ELWATAN-ALHABIB
mardi 6 décembre 2016
 

Voici pourquoi tout ce que vous avez lu sur les guerres en Syrie et en Irak pourrait être faux








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  • Il est trop dangereux pour les journalistes d’opérer dans les zones contrôlées par les rebelles d’Alep et de Mossoul ; mais il y a une soif énorme de nouvelles du Moyen-Orient, c’est dire la tentation pour les médias de créditer l’information obtenue en seconde main.
L’armée irakienne, soutenue par des frappes aériennes menées par les Etats-Unis, essaie de capturer l’est de Mossoul alors que l’armée syrienne et ses alliés paramilitaires chiites se fraient un chemin dans Alep-Est. Environ 300 civils ont été tués à Alep par l’artillerie et les bombardements du gouvernement dans la dernière quinzaine, et à Mossoul il y a eu sûrement environ 600 morts civils en un mois.
En dépit de ces similitudes, les reportages des médias internationaux sur ces deux attaques sont radicalement différents.
A Mossoul, où la perte de vie de civils est imputée à ISIS, avec son usage aveugle des mortiers et des kamikazes, l’armée irakienne et son soutien aérien reçoivent massivement le blanc-seign. ISIS est accusé d’empêcher les civils de quitter la ville, en vue de pouvoir les utiliser comme des boucliers humains.
Cela contraste avec les descriptions de la sauvagerie inhumaine des forces du président Assad, qui massacrent indistinctement des civils, peu importe qu’ils restent ou essaient de fuir, dans les médias occidentaux. Le chef des affaires humanitaires de l’ONU, Stephen O’Brien, a indiqué cette semaine que les rebelles d’Alep-Est arrêtaient les civils qui partaient — mais contrairement à Mossoul, la question est peu couverte.
L’un des facteurs qui rend les sièges d’Alep-Est et de Mossoul-Est si semblables et différents des attaques au Moyen-Orient dans le passé, comme le siège israélien de Beyrouth en 1982 ou de Gaza en 2014, est qu’il n’y a pas de présence de journalistes étrangers indépendants. Ils ne sont pas là pour la très bonne raison qu’ISIS emprisonne et décapite les étrangers tandis que Jabhat al-Nusra, encore tout récemment filiale d’Al-Qaeda en Syrie, offre une ombre moins sanguinaire qui ne les détient généralement que pour la rançon.
Ce sont les deux groupes qui dominent l’opposition armée en Syrie dans son ensemble. A Alep, bien que seulement 20% des 10 000 combattants soient de Nusra, ce sont eux — et leurs alliés d’Ahrar al-Sham — qui dirigent la résistance.
Il n’est pas surprenant que les journalistes étrangers couvrant les développements dans Alep-Est et dans les zones rebelles de la Syrie le fassent en grande majorité depuis le Liban ou la Turquie. Un certain nombre de correspondants intrépides qui ont essayé de relater en témoins oculaires des zones tenues par les rebelles se sont rapidement retrouvés dans des coffres de voitures ou autrement incarcérés.
L’expérience montre que les journalistes étrangers ont tout à fait raison de ne pas confier leur vie ni même à l’opposition armée la plus modérée en Syrie. Mais curieusement, les mêmes organisations médiatiques continuent de créditer la véracité de l’information provenant des zones sous contrôle de ces mêmes preneurs d’otages et ravisseurs potentiels. Ils se défendraient probablement en disant qu’ils s’appuient sur des activistes non partisans, mais tout porte à croire que ceux-ci ne peuvent fonctionner dans Alep-Est que sous la licence des groupes de type Al-Qaïda.
Il est inévitable qu’un mouvement d’opposition se battant pour sa vie en temps de guerre ne produise, ou ne permette à des tiers de produire, que de l’information principalement propagandiste pour leur propre côté. La faute ne leur revient pas, mais elle revient au médias qui se laissent nourrir à la cuillère avec des histoires douteuses ou unilatérales.
Par exemple, le film des événements qui ces dernières semaines sort d’Alep-Est se concentre presque exclusivement sur les scènes déchirantes de la tragédie humaine, telles la mutilation des civils ou la mort. On voit bien rarement le film des 10.000 combattants, qu’ils soient blessés ou vivants.
Rien de tout cela n’est nouveau. Les guerres actuelles au Moyen-Orient ont commencé par l’invasion de l’Irak dirigée par les Etats-Unis en 2003, justifiée par la supposée menace de possession d’armes de destruction massive par Saddam Hussein. Les journalistes occidentaux ont largement suivi cette thèse, citant avec bonheur des témoignages de l’opposition irakienne prouvant l’existence des ADM.
Quelques-uns de ceux qui ont produit ces histoires ont ensuite eu le culot d’accuser l’opposition irakienne de les avoir trompés, comme s’il y avait eu un droit d’attendre des informations impartiales de personnes qui avaient consacré leur vie à renverser Saddam Hussein, ou des Américains de le faire à leur place, dans ce cas particulier.
La même crédulité médiatique a été mise en évidence en Libye lors du soulèvement soutenu par l’OTAN contre Mouammar Kadhafi en 2011.
Émanant de l’opposition libyenne, des récits d’atrocités, dont beaucoup par la suite furent prouvés sans fondement par les organisations de défense des droits de l’homme, furent rapidement promus en tête des nouvelles, même si la source était partiale.
La guerre syrienne est particulièrement difficile à rapporter car ISIS et plusieurs clones d’Al-Qaïda ont rendu trop dangereux de se présenter dans les zones tenues par l’opposition. Il y a une soif énorme de nouvelles sur ces endroits, aussi la tentation pour les médias est de donner du crédit à l’information de seconde main qu’ils obtiennent de la part de personnes qui en pratique ne peuvent fonctionner que s’ils sont en sympathie avec des groupes d’opposition à dominante jihadiste, ou s’il leur appartiennent.
C’est toujours une faiblesse des journalistes de faire semblant d’extraire la vérité alors qu’en fait ils servent de courroie de transmission plutôt qu’être à l’origine de l’information en réalité produite par d’autres qui agissent dans leurs propres intérêts. Les journalistes comprennent vite que si les gens leur disent des choses c’est parce qu’ils promotionnent une cause qui pourrait en aller de leur propre carrière ou liée à des conflits bureaucratiques ou encore, peut-être, à de la haine sous les mensonges ou l’injustice.
Un mot ici en défense de l’humble reporter sur le terrain : ordinairement, ce n’est pas lui, mais son bureau ou l’instinct de troupe des médias, qui décident de l’histoire de la journée. Les plus proches de l’action peuvent devenir douteux sur un conte juteux qui tiendra la Une des nouvelles, néanmoins il n’y a pas grand chose qu’ils puissent faire à ce propos.
Ainsi, en 2002 et en 2003, plusieurs journalistes du New York Times écrivirent des articles mettant en doute la présence des armes de destruction massive pour seulement les retrouver enterrés dans le journal sous des articles prouvant que Saddam avait des ADM et menaçait le monde.
Les journalistes et le public devraient considérer toutes les informations sur la Syrie et l’Irak avec un scepticisme raisonné. Ils devraient garder à l’esprit les paroles de Lakhdar Brahimi, ancien envoyé spécial de l’ONU et de la Ligue arabe en Syrie. S’exprimant après avoir démissionné de son mandat en 2014, il a déclaré que « tout le monde a son programme et les intérêts du peuple syrien viennent en seconde place, en troisième, ou pas du tout ».
C’est une citation qui vient de l’ouvrage de Christopher Phillips The Battle for Syria : International Rivalry in the New Middle East (La bataille de Syrie : rivalité internationale au nouveau Moyen-Orient), une des recensions les mieux informées et non-partisanes de la tragédie syrienne déjà publiées. Par rapport à des explications rivales il pèse judicieusement la preuve de ce qui s’est passé et pourquoi. Il comprend la mesure dans laquelle l’agenda et le rythme des événements en Syrie ont été déterminés extérieurement par l’intervention de puissances étrangères poursuivant leurs propres intérêts.
Dans l’ensemble, les experts gouvernementaux ont fait mieux que les journalistes, qui achetaient des explications simples de l’évolution des choses, en restant toujours convaincus qu’Assad était sur le point d’être renversé.
Phillips rapporte qu’à un moment fort du soulèvement populaire, en juillet 2011, alors que les médias pensaient qu’Assad était fini, l’ambassadeur britannique de longue date à Damas, Simon Collis, avait écrit qu’« Assad peut encore compter sur le soutien de 30 à 40 pour cent de la population. »
L’ambassadeur de France Eric Chevallier fut également prudent et pour recevoir finalement la semonce classique de ses maîtres, à Paris, qui lui répondirent simplement : « Vos informations ne nous intéressent pas. Bashar al-Assad doit tomber et tombera. »
Traduction libre et gratuite de Louise Desrenards pour © Patrick Cockburn
Source originale: The Independent
Source: La revue des ressources

 
samedi 3 décembre 2016
 

Il est temps de voir les États-Unis tels qu’ils sont (Daily Beast)







La vérité a balayé le pays, la vérité Trumpienne de ce que sont les États-Unis, ce pays que nous refusons de voir. Cette élection est comme le portrait de Dorian Gray dévoilé : une figure hideuse et dérangée, trop longtemps rangée dans un placard mais désormais à l’air libre.
Il faut lui souhaiter la bienvenue.
Parce que Trump est le représentant honnête du peuple étasunien. Narcissique, gourmand, grossier, arrogant, ambitieux, menaçant, baignant dans son ignorance, bouillonnant de ressentiment : Voici le pays, comme il a toujours été, la terre des millionnaires en devenir qui ont du mal à boucler leurs fins de mois qui votent pour les millionnaires qu’ils aimeraient devenir. Une culture d’arnaque, de triche, de mensonge, de fraude, d’exploitation, d’affaires et d’argent. Le Rêve américain, qui dit que nous allons tous devenir riches, est une pathologie.
Qu’on le veuille ou non, Trump, c’est nous. Il est l’illustration du Pentagone du Pouvoir que Lewis Mumford a décrit dans The Myth of the Machine, le complexe qui dirige les États-Unis : la politique, le profit, la publicité, la productivité (plus de consommation pour plus de profit) et la puissance physique (l’exploitation des combustibles fossiles pour plus de productivité). Mumford l’appelait la « mega-machine », dont le seul et unique but est sa propre survie et croissance.
Clinton, comme Trump, est au service de la mega-machine, mais elle se camoufle derrière la ruse anti-intellectuelle de la politique d’identité. C’est une femme prête et disposée à servir les instruments du patriarcat de la mega-machine, mais à qui la classe libérale – bourgeoise, aisée, complaisante et écrasée par le souci d’identité – s’est ralliée comme ils se sont ralliés à Obama.
Dans le bourbier de la politique d’identité, tout ce qu’il faut c’est une personne avec le bonne couleur de peau ou le sexe approprié pour diriger l’empire de la megamachine. Rappelons que le mouvement libéral anti-guerre est mort au moment où un libéral noir est arrivé au pouvoir et a perpétué, institutionnalisé et réifié les politiques de l’ère Bush. Obama a abattu avec des drones des gens de couleur en nombre sans précédent.
Les libéraux ne méritent que le mépris. Les gens dotés d’un cerveau travaillant pour la campagne Trump remercient les dieux pour la stupidité d’une gauche obsédée par l’identité.
J’ai échangé des courriers avec de vrais libéraux dans ma bonne vieille ville de Brooklyn, dont un bon gars, un chanteur populaire que je considère comme un ami et dont je ne peux pas révéler le nom car nos échanges furent privés. Pendant huit ans, il a écrit de nombreuses chansons engagées, dures et belles, contre le président Bush. Puis il s’est calmé avec l’élection d’Obama. Comme il m’a expliqué : « Puisque qu’il n’y a que les chansons politiques qui m’intéressent, si j’ai le moindre espoir d’être entendu, ce qui signifie avoir un impact [sic], c’est en faisant en sorte que ma musique soit spéciale. » Il a ajouté que pendant les années d’Obama, « je n’étais pas motivé pour écrire. »
Une belle rationalisation, et tant pis pour les vertus de la protestation. Lui et sa femme m’ont écrit cette année pour me rappeler de ne pas oublier de voter pour Hillary.
Je lui ai dit, et je le dis tous les bons libéraux de Brooklyn : avec votre soutien à Hillary et les machinations et les fraudes de l’élite démocrate, vous vous êtes rendus complices de la destruction du seul candidat, Bernie Sanders, qui aurait pu, selon tous les sondages, battre Trump à plate couture. Maintenant, vous en payez le prix.
Au cours de l’année écoulée, Trump a craché ses mots authentiques, putrides au visage de l’Amérique. Et les Étasuniens en redemandaient. L’authenticité de Trump est celle du bonimenteur qui dit à tous ceux qui veulent bien l’entendre qu’il ment. Les Clintoniens ont toujours prétendu être autre chose que des représentants de l’oligarchie. Trump ne s’en cache pas. Il aime l’argent et le pouvoir. Il aime la violence. Il exprime le charisme de l’homme fort. C’est pourquoi nous, à gauche, devons le remercier.
Le mardi soir, après l’annonce des résultats, j’ai appelé mon vieil ami Brian Ertz à Boise. Ertz fut élu délégué de Sanders de l’Idaho, et s’est rendu à Philadelphie en juillet dernier pour la Convention Nationale Démocrate, et il a vu comment la cabale Clintonienne a manoeuvré et triché pour déconsidérer et finalement écarter les partisans de Sanders. Il en est sorti malade.
Mais à l’annonce de la victoire de Trump, Ertz a éclaté de rire. « C’est trop beau pour être vrai. C’est merveilleux. J’ai le sentiment de baigner dans le bonheur. De l’honnêteté, enfin. C’est comme révéler un grand secret et se sentir soulagé. C’est une énorme fuck you à l’élite libérale. C’est un premier pas vers la vérité.
« La première étape consiste à abandonner le déni. Trump est indéniable. Sans le faux espoir d’un exécutif complaisant, l’ambition intellectuelle et créative de la gauche ne pourra plus être cooptée. Elle sera obligée de montrer ses talents dans la rue. »
Avec Obama, ce fut le déni. Mais c’est fini maintenant. Comme tout toxicomane peut l’attester, la première étape vers une guérison significative est l’abandon du déni.
J’ai écrit en juin que je voterai pour Trump précisément parce c’est un enfoiré de capitaliste et un être humain monstrueux et que sa monstruosité serait une chose merveilleuse à la Maison Blanche, un facteur de galvanisation pour l’opposition :
... il est hors de question que je me prononce en faveur de Clinton, parce que je sais ce qu’une présidence de Clinton présage. Encore plus du pillage néolibéral, mais avec un gentil sourire démocrate pour calmer la gauche.
C’est ce qui arrivé sous Obama : la machine de guerre et Wall Street ont régné sans partage tandis que nous chantions tous « kumbaya » sous prétexte qu’un homme noir avait accordé son imprimatur à l’intolérable statut quo. C’est ce qui se reproduira sous Hillary.
Ce qu’il faut maintenant, c’est de la consternation, de la confusion, de la dissension, du désordre, du chaos – et une crise avec une sortie, si possible – et une présidence Trump est la meilleure chance pour y arriver. C’est une politique de terre brûlée. Je préfère voir l’empire brûler sous Trump, ce qui ouvrirait au moins la possibilité d’un changement radical, qu’une croisière sur pilote automatique sous Clinton.
Oui, j’ai voté pour Trump et je persiste et signe. Allez Trump ! Il est l’horrible visage de l’Amérique. Les lignes sont maintenant clairement dessinées, comme elles ne l’ont jamais été sous Obama, comme elles ne l’ont jamais été dans l’histoire récente. Fourbissons nos meilleures armes de gauche pour la révolte.
Christopher Ketcham
 
mardi 29 novembre 2016
 

FILLON DÉSIGNERA PREMIER MINISTRE LE PATRON DU GROUPE «TERRORISTE» BILDERBERG.






Panamza.com
Mardi 29 Novembre 2016


Le 2 novembre, Dominique de Montvalon, éditorialiste politique et ex-rédacteur en chef de France Soir, rapportait que «l'homme de Fillon pour Matignon» était «Henri de Castries». 
L'information -esquissée dès le 23 août par Le Figaro- a depuis été corroborée par les magazines économiques Challenges et Forbes {http://panamza.com/cfx; http://panamza.com/cfy; http://panamza.com/cfz; http://panamza.com/cga}. 

Particularité d'Henri de Castries : il préside le comité de direction du Bilderberg, un club secret fondé aux États-Unis {http://panamza.com/cby}. 

Proche du tandem Hollande/Valls, le dirigeant du Bilderberg est également président de l'Institut Montaigne, ex-PDG d'Axa et défenseur revendiqué des «racines judéo-chrétiennes de l'Europe» {http://panamza.com/11355; http://panamza.com/bpi}. 

Rappel : les médias français prétendument libres et "d'investigation" (Le Monde, Mediapart, Libération, Le Figaro, Le Canard Enchaîné + les émissions Cash Investigation et Envoyé Spécial de France Télévisions) n'ont JAMAIS enquêté ou débattu de la nature et de l'influence exactes du groupe Bilderberg. 
Une seule exception notable : un bref reportage de...TF1 datant de...1977 {http://panamza.com/ccb; http://www.ina.fr/video/CAA7700215001}. 

À noter : le 14 janvier 2013, Ferdinando Imposimato, célèbre juge italien antimafia (aujourd'hui président honoraire de la Cour suprême de Cassation), avait accusé le groupe Bilderberg de mettre en place -depuis les années 60- un «État profond» mondialisé pratiquant une «stratégie de la tension» au moyen d'«attentats» réalisés sous faux drapeau -tels ceux imputés à "Ordre nouveau", groupe neofasciste italien qui fut soutenu par le Mossad {http://panamza.com/cgb; https://youtu.be/9fVDewJx0W4; https://youtu.be/kYmLiRCMJmA; http://panamza.com/cgc; http://panamza.com/cgd}. 

Détail-clé : le 22 octobre 2015, lors d'une interview avec TV Libertés, Philippe de Villiers, ex-député de l'ultra-droite et militant islamophobe, avait incidemment rapporté une confidence révélatrice de François Fillon : «Les Bilderberg, c'est eux qui nous gouvernent» {https://youtu.be/XhAuCSDAy_w?t=2m31s}.

En savoir plus sur http://www.alterinfo.net/FILLON-DESIGNERA-PREMIER-MINISTRE-LE-PATRON-DU-GROUPE-TERRORISTE-BILDERBERG_a126877.html#ULrZh8YzLLJksFjd.99
 
samedi 26 novembre 2016
 

USAGER DU "TAXI" UBER, VOUS FINANCEZ L'ARMÉE ISRAÉLIENNE.









Panamza.com
Vendredi 25 Novembre 2016


Voici une information que vous ne découvrirez pas dans la presse traditionnelle : l'un des principaux actionnaires de l'entreprise américaine Uber est un mécène de l'armée israélienne. 

Le 5 novembre 2015, l'Israélo-Américain Ariel Emanuel, fils du milicien sioniste et terroriste Benjamin Emanuel, participait au gala de l'association des "Amis des forces de défense israéliennes" (FIDF). 34 millions de dollars ont été récoltés auprès de 1200 convives. 

Engagé -depuis 2011- à hauteur d'environ 10 millions de dollars dans le capital d'Uber, Ariel Emanuel avait misé juste : la compagnie qui fournit des "taxis" (VTC) à bas prix est aujourd'hui valorisée à 68 milliards de dollars. 

Objectif initial de son investissement : revendre ses parts afin de remporter un pactole qui financera la campagne présidentielle de son frère Rahm Emanuel, maire de Chicago, ex-bras droit de Barack Obama, proche de Benyamin Netanyahou et candidat présumé pour l'élection de 2020. 

{SOURCES : https://youtu.be/mgoi9dizirQ; http://panamza.com/cfn; http://panamza.com/cfo; http://panamza.com/cfp; http://panamza.com/cfq; http://panamza.com/ariel-emanuel}. 

Dans un prochain article réservé exclusivement aux abonnés, Panamza reviendra en détail -et sources à l'appui- sur les connexions israéliennes d'Ariel Emanuel, l'agent d'Hollywood qui avait "booké" (pour le "vendredi 13" novembre 2015) le concert du chanteur ultra-sioniste Jesse Hughes au Bataclan, salle de spectacle cogérée depuis Ashdod -en Israël. 

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Vendredi 25 Novembre 2016

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lundi 21 novembre 2016
 

Le djihadisme, cet ennemi intime


RÉPONSE AU DISCOURS OFFICIEL FRANÇAIS ET À JEAN-YVES LE DRIAN







Un an après les attentats du 13 novembre 2015 à Paris, quelques mois après ceux qui ont à nouveau endeuillé la France l’été 2016, un refrain d’agressé innocent continue d’être entretenu jusqu’au plus haut niveau de l’État. Confortable parce qu’il campe la France en victime d’une barbarie, il tend à renforcer le bien-fondé d’une politique uniquement guerrière posée en légitime défense contre le djihadisme. Ce discours, en partie synthétisé dans Qui est l’ennemi ? du ministre de la défense Jean-Yves le Drian (éditions du Cerf, juin 2016), détourne le citoyen français de comptes politiques qu’il devrait pourtant légitimement demander à ses gouvernants.
Quand on fait la guerre à l’Autre chez lui, il faut s’attendre à ce qu’un jour, il vienne, en retour, la faire chez soi. Mais la France n’a parlé de guerre que le jour où l’Autre est venu, en retour, frapper chez elle. Comment peut-on s’imaginer qu’en allant déclarer la guerre à quelqu’un, il ne cherche pas à répondre ? Dans ses principes, la France se défend d’attaquer lorsqu’elle n’est pas attaquée ou menacée de l’être. Le discours officiel veut imposer que ce soit « Daech » qui a commencé l’escalade de la violence. La violence en France ? Non, « Daech » n’a pas attaqué la France avant que la France ne se mette à le bombarder. La violence en Irak ? Elle a commencé avec la politique sectaire et répressive perpétrée à l’égard des sunnites par le gouvernement qui s’est mis en place à Bagdad après l’invasion de l’Irak en 2003 par les États-Unis, politique sectaire qui a prolongé la mise au ban des sunnites par les Américains lors de leur occupation. La violence en Syrie ? Elle a commencé avec la répression d’emblée brutale par Bachar Al-Assad du soulèvement populaire de 2011.
Daech — l’organisation de l’État islamique (OEI) — n’est que la prolongation de l’État islamique en Irak, lui-même issu de l’implantation d’Al-Qaida en Irak à la suite de l’occupation américaine. L’hybridation d’Al-Qaida avec les sunnites déchus après le renversement de Saddam Hussein a déclaré la guerre à la France parce que la France lui a déclaré la guerre, et non pas l’inverse.

LÉGITIME DÉFENSE ?

La France se considère donc en légitime défense contre les actes de l’OEI sur le sol français, parce que ces actes sont illégitimes à ses yeux. Légitimes, ils le sont cependant pour l’organisation et ses sympathisants. On refuse la logique infernale des attentats successifs qui frappent la France parce que leur forme de massacres délibérés de civils est en dehors des lois de la guerre auxquelles on a souscrit. Ce faisant, on s’interdit une réflexion qui pourrait amener à comprendre les ressorts profonds de ces attentats. Sur un temps plus long, il faut se demander pourquoi le djihadisme n’a fait que s’étendre et changer de forme au cours des quinze dernières années, depuis qu’a été lancée la « guerre globale contre la terreur » par les États-Unis.
Affirmer qu’intervenir en Syrie et en Irak pour frapper l’OEI en ses territoires protège la France, sa population : il n’y a pas plus manifeste renversement de la réalité. Ses cibles principales n’étaient pas la France, mais les chiites, et les États-Unis pour ce qu’ils avaient fait en Irak. Les racines de l’organisation sont irakiennes, sunnites irakiennes. Or dès lors que la France a suivi les États-Unis et s’est mise à participer aux bombardements au sein de la coalition montée par ces derniers, les attentats sont arrivés en France. Intervenir en Irak et en Syrie contre l’OEI, ce n’est pas protéger notre territoire et notre population, c’est au contraire amener la guerre à l’intérieur au sein de la population française.
Il y aurait somme toute un certain cynisme abject à se retrancher derrière des frontières renforcées — autant qu’elles puissent l’être — pour se protéger des retombées d’une violence que l’on a semée là-bas et que l’on continue à semer. À ce titre, affirmer que l’on n’est pas en guerre tant que la guerre reste à distance, c’est-à-dire loin de chez soi, est du cynisme abject.
Au plus haut niveau de l’État français, ainsi que pour nombre de leaders politiques, on soutient que l’OEI considèrerait la France comme faisant partie de ses ennemis structurels. Les actions importeraient peu, les Français seraient ciblés d’abord pour ce qu’ils sont. Ces contre-vérités sont-elles de la désinformation consciente ? Une volonté de dévier les termes du débat pour que ne soient pas remises en cause les décisions prises ? Ou une incompréhension totale du phénomène djihadiste ? Sauf à considérer les politiques qui gouvernent la France comme intellectuellement indigents, on est en présence d’un déni conscient de ce qui fonde les actions djihadistes contre la France et s’inscrit dans un cadre politique (et non pas idéologique ou religieux).
Il serait faux de penser qu’il y a une idéologie de l’OEI. Pas plus que les autres groupes djihadistes, l’organisation ne combat au nom d’une idéologie. La comparaison avec le communisme ou le nazisme est sans objet, un non-sens. L’organisation est un mouvement de réaction à dimension politique qui utilise, comme tous les autres groupes djihadistes, le lexique religieux pour s’exprimer. Pour le djihadisme, ce n’est ni un homme nouveau, ni une société nouvelle qui sont recherchés, mais une société libérée des agressions et impositions occidentales culturelles et politiques — sans parler du militaire. Une forme d’achèvement de la décolonisation, en quelque sorte. L’extrémisme de l’islam prôné par les djihadistes en est le corollaire, car l’islam est l’outil ancestral propre au monde arabo-musulman qui, lui, n’a jamais été « colonisé », comme l’explique très justement François Burgat1. Leur volonté de propager cet islam, leur combat en son nom entrent dans ce cadre politique global, mais n’est pas sa fin en soi. La violence de l’action politique, y compris via la pratique du terrorisme va de pair avec la violence du langage religieux et de la pratique religieuse. Les deux sont indissociables, cependant c’est le fond politique qui utilise le fond religieux, et non l’inverse. Il ne faut pas juger la nature de l’OEI à l’aune de ses « soldats » plus ou moins « salafisés », conditionnés ou attirés par son discours, et exécutants des violences de terrain et des attentats en France et ailleurs. Contrer le phénomène de radicalisation de Français musulmans par le prisme de l’islam ne peut avoir qu’une portée très limitée car cela ne s’attaque qu’à la dimension religieuse de cette radicalisation. C’est comme combattre les symptômes connexes d’une affection sans s’attaquer à cette dernière.

L’« ENNEMI DE L’INTÉRIEUR » N’EXISTE PAS

La France se retrouve à définir son identité par rapport à un autre diabolisé, puisque le djihadisme s’attaquerait à ses libertés, à ce qu’elle est. Combien de fois ces formules ont-elles été utilisées jusqu’au sommet de l’État à propos de l’OEI ? On met en opposition une façon de penser, d’être, à un Autre criminel qui s’y attaquerait de façon indiscriminée, redéfinissant une identité nationale par rapport à un Autre monstrueux, diabolisé, et sans admettre qu’on a contribué à le créer. Aujourd’hui, tout événement important du Proche-Orient se répercute en France. Cela concerne les vagues de réfugiés, et aussi les équilibres internes, y compris celui du vivre ensemble qui, perturbé, engendre des replis identitaires au sein de la population, quand ce ne sont pas les politiques eux-mêmes qui les exacerbent dans la surenchère perverse dans la compétition qui précède des élections. En limitant la compréhension du djihadisme à sa dimension religieuse, en ne lui conférant que des racines religieuses — en l’occurrence le salafisme —, on ouvre la porte à toutes les dérives politiques qui conduisent à définir l’identité nationale par rapport à l’altérité musulmane. Cette porte est allègrement franchie par nombre de candidats à l’élection présidentielle de 2017, bien au-delà du seul Front national.
Il n’y a pas d’« ennemi de l’intérieur », mais tout est fait pour qu’il apparaisse. La politique du gouvernement français à l’endroit de ses citoyens musulmans est un mélange de paternalisme et d’autoritarisme qui s’est particulièrement manifesté avec l’utilisation de la doxa « Je suis Charlie » qui n’était pour eux ni plus ni moins qu’une nouvelle humiliation. Période d’hystérie où sur France 2, chaîne du service public, une journaliste déclarait lors d’un journal télévisé qu’il fallait « repérer ceux qui ne sont pas Charlie pour les traiter ». La volonté de « traiter » les Français musulmans est inébranlable, jusqu’à l’imposition d’un tutorat étatique, avec la création de la Fondation pour l’islam de France, selon une pratique coloniale remise au goût du jour. L’erreur de fond du gouvernement est de penser que le traitement de l’islam en France, de pair avec la « déradicalisation », est le meilleur chemin pour lutter contre le terrorisme, alors que ce dernier ressortit d’abord à des questions politiques.
Notre sécurité à long terme dépend étroitement de la stabilité de l’ordre international. Encore faut-il travailler pour une stabilité pérenne, c’est-à-dire contribuer à résoudre les fractures qui la minent et le faire autrement que par des mots. Malheureusement, on s’emploie davantage à construire et consolider des remparts de protection qu’à tenter réellement de résoudre ce qui provoque les menaces contre lesquelles on cherche à se protéger. C’est une question qui nécessite une vision de fond et la mise en œuvre d’une politique servie par une diplomatie forte et volontariste sur le long terme. Cependant, des considérations de court terme, mercantiles ou électoralistes, prévalent. Dans le cas du djihadisme, s’il y a une guerre à mener, elle n’est pas de légitime défense, elle est préventive. Non pas une guerre préventive à la Georges W.Bush, avec des bombes lâchées sur ceux qui pourraient potentiellement commettre des attentats en France, mais une « guerre politique » contre ce qui motive le djihadisme. Pour être à même de le faire et au risque d’employer une formule provocante, contre le djihadisme, la première des actions à mener serait, de la part de la France, un djihad, c’est-à-dire, littéralement, un effort sur elle-même.
Ce que fait la France en Irak et en Syrie ne compte tout au plus que pour 5 % de l’action militaire qu’y dirigent les États-Unis. Que ce soient 5 ou 10 % des bombes lancées en Irak et en Syrie, cela importe peu, la France soutient et suit l’action des États-Unis sans la remettre en cause dans ses principes : une réponse uniquement militaire à une question politique. De même, au Sahel, la France n’apporte-t-elle qu’une réponse militaire face à Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) et d’autres groupes. Hier, c’était en Afghanistan contre Al-Qaida et les talibans. La lutte militaire contre l’OEI à laquelle la France participe aujourd’hui n’est que le prolongement de la « guerre contre le terrorisme » lancée par les États-Unis depuis quinze ans, qui n’a eu pour résultat concret que l’extension, la mutation et la métastase des mouvements djihadistes.

UN MOUVEMENT DE RÉACTION POLITIQUE

On ne fait pas la guerre à un mouvement de réaction avec des bombes, mais on peut s’attaquer à ce qui le fonde et le fait se développer. Combattre ce phénomène sur le terrain de l’information est possible, si on oppose aux messages véhiculés par les groupes djihadistes un contre-message à même de répondre aux attentes profondes de ceux qui écoutent la voix portée par les djihadistes. Eux fondent leurs messages sur les errements de l’Occident et de ses alliés régionaux.
Le terrorisme est un moyen d’action utilisé par certains groupes djihadistes comme l’OEI, en réaction à des actions ou des politiques. S’il y a un but dans ce mode d’action, c’est de créer, par un acte brutal, une pression psychologique sur un pouvoir politique. Commettre des actes brutaux n’est pas le but en soi du terrorisme. Limiter l’objectif du terrorisme à ses seuls actes brutaux et destructeurs est une volonté de déni des véritables raisons de ces actes, et surtout du djihadisme qui utilise ce mode d’action. En ce sens, l’OEI n’est pas une rupture dans la « djihadosphère ». Il n’en est que l’une des manifestations, plus visible aujourd’hui que les autres, et avec certes plus de moyens médiatiques et une nouvelle doctrine territoriale.
La « salafisation » du djihadisme, progressive depuis la fin des années 1960, accélérée depuis la fin des années 1970, est le résultat du croisement de la doctrine des Frères musulmans avec la doctrine salafiste répandue par l’Arabie saoudite. Cette hybridation, si elle a ajouté une dimension anti-chiite propre au salafisme, ne doit cependant pas détourner notre regard de la persistance de l’essence centrale du djihadisme, qui n’est pas le salafisme saoudien. En dépit de ses changements de forme et de modes d’action, de ses « terroirs » variés, son fond reste le même, voire se renforce grâce à l’obstination occidentale (française) à ne pas changer de politique à l’égard de toute une région, à vouloir convaincre ses populations de la justesse de cette politique à coup de bombes et de soutien de régimes dictatoriaux et répressifs. Lesquels se nourrissent des visions à court terme et des intérêts commerciaux occidentaux — voire les instrumentalisent pour rester au pouvoir.
Il faut s’y préparer : faute d’un tarissement de ce qui le provoque, le djihadisme continuera. Même l’OEI, après les reprises de Mossoul et de Raqqa, continuera, avec éventuellement de nouveaux noms, de nouvelles organisations aux nouveaux visages, comme lui-même a été une nouvelle mouture d’Al-Qaida.
Les politiques sectaires nourrissent également les extrémismes de réaction : sunnites contre chiites au Proche-Orient, populations sédentaires « du fleuve » contre populations du désert au Sahel. Contribuer à résoudre les problèmes qui, au Proche-Orient comme en Afrique du Nord ou au Sahel, nourrissent le djihadisme est nécessaire. Il faut, plutôt que de parler de question sunnite, garder une lecture politique et profane des tensions. Parler en particulier de celle entre l’Arabie saoudite et l’Iran, des régimes politiques arabes sunnites qui s’évertuent à endiguer l’espace de respiration politique, et non pas religieux chiite, de l’Iran. Parler de ce « front sunnite » promu par l’Arabie saoudite, déclaré au nom de la lutte contre le terrorisme, en réalité dirigé contre l’Iran, pour l’empêcher de reprendre la place qu’il avait avant la révolution islamique de 1979.
Plus l’Iran sera endigué par la force et contraint par des alliances hostiles, plus il réagira pour rompre cet encerclement. Dans l’histoire iranienne récente, toutes les actions de Téhéran ont été autant de réactions contre des agressions perçues ou réelles. Il ne faut pas s’étonner de la conduite provocatrice de l’Iran, y compris à l’égard d’Israël. À l’image de la Russie qui rue aujourd’hui dans les brancards de ce qu’a voulu lui imposer, parfois de façon elle aussi provocatrice, le camp des vainqueurs de la guerre froide, l’Iran se débat dans l’endiguement dont il est l’objet depuis la révolution de 1979. Résoudre l’antagonisme « sunnite-chiite » au plan régional, c’est mettre un terme au clivage entre Riyad et Téhéran, rendre à l’Iran la place qu’il mérite sans lui imposer un diktat unilatéral préalable qu’aucun grand pays ne pourrait accepter. À cette condition, le juste partage du pouvoir entre sunnites et chiites en Irak pourrait trouver une solution pérenne. Et à ces conditions, l’une des causes majeures du développement de l’OEI disparaitrait.
Au Sahel, prétendre combattre les groupes djihadistes sans chercher activement à résoudre la question touareg est un non-sens qui mènera toujours à une impasse. Cela fait des décennies que les revendications touareg sont ignorées, ou que les accords signés entre les capitales de ces pays et les mouvements touareg ne sont pas respectés, en particulier au Mali. Le djihadisme sahélien est issu de l’hybridation de celui venu d’Algérie avec celui des groupes irrédentistes touareg. Ces derniers, las de ne pas être écoutés, las d’être trahis, se sont résolus à se mélanger avec des groupes venus d’Algérie. Imposer à l’État malien par exemple de respecter les aspirations légitimes des populations touareg briserait l’une des grandes dynamiques du djihadisme au Sahel.

ALLIÉS « IMPIES » DE L’OCCIDENT

On pourrait être tenté de demander aux États musulmans de dénoncer le dévoiement de l’islam par « Daech », mais ce faisant, on ne s’attaquerait pas au cœur politique du djihadisme ; ce serait même sans effet face à l’extrémisme religieux qu’il véhicule. La plupart de ces régimes sont en effet discrédités aux yeux des djihadistes et de leurs sympathisants — y compris à ceux de tous les sympathisants des Frères musulmans et au sein des populations qui se sont soulevées en 2011. De la part du roi Salman d’Arabie saoudite, du maréchal Abdel Fatah Al-Sissi d’Égypte, du roi Abdallah II de Jordanie, du roi Mohammed VI au Maroc, ou même du président Abdelaziz Bouteflika en Algérie, ces dénonciations resteraient sans effet, car ces régimes sont considérés comme des alliés de l’Occident, et donc « impies » au sens d’illégitimes. Quant à l’establishment religieux de l’Arabie saoudite, il continue de répandre à travers le monde musulman — en accord avec la monarchie qui y voit un rideau défensif contre l’influence de l’Iran chiite — une doctrine sunnite salafiste pure et dure très similaire au discours religieux de l’OEI.
Rechercher une participation des sociétés autochtones au combat contre le djihadisme peut paraître séduisant, mais se heurte à deux écueils. Le premier est la reprise des schémas de la période coloniale, où l’on demande aux « bons » indigènes de permettre que l’on chasse chez eux les terroristes et d’y collaborer. Le problème est que le djihadisme fait partie des sociétés locales, est une expression d’une partie de ces sociétés, qu’il ne faut surtout pas réduire à l’apport des combattants étrangers venus s’y greffer. Et quelle solution leur apporte-t-on, qui rende caduques leurs revendications ?
Le second écueil est qu’on ne s’adresse pas aux sociétés, mais aux pouvoirs politiques en place. Et l’immense majorité de ces pouvoirs politiques ne représente au mieux, dans chaque pays, qu’une petite partie de la société, sinon une caste, un clan, ou une simple famille, et n’est en aucun cas choisie librement par les citoyens (sans même parler d’élections). Même en Algérie et en Égypte, et sauf aujourd’hui dans la fragile exception tunisienne et d’une certaine façon au Liban. Partout ailleurs, ce sont des mainmises par la force, par coercition et répression, par héritage familial, ou par confiscation via un trucage des urnes. D’abord réaction contre les agressions et impérialismes (politiques, culturels, militaires) de l’Occident, le djihadisme l’est aussi contre les régimes pactisant avec celui-ci ou adoptant des modes de gouvernance importés de l’ancien colonisateur. On demande donc à des régimes politiques visés par le djihadisme de le combattre, ce qu’ils font déjà pour leur sauvegarde, quand ils ne le manipulent pas pour leurs propres fins, comme en Syrie ou en Arabie saoudite.
Cette démarche est celle qui fait soutenir des régimes « remparts contre le terrorisme » : autant de régimes autoritaires maniant la répression de toute opposition intérieure, islamiste ou non. Elle nourrit encore plus la motivation des courants djihadistes contre l’Occident et contre ces régimes, dont la répression pousse davantage de candidats à l’extrémisme. Et elle s’oppose à la poursuite de tout « printemps arabe », c’est-à-dire toute velléité des sociétés à renverser les pouvoirs en place, au nom « de la justice, de la liberté et du pain ». D’autant plus que le soulèvement des couvercles autoritaires libère l’expression ancienne et structurée de l’islam politique aveuglément diabolisé par l’Occident. L’exemple égyptien est là pour montrer qu’un couvercle a été remis, encore plus féroce que l’ancien, avec la complicité de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis, et au soulagement inavoué de l’Occident, notamment de la France. Est-ce un soulèvement populaire totalement spontané qui s’est dressé fin juillet 2013 contre le président Mohamed Morsi ? Certes, c’est la version du maréchal Sissi, qui convient à la France. On ne peut faire mieux pour attiser encore plus la rancœur et la motivation de militants de l’islam politique et les faire basculer dans le djihadisme.

UNE ARME OUBLIÉE, LE DROIT INTERNATIONAL

Diplomates et militaires font ce que le président de la République leur demande et dans la direction qu’il leur indique. Comment peut-on éteindre un conflit en ne remettant pas en cause ce qui l’a provoqué et qui l’entretient ? Ce n’est pas la reprise ici ou là de portions de territoires des mains des djihadistes qui supprimera le djihadisme. Ce n’est pas non plus en tuant les chefs djihadistes. La pendaison de Sayyid Qutb en 1966 par Gamal Abdel Nasser n’a pas arrêté le mouvement, ni l’exécution d’Oussama Ben Laden en 2011 par un commando américain.
Les opérations militaires peuvent évidemment gêner, désordonner, réduire les structures physiques des organisations. Elles créent l’illusion, avec leurs résultats de court terme, qu’elles peuvent en venir à bout, éradiquer le djihadisme, ce qu’elles n’ont jamais pu faire. La guerre contre le terrorisme menée depuis quinze ans illustre cette illusion, qui demeurera tant qu’une autre politique ne sera pas conduite. Tous les moyens sécuritaires et militaires ne peuvent que s’attaquer au « comment », mais restent inopérants face au « pourquoi ».
Une première arme pour saper le djihadisme serait d’appliquer le droit. Pleinement, c’est-à-dire sans l’éternel « deux poids-deux mesures » qui caractérise son application. Par exemple — mais avec de vrais outils de pression — mettre Israël en demeure de respecter le droit international vis-à-vis des territoires palestiniens, ce qu’il ne fait jamais, se contentant de « déplorer que » ou de « condamner vivement » avec des mots seulement.
Une deuxième arme serait de rester fidèle aux valeurs que l’on prétend défendre. Les relations internationales ne sont certes pas sans contraintes économiques, mais l’entretien de situations de crise et de tension par l’accumulation de politiques de court terme est toujours, in fine, aux dépens des intérêts français en termes de sécurité. Si la France appliquait chez elle et défendait réellement à l’extérieur — pas uniquement dans le discours — les valeurs qu’elle ne cesse de proclamer face au terrorisme, non seulement cela contribuerait à détruire ce dernier, mais cela dissuaderait les djihadistes de perpétrer des attentats en France. Un ordre juste ne peut exister que sur des piliers politiques, et non pas sur des piliers militaires. L’emploi de l’outil militaire est la conséquence des faillites du politique, quand il n’est pas le fruit d’une volonté délibérée de domination, ce qui reste encore le cas aujourd’hui en dépit de l’habit dont on le revêt.
À entendre le discours officiel porté par la France, le combat contre le djihadisme serait mené « en étant parfaitement lucides concernant ce que nous avons été, et qui nous sommes désormais, et tout ce qui distingue ces deux époques de notre histoire »2. La France d’aujourd’hui n’est plus celle du temps des colonies et de leur exploitation à son profit. Or a-t-elle totalement changé ? Si l’ère des colonies est révolue, celui de l’impérialisme l’est-il ? N’a-t-elle rien à se reprocher au Sahel, où elle a soutenu des régimes qui n’ont pas respecté les promesses faites aux Touaregs, mais auprès de qui elle a des intérêts ? N’a-t-elle rien à se reprocher au Proche-Orient, où elle s’aligne derrière la politique des États-Unis, hormis la courte parenthèse de lucidité en 2003 à propos de l’Irak, quand — pour une fois — elle a su dire non ? La France n’a-t-elle rien à se reprocher dans son asservissement à certaines monarchies du Golfe — Arabie saoudite et Émirats arabes unis en particulier — qui mènent une guerre insensée au Yémen en multipliant les « dégâts collatéraux » au nom de la légalité, et où la majeure partie de la population se trouve aujourd’hui en urgence humanitaire ? N’a-t-elle rien à se reprocher, en acceptant les dérives extrême-droitières et les rétorsions militaires disproportionnées du gouvernement israélien face aux Palestiniens ?
Et en France même, n’a-t-on rien à se reprocher depuis des décennies à propos des Français musulmans ? Dans la façon dont la France veut mettre l’islam sous tutelle selon un schéma reproduisant celui pratiqué à l’époque coloniale ? En multipliant les discours qui font du djihadisme un avatar de l’islam pour ne pas avoir à affronter ses racines politiques ? Malheureusement, la France n’est pas foncièrement meilleure aujourd’hui que par rapport à un passé évacué par une reconnaissance lapidaire de ses côtés négatifs. Elle est différente dans la forme, partiellement, mais pas meilleure. En avoir conscience aiderait à mieux comprendre la construction rationnelle des motivations du djihadisme contre la France.

PERSISTANCE DE L’AVEUGLEMENT

Les Occidentaux sont persuadés que le modèle de paix instauré en Europe, fondé sur la démocratie, devrait se reproduire ailleurs. Sous cette bannière et cachant mal des appétits économiques et de domination de leurs sources de dépendance, ils ont largement contribué à freiner dans les pays du Sud les processus endogènes d’évolution et d’accession à la modernité. Les Européens, comme les États-Unis, ont cultivé — et cultivent encore — une vision très sélective du monde extérieur où leur promotion de la démocratie, supposée apporter la paix, passe au filtre de leurs intérêts économiques, quitte parfois à l’imposer par la force.
Toute propagande efficace utilise au moins une partie de la réalité pour la présenter à ses propres fins. Cela signifie que critiquer ou dénoncer la méthode employée pour contrer le djihadisme peut « reprendre » une partie du discours de l’OEI. Rejeter en bloc tout ce que dit l’Autre au motif qu’il est l’ennemi peut conduire à l’aveuglement et au refus des clés susceptibles de le faire disparaître. Ce qui est grave, c’est de persuader la population française que ces attentats ont pour finalité de viser ses libertés, ce qu’elle est avec ses valeurs, quand ils sont tous des réactions à la politique extérieure menée par l’État dans le monde arabe, et sont favorisés dans leur exécution par l’incapacité des gouvernements successifs à faire des personnes issues de l’immigration du sud de la Méditerranée des Français à part entière. Le 11 septembre 2001, Al-Qaida n’a pas attaqué les États-Unis pour ce qu’ils sont, pour la liberté dont jouissent ses citoyens ou pour leur mode de vie, mais pour ce qu’ils ont fait au Proche-Orient, pour les centaines de milliers de victimes civiles en Irak des suites de l’embargo sur ce pays après la guerre du Golfe de 1991. Victimes que Madeleine Allbright, alors ambassadrice des États-Unis à l’ONU, qualifiait publiquement de « prix qui en vaut la peine ».
La question n’est pas tant de combattre ses ennemis que de ne pas contribuer à les fabriquer et à les entretenir. Retenir que le djihadisme n’est pas un avatar de l’islam, ni même du salafisme comme trop de faiseurs d’opinion le prétendent serait déjà un premier pas dans la bonne direction. Comprendre que son essence est politique, même si elle est exprimée par la violence en usant d’un langage identitaire extrémiste musulman serait une autre avancée majeure. Que certains, y compris des « Français de souche », soient attirés par la dimension mortifère de l’OEI pour exprimer leur mal-être dans la violence ne doit pas nous distraire du cœur de la question posée : avoir le courage de remettre en cause l’action politique française, car c’est là que réside la machine à fabriquer des djihadistes.
Faute de changements dans son approche, la France devra continuer à s’abriter derrière une nécessaire armada policière de protection qui, malgré tous ses efforts et parfois au détriment des libertés publiques, ne pourra jamais offrir la protection à laquelle a droit chaque citoyen contre les conséquences de la politique conduite depuis des années par les élus. Il faut commencer, à l’extérieur, par mettre en œuvre une nouvelle diplomatie, forte, qui se démarque de suivismes érigés en principes et se libère d’asservissements chroniques, et, à l’intérieur, par reconstruire un vivre ensemble en arrêtant de stigmatiser une catégorie vulnérable de la population.
1Lire notamment Comprendre l’islam politique, une trajectoire de recherche sur l’altérité islamique, 1973-2016, éditions La Découverte, octobre 2016.
2Yves Le Drian, op. cit.
 
"Si vous n’y prenez pas garde, les journaux finiront par vous faire haïr les opprimés et adorer les oppresseurs." Malcom X

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