Rice appelle à la mise en place d'un tribunal international
Accabler un pays à terre, cela s'appelle donner "le coup de pied de la mule". La Secrétaire Rice qui s'est fait particulièrement remarquer aux yeux des Libanais par ses nauséuses diatribes pro sionistes tout au long de la guerre de 33 jours, vient d'illustrer de façon magistrale cette belle expression française. Mardi, à quelques jours d'une tournée qu'elle s'est promises au Moyen Orient, Rice a menacé le Liban d'un recours sans appel au chapitre 7 du charte de l'ONU, si le parlement libanais ne parvient pas de lui même à mettre en place un tribunal chargé de statuer l'affaire Hariri. Dans la foulé, le très orthodoxe quotidien sioniste, Haaretz a enchainé, voyant dans cette menace directe les prémices d'une "volonté américaine de prendre cette dite affaire en main". Mais que dit au juste ce fameux chapitre 7? Brandi souvent à titre d'épouventail, ce chapitre concerne tout pays en proie à l'insécurité chronique faute de consesus politique interne. Or le Liban est loin d'en être là. S'il est vrai que le courant peine à passer entre divers acteurs de la scène politique libanaise, cela est moins du à des divergences de fond qu'à une détestable politique "zizaniste" qu'affichent les Etats Unis à l'égard du pays du cèdre. Cette politique a donné lieu en été 2006 à l'une des guerres les plus injustes, les plus infames de l'histoire de moderne. C'est un fait avéré qu'Isreal d'Ehud Olmert n'aurait eu ni la force ni le courage d'attaquer le Liban sans soutien logistique, matériel et diplomatique de Wasgington. Ce même soutien qui s'est verbalisé sous les yeux "ahuris" du monde entier par cette mémorable phrase de Mme Rice d'une cruauté sans nom: "C'est sur les décombres du Liban que naitra le nouveau Moyen Orient". Sur son volet libanais, le projet américain du nouveau Moyen Orient a fait fausse couche et c'était grâce à la vaillance des combattants du Hezbollah qui ont su s'imposer de façon à repousser à temps la catastrophe. Mais avec les Américains toujours présent dans la région, la catastrophe n'est jamais trop loin. A l'approche du premier anniversaire de l'offensive israelienne de 2006 contre le Liban, la menace de Rice ne peut pas être anodine. Elle veut dire tout simplement que les Américains sont prêts à mettre le Liban devant le fait accompli, en décidant à sa place, via le Conseil de sécurité des Nations Unies. Nasrallah a qualifié d'illégitime ce recours qui, s'il a lieu, réduit le Liban au rang d'un état sous assisstance. Mais qu'en pensent-t-ils le premier ministre Siniora et ses acolytes? le stupide jeu du pouvoir vaut-il qu'on y sacrifie l'avenir et la souvrainté d'un pays? hélas, l'expérience irakienne ne semble pas avoir sérvi de leçon et la question est ouverte autant que sa réponse.
IRIB
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