ELWATAN-ALHABIB
vendredi 29 juin 2007
  Le crime et la manière douce

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29-06-2007
Il se comporte comme le candidat ayant déjà gagné les élections
anticipées qui vont balayer du pouvoir les membres de la mixture Kadima
faite avec des Likoudniks qui ont accepté de "perdre" Gaza pour mieux
fragmenter la Cisjordanie, affamer et bombarder les Gazaouis.

Il était déjà l'invité d'honneur de la Convention de l'AIPAC en mars
dernier à Washington, le Lobby qui arrive à retarder depuis des années
le procès de deux de ses ex-dirigeants attrapés la main dans le sac par
le FBI en flagrant délit d'espionnage pour le compte d'Israël.
Netanyahu avait rencontré tout ce qui était présidentiable aux US(a) à
ce moment et le propos était déjà de faire progresser les sanctions
économiques contre l'Iran au niveau fédéral, cinq cent réunions ont été
tenues avec des élus du Congrès, comme au niveau des États.
Le gouvernement de Floride a décidé de retirer ses investissements des
compagnies qui avaient des relations avec l'Iran. La Californie et
l'État de New York sont en train d'envisager de prendre de telles
mesure également.

Ce dispositif d'étranglement programmé reçoit l'agrément des Démocrates
qui ne souhaitent pas replonger dans une guerre avec de l'hémoglobine
qui coulerait de nouveau à flot ostensiblement sur les écrans
télévisuels du "monde occidental".

Les présidentiables de ce monde là font campagne en allant se faire
adouber dans l'entité sioniste. La réciproque est respectée pour les
USA. Netanyahu assure qu'il ne parle pas de politique intérieure
israélienne au cours de ses rencontres avec les candidats, étant
entendu que la question palestinienne est considérée comme une affaire
interne à l'entité. De même que l'ingérence prochaine de l'armée
jordanienne comme force supplétive à l'armée d'occupation, comme le
quadrillage policier égyptien à Gaza sont du pur interne. La nomination
de Blair comme appoint pour repenser et refonder les institutions
palestiniennes par contiguïté est aussi du domaine intérieur. Blair n'a
en effet pas reçu l'ordre de faire des négociations en vue d'une
quelconque paix, fut-elle hebraïca, le prisonnier de Bush grand
ordonnateur de l'invasion puis de l'occupation de l'Irak est vu par les
Arabes comme un Néron pyromane à qui l'on confie la tâche de sapeur
pompier en chef de Rome. Rice prétend vouloir consacrer le temps qui
lui reste à tailler dans une toile arachnéenne un plan (le nième plus
un, comme dans les suites convergentes ...) pour l'Orient moyen avec
sans doute une autorité, en minuscule, pour Jénine, une autre pour
Ramallah, une dernière pour Béthléem et pour Gaza, un protectorat
égyptien avec une assistance israélienne.
Dans un anglais parfait, Netanhyahu a même séduit Hilary Clinton alors
que sous la présidence de William, la préférence allait vers Pérès
l'inusable.

Il n'a pas été question de la Palestine sans doute parce que son sort
est déjà réglé, Olmert est passé par là la semaine dernière et a obtenu
des sous encore des sous pour plus d'armements et toutes les assurances
de Bush. Il faut s'occuper activement de la grande menace imaginaire
iranienne et comme l'ont déclaré des évangélistes sionistes à l'AIPAC,
"il faut faire à l'Iran ce que nous avons fait à Saddam".

Convergence des Causes
29 juin 2007
 
  Les Usa indésirables en Afrique

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27-06-2007
Ryan Henry, principal conseiller politique au sous-secrétariat à la
Défense étasunienne, s'en est retourné bredouille de son périple en
Afrique la semaine passée. Le fameux plan du Pentagone pour créer
une nouvelle base de commandement militaire en Afrique même, a soulevé
quelque peu des vagues d'hostilité parmi les gouvernements de la région
réticents à s'associer à la "Guerre Contre la Terreur".

Les ministres des affaires étrangères et de défense d'Algérie, de la
Libye, du Maroc, de l'Égypte, de Djibouti et d'autres appartenant à
l'Union Africaine ont été consultés séparément, et unanimement "ont
préféré ne pas s'engager".
En dépit de la considérable amélioration de leurs relations avec les
US(a), ni la Libye, ni l'Algérie, ne souhaitent offrir de base
terrestre à l'Africom. Le Maroc considéré comme le plus proche allié en
Afrique du Nord refuse d'accueillir une base militaire étasunienne
permanente.

Ce mur du refus amènera sans doute le Pentagon à modifier son ambition
et plutôt qu'un seul commandement unifié, il est envisagé d'organiser
une réseau de contrôle militaire à partir d'unités plus petites
réparties sur plusieurs pays.

Ryan Henry prétend dans ses déclarations imiter l'efficacité
délocalisée d'Al Qaïda.

Faut-il rappeler que le Golfe de Guinée, avec l'Angola et le Nigéria
seront les fournisseurs du quart des importations pétrolières
étasuniennes sous peu, que les ressources minières du Congo en diamant,
cuivre et tantale en font une proie pour les prédateurs à peine
déguisés en humanistes. Le doublement des aides pour la lutte contre le
Sida en Afrique porte la somme allouée à quelques misérables
millions de dollars -30 millions exactement-, vraiment pas de quoi
ralentir la progression de la maladie.

Les US(a) ont fait preuve d'un cynisme époustouflant lors de
la dernière réunion du G8 en la matière, bloquant l'application votée
précédemment de l'augmentation de la dotation de la lutte contre le HIV
pour l'Afrique.

L'hégémonie se fêle, irréversiblement.

Convergence des Causes
27 juin 2007
 
jeudi 28 juin 2007
  Newt Gringrich : nous sommes en train de perdre la IVème guerre mondiale

28 juin 2007

Gringrich part en guerre. L’ex président Républicain du parlement US juge que la victoire du Hamas est une défaite dans la IVème guerre mondiale que les USA mènent contre l’Islam radical. Il faut réagir, dit-il. Eradiquer le Hamas et le Hezbollah. Jeter en prison tous ceux qui s’opposent à la politique américaine. Contrôler la population en administrant directement les aides internationales et les établissements d’enseignement. Nous n’en sommes même pas au début, conclut-il, mais nous savons que ce qui nous attend, c’est une vraie guerre. Il faut lire, dans le texte, comment nos « amis américains », non seulement ne redoutent pas la guerre de civilisation, mais s’y préparent, l’appellent de leurs voeux, et nous y entrainent.

Avertissements à Gaza

Par Newt Gringrich, Washington Times, 26 juin 2007

La victoire du Hamas à Gaza est un avertissement. La Quatrième guerre mondiale (ainsi que Norman Podhoretz l’a désignée) va être longue et difficile. C’est aussi un avertissement sur le fait que l’occident, à l’heure actuelle, est en train de perdre la guerre.

Ces défaites ne reflètent pas le courage et la volonté du peuple américain. Lors d’un sondage effectué en juin à la demande de American Solutions, 85% des américains ont déclaré qu’il était important de défendre l’Amérique et ses alliés. Seulement 10% s’y opposaient. Sur la question encore plus déterminante de savoir si il était important de battre les ennemis de l’Amérique, seulement 16% étaient en désaccord.

Donc le noyau dur de gauche en Amérique n’est que de 16%. Il est inférieur de cinq fois au nombre de ceux qui veulent battre nos ennemis.

La source de notre échec ne doit pas être cherchée dans le peuple américain mais dans les dirigeants, manquant d’idées et de dessin, à tout niveaux dans le gouvernement qui à l’heure actuelle préside au lieu de diriger.

La côté tragique du débat en cours à Washington, c’est qu’au même moment où cette absence de dessin et la mauvaise performance de l’administration Bush ont conduit les américains à souhaiter une nouvelle orientation, la politique de la gauche insiste sur le fait que cette nouvelle orientation devra consister à faire "moins de Bush".

Mais les leçons tirées de l’Afghanistan, de l’Irak, du Pakistan, du New Jersey, de la tentative d’attentat à l’aéroport JFK de New York, des attentats en Algérie, du programme nucléaire iranien, du conflit du Liban, et maintenant de la défaite à Gaza pointent toutes dans la même direction. Celle d’une politique pour conduire la guerre qui soit substantiellement plus ambitieuse et plus robuste que celle de Bush.

Au moment ou les forces de la modernité ont été jetées à bas par le terrorisme, notre vie politique ne crée pas un Churchill ou Roosvelt pour rassembler les démocrates, mais au contraire, des avocats de la reddition, de la défaite et du retrait des troupes. Alors que les femmes sont opprimées nous restons silencieux. Face à la faiblesse, aux hésitations et au manque de dessin des dirigeants d’Israel et des Etats-Unis, le peuple voit cette violence comme dénuée de sens, ce bain de sang comme répugant, et les stratégies actuelles comme trop inéfficaces pour continuer à s’y investir.

Gaza constitue l’exemple le plus récent ou le manque d’imagination de l’occident a été mis en échec par la détermination et la cruauté.

Israel a eu un pouvoir énorme sur Gaza durant 40 ans. Les Nations Unies ont géré les camps depuis 1949 avec des résultats désastreux qui ont conduit a un accroissement massif de la population, un chômage considérable, une profonde amertume, et qui produit des entrepreneurs en terrorisme plutôt que des entrepreneurs en création de richesse. Michael Oren a relevé que depuis 1993 l’Autorité Palestinienne a "bénéficié de plus d’aide internationale qu’aucune autre entité durant l’histoire moderne — et davantage par personne que les états européens durant le plan Marshall." Malgré tous ces avantages, la vieille organisation terroriste "raisonnable" a été détruite par la nouvelle génération du Hamas, plus militante et plus féroce.

C’est une victoire insigne pour l’Iran et une défaite pour les USA, Israel et les soi-disants gouvernements arabes modérés.

Les premières réactions à cette défaite ont été pathétiques. Accablés, les gouvernements israelien et américain se sont réunis en se tordant les mains et ont promis de financer le vieux terroriste de la Cisjordanie. Cela s’avérera sûrement être une stratégie perdante. Le Hamas consolidera son emprise sur Gaza et commencera à l’étendre plus résolument sur la Cisjordanie.

L’occident aura tôt ou tard à se confronter à plusieurs réalités difficiles pour battre ses ennemis.

D’abord, les organisations terroristes comme le Hamas et le Hezbollah devront être éradiquées et détruites. Nous n’avons pas aujourd’hui la stratégie, la doctrine ou les techniques pour battre ce type d’organisation. En Irak, après plus de quatre ans d’efforts, notre doctrine actuelle pour le contrôle de la population, pour la police de proximité et le renseignement est pathétique. Pour battre des organisations férocement convaincues et fanatiques de la violence comme Al Qaida et les Talibans, il faudra pour notre part déployer une nouvelle énergie, une nouvelle direction, et une nouvelle détermination.

Deuxièmement, les stratégies consistant à épauler des dictatures corrompues devront laisser place à des aides directes à la population, en assurant les droits à la propriété et les secours financiers directs qui nous permettront d’améliorer la vie des famille et leur permettront d’être plus fortes pour défendre leur voisinage contre les malfaisants. Hernando de Soto sera plus efficace pour planifier cela que tous les bureaucrates de l’AID et de l’ONU réunis.

Troisièmement, le système socialiste des camps de réfugiés, avec ses subsides anti-humanitaires caritatifs, devra être remplacé par un système totalement nouveau de revenu gagné et de droit de propriété acquis pour restaurer la diginité et l’espoir pour chaque palestinien.

Quatrièmement, le système actuel d’écoles sous le contrôle du Hamas et du Fatah devra être remplacé complètement par un système dédié à une éducation convenable, et à l’enseignement des droits de l’homme, plutôt que le jihad et la haine.

Enfin, les mosquées ne seront plus autorisées à prêcher la haine et la violence. La dénazification qui semblait une évidence en Allemagne en 1945 devra trouver son équivalent dans une campagne contre la haine aujourd’hui. Ceux qui sont haineux doivent être défaits, désarmés et détenus si les forces de paix veulent gagner.

Ces étapes ne représentent que le début, mais le fossé existant entre notre réaction pathétique aujourd’hui et les nécessités de la victoire donne une indication sur la route que l’occident a accomplir s’il veut gagner. En des termes Churchilliens, nous ne en sommes même pas au début. Par contre, nous sommes peut-être au début de la reconnaissance du fait que ce sera une vraie guerre.


Publication originale Washington Times
 
mercredi 27 juin 2007
  L'Empire et l'emprise de la Destruction




27-06-2007
Le président d'un des plus grands syndicats du crime, G W Bush
s'accommode fort bien de la démocratie des Pères Fondateurs, les
quelques nantis négriers et assassins allègres des Indiens indigènes
ayant fédéré les colonies britanniques d'Amérique en 1776, pour faire
démissionner un général de l'armée des USA début 2007.

Le Général Major Antonio Taguba avait enquêté sur les crimes et abus
commis par l'armée étasunienne sur les prisonniers politique à Abou
Ghraïb et établi un rapport qui ne laissait pas de doute sur sa
responsabilité. Il a confié au journaliste Seymour Hersh comment il fut
l'objet d'intimidation de la part de John Abizaïd et avoir ressenti
alors, après 32 années de services loyaux à son pays au sein de son
armée, appartenir à une Mafia dont il n'aurait pas respecté le code de
l'omerta.

Il est en effet impérieux que ne soit pas divulguée l'existence de
pratiques un peu secrètes comme l'équipe d'unités spéciales qui errent
de par le monde chargées d'accomplir toute action efficace contre de
présumés "terroristes", à savoir des assassinats.
Bush s'arroge donc le droit d'appréhender qui il veut dans la rue dans
n'importe quel coin de la planète, de l'incarcérer indéfiniment sans en
donner la raison, de le torturer, de le détenir dans une prison secrète
voire de l'exécuter.

Le récent rapport déclassifié cette semaine du Pentagone qui met en
évidence l'implication de psychologues et de psychiatres comme
collaborateurs dans l'élaboration de programmes d'interrogatoire et de
torture pour les agents de la CIA et du Pentagone ne rajoute rien à la
monstruosité des black sites et des pays européens et non européens
complices, de Guantanamo et de la multiplication des prisons en Irak
sur le modèle d'Abou Grhaïb.

Le système politique des Usa est essentiellement le prolongement des
fabricants d'armes qui ont milité très activement contre la détente
pendant la Guerre dite Froide et saboté tout accord de démilitarisation
déjà sous le gouvernement Nixon. Une fois effondrée l'Union soviétique,
les Pipe, Perle, Rumsfeld et autre Robert Gate pouvaient exalter les
dépenses pentagonesques et les porter à des sommes qui atteignent les
mille milliards en recréant un ennemi imaginaire.

Convergence des Causes
27 juin 2007
 
mardi 26 juin 2007
 

Appel à la société civile algérienne !

Réagissons au rapport du gouvernement soumis au Comité des droits de l'homme de l'ONU
Algeria-Watch et Al Karama for Human Rights, 25 juin 2007

Nous lançons un appel aux associations algériennes de défense des droits humais, de femmes, journalistes, syndicats autonomes, militants d'associations et de partis politiques, avocats et défenseurs des droits de l'homme à s'impliquer dans l'examen par les experts du Comité des droits de l'homme de l'ONU du troisième rapport périodique du gouvernement algérien le 23 juillet 2007 (accessible à l'adresse: http://www.unhchr.ch/tbs/doc.nsf/(Symbol)/CCPR.C.DZA.3.Fr?Opendocument).
L'Etat algérien a ratifié le Pacte international relatif aux droits civils et politiques le 16 mai 1989 et s'engage en conséquence à fournir régulièrement un rapport dans lequel il rend compte de l'application des droits consacrés par le Pacte. Il répond ensuite aux préoccupations exprimées par le Comité des droits de l'homme après examen du précédent rapport.
Le Comité des droits de l'homme étudie des communications soumises individuellement et relatives à des violations présumées du Pacte mais aussi des rapports et communications adressés en vue de l'examen du rapport périodique des Etats parties.
Suite à l'analyse du second rapport périodique algérien soumis en 1998, le Comité des droits de l'homme a publié des observations dans lesquelles il a relevé entre autres points, « l'insuffisance de données précises sur la crise actuelle en matière de droits de l'homme » notamment par rapport aux « massacres généralisés (...) dans un grand nombre de villes et de villages », aux assassinats mais aussi aux enlèvements et viols de femmes, à « l'absence de mesures opportunes ou préventives de protection des victimes de la part des autorités de police et du commandement de l'armée », aux « allégations persistantes de collusion de membres des forces de sécurité dans la perpétration d'actes de terrorisme ».
Le Comité s'est dit préoccupé par les informations reçues à propos d'exécutions arbitraires ou extrajudiciaires, le recours à la torture de manière systématique et les disparitions forcées, les centres de détention secrets, les gardes à vue prolongées, les restrictions de la liberté d'expression et d'association.
De plus, il regrette le peu d'informations fournies par le gouvernement algérien à propos des « groupes de légitime défense », ainsi que sur la réglementation garantissant l'indépendance de la justice.
Le Comité formule un certain nombre de recommandations en rapport avec les préoccupations énoncées parmi lesquelles l'information du public algérien des droits protégés au titre du Pacte ainsi que de la possibilité pour des particuliers dont les droits ont été violés de s'adresser au Comité. Il demande à l'Etat algérien de fournir dans son prochain rapport en juin 2000 des réponses aux préoccupations exprimées.
Le 22 septembre 2006, le gouvernement algérien a remis avec six ans de retard son troisième rapport périodique. Pour nous, associations de défense des droits humains et des libertés publiques, il est d'autant plus important que nous prenions connaissance de ce rapport et réagissions qu'il brosse un tableau des plus reluisants de la situation en Algérie mais comporte de nombreuses lacunes et inexactitudes.
Afin de ne pas abandonner au gouvernement algérien le monopole du traitement de questions si fondamentales, nous devons adresser au Comité des droits de l'homme des exposés précis des faits, en fonction de nos occupations et missions spécifiques.
Le gouvernement algérien a répondu à une partie des recommandations formulées par le Comité des droits de l'homme et passé en revue les différents articles du Pacte pour exposer leur mise en application. Nous rapportons ici quelques exemples tirés de ce rapport afin de mettre en relief le caractère erroné de certaines allégations.
1. Le rapport évoque l'instauration de l'état d'urgence pour en démontrer le bien fondé quant à la « situation insurrectionnelle et subversive très grave qu'a connue le pays à partir de 1991 », mais insiste sur le fait que cette mesure « n'interrompt pas la poursuite du processus démocratique, de même que continue à être garanti l'exercice des droits et libertés fondamentaux ». Sans vouloir entrer dans les détails, nous rappelons que le Prof. Mohand Issad, mandaté par le Président Bouteflika pour mener une commission d'enquête suites aux graves dérives qui ont bouleversé la Kabylie en 2001, a constaté que « la chronologie des textes permet de constater un glissement subtil de l'état d'urgence vers ce qui s'apparente plutôt à l'état de siège. Les pouvoirs donnés par l'arrêté de 1993 aux commandants des régions militaires sont des pouvoirs propres, ce qui est caractéristique de l'état de siège » *. Maintenir depuis 1992 l'état d'urgence revient à décréter que la situation qui a selon le pouvoir de l'époque nécessité sa mise en place prévaut encore. Toute la classe politique affirme pourtant que la situation sécuritaire est maîtrisée.
Les entraves à l'exercice des libertés individuelles et collectives et la violation des droits fondamentaux sont monnaie courante et sont parfois justifiées par l'existence de l'état d'urgence à l'exemple des restrictions du droit de manifestation.
2. Le rapport traite longuement de l'ordonnance d'application des dispositions de la Charte pour la paix et la réconciliation promulguée le 27 février 2006 pour en démontrer sa conformité avec la constitution et la compatibilité avec les standards internationaux. L'irrecevabilité de plaintes à l'encontre de membres des forces de sécurité énoncée dans l'article 45 de l'ordonnance est justifié par le gouvernement par le fait que la Charte aurait été « plébiscitée » par le peuple le 28 septembre 2005. La restriction contenue dans cet article « constitue en conséquence un amendement spécifique apporté lors du référendum aux règles générales régissant la saisine de juridictions ».
Il est fondamental de dénoncer cette codification de l'impunité qui s'accommode aussi de l'absence de procédure transparente et publique caractérisant le traitement des personnes suspectées d'activités terroristes qui se sont rendues aux autorités. Quant aux personnes « amnistiées », le retrait de leurs droits politiques est dans de nombreux cas anticonstitutionnel. L'ordonnance prévoit de plus dans son article 46 une condamnation à une peine de prison de 3 à 5 ans pour quiconque qui « utilise ou instrumentalise les blessures de la tragédie nationale pour porter atteinte aux institutions“ du pays, „fragiliser l'Etat, nuire à l'honorabilité de ses agents qui l'ont dignement servie ou ternir l'image de l'Algérie sur le plan international ».
3. Le gouvernement algérien aborde assez rapidement une des plus graves violations des 20 dernières années: la torture. L'idée principale est d'affirmer que le législateur a amélioré les textes existants pour les adapter aux normes internationales et que toute personne l'appliquant est puni par la loi, les fonctionnaires inclus. Pas un mot d'explication sur les allégations de tortures régulièrement dénoncées par les victimes et les organisations de défense des droits de l'homme.
4. Dans le cadre de la liberté de l'individu, le gouvernement traite de la garde à vue qui serait, au même titre que la détention provisoire ordonnée par le juge d'instruction soumise à un contrôle judiciaire et de l'obligation faite à l'officier de police judiciaire d'en informer le Procureur de la République. Or dans la réalité la garde-à-vue de 48h, qui selon le rapport ne peut être excédée, est régulièrement dépassée. Le rapport ne mentionne pas la durée de garde à vue de 12 jours établie par la loi antiterroriste de 1992, toujours de rigueur aujourd'hui. Il va sans dire que la loi n'interdit pas la communication avec la famille et le conseil. Or là aussi la réalité est toute autre. Les personnes suspectées d'activités terroristes (et pas seulement elles) sont détenues au secret pendant des périodes variant de quelques jours à quelques semaines, voire à plusieurs mois.
5. Le gouvernement octroie une place importante à la liberté d'expression et célèbre les immenses progrès réalisés depuis l'adoption de la loi relative à l'information en 1990, la pluralité médiatique et "l'ouverture à toutes les sensibilités politiques, partisanes et associatives" qui en découlent. Les journalistes algériens apprécieront ces éloges et sauront mieux que quiconque décrire la subtilité de la censure et l'autocensure, le vocabulaire choisi, les analyses formatées imposées , la relative liberté commandée dans le cadre de règlements de compte régentés. Qu'en est il des cascades d'inculpations pour diffamation, du refus des visas à de nombreux journalistes étrangers, de la fermeture du bureau d'Al-Jazeera à Alger?
6. Quant à la liberté d'association, autre point abordé dans le rapport, le nombre d'associations agréées témoignerait de la vitalité de la société civile. Il est bien connu qu'une grande majorité d'entre elles n'existent que sur le papier tandis que d'autres, tentent depuis des années d'obtenir un agrément, en particulier des associations de victimes des violations des droits de l'homme commises par des agents de l'Etat. Mais aussi des partis politiques ont vu leur agrément de facto refusé.
La liberté de créer des associations syndicales a effectivement été inscrite dans la loi mais les entraves que rencontrent les syndicats autonomes sont multiples: retrait de subventions, interdiction de louer un local, arrestations et harcèlement judiciaire de syndicalistes etc. Les membres des syndicats autonomes sauront faire état des déboires qu'ils rencontrent dans l'exercice de leurs droits.
Nous n'abordons dans cet appel que quelques uns des articles du Pacte traités par le gouvernement algérien. Le rapport traite aussi la question de l'égalité de droit des hommes et des femmes, l'indépendance de la justice, l'éducation, les droits de l'enfant.
Dans ce rapport, le gouvernement algérien se présente comme garant des droits et des libertés de ses citoyens. L'examen de ce rapport périodique par le Comité des droits de l'homme nous offre l'opportunité de fournir à ce mécanisme de l'ONU des informations détaillées supplémentaires d'un point de vue non gouvernemental. Il est néanmoins nécessaire de préciser que les observations et recommandations du Comité ne sont pas contraignantes et n'ont pas force exutoire. Ce mécanisme ainsi que d'autres offrent toutefois aux organisations de défense des droits humains et des libertés publiques une possibilité supplémentaire - et pas des moindres - de se faire entendre.
Afin de mener à bien cette tâche, les organisations ou personnes désireuses de s'impliquer sur un ou plusieurs points abordés dans le rapport périodique du gouvernement doivent envoyer leur communication au Comité des droits de l'homme bien avant le 23 juillet 2007 en 20 exemplaires (nombre d'experts du Comité) et par la poste afin qu'ils aient le temps de l'étudier.
Nous proposons aux organisations en particulier celles basées en Algérie de nous envoyer leur contribution par e-mail et nous nous chargerons de la faire parvenir en bonne et due forme au Comité. Nous proposons aussi – si elles le désirent - de publier ces contributions sur nos sites respectifs.
Algeria-Watch
Al Karama for Human Rights
www.algeria-watch.org
www.alkarama.org
 
  "LE BOUCLIER ANTIMISSILE AMÉRICAIN ET LA MENACE IRANIENNE",

Centrer











Qui croit réellement à la menace balistique iranienne ? Pas grand monde apparamment, analyse Pierre-Emmanuel Dupont. Va-t-on devoir, faute d’"armes de destruction massive", exporter à nouveau la démocratie busho-israélienne ?

Dans un document rendu public le 29 mars 2007, le Département d’Etat américain justifie son plan de déploiement en Europe orientale d’un bouclier antimissile en affirmant que le système actuel de défense antimissile dont dispose l’OTAN « fournit seulement une protection contre les menaces de courte portée, et ne serait pas capable de se défendre contre des missiles de plus longue portée lancés du Moyen-Orient vers l’Europe centrale ou occidentale ». Outre la Corée du Nord, le projet américain est censé protéger « la sécurité nationale U.S., et la sécurité des amis et alliés des U.S.A. » contre la menace que constitue l’Iran, décrit par le même document comme « l’un des régimes les plus menaçants et les moins responsables du monde ». Au début du mois de mars 2007, John Rood, responsable du Bureau of International Security and Non-proliferation au sein du Département d’Etat U.S., a expliqué clairement que le dispositif projeté, dont la construction des installations doit commencer en 2008, est conçu en réponse à la « menace grandissante » des missiles iraniens.

Le problème, si l’on peut dire, est que les données techniques existantes sur les différents types de missiles dont dispose la République Islamique d’Iran contredisent les affirmations de la diplomatie américaine.

Nous avons consulté une documentation officielle consacrée aux capacités de l’Iran en matière de missiles balistiques, publiée sous les auspices du Congrès des Etats-Unis en 2004. De par son origine, et parce qu’elle s’appuie principalement sur des sources américaines (et en particulier sur des études menées par la C.I.A.) et britanniques, cette documentation est peu suspecte de minimiser ou de sous-estimer les performances de l’arsenal iranien. Il en ressort que, outre un nombre effectivement important de missiles balistiques dits de courte portée (« short range », c’est-à-dire inférieure à 1.000 kilomètres), parmi lesquels les fameux Scud-B (d’une portée de 300 km) et Scud-C (d’origine nord-coréenne et chinoise, et d’une portée de 500 km), le seul vecteur de longue portée dont dispose l’Iran est le Shahab-3.

Les spécialistes estiment que le Shahab-3 est capable d’atteindre une portée de 1.300 kilomètres, et « pourrait » éventuellement emporter une charge nucléaire. Rappelons à ce sujet qu’aucune donnée tangible n’a été apportée à présent à l’appui des allégations américaines selon lesquelles l’Iran chercherait à développer des armes nucléaires.

Les spéculations relayées par certains experts, d’une part sur le fait que l’Iran travaillerait actuellement à l’amélioration des capacités du Shahab-3 (notamment en termes de portée), d’autre part sur l’existence d’un programme visant à développer des missiles Shahab-4, Shahab 5 et Shahab-6 de plus longue portée, semblent ne reposer sur aucune preuve précise et crédible, ainsi qu’il ressort de la documentation américaine susvisée. Quant à l’affirmation selon laquelle le programme spatial iranien, annoncé par Téhéran début 2004 et devant aboutir au lancement d’un satellite, servirait en réalité de camouflage au développement de missiles intercontinentaux, elle n’est pas plus convaincante.

On comprend, dans ces conditions, les réactions très défavorables au projet américain, qui se sont fait entendre en Europe et en Russie. « Les arguments américains ne convainquent pas grand monde en Europe », admet le très atlantiste Figaro. « La menace balistique iranienne est largement surévaluée et ne peut pas justifier le déploiement des moyens stratégiques du bouclier antimissile américain en Europe », a déclaré le 10 mai dernier à Bruxelles le chef d’État-major général des Forces armées russes, Iouri Balouïevski, qui estime en outre que l’Iran, compte tenu des contraintes technologiques, ne serait pas en mesure de se doter de missiles intercontinentaux avant la fin des années 2030, et au prix d’un effort très important.

Quant à Ali Larijani, Secrétaire du Conseil de Sécurité Nationale iranien et principal négociateur international dans le dossier nucléaire, il a récemment souligné que son pays n’a aucune raison de frapper l’Europe, qui est le premier partenaire commercial de l’Iran ; il a employé l’expression de « blague de l’année » à propos de la justification officielle avancée par Washington pour son bouclier antimissile."

Pierre-Emmanuel DUPONT juriste (diplômé de l’Université de Nantes) et chercheur indépendant en relations internationales.

CAPJPO-EuroPalestine


 
lundi 25 juin 2007
 
NON, pas de guerre civile en Palestine mais une occupation qui n'a que trop duré



Il n'y a pas de guerre du tout.
Il n'y a qu'une occupation cruelle, inhumaine, un véritable champ
d'expérimentation d'une prison où des millions d'humains dont près de
la moitié sont des enfants, sont encagés, exposés à la quatrième armée du
monde en dotations technologiques mais la première, très haut sur le
podium, en perversions, fabrications de propagande et manipulations.
Partout ailleurs dans le monde, la tentative de destitution d'un
gouvernement élu aurait porté le nom de coup d'État, sauf en Palestine
occupée.

Les médias dominants avec leur fonction de décerveler ceux qui les subit
ne vont pas parvenir à nous rendre amnésiques.
Les prétendus accords d'Oslo avec le flot ininterrompu de spoliation
des terres palestiniennes, l'augmentation exponentielle du nombre des
colons en Cisjordanie et le mouvement de danse hypnotique autour des
accords sans cesse repoussés sous prétexte que l'occupé doit
exclusivement assurer la sécurité de l'occupant a abouti à l'Intifada
Al Aqsa au lendemain de la provocation meurtrière de Sharon sur
l'esplanade des Mosquées.
De quartette en feuille de route, Mahmoud Abbas a été imposé comme
premier ministre acceptable par les forces impérialistes qui pratiquent
encore quelque délicatesse pour couvrir le démantèlement de ce qui
reste de la Cisjordanie entre sept cents check points, des centaines de
kilomètres de barrière.

Après la disparition du leader historique de l'OLP, mort pour le moins
mystérieuse avec son syndrome d'hémorragie disséminée survenue au
lendemain d'un simple embarras gastrique, les Palestiniens, toujours
victimes de leur emprisonnement meurtrier ont essayé de desserrer
l'étau qui les affame leur interdisant toute circulation en votant
pour le candidat "non terroriste" "modéré" très au goût des diplomates
occidentaux qui allait reprendre des négociations de paix.
Dans l'année qui a suivi, Sharon a continué son Mur, ses manoeuvres
d'annexion, d'emprisonnement-harcèlement de jeunes et moins jeunes
voire d'enfants des deux sexes, et d'assassinats dits ciblés pur actes
de terrorisme et de barbarie. Le peuple palestinien n'avait pas moins
souffert sous Abou Mazen que sous "autorité" de Arafat.
Le moins du tiers du peuple palestinien qui a voté, rappelons que les
habitants d'Al Qods n'y ont pas eu droit et pas non plus la composante
en exil, a choisi de dire Non à la collaboration et à la corruption.
Dans les dix jours qui ont suivi, un article du Haaretz a signalé que
trois camions chargés d'armement ont été livrés depuis Israël pour la
garde Présidentielle de Mahmoud Abbas.
En décembre 2006, l'agence de presse Reuters et de nouveau les médias
israéliens ont font état de nouvelles livraisons d'armes qui ont
transité par l'Égypte. Les démentis de l'Autorité ont fait figure de
dénégations maladroites à ce moment.

Ismail Hanyeh a mis de très longues semaines à former son gouvernement
en mars 2006 dans lequel le Fatah et d'ailleurs les autres formations
comme Al Monadara du Dr Mustapha Barghouti a refusé de prendre part.
Il fallait punir le Hamas d'avoir été vainqueur.
La sanction est vite tombée, la démocratie palestinienne a été
étranglée par la décision du boycott imposée par les Likoudniks.
Maintenant, le dessein de Dov Weiglass de laisser les Palestiniens
affamés s'entre-tuer dans les prisons sous formes de cantons où ils
résident pouvait s'accomplir.

De ci, de là, les Bushniks réaffirmaient leur soutien au très peu
populaire Abbas qui ne déclarait qu'une chose, vouloir rencontrer les
dirigeants de l'État occupant qui ne daignait pas le recevoir,
car qualifié d'illégitime et ne faisant pas encore
assez preuve d' "autorité".
Toutes les tentatives du roi d'Arabie la séoudienne, sa réédition d'une
proposition de paix avec Israël de tous les pays arabes en échange de
la création d'un État palestinien dans les frontières de 1967 et de
faire cesser la lutte aberrante d'un Président contre les élus de son
peuple ont échoué. L'argent et les armes coulaient à flot vers le
mandaté par l'occupant de déclencher une guerre civile. La présence
d'une déléguée de l'Union européenne au point de contrôle de Rafah a
permis au monde entier de savoir rapidement l'acheminement des hommes
entraînés en Égypte par le général étasunien Dayton ces derniers jours.

Il n'est donc pas juste de parler d'une guerre civile quand l'une des
parties est armée et financée par la puissance occupante. Ce à quoi
nous assistons est toujours une lutte de Libération.
Cette configuration n'est pas exceptionnelle dans l'histoire récente
des mouvements de décolonisation.

La situation va se clarifier.

Il faut bien que la gestion confiée à des Palestiniens collaborateurs
de l'occupation cesse et que l'occupation coloniale apparaisse sous son
jour le plus nu, sans déguisements et affabulation. Ni Abbas, ni Arafat
n'ont pu assurer à l'écolier d'aller à l'école, au malade de se rendre
à l'hôpital, ni au fermier de cueillir ses olives.
Le peuple palestinien n'a rien à perdre, nous non plus.
Il nous apprend tous les jours ce que veut dire être libre du fond
de son étroite geôle et de derrière les barbelés électrifiés,
surmontés de lames de rasoir brevetés made in Israël, et ponctués de
miradors gardés par des soldats parfois franco-israéliens, fous de haine
qui tailladent de coups de couteau des chauffeurs de taxi palestiniens
au nom de la Torah ou qui reviennent en France se faire élire députés,
sans rire.


Convergence des Causes
17 juin 2007
 
vendredi 22 juin 2007
  Palestine : le refus des résultats du vote était un vrai coup d’état



Qui sont les putchistes ? Les miliciens du Hamas ou ceux qui voila un an ont refusé de reconnaitre le résultat des urnes et provoqué au désespoir par d’injustes sanctions collectives ? Analyse de Peter Beaumont, pour l’Observer.

Par Peter Beaumont, The Observer, 17 juin

Voici comment fonctionne la politique au pays des merveilles d’Alice en Palestine sous la tutelle des USA et de la communauté internationale. Après des années où on leur a enjoint de tenir des élections et d’adopter un fonctionnement démocratique, les palestiniens, voila un an et demi, ont régulièrement élu le Hamas par 44% des votes contre le Fatah qui en a obtenu 41%.

C’était une élection correcte, comme l’a observé à l’époque l’ancien président Jimmy Carter. Une élection libre, sincère, exprimant exactement les désirs des palestiniens fatigués de l’inefficacité, de la corruption et du gangstérisme du Fatah. Le problème c’est que ce choix ne réflétait pas les attentes de Washington et de la communauté internationale.

Et bien que l’on ne puisse ignorer que le Hamas, qui refuse de reconnaitre l’existence d’Israel et a soutenu les attentats suicides, soit une organisation menaçante, il n’y eu aucune tentative d’ouverture du dialogue comme celle qui avait été pratiqué depuis des années avec le Fatah, dont les militants avaient eux aussi perpétrés des dizaines d’attentats.

Maintenant, après des mois d’embargo financier par l’Europe et les USA du gouvernement dirigé par le Hamas, après le financement et le soutien au Fatah du président Abbas, après cet étranglement lent de la société palestinienne qui a entrainé sa désintégration, qu’avons nous obtenu ? Une quasi guerre civile à Gaza, une dissolution du gouvernement par décret, et un nouveau premier ministre Salam Fayyad, nommé avec la bénédiction explicite des USA.

Permettez moi de rappeler les antécédents démocratiques de Fayyad, un économiste intelligent et remarquable, généralement considéré comme indemne de corruption. En n’importe quelle autre circonstance, il serait l’homme idéal. Mais lors des élections Législatives remportées par le Hamas l’année dernière, sa liste a obtenu 2,4% des voix. Ce n’est pas exactement le profil populaire pour diriger une société en voie d’effondrement. Ce n’est pas là le seul problème. Les connaisseurs de la vie politique palestinienne ne basent pas leur appréciation du manque de crédit politique de Fayyad uniquement sur son faible score aux élections.

Ils vous diront qu’il est largement inconnu de la plupart des palestiniens, qu’il n’a pas le soutien d’un appareil politique, et que sa co-listière Hanan Ashrawi est impopulaire auprès de nombreux palestiniens.

En réalité les seuls appuis qui sont effectivement derrière Salam Fayyad sont les diplomates européens et américains, qui chantent ses louanges depuis déjà longtemps devant tout journaliste qui veut les entendre.

Ainsi, le Président Bush et les autres membres du Quartet ont eu ce qu’ils voulaient. Abbas, plein de dévouement, s’est rendu chez le consul général américain à Jerusalem, avec à sa remorque Mohammed Dahlan, l’homme qui est largement considéré comme celui qui a démarré le cycle des violences à Gaza. Et à la fin de la réunion, le boycott des fonds américains pour le gouvernement palestinien était levé.

Il est difficile de ne pas être désabusé. La société palestinienne a été étranglée jusqu’à la douleur, punie collectivement pour avoir voté pour le mauvais parti. Et lorsque l’explosion inévitable a eu lieu la semaine dernière, Abbas a finalement renvoyé le Hamas, comme les USA l’y encourageaient depuis des mois, durant lesquels il hésitait.

Alors, quel a été le vrai coup d’état ? La sanglante attaque du Hamas contre les gangsters violents du Fatah qui terrorisaient Gaza depuis un an ? Ou la décision inconstitutionnelle prise hier par Abbas avec le soutien des américains ?

Quelle que soit la réponse, encore une fois, ce sont les palestiniens qui vont souffrir.

Peter Beaumont est responsable du service étranger à l’Observer


Publication originale The Observer
 
 

Le gouvernement US envoie des détenus de Guantánamo en Tunisie malgré des menaces de mauvais traitements et de torture


Reprieve, 19 juin 2007

Traduit par le Collectif guantánamo


Reprieve dénonce le transfert – qui vient d’être révélé aujourd’hui – de son client le prisonnier de, Guantánamo Abdullah Ben Omar, et d’un second prisonnier, dont on ignore pour l’instant le nom, en Tunisie.
Les deux hommes ont été expédiés en Tunisie le dimanche 17 juin 2007. Condamné par contumace en Tunisie pour son association avec le parti politique d’opposition Ennahdha, M. Ben Omar court un risque sérieux de mauvais traitements et de torture.
Au début des années 1990, M. Ben Omar a été condamné par contumace en Tunisie à 23 ans de prison pour son affiliation au parti politique islamiste modéré et non-violent Ennahdha. À cette époque, M. Ben Omar vivait au Pakistan depuis 2 ans. Il était absent à son procès et n’a donc pu se défendre. Cette condamnation, ajoutée à l’emprisonnement de M. Ben Omar à Guantánamo, lui fait courir un risqué grave de détention indéfinie et de torture.
"Abdullah Ben Omar a été blanchi par les USA, qui ont considéré qu’il ne constituait pas e menace et ne détenait aucune information sur le terrorisme. Mais les USA ne lui ont pas présenté d’excuses et ne l’ont pas remis en liberté après cinq ans à Guantánamo. Au lieu de cela, il a été expédié en Tunisie, où des mauvais traitements et éventuellement des tortures l’attendent. Qu’est-il arrivé à la justice américaine ? Comment pouvons-nous assurer note sécurité en renvoyant des hommes innocentés à des régimes notoirement sinistres ? », a dit Zachary Katznelson, avocat de Reprieve.
Le gouvernement US n’a autorisé Reprieve à rencontrer M. Ben Omar qu’une seule fois durant ses cinq ans de détention. Lors de sa rencontre avec Zachary Katznelson le 1er mai 2007 à Guantánamo, M. Ben Omar a exprimé de vives inquiétudes quant aux risques qu’il courait, en cas de renvoi en Tunisie, d’être torturé pour être forcé à faire des aveux ou à devenir un informateur. Lorsque Reprieve a plus tard appris que M. Ben Omar avait été condamné par contumace – une condamnation dont M. Ben Omar n’a apparemment pas eu connaissance -, l’organisation a demandé à plusieurs reprises à être autorisée à rendre de nouvelles visites à notre client. Le gouvernement US n’a pas répondu à ces requêtes.
"Aujourd’hui, Abdullah Ben Omar se retrouvé transformé en cobaye dans une expérience diplomatique potentiellement mortelle. Les USA sont si désespérément résolus à se débarrasser de détenus de Guantánamo Bay, qu’ils sont prêts à ignorer l’horrible dossier des droits humains de la Tunisie. La Tunisie fait face à un choix simple : agira-t-elle correctement et montrera-t-elle au monde qu’elle soutient les droits humains ou va-t-elle retourner à son sombre passé ? Nous attendons tous de le savoir », a déclaré Zachary Katznelson.
Abdullah Ben Omar est né dans le nord-est de la Tunisie. Après ses études , il a travaillé comme mécanicien pour les chemins de fer tunisiens. Il a quitté la Tunisie pour l’Arabie saoudite en 1989 pour ensuite aller au Pakistan, fuyant son pays pour cause de persécution religieuse.
Il vivait donc au Pakistan quand il a été condamné en son absence en Tunisie à 23 ans de prison. En 2001, Abdullah a été arrêté à son domicile par des agents pakistanais. Il dit avoir été vendu aux USA pour une rançon de 5000 $.
Il se trouvait à Guantánamo Bay depuis le 5 août 2002. Il est marié et a huit enfants. Sa famille vit en Tunisie.

 
jeudi 21 juin 2007
  En Palestine condamnée
En Palestine condamnée


Ecrit par Tariq Ramadan le 19-06-2007



Il ne fallait pas être devin pour prédire ce désastre. Depuis des années - de processus de paix malmenés en provocations ciblées - le gouvernement israélien essayait de provoquer un conflit inter-palestinien. L’intelligence politique, la patience et la lucidité des acteurs avaient permis d’éviter le pire. Les Palestiniens se savaient divisés sur le plan idéologique mais ils restaient unis dans la résistance à l’oppresseur.

C’est la carotte d’une autorité sans pouvoir qui aura eu raison de leur conscience politique et de leur sagesse. Je l’avais répété au début des repositionnements politiques, avant puis après les élections : il s’agissait d’un piège et le couvercle allait bientôt se refermer sur le peuple palestinien dans son ensemble. Le triste spectacle de ces derniers jours ne fait que confirmer des prédictions si prévisibles. Quel gâchis !

Nous voilà avec deux autorités sans pouvoir, en conflit...avec le seul pouvoir de répandre la mort et la désolation. Des règlements de compte, des assassinats à coup de fatwa ou de dénonciations. C’est intolérable...et le gouvernement israélien, spectateur cynique de ces déroutes, continue à calculer l’étendue de ses gains et avantages. Le chef de cabinet de Sharon nous l’avait annoncé : il n’est pas question d’un processus de paix. Il est question, simplement, de gagner du temps ! Et si les Palestiniens tombent dans le piège et les y aident, comment ne s’en réjouiraient-ils pas ?!

Aucune raison religieuse ou d’Etat ne peut justifier ce conflit interne et les tueries qui en découlent. Le monde musulman devrait être en première ligne pour s’interposer et amener les acteurs à la raison et au bon sens. De là où nous sommes, il nous faut dire, répéter et faire entendre que nous ne sommes pas dupes des jeux et des silences des puissants, des collaborateurs et des lâches mais que rien ne peut justifier que les Palestiniens deviennent les ennemis de leur propre cause. Cela ne peut pas être ! Notre condamnation des tueries, des meurtres et des exécutions sommaires (et de toutes les soi disant fatwas qui les justifieraient) doit être claire, forte, déterminée. Il faut faire cesser ces horreurs et la dérive générale : les Palestiniens de l’intérieur doivent porter ce message à l’instant où, de l’extérieur, nous rappelons à tous les gouvernements (du monde majoritairement islamique comme de l’Occident) ainsi qu’à la communauté internationale des peuples que jamais le monde ne sera en paix si les Palestiniens n’obtiennent leur droit légitime à un Etat et à la dignité. On peut aisément les rendre responsables de ce désastre de quelques semaines et faire mine d’oublier l’immense trahison que signifient ce long silence et cette hypocrisie de plusieurs décennies quant au déni de leurs légitimes revendications.

Il est urgent également de condamner et de mettre un terme au blocus imposé à Gaza par les forces israéliennes d’occupation qui cherchent à asphyxier la population pour la pousser à bout. Cette stratégie est inhumaine et intolérable.

Quel goût amer, quel sentiment d’oppression.. face aux images des opprimés palestiniens... se trompant si gravement d’ennemis.

 
lundi 18 juin 2007
 

Des larmes de crocodile





VOICI CE qui arrive quand un million et demi d'êtres humains sont emprisonnés dans un territoire minuscule et aride, coupés de leurs compatriotes et de tout contact avec le monde extérieur, affamés par un blocus économique et dans l'incapacité de nourrir leur famille.

Il y a quelques mois, j'ai décrit cette situation créée par Israël, les Etats-Unis et l'Union européenne comme un banc d'essai sociologique. La population de la bande de Gaza comme des cobayes.

Cette semaine, on a vu les résultats de l'expérience. Ils démontrent que les êtres humains réagissent exactement comme les autres animaux : quand un trop grand nombre d'entre eux sont entassés sur une petite surface dans des conditions misérables, ils deviennent agressifs, et même ils tuent. Ceux de Jérusalem, Washington, Berlin, Oslo, Ottawa et autres capitales qui ont mis en place l'expérience peuvent se frotter les mains de satisfaction. Les sujets de l'expérience ont réagi exactement comme prévu. Beaucoup d'entre eux sont même morts dans l'intérêt de la science.

Mais l'expérience n'est pas encore achevée. Les scientifiques veulent savoir ce qui arrivera si le blocus est encore pire.

QU'EST-CE qui a causé l'actuelle explosion dans la bande de Gaza ?

Le moment choisi par le Hamas pour prendre de force la Bande n'était pas accidentel. Le Hamas avait de nombreuses bonnes raisons de l'éviter. L'organisation est incapable de nourrir la population. Elle n'a aucun intérêt à provoquer le régime égyptien occupé à combattre les Frères musulman, l'organisation mère du Hamas. L'organisation n'a aucun intérêt non plus à fournir à Israël un prétexte de resserrer encore davantage le blocus.

Mais les dirigeants du Hamas ont décidé qu'il n'y avait pas d'autre alternative que de détruire les organisations armées liées au Fatah qui prennent leurs ordres du président Mahmoud Abbas. Les Etats-Unis ont ordonné à Israël de ravitailler ces organisations en grandes quantités d'armes, pour leur permettre de combattre le Hamas. Les chefs de l'armée israélienne n'ont pas aimé cette idée, craignant que les armes finissent par tomber entre les mains du Hamas (ce qui est arrivé aujourd'hui). Mais notre gouvernement a obéi aux ordres américains, comme d'habitude.

L'objectif américain est clair. Le président Bush a choisi un dirigeant local pour chaque pays musulman, qui gouvernera sous protection américaine et suivra les ordres américains. En Irak, au Liban, en Afghanistan, et aussi en Palestine.

Le Hamas croit que l'homme choisi pour ce travail à Gaza est Mohammed Dahlan. Depuis des années, il a semblé qu'il avait été préparé pour ce rôle. Les médias américains et israéliens ont chanté ses louanges, le décrivant comme un dirigeant fort, déterminé, "modéré" (c'est-à-dire obéissant aux ordres américains) et "pragmatique" (c'est-à-dire obéissant aux ordres israéliens). Et plus les Américains et les Israéliens encensaient Dahlan, plus ils sapaient sa position parmi les Palestiniens. En particulier quand Dahlan est parti au Caire, comme s'il était en train d'attendre pour ses hommes de recevoir les armes promises.

Aux yeux du Hamas, l'attaque des bastions du Fatah dans la bande de Gaza est une guerre préventive. Les organisations de Abbas et de Dahlan ont fondu comme neige au soleil palestinien. Le Hamas a aisément pris le pouvoir sur l'ensemble de la bande de Gaza.

Comment les généraux américains et israéliens peuvent-ils si mal calculer ? Ils ne sont capables de penser qu'en termes strictement militaires : tant de soldats, tant de mitraillettes. Mais dans les combats internes en particulier, l'approche quantitative est secondaire. Le moral des combattants, et les sentiments de l'opinion publique sont de loin plus importants. Les membres des organisations du Fatah ne savent pas pour quoi elles se battent. La population de Gaza soutient le Hamas, parce qu'elle croit qu'il combat l'occupant israélien. Ses opposants apparaissent comme des collaborateurs de l'occupation. Les déclarations des Américaines sur leur intention de les armer avec des armes d'Israël les ont finalement condamnés.

Ce n'est pas une question de fondamentalisme islamique. A cet égard, toutes les nations sont les mêmes : elles haïssent les collaborateurs d'un occupant étranger, qu'ils soient norvégien (Quisling), français (Pétain), ou palestinien.

A WASHINGTON et à Jérusalem, les hommes politiques déplorent la "faiblesse de Mahmoud Abbas".

Ils s'aperçoivent aujourd'hui que la seule personne capable d'empêcher l'anarchir dans la bande de Gaza et en Cisjordanie était Yasser Arafat. Il avait un autorité naturelle. Les masses l'adoraient. Même ses adversaires, comme le Hamas, le respectaient. Il avait créé plusieurs appareils de sécurité concurrents, afin d'éviter qu'un corps unique ne perpètre un coup d'Etat. Arafat était capable de négocier, de signer un accord de paix et d'amener son peuple à l'accepter.

Mais Arafat a été cloué au pilori par Israël comme un monstre, emprisonné à la Mouqataa et, en fin de compte, assassiné. Les Palestiniens ont élu Mahmoud Abbas comme son successeur, espérant qu'il obtiendrait des Américains et des Israéliens ce que ceux-ci avaient refusé à Arafat.

Si les dirigeants de Washington et de Jérusalem avaient vraiment voulu la paix, ils se se seraient empressés de signer un accord de paix avec Abbas, qui avait déclaré qu'il était prêt à accepter le même important compromis qu'Arafat. Les Américains et les Israéliens l'ont couvert de tous les éloges imaginables mais ont rejeté toute demande concrète de sa part.

Ils n'ont permis à Abbas d'obtenir même pas le plus léger et misérable résultat. Ariel Sharon lui a arraché toutes ses plumes et puis s'est moqué de lui comme "un poulet déplumé". Après que les Palestiniens eurent patiemment attendu en vain que Bush bouge, ils ont voté pour le Hamas, dans l'espoir désespéré de parvenir par la violence à ce qu'Abbas avait été incapble d'obtenir par la diplomatie.

Les dirigeants israéliens, militaires et politiques, étaient ravis. Ils voulaient affaiblir Abbas, parce qu'il jouissait de la confiance de Bush et parce que la position qu'il avait prise rendait plus difficile la justification de leur refus d'entamer des négociations réelles. Ils firent tout pour démolir le Fatah. Pour y parvenir, ils ont arrêté Marwan Barghouti, la seule personne capable de garder la cohésion du Fatah.

La victoire du Hamas a complètement répondu à leurs objectifs. Avec Hamas, on ne peut pas parler, offrir un retrait des territoires occupés et le démantèlement des colonies. Le Hamas est ce monstre contemporain, une organisation "terroriste", et, avec les terroristes, il n'y a rien à discuter.

ALORS POURQUOI y a-t-il eu des gens à Jérusalem qui n'étaient pas satisfaits cette semaine ? Et pourquoi ont-ils décidé de "ne pas interférer" ?

En vérité, les médias et les hommes politiques, qui ont contribué pendant des années à pousser les organisations palestiniennes les unes contre les autres, ont montré leur satisfaction et se sont gaussé "nous vous l'avions bien dit". Regardez comment les Arabes s'entretuent. Ehoud Barak avait raison quand il disait il y a des années que notre pays est "une villa dans la jungle".

Mais dans les coulisses, on pouvait percevoir des expressions d'embarras, et même d'anxiété.

La transformation de la bande de Gaza en Hamastan a créé une situation pour laquelle nos dirigeants n'étaient pas prêts. Que faire maintenant ? Isoler complètement Gaza et laisser la population mourir de faim ? Etablir des contacts avec le Hamas ? Réoccuper Gaza, maintenant qu'il est devenu un grand fossé antichars ? Demander l'envoi de troupes internationales de l'ONU – et dans ce cas, combien de pays seraient assez fous pour risquer d'envoyer leurs soldats dans cet enfer ?

Notre gouvernement a travaillé pendant des années à détruire le Fatah, afin d'éviter d'avoir à négocier un accord qui le conduirait inévitablement au retrait des territoires occupés, et au démantèlement des colonies. Aujourd'hui, alors qu'il semble que leur but a été atteint, ils n'ont aucune idée de ce qu'ils vont faire de la victoire du Hamas.

Ils se consolent avec l'idée que cela ne peut pas arriver en Cisjordanie. Là le Fatah reigne. Là le Hamas n'a pas prise. Là notre armée a déjà arrêté la plupart des dirigeants politiques du Hamas. Là Abbas est toujours au pouvoir.

C'est ce que disent les généraux, avec la logique des généraux. Mais en Cisjordanie aussi, le Hamas a eu la majorité aux dernières élections. Là aussi, ce n'est qu'une question de temps pour que la population perde patience. Elle voit l'expansion des colonies, le Mur, les incursions de notre armée, les assassinats ciblés, les arrestations nocturnes. Elle explosera.

Les gouvernement israéliens successifs ont systématiquement détruit le Fatah, coupé l'herbe sous les pieds d'Abbas et ouvert la voie au Hamas. Ils ne peuvent pas prétendre être surpris.

QUE FAIRE ? Continuer à boycotter Abbas ou lui fournir des armes, afin de lui permettre de combattre le Hamas pour nous ? Continuer à l'empêcher d'obtenir le moindre résultat politique ou finir par lui accorder quelques miettes ? Et quoiqu'il en soit, n'est-ce pas trop tard ?

(Et sur le front syrien : continuer à manifester un intérêt de pure forme pour la paix tout en sabotant tous les efforts de Bashar el-Assad de démarrer des négociations ? Négocier secrétement en dépit des objections américaines ? Ou continuer à ne rien faire du tout ?)

Pour le moment, il n'y a pas de politique, et pas de gouvernement qui pourrait fixer une politique.

Alors qui nous sauvera ? Ehoud Barak ?

La victoire de Barak dans la compétition pour la direction du parti travailliste cette semaine l'a presque automatiquement désigné comme prochain ministre de la Défense. Sa forte personnalité et son expérience de chef d'état-major et de Premier ministre lui assurent une position dominante dans le nouveau gouvernement. Olmert agira sur le terrain dans lequel il est devenu le maître incontesté – les manœuvres politiciennes. Mais Barak aura une influence décisive sur la politique.

Dans le gouvernements des deux Ehoud, Ehoud Barak décidera sur les questions de la guerre et de la paix.

Jusqu'à présent, pratiquement toutes ses actions ont eu des résultats négatifs. Il est arrivé très près d'un accord avec Assad le père et au dernier moment , il s'est dérobé. Il a retiré l'armé israélienne du Sud Liban, mais sans parler avec le Hezbollah, qui a pris le pouvoir. Il a contraint Arafat de venir à Camp David, où il l'a insulté et a déclaré qu'il n'avait pas de partenaire pour faire la paix. Cela a porté un coup fatal aux chances de paix, ce qui paralyse encore les Israéliens. Il s'est vanté d'avoir eu pour intention réelle de "démasquer" Arafat. Il a plutôt été un Napoléon manqué qu'un de Gaulle israélien.

Pourra-t-il changer de nature ? Il est difficile de le croire.

DANS LES drames de Shakespeare, il y a fréquemment un interlude comique dans les moments de tension. Et pas seulement dans les drames de Shakespeare.

Shimon Pérès, la personnes qui, en 55 ans de vie politique, n'a jamais gagné une élection, a réalisé l'impossible cette semaine : il a été élu président d'Israël.

Il y a de nombreuses années, j'ai donné pour titre à un article sur lui "M. Sisyphe", parce que, encore et encore, il était très près du succès, et le succès lui échappait. Aujourd'hui il doit avoir l'impression de faire un pied de nez aux dieux en atteignant le sommet, mais – hélas – sans le rocher. La charge de président est dénuée de contenu et d'attributions. Un homme politique creux à une fonction creuse.

Aujourd'hui personne ne s'attend à un débordement d'activité au palais du président. Il fera certainement des conférences sur la paix, des rencontres de personnalités, des déclarations tonitruantes et des plans extraordinaires. En bref, beaucoup de bruit pour rien.

Le résultat concret est que la position d'Olmert a été renforcée. Il a r"éussi à installer Pérès à la présidence et Barak au ministère de la Défense. A court terme, la position d'Olmert est assurée.

Et pendant ce temps, l'expérience continue à Gaza, le Hamas prend le pouvoir et le trio – Ehoud 1, Ehoud 2 et Shimon Pérès versent des larmes de crocodile.


Traduit de l'anglais "Crocodile Tears" : SW


Articles de Uri Avnery publiés par Mondialisation.ca

 
samedi 16 juin 2007
  LES TAMBOURS DE "FAFA" ENTRENT EN RESONNANCE


(par Abdelkader DEHBI)


"Pourquoi les chiens perdent-ils régulièrement au bridge ? – Parce qu'ils ne peuvent pas s'empêcher de remuer la queue dès qu'ils ont un as de pique !"

On serait tenté ici, de parler "d'os de pique" mais passons…

Cette boutade d'un célèbre chansonnier des années cinquante, se prête à merveille pour dépeindre cet enthousiasme indécent montré par un certain quotidien d'expression française, en marge de ce que je qualifierais d' "agitations préliminaires" auxquelles donne actuellement lieu, la prochaine visite à Alger de M. Sarkozy. Un enthousiasme journalistique zélé, voire suspect, mettant en valeur des déclarations lénifiantes et creuses de tel diplomate français en poste à Alger, ou montant en épingle des détails insignifiants sur les capacités de "sherpa", de tel conseiller diplomatique de M. Sarkozy, dépêché en mission, ou alors, annonçant comme un "scoop" vital pour le Peuple Algérien, l'octroi de nouveaux quotas de visas aux Algériens…etc.
Le "Devoir d'informer" ici, cède carrément le pas au "Droit de manipuler l'opinion".
Eh bien non Messieurs de la rédaction de "Liberté" ! Personne, ne fera avaler aux algériens, avec cette tarte des quotas de visas et autres billevesées, leur ferme et légitime attente d'une reconnaissance formelle et solennelle par l'Etat français, des crimes commis contre le peuple algérien durant la période coloniale.
On aura tout le loisir ensuite – et ensuite seulement -, d'examiner tous les traités d'amitié que l'on voudra ou tous autres projets fumeux du genre "Union Méditerranéenne".
Ceux-là – en Algérie ou ailleurs -, qui se hasarderaient à passer en force contre la volonté populaire des Algériens, à la faveur d'une conjoncture de crise institutionnelle et morale interne d'un régime politique en quasi déliquescence, ceux-là devraient savoir que cette exigence historique et morale de notre devoir de mémoire, est une affaire de dignité nationale qui n'appartient à personne en propre. Elle appartient à la mémoire collective et à la conscience intime de chacun des plus de 30 millions de citoyens qui composent le Peuple Algérien.
Aussi bien, aucun homme, aucune légitimité historique, aucune autorité, aucune institution, aucun tour de passe-passe diplomatique, – en Algérie ou ailleurs - ne pourront subroger cette mémoire collective du Peuple Algérien.
Les petits saltimbanques de la politique de "café du commerce" et leurs commanditaires éventuels, doivent se le tenir pour dit une fois pour toutes et ranger au placard les basses manœuvres, les promesses mensongères et les manipulations grossières d'une opinion publique algérienne qui demeure vigilante et surtout, profondément nationaliste, contrairement à ce que pourraient suggérer les inconduites morales et les impérities d'un système politique à l'agonie. (Abdelkader DEHBI)

 
vendredi 15 juin 2007
 

Attentats du 11 septembre 2001 : conspiration islamiste ou nouveau Pearl Harbor ?


par Christopher Pollmann




Attentats du 11 septembre 2001 : conspiration islamiste ou nouveau Pearl Harbor ?



On croit savoir ce qui s’est passé le 11 septembre 2001. On tient donc pour responsables Al-Qaida et son chef présumé Oussama ben Laden, nonobstant le démenti de ce dernier (2). L’affirmation d’un complot islamiste a provoqué de multiples doutes et contre-versions tantôt fantaisistes, voire délirants, tantôt étayés. Toutefois, les média français ont largement refusé de refléter cette diversité d’enquêtes et d’analyses. La “pensée unique” régit y compris la presse habituellement animée par un esprit critique à l’égard des vérités officielles.

Les enjeux sont pourtant considérables : Le 11-septembre, peut-être l’un des événements les plus cruciaux de l’histoire moderne, a permis de déclencher deux guerres, et dans tous les Etats du monde, il est invoqué pour justifier des mesures de surveillance et de répression accrues. C’est pourquoi il est nécessaire de présenter quelques-uns des doutes émis contre la version officielle et de réfléchir à la fois à la signification d’une possible implication américaine et à l’obéissance médiatique en la matière. Cette dernière est d’ailleurs d’autant plus néfaste qu’elle favorise chez les citoyens critiques une méfiance généralisée, voire paranoïaque. Mais commençons par préciser la piste d’un nouveau Pearl Harbor.

Le précédent historique révélateur

En septembre 2000, le “think-tank” Projet pour le nouveau siècle américain publie un rapport intitulé Reconstruire les défenses de l’Amérique. Rédigé sous la direction de Dick Cheney (aujourd’hui vice-président), Donald Rumsfeld, Paul Wolfowitz (devenus ministre et vice-ministre de la défense) et quelques autres, ce document préconise la transformation des Etats-Unis en la « puissance dominante de demain », tout en avertissant que cela serait laborieux en l’absence d’un « événement catastrophique et catalytique – comme un nouveau Pearl Harbor » (3)

Le 11 septembre 2001 a souvent été comparé à Pearl Harbor. Cette comparaison est plus révélatrice qu’on ne le pense au premier abord. Si nous voulons, nous pouvons en effet savoir aujourd’hui que le président Franklin D. Roosevelt connaissait sans doute la date de l’attaque japonaise trois semaines avant qu’elle n’eût lieu, le 7 décembre 1941. C’est d’ailleurs ce que le New York Times a indiqué dès le lendemain.(4) Nous pouvons également apprendre que l’assaut fut facilité par le déplacement, de San Diego/Californie vers Hawaii, de la flotte américaine du Pacifique. C’est ce que préconisait le mémorandum du 7 octobre 1940 rédigé par le capitaine de corvette Arthur H. McCollum, l’expert américain le plus réputé d’avant-guerre en matière d’espionnage naval sur le Japon. Le gouvernement avait besoin, face à une population fortement pacifiste, d’un prétexte pour entrer en guerre contre les puissances de l’Axe. Ce sont là les résultats saillants des recherches menées par Robert Stinnett qui estime d’ailleurs justifiée la démarche présidentielle face à la menace fasciste.(5)

La presse américaine a rendu compte de cette publication. Ainsi, The Wall Street Journal commente : « reproduisant beaucoup de ses documents récemment découverts », « Mr. Stinnett a écrit un livre fascinant et lisible qui est exceptionnellement bien présenté ».(6) Le New York Times reste plus réservé, mais résume néanmoins qu’ « il est difficile, après avoir lu le livre abondamment documenté de Mr. Stinnett, de ne pas douter de quelques suppositions, auparavant non contestées, sur Pearl Harbor. »(7)

En France, en revanche, aucun journal ni magazine ne semble avoir évoqué cet ouvrage. Pourtant, quand de futurs dirigeants des Etats-Unis préconisent indirectement un nouveau Pearl Harbor, dans le document précité de septembre 2000, il serait judicieux de questionner ce précédent historique. Et cela d’autant plus que depuis la publication du livre de R. Stinnett en 1999, la référence à Pearl Harbor devait apparaître pour le moins comme ambiguë, voire comme synonyme d’une attaque simulée (8).

Concernant le 11-septembre lui-même, il ne s’agit pas nécessairement d’aller aussi loin que Robert M. Bowman, docteur en aéronautique et ingénierie nucléaire, l’un des soldats les plus primés et l’un des plus éminents experts de sécurité nationale aux Etats-Unis : Dans une interview radiophonique avec The Alex Jones Show diffusée dans tout le pays, il a récemment estimé, preuves à l’appui, que le principal instigateur du 11-septembre pourrait être... le vice-président Dick Cheney (9) ! Mais il s’agirait de rendre compte d’une prise de position aussi autorisée.

Mystères inexpliqués de la version officielle

Les faits, événements et autres phénomènes que n’explique guère l’hypothèse d’une conspiration islamiste se chiffrent par centaines.(10) On ne peut donc en mentionner que les plus importants ou intrigants. Parmi de multiples sources, le lecteur curieux pourra d’ailleurs regarder de nombreux films.(11)

1) Il y a tout d’abord les questions qui concernent ce qui s’est passé le jour fatidique :

Alors que le détournement simultané de quatre avions était déjà connu, aucun intercepteur ne quitta à temps, pendant 75 minutes, les bases aériennes de McGuire (New Jersey) et d’Andrews (Virginia), pourtant seulement à quelques minutes de vol de New York et de Washington D.C. (12) Est-ce à cause de la confusion provoquée par d’importants exercices militaires qui, le matin du 11 septembre, simulèrent des attaques d’immeubles éminents par des avions (13) ? Qui les organisa ? Pourquoi le bâtiment 7 du World Trade Center s’est-il effondré aussi, sept heures après les tours jumelles, alors qu’il n’a pas été heurté par un avion ? Cet immeuble de 47 étages hébergeait des services de la C.I.A. et plusieurs autres services secrets et centres de commande militaire... Comment ces trois immeubles ont-ils pu descendre à une vitesse proche d’une chute libre ? Aucun bâtiment encadré d’acier ne s’étant jamais écroulé du fait du feu, qu’en est-il de l’hypothèse d’une démolition contrôlée, fondée sur des témoignages et des indices d’explosions ? (14) Comment expliquer que les tours se soient effondrées si régulièrement et d’un seul coup, en tombant sur leurs propres fondations, et aussi vite après l’impact, au bout de seulement 56 minutes dans le cas de la tour du Sud ? Précisons que le milliardaire Jimmy Walter a offert 1 millions de dollars à qui prouverait qu’elles auraient pu s’écrouler sans recours à des explosifs ; le prix n’a pas encore été réclamé. (15) Comment expliquer l’expression du visage de George W. Bush juste après qu’il avait reçu la nouvelle de l’attaque contre la deuxième des tours de New York ? Pas de stupeur, pas d’horreur ; on y voit quelqu’un qui mord ses lèvres et ferme et rouvre ses yeux, comme s’il était momentanément surmonté par la mauvaise conscience. (16)

2) Il y a ensuite des événements suspects autour du 11 septembre :

De hauts responsables du Pentagone annulèrent leur vol prévu le matin du 11 septembre.(17) Pendant les jours précédant le 11 septembre, de fortes spéculations boursières permettaient des gains de douze à quinze millions de dollars contre les actions de United Airlines et d’American Airlines (18), les deux compagnies aériennes affectées par les attentats. Le soir du 12 septembre, les noms des kidnappeurs furent présentés au public alors qu’ils ne figuraient pas sur les listes des passagers. Toutefois, plusieurs de ces personnes sont encore en vie.(19) Le F.B.I. présenta d’ailleurs en parfait état le passeport de Satam al Suqami, l’un des kidnappeurs présumés du vol d’American Airlines n° 11 qui avait heurté la tour du Nord. En revanche, la boîte noire et l’enregistreur vocal de la cabine de pilotage, réputés indestructibles, de cet avion (comme de son successeur frappant la tour du Sud) étaient introuvables ; dans le cas des deux autres avions enlevés, les données enregistrées par ces précieux outils sont ou bien inutilisables ou bien secrètes.(20) Selon Le Figaro, Larry Mitchell, délégué de la C.I.A. à Doubaï, rencontra, entre le 4 et le 14 juillet 2001, O. ben Laden à l’hôpital américain de l’émirat où celui-ci séjournait pour une dialyse.(21) En août 2001, rapporte le quotidien Times of India, le service secret du Pakistan effectua un virement de 100.000 $ à Mohammed Atta. (22) Son directeur, le général Mahmoud Ahmad, rencontra George Tenet, chef de la C.I.A., le 5 septembre, puis, le matin du 11 septembre 2001 (ou la veille), Bob Graham et Porter Goss qui étaient présidents des commissions sur les services secrets du Sénat et de la Chambre des représentants, respectivement.(23)

3) Enfin, certains éléments pourraient éclaircir l’arrière-plan du 11-septembre :

Depuis son investiture comme président des Etats-Unis, George W. Bush bloquait ou suspendait les investigations et mesures concrètes du F.B.I., de la C.I.A. et d’autres agences contre O. ben Laden et sa famille, à tel point que John O’Neill, enquêteur-en-chef du F.B.I., démissionna de son emploi en juillet-août 2001. Nommé par la suite chef de sécurité du W.T.C., il compta parmi les victimes le jour fatidique.(24) Après les attentats, une enquête a été considérée contraire à la sécurité nationale.(25) On peut se demander quelles étaient les raisons pour cette hostilité : les relations commerciales étroites entre les familles Bush et ben Laden (26) ou le possible rôle d’O. ben Laden en tant qu’agent double ? Lors de la guerre contre l’Afghanistan, selon un ordre du Pentagone, un couloir de Konduz jusqu’au Pakistan ne devait pas être bombardé, pour que des dirigeants d’Al-Qaida et des talibans et plusieurs milliers de leurs combattants puissent être évacués.(27) ... contre quelles révolutions ?

Pour autant, ces derniers éléments ne suffisent pas pour expliquer les raisons et motifs d’une éventuelle implication américaine, voire gouvernementale. En l’absence d’études approfondies, nous sommes réduits à formuler des hypothèses, en prenant soin d’appliquer raison et bon sens. Bien entendu, on n’a pas besoin d’adhérer à ces analyses provisoires pour partager les doutes évoqués ci-dessus (et inversement).

L’explication la plus connue avance l’approvisionnement en hydrocarbures. Ainsi, déjà lors des négociations de juillet 2001 sur la construction d’un gazoduc traversant l’Afghanistan, les talibans gouvernant ce pays se sont vus opposés des menaces militaires par la délégation américaine.(28) Suite à la guerre d’automne 2001, les vainqueurs nomment Hamid Karzai, ancien consultant de la United Oil of California, nouveau premier ministre de l’Afghanistan.(29) Dans le cadre de cette guerre, les Etats-Unis ont pu installer de nouvelles bases militaires dans plusieurs pays de la région. Le 11-septembre leur a également permis, il est vrai au prix de mensonges variés et d’une perte de légitimité considérable, de prendre contrôle des ressources pétrolières de l’Irak.

Plus incertaine, une explication géopolitique (30) tient à la disparition de l’U.R.S.S. Paradoxalement, le régime soviétique était peut-être le soutien le plus précieux du monde capitaliste : Moscou stimulait, canalisait et neutralisait les espoirs de changement social à travers le monde. En effet, l’U.R.S.S. a été majoritairement perçue comme concrétisation du projet socialiste ou communiste. (Certes, cette perception était fausse puisqu’elle ne correspondait visiblement pas au Manifeste communiste où nous lisons que la société sans classes se caractérise par « le libre épanouissement de chacun comme condition du libre épanouissement de tous » (31).)

Ainsi, les désirs d’émancipation sociale et nationale étaient orientés vers des ambitions d’industrialisation et récupérés au profit de la stabilité politique recherchée par Moscou. L’Union soviétique constituait ainsi une police politique du changement social, tout en le discréditant. En même temps, elle donnait cohésion et légitimité au “monde libre”.

Après la dislocation de l’U.R.S.S., n’existe plus de puissance capable de contrôler les divers mouvements de révolte contre le désordre capitaliste, qu’ils soient altermondialistes, islamistes ou plus traditionnellement nationalistes et protectionnistes. Pire, certains pays, notamment en Amérique latine, pourraient s’extraire de la domination néocoloniale exercée à travers le marché capitaliste mondial, voire – comme la Chine – rivaliser avec le monde occidental.

C’est dans cette perspective que se situe « le nouvel impérialisme libéral » sur l’Est et le Tiers Monde prôné par le diplomate britannique Robert Cooper (32). Il s’agit de reprendre le contrôle de ces pays si nécessaire, ambition contre-révolutionnaire si l’on conçoit leur accès à l’indépendance face aux puissances coloniales comme étant des révolutions. Le 11-septembre serait alors une pièce maîtresse dans un projet de revenir sur la décolonisation.

Cette explication prend une tournure particulière sous la plume d’un des hommes les plus puissants de la planète, Zbigniew Brzezinski. L’ancien conseiller pour la sécurité nationale sous le président Carter estime que les Etats-Unis sont probablement la « dernière puissance suprême ».(33) Ce statut lui semble de moins en moins compatible avec la mondialisation et la tendance à la démocratisation dans différentes parties du monde. C’est dans ce contexte qu’il faut apprécier son sentiment que la « démocratie est peu favorable à la mobilisation impériale » et que l’« Amérique est trop démocratique chez elle pour être autocratique à l’étranger » ; « un consensus en matière de politique étrangère est difficile à façonner, sauf en cas d’une menace extérieure directe, vraiment massive et largement perçue. » (34)

Cette analyse (qui anticipe celle du Projet pour le nouveau siècle américain citée au début) suggère que Z. Brzezinski juge nécessaire un sursaut impérial permettant aux Etats-Unis de profiter de leur statut de puissance suprême et de le prolonger tant qu’ils l’ont encore.

En dernier lieu, on peut avancer une explication socio-économique. Le 11-septembre a permis « les plus fortes restrictions dans notre histoire » des droits individuels et libertés publiques (35), aux Etats-Unis notamment par le “Patriot Act” I. Adopté déjà le 26 octobre 2001, ce document de 345 pages regroupant de multiples mesures législatives et réglementaires a dû être préparé bien avant le 11-septembre. Partout dans le monde, l’invocation de la menace “terroriste” légitime le renforcement de l’appareil d’Etat et le contrôle accru sur la population en général et à l’encontre des minorités et des contestataires en particulier.

Or, cette vague répressive se déroule en même temps qu’une politique d’austérité visant à transférer des ressources vers les couches et les contrées les plus puissantes. C’est pour cela qu’on peut penser que la restriction des droits et des libertés a pour objectif de faciliter ces transferts en entravant les mouvements de refus et de résistance. Il s’agirait donc de revenir sur les “acquis sociaux” obtenus grâce à la pression populaire et consentis par les Etats occidentaux pour maintenir leur légitimité dans la soi-disant concurrence des systèmes, donc face à l’Union soviétique. En ce sens également, les attentats semblent relever d’un projet quasi contre-révolutionnaire, initié par les couches dirigeantes américaines et partagé par de nombreuses autres élites nationales.

Le 11-septembre serait donc une contre-révolution à la fois internationale et intérieure.

Démonologie et supériorité occidentale

Dans ces conditions, ce n’est que logique que les média dominants de (presque) tous les pays cautionnent la version officielle du 11-septembre. Toute contestation signifierait mise en cause des privilèges obtenus ou espérés par les élites nationales (qui contrôlent ces média). Il est beaucoup plus difficile d’expliquer les raisons pour lesquelles même la presse, les individus et les groupes réservés ou hostiles aux élites taisent leur sens critique.

Douter de la version officielle semble toucher une corde sensible et provoquer un rejet viscéral, dans le monde occidental en général et notamment en France. J’en veux pour preuve la réaction haineuse que les livres critiques de Thierry Meyssan (36) ont provoqué chez un rédacteur de l’hebdomadaire de gauche Politis, Fabrice Nicolino. Celui-ci reproche à cet « insupportable montage » « une construction délirante », grâce à une « méthode qui est aussi celle des négationnistes », assimilée également aux « si fameuses notes des Renseignements généraux ». Il termine par l’injure : « Meyssan est un imposteur, Meyssan est un salaud [...] ».(37)

On pourrait se contenter de rappeler que les propos de Thierry Meyssan sont confirmés et corroborés par de nombreuses publications et personnalités, notamment aux Etats-Unis, dont certains sont cités dans cet article. Mais il est encore plus important d’étudier le surinvestissement émotionnel de F. Nicolino. Si l’on écarte la possibilité d’une querelle de personnes, il ne peut s’expliquer que par un ébranlement de quelque chose de fondamental. En effet, suggérer que des autorités américaines ont laissé faire, ont peut-être même contribué aux attentats heurte de front une conviction profonde : Les sociétés dites modernes se voient comme “civilisées”, rationnelles et transparentes et donc gouvernées par le droit et la raison. En dépit des multiples précédents historiques contraires (38), nous y somme nombreux à croire, tout au moins, en une telle intelligibilité du monde occidental. Ce besoin n’est sans doute pas sans rapport avec le fait que la croyance en l’Etat y a largement supplanté la foi en Dieu.

Si l’hypothèse d’une implication américaine apparaît monstrueuse à nos yeux, les autres – arriérés hier et islamistes aujourd’hui – sont censés pouvoir commettre des actes toujours aussi monstrueux. En définitive, ce parti-pris révèle le sentiment de supériorité morale occidentale comme peut-être dernier ressort de l’acceptation de la version officielle.

Une autre raison pourrait consister en la capacité d’auto-immunisation des théories conspiratrices contemporaines dirigées contre le monde arabe et musulman. Ces théories s’apparentent ainsi à la démonologie développée lors de la chasse aux sorcières à la fin du Moyen-Age. A cette époque, tout doute émis contre la présence du diable attestait sa perfide capacité de dissimulation et le rendait encore plus dangereux. Aujourd’hui, toute réserve à l’encontre de l’idée d’une conspiration islamiste se voit elle-même, aussitôt, qualifiée d’obsession d’un complot d’Etat, voire de complicité avec les kidnappeurs.(39)

Mutisme médiatique et extrême-droite

Il est d’ailleurs révélateur que les média dominants réservent les termes de conspiration, complot et conjuration aux impensables activités secrètes fomentées par des factions de l’appareil d’Etat à l’intérieur des pays occidentaux. L’action attribuée à Al-Qaida n’est pas qualifiée de complot. Pourtant, les trois termes désignent des « menées secrètes et concertées de plusieurs personnes contre quelqu’un ou contre une institution » (Larousse), ces personnes pouvant donc être des étrangers. Les média font comme si l’enlèvement et la conduite de quatre avions de ligne par Al-Qaida ne nécessitaient pas clandestinité et dissimulation, comme si de telles opérations pouvaient être élucidées et comprises grâce aux seules déclarations des autorités n’ayant dès lors plus besoin de mener d’enquêtes. La version officielle s’impose par la force magique de l’évidence.

Ces trois termes acquièrent ainsi une connotation de fiction malsaine, permettant de les coller à toute mise en doute pour lui donner une allure obsessionnelle. Les analystes qui doutent sont par-là excommuniés de la communauté des gens sérieux. Symptomatique de ce biais est le sentiment formulé par la rédactrice en chef du magazine Alternatives internationales face à la « thèse du complot, qui m'ennuie beaucoup » (40), puisqu’elle ne parle évidemment pas du complot attribué à Al-Qaida.

Son appréciation indique également à quel point l’information en la matière dépend de sentiments et d’idées préconçues, comme si l’investigation d’un crime aussi retentissant devait être déterminée par des considérations étrangères aux faits. Cela dit, l’autocensure est particulièrement forte dans le microcosme médiatique parisien, probablement le plus centralisé de tous les pays occidentaux. Ailleurs, par exemple aux Etats-Unis et en Allemagne, la défaveur médiatique à l’égard des contestataires de la version officielle n’a pas pu empêcher l’édition d’innombrables livres critiques ; certains d’entre eux se sont même vendus à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires (41). Aux Etats-Unis, au moins un important magazine à diffusion nationale, The Nation, a mis en question le récit officiel.(42) D’ailleurs, 81% des citoyens y partagent désormais ces doutes, d’après un récent sondage commandé par le New York Times et la chaîne de télévision CBS.(43) Encore une fois, le silence règne : ni le New York Times, ni CBS, ni d’ailleurs les grands média français ne semblent avoir rendu public ce sondage...

Ce mutisme médiatique n’a pas seulement pour effet de discréditer les incertitudes à l’égard de la version officielle et les explications alternatives du 11-septembre. Il a également comme conséquence de provoquer chez les individus critiques l’impression d’être seuls et incompris dans leur scepticisme. Se voyant déconsidérés et dévalorisés, ils seront alors susceptibles de se sentir méconnus, voire persécutés. Face à la connivence médiatique, pourrait se développer une méfiance généralisée contre tout ce qui relève de l’“officiel” et du socialement visible : les médias, les institutions publiques, les grandes entreprises. Une telle vision paranoïaque et potentiellement antisémite du monde pourrait facilement être récupérée par l’extrême-droite. Celle-ci y trouverait d’ailleurs un terreau fertile pour son anti-américanisme.

Cette analyse n’est pas purement spéculative, mais peut-être étayée par l’évolution de la pensée d’Eric Hufschmid, essayiste et réalisateur de films. Après le 11-septembre, il s’est rapidement imposé comme l’un des analystes critiques les plus convaincants, avec son livre Painful Questions et son film Painful Deceptions.(44) Or, ces derniers mois, il a rédigé plusieurs textes qui frôlent le délire à relents antisémites, voire contribuent à mettre en question la réalité de l’Holocauste.(45)

Signalons pour terminer que l’absence de questionnement à l’égard de la vérité officielle ne signifie pas nécessairement absence de critique même radicale. Ainsi, Jean Baudrillard (qui ne dit mot de ces incertitudes) conteste fondamentalement l’idée dominante d’un occident innocent : à travers le “terrorisme”, sécrété au sein même du capitalisme mondialisé, « l’Occident, en position de Dieu, de toute-puissance divine et de légitimité morale absolue, devient suicidaire et se déclare la guerre à lui-même ». Et face au 11-septembre, le sentiment d’innocence se décline en deux branches, la compassion et sa « sœur jumelle », l’arrogance : « On pleure sur soi-même, et en même temps on est les plus forts. Et ce qui nous donne le droit d’être les plus forts, c’est qu’on est désormais des victimes. C’est l’alibi parfait [...] ».(46) Ces puissantes interrogations rejoignent d’ailleurs ma propre exploration politique et philosophique du 11-septembre qui part de la prémisse que les attentats se soient déroulés conformément à ce qu’en disent les média.(47)

D’où enfin cette question : Est-il impossible de mener un travail de recherche sur deux fronts parallèles ? A savoir, d’un côté criminologique étudier le 11-septembre comme acte “terroriste” recelant une part de responsabilité américaine et occidentale. Puis, de l’autre, criminalistique, mettre en doute l’existence d’un tel acte dit terroriste pour examiner l’éventualité d’une complicité du gouvernement des Etats-Unis ? En tout cas, « parfois, le récit officiel s’avère être un mensonge – regardez par exemple ce que l’Administration Nixon prétendait et que la presse reportait généralement quand l’affaire Watergate était à ses débuts. L’alternative à la thèse d’une conspiration [dans l’appareil d’Etat] est la “thèse de la coïncidence”. Mais à un certain moment, quand assez de “points” [suspicieux] forment une ligne, l’idée que tout est juste coïncidence devient la théorie la plus folle. » (48)

Notes

1 L’idée de ce titre m’est venue suite à la rencontré avec Claude Mazauric, professeur émérite d’histoire moderne à l’Université de Rouen, qui parle de contre-révolution pour désigner l’apparent retour en arrière à l’intérieur des pays occidentaux.

2 Cf. l’interview avec O. ben Laden au quotidien pakistanais Ummat (www.ummat.com.pk/, en ourdou), 28 sept. 2001, entre autres sur le site http://freemasonrywatch.org/obl_denies.html. La vidéocassette sur laquelle il aurait approuvé les attentats semble manipulée, cf. http://www.whatreallyhappened.com/articlesosama.html ainsi que Mathias Bröckers, Verschwörungen, Verschwörungstheorien und die Geheimnisse des 11.9., Zweitausendeins : Frankfurt/M. 2002, p. 196 à 198.

3 Project for the New American Century, Rebuilding America’s Defenses. Strategy, Forces and Resources for a New Century, Washington D.C. 2000, (www.newamericancentury.org/RebuildingAmericasDefenses.pdf ), p. 50 s.

4 New York Times, “Attack Was Expected”, Pearl Harbor special ed., 12 déc.1941, p. 13.

5 Robert Stinnett, Day of Deceit. The Truth about FDR and Pearl Harbour, Free Press : New York 1999 ; interview de l’auteur en anglais sur http://www.disinfo.com/archive/pages/article/id1488/pg1/index.html. V. également le résumé chronologique des événements in “Pearl Harbor : Mother of all Conspiracies”, sur What Really Happened, http://www.whatreallyhappened.com/pearl/www.geocities.com/Pentagon/6315/pearl.html .

6 Bruce Bartlett, “The Latest Sortie on That Fateful Surprise Attack”, The Wall Street Journal, 7 déc. 1999 (notre trad.), voir http://online.wsj.com/public/page/3_0466.html?mod=topnav_0_0012 . Spécialiste en la matière, B. Bartlett est l’auteur de Coverup : The Politics of Pearl Harbor, 1941 – 1946, Crown Pub : New York 1979.

7 Richard Bernstein, “On Dec. 7, Did We Know We Knew ?”, New York Times, 15 déc. 1999, http://query.nytimes.com/gst/fullpage.html?res=9F0CE0D91E31F936A25751C1A96F958260 (notre trad.).

8 Telle est la thèse de David Ray Griffin, Le Nouveau Pearl Harbor. 11 Septembre : questions gênantes à l’administration Bush, DemiLune 2006.

9 http://prisonplanet.tv/audio/030406bowman.htm. Pour un compte-rendu écrit de l’interview, v. Paul J. Watson & Alex Jones, “Former Head of Star Wars Program Says Cheney Main 9/11 Suspect” sur Prison Planet.com, http://www.propagandamatrix.com/articles/april2006/040406mainsuspect.htm , 4 avril 2006.

10 On en trouvera un relevé fort étendu chez Paul Thompson, “Complete 9/11 Timeline”, http://www.cooperativeresearch.org/project.jsp?project=911_project .

11 Voir http://reopen911.online.fr , par exemple : Carlo Revelli, “11 septembre 2001 : le nouveau film qui dérange l’Amérique”, http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=8104 , avec lien vers la vidéo gratuite de Dylan Avery, Loose Change (V.O.S.T., 2ème éd. fév. 2006, http://www.dailymotion.com/video/76435). V. également Michel Chossudovsky (professeur d’économie politique à l’Université d’Ottawa), Guerres et mondialisation. La vérité derrière le 11 septembre, Serpent à plumes 2002 ; l’un des chapitres centraux figure sur http://globalresearch.ca/articles/CHO205A.html (en français). Par ailleurs, l’éditeur français DemiLune vient de publier les traductions de cinq livres américains mettant en cause la version officielle (voir, entre autres, ci-dessus note 8).

12 Michael C. Ruppert, “A Timeline surrounding September 11th”, n° 65 avec réf., http://www.fromthewilderness.com/free/ww3/index.shtml

13 Alex Jones & Paul J. Watson, “Wargames Were Cover for the Operational Execution of 9/11”, sur Prison Planet.com, 20 sept. 2004, www.prisonplanet.com/articles/september2004/080904wargamescover.htm .

14 Cf. Andreas von Bülow, Die CIA und der 11. September. Internationaler Terror und die Rolle der Geheimdienste, Piper : München 2003, p. 201 à 210. Docteur en droit, l’auteur fut, en RFA de 1969 à 1994, député fédéral, ministre de la recherche et de la technologie et secrétaire d’Etat à la défense chargé des services secrets.

15 Cf. Jimmy Walter, “$1 Million Contest Details”, http://reopen911.org/Contest.htm , avec une démonstration scientifique prouvant la nécessité d’explosifs.

16 Cf. la séquence de photos avec analyse détaillée chez M. Bröckers & Andreas Hauß, Fakten, Fälschungen und die unterdrückten Beweise des 11.9., Zweitausendeins : Frankfurt/M. 2003, p. 149 à 154.

17 Cf. Newsweek, 24 sept. 2001.

18 Cf. Christian Berthelsen & Scott Winokur, “Suspicious profits sit uncollected. Airline investors seem to be lying low”, San Francisco Chronicle, 29 sept. 2001, www.sfgate.com/cgi-bin/article.cgi?file=/chronicle/archive/2001/09/29/MN186128.DTL, et Rolf Bovier & Pierre Matthias, “Insidergeschäfte vor den Terroranschlägen in den USA?”, magazine économique Plus Minus de la Radio bavaroise: www.br-online.de/geld/plusminus/beitrag/20010925/thema_2.html , cités et commentés par M. Bröckers, op. cit., p. 107 à 109, 133 à 135.

19 M. Bröckers, op. cit., p. 89, 293.

20 Gerhard Wisnewski, Operation 9/11. Angriff auf den Globus, Knaur : Munich 2003, p. 191 à 195, 226, 248.

21 Alexandra Richard, Le Figaro, 31 oct. 2001, www.globalresearch.ca/articles/RIC111A.html . Cette information a cependant été démentie par la C.I.A. et O. ben Laden, M. Bröckers, op. cit., p. 159.

22 Manoj Joshi, “India helped FBI trace ISI-terrorist links”, Times of India, 9 oct. 2001, http://timesofindia.indiatimes.com/articleshow/1454238160.cms , cité et étudié par M. Chossudovsky sur www.globalresearch.ca/articles/CHO205A.html et M. Bröckers, op. cit., p. 139 à 142.

23 G. Wisnewski, op. cit., p. 325 s.

24 Cf., par exemple, le décret « W199I », rendu public par le journaliste Gregory Palast (http://www.gregpalast.com/september-11-what-you-ought-not-to-knowrndocument-199-i-and-the-fbis-words-to-chill-the-soul) et le programme Newsnight de la BBC : http://news.bbc.co.uk/hi/english/events/newsnight/newsid _1645000/1645527.stm, cité et commenté par M. Bröckers, op. cit., p. 167 à 172 ; puis Rashmee Z. Ahmed, “Bush took FBI agents off Laden family trail”, Times of India & Indiatimes, 8 nov. 2001, http:\\www.infowars.com/saved%20pages/Prior_Knowledge/Bush_Took_CIA_off.htm?art_id=1030259305. V. aussi Jean-Charles Brisard (qui a pu interviewé J. O’Neill) & Guillaume Dasquié, Ben Laden. La vérité interdite, Gallimard 2002.

25 David Corn, “Bush Stonewalls on Pre-9/ll Knowledge”, The Nation, 20 sept. 2002, http:\\www.thenation.com/capitalgames/index.mhtml?bid=3&pid=106; Patrick Martin, “One year after the terror attacks : still no official investigation into September 11” (12 sept. 2002), \\www.wsws.org/articles/2002/sep2002/sept-s12.shtml .

26 Cf. “Un goût amer dans la Bush”, \\www.globalresearch.ca/articles/CHR205A.html ; M. Bröckers, op. cit., notamment p. 166 à 167, 171 avec une longue citation de la Hindustani Times du 28 sept. 2001.

27 Seymour Hersh (détenteur du prix de journalisme Pulitzer), interview avec Jane Wallace sur PBS – Now, \\www.pbs.org/now/transcript/transcript_hersh.html , 21 fév. 2003.

28 Cf. Pierre Abramovici, “L’histoire secrète des négociations entre Washington et les talibans”, Le Monde diplomatique, janv. 2002, p. 10 à 11 (11).

29 Cf. M. Ruppert, op. cit., n° 78.

30 inspirée par Immanuel Wallerstein, “The Global Picture, 1945 – 1990”, in : idem, Terence K. Hopkins et al., The Age of Transition. Trajectory of the World System 1945 – 2025, Zed : London/New Jersey 1996, p. 209 à 225. V. aussi l’ancien ministre britannique (1997 à 2003) Michael Meacher, “This War on Terrorism is Bogus”, The Guardian, 6 sept. 2003, \\www.guardian.co.uk/print/0,3858,4747953-103677,00.htm .

31 Karl Marx & Friedrich Engels, “Manifeste du Parti communiste”, in : Œuvres, vol. 1, Gallimard (Bibliothèque de la Pléiade) 1963, p. 183.

32 Robert Cooper, “The New Liberal Imperialism”, The Observer, 7 avril 2002, http://observer.guardian.co.uk/print/0,3858,4388912-102273,00.htm .

33 Zbigniew Brzezinski, The Grand Chessboard – American Primacy and it’s Geostrategic Imperatives, Basic Books 1997, notamment p. 209 (Le grand échiquier. L’Amérique et le reste du monde, Hachette 2000). Ce livre a été évoqué et commenté dans les média français.

34 The Grand Chessboard, p. 35 s., similaire p. 210 s.

35 Sandra Day O’Connor, juge à la Cour suprême des Etats-Unis, citée in The Washington Post, 14 septembre 2001.

36 Thierry Meyssan, L’effroyable imposture, 11 septembre 2001 et Le Pentagate, Carnot 2002.

37 Cf. Fabrice Nicolino, “Meyssan l’imposteur”, Politis, 11 avril 2002, p. 20.

38 Parmi de nombreux exemples concernant les relations internationales des seuls Etats-Unis, on peut évoquer :

En 1950, le président Harry S. Truman incita l’armée nord-coréenne à envahir la Corée du Sud ce qui justifiait la guerre contre la Corée du Nord (cf. André Fontaine, Histoire de la guerre froide, Fayard 1967, p. 14 à 15, cité par Claude Julien, “Fauteurs de guerre ?”, Le Monde diplomatique, oct. 1990, p. 17).

Le 2 août 1964, les incidents du golfe de Tonkin furent provoqués par les manœuvres du navire de guerre espion USS-Maddox au large des côtes du Vietnam du Nord, permettant de déclencher la guerre du Vietnam (cf. Tom Wells & Todd Gitlin, The War Within : Amercia’s Battle over Vietnam, University of California Press : Berkeley 1994, cité par Philip S. Golub, “Comment s’est décidée l’offensive contre Bagdad”, Manière de voir – Le Monde diplomatique n° 67, janv. 2003, p. 19).

En 1979, l’Union soviétique fut incitée à envahir l’Afghanistan (cf. Z. Brzezinski sur l’aide américaine aux talibans : « Cette opération secrète [...] a eu pour effet d’attirer les Russes dans le piège afghan [... donnant] à l’URSS sa guerre du Vietnam », Le Nouvel Observateur, n° 1732, 15 janv. 1998, cité par Le Monde diplomatique, oct. 2001, p. 23).

L’Irak a été invité à envahir le Koweït en 1990 (cf. C. Julien dans son article évoqué ci-dessus, citant notamment Newsweek, 20 août 1990, et International Herald Tribune, 15 et 20 sept. 1990), ce qui a justifié la guerre contre cet Etat en 1991.

L’opération Northwoods consistait à organiser, en 1962 par les chefs d’état-major des trois armées, des « prétextes pour justifier une intervention militaire à Cuba » (notre trad. du titre des documents secrets reproduits en facsimilé chez G. Wisnewski, op. cit., p. 371 à 385). Ce projet n’a pas été réalisé.

39 Cf. M. Bröckers, op. cit., p. 258 et l’avertissement solennel lancé par George W. Bush contre toute mise en cause de la version officielle, le 10 nov. 2001 devant l’Assemblée générale de l’O.N.U., cité p. 1.

40 Sandrine Tolotti, en oct. 2004 dans un courrier électronique à l’auteur qui lui avait proposé un compte-rendu d’ouvrages critiques sur le 11-septembre.

41 Par exemple les ouvrages de M. Bröckers, évoqués ci-dessus.

42 The Nation, 20 sept. 2002, op. cit.

43 Cf. http://www.angus-reid.com/polls/index.cfm/fuseaction/viewItem/itemID/13469 (14 oct. 2006).

44 E. Hufschmid, Painful Questions. An Analysis of the September 11th Attack, Endpt. Software 2002, et Painful Deceptions, http://reopen911.online.fr/?page_id=9 .

45 V. notamment “Release all evidence of the Nazi camps”, 16 juillet 2006, http://www.erichufschmid.net/StopNaziCoverup.html.

46 Jean Baudrillard, Power Inferno, Galilée 2002, respectivement p. 16 et 39.

47 C. Pollmann, “Les attentats du 11 septembre 2001 : Technologie, individualisme, capitalisme suicidaire”, http://aamd57.free.fr/9-11F-L.doc .

48 Paul Thompson, op. cit. (notre trad.).

Christopher Pollmann, Professeur des universités agrégé de droit public, Université Paul Verlaine - Metz


Jeudi 14 Juin 2007
Christopher Pollmann
 
mercredi 13 juin 2007
 
Rony Brauman : Darfour, une surenchère de déclarations catastrophiques

« Tous ceux qui, en France, sont pour une intervention au Soudan étaient pour une intervention en Irak, et semblent aujourd’hui totalement indifférents aux milliers de morts qu’elle a provoquée. Ils ne se posent pas de questions, maintenant c’est pour eux une espèce de fuite en avant : c’est au Soudan qu’il faut aller faire régner la paix impériale ! » Rony Brauman, ancien président de Médecins sans frontières.

La situation au Darfour est-elle aussi catastrophique qu’on le dit ?

Le moins que l’on puisse dire, c’est que sur le Darfour, il y a surenchère de déclarations, d’affirmations catastrophistes, avec probablement des visées politiques. C’est tout à fait certain. On sait que la guerre à proprement parler (de 2003 à 2005) a fait au moins 200.000 morts et deux millions de déplacés.

Depuis, on est dans un tout autre régime de violence avec une mortalité qui est passée de 10.000 morts par mois à 200. Il y a désormais une constellation de groupes qui règlent leurs conflits ou ont fait de la violence leur mode de vie. On n’a plus du tout un front identifiable, avec des militaires et des insurgés, ou avec des tueurs et des civils. Aujourd’hui, parmi ces 200 morts par mois, une bonne partie sont des hommes en armes, et non pas des civils désarmés comme on le dit trop souvent.

Quelle est donc la réalité du terrain au Darfour ?

Du point de vue politique, elle s’est considérablement compliquée, parce que depuis l’accord de paix de mai 2006, on a une accélération de la fragmentation de groupes. Du point de vue de la survie, on a un dispositif d’assistance qui remplit son office. Si l’on ne meurt pas de faim dans les camps de réfugiés, c’est parce qu’il y a cette grande opération de distribution de fournitures et de vivres.

Mais si ça se relâchait, cela risquerait d’être très grave. Du point de vue de la communauté internationale, enfin, il y a un accord assez général, bien que masqué par les débats assez vifs que l’on observe en France, sur le fait qu’il faut faire pression sur les belligérants, que ce soit sur Khartoum ou sur les groupes d’insurgés. Il y a donc un certain mouvement consensuel, une mobilisation diplomatique, onusienne, humanitaire, et cela depuis plusieurs années. C’est un progrès, mais il faut le situer dans un cadre mental qui nous permet de renoncer à cette espèce de fantasme de toute-puissance occidentale. A cette idée qui veut qu’en envoyant des troupes, on va mettre au pas tout ce petit monde. Cela ne fonctionne pas comme ça.

N’y a-t-il pas justement une guerre idéologique à propos du Darfour ?

Il y a des groupes religieux, la droite chrétienne et les mouvements évangélistes américains qui ont constitué un lobby très puissant pour engager les Etats-unis dans une politique plus volontariste. Ils étaient d’ailleurs déjà derrière l’administration américaine pour défendre le sud du Soudan (chrétien et animiste).

Ils continuent. C’est une idéologie interventionniste, celle qui remet entre les mains des grandes puissances occidentales la responsabilité de faire régner l’ordre sur le monde. Tous ceux qui, en France, sont pour une intervention au Soudan étaient pour une intervention en Irak, et semblent aujourd’hui totalement indifférents aux milliers de morts qu’elle a provoquée. Ils ne se posent pas de questions, maintenant c’est pour eux une espèce de fuite en avant : c’est au Soudan qu’il faut aller faire régner la paix impériale !

Que peut-on attendre alors de la conférence du 25 juin prochain à Paris ?

Des contacts avec les belligérants, une présence diplomatique et politique constante, pour être à la fois l’accompagnateur et le garant d’un processus de négociations. Si cela peut permettre à la Chine d’entrer dans cette danse, ce sera une bonne chose. Si, en revanche, on arrive en disant que l’on va boycotter les Jeux olympiques de 2008 à Pékin, on se ridiculise et on se condamne à l’échec. Cette menace est politiquement ridicule et moralement extrêmement discutable. Ce sont des Soudanais qui tuent d’autres Soudanais, les Chinois ne sont en rien impliqués.

Aujourd’hui, quand on voit des Bernard Kouchner et des Bernard Henri-Lévy qui parlent des Chinois en Afrique comme de "prédateurs", de gens qui sont intéressés uniquement par le commerce et le profit, on comprend que, nous, quand on était en Afrique, on avait d’autres visées : on avait notre grandeur d’âme...

Propos recueillis par Karen LAJON

 
 

Oui, Israël disparaîtra. Et bas les pattes d'Iran !

La dérive incessante de l'ONU, instrumentalisée par les USA ou la diabolisation d'une pensée sensée.


Une dépêche en russe de l'Agence Russe Novosti datée 12 juin 2007, 2:05 du siège de l'ONU et signée par Larissa Saenko nous apprend que des consultations ont cours au sein du Conseil de Sécurité en vue d'adopter par consensus un texte de résolution afin de condamner les propos du Président d'Iran, Monsieur Ahmadinejad, exprimant sa conviction qu'Israël doit disparaître et va disparaître : “le monde sera témoin de la destruction (ou la disparition) du régime sioniste”. Les USA seraient en train de tenter d'acheter l'accord des autres membres.



Ces propos auraient “choqué” le nouveau Secrétaire Général de l'ONU, originaire de Corée du Sud, un pays occupé par plus de 40 000 soldats US depuis plus de cinquante ans. Des soldats qui jouissent de l'extraterritorialité comme toutes les armées d'occupation.



Monsieur le Secrétaire Général, Ban Ki Moon aurait déclaré : “ le chef d'un État ne doit pas envisager la disparition ou la destruction d'un autre État”.

On constate que sous la pression des USA, l'ONU est devenue, à l'image de son prédécesseur, la Société des Nations un organisme colonial et néocolonial international.

Monsieur Ban Ki Moon pense-t-il qu'il faut recréer la République Démocratique Allemande, la République du Sud Vietnam, la Yougoslavie ? Pense-t-il qu'il faut maintenir ad aeternam l'existence de deux Corées séparées par une armée étrangère qui a installe au sud un régime à sa convenance… ce régime fantoche et riche tiendrait-il longtemps sans ses bailleurs de fond et sans ses protecteurs étrangers ?

Monsieur Ban Ki Moon souhaite-t-il maintenir à l'infini l'existence de la République Chinoise de Taïwan ?

Et pour quelle raison, Monsieur Ahmadinejad n'aurait-il pas le droit d'exprimer une pensée qui se dit et se pratique tous les jours par des Juifs anti-sionistes en Israël même ? Il s'agit bien sûr des Juifs du mouvement international Neturei Karta et de bien d'autres ?

Monsieur Ban Ki Moon et ses patrons US sont-ils plus Juifs que Karl Marx, que Léon Trotsky, qu'Albert Einstein, que Sigmund Freud, etc. ?



Il faut enfin admettre que la création de l'État d'Israël a été une erreur et que malgré les milliards et les milliards investis pour la faire fonctionner, malgré les centaines de milliers de morts sacrifiés pour la faire tenir debout (y compris des milliers de morts US, européens, etc.), c'est toujours une idée qui ne marche pas. Et le simple bon sens impose de se rendre à l'évidence : elle ne marchera pas. C'est un État colonial, raciste, théocratique… Il a même failli à sa mission première : accorder un asile de dignité et de confort aux victimes des camps d'extermination. Or la presse israélienne a écrit encore récemment que les milliards de dollars reçus ont laissé dans le besoin matériel les pauvres gens qui ont cru au mythe sioniste et qui ont décidé de finir leurs jours en Israël.



Il faut donc arrêter les morts inutiles de tous bords et arrêter les frais.



Israël disparaîtra comme entité sioniste. Soit selon un processus inspiré du modèle Sud-Africain de réconciliation nationale ; dans ce cas ce serait la réunification de la Palestine. Soit selon un processus qui ressemblera à la décolonisation en Algérie : la violence appelant la violence, se serait “la valise ou la mort”. Comme en Algérie, les ultra sionistes sont en train de nous rejouer la carte OAS et comme l'OAS, il perdront.

Et ce n'est pas en plongeant plus d'un milliard de Musulmans dans l'ignorance et en leur interdisant l'accès la science - notamment nucléaire - que l'on garantira l'existence d'un État artificiel qui a eu besoin de 32 veto US au Conseil de Sécurité, de la meilleure technologie militaire US, de milliers de milliards de subventions diverses sans jamais arriver a gagner les coeurs des peuples voisins et du monde : on constate que malgré toutes les aides conditionnelles des USA à travers le monde, il y a encore un net décalage entre les positions de l' Assemblée Générale et du Conseil de Sécurité de l'ONU.


Le risque est très grave : déconsidérer définitivement l'ONU et les membres permanents du Conseil de Sécurité comme des appendices du secrétariat d'État US, comme un outil de l'ambition US de domination et d'exploitation du reste du monde.



Alors, messieurs du Conseil de Sécurité, bas les pattes de l'Iran !
C'est un régime qui exprime tout haut les sentiments des peuples de la région à la différence de beaucoup d'autres dictatures que vous affectionnez.


On assiste à la naissance d'une nouvelle théologie de l'histoire : tous les États du monde sont appelés à disparaître un jour ou un autre… sauf Israël ! C'est nouveau : après l'identification de tous les Juifs au sionisme, on assiste à la création du mythe de la première sanglante bêtise humaine… indestructible.




Mardi 12 Juin 2007
Abdellah Ouahhabi
 
vendredi 8 juin 2007
 
L'université algérienne face à la société

KERZABI ABDELATIF Faculté des sciences économiques et de gestion Université de Tlemcen
Un demi-siècle à largement suffit pour que beaucoup de pays complètement dévastés reconstruisent leurs structures économiques, culturelles, scientifiques et autres. C'est le temps a fallu à l'Allemagne et au japon pour s'installer parmi les puissances mondiales. En Algérie les espérances de la post-indépendance se sont transformées pour beaucoup de citoyens en désenchantement. Comment, un pays aussi vaste, riche par ses ressources naturelles, par le nombre de diplômés peut, après plus de quarante années d'indépendance afficher plus de sept millions d'analphabètes, douze millions de personnes vivant avec moins d'un Dollar par jour, plus de 30 % de la population active en chômage… ? Comment un pays qui s'est lancé dans un vaste programme de développement, qui a mobilisé énormément de ressources financières et humaines n'a pas réussi à enclencher sa modernisation ? La modernisation comme mouvement occidental été en même temps une dynamique sociale capable de maîtriser, de produire et d'appliquer des savoirs scientifique en vue de multiplier les richesses matérielles et non matérielles. Le travail qui produit la richesse, désormais valorisé, devient un facteur essentiel de promotion sociale, favorise la reconnaissance des capacités et des compétences. Sous l'effet de la démocratisation de l'enseignement et la diffusion de la culture l'élite intellectuelle se renouvelle sous la pression de la société qui devient de plus en plus exigeante. Le développement n'est pas une affaire de machines et d'ingénieurs, il est une fonction sociale qui produit, organise et sanctionne des savoirs scientifiques que les hommes de sciences incarnent. Les scientifiques reviennent après presque deux millénaires parce qu'ils ont permis par leur savoir de créer, de perfectionner et de dépasser l'usine. Celle ci a été pendant longtemps le centre de l'activité économique et sociale. Elle a été le lieu privilégié qui a permis d'améliorer pendant longtemps le sort des ces millions d'individus qui vivaient la corvée du servage moyenâgeux. La pression que la société exerce sur l'usine est immédiatement ressentie par les scientifiques qui répondent par l'innovation pour améliorer les performances productives. En améliorant ces performances ils améliorent les conditions d'existence de la société et en même temps leur place dans cette même société. Ce qui va ouvrir la voie à l'émergence d'institutions nouvelles qui évoluent avec le progrès scientifique. C'est le cas de l'université qui une organisation qui regroupe des chercheurs pour produire un bien spécifique : le savoir. Ainsi la valeur du scientifique est fonction de sa contribution à produire un ordre matériel qui engendre de plus en plus de richesses. Une découverte scientifique est validée socialement que si elle contribue au mieux être de la société en d'autre termes la connaissance scientifique ne vaut que si elle contribue au progrès social D'un autre coté ce savoir nécessite des modes de validation que seule la société exprime. La connaissance scientifique n'est pas aussitôt productrice de statut social. Elle n'est pas aussitôt acceptée par la société. Elle se heurte à l'archaïsme des pratiques sociales. Sa diffusion et son adhésion par la société se fait par la contrainte dans les espaces de production. En Europe la révolution industrielle s'est imposée à travers l'usine où elle a affronté les anciennes pratiques de production. C'est le libéralisme qui à ouvert la voie a cette élite bourgeoise qui en s'appuyant sur l'activité industrielle comme application des connaissances scientifiques s'est frayer le chemin de la conquête du pouvoir. La science se détache de la mythologie, la religion et les superstitions pour s'ériger en catégorie autonome. Elle devient une technologie au service du développement industriel en s'opposant à l'ordre ancien. L'usage social du savoir est en même temps une remise en cause des anciennes hiérarchies sociales. C'est une question de positions sociales. Ainsi, l'université est le lieu de production de ces savoirs qui font d'elle une organisation reposant sur des valeurs reconnues comme légitimes et centrales pour la société. Par le biais des institutions et de la production qu'il génère l'universitaire, participe directement au développement de la société. Institutions, savoirs et croissance plurielle vont aller de concert. L'université n'est ni forteresse ni foyer d'insurrection, elle est là pour produire, critiquer et transmettre le savoir. L'usage social de ce savoir fait de l'université un vecteur de changement de la société capable de lui inculquer les exigences de notre temps. Dans ce cadre l'université remplie une triple exigences : Production : Par sa production, elle participe au changement de la société. L'Université est le lieu où se forment des modèles de relations sociales, de communication et de hiérarchie. Reproduction : elle contribue à rehausser l'image passée des peuples pour les accorder avec les intérêts actuels de la société. Adaptation : L'Université doit préparer à des emplois futurs par la définition des profils de formations et l'importance relative de chacune pour s'adapter aux modifications prévisibles de l'emploi. La crise que peut connaître l'université, résulte du déséquilibre entre ces trois exigences. Si l'université ne fait que reproduire les représentations du passé, elle se heurte aux nécessités matérielle que revendique la société. Le peuple se nourrit pas par le discours glorifiant les ancêtres. Aussi, si elle ne fait que former des technocrates, elle abandonne la société aux charlatans et à l'obscurantisme. En Algérie, tout le monde s'accorde pour dire que l'université est sinistrée et qu'elle délivre des diplômes sans valeur. Cependant, comment se fait t-il que beaucoup de diplômés de l'université algérienne ont acquis une notoriété mondiale une fois installés à l'étranger. De quelle valeur s'agit-il ? Le métier de scientifique tel le chercheur ou l'universitaire n'est pas un label d'une position sociale confortable. Au contraire se sont ceux là qui font partie aujourd'hui des couches sociales les plus défavorisées. Ils sont loin de jouir des privilèges matériels et moraux universellement accordés aux hommes de science. L'universitaire est encore au stade de demander l'augmentation de son salaires, d'un logement…..quelle indigence ! Si le diplôme ne sert pas l'acquisition d'un statut social c'est que la société a mis en place des critères de validation sociale qui excluent le savoir. Le savoir n'est pas l'enjeu de la compétition sociale. Pire encore, il est marginalisé par un enjeu qui lui est opposé. Alors de quel enjeu s'agit il ? La société est consciente du fait que ce ne sont pas ces milliers de diplômés qui sortent chaque année de l'université qui la font vivre. Elle sait qu'elle est nourrie, logée, transportée par la grâce des importations. Par conséquent, s'il y a un travail à vénérer c'est bien celui de ce marchand qui importe. Le négoce est plus valorisant que de s'enfermer dans une cuisine pour préparer un cours. Pendant que la société consomme ce que les autres produisent, l'acquisition des richesses provenant de l'extérieur que la rente pétrolière autorise, fait que l'activité marchande soit honorée au détriment de l'activité qui consiste à produire nous mêmes nos propres richesses. L'université algérienne ne participant pas à cette richesse se trouve exclue par la société . L'université amputée de sa fonction de production forme aussi des diplômés que l'absence et rétrécissement des lieux de production (biens et services) ne permet pas d'employer. Le diplômé n'est utile que s'il est employé dans un espace de production. Dans ce cas au lieu d'exercer sa fonction d'adaptation, elle ne fait qu'occuper une partie de la jeunesse pendant quatre ou cinq ans. Elle devient une véritable crèche pour adultes. Ces quelques réflexions nous permettent de dire que si nous voulons que l'université occupe une place centrale dans la société , il s'agit de d'évincer toutes ces légitimités archaïques et réfractaires telles que la légitimité révolutionnaire ou la légitimité religieuse et autres… et reformer l'ensemble des mécanismes de la régulation sociale dans le sens d'un ordre nouveau dominé par le travail productif et où les élites s'élargissent et se renouvellent sans cesse au rythme de la prospérité sociale. Mais ceci est du ressort des politiques.
 
 

FRANCE
IRAN : SARKOZY AU SECOURS DE CHENEY

( Nouvelle Solidarité) Pendant que Sarkozy claironne, avant sa rencontre avec Bush lors du G8, qu'il veut lui faire part de sa volonté d'être « un allié des Etats-Unis, et pas un vassal », l'hebdomadaire satirique Le Canard Enchaîné de cette semaine lève le voile sur un rapprochement stratégique très inquiétant entre la France et l'administration Bush. Citant un responsable américain de haut rang qui considère la guerre d'Irak comme un « échec militaire et géopolitique épouvantable », le journal affirme que certains cerveaux bouillonnants des faucons veulent « internationaliser la gestion de la crise irakienne » via l'ONU. Il s'agit d'appeler au secours, en premier lieu, la France, l'UE, le Japon, ainsi que quelques Etats arabes sunnites terrifiés par l'Iran chiite. Pourquoi un tel engouement pour la France ? Bush n'a guère d'illusion sur son allié britannique et pense que Gordon Brown abandonnera la politique irakienne de Blair. Bien entendu, la France n'enverra pas de troupes, mais « Bush sait que le trio Sarkozy-Kouchner-Levitte (ancien ambassadeur à Washington et superviseur, à l'Elysée, de la politique étrangère) va se comporter en excellent allié. Aucune contestation en vue des positions américaines à l'égard de l'Irak, de l'Afghanistan, d'Israël ou du Liban. Et les diplomates US en poste à Paris, enthousiastes, le confirment dans les télégrammes qu'ils adressent au département d'Etat. » Première signe concret de ce rapprochement : « ...la Maison Blanche a obtenu que, depuis un mois, des (avions) Atlantique-2 français survolent le golfe Persique et le détroit d'Ormuz, afin de protéger les navires américains. Cela permet aux avions US de quitter cette zone dangereuse, et de se consacrer au seul Irak. » Ce que le Canard oublie soigneusement de mentionner, c'est le fait que sous cette couverture, ils participent activement à l'offensive de guerre de Cheney contre l'Iran.
 
mardi 5 juin 2007
 


EXACTIONS US EN AFGHANISTAN



IRAKIENS TORTURES A MORT NOUS N'OUBLIERONS PAS...
UN REPORTAGE AUSTRALIEN MET EN CAUSE L'ARMEE AMERICAINE EN AFGHANISTAN

Cela s'appelle la guerre psychologique. Le photojournaliste australien Stephen Dupont a suivi, début octobre, un bataillon américain dans le sud de l'Afghanistan, à Gonbaz, non loin de Kandahar. Il en a rapporté des images diffusées sur la chaîne australienne SBS, mercredi 19 octobre, qui provoquent un tollé de Kaboul à Washington : ce sont les cadavres de deux hommes en train de brûler sous l'oeil de six soldats américains, l'arme au poing, plutôt indifférents. Des soldats ont indiqué au journaliste qu'ils brûlaient les talibans "pour des raisons d'hygiène".


Selon Stephen Dupont, les corps ont été intentionnellement tournés vers l'ouest, en direction de La Mecque, à la demande des spécialistes des opérations psychologiques. L'un d'eux, le sergent Jim Baker, a pris un haut-parleur : "Attention, talibans, vous êtes des chiens lâches. Vous laissez vos combattants couchés face tournée vers l'ouest et être brûlés. Vous avez trop peur de venir récupérer les corps. Cela montre seulement que vous êtes des tapettes comme on le pensait." " Ils utilisent ça comme une arme , explique Stephen Dupont, les Américains sont frustrés, car ils ne trouvent pas l'ennemi, ils poursuivent des ombres tout le temps. De telles actions sont contraires aux conventions de Genève sur le traitement des prisonniers et aux préceptes musulmans qui interdisent la crémation."

"Le commandement prend ces accusations de mauvaise conduite très au sérieux et une enquête a été ordonnée", a déclaré dans un communiqué le Général Jason Kamiya, commandant américain en Afghanistan, qui est allé à Kandahar, jeudi. "De notre point de vue, ce sont de très sérieuses accusations, et si c'est vrai, elles sont très gênantes", a déclaré le porte-parole du département d'Etat, Sean McCormack. Le département d'Etat a également chargé ses ambassadeurs de faire comprendre que ces comportements ne reflétaient pas les valeurs américaines.

Washington redoute une nouvelle flambée de violences contre les Américains, comme cela s'était produit, au printemps, après l'accusation dans Newsweek qu'un Coran avait été jeté dans les toilettes à la prison de Guantanamo.

Les faits n'ont pas été établis et l'hebdomadaire a dû retirer son article, mais quelques semaines plus tard, un rapport relevait l'existence de cas de profanation du Coran dans la prison. Depuis le début de la guerre en Irak, les accusations de tortures et de mauvais traitements des prisonniers se multiplient. Au point que les sénateurs ont à une très large majorité voté un amendement permettant d'établir des règles précises pour les soldats.

Le promoteur de cet amendement, le sénateur républicain John McCain, a profité de ce nouvel incident pour plaider sa cause auprès du vice-président, Dick Cheney, très hostile à ce texte : "C'est un nouvel argument pour être sûr que les hommes et les femmes militaires sachent exactement ce qu'ils peuvent ou ne peuvent pas faire dans le traitement des prisonniers."

Sources : LE MONDE
 
 

La rébellion des forces US en Irak pousse le Pentagone à de rapides mesures énergiques




La rébellion des forces US en Irak pousse le Pentagone à de rapides mesures énergiques

Par Sorcha Faal, le 17 mai 2007


​​​Des rapports d'analystes militaires Russes décrivent ce qu'ils nomment comme une « baisse rapide de la volonté de combattre » chez les combattant US en Irak, la plus grande inquiétude concernant les soldats de la 10ème Mountain Division, qui la semaine dernière auraient refusé l'ordre d'engager le combat contre des insurgés irakiens.


​​​​Selon ces rapports, une rébellion sans précédent des soldats contre leurs commandants a été provoquée par une attaque irakienne contre leurs camarade soldats dans laquelle 4 ont été tués et 3 capturés par les forces ennemies, alors que plusieurs de ces soldats pensaient que cela aurait pu être empêché s'ils avaient eu davantage de soutien.


​​​​Faisant écho aux soucis montant de ces soldats, l'un de leurs commandants, le général Benjamin R. Mixon, a conseillé la semaine dernière aux chefs de guerre aux USA d'envoyer davantage de troupes en Irak pour se battre contre l'opposition grandissante à l'occupation de la nation au Moyen-Orient.


​​​​Les soucis des soldats en Irak, qui n'ont pas les ressources dont ils ont besoin pour combattre leur ennemi, ont d'ailleurs été exposés par le journaliste Russe Dmitry Chebotayev avant qu'il soit tué en patrouille avec les force US en Irak, qui a en outre documenté la désillusion croissante des soldats US ordinaires pour la guerre.



​​​​S'ajoutant à la rébellion croissante de ces soldats contre leurs chefs de guerre, les ordres récents du Pentagones prolongent la rotation des forces dans les zones de guerre, ce qui, selon Time Magazine News Service, détruit la vie des soldats et celle de leur famille, comme nous pouvons le lire :


Le Pentagone a annoncé, le 11 avril, que la norme du déploiement de l'armée en Afghanistan et en Irak serait maintenant de 15 mois plutôt que les douze mois de la période précédente.
Les soldats se déployant à l'étranger ont toujours été confrontés à manquer la naissance d'un enfant, le mariage d'un frère ou la mort d'un parent. Ils font face à la fatigue et à la frustration quelle que soit durée de leur séjour.
Leurs conjoints souffrent à la maison, et les mariages sombrent sous la contrainte de la séparation. Et le stress du déploiement en zone de combat hostile a un effet corrosif sur la discipline. Trois mois de plus peuvent ne pas sembler longs à un civil, mais pour un soldat déjà sur le terrain, c'est encore 90 jours pendant lesquels ça pourrait tourner mal.
« C'est comme participer à une course, » dit l'aumônier Doug Weaver, du 3-71. « Plus c'est long, plus de gens tombent. »

​​​​Bien que sans précédent dans l'actuelle guerre US contre les peuples Musulmans, les soldats, face au combat dans une guerre perdue, ont auparavant recouru au refus des ordres de leurs commandants, comme nous pouvons le lire par exemple à propos des soldats qui se sont battus dans la guerre du Viêt-nam :


Les soldats refusant d'obéir aux ordres est devenu connu comme un « refus de combattre ». Dans un rapport pour Pacifica Radio, le journaliste Richard Boyle est allé sur la base interviewer une douzaine de « bidasses » de la Première Division de Cavalerie. Une mission de combat de nuit avait été ordonnée aux GIs la nuit précédente. Six des hommes avaient refusé d'y aller et plusieurs autres avaient protesté contre l'ordre.
« Ils doivent faire passer en cour martiale la compagnie entière, » a dit un soldat à Boyle. « Je dis qu'ils peuvent tout de suite commencer à taper au propre mon passage en cour martiale. »
Le GI a dit à Boyle qu'ils se sont opposés non seulement à ce qu'ils ont vu comme une mission suicide mais à l'effort de guerre lui-même. Ils se sont plaints que leur officier commandant ne veuille pas les laisser porter des t-shirts avec des symboles de paix. « Il nous appelle des hypocrites si nous portons un signe de paix, » a dit un GI. « Comme si nous avions voulu venir ici et combattre. Comme si nous ne pouvions pas croire à la paix, homme, parce que nous portons un M-16 hors d'ici. »

​​​​À la différence de leurs homologues de la guerre du Viêt-nam, cependant, les actuels soldats US ont commencé à communiquer leurs sentiments rebelles contre leurs chefs de guerre en utilisant Internet, y postant des milliers de vidéos et de blogs qui allaient à l'encontre du message de guerre « positif » donné par les organes médiatiques US.


​​​​Ce ne pourra pas durer longtemps car le Pentagone, dans une réponse rapide à la rébellion croissante de ses soldats combattant dans les guerres des États-Unis, a immédiatement interdit l'accès à Internet à toutes ses forces de combat afin d'essayer de les ramener sous contrôle.


​​​​Non content de censurer simplement la capacité des soldats à communiquer avec le monde et les autres en dehors de leurs zones de guerre, le Pentagone a pris la mesure supplémentaire d'ordonner au gouvernement irakien de ne permettre à personne de filmer les énormes bombardements survenant presque à chaque heure dans le pays, comme nous pouvons le lire dans le récit de Associated Press News Service :


La police a empêché les photographes de presse et les cameramen de filmer la scène d'un bombardement hier dans le cadre d'une nouvelle politique limitant la couverture médiatique des explosions dévastatrices qui sont devenues la marque de la violence dans le pays.
Pour imposer l'ordre de quitter la Place Tayaran à un groupe de journalistes irakiens, où s'est produit le bombardement, la police a tiré plusieurs fois en l'air, a dit un journalistes.
Le général de Brigade Abdel Karim Khalaf, directeur des opérations au ministère de l'Intérieur, a dit ce week-end que le gouvernement Irakien avait décidé d'interdire la scène des bombardements aux photographes de presse et aux cameramen.

​​​​Les actions des chefs de guerre US pour supprimer la rébellion croissante des soldats à leurs guerres, avec le public Étasunien se faisant des soucis croissants pour les maris, épouses, fils et filles combattants qui meurent chaque jour, est une étrange réminiscence de la guerre Soviétiques en Afghanistan à la manière dont elle est dirigée par le gouvernement US.



​​​​Mais, comme la guerre Soviétique en Afghanistan l'a clairement montré, quand un pays perd 15.000 de ses enfants morts pour la guerre, avec plus de 500.000 blessés, même l'effort de propagande médiatique le plus étroitement contrôlé échoue à contenir le scandale croissant d'une nation enterrant ses morts de guerre chaque jour.


​​​​Il est bien plus instructif, peut-être, pour les Étasuniens eux-mêmes de regarder la guerre de l'URSS contre l'Afghanistan dont les conséquences ont fait tomber l'ancien empire Soviétique de son état de superpuissance à celui de nation ressemblant plus à un pays du tiers monde, d'où les Russes émergent seulement maintenant.


​​​​Malheureusement, il n'y a pas de preuve que les Étasuniens ont appris ces dures leçons, plus malheureux, le coût de leur fiasco à tenir compte des avertissements de l'histoire, y compris de la leur, pourrait très bien les voir partager le même destin que l'empire Soviétique autrefois puissant....une nation qui quand tout est dit et fait, simplement et rapidement, cessera d'exister.



Original : http://www.whatdoesitmean.com/index1010.htm

Traduction de Pétrus Lombard pour Alter Info


 
lundi 4 juin 2007
  Des rabbins israéliens très connus préconisent un génocide



Au moment même où je pensais que cela ne pouvait pas être pire, j'ai lu dans un article paru sur le site du Jérusalem Post que l'ancien grand Rabbin Sépharade israélien, Mordechai Eliyahu – l'un des plus importants théocrates de l'Etat juif "avait décidé qu'il n'y avait absolument aucune interdiction morale au massacre sans discernement de civils pendant une éventuelle offensive militaire massive sur Gaza visant à stopper le lancement des roquettes." ("Eliyahu préconise un bombardement intensif de Gaza" Jérusalem Post, 30 mai 2007)

Par Ali Abunimah
Ali Abunimah est co-fondateur de la publication en ligne Electronic Intifada et l'auteur de : "One Country : A Bold Proposal to End the Israeli-Palestinian Impasse."



Photo Hatem Omar/MaanImages : Cibles légitimes pours les théocrates israéliens : Les enfants palestiniens jouent dans les décombres d'un centre d'entrainement du Hamas détruit par une attaque aérienne israélienne dans le sud de la Bande de Gaza.
Photo Hatem Omar/MaanImages : Cibles légitimes pours les théocrates israéliens : Les enfants palestiniens jouent dans les décombres d'un centre d'entrainement du Hamas détruit par une attaque aérienne israélienne dans le sud de la Bande de Gaza.
Hier, j'ai rédigé un article intitulé "le Musée des Horreurs d'Israel" suite aux déclarations d'appels au meurtre des ministres du gouvernement israélien.

Au moment même où je pensais que cela ne pouvait pas être pire, j'ai lu dans un article paru sur le site du Jérusalem Post que l'ancien grand Rabbin Sépharade israélien, Mordechai Eliyahu – l'un des plus importants théocrates de l'Etat juif "avait décidé qu'il n'y avait absolument aucune interdiction morale au massacre sans discernement de civils pendant une éventuelle offensive militaire massive sur Gaza visant à stopper le lancement des roquettes." ("Eliyahu préconise un bombardement intensif de Gaza" Jérusalem Post, 30 mai 2007)

Le Jérusalem Post indiquait que Mordechai avait pris cette décision dans une lettre adressée au premier ministre israélien Ehud Olmert, en citant l'autorité biblique.

La lettre a été publiée dans un journal hebdomadaire distribué dans les synagogues dans l'ensemble d'Israel.

Le reportage déclare que "selon l'éthique de guerre juive, écrit Eliyahu, une ville entière porte une responsabilité collective du comportement immoral d'individus. A Gaza, la population entière est responsable parce qu'elle ne fait rien pour arrêter les tirs de roquettes Qassam."

Le fils d'Eliayahu, Shmuel Eliayhu, lui-même Grand Rabbin de Safad, a développé les commentaires de son père en disant : "S'ils ne cessent lorsque nous e aurons tué 100, alors nous devrons en tuer 1.000." Il a ajouté : "et s'ils ne cessent pas après 1.000 alors nous devrons en tuer 10.000. S'ils ne cessent toujours pas, nous devrons en tuer 100.000, même un million. Peu importe combien il en faudra pour qu'ils arrêtent."

Ce genre de haine génocidaire des Palestiniens n'est pas rare en Israel. Ce qui était plus rare, c'était de le dire aussi impudémment et ouvertement.

Naturellement, nous savons ce qui se passerait si des Musulmans ou une personnalité religieuse palestinienne faisaient une telle déclaration. Nous sommes au courant du tollé international qu'a entrainé la déclaration du Président iranien Ahmadinejad appelant à l'élimination d'Israel.

Est-ce que tous ces responsables européens qui ont condamné Ahmedinejad prendront une position aussi forte et publique contre l'ancien grand rabbin d'Israel ?

Exigeront-ils qu'Olmert désavoue publiquement la lettre qu'il a reçue ?

Un Musulman qui ferait de telles déclarations au sujet des Juifs serait certainement interdit de se rendre aux Etats-Unis, et pourrait finir à Guantanamo pour bien moins.

Selon la Convention sur la Prévention et la Punition du crime de Génocide adopté suite à l'holocauste nazi, "toute incitation directe ou publique appelant au génocide" est un acte punissable.

On peut se demander si le Conseil de sécurité de l'ONU, qui a créé un tribunal international pour enquêter sur le meurtre d'un homme au Liban, prêtera l'attention aux massacres aveugles des Palestiniens et approuvés théocratiquement par l'Etat d'Israel


Est-ce qu'Hillary Clinton, qui continue à diffamer les écoliers palestiniens avec le mensonge qu'ils apprennent "la haine" dans leurs livres scolaires, ou l'un de nos autres candidats disciplinés, cesseront un moment de féliciter Israel pour condamner la déclaration d'Eliayahu ?

Et qu'en est-il d'Oprah Winfrey qui, à l'invitation d'Elie Wiesel, va entreprendre une visite de "solidarité" en Israel ?

Il semble qu'il ne reste plus de retenue morale en Israel. Il est convenable et approprié qu'un tel régime soit isolé par le boycott, le retrait d'investissements et des sanctions jusqu'à ce qu'il renonce à ses pratiques racistes -- et potentiellement génocidaures.

On doit se réjouir qu'un nombre croissant d'individus et d'organisations comprennent cela : hier, le conseil d'administration du syndicat des universités et des collèges en Grande-Bretagne a voté à une majorité écrasante le soutien au boycott des universitaires israéliens.

Aujourd'hui UNISON, le plus grand syndicat des services publics de Grande-Bretagne a annoncé qu'il voterait une initiative similaire lors de son prochain congrès.

Alors que le musée des horreurs israélien grandit, le mouvement qui l'affronte grandit aussi. Dans cela, il y a grand espoir.

Source : http://electronicintifada.net/
Traduction : MG pour ISM

Ali Abunimah
 
samedi 2 juin 2007
 
Djamel Bouras bientôt interdit d’élection ?

proposé par Milton Dassier


C’est immoral ! Comme ils disent

Il y avait les ligues de vertu, celles qui décident que tel ou tel film, tel ou tel livre ne devrait pas être diffusé au public. Il y avait les lobbies essayant de promouvoir leurs produits, leurs idées, leurs idéologies quitte à diaboliser celles des concurrents et adversaires. Il y avait les procès en sorcellerie où les rumeurs assassines, le qu’en dira-t-on servaient d’acte d’accusation avant le passage à la question. Où tout était joué d’avance...

L’accusé n’avait pas à se défendre puisqu’on l’avait fait avouer, tout ce qui lui restait c’était de demander la clémence du tribunal. Ces pratiques ont eu cours au moyen âge puis sous les régimes totalitaires. Stalinien, par exemple, qualifie ces procès qui utilisaient des méthodes d’aveu par la contrainte ou la pression politique.

Certains au 21ème siècle n’ont visiblement pas tiré les leçons du passé. Ils ont fabriqué une nouvelle morale puritaine très bourgeoise car très hypocrite qui veut qu’on regarde la petite paille dans l’oeil d’un plus pauvre que soi pour vérifier s’il est digne du peuple au nom duquel on prétend parler. Une sorte d’examen de passage préalable, une cooptation informelle par ceux qui prétendent savoir mieux qu’autrui ce qui est bon ou mal pour le peuple,.comme si le peuple ne savait pas se préserver du mal tant il est dans une insouciance aveugle.

Brassens a fait une chanson magnifique de la tendance de certains à calomnier, à diffamer, à faire des procès d’intention : « la mauvaise réputation » qui poursuit inlassablement tout homme qui a dévié des codes de la bien-pensance.

Djamel Bouras n’est pas du sérail, c’est sûr !

La tendance à Paris, dans certains milieux intellectuels, c’est de pousser des cris d’orfraie et de faire des déclarations indignées dés lors qu’une prise de position rappelle qu’il existe des forces de propagande extrêmement actives en faveur d’une certaine vision du monde et de la société que le peuple n’a pas choisi en toute connaissance de cause surtout si elle arrange ceux qui les profèrent.

Comme nous ici, Djamel Bouras a bien compris que depuis le 11 septembre 2001, une très grande suspicion s’est abattue sur l’ensemble des musulmans de France passés au crible dans leur moindre déclaration, considérés comme des sous-citoyens à travers les discriminations de toute nature qu’ils subissent. On rappellera pour mémoire, la comédie autour du foulard dit « islamique », le livre de Philippe de Villiers « Les mosquées de Roissy », l’initiative du préfet de Bobigny interdisant les badges aux personnels de la plate-forme aéroportuaire de Roissy sur la seule foi de leur engagement religieux, l’étrange affaire des caricatures de Mahomet où un journal d’extrême-droite danois s’est vu défendre par la presse française bien pensante qui se vend sur les boulevards.

Cette pression « morale » est si forte qu’un enfant non musulman mais passionné de culture arabomusulmane juste pour son plaisir intellectuel, pourrait faire peur à sa mère. Celle-ci ressentant la crainte qu’un jour ou l’autre, il ne se convertisse à l’islam car ce ne serait pas convenable voire dangereux. A force de diabolisation, des gens raisonnent souvent avec l’islam comme s’il s’agissait d’une secte dangereuse.

Le problème de beaucoup de musulmans de France, c’est le refus de s’intégrer à travers une assimilation pure et dure. Comme d’autres, certains d’entre eux envisagent une "troisième" voie conciliant les valeurs fondamentales de la république et la préservation de leurs valeurs religieuses et culturelles constitutives de leur identité et de leur histoire. A mon avis Djamel Bouras est de ceux-là et c’est tout à son honneur de défendre la démocratie sans tomber dans le renoncement de ses idées au nom de ses nouvelles ambitions.

Il faut défendre Djamel Bouras

Djamel Bouras est un champion du monde de judo tout comme David Douillet. Il a porté au plus haut les couleurs de la France, il n’a donc aucune leçon d’identité nationale à recevoir de qui que ce soit puisque c’est bien de ça dont il s’agit. Il n’a trempé dans aucun scandale financier et n’a pas de loi d’amnistie à son nom. A ceux qui disent pour l’enfoncer, qu’il a été suspendu pendant un an pour dopage, on dira simplement qu’en la matière, il y a ceux qui suivent des programmes de dopage et ceux qui prennent accidentellement un médicament tout à fait classique mais figurant sur la liste de produits interdits. On ne saura jamais de toutes façons..

Tout comme on ne saura jamais comment l’ancien champion du monde d’escrime, ancien ministre de la jeunesse et des sports, Jean-François Lamour, s’est lui aussi dopé. Pourtant, cela ne l’a pas empêché d’être ministre. Par contre, ça lui interdirait de prétendre à de hautes fonctions dans l’olympisme. Au fait, quelqu’un sait-il si Guy Drut se représente à la députation malgré sa condamnation dans l’affaire des emplois fictifs du RPR de Chirac ?

Djamel Bouras est un grand sportif mais surtout un libre-penseur, il exerce pleinement sa liberté d’expression au risque d’effrayer le petit-bourgeois bobo gavé d’informations en continu sur LCI ou I-Télévision. En général, on aime les sportifs quand ils font du charity business pas quand ils prennent des positions politiques véritables. Lilian Thuram l’a appris à ses dépends.

Djamel Bouras a décidé de servir encore une fois son pays en se présentant aux élections législatives. Il n’a aucun autre mandat contrairement à ces professionnels cumulards de fonctions électives et des retraites qui vont avec. Il ne cherche pas à fréquenter les cercles du pouvoir pour obtenir un strapontin dans une institution avant de solliciter des gens plus puissants encore façon Rachida Dati. Moi, ça me suffit comme preuve qu’il est un type bien. Les électeurs décideront et tant pis pour Mme Corinne Le Page ancienne ministre de l’environnement du gouvernement Juppé, vous savez celui qui a été condamné pour abus de biens sociaux.

Autre temps, autres moeurs

"Cohn-Bendit à Dachau !" Voilà ce que la droite française scandait quand elle manifestait sur les Champs-Elysées contre les émeutiers de mai 68 dont Daniel Cohn-Bendit était le leader emblématique. Dachau, c’est le nom d’un camp de concentration nazi ! Quelques-uns de ces politiciens émérites mais au verbe si élégant étaient encore au sénat il n’y pas si longtemps..

Djamel Bouras va sûrement se voir accusé d’avoir des penchants antisémites juste parce qu’il a défendu la liberté d’expression de Dieudonné et de la télévision Al Manar. Certains s’y sont essayés pour Dieudonné et à chaque fois, l’accusation a été portée : Daniel Prévôt, Djamel Debbouze, Clémentine Célarié, Raphaël Confiant. Pour d’autres encore, impliqués ou non en politique, une déclaration tronquée ou sortie de son contexte et c’est le procès en sorcellerie : Mel Gibson, Noam Chomsky, Desmond Tutu, Raymond Barre, Hugo Chavez.

Une nouvelle rhétorique

Comme l’a souligné Aimé Césaire, les blancs européens ont du mal à digérer qu’ils aient pu laisser réaliser sans rien dire, en détournant les yeux, l’extermination d’autres européens parce qu’ils étaient juifs. On assiste donc à un phénomène étrange aujourd’hui avec une rhétorique implacable qui rappelle l’empire romain menacé par les barbares. L’occident serait sous la menace de certains pays barbares du tiers-monde dont pas mal de ressortissants ont émigré en France, important par là même cette barbarie au sein même de la république.

Israël est désormais un pays occidental, une colonie « occidentale » légitimée à travers un état. Ce qui fait qu’attaquer ou remettre en cause Israël signifie attaquer ou remettre en cause l’occident qui affiche fièrement ses racines judéo-chrétiennes. Par un glissement rhétorique subtil, remettre en cause l’occident sur ses valeurs morales, le critiquer dans ses fondements idéologiques est vécu par ses élites comme une hérésie contenant les prémisses d’un antisémitisme pouvant aboutir à la barbarie. La barbarie était à quelques dizines de kilomètres de la France il y a quinze ans ! Comme nos dirigeants ont flippé avec l’ex-Yougoslavie et ses nettoyages ethniques sanglants !

Pourtant, les victimes de cette barbarie raciste, de ces massacres effroyables de Bosnie étaient principalement musulmanes ; européennes mais musulmanes. De quoi décrédibiliser le fond de commerce idéologique de l’Europe à l’époque, non ?

Une question d’actualité

L’antisémitisme, concerne Juifs et arabes, on vient de le voir encore avec l’affaire "Phinéas" dont les cibles ont été des musulmans et un cimetière juif. Par un tour de passe-passe sémantique, on a retiré de l’antisémitisme originel, la haine des arabes et autres gitans. L’antisémitisme n’étant plus que la haine des juifs. Dés lors, être traité d’antisémite devient le cauchemar de toute personne publique qui mesure ses propos au millimètre en cas de discussion autour d’Israël ou du sionisme quand elle ne s’abstient pas de toute parole.

Le Canard Enchaîné a rapporté que le président du CRIF a téléphoné à l’Elysée pour désapprouver la nomination éventuelle d’Huber Védrine au poste de ministre des affaires étrangères, pas assez pro-israélien. Le CRIF aurait parlé selon le « Canard Enchaîné » de casus belli s’il était nommé. Apparemment, l’Elysée s’est laissé convaincre et a nommé Bernard Kouchner. Les quelques journalistes comme Nicolas Domenach qui ont repris l’information se sont bien gardés de dire que c’était sur pression de Mr R. Cukierman en parlant évasivement de pressions diverses sur Sarkozy émanant de certaines personnalités sans plus de précision. Pour ma part, je me fous bien que le CRIF, qui n’a pas démenti, tente d’intervenir auprès des élus pour défendre ce qu’il estime être ses intérêts, ce qui me surprend c’est le silence autour de ce fait.

L’autocensure des esprits, le formatage des pensées, y compris celle des futurs députés, est bien à l’œuvre. Alors tenez-le vous pour dit, Mesdames Messieurs , être révolutionnaire c’est ringard ; défendre le peuple palestinien c’est antisémite, réfléchir au respect de sa religion c’est communautariste, être attaché aux libertés individuelles c’est irresponsable.

Le maintien de la candidature de Djamel Bouras constituera donc un test.

A suivre de très très près !

 
 


Deux simples questions�


Raja Chemayel, 18 mai 2007

Traduit par Fausto Giudice


Deux


simples questions ,


SVP, si vous permettez.




Première question:



Essayez SVP de vous rappeler toutes les personnes nommées


Par George W. Bush , pour toutes sortes de boulots ou de responsabilité.



Pensez-y profondément et repensez-y


Et respirez profondément�très profondément !!!



Maintenant dites-moi combine d�entre eux sont encore en poste ??


Où est Tenet ?? Où est Rumsfeld ??? Colin Powell ??


Où est John Bolton ?? parmi d�autres.....


Où est maintenant Paul Wolfowitz ???? et tous ceux que j�ai oubliés ?? !!


comme Tony Blair , Allaoui , Ahmed Chalabi........






La seconde question serait :



Vous souvenez-vous de quoique ce soit que George W. Bush


Ai fait de tant soit peu correct ??


humain ou honnête.....??






Sherlock Hoummous


Enquêteur privé non-désigné


18 mai 2007




PS :


En toute honnêteté je dois admettre qu�une personne nommée par Bush


M. John R. Smith n�a pas encore été viré et n�a pas non plus démissionné honteusement ou d�une autre manière.


Qui est John Smith ???


M. Smith est le cuisinier personnel/privé de George...


Et il est OK !!





 
  'Le monde n'est plus dupe des slogans mansongers de l'Amérique' (Hugo Chavez)



Les populations de beaucoup de pays du monde savent désormais à quel point le discours démocratisant des Etats Unis est faux et mensonger et elles ne sont plus dupes, a estimé jeudi le président vénézuelien, Hugo Chavez. "Les Américains soutiennent des élements inféodés qui jouent leur jeu dans les pqys indépendants et ils s'immiscent dans les affaires des autres au nom de la démocratie, a-t- il ajoué en qualifiant de terroristes, les dirigeants américains. "L'Irak est un nouveau Viêtnam où l'Amérique est pris au piège; elle cherche à s'en sortir par tous les moyens possible, a jugé le Président en affirmant que son pays comptait bien résister aux pressions yankées.

IRIB
 
vendredi 1 juin 2007
  RESISTANCE, MAIS QUELLE RESISTANCE?
RESISTANCE, MAIS QUELLE RESISTANCE? Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Ecrit par Patrick Mignard


Il y a des mots qui inspirent, à juste titre, tellement le respect que l’on ne se donne même plus la peine de les expliquer et, ce qui est plus grave, de les utiliser à tort et à travers, au risque souvent de le faire à contre emploi ou dans un contexte totalement inadéquat.

Tel est le cas du mot RESISTANCE.

C’est à bien y regarder, surtout dans la manière dont il est utilisé aujourd’hui, un concept qui se suffirait en lui-même tellement sa charge affective est puissante. Et pourtant… des précautions sont à prendre pour ne pas y perdre sa crédibilité.

CONTOURS ET LIMITES DE LA RESISTANCE

Résister
c’est riposter aux attaques d’un adversaire, l’empêcher de gagner du terrain, d’atteindre nos forces vives et dans la mesure du possible de l’affaiblir pour pouvoir reprendre l’offensive et l’initiative dans le conflit qui nous oppose à lui.

La Résistance a, en France, un sens très particulier et renvoie à une période précise de notre Histoire. Vouloir faire un parallèle absolu serait absurde… ce qui ne veut pas dire que le terme «résistance» soit inadéquat et obsolète.

Aujourd’hui, la manière dont les gestionnaires du système marchand portent atteinte aux acquis sociaux, aux intérêts fondamentaux du plus grand nombre, à l’équilibre naturel de notre planète, exige, du moins pour les plus conscients car toutes et tous ne le sont pas - , de réagir, de protester, de dénoncer… ceci n’est même pas discutable … Soit! Le premier réflexe est de contrer, de résister à cette agression! Mais encore?

On sait pourquoi on résiste, contre quoi on résiste, mais comment allons nous résister? Quel sens a cette résistance?

La question du sens, comme son nom l’indique, est essentielle. Il ne s’agit pas seulement de l’aspect moral, éthique qui est incontestable, il s’agit aussi et surtout du sens historique… Je veux dire par là, comment se situe l’action, cette action dite «de résistance» dans le long terme, en terme de changement social, pas seulement en terme d’opposition, qui ne peut-être que formelle, à un système dominant?

Dans ce «comment» il n’y a pas simplement la «manière de…», mais il y a implicitement la question du débouché,… de l’objectif. Or, même si une résistance peut-être active, voire passive et «héroïque»… on ne peut pas ne pas se poser la question de son objectif à moyen et long terme.

Aujourd’hui, cette interrogation ne figure dans aucune stratégie d’organisation politique… sinon en terme vague et plus ou moins affectif: un «monde meilleur», un «monde nouveau», une «société plus humaine» certains avancent même, mais prudemment, le «socialisme» (?),… mais lequel?

Bref, les contours stratégiques de cette «résistance» sont loin d’être précis et définis. Mais il y a aussi une autre question autrement plus difficile.


QUELLE RESISTANCE AUJOURD’HUI

Si nous parlons de résistance aujourd’hui, se pose tout de même une question redoutable qui est celle de la légitimité du pouvoir en place. Quelle que soit l’appréciation que l’on puisse porter au regard du système politique électoral actuel, le pouvoir issu de ce processus est, aux yeux du plus grand nombre, légitime.

Que peut-être donc une «résistance» à un gouvernement légitime? Certes, cela renvoie à la notion de légitimité… et tous les pouvoirs ont eu leur légitimité fondée sur bien des principes… Et l’Histoire nous montre qu’une légitimité populaire n’est pas le gage d’un régime politique acceptable et ce n’est pas parce qu’un pouvoir est légitime qu’il agit dans le sens de l’intérêt général.

Or, la résistance à un pouvoir est d’autant plus difficile que ce pouvoir est fondé sur une légitimité reconnue par le plus grand nombre… que cette légitimité soit populaire ou non. Par exemple, s’opposer au pouvoir de l’Eglise au moyen Age était difficile car sa «légitimité» était largement reconnue par le plus grand nombre.

De plus, le système actuel a beaucoup appris de son histoire, il va agir habilement, en donnant l’impression de… tout en sauvegardant ses intérêts fondamentaux.

Ne nous faisons pas d’illusions, le nouveau pouvoir conservateur en France aujourd’hui va connaître un certain nombre de «succès» qu’il saurait monter et valoriser médiatiquement. Par exemple il va réduire les statistiques du chômage et pas seulement en manipulant les chiffres… Comment? En déréglementant le marché du travail, et en jouant à la baisse les salaires… et dans la foulée (si j’ose dire à propos d’un président-jooger), et avec le même procédé, il va réduire le nombre de délocalisations. Des réactions? Oui il y en aura, mais elles seront limitées, et je ne suis pas sûr que les syndicats s’opposent à ces mesures avec conviction… et les médias monteront en épingle les «statistiques positives»…

J’exagère? Mais il suffit de regarder la Grande Bretagne qui a fait sa «révolution conservatrice» depuis vingt ans et qui, d’après mes informations est loin d’être en état d’insurrection, de même que les USA.

On comprend donc, que dans cette situation, le principe de la Résistance n’est pas aussi facile à définir… sinon à en rester au simple niveau symbolique.

Quand on sait que la résistance à un pouvoir dictatorial, qui ne fonde sa légitimité que sur la force, est rarement soutenue, sinon reconnue, imaginons ce qu’elle peut être vis-à-vis d’un pouvoir qui se dit légitime, qui aux yeux de la loi l’est effectivement et qui plus est… est reconnue comme tel aux yeux d’une grande partie de la population… Ce qui est le cas aujourd’hui.

On sait quelle va être l’attitude des organisations politiques «de gauche»: le «trépignement médiatico-politique», la «dénonciation véhémente», la «course aux élus», les «manifestations suivies de délégations dans les préfectures», pétitions, collages d’affiches, manifestes, etc, etc…. C’est d’ailleurs cela qu’elles vont pompeusement. appeler «RESISTANCE». On sait ce que vaut ce genre d’agitation


QUE FAIRE?

Sans vouloir paraphraser les stratèges militaires, il est incontestable que «la meilleur défensive, c’est l’offensive». Or, aujourd’hui le champ d’action sur lequel nous devons agir, nous n’en avons aucune maîtrise, l’adversaire lui y est comme un poisson dans l’eau, c’est son système, son terrain, ses règles, ses lois, ses mercenaires, ses «penseurs», ses médias… De plus, un affrontement frontal avec le système en place est irrémédiablement voué à l’échec,… échec militaire et échec politique.

La contestation, critique et dénonciation ne sont évidemment pas inutiles, à la condition qu’elles ne soient pas uniquement les seules formes d’action… ce qu’elles sont aujourd’hui… du moins dans l’esprit des organisations politiques qui ont la prétention d’«organiser le changement »(?)

Les vieilles formes de luttes, grèves, occupations d’entreprises sont à utiliser avec parcimonie. En effet, fort efficaces quand le système pouvait s’acheter la paix sociale par des concessions, elles sont aujourd’hui relativement obsolètes dans un système mondialisé.

La stratégie de résistance se décline en fait aujourd’hui à deux niveaux: celui des luttes et celui des perspectives. Il serait faux de croire que ces deux niveaux sont étanches l’un par rapport à l’autre. Au contraire ils sont en étroite implication.

Les luttes, essentiellement tactiques, doivent être adaptées à la situation actuelle en sachant bien qu’elles ont un champs relativement limité… le système n’ayant plus les moyens d’accorder des concessions…

Les perspectives, elles, sont stratégiques, autrement dit remettent en question les fondements du système en entraînant sa décomposition, relativisant les rapports sociaux actuels et montrant que d’autres rapports sont possibles et même souhaitables.

Ainsi la Résistance n’est pas qu’un mot un peu magique que l’on utilise pour cacher sa propre impuissance, ne reste pas un combat d’arrière garde, ce qu’elle est aujourd’hui, mais une offensive impliquant dans des rapports nouveaux, une stratégie nouvelles et des structures nouvelles, un ensemble toujours plus important de personnes.


Patrick MIGNARD

 
  L'islam source principale des droits de l'Homme



La première conférence des procureurs des capitales des pays islamiques, organisé à Téhéran, à l'initiative du pouvoir judiciaire iranien, a mis fin a ces travaux jeudi 31 mai. Les participants à la conférence étaient unanimes pour dire que l'Islam est la source principale des droits de l'Homme. Le président du pouvoir judiciaire iranien, l'Ayatollah Hachémi Chahroudi a appelé, dans son intervention, les pays musulmans à l'unité dans la jurisprudence juridique et judiciaire pour ainsi présenter l'image réelle des droits de l'Homme. Le président du parlement iranien, Gholam Ali Haddad Adel, a déclaré lors d'un discours au deuxième jour de cette conférence que le monde occidental a lancé un défi au monde musulman en matière des questions juridiques et judiciaires. Et enfin, le secrétaire général de l'Organisation de la Conférence islamique, Ekmeleddin Ihsanoglu, dans un message adressé aux procureurs des capitales des pays musulmans, présent à la conférence de Téhéran, dans lequel il avait insisté sur le regard universel que porte la religion musulmane sur la question des droits de l'Homme. Durant ces dernières décennies, l'Occident a toujours essayé d'imposer son système juridique aux pays musulmans. A l'époque du colonialisme, la capitulation était l'héritage humiliant des colonialistes qui violaient le système juridique des pays colonisés, basé sur l'Islam. Les participants à la conférence de Téhéran ont affirmé que les différences qui pourraient exister entre les droits de l'Homme, versions occidentale et islamique, sont dues aux différences culturelles et religieuses. Le président du parlement iranien a rappelé que pour l'Occident, les valeurs occidentales sont des valeurs universelles auxquelles doivent se soumettre toutes les nations du monde. Mais malheureusement, certains gouvernements occidentaux ne respectent même pas les principes de leur propre version des droits de l'Homme, et les instrumentalisent souvent de façon injuste et discriminatoire. En effet, l'Occident tend à respecter les droits de l'Homme en vertu de leurs intérêts politiques et économiques, et ils accusent toujours leurs adversaires de violation de ces droits. En Islam, par contre, il n'y a pas de place pour la discrimination, et le modèle que la jurisprudence islamique propose est la source la plus originale du respect des droits de l'Homme.

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Nom : Aît Hamza S.

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