.
Il existe deux raisons fondamentales, dont aucune ne peut être dévoilée ouvertement au grand public.

Derrière tous les débats officiels trompeurs sur le nombre de troupes nécessaires pour « gagner » la guerre en Afghanistan, si 30 000 soldats de plus sont suffisantes ou si le besoin est au moins 200 000, le but réel de la présence militaire étasunienne dans ce pays pivot d'Asie centrale est éclipsé

Pendant sa campagne présidentielle de 2008, le candidat Obama a même affirmé que l'Afghanistan, et non pas l'Irak, est l’endroit où les États-Unis doivent faire la guerre. Sa raison ? Parce que, selon lui, c'est là que l'organisation Al-Qaïda est retranchée et c’est la « vraie » menace pour la sécurité nationale. Les raisons de l'implication étasunienne en Afghanistan sont tout à fait différentes.

L'armée US occupe l'Afghanistan pour deux raisons : principalement pour rétablir et contrôler la plus grande fourniture mondiale d’opium des marchés internationaux de l'héroïne et utiliser la drogue comme arme contre ses adversaires sur le plan géopolitique, tout particulièrement, la Russie. Le contrôle du marché de la drogue afghane est capital pour les liquidités de la mafia financière en faillite et dépravée de Wall Street.

La géopolitique de l'opium afghan

D’après un rapport officiel de l'ONU, la production d'opium afghan a augmenté de façon spectaculaire depuis la chute du régime taliban en 2001. Les données du Bureau des drogues et des crimes des Nations-Unies montrent qu’il y a eu plus de cultures du pavot pendant chacune des quatre dernières saisons de croissance (2004-2007), qu’en une année sous le régime taliban. Plus de terres sont dédiées à l'opium à présent en Afghanistan que pour la culture du coca en Amérique latine. En 2007, 93% des opiacés du marché mondial provenaient d'Afghanistan. Ce n'est pas par hasard.

Il a été démontré que Washington à choisi soigneusement le controversé Hamid Karzaï, un chef de guerre pachtoune de la tribu Popalzai, longtemps au service de la CIA, revenu de son exil aux États-Unis, fabriqué comme une mythologie hollywoodienne autour de sa « courageuse autorité sur son peuple. » Selon des sources afghanes, Hamid Karzaï est aujourd'hui le « Parrain » de l'opium afghan. Ce n’est apparemment pas par hasard s’il a été et reste aujourd'hui encore l'homme préféré de Washington à Kaboul. Pourtant, même avec l'achat massif de votes, la fraude et d'intimidation, les jours de Karzaï en tant que président pourraient se terminer.

Longtemps après que le monde a oublié qui est le mystérieux Oussama Ben Laden et ce qu'est Al Qaida, sa prétendue organisation terroriste, -- ou se demande même s'ils existent -- la seconde raison de la fixation de l’US army en Afghanistan apparait comme un prétexte pour créer une force de frappe militaire étasunienne permanente avec un série de bases aériennes fixes en Afghanistan. L'objectif de ces bases n'est pas de faire disparaître les cellules d'Al Qaïda qui pourraient avoir survécu dans les grottes de Tora Bora ou d'éradiquer un « taliban » mythique, qui, selon des rapports de témoins oculaires, est en ce moment composé majoritairement d’habitants afghans ordinaires en lutte une fois encore pour débarrasser leurs terres des armées occupantes, comme ils l’ont fait dans les années 80 contre les Soviétiques.

Pour les États-Unis, la raison des bases afghanes, c’est d’avoir dans leur ligne de mire et d’être capables de frapper les deux nations du monde qui, réunies, constituent aujourd'hui la seule menace à leur pouvoir suprême sur le monde, à l’America's Full Spectrum Dominance (domination US sous tous ses aspects), comme l’appelle le Pentagone.

La perte du « Mandat Céleste »

Le problème pour les élites* au pouvoir à Wall Street et à Washington, c’est le fait qu'ils soient désormais enlisés dans la plus profonde crise financière de leur histoire. Cette crise est indubitable pour le monde entier, et le monde agit en faveur de sa propre survie. Les élites étasuniennes ont perdu ce qui est connu dans l'histoire impériale chinoise sous le nom de Mandat Céleste. Ce mandat est donné à un souverain ou à une élite régnante à condition qu'ils dirigent leur peuple avec justice et équité. Quand ils règnent tyranniquement et comme des despotes, en opprimant leur peuple et en en abusant, ils perdent ce Mandate Céleste.

Si les puissantes élites riches du privé qui ont contrôlé les politiques essentielles, financière et étrangère, la plupart du temps au siècle dernier au moins, ont eu un jour le mandat céleste, il est évident qu'elles l’ont perdu. L'évolution interne vers la création d'un État policier injuste, avec des citoyens privés de leurs droits constitutionnels, l'exercice arbitraire du pouvoir par des non élus, comme le ministre des Finances Henry Paulson et maintenant Tim Geithner, qui volent des billions de dollars du contribuable sans son consentement pour renflouer de la banqueroute les plus grandes banques de Wall Street, des banques jugées « trop grosses pour couler, » tout cela démontre au monde qu'elles ont perdu le mandat.

Dans cette situation, les élites au pouvoir sont de plus en plus désespérées de maintenir leur contrôle sur un empire mondial parasitaire, faussement appelé « mondialisation » par leur machine médiatique. Pour maintenir leur domination, il est essentiel que les États-Unis soient capables de rompre toute coopération naissante dans le domaine économique, énergétique ou militaire, entre les deux grandes puissances de l'Eurasie qui, en théorie, pourraient présenter une menace au futur contrôle de l’unique superpuissance : la Chine associée à la Russie.

Chaque puissance eurasienne complète le tableau de contributions essentielles. La Chine est l'économie la plus robuste du monde, une énorme main-d'œuvre jeune et dynamique, une classe moyenne éduquée. La Russie, dont l'économie ne s'est pas remise de la fin destructrice de l'ère soviétique et des grossiers pillages au cours de l'ère Eltsine, possède toujours des atouts essentiels pour l’association. La force de frappe nucléaire de la Russie et son armée présentent la seule menace dans le monde d'aujourd'hui à la domination militaire des États-Unis, même si ce sont en grande partie des reliquats de la Guerre Froide. Les élites de l'armée russe n'ont jamais renoncé à ce potentiel.

La Russie détient également le plus grand trésor du monde en gaz naturel et d’immenses réserves pétrolières dont la Chine a impérieusement besoin. Ces deux puissances convergent de plus en plus à travers une nouvelle organisation créée par elles en 2001, connue sous le nom d'Organisation de Coopération de Shanghai (OCS). En plus de la Chine et de la Russie, l’OCS inclut les plus grands pays d'Asie centrale, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan.

Le but allégué de la guerre des États-Unis contre à la fois les talibans et Al Qaïda, consiste en réalité à installer leur force de frappe militaire directement en Asie centrale, au milieu de l'espace géographique de l'OCS montante. L'Iran est une diversion. La principale cible, c’est la Russie et la Chine.

Officiellement, Washington affirme bien sûr avoir établi sa présence militaire en Afghanistan depuis 2002 pour protéger la « fragile » démocratie afghane. C'est un argument singulier, quand on voit la réalité de sa présence militaire là-bas.

En décembre 2004, lors d'une visite à Kaboul, le ministre de la Guerre Donald Rumsfeld a finalisé ses projets de construction de neuf nouvelles bases en Afghanistan, dans les provinces de Helmand, Herat, Nimrouz, Balkh, Khost et Paktia. Les neuf se rajoutent aux trois bases militaires principales déjà installées à la suite de l’occupation de l'Afghanistan pendant l'hiver de 2001 à 2002, prétendument pour isoler et éliminer la menace terroriste d'Osama Ben Laden.

Le Pentagone a construit ses trois premières bases sur les aérodromes de Bagram, au nord de Kaboul, son principal centre logistique militaire ; de Kandahar, dans le sud de l'Afghanistan ; et de Shindand, dans la province occidentale de Herat. Shindand, sa plus grande base afghane, est construite à seulement 100 kilomètres de la frontière iranienne, et à distance de frappe contre la Russie et la Chine.

L'Afghanistan est historiquement au cœur du grand jeu anglo-russe, la lutte pour le contrôle de l'Asie centrale au 19ème siècle et au début du 20ème. La stratégie britannique était alors d'empêcher à tout prix la Russie de contrôler l'Afghanistan, ce qui aurait été une menace pour le joyau de la couronne impériale britannique, l’Inde.

L'Afghanistan est de même considéré par les planificateurs du Pentagone comme hautement stratégique. Il constitue une plate-forme d’où la puissance militaire étasunienne pourrait menacer directement la Russie et la Chine, ainsi que l'Iran et les autres riches pays pétroliers du Moyen-Orient. Peu de choses ont changé sur le plan géopolitique en plus d'un siècle de guerres.

L'Afghanistan se trouve sur une position extrêmement vitale, à cheval sur l'Asie du Sud, l'Asie centrale et le Moyen-Orient. L'Afghanistan est aussi situé le long de l’itinéraire envisagé pour le pipeline pétrolier, depuis les champs pétrolifères de la mer Caspienne jusqu’à l'océan Indien, où la société pétrolière étasunienne, Unocal, avec Enron et Halliburton de Cheney, avaient été en négociation pour les droits exclusifs du gazoduc d’acheminement du gaz naturel du Turkménistan à travers l'Afghanistan et le Pakistan, vers l’énorme centrale électrique à gaz naturel d’Enron à Dabhol près de Mumbai (Bombay). Avant de devenir le président fantoche des États-Unis, Karzai avait été un lobbyiste d'Unocal.

Al Qaïda n'existe pas en tant que menace

La vérité, concernant toute cette tromperie autour du but réel en Afghanistan, devient claire si on examine de plus près la prétendue menace d’« Al Qaïda » là-bas. Selon l'auteur Erik Margolis, avant les attentats du 11 septembre 2001, le Renseignement étasunien accordait assistance et soutien à la fois aux talibans et à Al Qaïda. Margolis affirme que « La CIA projetait d'utiliser Al Qaïda d’Osama Ben Laden pour inciter à la révolte les Ouïgours musulmans contre la domination chinoise, et les talibans contre les alliés de la Russie en Asie centrale. »

Les États-Unis ont manifestement trouvé d'autres moyens pour soulever les Ouïgours musulmans contre Pékin en juillet dernier, par l’intermédiaire de leur soutien au Congrès mondial ouïghour. Mais la « menace » d’Al Qaida demeure le pivot d’Obama pour justifier l’intensification de sa guerre en Afghanistan.

Mais, à présent, James Jones, le conseiller en sécurité nationale du Président Obama, ancien général de Marine, a fait une déclaration, enterrée opportunément par les aimables médias étasuniens, sur l’évaluation de l’importance du danger représenté actuellement par Al Qaïda en Afghanistan. Jones a déclaré au Congrès, « La présence d'Al Qaïda est très réduite. L'évaluation maximale est inférieure à 100 exécutants dans le pays, aucune base, aucune capacité à lancer des attaques contre nous ou nos alliés. »

À toutes fins utiles, cela signifie qu’Al Qaïda n'existe pas en Afghanistan. Diable...

Même au Pakistan voisin, les restes d'Al Qaïda ne sont presque plus décelables. Le Wall Street Journal signale : « Chassés par les drones étasuniens, en proie à des problèmes d'argent, et trouvant plus de difficultés à attirer les jeunes Arabes dans les montagnes sombres du Pakistan, Al Qaïda voit son rôle rapetisser là-bas et en Afghanistan, selon des rapports du Renseignement et des responsables pakistanais et étasuniens. Pour les jeunes arabes qui sont les principales recrues d’Al Qaida, ‘’il n'est pas romantique d’avoir froid et faim et de se cacher’’, a déclaré un haut responsable étasunien en Asie du Sud. »

Si nous comprenons les conséquences logiques de cette déclaration, nous devons donc conclure que la raison pour laquelle de jeunes soldats allemands et d'autres de l'OTAN meurent dans les montagnes afghanes n'a rien à voir avec « gagner une guerre contre le terrorisme. » Opportunément, la plupart des médias choisissent d'oublier le fait qu’Al Qaïda, dans la mesure où cette organisation a existé, était une création de la CIA dans les années 80. Elle recrutait et formait à la guerre des musulmans radicaux de la totalité du monde islamique contre les troupes russes en Afghanistan, dans le cadre d'une stratégie élaborée par Bill Casey, chef de la CIA sous Reagan, et d'autres, pour créer un « nouveau Viêt-nam » pour l'Union Soviétique, qui aboutirait à la défaite humiliante de l'Armée Rouge et l'effondrement final de l'Union Soviétique.

James Jones, le patron du National Security Council, reconnaît à présent qu'il n'y a pratiquement personne d’Al Qaida en Afghanistan. Peut-être serait-il temps d’une explication plus honnête de nos dirigeants politiques sur la véritable raison de l'envoi d’autres jeunes en Afghanistan, pour mourir en protégeant les récoltes d'opium.

Ndt : Le mot élite est un euphémisme de plus en plus utilisé ces derniers temps pour désigner un individu qu’aucune valeur humaine n’embarrasse dans la réalisation de ses ambitions. C’est devenu un synonyme de psychopathe.



Article original en anglais : America's Phoney War in Afghanistan, publié le 21 octobre 2009.


Traduction : Pétrus Lombard


F. William Engdahl est l'auteur de plusieurs ouvrages en anglais dont deux sont traduits en français :

OGM : Semences de destruction : L’arme de la faim
(le livre original en anglais, Seeds of destruction)



et Pétrole, une guerre d'un siècle : L'ordre mondial anglo-américain. Il est joignable depuis son site.

Pour contacter l'auteur : www.engdahl.oilgeopolitics.net

F. William Engdahl est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca. Articles de F. William Engdahl publiés par Mondialisation.ca

 
dimanche 8 novembre 2009
 

Le coup du cargo,ou le coup fumant d'Israel


Source Agoravox
Auteur:Morice

Moi qui m’apprêtai à vous parler à nouveau cargo, et bien vous allez être servis. Vous vous attendiez à ce que je vous reparle de l’Artic Sea ? Hé bien non, ce ne sera pas encore pour cette fois (les enquêtes sont longues, vous savez, parfois, mais rassurez-vous, ça avance, on en découvre tous les jours à son propos !). Non cette fois-ci c’est d’un autre scoop dont je vais vous faire part : celui de l’arrestation en pleine mer d’un cargo contenant plusieurs tonnes d’armement iranien, paraît-il, par la marine israélienne. Vous en avez peut-être déjà vu les images, assez impressionnantes, de l’amas de munitions débarqué à Ashdod et fièrement montré à la face du monde par les israéliens, ravis de l’aubaine. Fort impressionnante cargaison, bien plus importante que celle du Karina, et qui donne droit bien entendu à tous les superlatifs côté israélien : "plusieurs centaines de tonnes de munitions", "l’équivalent de ce qu’à dépensé le hezbollah pendant la guerre du liban en 2006", "dix fois plus que le Karina", etc . Il est vrai que la prise est véritablement de taille et remplit une bonne partie des quais. Evidemment, obligatoirement, les armes à son bord sont iraniennes, nous assène immédiatement Galei Tsahal, la radio militaire israélienne. Avec ça, se dit-on, les iraniens sont faits comme des rats ! Pris en flagrant délit de trafic ! Mouais. A part que tous les journalistes ont oublié une chose primordiale dans cette affaire : le bateau d’où a été débarqué cette imposante cargaison d’armes n’est pas celui qui à l’origine était soi-disant parti d’un port iranien, son affrètement est allemand et chypriote, avec l’active participation d’une société.. israélienne. A partir de là, l’histoire de la prise miraculeuse des israéliens s’effondre quelque peu en effet, et ce n’est pas la seule chose comme nous allons le voir. Et autant le dire, c’est donc bien un scoop que je vous révèle aujourd’hui : derrière ce qu’on vous a raconté, il y a bien une autre histoire de cachée. Celle d’une belle opération de "cover-up" israélienne de grande dimension, mais ratée. Ici-même, saluons Leila, qui l’avait pressentie la première. Pour ma part, j’ai relevé dans les louanges israéliennes ce bien étrange propos : "A noter l’étrange silence des médias français, en particulier les journaux télévisés, qui ont choisi de faire l’impasse sur cette saisie israélienne." Les télévisions françaises se sont-elles méfiées par réflexe ? L’histoire était-elle trop belle pour être vraie ? Ou l’armée israélienne, en voulant contrôler toutes les images, a-t-elle voulu trop en faire ?

En tout cas, tout de suite, des détails laissent pantois. Visiblement, le nom du bateau,"Francop" a été surapposé récemment, sur une retouche de peinture hyper-visible. Le bateau avant de débarquer à Ashdod, a clairement reçu des retouches de peinture, dont certaines autour de son nom : voilà qui intrigue d’emblée. Ce "nouveau" nom n’est autre pourtant que celui du quartier de la ville hanséatique de Hambourg, dans le canton de Harburg. Or, le bateau évolue sous ce nom depuis 2006 au moins, où on l’avait déjà moult fois photographié.. qu’a-t-on voulu faire ? Rendre le nom plus visible pour les télévisions ? Ou a-t-on repeint un autre navire similaire ? En réalité, il a eté lancé en 2003... et sa robe a en effet quelque peu varié selon le temps : il a été successivement gris, puis bleu et rouge (jusqu’en 2008), puis à nouveau gris. Il aurait changé de couleur en février 2009 comme le montrent deux clichés successifs. Ok pour la livrée, mais ce navire n’a pas toujours porté le même nom. Sorti du chantier Sietas Schiffswerft, J J, il portait le N°1166, avant de devenir le Tavastland , reconnaissable à sa cheminée déportée sur la gauche à l’arrière... En 2003, le voilà donc déjà gris... (avant de redevenir bleu ? puis à nouveau gris ?) et on le retrouve ainsi aux mains de la société Reederei Gerd Bartels, basée à Neu Wulmstorf (la très proche banlieue de Hambourg). Le navire a connu peu d’incidents, à part celui du 13 juin 2004, ou, en remontant le canal de Kiel, son moteur ayant eu des ratés, le navire toucha le fond et dû être remorqué. Le navire n’est pas qu’un simple porte container, il possède une cale interne : il peut aussi transporter autre chose, comme du bois... sur son pont particulier, car c’est aussi un bateau à cales, aux portes servant de ponton. En 2006, il fit ainsi le trajet de St Pétersbourg, au nom de la Russian Wood Alliance, le 3 mars 2006, de PETROZAVODSK, pour porter 13 lots de bois aux Etats-Unis, à la MIDLANTIC PULP PAPER ... affrété alors par la compagnie CHINA SHPG CONTAINER LINE. Un lot de bois au dessus d’une cale creuse, voilà qui n’est pas sans rappeler les aventures d’un bateau fort ressemblant : l’Artic Sea, un vraquier resté célèbre depuis (et qui est resté des semaines avec ces bâches dans le port de Malte) ! . L’un des frères jumeaux du Tavasland, l’OOCL NEVA, lui aussi au sein de la flotte de Bartels (composée de 4 navires seulement à l’époque !) s’occupant plutôt de la Baltique à partir d’Hambourg, toujours, remontant jusqu’à Kaliningrad où il a été vu parfois (comme l’Article Sea !). Associés, Reederei Gerd & Mirko Bartels détiennent aussi le Charlotta, de la CMA/CGM.

Le troisième navire de la société Bartels est encore plus intéressant : c’est le Jessica B, construit en 2000 et ressemblant assez au Francop, à 4 m de longueur près et a sa cheminée dans l’axe et un mât avant plus grand. Or Lui s’est aussi appelé en 2001, le Lucy Borchard. Sur plusieurs registres, étrangement, ce bateau porte aussi la mention "current name : Francop". Voilà qui est bien intriguant. Les navires sont répertoriés par des numéros ou un code, ici les V2DJ5 et VQEC9 respectivement, et ils peuvent effectivement changer de nom... en gardant le même identifiant (ce qui permet de suivre leur carrière). Or le Lucy Borchard porte le V2BH2 comme autre indicatif. Sur un autre cliché datant de 2007 cette fois, le Lucy Borchard a perdu son mât plus grand et présente sa cheminée exactement comme celle du... Francop, et son bateau de sauvetage est passé à droite et non plus à gauche... qu’est-ce donc que ce navire dont l’aspect change ? A-t-il reçu après son accident de 2005 des modifications ? Impossible à retrouver les dates de ces possibles remaniements. Toujours est-il qu’un des bateaux nommés Borchard appartenait bien à la société Bartels, et que les deux navires sont devenus identiques par on ne sait quel mystère... Bartels-Borchard, les liens semblent bien établis, et certains de leurs bateaux.... interchangeables.

Les deux navires se ressemblent énormément, il est vrai. Mais il n’y a pas que cela d’intrigant : leurs propriétaires respectifs semblent bien se connaître, et celui du Lucy Borchard présente une histoire assez passionnante. Mais avant, remarquons que le 1er novembre 2009, ce fameux Lucy Borchard, justement, est arrivé à.... Ashdod, en provenance de Limassol (Chypre), les bateaux de la société Borchard faisant un trajet bien particulier en Méditerranée. En allant sur le site de Borchard Lines, on est en effet édifié tout de suite : en cliquant sur le bouton "West Mediterraneen", on comprend tout de suite.. le trajet d"un bateau de cette ligne passe par... Barcelone, Marseille et Gênes, fonce vers Limassol, descend vers Ashdod, remonte vers Haifa, redescend vers Alexandrie... et repart à Barcelone. Dans l’autre sens, on a bien un Haifa-Ashdod à un moment, ou de toute façon un Limassol-Ashdod bien pratique semble-t-il, auquel ne manque qu’une adresse : Marriette. Le Jessica B, ancien nom du Lucy Borchard est bien connu des autorités françaises, qui ont dû s’en occuper le 6 juin 2005 lorsqu’il a tamponné au large du Cross de Jobourg, un cargo russe, le Yamal. Il était en route pour Dublin, où il a fini par arriver, l’étrave abîmée . Le Yamal, navire poubelle russe étant plus atteint a dû être escorté par l’ABEILLE LANGUEDOC.

L’histoire des Borchard est liée à la ville d’Hambourg, et remonte à l’Allemagne nazie en effet : au départ c’est l’histoire d’une compagnie de remorqueurs , Pauls & Blohm, fondée en 1877 à Hambourg, qui se marie en 1905 avec une autre, présidée par Carl Tiedemann. La firme devient alors Schleppdampfschiffsrhederei Carl Tiedemann und Pauls & Blohm. Richard Borchard, qui travaillait depuis 1897 chez Tiedemann, se lie à l’entreprise en 1924 et la rachète même en 1926, sous le nom de Fairplay Schleppdampfschiffsreederei Richard Borchard. Hélas, il meurt le 12 janvier 1930, et c’est sa femme Lucy qui reprend les rênes de l’entreprise. Jusqu’en 1938, où les lois prohibant la direction d’entreprise par des juifs l’exclut de la sienne. Elle émigre alors à Londres, où elle crée Fairplay Towage Co. Ltd. L’entreprise est dirigée par le fils de Lucy, prénommé Kurt, et en 1949, elle reprend son nom initial. Lucy meurt en 1969, laissant l’entreprise à son fils Kurt. Kurt et sa femme Ruth, une femme cultivée passionnée de tableaux de peintres anglais, décédée en 2000 à Jerusalem. Ce parcours explique deux choses : le fait que la famille est bien une famille juive, et qu’elle est native de Hambourg, ce qui expliquerait les liens actuels entre Borchard Shipping et la firme allemande de Reederei Gerd Bartels. Cela explique surtout le nom de Francop, qui n’est autre qu’une petite localité de la Ville hanséatique de Hambourg, dans le Canton de Harburg...Fairplay Towage existe toujours. Avec 31 remorqueurs construits à son effectif aujourd’hui.

Voici ce que dit un site spécialisé à propos de la famille. "Fondé en 1905, par Mr Richard Borchard. A sa mort, en 1930, sa femme Lucy reprit la direction de la compagnie. Ce qui fit d’elle, pendant de longues années la seule femme armateur d’Europe, connue dans de nombreux ports comme "Mother Borchard". Suite à la réunification de l’Allemagne en 1989, FAIRPLAY s’est implanté à Rostock en 1990. En 2004, à l’entrée de la Pologne dans l’Europe, FAIRPLAY s’installe dans ce pays et s’ouvre vers la Baltique en rachetant une défunte compagnie d’état polonaise, créant ainsi PROJECT ZEGLUGA. En 2004, également, FAIRPLAY prend le contrôle à 50% de la compagnie de remorquage belge URS. FAIRPLAY exploite des pontons et est impliqué dans l’offshore".

La firme, bien avant d’être expulsée d’Allemagne, avait déjà des comptoirs ailleurs et s’était lancée dans le transport et non plus dans le simple remorquage. Dans un de ses sites actuels, elle précise qu’elle a même été crée en israel en 1933... créée, on le sait en 1948. Kurt a peut-être un peu anticipé les effets de la déclaration Balfour, qui sait . Toujours est-il que Borchard Shipping est présent à trois endroits en Israel : à Tel-Aviv, la capitale, et dans deux ports, celui de Haifa et celui d’Ashdod, que connaît donc particulièrement bien le Lucy Borchard, puisque selon les autorités, il y était attendu au 2 novembre dernier... date de l’arrestation du "Francop". Ce qui est une bien étrange coïncidence dirons-nous : en fait il y est arrivé la veille.

Autre chose étrange : lorsque Israël juste né aura besoin d’armes, il faudra bien lui en envoyer. Par bateau, bien entendu. Israël recevra ainsi sur la base de Hatzor des avions PR. XVI Mosquitos, rachetés aux français et aux anglais, en même temps que des ambulances. Or un très étonnant document filmé d’origine américaine datant de 1955 nous montre des pièces de Mosquito et ces ambulances montées à bord d’un navire s’appelant... le Richard Borchard. La firme proposait déjà ses services à l’acheminement d’armes il y a plus de cinquante ans ! Le bateau était le Fairwood, l’ancien Empire Galland, un de ces "empire" cargos anglais, en fait un cargo allemand prise de guerre, démobilisé après 1945 et acheté en 1960 par... Farplay ! .

Selon les informations dont on dispose, le bateau, et c’est même visible sur la vidéo de son arrivée à Ashdod complaisamment offerte par les israéliens, qui ont clairement mis en scène cette arrivée (la veille, ils n’ont pas révélé le nom du navire et encore moins annoncé l’étalage de son contenu !) : à l’arrière, le navire porte trois lettres blanches qu’il n’avait jamais portées jusqu’ici : UFS, pour "United Feeder Services", une entreprise chypriote d’affrètement. Une compagnie dont on vous parlera plus en détail bientôt si vous le voulez bien. Une inscription fort récente, d’après les photos antérieures du navire : en juin dernier, il ne porte toujours pas ces lettrages. Une compagnie qui effectue le trajet DAMIETTA-BEIRUT-LATTAKIA-MERSIN-DAMIETTA, autrement qui relie Damiette, où les containers auraient été chargés, à Lattakia... en Syrie donc. Un autre navire fait la même chose pour UFS : le Sea Pioneer, ex-Olympic Racer et ex-Sinotrans Tokyo. "United Feeder Services" est la résultante de 3 sociétés ayant fusionné : la grecque Camou Marine, Mediterranean Feeders Ltd, de l’île de Man, et Med Express Italia à Gênes. La société qui représente UFS à Ashdod, Conmart, est une société qui fournit aussi des containers... blancs sous le nom de YANG MING MARINE TRANSPORT CORP. Des containers bien visibles, comme ceux habilement disposés sur le pont du Francop... pour les caméras !

On pensait jusqu’ici que les containers d’Ashdod venaient donc directement de Bandar Abbas. L’examen des derniers trajets du Francop nous en détournait tout de suite : au moins depuis octobre 2008, le navire n’est jamais passé par Suez. Mais aujourd’hui, on apprend que les munitions, selon Israel Valley et Harretz, n’ont pas été chargées sur ce navire, mais ont été transvasées à Damiette, en Egypte. Un sérieux doute s’installe : en deux temps trois mouvements, il est possible de charger n’importe où, y compris à Haifa ou ailleurs, une trentaine de containers et d’affirmer qu’ils l’ont été en Egypte. Aujourd’hui encore, on a en effet un chiffre : ce sont 36 containers qui contenaient ces armes, sur les 400 à bord. Le navire, étrangement, est déjà signalé ce matin (jeudi 5 novembre) comme étant déjà reparti... les affaires de la famille Borchard n’attendent pas, visiblement... D’autant plus que tout le monde aura remarqué que les containers étaient blancs, on l’a dit, et surtout marqués d’un large sigle rouge. IRISL. Le nom de la société iranienne d’affrètement : un peu comme si, pour trafiquer, les gens de la mafia et fourguer les voitures volées en Italie à la Pologne mettaient des autos-collants "camorra" sur leurs containers. Car c’est bien cela qui cloche dans l’histoire : comment un pays qui se sait surveillé pourrait-il utiliser pareil "camouflage" ? C’est littéralement... aberrant. Sur les vidéos, les caméras insistent sur l’arrivée du navire avec ces containers blancs savamment disposés à bord, pour être vus (un malin les aurait mis à fond de cale, ce dont dispose le navire !) et promptement emportés par les grues pour se retrouver sagement alignés côte à côte et ouverts... aux caméras. Bref, l’insistance est telle que l’on hésite entre le grotesque et la désolation la plus complète. Et nous ne sommes pas au bout de nos peines, car au déballage des armes, ce n’est guère mieux. On expose là des armes dont certaines sont.... israéliennes.

Car il y a mieux, maintenant que l’on a pu entrevoir la cargaison. Et là aussi, l’idée d’un montage complet réapparait, il n’y a pas que le navire "transvaseur" et les containers blancs. Il y a des caisses espagnoles, ou écrites en espagnol, des obus de 107 neufs, marqués comme datant de 2007, avec manuel d’utilisation en anglais, et des énormes roquettes Katyusha de 122 sans affûts. Au total il y en a pour 32 camions qui ont servi pour transporter les armes dans les entrepôts ; paraît-il, "où elles doivent être triées" indique le représentant de Tsahal dépêché sur place. Encore une étrange méthode : on a vu, à la télévision que les Hysters ont rapidement emmené les palettes de caisses. Histoire qu’on ne s’y attarde pas trop, peut-être. Car l’excuse de relâcher le navire dès le lendemain même est elle aussi... étrange.

Les obus de 106 noirs marqués en espagnol rangés par boîte de deux sont brésiliens, et ne peuvent être utilisés que via un canon assez spécial sans recul de plus de 3 m de long. C’est facile à savoir : tout est marqué sur l’étiquette de la boîte. : CSR M40A1, utilisé aujourd’hui par la Bolivie par exemple. On se demande ce que va pouvoir faire le hezbolla avec pareils obus anti-tanks : pour le tirer, il faut un obusier construit en 1953, et dont la licence avait été accordée à l’Espagne, au Brésil, au Japon... et à Israel ! Résultat, ils peuvent aussi l’être, israéliens ces fameux obus. Les fusées des longues roquettes de 122 mm, nous les avons retrouvées dans un catalogue précis de toutes les têtes existantes, que l’on a épluché pour vous . Verdict : c’est bien encore du chinois !

De même que les américains ont tenté à plusieurs reprises de mouiller les iraniens en repeignant des anciens obus chinois pour en faire des neufs, les israéliens semblent avoir fait de même avec leurs obus de 107 mm, bien proprement emballés. Or là, l’armée israélienne elle-même n’exclut pas que ces fameux obus, qui sont bien chinois d’origine, puissent aussi être les siens : elle en a revendu à L’Iran d’avant Khomeini ! Mieux encore : les obus de mortier de 81 mm montrés sont difficilement implicables : comme beaucoup d’autres, ce sont des copies de Soltam israéliens vendus eux aussi à l’Iran avant la révolution, eux mêmes semblables aux M252 américains et aux L16 anglais. Ce qui les distingue, c’est l’empennage en fait. Les caractères retrouvés dessus, en italiques et sérifs, ne prêchent pas pour autre chose que.. du Chinois, encore une fois. Bref, rien n’est encore prouvé : seule une commission de l’ONU pourrait certifier l’origine iranienne de ces munitions. Car n"oublions pas une chose : du stock, les israéliens en regorgent, et nous vous en avons même donné le tonnage : 5200 tonnes. Débarquées, rappelons-le... à Ashdod même ! Comme je vous le disais " Le 31 décembre, sa décision d’attaquer massivement les populations civiles de Gaza devait déjà être prise. Le même jour, l’US Navy prévoit de requérir deux cargos européens pour une commande fort spéciale, qui requiert l’envoi de 2 cargos de 168 TEU, pour le transport au total de 325 containers de munitions de 20 pieds standards... en Israël. Le volume et le poids représenté est sidérant : les deux navires requis emportent au total jusqu’à 3 250 tonnes de munitions environ, à 10 tonnes le container en moyenne". A Ashdod, ou ailleurs : " Les américains disposent donc de dépôts d’armes en plein israël ?? Sur "leurs" bases ? Première nouvelle !! Et pourtant, oui, c’est le cas, et l’une d’entre elles a été complétée en 2005, à dix minutes à peine de l’aéroport Ben Gourion. C’est surtout un gigantesque dépôt, où flottait le drapeau américain en effet en 2005. A côté de la base passe la nouvelle autoroute.. menant directement à Haïfa... ou à Ashdod, le port pressenti pour recevoir le chargement !".

Les israéliens citent également Damiette comme port de transvasement, on l’a vu. En oubliant de préciser qu’Alexandrie est tout proche... où le Lucy Borchard était encore le 15 juillet dernier, par exemple, comme il était à Limassol le 1er novembre... le même jour que le .... Francop. Le temps d’un petit transfert vite fait ? A Limassol, ou les chypriotes ont débarqué des containers en provenance bel et bien de Bandar Abbas, remplis de poudre d’obus mais sans les obus... Des containers au nom de la société iranienne de transport... qui ont donc été vidés depuis de leur contenu. Que sont-ils devenus ces containers transportés sur la base de Mari ? Ah ça, avec l’arrivée à Ashdod on a bien une petite idée... Car cette histoire nous en rappelle une autre, celle du Monchegorsk. Venu lui, bel et bien de Bandar Abbas : lorsque les américains ont intercepté le navire, ils l’ont d’abord conduit en Egypte, à Port-Saïd, avant de le rendre à Chypre... Qu’ont-ils fait à Port-Saïd, nul ne le sait. Comme on ne sait pas ce qu’on fait les autorités chypriotes des containers iraniens vidés... il faut rappeler que ce jour-là, les iraniens avaient rempli le cargo de container contenant la poudre pour des tas d’obus... mais sans les obus. Ce qui avait mis en rage la CIA, qui pensait tomber sur le pot aux roses : juridiquement, la poudre seule n’entre pas dans la résolution de l’ONU interdisant à l’Iran de vendre des armes... Mais de cela, nous parlerons une prochaine fois si vous le voulez bien car cela fait aussi partie de l’histoire de l’Artic Sea .

Enfin, il reste un autre élément tout aussi troublant et tout aussi ridicule : les sacs de plastique ayant servi à dissimuler les caisses d’armes. Or là encore, on tombe sur du n’importe quoi : si l’on veut dissimuler une charge, dans un container, on ne s’amuse pas à mettre comme masque des objets de poids ridicule : à la simple pesée, un container de sac plastiques et un container rempli à moitié d’obus de 81 ne pèse pas la même chose ! Rien qu’avec un balance, ou plutot une grue de port, capable d’évaluer le poids qu’elle soulève, on peut déjà faire le tri dans le trafic ! Non, là, ça devient grotesque. D’autant plus que ça marquerait encore plus une signature.. israélienne, ce procédé. Israël fait pour son agriculture une énorme consommation de films de polyéthylène, en israël aussi on sait donc en produire en quantités. Nous en avons trouvé une à Yavne, Mor Plastics, et une autre à Rishon le Tsiyon, D.SPlus TA Ltd. A 20 minutes d’Ashdod, une autre encore à Einat A.A. POLYTIV , une autre à. Haifa GERBER R. & R. GOLDBERG LTD. Bref, ce n’est pas ce qui manque au alentours d’Ashdod...

Bref, vous pouvez bien entendu toujours croire ce qu’on vous raconte. Mais la prochaine fois, soyez plus attentifs aux détails. Les choses ne se passent pas obligatoirement comme on vous les raconte...

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