Gaza, l’Iran et la Syrie
Le nom propre désigne, disent les linguistes, cette opération nécessaire à ce qu'un sujet puisse se dire, à ce qu'il puisse extérioriser ce qu'il tient en son âme et coeur, à ce qu'il s'identifie auprès de ces semblables. Le terrifiant massacre que les Sionistes perpétuent à Gaza porte bien à cet égard, sa lugubre appellation. « Plombe durci » est le nom d'un génocide qui incarne la déroute des valeurs humanistes ; il est le symbole de l'impasse dans lequel s'ébattent désormais les droits de l'homme, la démocratie et toutes ces marchandises de pacotille que l'Occident vend depuis un siècle au tiers monde. « Plomb durci » est le triomphe de l'absurdité violente, de la barbarie à l'état brut. Mais plus durci encore que ce plomb brûlant, déversé à profusion sur enfants, femmes et vieillards gazaouis, s'avère être les cœurs et les conscience d'une majorité de dirigeants arabes. Une majorité qui, au nom de on ne sait quel vain principe, quelle abjecte considération, quel diabolique intérêt, préfère détourner le regard des corps d'enfants carbonisés que vomissent sans relâche les décombres de Gaza, de feindre la cécité ou pire, l'indifférence. Cette majorité qui, comble de lâcheté, s'oppose même à ce que son opinion se mobilise, à ce qu'elle descende dans la rue crier sa haine, son indignation contre les assassins et les tueurs d'enfants. Heureusement que dans ce désert d'humanité, il existe quelques rares voix qui savent appeler un crime, un crime, une exaction, une exaction, qui savent le condamner, s'en dissocier, et faire ce qu'il est dans leur moyens pour le stopper : le président syrien Bachar Assad fait partie de ces dirigeants. Samedi lors d'une rencontre avec le secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale iranienne, Said jalili, dépêché en urgence à Damas, il a appelé à la fin immédiate de la tuerie, à la levée du blocus, à l'union inter musulmane pour faire face à la tragédie. En présence de Khaled Machaal, chef du bureau politique du Hamas en Syrie, il a tenu réaffirmer que l'opération sioniste à Gaza constituait une grossière erreur et qu'elle ne produirait aucun des effets souhaités par ses planificateurs. Assad n'a pas en sa possession une bulle de cristal pour y lire l'avenir. Il se réfère tout bonnement à sa logique et à son expérience. Une expérience qui a vu la Résistance libanaise mettre à genou les Sionistes et qui voit dans le Hamas sa légitime et méritoire continuateur.
IRIB
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