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| 20-01-2008 | |
| Un million et demi d’humains, des Palestiniens, emprisonnés sur une bande de terre surveillée de toute part par l’ennemi, subissent depuis des années une situation de blocus.
Aujourd’hui, les geôliers en interrompant la fourniture de fuel les plonge dans le noir sans possibilité de produire de l’électricité indispensable au fonctionnement des hôpitaux et maternités. |
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| Abdelkader Dehbi | |
| Un terrible mardi noir aujourd'hui pour les Palestiniens, avec ce nouveau raid meurtrier de l'armée israélienne contre le quartier "Hay Zeitoun"de Gaza. Bilan 19 morts, dont 13 membres du Hamas et 6 civils palestiniens. Parmi les tués du Hamas, Hossam, le fils du numéro 2 du Hamas, le Dr Mahmoud Al-Zahhar. C'est à coups de fusées tirées depuis des avions et de salves de mitrailleuses de chars que l'armée d'occupation israélienne a accompli son nouveau forfait. Un forfait "routinier" du reste, ainsi que l'a d'ailleurs cyniquement qualifié le porte-parole de ladite armée, en parlant d'opération "de routine"… "Routine" aussi, l'attitude de ce pauvre pantin de Mahmoud Abbas, "Président de l'autorité palestinienne", adoubé par l'Occident, et qui n'a pas trouvé mieux que de déclarer face aux caméras des télévisions, qu'il "condamnait la boucherie commise par Israël" au lieu de mettre fin une fois pour toutes à cette mascarade de "négociations interminables" avec un Etat israélien schizophrène qui, tout en faisant semblant de vouloir négocier la paix, applique méthodiquement son plan criminel de liquidation physique – 2000 assassinats en moins de trois ans - de tous les résistants nationalistes palestiniens, ceux de Hamas en premier chef, qui s'opposent à la politique d'abdication des droits palestiniens fondamentaux, en particulier, le statut de Jérusalem en tant que capitale du futur Etat Palestinien, le droit au Retour et la liquidation des colonies installées depuis Juin 1967. "Routine" aussi, les déclarations du porte-parole de la Maison Blanche accompagnant Bush en Arabie, qui a tout bonnement dénoncé "les extrémistes qui cherchent à faire dérailler le processus de paix" en espérant que "les israéliens ne cibleront lors de leurs raids que les activistes…" tout en exhortant "les palestiniens à s'abstenir de tuer des israéliens innocents…." Et dire que ce connard, - impossible de trouver un synonyme dans le dico – n'était saoul comme son maître, lui… "Routine" bien entendu, le silence lâche et complice des officiels arabes. En particulier les dirigeants des monarchies du Golfe, tout affairés à recevoir, tels des domestiques, un président Bush déclinant et potentiellement menacé à terme, de graves poursuites pénales pour crimes de guerre et prévarications diverses. "Routine" enfin chez nous, ces indécents et serviles tapages autour d'un hypothétique "3ème mandat présidentiel" dont se font l'écho – pendant que le monde extérieur bouillonne - les protagonistes de ce triste magma politique d'hommes asticots, gravitant autour d'un pouvoir putride, corrompu et décadent… Abdelkader Dehbi 16 janvier 2008 |
Un monde sans Islam
Par *Graham E. Fuller Jan-Fév. 2008
Il essaye d’imaginer la situation de l’humanité dans un monde où l’Islam n’aurait pas vu le jour. Un souhait où, faute de pouvoir revenir dans le temps pour tuer le bébé dans l’œuf, beaucoup de forces dépensent des fortunes et déploient des énergies pour étouffer l’Islam de libération et le réduire à des pratiques folkloriques.
Alors quelle aurait été l’évolution de ce monde ? Je vous laisse lire le texte de Graham E. Fuller pour découvrir ce qu’on serait devenu. L’on pourra formuler des remarques sur les hypothèses, l’analyse ou les conclusions de l’auteur et sur son emploi des termes comme terrorisme et terroriste sans définir le contenu. Mais pour un ex-agent de
Une dernière chose, j’aurais aimé que l’auteur, avec ses grandes connaissances géopolitiques et historiques, fasse le même exercice en imaginant un monde sans le mouvement sioniste, et par conséquent sans l’état d’Israël. Mais ça serait peut-être trop lui demander, n’est ce pas ? Quelqu’un pourrait-il objectivement émettre cette hypothèse de travail sans risquer sa mort intellectuelle ?
Imaginez, si vous le souhaitez, un monde sans l’Islam – une situation, il faut l’admettre, inconcevable, vu la place centrale qu’il occupe dans nos titres de nouvelles quotidiennes. L’Islam semble être derrière un large éventail de désordres internationaux : attentats suicides, voitures piégées, occupations militaires, luttes de résistance, émeutes, fatwas, jihad, opérations de guérilla, vidéos de menace et le 11/9 lui-même. « L’Islam » semble offrir une pierre de touche (un standard de mesure) analytique simple et instantanée, nous permettant de bien comprendre le monde convulsif d’aujourd’hui. En effet, pour quelques néoconservateurs « l’Islamofascisme » est maintenant notre ennemi juré dans une imminente « troisième guerre mondiale ».
Mais permettez-moi un peu. Et s’il n’y avait pas une telle chose comme l’Islam ? Et s’il n’y avait jamais eu de Prophète Mohammed, ni de saga de propagation de l’Islam à travers des grandes parties du Moyen Orient, de l’Asie et de l’Afrique ?
Etant donné notre actuelle focalisation sur le terrorisme, la guerre et l’antiaméricanisme rampant – l’un des sujets internationaux le plus émotionnel aujourd’hui –, il est vital de comprendre les vraies sources de ces crises. Est-ce l’Islam la source du problème, ou est-ce que cette source ne se trouve plutôt du côté de facteurs moins clairs et plus profonds ?
Pour l’intérêt de l’argumentation, dans un effort d’imagination historique, faites-vous une image d’un Moyen Orient dans lequel l’Islam n’est jamais apparu. Serions-nous alors épargnés de beaucoup des défis qui se trouvent aujourd’hui devant nous ? Le Moyen Orient serait-il plus pacifique ? De combien le type des relations Est-Ouest serait-il différent ? Sans l’Islam, il est sûr que l’ordre international présenterait une image très différente de celle d’aujourd’hui. Ou le ferait-il ?
ET SI PAS D’ISLAM, ALORS QUOI ?
Depuis les premiers jours d’un large Moyen Orient, l’Islam a visiblement façonné les normes culturelles voire même les préférences politiques de ses disciples. Comment pouvons-nous alors séparer l’islam du Moyen Orient ? Comme il s’avère, ce n’est pas très difficile à imaginer.
Commençons par l’aspect ethnique. Sans l’Islam, le visage de la région va rester complexe et confus. Les groupes dominants au Moyen Orient -- Arabes, Perses, Turcs, Kurdes, Juifs (est-ce un groupe ethnique ? et que représente ce groupe quantitativement ?, ndt.), voire Berbères et Pachtounes – continueront à dominer la scène politique. Prenez les Perses à titre d’exemple : Longtemps avant l’Islam, les empires persans successifs se sont étendus jusqu’aux portes d’Athènes et étaient les rivaux perpétuels de quiconque habita l’Anatolie. Des peuples sémites contestant cette hégémonie ont combattu les Perses à travers le croissant fertile jusqu’à dans l’Irak. Et puis il y a les forces puissantes des diverses tribus et des commerçants arabes s’étendant et migrant dans d’autres régions sémites du Moyen Orient avant l’Islam. Les Mongoles auraient tout de même envahi et détruit les civilisations de l’Asie centrale et beaucoup du Moyen Orient dans le 13e siècle. Les Turcs aurait aussi conquis l’Anatolie, les Balkans jusqu’à Vienne et une grande partie du Moyen Orient. Ces luttes -- pour le pouvoir, le territoire, l’influence et le commerce – existaient bien avant l’arrivée de l’Islam.
Cependant, c’est trop arbitraire d’exclure complètement la religion de l’équation. Si en réalité l’Islam n’a jamais émergé, la majeure partie du Moyen Orient serait restée essentiellement chrétienne avec ses diverses sectes comme cela a été le cas à l’aube de l’Islam. En dehors de quelques Zoroastriens et un petit nombre de Juifs, pas d’autre religion majeure n’était présente.
Mais est ce que l’harmonie avec l’Ouest aurait-elle régné si le Moyen Orient était resté chrétien ? On va trop loin. Nous devrions assumer que le monde européen médiéval agité et expansif n’avait pas étendu son pouvoir et son hégémonie à ses voisins de l’Est, en recherche des prises économique et géopolitique. Après tout, qu’est ce que ce seraient les Croisades si ce n’étaient pas une aventure occidentale menée essentiellement par des besoins politique, social et économique ? La bannière du christianisme était un peu plus qu’un symbole fort, un cri mobilisateur pour bénir les besoins profanes des Européens puissants. En effet, la religion particulière des autochtones ne figurait jamais en tête des causes de l’expansion impériale de l’Occident à travers la planète. L’Europe a pu parler d’une manière édifiante de porter « les valeurs chrétiennes aux autochtones », mais l’objectif évident était d’établir des avant-postes coloniaux comme sources de richesse pour la métropole et des bases pour l’expansion du pouvoir occidental.
Ainsi il est improbable que les habitants chrétiens du Moyen Orient aient bien reçu le flux des flottes européennes et leurs marchands soutenus par les fusils occidentaux. L’impérialisme aurait prospéré dans le mosaïque ethnique complexe de la région–-La matière brute du vieux jeu de diviser pour mieux régner. Et les Européens auraient toujours installé les mêmes dirigeants locaux pliables pour satisfaire leurs besoins.
Avançons l’heure à l’époque du pétrole au Moyen Orient. Les états du Moyen Orient, même si chrétiens, aurait-ils bien accepté l’établissement des protectorats européens sur leur région ? Certainement pas ! L’Occident aurait toujours construit et contrôlé les mêmes points d’étranglement comme le canal du Suez. Ce n’était pas l’Islam qui a fait que les états du Moyen Orient résistent vigoureusement au projet colonial avec son nouveau traçage des frontières selon les préférences géopolitiques européennes. Non plus, ces états chrétiens du Moyen Orient n’auraient-ils bien accueilli les compagnies pétrolières occidentales impériales, soutenues par des administrateurs européens, des diplomates, des agents de renseignements et des armées, pas plus que ce qu’ont fait les Musulmans. Regardez la longue histoire des réactions des Américains latins à la domination des Américains étatsuniens sur leurs pétrole, économie et politique. Le Moyen Orient serait toujours aussi motivé pour créer des mouvements nationalistes anticolonialistes pour arracher le contrôle sur leurs terres, marchés, souveraineté et destinée de l’emprise étrangère – tout comme les luttes anticolonialistes dans l’Inde hindou,
Et certainement les Français se seraient, tout aussi volontiers, étendus sur l’Algérie chrétienne pour s’emparer des ses riches terres agricoles et établir une colonie. Aussi, les Italiens ne se sont pas fait gênés par le christianisme de l’Ethiopie pour transformer ce pays en une colonie violemment administrée. En bref, il n’y a pas de raison pour croire que la réaction du Moyen Orient à l’agression colonialiste européenne aurait changé significativement de la manière dont elle s’est effectivement déroulée sous l’Islam.
Mais peut-être le Moyen Orient serait plus démocratique sans l’Islam ? L’histoire des dictatures en Europe elle-même n’est rassurant sur ce point. L’Espagne et le Portugal ont fini avec leurs violentes dictatures seulement en milieu des années 1970.
Et puis il y a
Mais les Chrétiens du Moyen Orient seraient certainement prédisposés religieusement envers l’Occident ? N’aurions-nous pas évité tous ces conflits religieux ? En effet, le monde chrétien lui-même a été déchiré par des hérésies depuis les premiers siècles du pouvoir chrétien, des hérésies qui étaient devenues des véhicules des oppositions politiques au pouvoir romain ou byzantin. Loin d’unir sous la religion, les guerres religieuses de l’Occident cachaient toujours des luttes plus profondes, ethnique, stratégique, politique, économique et culturelle pour la domination.
En vérité cette même référence à un « Moyen Orient chrétien » cache une animosité vilaine. Sans l’Islam, les peuples du Moyen Orient seraient restés comme ils étaient à la naissance de l’Islam–-la plupart des disciples du christianisme orthodoxe oriental. Mais c’est facile d’oublier que l’une des controverses historiques la plus violente, la plus virulente et la plus durable fut celle entre l’église catholique à Rome et le christianisme orthodoxe oriental à Constantinople – une rancune qui persiste toujours. Les Chrétiens orthodoxes orientaux n’ont jamais oublié ou pardonné le sac de Constantinople la chrétienne par les croisés occidentaux en 1204. Presque 800 ans plus tard, en 1999, le pape Jean Paul II chercha à faire quelques petits pas pour cicatriser la plaie dans la première visite d’un pape catholique au monde orthodoxe en mille ans. C’était un début, mais le désaccord entre l’Orient et l’Occident dans un Moyen Orient chrétien serait plutôt resté comme il est aujourd’hui. Prenez
La culture de l’église orthodoxe diffère nettement de la philosophie occidentale de l’après siècle des lumières, qui insiste sur la laïcité, le capitalisme et la primauté de l’individu. Elle a encore des peurs résiduelles à propos de l’Occident similaires dans différents aspects les incertitudes des Musulmans d’aujourd’hui : des craintes du prosélytisme missionnaire occidental, la perception de la religion comme un vecteur clé pour la protection et la préservation de leurs propres communautés et culture, et une suspicion du caractère « corrompu » et impérial d l’Occident. En effet, dans un Moyen Orient chrétien orthodoxe, Moscou aurait joui d’une influence spéciale, même aujourd’hui, comme le dernier centre important de l’Orthodoxie orientale. Le monde orthodoxe serait resté une arène géopolitique clé pour la rivalité Est-Ouest dans la guerre froide. Après tout, Samuel Huntington, a inclut le monde chrétien orthodoxe parmi les plusieurs civilisations impliquées dans le choc culturel avec l’Occident.
Aujourd’hui, l’occupation US de l’Irak ne serait mieux accueillie si les Irakiens étaient des Chrétiens. Les Etats-Unis n’ont pas renversé Saddam Hussein, un chef profondément laïque et nationaliste, parce qu’il était musulman. D’autres peuples arabes auraient toujours soutenu les Arabes irakiens dans leur traumatisme de l’occupation. Nulle part les gens ne se réjouissent de l’occupation et la tuerie de leurs concitoyens aux mains des troupes étrangères. En effet, des groupes menacés par de telles forces externes s’efforcent toujours de trouver des idéologies appropriées pour glorifier leur lutte de résistance. La religion est l’une de telles idéologies.
Voilà donc le portrait d’un putatif « monde sans Islam ». C’est un Moyen Orient dominé par le christianisme orthodoxe oriental -- une église historiquement et psychologiquement méfiante de, voire hostile à, l’Occident. Même déchiré par des différences importantes ethniques, voire sectaires, ce Moyen Orient possède un sens aigu de conscience historique et de griefs contre l’Occident. Il a été envahi à plusieurs reprises par des armés impérialistes occidentaux ; ses ressources pillées ; ces frontières redessinées par des décrets occidentaux en conformité avec les différents intérêts de l’Occident ; et des régimes installés accommodants aux dictats occidentaux.
Ceci ne présente pas une image réconfortante et complètement pacifique.
SOUS
Evidemment, il est absurde de prétendre que l’existence de l’Islam n’a pas eu d’impact indépendant sur le Moyen Orient ou sur les relations Est-Ouest. L’Islam a fourni une force unificatrice d’un haut niveau à travers une large région. Comme une foi universelle, elle a créé une vaste civilisation qui partage des principes communs de philosophie, arts et société ; une vision d’une vie morale ; un sens de justice, jurisprudence et une bonne gouvernance – le tout dans une culture raffinée profondément enracinée. Comme une culture et une force morale, l’Islam a aidé à combler les différences ethniques entre les divers peuples musulmans, les encourageant à se sentir concernés comme une part d’un plus grand projet civilisationnel musulman. Rien que cela donne à ce projet un poids important. L’Islam a également affecté la géographie politique : S’il n’y avait pas eu d’Islam, les pays musulmans de l’Asie du Sud et du Sud-est–-notamment le Pakistan, le Bangladesh,
La civilisation islamique fournissait un idéal commun auquel tous les Musulmans pouvaient faire appel au nom de la résistance contre l’empiètement occidental. Même si cet appel échouait à arrêter la marée impériale occidentale, il a créé une mémoire culturelle d’un destin généralement partagé qui n’a pas disparu. Les Européens étaient capables de diviser et conquérir beaucoup de peuples africains, asiens et américains latins qui sont tombés séparément devant la puissance occidentale. Une résistance transnationale unie entre ces peuples, était difficile à atteindre dans l’absence de tout symbole commun ethnique ou culturel pour la résistance.
Dans un monde sans Islam, l’impérialisme occidental aurait trouvé la tache de diviser, conquérir et dominer le Moyen Orient et l’Asie, bien plus facile. Il n’y aurait pas eu de mémoire culturelle collective d’humiliation et de défaite à travers une vaste région. Cela est la raison principale qui explique pourquoi les Etats-Unis sont en train de se casser les dents sur le monde musulman. Aujourd’hui, les intercommunications globales et les images satellitaires partagées ont créé une forte auto-conscience parmi les Musulmans et un sens d’un plus grand siège impérial occidental contre une culture islamique partagée. Ce siège ne concerne pas la modernité ; il concerne la quête occidentale incessante pour la domination de l’espace stratégique, les ressources et même la culture du monde musulman--le trajet pour créer un Moyen Orient « pro-américain ». Malheureusement, les Etats-Unis supposent naïvement que l’islam est tout ce qui se met sur son chemin menant au prix à gagner.
Mais quid du terrorisme--la question la plus urgente que l’Occident associe presque immédiatement avec l’Islam aujourd’hui ? Dans une nette franchise, le 11/9, aurait-il eu lieu sans l’Islam ? Si les griefs du Moyen Orient, enracinés dans des années de colère émotionnelle et politique contre les actions et la politique US, ont été enveloppés dans une autre bannière, est ce que les choses auraient-elles largement différentes ? Encore, il est important de se rappeler combien facilement la religion peut-elle être invoquée même si d’autres rancunes de longue-date sont à blâmer. Le 11 septembre 2001 n’était pas le début de l’histoire. Pour les pirates de l’air d’al-Qaïda l’Islam jouait le rôle d’une loupe dans le soleil, rassemblant ces griefs collectifs répandus et partagés, et les concentrant dans un rayon intense, un moment de clarté de l’action envers un envahisseur étranger.
Dans la focalisation de l’Occident sur le terrorisme au nom de l’Islam, les mémoires sont courtes. Les guérillas juives utilisaient le terrorisme contre les Britanniques en Palestine. Les Tamiles hindous sri-lankais « Tigers » ont inventé l’art du gilet du suicide et pendant plus d’une décennie ils ont dirigé le monde dans le recours aux attenants suicides--don l’assassinat du premier ministre indien Rajiv Gandhi. Les terroristes grecques ont effectuée des opérations d’assassinat contre les officiels US à Athènes. Le terrorisme organisé sikh a tué Indira Gandhi, semé le chaos en Inde, instauré une base extérieure au Canada et abattu un vol Air India sur l’Atlantique. Les terroristes macédoniens étaient largement craints tout à travers les Balkans à la veille de la première guerre mondiale. Des douzaines d’assassinats majeurs à la fin du 19e et au début du 20e siècles ont été exécutés par des « anarchistes » européens et américains semant une peur collective. La l’Armée de
Même l’histoire récente de l’activité terroriste n’est pas très différente. Selon Europol, 498 attaques terroristes ont eu lieu dans l’Union Européenne en 2006. Parmi elles, 424 étaient perpétrées par des groupes séparatistes, 55 par des extrémistes de la gauche et 18 par divers d’autres terroristes. Seulement un attentat a été commis par des islamistes. Pour être complet, il y avait un nombre d’attentats déjoués dans une communauté musulmane hautement surveillée. Mais ces nombres révèlent le large éventail idéologique des terroristes potentiels dans le monde.
Est-il alors très difficile d’imaginer les Arabes--chrétiens ou musulmans--, en colère contre Israël ou les invasions, les renversements et les interventions perpétuelles de l’impérialisme, faisant recours à des actes similaires de terrorisme et de guérilla. La question pourrait être plutôt, pourquoi ceci n’a pas eu lieu plus tôt ? Comme les groupes radicaux expriment les griefs dans notre monde globalisé, pourquoi nous ne devrions pas nous attendre à ce qu’ils portent leur lutte au cœur de l’Occident ?
Si l’Islam déteste la modernité, pourquoi il avait attendu jusqu’au le 11/9 pour lancer ces attaques. Et pourquoi des penseurs islamiques majeurs au début du 20e siècle parlèrent du besoin d’adopter la modernité tout en protégeant la culture islamique ? La cause d’Oussama Bin Laden dans ses premiers jours ne concernait pas la modernité du tout--il a parlé de
Et même si l’Islam comme un vecteur de résistance n’avait jamais existé, le Marxisme l’a fait. C’est une idéologie qui a engendré un nombre incalculable de terroristes, de guérilla et des mouvements de libération nationale. Il a façonné l’ETA basque, le FARC en Colombie, le Shining Path en Pérou, et
Les gens qui résistent des oppresseurs étrangers cherchent des bannières pour propager et glorifier la cause de leur lutte. L’internationale lutte des classes pour la justice fournit un bon élément mobilisateur. Le nationalisme est encore mieux. Mais la religion fournit le meilleur de tous, en faisant appel aux plus hautes énergies pour défendre sa cause. Et partout, la religion peut toujours servir pour soutenir l’ethnicité et le nationalisme alors même qu’elle les transcende--notamment si l’ennemi est d’une religion différente. Dans de tels cas, la religion cesse d’être essentiellement la source d’affrontement et de confrontation mais plutôt son véhicule. La bannière du moment peu disparaître mais les griefs demeurent.
Nous vivons une époque où le terrorisme est l’outil de choix du faible. Il entrave déjà la puissance sans précédent des armés US en Irak, Afghanistan et ailleurs. Et c’est ainsi que Bin Laden dans beaucoup de sociétés non-musulmanes fut appelé le « prochain Che Guevara ». Ce n’est rien moins que l’attrait d’une résistance réussie contre le pouvoir américain dominant, le faible contre-attaque. Un attrait qui transcende l’Islam ou la culture du Moyen Orient.
ENCORE PLUS DE
Mais les questions demeurent, si l’Islam n’a pas existé, le monde serait-il plus pacifique ? Devant ces tensions entre l’Est et l’Ouest, l’Islam ajoute incontestablement un élément supplémentaire émotionnel, une couche supplémentaire de complications pour trouver des solutions. L’Islam n’est pas la cause de tels problèmes. Cela peut paraître raffiné de chercher des passages dans le Coran qui semblent expliquer « pourquoi ils nous haïssent ». Mais cela s’éloigne aveuglement de la nature du phénomène. Quelle idée confortable que d’identifier l’Islam comme la source « du problème » ; c’est certainement bien plus facile que d’explorer l’impact de l’empreinte globale massive de l’unique super puissance du monde.
Un monde sans Islam verrait toujours la plupart des rivalités tenaces meurtrières dont les guerres et les malheurs dominent la scène géopolitique. Si ce n’était pas la religion, tous ces groupes auraient trouvé d’autres bannières en dessous desquelles ils exprimeraient leur nationalisme et leur quête pour l’indépendance. Bien sûr, l’histoire n’aurait pas suivi exactement le même chemin comme elle l’a fait. Mais au fond, le conflit entre l’Est et l’Ouest reste toujours à propos des grandes questions historiques et géopolitiques de l’histoire humaine : l’ethnicité, le nationalisme, l’ambition, l’avidité, les ressources, les chefs locaux, le territoire de domination, le profit financier, le pouvoir, les interventions et la haine des étrangers, des envahisseurs et des impérialistes. Confronté à des questions intemporelles comme celles-ci, comment le pouvoir de la religion pourrait-il n’être pas invoqué ?
Souvenons-nous aussi que pratiquement tous les principaux horreurs du 20e siècle vinrent presque exclusivement des régimes strictement laïques : Léopold ii de Belgique au Congo, Hitler, Mussolini, Lénine et Staline, Mao et Pol Pot. C’étaient les Européens qui ont imposé leurs « guerres mondiales » par deux fois au reste du monde--deux conflits globaux dévastateurs sans aucun vague parallèle dans l’histoire islamique.
Quelques-uns aujourd’hui pourraient souhaiter un « monde sans Islam » dans lequel ces problèmes n’auraient vraisemblablement jamais eu lieu. Mais, en vérité, les conflits, les rivalités et les crises d’un tel monde pourraient ne pas apparaître si largement différents de ceux que nous connaissons aujourd’hui.
* Graham E. Fuller est un précédent vice président du conseil national des renseignements « National Intelligence Council » à
La mascarade de la présidentielles de 2008 aux États-Unis annonce le développement de la criminalité gouvernementale et l'extension de la guerre
Par Larry Chin, le 10 janvier 2008
Dans l'histoire moderne des États-Unis, chaque élection est une magouille délictueuse, mise en scène et manipulée par des politiques élitistes, et interprétée par des marionnettes triées sur le volet, soutenues toutes par une équipe de criminels de guerre corrompus, de « consultants » en renseignement et en sécurité, et par des groupes de réflexion actifs. L'affaire de 2008 ne sera pas différente.
Alors que se présente une autre nouvelle élection démentielle, il est temps de dissiper encore une fois la folie et les espoirs sans fondement des masses. Il n'y aura pas de sauveur, pas de fin à la crise mondiale, et absolument aucun « changement. »
Les monstres derrière chaque candidat
Pendant que le public étasunien est entraîné une fois de plus dans un nouvel égarement, la ridicule fête foraine décidant quelle « personnalité présidentielle » est la plus « sympathique, » quelle marionnette présélectionnée fait le meilleur discours, etc..., peu ou pas d'attention n'est portée sur les individus derrière chaque candidat ; sur les forces qui tirent les ficelles, et établissent réellement l'ordre du jour géopolitique.
Le Washington Post a fourni une liste complète des « maître » respectifs de chacune des marionnettes, à étudier ligne par ligne :
Cette liste contient la clef du problème central : la guerre.
Comme le révèlent les noms, tout candidat important (marionnette choisie ayant quelques chances réelles d'être sélectionnée) représente l'ordre du jour fixé par les anciens et actuels néo-conservateurs, par les fonctionnaires de la « sécurité » et les politicards néo-libéraux, par les membres du Groupe des Bilderberg, de la Commission Trilatérale, du Conseil On Foreign Relations et des appareils tels que la Heritage Foundation, le Center for Strategic and International Studies, la Brookings Institution, l'AIPAC, la Hoover Institution, l'American Enterprise Institute, et par d'autres.
Comme on le voit ci-dessous, certains des individus les plus cauchemardesques qui arpentent aujourd'hui la Terre se trouvent derrière les candidats :
John McCain
- Henry Kissinger.
- Richard Armitage, ancien Vice-Ministre des Affaires Étrangères, agent secret et allié de longue date de Bush.
- Robert « Bud » McFarlane, conseiller à la sécurité nationale de Reagan-Bush, Iran Contra.
- William Kristol, directeur de The Weekly Standard (néo-conservateur).
- Alexander Haig, Ministre des Affaires Étrangères de Reagan-Bush.
- George Shultz, Ministre des Affaires Étrangères de Reagan-Bush, Hoover Institution, Bechtel.
- Brent Scowcroft, Ford, conseiller à la sécurité nationale de George HW Bush.
- James Woolsey, ancien directeur de la CIA.
- Lawrence Eagleburger, Ministre des Affaires Étrangères de George HW Bush.
- William Ball, Ministre de la Marine de l'administration Reagan
- Colin Powell.
Barack Obama
- Zbigniew Brzezinski
- Anthony Lake, conseiller à la sécurité nationale de l'administration Clinton.
- Sarah Sewall, Vice-Ministre de la Défense de l'administration Clinton, un tsar de la contre-insurrection.
- Richard Clarke, tsar du contre-terrorisme des administrations Clinton et Bush.
- Susan Rice, spécialiste de l'Afrique sous l'administration Clinton, membre du National Security Council, Brookings.
- Bruce Riedel, ancien agent de la CIA, National Security Council pour les affaires du Proche-Orient et d'Asie, Brookings
Hillary Clinton
- Bill Clinton.
- Madeline Albright, Ministre des Affaires Étrangères de l'administration Clinton .
- Sandy Berger, conseiller à sécurité nationale de Bill Clinton
- Richard Holbrooke, ambassadeur aux Nations Unies de l'administration Clinton.
- Général Wesley Clark, commandant au Kosovo à l'ère Clinton.
- Leslie Gelb, Council on Foreign Relations, ancien Ministre des Affaires Étrangères et fonctionnaire du Ministère de la Défense.
- Martin Indyk, ambassadeur en Israël de l'administration Clinton, Brookings.
- Strobe Talbott, Vice-Ministre des Affaires Étrangères de l'administration Clinton, créateur du groupe Caspien Pétrolier « 6+2, » Brookings.
- Jeffrey Smith, ancien avocat général de la CIA.
Rudy Giuliani
- Kim Holmes, ancien Vice-Ministre des Affaires Étrangères de George W. Bush, Heritage Foundation.
- Louis Freeh, ancien directeur du FBI.
- Stephen Yates, ex-adjoint de Dick Cheney.
- Norman Podhoretz, Hudson Institute (néo-conservateur).
- Kenneth Weinstein, Hudson Institute.
- De nombreux autres individus reliés aux organismes néo-conservateurs Hoover Institution et Heritage Foundation.
Mike Huckabee
Huckabee a été cachottier à propos de son équipe. Parmi les noms remontés à la surface jusqu'à présent :
- Ed Rollins, agent Républicain.
- Frank Gaffney, néo-conservateur.
- John Bolton, ambassadeur aux Nations Unis de George W. Bush (au moment où sont écrites ces lignes, la participation de Bolton est une forte rumeur).
John Edwards
Edwards se vante d'une grande équipe d'officiers de carrière, militaires et du renseignement, dont la plupart sont des « militants de base, » au milieu de noms plus remarquables :
- Barry Blechman, directeur adjoint de la US Arms Control and Disarmament Agency sous Jimmy Carter, fondateur et président du Henry L. Stimson Center
- Irving Blickstein, ancien assistant de l'adjoint du chef des opérations navales, RAND Corporation
- Cofer Black, former CIA and George W. Bush state department counter, terrorism officer, vice president of Blackwater USA Cofer Black, ancien CIA et George W. Bush, le Ministère des Affaires étrangères de contre, le terrorisme officier, vice-président de Blackwater USA
- Alberto Cárdenas, lobbyiste et ancien président du Parti Républicain de Floride.
- Roger Noriega, Vice-Ministre des affaires de l'hémisphère occidental de George W. Bush.
- Pete Hoekstra, député républicain du Michigan, haut fonctionnaire, Comité du Renseignement de la Chambre.
Le choix de la marionnette des maîtres
Comme l'a noté Daniel Estulin dans The True Story of the Bilderberg Group (véritable histoire du groupe Bilderberg), les maîtres du « gouvernement mondial unifié, » dont les membres manipulent toutes les élections, recherchent les principaux objectifs suivants :
1) l'identité internationale, ou l'« internationalisme, »
2) le contrôle centralisé des populations,
3) la société post-industrielle à croissance zéro,
4) un état mondial en perpétuel déséquilibre,
5) le contrôle centralisé de toutes les politiques étrangères et intérieures,
6) la prise de pouvoir de l'ONU et de l'OTAN, et
7) le commerce dominé par le bloc Anglo-US.
S'il est encore trop tôt pour déterminer le choix final des principaux groupes de meneurs du façonnage mondial (Bilderberg, Commission Trilatérale, Council on Foreign Relations, etc), il est évident, d'après la liste ci-dessus, que les marionnettes agrées pour la Maison Blanche sont déjà dans le « peloton de tête. »
Alors que les vrais représentants du « changement, » comme Dennis Kucinich, Cynthia McKinney et Ron Paul, n'ont aucune chance (leurs « voix » seront dans tous les cas systématiquement supprimées), les seules marionnettes restantes, et leur équipe respective, s'avèrent être des suppliants de la guerre actuelle et des élitistes de l'industrie.
Il va sans dire qu'en particulier John McCain, le candidat républicain, est profondément lié aux pires éléments, à Henry Kissinger, le plus éminent. Le lien élitiste de Barack Obama parle de lui-même : Zbigniew Brzezinski.
Dans les années 80, la participation de McCain au scandale de l'épargne et du crédit, comme membre de l'infâme Keating Five, est un fait historique.
Les vues brutales de McCain, sur la guerre et la mise à mort, sont aussi une affaire enregistrée, illustrée au mieux par sa page éditoriale de 2001, La Guerre, c'est l'Enfer. Entendons-nous bien là-dessus maintenant.
Il n'y a pas meilleure cristallisation de McCain que ses propres mots trempés de sang.
Il est bien connu que les deux Clinton sont membres de longue date des Bilderberg. Comme l'a noté Daniel Estulin, John Edwards, qui se donne maintenant des airs « populistes, » a été trié sur le volet par Henry Kissinger (qui travaille à présent derrière John McCain) pour être candidat à la vice-présidence de John Kerry en 2004. Aujourd'hui, quatre ans plus tard, ses liens ont dû certainement se renforcer.
Voici venir une « guerre contre le terrorisme » encore plus agressive
Il est clair, qu'avec les « candidats » choisis, il n'y aura pas de fin à la guerre, ni à la poursuite du déclin de l'empire étasunien.
La « guerre contre le terrorisme » va non seulement se poursuivre mais aussi probablement s'intensifier et s'élargir sous la « nouvelle gestion. » La seule question est de savoir si ce penchant sera sous une marque néo-libérale, un Nouvel Ordre Mondial multinational« plus nuancé », un « consensus bipartite » à Washington, plus d'ordre économique et moins de politique, etc.... ou continuera la brutalité non dissimulée et la criminalité des Bush-Cheney.
Les événements violents, dont l'assassinat du Bhutto au Pakistan, et d'autres du genre « 9-11, » s'accordent avec les derniers... McCain et Giuliani.
De façon uniforme, les candidats républicains se font constamment l'écho de l'ordre du jour de guerre néo-conservateur des Bush-Cheney, et des mensonges du « terrorisme » et du 9-11. Huckabee, le bizarre cheval sombre du Parti Républicain, a exprimé des critiques contre certaines politiques des Bush-Cheney, mais pas contre la « guerre au terrorisme » en général.
Les candidats démocrates se sont tous eux-mêmes déclarés champions « anti-terroristes, » les « vrais » anti-terroristes que George W. Bush n'est pas.
Les vues meurtrière d'Obama sur la guerre, similaires à celles des Bush-Cheney, sont bien documentées. En plus de la guerre contre l'Iran, Obama a déclaré qu'il attaquerait le Pakistan si son administration possédait « des renseignement passibles de poursuite » sur le fait qu'Oussama Ben Laden se cache au Pakistan, et que le gouvernement n'agit pas.
En 2004, Edwards qui couinait lors de son débat de vice-présidence avec Dick Cheney qu'il allait « tuer les terroristes, » a réitéré récemment : « Si, en tant que président, je savais où est Oussama Ben Laden, j'irais le chercher. »
Clinton est allé encore plus loin dans les détails sur sa vision bizarre de la guerre : « À un moment, probablement quand les missiles seront lancés, le gouvernement pakistanais devra savoir qu'il est sur leur trajectoire. »
En fin de compte, La Guerre, c'est l'Enfer. Entendons-nous bien là-dessus maintenant de McCain est la voix du consensus. . . Le 9-11 a servi d'exemple au mensonge.
Le décompte des voix et les autres illusions
Comme on l'a noté à maintes reprises dans cette publication, chaque aspect du vote étasunien a été, et continue d'être manipulé.
Avec la montée de la sophistication technique, il est pourtant factuel que les sociétés Diebold, ESS, Sequoia, et SAIC (principalement liées à l'appareil politique républicain) contrôlent le vote étasunien. En fait, de nouvelles générations de leurs machines seront utilisées en 2008.
Hors de portée de la courageuse dénonciation et de l'activisme d'organismes comme Black Box Voting et d'autres, le même raz-de-marée de destruction criminelle de la démocratie, mis en place pendant des générations, demeure au contrôle.
Le vainqueur des élections de 2008 : la criminalité
Comme l'a écrit Mike Ruppert dans Crossing the Rubicon : « Ce qui profite de la criminalité et de la guerre, ce qui est destructeur de la vie humaine, du travail, du bonheur, de la santé dans le voisinage (que ce soit aux États-Unis ou en Afghanistan, en Afrique ou en Irak), qui est en réalité la clef de voûte de l'économie mondiale et le facteur déterminant de la réussite dans la concurrence impitoyable, est une boussole pour la civilisation humaine. On ne peut pas s'attendre à produire une crème brûlée en suivant la recette du ragoût de bestiole écrasée sur le bord de la route. »
Les criminels ne respectent pas les lois. Les criminels ne croient pas à la « démocratie. »
Les criminels ne « permettent » pas les élections.
Ils n'autoriseront pas les élections de 2008. Ils imposeront quelqu'un d'autre.
Original : http://onlinejournal.com/artman/publish/article_2824.shtml
Traduit au mieux par Pétrus Lombard pour Alter Info
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| 08-01-2008 | |
| Les Afghans exercent une menace sérieuse sur les US(a) et font preuve d’une agressivité à leur égard tout à fait déraisonnable. Ils les combattent en Afghanistan et c’est répréhensible et punissable. Les insurgés Irakiens témoignent d’une haine irrationnelle et d’une jalousie profonde des Étasuniens, ils les combattent en Irak. Ils méritent une sanction grave qui leur fera aimer les US(a). Les Palestiniens tirent des roquettes artisanales sur Israël détenteur de bombes nucléaires et dotée de la quatrième force militaire au monde. Et s’ils mettent ainsi en péril l’existence de l’État sioniste, ce n’est pas parce qu’une poignée de Juifs occidentaux leur volent leur terre et détruisent leur société, c’est par anti-sémitisme atavique. La communauté internationale a pris la sage mesure de ne pas contrarier le programme de leur extermination lente mais sûre par leur occupant. Les Libanais ont rétorqué à une violation de leur territoire Sud par des soldats sionistes en les saisissant comme prisonniers de guerre. Au regard des mœurs occidentales, c’est une agression caractérisée qui a justifié 3 000 morts Libanais et la destruction de tout leur pays. Les nations se sont entendues pour disposer de forces militaires sur le territoire libanais pour empêcher toute velléité de riposte lors des violations du territoire et de l’espace aérien libanais C’est une pure impudence et effronterie, quand ce n’est pas la haine du Juif, de rétorquer si un envahi répond à son envahisseur et occupant. Des bateaux militaires étasuniens dans les eaux territoriales iraniennes, et des garde-côtes tentent de les dissuader ? Mais c’est un crime de haute rébellion contre l’ordre établi de la pax americana qui veut que les US(a) sont partout chez eux. D’autant plus grave qu’une curieuse coïncidence veuille que l’empereur Bush fils soit en déplacement dans la région. Convergence des Causes 9 janvier 2008 |
IRAK : VOYAGE AU CŒUR DE LA RÉSISTANCE
par Gilles Munier
(Afrique Asie – janvier 2008)
DE LA LÉGIMITÉ DE LA RÉSISTANCE
L’invasion de l’Irak était illégale au regard du droit international. Les Etats-Unis et leurs alliés – en tant que puissances occupantes - n’avaient le droit ni d’organiser des élections, ni de promulguer une nouvelle constitution, ni de favoriser le sectarisme et la partition. Les conventions de La Haye, de 1907 et de Genève de 1949, sont très claires à ce sujet.
La légitimité de la résistance irakienne s’appuie sur la Charte de Nations unies et de nombreux textes fondamentaux. Selon la déclaration de Genève sur le terrorisme de 1987, le peuple irakien a le droit de lutter contre l'occupation étrangère et son combat ne peut être confondu avec des actes de terrorisme international.
La résistance irakienne veut être reconnue comme la continuité de l’Etat irakien. Si elle l’emporte, ceux qui ont collaboré avec l’occupant peuvent être arrêtés, jugés. Des plaintes pour crimes de guerre et contre l’humanité seront déposées contre les dirigeants de la coalition. L’Etat irakien pourrait alors réclamer des compensations pour les destructions et les victimes de guerre. Les contrats signés sous l’occupation – notamment dans le secteur pétrolier – seraient considérés comme illégaux, avec pour conséquence le remboursement des sommes perçues par les sociétés étrangères.
Dresser un tableau exhaustif de la résistance armée tient de la gageure car elle regroupe des organisations qui n’existent parfois que le temps d’une revendication, changent de nom, fusionnent, scissionnent. On peut les classer par appartenance idéologique, quand elles ne la camouflent pas. Dans ce cas, elles sont baasistes, nationalistes arabes - baasistes dissidents, nassériens, aréfistes -, proches des Frères musulmans, panislamistes, ou communistes du PC-cadres. Mieux vaut se garder de les étiqueter trop vite, leur couleur changeant parfois au gré de recrutements et d’évènements. En revanche, ce qui est certain, c’est que le gros des combattants n’a aucune filiation politique précise, n’est motivé que par la lutte de libération, et que le nombre des djihadistes étrangers - monté en épingle par les Américains - n’est pas déterminant. Il représente, au plus, 5% des moudjahidin.
« Petits groupes »
Dans les mois qui suivirent la chute de Bagdad, une quarantaine d’organisations a revendiqué des actions armées, parmi lesquelles : le Commandement de la résistance et de la libération de l’Irak, le Front national pour la libération de l’Irak, la Brigade Farouk, les Organes politiques des médias du parti Baas, Eveil et Guerre sainte, Al Ansar, la Bannière noire, les Cellules du Djihad, l’Armée de libération irakienne, les Combattants de la Secte victorieuse, les Moudjahidin, la Brigade verte, l’Armée de Muhammad, les Drapeaux Blancs, Saraya al-Moudjahidin, le Mouvement Tête de Serpent, le Retour …etc…Les services de renseignement américains étaient incapables de suivre leurs activités autrement qu’en comptabilisant les attentats et les victimes.
Donald Rumsfeld a bien évidement refusé de parler de résistance. Il ne reconnaissait l’existence que de « petits groupes » d’attaquants baasistes, de Feddayin de Saddam ou de formations loyalistes décrites par Paul Wolfowitz comme les « derniers vestiges d’une cause agonisante ». L’armée US, disait-il, « avait la sympathie de la population, pas les éléments survivants du régime baasiste »… Mais fin 2003, quand le nombre des attaques dépassa officiellement la trentaine par jour, Rumsfeld dû avouer que la guerre serait « longue, dure, difficile, compliquée ».
La résistance irakienne n’a pas été créée par des intellectuels romantiques, mais par l’élite des Moukhabarat (services secrets) et de l’armée. Cela leur a permis de mettre la CIA en échec quand elle a propulsé Abou Moussab Al-Zarqaoui sur le devant de la scène. Quand les Américains se sont aperçu que les Irakiens rendaient les Forces spéciale US responsables des attentats sauvages et des décapitations filmées, Zarqaoui a été éliminé.
En cinq ans, les Américains n’ont pu percer ni la stratégie, ni démanteler les principales organisations de la résistance. Ils ont tué des centaines de milliers d’Irakiens (un sondage effectué par l’ORB, un institut de sondage qui a pour client l’OTAN estime à plus de 1 200 000 le nombre des victimes de la guerre), ils détiennent officiellement aux camps Bucca et Cropper plus de 26 000 prisonniers politiques - dont 950 enfants – sans réduction conséquente du soutien apporté aux Moudjahidin. Muwafaq Al-Rubaï, directeur du Conseil de sécurité irakien expliquait sérieusement que Saddam Hussein avait « inoculé un virus incurable » dans l’esprit des Irakiens qui les empêchait d’accepter l’occupation et le gouvernement actuel.
Supplétifs tribaux
S’inspirant des méthodes expérimentées par les colonels Trinquier et Lacheroy pendant la guerre d’Algérie, le Général Petraeus - commandant en chef des forces de la coalition - a créé des corps de supplétifs tribaux pour lutter contre Al-Qaïda. Le plus connu est celui d’Al-Anbar commandé jusqu’à son assassinat, le 14 septembre 2007, par le Cheikh Abou Risha, arrêté sous Saddam Hussein pour banditisme sur l’autoroute Bagdad-Amman ! Dans les villes sont nés les « Groupes de citoyens locaux concernés ». Ils auraient dépassé les 70 000 membres, au point d’effrayer Nouri Al Maliki qui sait bien que la majorité d’entre eux l’accuse d’être un agent iranien. Pire pour lui et les Brigades Badr, une pétition signée par 300 000 chiites, parmi lesquels 14 chefs religieux et 600 chefs de tribu, réclame une commission d’enquête de l’ONU sur les crimes commis en Irak par les Iraniens et leurs agents.
A chaque changement de stratégie américaine, la résistance s’adapte. Des branches des Brigades de la Révolution de 1920 et de l’Armée islamique en Irak ont infiltré les supplétifs, tandis que d’autres s’emploient à éliminer ceux trop liés aux Etats-Unis. On en est arrivé au point où l’armée américaine laisse des groupes de résistance s’emparer de quartiers sans interférer dans les combats. Au poker menteur, Petraeus est perdant d’avance.
Fronts de libération prépositionnés
L’étape la plus importante franchie ces derniers mois a été la création de fronts de libération prépositionné dans la perspective d’un retrait conséquent des troupes d’occupation. Ils sont quatre d’inégale importance et plus ou moins unis :
§ L’Etat islamique d’Irak, fondé le 15 octobre 2006 sur la base d’un serment prononcé en trempant ses doigts dans une coupe remplie de parfum, une pratique appelée Hilf Al-Moutaîyabin, d’origine pré islamique avalisée par le Prophète Muhammad. Il comprend 7 organisations dont Al Qaïda en Irak, mais n’a rien à voir avec ben Laden. Son chef, Abou Omar Al-Bagdadi, propose de faire de l’Irak un Etat régi par la Charia et de rétablir le califat.
§ Le Front du Djihad et du Changement avec 8 organisations dont les Brigades de la Révolution de 1920. Créé le 7 septembre 2007, il se veut indépendant de tout parti politique, prône l’unification de la résistance et le recours à la Charia pour régler les différents politiques, parfois sanglants.
§ Le Haut commandement du Djihad et de la Libération, constitué le 2 octobre 2007, sous la présidence d’Izzat Ibrahim Al Douri - chef du Baas clandestin - regroupe 22 organisations. Ses membres sont issus des diverses composantes ethniques et religieuses du pays, baasistes ou non. Il propose la formation d’une assemblée consultative qui nommera un gouvernement transitoire. Des élections législatives permettront ensuite aux Irakiens de choisir librement leurs représentants.
§ Dernier né : le Conseil politique de la Résistance Irakienne composé, en octobre 2007, du Front pour le Jihad et la Réforme - qui comprenait Ansar Al Sunna, l’Armée islamique en Irak, et l’Armée des moudjahidine -, du Front pour la Résistance Islamique en Irak, et du mouvement Hamas – Irak. Il veut un Irak gouverné par des technocrates non sectaires.
Les fronts sont d’accord sur l’essentiel : le départ des Américains, des Iraniens et de leurs alliés. L’Etat islamique d’Irak mis à part, ce qui les divise depuis l’exécution de Saddam Hussein, tient plus à des ambitions personnelles qu’à leur vision de l’avenir de l’Irak. Les excès sectaires d’Al Qaïda en Irak, à l’origine du basculement de chefs de tribu dans l’orbite américaine, en ont fait la cible des organisations nationalistes et islamiques qui exècrent le wahhabisme.
La constitution attendue d’un « Conseil national de la résistance » n’est pas encore à l’ordre du jour. Qui le reconnaîtrait ? Certains pays arabes aident la résistance, mais cela ne va pas très loin. Hareth Al-Dari – chef du Comité des oulémas musulmans - est réfugié en Jordanie. Damas demeure un lieu de passage privilégié. Izzat Ibrahim aurait été aperçu au Yémen, en Arabie et au Caire.
On sait depuis des mois que l’administration Bush-Cheney et leurs alliés ont manoeuvré pour renforcer leur contrôle politique sur le Pakistan, pavant la voie à l’expansion et à l’enracinement de la « guerre contre le terrorisme » dans la région. En fait cela simplifie les options de Bush - Cheney.
Pour semer le Chaos, un prétexte
« Apporter la démocratie au monde musulman » c’est la rhétorique Orwellienne utilisée pour masquer l’utilisation par Bush-Cheney de la pression et de la force, leur tentative dramatique de modifier le gouvernement pakistanais pour en faire une coalition Bhutto/Sharif-Musharraf, et les plans en coulisse pour une intervention militaire.
Différents plans de déstabilisation américains, connus de responsables et d’analystes, proposaient de renverser le pouvoir militaire au Pakistan.
L’assassinat de Bhutto semble avoir été anticipé. On a même rapporté qu’il y avait eu des « bavardages » parmi les responsables US sur de possibles assassinats, soit de Pervez Musharraf soit de Benazir Bhutto, bien avant que les tentatives récentes n’aient eu lieu.
Comme Jeremy Page l’a succinctement résumé dans son article « Qui a tué Benazir Bhutto ? » Les principaux suspects sont :
1)« des militants pakistanais et étrangers islamistes qui voyaient en elle une hérétique et un larbin des américains » et 2) L’ISI (Inter-Services Intelligence services secrets pakistanais ndlt), en fait une branche de la CIA. Le mari de Bhutto Asif Ali Zardari a accusé l’ISI d’avoir été impliqué dans l’attaque d’octobre.
L’assassinat de Bhutto a été comme prévu imputé à « Al Qaeda » sans qu’on mentionne le fait qu’Al Qaeda elle- même est une opération des services de renseignements anglo américains.
L’article de Page a été l’un des premiers à nommer l’homme qui a maintenant été visé comme étant le principal suspect : Baitullah Mehsud, un prétendu militant Taliban combattant l’armée pakistanaise à partir du Waziristan. Des rapports conflictuels établissent un lien entre Mehsud « Al Qaeda », le Taliban Afghan, et Mollah Omar. D’autres analystes établissent un lien entre lui et le terroriste A.Q. Khan.
Le profil de Mehsud et la façon dont on parle de lui font écho à la manière dont la propagande traite tous les « terroristes » post 11 septembre. Ceci renvoie à son tour aux questions habituelles sur l’implication de la propagande des services secrets anglo-américains. Est-ce que Mehsud est lié au ISI ou à la CIA ? Que connaissaient la CIA et l’ISI sur Mehsud ?
Plus important, est ce que Mehsud, ou la manipulation de la propagande l’entourant, fournit à Bush-Cheney un prétexte pour une agression futur dans la région ?
Propagande classique de la « guerre contre le terrorisme »
Alors que des détails de l’assassinat de Bhutto continuent d’être révélés, ce qui est clair c’est que c’était un coup politique, du même type que celui de l’agent US Rafik Hariri au Liban. Comme le coup très suspect d’Hariri, l’assassinat de Bhutto a été décrit par les médias de masse comme étant le martyr d’une grande messagère de la « démocratie » à l’Occidentale. Pendant ce temps, les actions brutales dans les coulisses du gouvernement US ont reçu peu d’attention.
Le 28 décembre 2007, la manière dont le New York Times a couvert l’assassinat de Bhutto offre l’exemple parfait de la distorsion Orwellienne par les medias de masse dissimulant, derrière l’écran de fumée de la propagande, de manière flagrante, la vérité sur l’agenda de Bush-Cheney. Cet article fait écho à la rhétorique de la Maison Blanche proclamant que les principaux objectifs de Bush sont d’ »amener la démocratie au monde musulman » et « de chasser les militants islamistes ».
En fait, l’administration ouvertement criminelle de Bush - Cheney n’a seulement soutenu et promu que l’antithèse de la démocratie : chaos, fascisme, et l’installation de régimes fantoches amis des anglo américains.
En fait, la géostratégie centrale et constante de Bush-Cheney, et de leurs homologues - élites partout dans le monde, c’est d’imposer continuellement et d’étendre la « guerre contre le terrorisme » fabriquée ; continuer la guerre à travers le continent eurasien, avec des évènements déclenchés par des opérations sous faux pavillon, et des prétextes fabriqués.
En fait, les principaux outils utilisés dans la « guerre contre le terrorisme » reste les militants islamistes, travaillant pour le compte des agences de renseignements militaires anglo-américaines - parmi eux « Al Qaeda », et l’ISI au Pakistan. Mehsud rentre dans ce profil.
Sauver le Pakistan de Bush-Cheney
Dans une citation du même article du NYT, Wendy Chamberlain, l’ancien ambassadeur US au Pakistan (et un personnage central derrière les efforts multinationaux pour construire un pipeline trans-afghan, en lien avec le 11 septembre) déclare fièrement : « Nous sommes acteurs dans le système politique pakistanais. »
Non seulement les US ont continué à être « acteur » mais l’un des dirigeants au sommet pendant des décennies.
Chaque dirigeant pakistanais depuis le début des années 90 - Bhutto, Sharif, et Musharraf - se sont soumis aux intérêts de l’Occident. L’ISI est en fait une branche de la CIA.
Tandis que Musharraf a été, et reste, un homme fort pour Bush-Cheney, des questions sur sa « fiabilité » et le contrôle - à la fois le contrôle du régime sur la populace et sur l’agitation populaire croissante, et le contrôle de l’élite sur son régime - sont à l’origine des tentatives de pression maladroites de Bush-Cheney pour la mise en place d’un gouvernement de partage de pouvoir (pro US du type irakien). Comme l’a noté Robert Sheer, Bush-Cheney ont joué à « la Roulette Russe » avec Musharraf, Bhutto et Nawaz Sharif - chacun d’entre eux ayant été l’avant-garde consentante et profondément corrompue des US.
Le retour à la fois de Bhutto et de l’autre ancien premier ministre, Nawaz Sharif, a simplement été une tentative des US pour couvrir ses paris sur les pouvoirs régionaux.
Qu’est ce que John Negroponte et Condoleeza Rice mettaient vraiment en place ces derniers mois ?
Qui profite de l’assassinat de Bhutto ? La « guerre contre le terrorisme » l’environnement géostratégique et de propagande, le projet d’imposer une guerre permanente mondiale utilisé par les intérêts de l’élite après le 11 septembre, tout ceci bénéficie clairement de l’assassinat de Bhutto. Bush-Cheney et leurs homologues également complices, pro guerre/pro occupation, au sein du parti Démocrate qui soutiennent avec enthousiasme l’utilisation routinière du mot « terreur », prétexte pour imposer une politique de guerre continuelle.
Sont de nouveau la cible de la rhétorique politique de Washington, l’énoncé : peur, « terrorisme », « sécurité » et force militaire, et cela fait également partie du barrage médiatique 24h sur 24.
Les candidats à la présidentielle US de 2008 et leurs élites de conseillers pour la campagne, tous sans exception soutenant avec enthousiasme la « guerre contre le terrorisme », ont, chacun à leur tour, présenté leur version respective de la rhétorique « nous devons stopper les terroristes »devant leurs supporters confus. Les candidats dont les sondages chutaient, avec à leur tête le participant au 11 septembre l’opportuniste Rudy Guiliani, et le faucon néo libéral Hillary Clinton, ont déjà bénéficié d’une nouvelle vague de frayeur de masse.
Musharraf profite de la disparition d’une rivale sérieuse, mais doit maintenant trouver une manière de rétablir l’ordre. Musharraf a maintenant une justification idéale pour réprimer les « terroristes » et imposer totalement la loi martiale, avec Bush-Cheney travaillant dans l’ombre derrière Musharraf - - - continuant de manipuler ou de remplacer son appareil, si Musharraf s’avère être trop peu fiable ou incapable de satisfaire les plans de Bush-Cheney.
On ne peut pas sous estimer la probable implication de l’ISI derrière le coup contre Bhutto. Le rôle de l’ISI derrière chaque acte majeur de « terrorisme » depuis le 11 septembre, reste la vérité centrale non dite derrière les réalités actuelles géopolitiques. Ni Sharif ni Musharraf, mais Bhutto, aurait menacé les agendas de l’ISI.
Bhutto, l’Islam militant et les pipelines
Maintenant qu’elle est devenir martyr, de nombreux faits historiques peu flatteurs sur Benazir Bhutto seront cachés et oubliés.
Bhutto elle-même a été intimement impliquée dans la création du milieu de la vraie « terreur« intentionnellement responsable de son assassinat. Tout au long de sa carrière politique, elle a soutenu les militants Islamistes, les Talibans, l’ISI, et les ambitions des gouvernements occidentaux.
Comme l’a noté Michel Chossudovsky dans « la guerre contre le terrorisme » de l’Amérique, c’est pendant le second mandat de Bhutto que Jamiat-ul-Ulema-e-Islam (JUI) et les Talibans ont accédé au pouvoir, accueilli dans le gouvernement de coalition de Bhutto. C’est à ce moment là que les liens entre le JUI l’armée et l’ISI ont été établis.
Alors que la relation de Bhutto avec à la fois l’ISI et les Talibans ont été mouvementées, c’est clair que Bhutto, alors qu’elle était au pouvoir, a soutenu les deux - et a soutenu avec enthousiasme les interventions anglo américaines.
Dans ses deux livres de référence, «Taliban: Militant Islam, Oil » et « Fundamentalism in Central Asia and Jihad: The Rise of Militant Islam in Central Asia, » Ahmed Rashid détaille amplement les connections du régime de Bhutto avec l’ISI, les Talibans, « l’Islam militant », les intérêts des multinationales du pétrole, et les responsables anglo américains et lesagents des services de renseignement.
Dans Jihad, Rashid a écrit : « Ironiquement, ce n’est pas l’ISI, mais la premier ministre Benazir Bhutto, la dirigeante la plus libérale, la plus séculière dans l’histoire récente du Pakistan, qui a donné le coup de grâce à une nouvelle relation avec l’Asie Centrale. Plutôt que de soutenir une processus de paix plus étendu en Afghanistan, Bhutto a soutenu les Talibans, dans le cadre d’une politique irréfléchie et présomptueuse pour créer un nouveau commerce tourné vers l’Occident et une route pour le pipeline du Turkménistan à travers le sud Afghanistan jusqu’au Pakistan, pour lequel les Talibans assureraient la sécurité. Bientôt l’ISI a soutenu cette politique parce que son protégé Afghan Gulbuddin Hekmatyar n’avait fait aucun progrès pour capturer Kaboul, et les Talibans semblaient être assez forts pour le faire. »
Sur les Talibans, Rashid a même fourni un détail historique : «Quand Bhutto a été élue premier ministre en 1993, elle a ouvert une route à l’Asie Centrale. Une nouvelle proposition a émergé fortement soutenue par le transport pakistanais frustré et la mafia dirigeant la contrebande, le JUI et l’armée Pashtoun et les responsables politiques ».
« Le gouvernement de Bhutto a complètement soutenu les Talibans, mais l’ISI restait sceptique sur leurs capacités, convaincu qu’ils resteraient utiles mais comme force périphérique dans le sud. »
« Le Congrès US a autorisé un budget clandestin de 20 millions de dollars pour la CIA pour déstabiliser l’Iran, et Téhéran a accusé Washington de faire passer ces fonds aux Talibans - une accusation toujours niée par Washington. Bhutto a envoyé plusieurs émissaires à Washington pour presser les US d’intervenir plus publiquement en prenant partie pour le Pakistan et les Talibans. »
Une erreur de Bhutto : elle a soutenu avec véhémence le pipeline proposé par la compagnie pétrolière d’Argentine Bridas, et s’est opposée au pipeline d’Unocal (ayant la faveur des US). Ceci a contribué à ce qu’elle soit chassée du pouvoir en 1996, et au retour au pouvoir de Nawaz Sharif. comme l’a noté Rashid : « Après la chute du gouvernement de Bhutto en 1996, le nouveau premier ministre élu Nawaz Sharif, son ministre du pétrole, Chaudry Nisar Ali Khan, l’armée et l’ISI ont complètement soutenu Unocal. Le Pakistan voulait un soutien plus direct des US pour les Talibans et a pressé Unocal de commencer rapidement la construction pour légitimer les Talibans. A la base, les US et Unocal ont accepté l’analyse et objectifs de l’ISI - que la victoire des Talibans en Afghanistan rendrait plus facile le travail d’Unocal et rendrait plus rapide la reconnaissance US. »
Sans nier son image attirante et pro occidentale, le réel bilan de Bhutto c’est celui de la corruption et de l’accommodation.
Dans la « guerre contre le terrorisme », chaque crime majeur géostratégique anglo américain a été précédé d’un prétexte arrangeant, orchestré et mené par des proxies « terroristes » directement ou indirectement connectés aux services de renseignement militaire US, ou manipulés pour agir comme atouts pour les renseignements. L’assassinat de Benazir Bhutto est simplement un exemple brutal de plus.
Ce fut le 11 septembre du Pakistan ; l’assassinat de JFK du Pakistan, et sonimpact résonnera pendant des années.
Contrairement aux informations colportées par les médias traditionnels, le chaos profite à la « guerre contre le terrorisme » de Bush-Cheney. Des appels pour « augmenter la sécurité dans le monde » paveront la voie à une réaction US musclée, une force menée par les US et d’autres formes pour « sévir » dans la région de la part de Bush Cheney. En d’autres termes, l’assassinat aide à faire en sorte que non seulement les US ne partiront pas mais qu’ils accroîtront leur présence.
L’élection pakistanaise, si elle a lieu, est un double choix plus simple : pro US Musharraf ou pro US Sharif.
Alors qu’on a des résultats mitigés concernant le succès de l’agenda de Bush-Cheney, et qu’il a rencontré une large palette de résistance ( « terroristique » de même que politique) il n’y a aucun doute que les fondations de la « guerre contre le terrorisme » sont restées fermes, inébranlées et systématiquement réinforcées.
En ce qui concerne Nawaz Sharif qui émerge maintenant comme le seul rival de Musharraf, lui, comme Musharraf et Bhutto, est connu pour son accommodation aux intérêts anglo américains- pipelines, commerce, et la présence militaire continuelle US. Comme le note Jean Charles Brisard et Guillaume Dasquié dans le livre Forbitten Truth, le coup militaire d’octobre 1999, conduit par Musharraf, qui a renversé le régime de Sharif a été provoqué par l’animosité entre les deux camps, de même que la « corruption personnelle de Sharif et sa mégalomanie » et des « inquiétudes que Sharif se pliait avec trop d’empressement au son de la politique de Washington concernant le Cashmir et l’Afghanistan. »
En d’autres termes, Bush-Cheney gagnent, peu importe quel atout se retrouve sur le trône.
Larry Chin 29/12/07 Copyright Global Research. Traduction Mireille Delamarre pour www.planetenonviolence.org
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