ELWATAN-ALHABIB
jeudi 19 avril 2007
  La mafia a frappé


Le bilan s’est alourdi depuis le 11 avril qui a vu la capitale frappée par une violence qui vient rappeler les années sombres de la décennie passée. L’inquiétude grandit dans les esprits et chacun d’entre nous ne cesse de s’interroger sur les véritables auteurs de cette attaque monstrueuse.

La communauté internationale et l’Etat algérien ont de suite attribué ces attentats à Al Qaeda qui les aurait revendiqué en envoyant même les photos des auteurs. Dans la continuité des évènements les forces de l’ordre ont désamorcé une charge d’explosifs dans une mercedes se trouvant à proximité de l’ambassade du Danemark, dans le quartier de Hydra. Pour ceux qui connaissent ce quertier constitue l’équivalent de la zone verte à Bagdad en matière de sécurité. Il est difficile de concevoir que des intrus puissent pénétrer les lieux à bord d’un véhicule pour aller le stationner comme si de rien était devant une ambassade.

Pour ce qui est des autres lieux visés, le Palais du Gouvernement et le commissariat, les circonstances d’approches sont identiques, à savoir impossible de circuler à proximité sans être invité à montrer patte blanche. Il y a là vraiment de quoi s’interroger.

On voudrait nous faire croire qu’à Alger des membres soit disant d’Al Qaeda ont dissimulé des centaines de kilos d’explosifs pour arpenter ensuite la ville et aller garer leurs véhicules devant des sites très sensibles. Seul des esprits simples et largement crédules pourraient croire à cette version des faits. Il n’est plus à démontrer et cela s’est vérifié par le passé que les véritables auteurs de ces attentats ont bénéficié d’un large soutien qui vient de l’intérieur au plus haut niveau, ce qui leur a permis de bénéficier d’une logistique adaptée (véhicules, plusieurs tonnes d’explosifs…) et d’une possibilité de circuler et de stationner sans être inquiété.

Mais qui sont les véritables auteurs ? Certainement pas Al Qeda mais des éléments de l’ex GIA reconvertis sous une organisation tout aussi barbare le GSPC, sur laquelle on souhaite attirer notre attention depuis quelques années.

Une nouvelle fois la menace est créée, on la désigne et de surcroît elle agit horriblement sous le titre grotesque de « terrorisme islamiste ». En fait pour tous ceux qui connaissent l’Algérie, ce n’est plus un secret que d’affirmer que ces organisations barbares sont en fait des créations de toutes pièces des services de renseignements et notamment le redoutable DRS avec à sa tête aujourd’hui le général TEWFIK et ses complices. Le cabinet noir frappe à nouveau et cette fois de manière spectaculaire afin de mettre en garde le peuple algérien et d’alerter la communauté internationale qui réagit aussitôt par un soutien ferme aux décideurs d’Alger.

Cette situation d’insécurité est programmée par les TEWFIK, LAMARI et leurs sbires pour qui une Algérie sécurisée signifierait un climat serein et propice à la réflexion qui amènera inévitablement la société civile à demander des comptes aux principaux responsables de nos institutions et particulièrement ceux qui sont à la tête des forces de l’ordre.

Par ailleurs, l’absence de réaction du président de façade Bouteflika en dit long sur la réalité du pouvoir. Le premier magistrat et son gouvernement ne sont en réalité qu’un écran de fumée derrière lequel se cachent les véritables décideurs de ce pays, des personnages obscurs : les généraux Larbi BELKHEIR, Smain LAMARI, Mohamed LAMARI, Mohamed Médiene allias TEWFIK, Mohamed TOUATI, pour ne citer que les plus connus. Ils ont tous la particularité d’avoir choisi leur camp pendant la guerre d’occupation puisqu’ils ont tous servi sous les ordres de l’armée française. Ils forment aujourd’hui le cabinet noir qui dirige l’Algérie, l’organisation qui en réalité la ronge de l’intérieur comme un véritable cancer.

Leurs relais sont partout, au gouvernement, dans l’armée, dans les forces de sécurité, dans l’économie et bien sur dans toutes les chancelleries occidentales qui leur renouvellent leur soutien chaque fois qu’ils agitent le spectre du terrorisme vert. Le pays a connu une période terrible, une décennie durant laquelle il est difficile d’évaluer avec exactitude le nombre de victime mais on peut raisonnablement penser que près de 300 000 Algériens ont péri, sous les massacres, les attentats, la torture, les disparitions. Des horreurs d’une ampleur sans précédent se sont déroulés dans notre pays. Il est nécessaire aujourd’hui de s’interroger avec sérénité pourquoi il n y a pas eu d’enquête.

Comment se fait-il qu’on ait pu laisser ainsi le peuple sans explication sur cette décennie noire ? Pourquoi l’Etat à son plus haut niveau a t-il fait le choix de l’amnistie ? Un terme qui serait employé en France pour désigner l’absence de poursuites à l’égard de contrevenants au code de la route. A ce sujet, il est bien évident que cette soit disant amnistie ne s’adresse pas au peuple mais bien aux responsables de cette tragédie. Comment peux t-on faire confiance à un Etat qui choisit de régler des crimes contre l’humanité en nous livrant les résultats d’un référendum qu’il a lui-même décidé, organisé et planifié?

Au regard des trente dernières années, peut- on dresser un bilan même partiel de la situation en Algérie ? Malgré des ressources en hydrocarbure chaque jour grandissantes le pays agonise sous toutes ses formes. La situation cruciale du logement n’a jamais été réglée à un tel point qu’à Alger certaines familles entières vivent dans les rues sales et en sont réduites à partager leurs repas avec les rats qui envahissent la capitale.

Sur le plan sanitaire, le bilan est tout aussi tragique, les hôpitaux sont toujours aussi peu nombreux, insalubres, l’accès aux soins est réservé et certaines maladies qui avaient été éradiquées ont fait de nouveau leur apparition (choléra, tuberculose, maladies contagieuses…sans parler du sida.). Au niveau économique, le pays n’a jamais décollé avec un dinar sans valeur à l’étranger, inaccessible pour un algérien dans son pays. Le salaire minimum est estimé à 7000 dinars soit l’équivalent de 70 euros. Le taux de chômage est supérieur à 25% de la population active. Les infrastructures sont restées les mêmes à l’exception de l’aéroport dont les travaux ont démarré en 1982 et il fut inauguré en 2005 ou encore de quelques hôtels récemment construits pour attirer une clientèle affairiste.

Et pourtant, le pays peut compter actuellement sur une réserve de change de 100 milliards de dollars. Impressionnant ! Les décideurs ont fait le choix de libéraliser l’import autrement dit le commerce de bas étage qui permet de livrer à la population les produits tant rêvés devant les écrans des paraboles. Une idée subtile qui sans ingéniosité peut rapporter à ceux qui commercent, de l’argent facile, et à ceux qui consomment un semblant d’évolution puisqu’ils se procurent quand ils le peuvent ce qu’on leur vante dans les chaînes télévisées des pays développés.

Au final, « on trouve de tout en Algérie. Malheureusement la réalité est toute autre puisque le pays ne produit strictement rien, il ne construit aucune richesse et ne développe aucun savoir-faire. Il ne fait que picorer dans les stocks des produits de consommations occidentaux. L’actualité nous a démontré à quel point le pays était vulnérable en lançant un appel d’offre urgent à l‘importation de 20 000 tonnes de lait pour nourrir son peuple.

Plus de la moitié de la population vit avec moins de 1 dollar par jour. Le système éducatif est à l’arrêt. Il est difficile voir même impossible de trouver un travail. Sur le plan sanitaire, mieux vaut ne pas être malade. Faire une demande de logement relève du rêve. Circuler est un cauchemar. Sortir lorsque l’on croit que la situation est sécurisée, pourquoi pas ? Mais pour aller où ? A la plage en été, nous connaissons tous les conditions, elles sont déplorables. La criminalité s’est largement emparée de la société. On trouve toutes formes de drogue et la prostitution s’est implantée. Elle sévit en plein cœur d’Alger et même les enfants n’y échappent pas.

Le sport si cher aux algériens, le football, n’est plus. Le niveau du championnat est minable à l’image des installations sportives qui disposent des seuls terrains en tartan au monde. Une surface sur laquelle plus personne n’ose s’exercer tant elle s’avère néfaste pour le jeu et la santé des articulations. Quant à l’équipe nationale, malgré la bonne volonté des joueurs et le talent qu’ils développent, elle se trouve confrontée à une incompétence totale des dirigeants de la fédération. Il est inutile d’évoquer le cas des autres sports puisque la pratique au niveau d’un pays comme l’Algérie est insignifiante.

Le bilan de ces trente dernières années s’avère désastreux, chaotique pour un pays qui a tout pour réussir à savoir un territoire vaste, riche en hydrocarbure, un peuple formidable. L’Algérie n’a pas été à la hauteur de l’espérance de tous ces chouhadas qui ont lutté contre l’occupation.

Aujourd’hui le peuple se trouve asservi par une caste de mafieux affairistes criminels démoniaques dont le seul objectif est de pérenniser leur main mise sur la rente des hydrocarbures. Pour cela, ils sont les auteurs des pires crimes de l’histoire du pays allant jusqu’à programmer l’anéantissement de l’Algérien à naître dans le ventre de sa mère.

Mais il n y a pas de crimes qui restent impunis dans l’histoire de l’humanité et la vérité finit toujours par remonter à la surface comme un bouchon de liège. Chaque algérien doit prendre conscience de la situation grave que traverse le pays. S’informer est un devoir lorsque l’on veut comprendre ce qui se passe réellement. Accréditer les thèses du pouvoir algérien et celles des chancelleries occidentales est une insulte a toutes les victimes de la tragédie algérienne. C’est aussi faire le choix d’un raccourci sans issue qui cautionne une junte affairiste assoiffé de sang.

Chaque algérien est en droit d’exiger des comptes des principaux dirigeants de son pays. La solution viendra d’une prise de conscience collective, d’une mobilisation massive pour réclamer un véritable Etat de droit qui doit rompre d’urgence avec l’ancien système. Seules la transparence totale, l’intégrité et la justice peuvent constituer les fondements d’ une véritable épuration des institutions de notre pays.

Ben ALi
Le 13/04.2007


 
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