ELWATAN-ALHABIB
vendredi 23 septembre 2011
 

DOULATE ZBEL (D.Z.) où la dépersonnalisation d’EL DJAZAIR

Par Rochdi Siddiq
Alger a perdu de sa splendeur au même titre que les autres villes d’Algérie léguées par la  colonisation.
Les protagonistes de la politique de 1962 allaient s’emparer d’El Djazaïr pour la rebaptiser avec le sigle RADP (notre République Algérienne disent ils démocratique et populaire). Pour parachever le sigle de leur république, deux lettres fatidiques allaient donner toute la signification qu’ils voulaient imprégner à EL Djazaïr, les fameuses D.Z.
Doulate Zbel avec une dictature d’usurpateurs qui allait se mettre en place pour tout diriger, tout contrôler, tout réprimer. Les pouvoirs passent d’une main à l’autre dans la continuité sans toucher aux fondements du système répressif. La clé de voûte du maintien du statut quo, c’est l’armée avec le fameux esprit de corps (açabyya) dont parle Ibn Khaldoun, et l’argent, surtout avec les recettes pétrolières où toutes les velléités sont étouffées. Depuis 50 ans il n’y a jamais eu de démocratie politique en Algérie, malgré le passage furtif dans le couloir démocratique en 1989, après la révolte d’octobre, qui a vite été déjoué par l’arrêt du processus car n’arrangeant pas les comptes de pouvoir militaire en place. Les usurpateurs ont instauré un système paternaliste où les décisions engageant l’avenir de la Nation sont prises à l’unanimité au niveau des cercles fermés, sans consultation populaire. Le Peuple est considéré mineur, sans capacité de jugement. Toutes les lois votées et signées depuis 1962 sont contre le Peuple car contre son gré. 50 ans d’usurpation politique et aucune lueur d’espoir pour des millions d’algériens. Le système de « tag âala men tag » n’est pas dans les traditions algériennes. Véhiculer une telle idéologie c’est reproduire le système des bachagas et caïds du temps colonial où on imposait le système donnant-donnant (hadja bjaja). Nos martyrs avaient de grands idéaux pour ce Peuple sinon ils ne seraient jamais sacrifiés en combattant le système colonial injuste et perfide. Ces usurpateurs pensent se maintenir une éternité avec un système pestilentiel arrivé à son terme et comme le dit Dieu dans le Coran « Nous allons les mener étape par étape, par où ils ne savent pas ». Actuellement ils sont en train d’enlever leur « zarb » mais pour le replacer autrement, en qualifiant cet évènement de réformes démocratiques, sans la participation du Peuple, sans véritable opposition et après avoir été sermonnés par leurs maîtres occidentaux. Un pays d’Islam s’accommode de tous les régimes politiques mais il est exigé des dirigeants, et c’est le principal devoir, de ne pas usurper le pouvoir et d’être juste avec leur peuple. Le système d’usurpation politique est fondé sur trois logiques, la force (l’armée) el hogra (autoritarisme) et le mensonge, sans pudeur et sans rendre compte. La dernière trouvaille des gendarmes un slogan digne d’une standardiste répondant au téléphone : la gendarmerie à votre service.
Doulate Zbel, les villes sont devenues crasseuses et nauséabondes là où vit le peuple. Les meilleurs corridors sont ceux des endroits officiels où un luxe insultant frappe aux yeux, et qui constituent des endroits infranchissables pour le citoyen lambda. Le précédent ministre de l’intérieur a même préconisé une expertise internationale (propos rapporté par le quotidien liberté à l’époque).
Une expertise a eu lieu mais avec le printemps arabe elle allait leur signifiait la puanteur de leur système politique, fermé, verrouillé, cadenassé, m’zareb. Comment se fait il que des endroits jadis du temps de la colonisation, pour parler uniquement d’El Bahdja pouvaient être foulés des pieds par les citoyens, par exemple l’amirauté, le fort l’empereur, la palais du gouvernement, les tagarins, la forêt des planteurs etc. aujourd’hui sont strictement interdits même d’être regardés de près. Tout récemment encore (selon the economist intelligence unit) Alger parmi les 10 villes au monde où il ne fait pas bon vivre. Une des plus belles villes de la méditerranée du temps de la colonisation devenue infréquentable. La crasse, l’anarchie urbanistique, l’absence de commodités. Il est impossible, en cas d’impériosité urinaire, de trouver avec facilité un endroit pour se soulager. Les gens finissent par imiter les animaux en pleine nature, sans pudeur. Heureusement à certains horaires de la journée la mosquée est là pour constituer l’endroit idéal et bénéfique. Mais pour les femmes il n’y a aucune alternative. Dire que dans certains bureaux des « responsables de l’administration » on y trouve tout le confort personnel. Ceci traduit le mépris envers le Peuple pour lequel aucune considération de ses  besoins physiologiques n’est perçue.
Doulate Zbel que Dieu protège les honnêtes citoyens pour ne pas tomber malade et se trouver à la merci de nos hôpitaux algériens. La plupart du temps les malades passent un véritable cauchemar quand ils échappent à la mort. Outre les mauvaises conditions matérielles, la crasse, le calvaire est conjugué à la maltraitance de certains infirmiers qui subissent le joug des administratifs qui font leur loi parce que affichant au secteur public, où on subit et on se tait. Silence celui qui n’est pas content n’a qu’à aller chez le privé, comme si le privé était à la portée de toutes les bourses. L’organisation de défense des droits de l’enfant a récemment attribué la 81éme place à l’Algérie en matière de système de santé derrière le Botswana, le Sri lanka (dites vous bien) la Tunisie et la Lybie. Il ne faut pas s’étonner les détenteurs du Pouvoir vont se soigner l’Etranger et ils s’en foutent du Peuple.
Doulate Zbel pour trouver un logement ou un emploi, il faut se lever de bonheur et rien n’est garanti pour les citoyens lambda. Il y a ceux qui ont plus de logement que d’enfants (un ancien député se vanter d’avoir construit 20 pièces sans avoir d’enfant), et il y a ceux qui ont plus d’enfants que de logements quand ils ne sont pas forcés à occuper des bidonvilles dépourvus de toutes les commodités minimales : eau courante, électricité, et canalisation des eaux usées. Une représentante de l’ONU pour la question du logement à décrié récemment, lors d’une visite en Algérie, les mécanismes et procédures de distribution des logements sociaux, et ses remarques ont démontré le manque de justice sociale dans la distribution des logements dans le pays des usurpateurs de 1962. Ce sont toujours les clientèles du clan dominant et sous clans en orbite qui en profitent sans qu’ils soient inquiéter. El hogra commence dans ces corridors que le Pouvoir n’entend pas se départir, car constituant une source intarissable d’enrichissement sans cause. Un ancien chef de cabinet de wali, se vanter de se servir à chaque nomination d’un nouveau wali. Selon ses propos il en collectionnait une dizaine.
Doulate Zbel où le socio culturel, est l’un des plus retardataires du monde. Il y a un ministère culturel, il y a aussi un ministère des affaires religieuses (comme jadis les affaires indigènes) un ministère des affaires sociales etc. et pourtant l’algérien est le moins civilisé au monde. Ses déperditions quotidiennes sont publiques. Il crache par terre, il pisse contre le mur, il débite des grossièretés sans pudeur, il blasphème contre Dieu (phénomène unique au monde). Il brave tous les interdits que vous lui prescrivez, ou ceux décrétés par notre religion. Il n’arrête jamais de pérorer, le silence lui fait peur, le vole, il triche, il médise sur son voisin, il est oisif, il n’a aucune conscience sociale. Sa dérive est elle un tsunami qui va directement vers une centrale nucléaire. Sans réaction des forces sociales positives, il nous mène droit vers la catastrophe, car Doulate Zbel s’accommode de cette catégorie d’individus qui constitue le gros du bataillon populiste. Un Peuple ne peut être éduqué et guidé que par les hommes d’intelligence. Mais cette catégorie est muselée et se trouve à la merci du jeu du système qui se nourrit de son populisme grâce à l’argent du pétrole qui arrose les récalcitrants. Il ne faut pas s’étonner des comportements de la populace, elle fait exactement ce que font les « élites » car ces dernières constituent les exemples à suivre.
Doulate Zbel où l’économie devient une course effrénée vers le commerce achat et vente. Tout mouvement émancipateur vers la création d’entreprise productrice de biens manufacturés est désormais contrecarré. C’est l’import/import qui prédomine, tant qu’il y a l’agent du pétrole et l’absence de contrôle populaire sur les recettes et les dépenses du Trésor public. L’algérien devient un consommateur invétéré sans aucune protection des produits importés. Il vénère tout ce qui lui arrive de l’étranger. Aucune personnalité, il est désormais un algérien mlabess et non labess. On fait de lui un homo-économicus impuissant. Il ne sait rien produire sur le plan industriel. Pourtant la force d’une nation repose sur sa capacité industrielle et innovatrice. L’Algérie classée au niveau mondial parmi les pays les moins innovants. Comment peut on innover dans un pays où au plan économique tout s’achète de l’étranger pour être revendu sur le marché intérieur. Le Peuple imite les usages de ces dirigeants. Ceux d’en haut bénéficient de tous les avantages (pratiquement tout leur est gratuit) la populace d’en bas veut la même chose parce qu’elle imite ceux d’en haut. Il n’y a que la classe moyenne qui tente de se maintenir dans les normes des valeurs civilisationnelles : un salaire ou un revenu contre un travail honnête. Nous sommes envahis quotidiennement par une économie informelle de trottoir, dont les seuls produits d’étalage sont ramenés par les barons de l’import qui travaillent à l’ombre. Les usurpateurs sont les premiers bénéficiaires de ce système avec les droits d’entrée, le visible et l’invisible. Tout est fait pour capter la richesse à la source où par redistribution au travers des marchés publics.
Le temps est vital dans son utilisation quand on s’érige en politiciens pour servir le Peuple. Mais ne récolte le bien que ceux qui ont fait œuvre de bien. Ceux qui ont trahi ce Peuple et son indépendance doivent être jugés publiquement pour rendre des comptes devant la Nation meurtrie par 50 ans de Hogra et de déliquescence. Je suis témoin que dans ce pays les ennemis du Peuple algérien sont le militaro-politicien, le coiffeur, le commerçant de l’import et le représentant de la culture, et je témoigne mon respect pour les algériens, quelque soit le rang ou le corps dans lequel ils ont exercé et qui ont gardé leurs valeurs sûres intactes. A voir où se dirige le radeau El-Djazaïr (débaptisée Algérie par la France), si ce système doit se maintenir et la dérive s’accentuer, je suis d’accord pour mettre en concession chaque wilaya au profit de chaque pays développé, pour une durée de 99 ans. Le pays rentrera dans un cycle réel, du vrai. Et les tenants du pouvoir pourront conserver leurs prérogatives dans un scénario virtuel : ils ne devront cependant prendre aucune décision. A moins que les algériens authentiques lèvent la tête et remettent notre cher pays sur ses pieds pour lui redonner tout l’espoir d’une société juste, démocratique et prospère pour lequel se sont sacrifiés nos valeureux martyrs.
Rochdi Siddiq
 
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