ELWATAN-ALHABIB
jeudi 31 janvier 2008
  CRIMES DE GUERRE ISRAÉLIENS
Gaza : Chaque Palestinien est une cible pour l’armée israélienne.

mardi 22 janvier 2008, par Sylvia


Le nombre de Palestiniens victimes d’arrestations et d’exécutions, à Gaza mais aussi en Cisjordanie, ne cesse d’augmenter. Israël peut lancer sa guerre totale contre le Hamas en toute tranquillité, interdire aux camions de l’ONU qui transportent des produits de première nécessité d’entrer à Gaza en manque de médicaments, d’eau, au bord de la famine. Israël a pour cela le fervent appui des Autorités corrompues de Ramallah et des grandes puissances.
Depuis novembre 2007, le sort des habitants de Gaza et de Cisjordanie, est devenu encore plus terrible. Les choses se sont dramatiquement aggravées depuis que la collusion entre les services secrets israéliens et les services de sécurité de M. Mahmoud Abbas s’est intensifiée. Ces derniers espionnent ces patriotes palestiniens qui ne renoncent pas à résister contre l’occupant et ils indiquent aux services militaires israéliens où aller les chercher.
Les grandes puissances sont complices et apportent leur appui politique et financier à ces officiels palestiniens basés à Ramallah qui oppriment leur peuple. Et on se demande pourquoi les diplomates qui sont censés représenter les Palestiniens à l’extérieur [1], ne dénoncent pas avec clarté le fait que Messieurs Abbas et Salam Fayyad, ne protègent pas leur peuple mais, tout au contraire, aident les forces occupantes à le pourchasser et à le liquider.
Il n’y a pas de doute : la guerre lancée par Israël, qui frappe depuis plusieurs semaines toute la population de Gaza, a été programmée dans le cadre d’une collaboration entre les services secrets israéliens et le gouvernement illégitime de MM. Abbas et Fayyad.
Sur les quelques 2000 cadres de la résistance et de simples sympathisants arrêtés depuis mi juin 2007, plus de 800 auraient été enlevés par les policiers du Fatah. (*)
Les services du Fatah, munis d’armes fournies par la CIA avec l’accord d’Israël, se livreraient à des interrogatoires sous la torture pour extorquer des informations qui incriminent des membres de la résistance, en coordination avec l’armée israélienne.
Environ 200 Palestiniens auraient dû être hospitalisés, ces derniers mois, suite aux tortures subies de la part des services de sécurité de M. Abbas, tandis que d’autres détenus auraient été livrés aux soldats israéliens, après leur libération.
Pour satisfaire aux demandes de MM. Bush et Olmert, M. Fayyad avait déjà intensifié les rafles de membres du Hamas et procédé à la fermeture de toutes les associations caritatives du Hamas en Cisjordanie dès novembre 2007.
L’intensification de la collaboration, de MM. Fayyad et Abbas, avec l’occupant israélien, est le résultat de la conférence d’Annapolis, et des dons reçus peu après, en contrepartie de leur soumission.
« Les pays donateurs qui ont participé à la conférence de Paris (...) ont promis d’apporter à l’Autorité Palestinienne des aides financières qui s’élèvent à sept milliards et demi de dollars. Soit deux milliards de plus que celle réclamée. Cet élan de générosité suscite beaucoup de doutes et bien des interrogations quant au prix qu’aura à payer le peuple palestinien en échange » écrivait Abdel Bari Atwan dans un article intitulé : « Des milliards pour liquider la résistance » [2]
Les images d’enfants déchiquetés nous parviennent, jour après jour, par les sites d’information Internet. Mais, dans les principaux
médias - largement asservis à la propagande israélienne - ces massacres sont, soit passés sous silence, soit présentés comme des actions visant de dangereux « terroristes » contre lesquels Israël a le « droit de se défendre ». Ce qui a pour effet d’innocenter Israël et les soldats de l’armée israélienne qui les commettent.
Or, qui sont les terroristes dangereux ? Les centaines de cadavres et de blessés affreusement mutilés qui gisent à la morgue ou sur des lits d’hôpital, femmes et enfants confondus ? Ou les pilotes israéliens qui larguent les missiles sur une population à découvert ?
Voilà ce que nous confiait, début janvier le témoin d’un massacre à Khan Younes. [3]
C’était affreux. Les victimes étaient des civils. Il y avait parmi les tués cinq membres de la famille de Karima Fayyad (sans lien de parenté avec le Ministre du même nom). Il n’y avait aucune raison de bombarder des gens qui étaient dans leur maison. C’était un massacre gratuit. Les avions et les chars s’attaquent à des civils sans discontinuer. Ils arrivent, attaquent indistinctement. Un jour c’est Rafah, puis Beit Hanoun, Magazi, Betlayia : ils envahissent un quartier après l’autre.
Depuis plusieurs mois leur tactique est de rentrer quelques km à l’intérieur de Gaza avec des unités de chars et bulldozers, de s’approcher des habitations pour contraindre les forces de police du Hamas à sortir, à aller vers eux, en défense. Il est ensuite facile aux drones et aux hélicoptères, qui les appuient, de massacrer tous les combattants.
Silvia Cattori : Après ces massacres dans quel état nerveux les gens peuvent-il être ?
Les gens n’ont plus de nerfs. La seule chose qui leur reste est d’attendre leur tour. Chaque Palestinien de Gaza est une cible.
Silvia Cattori : Les avions survolent-ils souvent votre ciel ?
C’est quotidien ; les gens vivent dans la peur de ce qui peut leur tomber sur la tête. On ne sait jamais où les drones et les hélicoptères vont attaquer. Les gens sont terrorisés ; ils prient Dieu de ne pas être la prochaine cible.
Silvia Cattori : Il y a également des résistants qui sont tués. Y a-t-il des espions qui indiquent aux pilotes où ils se trouvent ?
Oui, bien sûr.
Silvia Cattori : Les chefs de la résistance ont demandé récemment à leurs militants, de ne pas avoir de portable sur eux, d’enlever les piles, sinon ils se trahissent eux-mêmes. Fermer le portable n’est-il donc pas suffisant ?
Ici tout le monde sait que les pilotes et leurs services d’interception peuvent contrôler les mouvements des gens par les téléphones portables même quand ils sont fermés. Avec les portables ou pas, pour bien viser et attaquer avec précision leur cible, les pilotes ont besoin de s’appuyer sur les espions qui vivent parmi nous ici à Gaza.
Silvia Cattori : Les gens de Gaza savent-ils identifier ces Palestiniens qui espionnent ?
Ils ne le savent pas forcément avec certitude, mais il y a nombre de Palestiniens suspectés de collaboration avec l’ennemi. Soupçonner n’est pas une preuve suffisante.
Silvia Cattori : Quel sens cela a-t-il de répondre aux tirs israéliens ? De lancer des roquettes artisanales, qui ne pèsent d’aucun poids militairement, contre des missiles ? Israël peut tous vous massacrer, sans perte. N’est-il pas absurde de se battre à ce niveau d’inégalité ?
Je désapprouve le lancement de ces roquettes. On parle de 3’500 roquettes lancées sur Sderot, qui ont blessé quelques personnes et tué une femme qui est morte de peur. Ces roquettes ne servent qu’à faire peur. Mais pour chaque lancement de roquette le prix à payer pour les gens de Gaza est catastrophique.
L’armée israélienne en a profité pour raser toutes nos cultures, nos citronniers, nos derniers oliviers et pour démolir encore plus de maisons, tuer. Bien sûr que l’armée israélienne en profite pour justifier ses massacres et dire que nous sommes des terroristes, que nous sommes une menace. Et ensuite nous avons le monde contre nous.
Silvia Cattori : C’est ce que pensent les gens à Gaza au sujet de ces tirs de roquettes ?
Ce sont des sentiments mêlés. Parfois, après tant de massacres et de vexations, atteints dans leur dignité, les gens ressentent le besoin de quelque chose ; et ils attendent des réactions de la part de la résistance ; une simple revanche pour racheter leur peine, leurs morts.
Et que peut faire la résistance pour montrer qu’elle ne laisse pas massacrer son peuple à l’infini sans réagir ? Elle répond par des tirs de roquettes. Ceux qui tirent savent qu’ils ne font pas le poids, que tout cela ne sert à rien. Mais leur seule manière de riposter, est de lancer des roquettes ou d’aller aux devant des chars pour les empêcher d’avancer.
Silvia Cattori : Depuis quelques semaines, Israël affirme que les militants ont une plus grande capacité défensive, qu’ils ont une grande quantité d’explosifs et d’armes. Vrai ou faux ?
Les gens ici n’ont rien. Leur force n’est pas dans les armes. Elle est dans la volonté qui anime les militants pour libérer nos territoires, pour reconquérir nos droits. C’est quelque chose que les soldats israéliens n’ont pas, malgré leur supériorité militaire écrasante : la volonté de libérer leur peuple c’est cela qui donne aux résistants leur force. Leurs armes, c’est zéro.
Silvia Cattori : Alors votre force, est dans ce nombre de gens qui se sont rassemblés récemment pour exprimer leur fidélité aux Hamas ? C’est donc tout le peuple enfermé dans ce ghetto qui incarne la résistance ! ?
Exactement. Notre peuple, en sa majorité, résiste par son attitude d’insoumission face à l’oppression qui s’intensifie. C’est ce que les autorités israéliennes ne comprennent pas. Jamais les Palestiniens ne se mettront à genoux ; quitte à devoir mourir. L’occupant ne pourra pas nous empêcher de nous battre pour notre survie, ils peuvent toujours nous couper l’eau, la contaminer, ne nous laisser que de l’eau salée, priver nos enfants de nourriture, nous n’allons pas flancher.
En tant qu’êtres humains nous n’avons pas d’autre choix que de nous battre pour notre survie. Nous n’allons pas nous rendre et permettre à nos agresseurs d’atteindre leurs buts inacceptables.
Depuis deux ans, Gaza a montré que la résistance, c’est toute la population, les collaborateurs mis à part. Toute la population est prête à mourir pour ses droits légitimes.
Silvia Cattori : Quand, en décembre 2007, vous avez vu une foule énorme aller célébrer les vingt ans d’existence du Hamas malgré le fait que celui-ci n’a rien à offrir, étiez-vous surpris [4] ?
Déjà, lors de la conférence d’Annapolis, j’étais surpris par la foule immense qui s’était réunie pour la condamner et soutenir la position du Hamas. Mais quand, j’ai vu plus de 400’000 manifestants aller fêter les vingt ans de ce mouvement je me suis dit que, malgré les difficultés, le Hamas et son gouvernement n’avaient rien perdu de leur popularité.
[1] Mme Leila Shahid, Déléguée de la Palestine auprès de l’Union européenne et Mme Hind Khoury, Déléguée générale de la Palestine en France.
P.S.
 
lundi 28 janvier 2008
  NON A L'INTIMIDATION !
Abdelkader Dehbi , 27.01.2008
http://abdelkader.blogs.nouvelobs.com


L'intimidation ne me fait pas peur et ne me fera pas taire !- Lettre ouverte aux autorités algériennes concernées et à l'opinion publique en général –
Les faits:
Aujourd'hui, dimanche 27 Janvier 2008, vers 18 heures, trois individus ayant sensiblement le même âge – entre 35 et 40 ans – costumés et cravatés, l'un d'eux portant moustaches et qui semblaient apparemment armés, au vu des saillies apparaissant sous leurs vestons, sont venus dans mon quartier, Rue du Panorama, Boulevard des Martyrs, pour demander à quelques passants où se trouvait mon domicile. Ils se sont adressés en particulier au jeune S…25 ans en se présentant comme étant des policiers et lui ont demandé à quelle heure j'avais l'habitude de quitter mon domicile le matin et quelle était la marque de ma voiture. Pris de doutes, le jeune S…. leur répondit vaguement, puis il les suivit de loin; pour remarquer qu'ils avaient garé leur voiture – une 4X4 – le long du trottoir dans la grande artère du Boulevard des Martyrs. Deux autres individus les attendaient dans la voiture qui démarra immédiatement, en direction du centre ville.Les faits qui précédent viennent de m'être rapportés par le jeune S… lui-même, qui m'a assuré qu'il était prêt à faire état de son témoignage, par devant les autorités judiciaires compétentes.
Mon commentaire personnel:
S'il s'agit-là d'une tentative d'intimidation visant ma personne, afin de m'empêcher de m'exprimer, en particulier à travers mes blogs, et sans vouloir, ni dramatiser les faits, ni verser dans le sensationnel, je voudrais dire solennellement ici, à celui ou à ceux – personnes physiques ou organisations de tous statuts - qui seraient derrière cette grossière provocation, que je n'ai pas peur et que je continuerai jusqu'à mon dernier souffle, d'exprimer mes opinions de patriote algérien qui n'a jamais cessé, tout au long de ces dernières années, de dénoncer à l'intérieur, les dérives politiques et morales d'un pouvoir illégitime,et corrompu et, à l'extérieur, les trahisons, les reniements et les abandons des régimes arabes en général, face aux crimes du sionisme contre le Peuple Palestinien et face aux crimes commis par les Etats-Unis et leurs alliés Européens en Irak, en Afghanistan et demain peut-être en Iran.Une dernière précision: Etant un musulman convaincu, je sais que ma vie n'appartient ni à ma personne ni à des tiers. Elle appartient à Dieu Seul et Lui Seul en dispose.
Publié par TAHIA BLADI
 
  Comment la « conscience morale » pourrait-elle être le privilège d'un Occident immoral ?
Par Paul Craig Roberts,

« Le premier usage des armes nucléaires doit rester en réserve dans l'escalade comme ultime recours pour empêcher l'utilisation d'armes de destruction massive. » Cinq chefs militaires occidentaux.
​​​​J'ai lu cette déclaration trois fois, essayant de comprendre où était la coquille. Et puis, ça m'a frappé, l'Occident est aujourd'hui plus orwellien qu'Orwell lui-même : L'Occident est tenu d'atomiser d'autres pays afin de prévenir l'emploi d'armes de destruction massive ! Dans son parler, l'Occident atomisant d'autres pays ne peut être qualifié d'utiliser des armes de destruction massive.
​​​​Cette incroyable déclaration provient d'un document de travail, préparé pour un sommet de l'OTAN en avril par cinq officiers supérieurs militaires, un Étasunien, un Allemand, un Néerlandais, un Français et un Britannique. (
L'OTAN déclare option clé la prévention par frappe nucléaire, par Ian Traynor, The Guardian du 22 janvier 2008.)
​​​​Le document, préparé par des hommes considérés en chefs éminents, et non pas en échappés d'asiles d'aliénés, soutient que « les valeurs de l'Occident et son mode de vie sont menacés, mais qu'il se bat pour faire venir la volonté de les défendre. » Ces chefs constatent que l'ONU fait obstacle à la volonté de l'Occident, comme l'Union Européenne, qui gêne l'OTAN et « la crédibilité de l'OTAN qui est en jeu en Afghanistan. »
​​​​Et c'est une affaire grave. Si l'OTAN perd de sa crédibilité en Afghanistan, tout comme l'Union Soviétique la civilisation occidentale s'effondrera. L'Occident ne réalise tout simplement pas à quel point il est fragile. Pour se renforcer, il doit lâcher davantage de plus grosses bombes.
​​​​Le chef militaire allemand reproche au gouvernement Merkel de contribuer à l'impuissance de l'Occident à défendre ses valeurs en faisant obstacle au renouveau du militarisme allemand. Comment l'Allemagne peut-elle être « un partenaire sûr » des États-Unis, demande-t-il, quand le gouvernement allemand s'appesantit sur des « règles spéciales » qui limitent le recours au combat par ses forces en Afghanistan ?
​​​​Ron Asmus, directeur du Fond Marshall Allemand et ancien fonctionnaire du Ministère des Affaires Étrangères étasunien, a accueilli le document comme un « appel au réveil. » Asmus veut dire, un appel au réveil contre la menace du monde barbare, et non pas contre la folie des dirigeants occidentaux.
​​​​Qui menace les valeurs et le mode de vie de l'Occident ? Le fanatisme politique, le fondamentalisme religieux, et la dissémination imminente d'armes nucléaires, répondent les cinq évadés d'asile.
​​​​Par fanatisme politique, parlent-ils des néo-conservateurs, qui pensent que l'avenir de l'humanité dépend d'établissement sur le monde de l'hégémonie étasunienne ? Par fondamentalisme religieux, pensent-ils à la campagne pour l'Armageddon du « ravissement évangélique » ou des Chrétiens et des Sionistes israéliens, qui exigeant une attaque nucléaire contre l'Iran ? Par dissémination des armes nucléaires, parlent-ils de la possession de plusieurs centaines d'armes nucléaires non déclarées et illégales par Israël ?
​​​​Non, les chefs militaires paranoïaques considèrent que tout le fanatisme, religieux et autres, de même que toute menace contre l'humanité, provient de l'extérieur de la civilisation occidentale (Israël est dedans). Le « monde de plus en plus barbare, » contre lequel les chefs mettent en garde, est « là-bas. » Seuls les Musulmans sont fanatiques. Nous tous, les blancs, sommes rationnel et sensés.
​​​​Il n'y a rien de barbare dans le bombardement de la Serbie, de l'Irak et de l'Afghanistan par les États-Unis et l'OTAN, ou dans le bombardement du Liban par les israéliens, ou dans le nettoyage ethnique d'Israël en Cisjordanie, ou dans le génocide qu'Israël espère commettre contre les Palestiniens de Gaza.
​​​​Tout cela, de même que le bombardement de la Somalie par les États-Unis, leurs geôles à torture, les procès spectacles de « détenus, » et renverser les gouvernements élus pour installer des dirigeants fantoches, est la réaction indispensable de l'Occident pour repousser le monde barbare.
​​​​Le cruel pense que ce qui se passe dans le « monde barbare » est entièrement de la faute de ses habitants. Rien de tout ça n'arriverait s'ils faisaient simplement ce qu'on leur dit. Comment le monde civilisé, avec son monopole sur la moralité, pourrait-il permettre aux peuples du monde barbare de devenir indépendants ? Je veux dire, réellement indépendants ! Dieu nous en garde, ils pourraient attaquer quelque pays innocent.
​​​​Le « monde barbare » consiste en ces fanatiques immoraux qui s'opposent à être marginalisés par l'Occident, et qui répliquent aux bombardements aériens massifs, à la mort et aux destructions qui leurs sont infligées de multiples façons, en se sanglant de bombes suicide.
​​​​Incapable d'imposer sa volonté aux pays qu'il ont envahi avec des armes classiques, les chefs militaires de l'Occident sont désormais prêts à forcer le respect de la volonté du monde moral en menaçant d'atomiser ceux qui résistent. Vous comprenez, puisque l'Occident a le monopole de la moralité, de la vérité et de la justice, et que ceux du monde extérieur sont manifestement mauvais, méchants et cruels. Par conséquent, comme le Président Bush nous l'a dit, il s'agit d'un simple choix entre le bien et le mal, et il n'y a pas meilleur candidat que le mal pour être atomisé. Plus tôt nous éliminerons le monde barbare, plus tôt nous aurons « la liberté et la démocratie » partout dans le monde qui restera.
​​​​Pendant ce temps-là, les États-Unis, la grande lumière morale du monde, viennent d'empêché l'ONU de critiquer Israël, l'autre grande lumière morale du monde, pour avoir coupé l'approvisionnement alimentaire, les fournitures médicales, et le courant électrique de Gaza. Vous comprenez, Gaza, dans le monde extérieur, est un foyer de sales types. De plus, il y a ces affreux Palestiniens qui ont dupé les États-Unis quand ils leur ont permis de tenir des élections libres. Au lieu d'élire le candidat étasunien, les méchants électeurs ont élu un gouvernement qui les représentent. Les États-Unis et Israël ont annulé l'élection palestinienne en Cisjordanie, mais ceux de Gaza se sont accrochés au gouvernement qu'ils ont élu. Maintenant, ils vont souffrir et mourir jusqu'à ce qu'ils élisent le gouvernement voulu par les États-Unis et Israël. Je veux dire, comment pouvons-nous espérer des gens du monde barbare qu'ils sachent ce qui est bon pour eux ?
​​​​Le fait que les Nations Unies aient tenté d'empêcher le juste châtiment d'Israël dans la Bande de Gaza, montre la justesse du rapport des cinq chefs à propos de la menace que présente l'ONU pour les valeurs de l'Occident et son mode de vie. L'ONU est vraiment contre nous. Ça situe l'ONU dans le monde extérieur, et ça fait d'elle une postulante à l'atomisation, même si ce n'est pas une véritable organisation terroriste. Comme notre président l'a dit, «
vous êtes avec ou contre nous. »
​​​​Les États-Unis et Israël ont besoin d'un gouvernement fantoche en Palestine afin que les ghettos, vestiges de la Palestine, puissent être transformés en « solution fondée sur deux États. » Les deux États seront Israël, incorporant la Cisjordanie dérobée, et les ghettos palestiniens sans économie, ni eau, ni frontières attenantes.
​​​​C'est nécessaire afin de protéger Israël du monde barbare extérieur.
​​​​Les habitants du monde barbare sont troublés par l'« autodétermination » préconisée par les dirigeants occidentaux. Cela ne veut pas dire que ceux en dehors de la civilisation occidentale et d'Israël doivent décider par eux-mêmes. « Auto » veut dire étasunien. Ce terme, à nous si familier, signifie « détermination étasunienne. » Les États-Unis décident, les autres obéissent.
​​​​C'est le monde barbare qui provoque tous les problèmes en n'obéissant pas.
​​​​
Paul Craig Roberts fut Secrétaire Adjoint au Trésor dans l'administration Reagan. Il est l'auteur de Supply-Side Revolution : An Insider's Account of Policymaking in Washington, Alienation and the Soviet Economy et Meltdown: Inside the Soviet Economy, et est coauteur avec Lawrence M. Stratton de The Tyranny of Good Intentions : How Prosecutors and Bureaucrats Are Trampling the Constitution in the Name of Justice. Clic ici pour l'entrevue [en anglais] de Peter Brimelow de Forbes Magazine avec Roberts au sujet de la récente épidémie d'inconduite des procureurs.

Original : http://www.vdare.com/roberts/080122_moral.htmTraduit au mieux par Pétrus Lombard pour Alter Info
Paul Craig Roberts
 
jeudi 24 janvier 2008
  Moubarak, honte sur toi, les Hommes Libres te crachent dessus





22-01-2008
Il peut donc retrouver grâce aux yeux des américano-sionistes.Il a fait juste ce que l’on attendait de lui, aider la punition collective infligée aux Palestiniens de Gaza.Moubarak a dépêché trois cent policiers anti-émeute supplémentaires pour renforcer la fermeture et le contrôle du point de passage de Rafah, pendant que Gaza affamée, manquant de tout, plongée dans le noir demandait de l’aide.L’arrogance des assassins est payante.Les victimes ne peuvent attendre aucun secours ni des dirigeants arabes, ni des masses fascinées encore moins du monde dit libre emprisonné dans la propagande et barricadé dans son bien-être.Le Hamas a annoncé le décès de cinq patients en raison de la coupure d’électricité. Encerclés et piégés, des centaines de Palestiniens ont tenté de forcer malgré tout le passage vers l’Égypte.Soixante ont été blessés, dont une femme par une arme à feu.Face à une telle abjection et à un tel crime de guerre avéré, Abbas ne juge pas opportun d’arrêter les « négociations ». Le misérable pantin des Israéliens ne peut en effet renoncer à son gagne-pain, négociateur ou négociant ? Il fait négoce de ce dont il n’est pas dépositaire, l’identité et la patrie palestiniennes, et à ce titre, il n’est qu’un vulgaire escroc.

Convergence des Causes22 janvier 2008
 
mardi 22 janvier 2008
  Que fait Sarkozy ? A Gaza, la mort frappe partout et n'importe comment
Ce qui se perpètre à Gaza et en Cisjordanie est une honte pour le monde entier, une honte pour les juifs et une honte pour la France. Voilà le point de presse du gouvernement du 17 janvier, et les sujetstraités, la Palestine est absente.
1 - ROYAUME UNI/FRANCE2 - IRAN3 - RUSSIE4 - TV5
Ce régime nous dégoute à une point inimaginable. Tout va dans le sens sioniste et atlantiste. Regardons ce qu'ils débitent le 18...
10 - PROCHE ORIENT(Concernant la situation en Palestine, est-ce que vous condamnez les opérations exagérées des Israéliens contre les civils palestiniens et est-ce que vous allez soulever ce point avec M. Ehud Barak ?)Le ministre évoquera avec M. Barak toutes les questions qui intéressent cette région et en particulier le processus de paix. Pour répondre à votre première question, je voudrais rappeler ce que j'ai dit durant toute cette semaine : nous appelons à la fin des violences, nous déplorons les victimes civiles et nous réitérons notre demande de faire cesser immédiatement tous les tirs de roquettes. Nous réaffirmons par ailleurs notre vive préoccupation face à la situation humanitaire à Gaza. La France appelle Israël à ne pas mettre en oeuvre un blocus qui touche la population civile. La France rappelle que la communauté internationale s'est engagée, lors de la Conférence internationale des donateurs de Paris pour l'Etat palestinien, à soutenir l'ensemble des Territoires palestiniens y compris Gaza. Le ministre a clairement appelé lors de cette conférence à l'ouverture des points de passage afin de permettre au peuple palestiniens de survivre et à l'économie palestinienne de redémarrer et il a également rappelé que la paix au Proche-Orient ne pourra se faire qu'en intégrant Gaza dans le processus. Donc, une fois encore, nous appelons à la plus grande retenue et nous espérons vivement que rien ne va continuer à entretenir le cycle de la violence.(Votre réponse est très focalisée sur Gaza, n'empêche il n'y a pas de fusées ni de projectiles qui sortent de la Cisjordanie mais il y a des offensives israéliennes en Cisjordanie, est-ce que je peux avoir votre commentaire s'il vous plaît ? ) Vis-à-vis de la Cisjordanie comme vis à vis de l'ensemble de cette région, nous appelons toutes les parties à la retenue et à cesser tout acte de violence.
Quand on décortique, croyez-le, c'est lourd de sens. Déjà, ON va s'entretenir avec Barak, ce criminel de guerre. C'est avec lui que l'on va parler de la situation à Gaza alors que c'est cette peste qui donne les ordres pour assassiner les palestiniens. Une cinquantaine sont morts à ce jour. ON déplore les victimes civiles et ON réitère notre demande de faire cesser immédiatement tous les tirs de roquettes. Que dire ? Que dire pour rester poli ? C'est très difficile. Si nous étions Dieu ou le chef d'une armée extraterrestre, nous virerions Sarkozy et sa clique de sionistes, nous irions tout droit là-bas et nous ferions du ménage pour que les Palestiniens aient leur pays dans les frontières de 1947 telles que tracées par l'ONU de l'époque ! Voilà. Comme ça, vite fait avec nos soucoupes volantes et nos lasers, nous exploserions drones, chars, Apache, F 16. Avec nos mégapompes, nous aspirerions tous les colons pour les projeter en Israel. Nous pulvériserions le mur infect et nous rebâtirions les maisons en deux coups de cuillères à pot. Et là, nous collecterions toutes les armes -des deux camps- car il n'y aurait plus de raison de faire la guerre. Voilà. On peut rêver. Mais en attendant, il faut se coltiner les propos honteux du porte-parole du gouvernement... ON a appelé à l'ouverture des points de passage afin de permettre au peuple palestiniens de survivre... oui, vous avez bien lu... permettre au peuple palestinien de survivre. Et survivre, c'est pas VIVRE. Ils n'ont pas honte de prononcer de tels propos, c'est le moins qu'on puisse dire ! Franchement, qui a élu ces zigues ? Pas que chez nous d'ailleurs. A quoi servent tous ces individus qui vivent grassement sur le dos du contribuable, qui s'envoient en l'air avec leur maîtresses pendant que des millions de gens agonisent dans le monde à cause d'eux ? A quoi ? Il va falloir que ça bouge et que ça change car ce n'est plus supportable.

Bombardements israéliens contre Ghaza
« La mort frappe partout et n’importe quand »

par Fares Chahine

Au moins 34 Palestiniens ont été tués, depuis mardi dernier, par l’armée d’occupation israélienne. Le Premier ministre israélien Ehud Olmert, à l’image de tous ses prédécesseurs, essaie de renforcer sa position politique en tuant plus de Palestiniens.Ghaza. De notre correspondantAprès avoir quitté la bande de Ghaza qu’elle a occupée durant plus de trente ans, se sentant libérée de toute contrainte, et avec le silence complice de la communauté internationale, l’armée israélienne a donné libre cours à une barbarie sans précédent dans la bande de Ghaza, que l’Etat hébreu a décrétée « entité hostile », depuis le coup de force armé du mouvement islamiste Hamas, au mois de juin dernier.
En moins de trois jours, dans une escalade sanglante, la machine de guerre israélienne a ôté la vie à 34 Palestiniens dont des femmes, des enfants et des militants de plusieurs factions armées. Les rues de Ghaza, qui n’ont jamais été totalement sûres, sont devenues plus que dangereuses ces jours-ci. Que cela soit en voiture, en carriole, ou même à pied, la mort frappe n’importe où et n’importe quand. Car, il suffit juste qu’un soldat israélien, assis devant son écran dans une ambiance feutrée, et croyant jouer à un jeu vidéo, décide de lancer des roquettes air-sol d’un drone téléguidé pour que le sang coule. Malheureusement, ce qui paraît n’être qu’un jeu, pour ce soldat qui joue le rôle « du bon » qui tue les méchants terroristes, se termine dans les rues palestiniennes par une véritable tragédie avec des voitures complètement calcinées, des corps déchiquetés et brûlés, sans compter les blessés qui garderont dans leurs mémoires et dans leur chair un traumatisme pour le restant de leur vie.
Ce soldat peut être aussi un pilote d’hélicoptère d’assaut de type Apache ou même d’un avion de chasse de type F16 ou d’un autre type, tous plus sophistiqués les uns que les autres, comme il peut être à l’intérieur de l’un de ces redoutables chars de type Merkava difficiles à détruire avec les moyens dérisoires dont disposent les résistants palestiniens. Le plus grand nombre de tués a été décompté mardi, lors d’une opération de l’armée israélienne dans le quartier d’Ezzeïtoun, au sud-est de la ville de Ghaza, qui a fait 19 morts et plus de 50 blessés. Parmi ces morts figurent deux agriculteurs âgés de 65 et 55 ans, tués dans leurs vergers. Le fils de Mahmoud Ezzahar, haute figure du mouvement Hamas qui a occupé le poste de ministre des Affaires étrangères dans le cabinet formé par le Hamas après sa victoire aux dernières législatives, est l’un des tués de cette journée particulièrement sanglante. Hossam Ezzahar, âgé de 21 ans, appartenant aux Brigades Ezzeddine El Qassam, la branche armée du Hamas, est le second fils de Mahmoud Ezzahar à avoir été tué par l’armée israélienne au cours de l’Intifadha d’El Aqsa, déclenchée en l’an 2000. Le même jour, en soirée, deux autres Palestiniens ont été tués au nord de la bande de Ghaza. Leur véhicule a été atteint de plein fouet par une roquette air-sol tirée par un drone.
La série macabre a continué mercredi quand dans une rue au centre de Ghaza, trois personnes appartenant à une même famille sont tombées lors d’un bombardement raté visant un véhicule appartenant à des membres du Djihad islamique, l’autre mouvement radical palestinien. Trois civils innocents, Amer al-Yazji, 36 ans, son fils Amir, 13 ans et son frère Mohammed, 25 ans, circulaient dans le centre de Ghaza lorsque leur voiture a été touchée par un missile israélien. Malheureusement pour eux, ils se sont trouvés au mauvais endroit et au mauvais moment au moment de l’agression israélienne.
En soirée, au niveau d’El Boureij, au sud de Ghaza, deux corps de deux militants du Djihad islamique dont la voiture a été pulvérisée par l’explosion d’un missile air-sol ont été déchiquetés et brûlés. Les services médicaux ont eu du mal à les identifier.
Malheureusement, ce feuilleton sinistre n’est pas fini. Il s’est poursuivi jeudi, quand l’aviation israélienne a mené dans la journée une série de raids, dont l’un a fait deux morts, un homme et sa femme qui se trouvaient à bord d’une voiture dans le nord du territoire. Dans un autre raid aérien, un missile a touché une voiture transportant des membres de la branche armée du Djihad islamique, tuant deux hommes. L’explosion a également touché une carriole toute proche, tuant une femme et blessant grièvement un enfant.
Dans une attaque sur un quartier sud de la ville de Ghaza, un chef local de la branche armée du Hamas et un autre militant ont été tués. La Cisjordanie occupée n’a pas été épargnée. Ces actes visent certainement à porter atteinte à la notoriété de l’Autorité palestinienne et à celle de son président, Mahmoud Abbas, qualifié par Israël de partenaire pour la paix.
L’armée israélienne a tué, hier matin, à Naplouse un militant des Brigades des Martyrs d’El Aqsa, la branche armée du Fatah. Il faut souligner qu’Israël a joué le même jeu à Ghaza, lorsqu’il a affaibli les services sécuritaires de l’Autorité palestinienne, par la destruction de la majorité de ses sièges avant que ceux-ci ne tombent définitivement, en juin dernier, aux mains des hommes du Hamas après le putsch armé. « Les raids et l’escalade militaire d’Israël visent à infliger un camouflet aux négociations de pai israélo-palestiniennes », a déclaré le porte-parole de la présidence palestinienne, Nabil Abou Roudeïna. Il a appelé les Etats-Unis « à intervenir rapidement pour empêcher une nouvelle détérioration de la situation, qui pourrait porter un coup fatal à la chance historique de paix ». Quant au Premier ministre israélien Ehud Olmert qui, à l’image de tous ses prédécesseurs, essaie de renforcer sa position en tuant plus de Palestiniens, il a déclaré que ce qui passe à Ghaza est une guerre contre les militants palestiniens qui n’arrêtent pas les tirs de roquettes artisanales sur Israël. En fait, ce n’est ni plus ni moins qu’une guerre contre l’ensemble des Palestiniens.Sources
El Watan
Posté par Adriana Evangelizt


Ce qui se perpètre à Gaza et en Cisjordanie est une honte pour le monde entier, une honte pour les juifs et une honte pour la France. Voilà le point de presse du gouvernement du 17 janvier, et les sujetstraités, la Palestine est absente.
1 - ROYAUME UNI/FRANCE2 - IRAN3 - RUSSIE4 - TV5
Ce régime nous dégoute à une point inimaginable. Tout va dans le sens sioniste et atlantiste. Regardons ce qu'ils débitent le 18...
10 - PROCHE ORIENT(Concernant la situation en Palestine, est-ce que vous condamnez les opérations exagérées des Israéliens contre les civils palestiniens et est-ce que vous allez soulever ce point avec M. Ehud Barak ?)Le ministre évoquera avec M. Barak toutes les questions qui intéressent cette région et en particulier le processus de paix. Pour répondre à votre première question, je voudrais rappeler ce que j'ai dit durant toute cette semaine : nous appelons à la fin des violences, nous déplorons les victimes civiles et nous réitérons notre demande de faire cesser immédiatement tous les tirs de roquettes. Nous réaffirmons par ailleurs notre vive préoccupation face à la situation humanitaire à Gaza. La France appelle Israël à ne pas mettre en oeuvre un blocus qui touche la population civile. La France rappelle que la communauté internationale s'est engagée, lors de la Conférence internationale des donateurs de Paris pour l'Etat palestinien, à soutenir l'ensemble des Territoires palestiniens y compris Gaza. Le ministre a clairement appelé lors de cette conférence à l'ouverture des points de passage afin de permettre au peuple palestiniens de survivre et à l'économie palestinienne de redémarrer et il a également rappelé que la paix au Proche-Orient ne pourra se faire qu'en intégrant Gaza dans le processus. Donc, une fois encore, nous appelons à la plus grande retenue et nous espérons vivement que rien ne va continuer à entretenir le cycle de la violence.(Votre réponse est très focalisée sur Gaza, n'empêche il n'y a pas de fusées ni de projectiles qui sortent de la Cisjordanie mais il y a des offensives israéliennes en Cisjordanie, est-ce que je peux avoir votre commentaire s'il vous plaît ? ) Vis-à-vis de la Cisjordanie comme vis à vis de l'ensemble de cette région, nous appelons toutes les parties à la retenue et à cesser tout acte de violence.
Quand on décortique, croyez-le, c'est lourd de sens. Déjà, ON va s'entretenir avec Barak, ce criminel de guerre. C'est avec lui que l'on va parler de la situation à Gaza alors que c'est cette peste qui donne les ordres pour assassiner les palestiniens. Une cinquantaine sont morts à ce jour. ON déplore les victimes civiles et ON réitère notre demande de faire cesser immédiatement tous les tirs de roquettes. Que dire ? Que dire pour rester poli ? C'est très difficile. Si nous étions Dieu ou le chef d'une armée extraterrestre, nous virerions Sarkozy et sa clique de sionistes, nous irions tout droit là-bas et nous ferions du ménage pour que les Palestiniens aient leur pays dans les frontières de 1947 telles que tracées par l'ONU de l'époque ! Voilà. Comme ça, vite fait avec nos soucoupes volantes et nos lasers, nous exploserions drones, chars, Apache, F 16. Avec nos mégapompes, nous aspirerions tous les colons pour les projeter en Israel. Nous pulvériserions le mur infect et nous rebâtirions les maisons en deux coups de cuillères à pot. Et là, nous collecterions toutes les armes -des deux camps- car il n'y aurait plus de raison de faire la guerre. Voilà. On peut rêver. Mais en attendant, il faut se coltiner les propos honteux du porte-parole du gouvernement... ON a appelé à l'ouverture des points de passage afin de permettre au peuple palestiniens de survivre... oui, vous avez bien lu... permettre au peuple palestinien de survivre. Et survivre, c'est pas VIVRE. Ils n'ont pas honte de prononcer de tels propos, c'est le moins qu'on puisse dire ! Franchement, qui a élu ces zigues ? Pas que chez nous d'ailleurs. A quoi servent tous ces individus qui vivent grassement sur le dos du contribuable, qui s'envoient en l'air avec leur maîtresses pendant que des millions de gens agonisent dans le monde à cause d'eux ? A quoi ? Il va falloir que ça bouge et que ça change car ce n'est plus supportable.

Bombardements israéliens contre Ghaza
« La mort frappe partout et n’importe quand »

par Fares Chahine

Au moins 34 Palestiniens ont été tués, depuis mardi dernier, par l’armée d’occupation israélienne. Le Premier ministre israélien Ehud Olmert, à l’image de tous ses prédécesseurs, essaie de renforcer sa position politique en tuant plus de Palestiniens.Ghaza. De notre correspondantAprès avoir quitté la bande de Ghaza qu’elle a occupée durant plus de trente ans, se sentant libérée de toute contrainte, et avec le silence complice de la communauté internationale, l’armée israélienne a donné libre cours à une barbarie sans précédent dans la bande de Ghaza, que l’Etat hébreu a décrétée « entité hostile », depuis le coup de force armé du mouvement islamiste Hamas, au mois de juin dernier.
En moins de trois jours, dans une escalade sanglante, la machine de guerre israélienne a ôté la vie à 34 Palestiniens dont des femmes, des enfants et des militants de plusieurs factions armées. Les rues de Ghaza, qui n’ont jamais été totalement sûres, sont devenues plus que dangereuses ces jours-ci. Que cela soit en voiture, en carriole, ou même à pied, la mort frappe n’importe où et n’importe quand. Car, il suffit juste qu’un soldat israélien, assis devant son écran dans une ambiance feutrée, et croyant jouer à un jeu vidéo, décide de lancer des roquettes air-sol d’un drone téléguidé pour que le sang coule. Malheureusement, ce qui paraît n’être qu’un jeu, pour ce soldat qui joue le rôle « du bon » qui tue les méchants terroristes, se termine dans les rues palestiniennes par une véritable tragédie avec des voitures complètement calcinées, des corps déchiquetés et brûlés, sans compter les blessés qui garderont dans leurs mémoires et dans leur chair un traumatisme pour le restant de leur vie.
Ce soldat peut être aussi un pilote d’hélicoptère d’assaut de type Apache ou même d’un avion de chasse de type F16 ou d’un autre type, tous plus sophistiqués les uns que les autres, comme il peut être à l’intérieur de l’un de ces redoutables chars de type Merkava difficiles à détruire avec les moyens dérisoires dont disposent les résistants palestiniens. Le plus grand nombre de tués a été décompté mardi, lors d’une opération de l’armée israélienne dans le quartier d’Ezzeïtoun, au sud-est de la ville de Ghaza, qui a fait 19 morts et plus de 50 blessés. Parmi ces morts figurent deux agriculteurs âgés de 65 et 55 ans, tués dans leurs vergers. Le fils de Mahmoud Ezzahar, haute figure du mouvement Hamas qui a occupé le poste de ministre des Affaires étrangères dans le cabinet formé par le Hamas après sa victoire aux dernières législatives, est l’un des tués de cette journée particulièrement sanglante. Hossam Ezzahar, âgé de 21 ans, appartenant aux Brigades Ezzeddine El Qassam, la branche armée du Hamas, est le second fils de Mahmoud Ezzahar à avoir été tué par l’armée israélienne au cours de l’Intifadha d’El Aqsa, déclenchée en l’an 2000. Le même jour, en soirée, deux autres Palestiniens ont été tués au nord de la bande de Ghaza. Leur véhicule a été atteint de plein fouet par une roquette air-sol tirée par un drone.
La série macabre a continué mercredi quand dans une rue au centre de Ghaza, trois personnes appartenant à une même famille sont tombées lors d’un bombardement raté visant un véhicule appartenant à des membres du Djihad islamique, l’autre mouvement radical palestinien. Trois civils innocents, Amer al-Yazji, 36 ans, son fils Amir, 13 ans et son frère Mohammed, 25 ans, circulaient dans le centre de Ghaza lorsque leur voiture a été touchée par un missile israélien. Malheureusement pour eux, ils se sont trouvés au mauvais endroit et au mauvais moment au moment de l’agression israélienne.
En soirée, au niveau d’El Boureij, au sud de Ghaza, deux corps de deux militants du Djihad islamique dont la voiture a été pulvérisée par l’explosion d’un missile air-sol ont été déchiquetés et brûlés. Les services médicaux ont eu du mal à les identifier.
Malheureusement, ce feuilleton sinistre n’est pas fini. Il s’est poursuivi jeudi, quand l’aviation israélienne a mené dans la journée une série de raids, dont l’un a fait deux morts, un homme et sa femme qui se trouvaient à bord d’une voiture dans le nord du territoire. Dans un autre raid aérien, un missile a touché une voiture transportant des membres de la branche armée du Djihad islamique, tuant deux hommes. L’explosion a également touché une carriole toute proche, tuant une femme et blessant grièvement un enfant.
Dans une attaque sur un quartier sud de la ville de Ghaza, un chef local de la branche armée du Hamas et un autre militant ont été tués. La Cisjordanie occupée n’a pas été épargnée. Ces actes visent certainement à porter atteinte à la notoriété de l’Autorité palestinienne et à celle de son président, Mahmoud Abbas, qualifié par Israël de partenaire pour la paix.
L’armée israélienne a tué, hier matin, à Naplouse un militant des Brigades des Martyrs d’El Aqsa, la branche armée du Fatah. Il faut souligner qu’Israël a joué le même jeu à Ghaza, lorsqu’il a affaibli les services sécuritaires de l’Autorité palestinienne, par la destruction de la majorité de ses sièges avant que ceux-ci ne tombent définitivement, en juin dernier, aux mains des hommes du Hamas après le putsch armé. « Les raids et l’escalade militaire d’Israël visent à infliger un camouflet aux négociations de pai israélo-palestiniennes », a déclaré le porte-parole de la présidence palestinienne, Nabil Abou Roudeïna. Il a appelé les Etats-Unis « à intervenir rapidement pour empêcher une nouvelle détérioration de la situation, qui pourrait porter un coup fatal à la chance historique de paix ». Quant au Premier ministre israélien Ehud Olmert qui, à l’image de tous ses prédécesseurs, essaie de renforcer sa position en tuant plus de Palestiniens, il a déclaré que ce qui passe à Ghaza est une guerre contre les militants palestiniens qui n’arrêtent pas les tirs de roquettes artisanales sur Israël. En fait, ce n’est ni plus ni moins qu’une guerre contre l’ensemble des Palestiniens.


Sources El Watan

Posté par Adriana Evangelizt
 
lundi 21 janvier 2008
  ISRAEL et ses crimes de guerre




20-01-2008

Un million et demi d’humains, des Palestiniens, emprisonnés sur une bande de terre surveillée de toute part par l’ennemi, subissent depuis des années une situation de blocus.

Aujourd’hui, les geôliers en interrompant la fourniture de fuel les plonge dans le noir sans possibilité de produire de l’électricité indispensable au fonctionnement des hôpitaux et maternités.

Dites Non à ce nouveau crime de guerre car la punition collective d’une population est définie comme telle par la quatrième Convention de Genève.

Nous relayons ici le texte d’appel pour une marche avec torches ou bougies émis par ISM :


Montrez votre solidarité avec Gaza, organisez quotidiennement des marches
aux chandelles jusqu’à la Levée du siège de Gaza !

S’il vous plait maintenant, maintenant, Faites quelque chose pour nous
aider, nous à Gaza !

Maintenant, Israël a tout fermé et tout coupé
Les gens dans Gaza vont mourir
Déjà 3 personnes sont décédées aujourd’hui dans des hôpitaux de Gaza suite
aux coupures d’électricité.
98% de la Bande de Gaza est actuellement dans le noir.
Comme il n’y a plus d’électricité, tous les médias à Gaza vont fermer.
Israël fait tout ce qu’il peut pour que personne ne sache et ne voit ce
qu’il fait à Gaza.
S’il vous plait, aidez-nous maintenant !
Descendez dans les rues pour demander la levée du siège, Maintenant !
Nous organisons tous les jours des marches aux chandelles et nous vous
demandons de faire de même.
S’il vous plait, organisez ces marches et envoyez nous les photos, cela
nous aidera beaucoup ici

Abu Ayoub,
Un Palestinien de Gaza

Comment peut-on rester sans bouger face à un tel drame : la première crise
humanitaire au monde créée par l’homme ?

Comment les dirigeants du monde entier et en particulier les Israéliens
peuvent-ils dormir la nuit en sachant ce qu’ils imposent à 1 million et
demi de personnes dans la Bande de Gaza.

Aujourd’hui, on vient d’apprendre que l’unique centrale électrique de Gaza
a cessé de fonctionner en raison de la suspension par Israël des
approvisionnements en carburant, plongeant dans le noir et le froid, tous
les habitants de la Bande côtière. Depuis 3 jours, Israël a également
cessé de livrer les cargaisons de nourriture et de médicaments.

On a appris ce matin que Mahmoud Hussein, âgé de 18 ans, est décédé hier
d’un cancer par manque de traitement approprié et après avoir essuyé 3
refus d’Israël suite à ses demandes pour aller se faire soigner à
l’étranger.
Mahmoud est la 72ème personne à mourir d’une maladie grave et à qui Israël
a refusé un traitement

Cette semaine, Israël a tué 38 Palestiniens et blessé des centaines d’autres.

Vendredi, le rapporteur spécial de l'ONU pour les droits de l'Homme dans
les territoires occupés, John Dugard, a dénoncé les crimes de guerre
"lâches" commis par Israël dans la bande de Gaza lors des raids de la
semaine écoulée

Quoi faire ?

- Répondez à l’appel des habitants de Gaza plongés dans le noir et
organisez des veillées aux chandelles jusqu’à la levée du siège de Gaza

Des manifestations seront organisées dans le monde entier le 26 janvier et
le 23 février prochain.


Convergence des Causes
20 janvier 2008

 
  La "routine" des crimes et les crimes de la routine

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Abdelkader Dehbi

Un terrible mardi noir aujourd'hui pour les Palestiniens, avec ce nouveau raid meurtrier de l'armée israélienne contre le quartier "Hay Zeitoun"de Gaza. Bilan 19 morts, dont 13 membres du Hamas et 6 civils palestiniens. Parmi les tués du Hamas, Hossam, le fils du numéro 2 du Hamas, le Dr Mahmoud Al-Zahhar. C'est à coups de fusées tirées depuis des avions et de salves de mitrailleuses de chars que l'armée d'occupation israélienne a accompli son nouveau forfait. Un forfait "routinier" du reste, ainsi que l'a d'ailleurs cyniquement qualifié le porte-parole de ladite armée, en parlant d'opération "de routine"…

"Routine" aussi, l'attitude de ce pauvre pantin de Mahmoud Abbas, "Président de l'autorité palestinienne", adoubé par l'Occident, et qui n'a pas trouvé mieux que de déclarer face aux caméras des télévisions, qu'il "condamnait la boucherie commise par Israël" au lieu de mettre fin une fois pour toutes à cette mascarade de "négociations interminables" avec un Etat israélien schizophrène qui, tout en faisant semblant de vouloir négocier la paix, applique méthodiquement son plan criminel de liquidation physique – 2000 assassinats en moins de trois ans - de tous les résistants nationalistes palestiniens, ceux de Hamas en premier chef, qui s'opposent à la politique d'abdication des droits palestiniens fondamentaux, en particulier, le statut de Jérusalem en tant que capitale du futur Etat Palestinien, le droit au Retour et la liquidation des colonies installées depuis Juin 1967.

"Routine" aussi, les déclarations du porte-parole de la Maison Blanche accompagnant Bush en Arabie, qui a tout bonnement dénoncé "les extrémistes qui cherchent à faire dérailler le processus de paix" en espérant que "les israéliens ne cibleront lors de leurs raids que les activistes…" tout en exhortant "les palestiniens à s'abstenir de tuer des israéliens innocents…." Et dire que ce connard, - impossible de trouver un synonyme dans le dico – n'était saoul comme son maître, lui…

"Routine" bien entendu, le silence lâche et complice des officiels arabes. En particulier les dirigeants des monarchies du Golfe, tout affairés à recevoir, tels des domestiques, un président Bush déclinant et potentiellement menacé à terme, de graves poursuites pénales pour crimes de guerre et prévarications diverses.

"Routine" enfin chez nous, ces indécents et serviles tapages autour d'un hypothétique "3ème mandat présidentiel" dont se font l'écho – pendant que le monde extérieur bouillonne - les protagonistes de ce triste magma politique d'hommes asticots, gravitant autour d'un pouvoir putride, corrompu et décadent…

Abdelkader Dehbi
16 janvier 2008
 
mercredi 16 janvier 2008
 

Un monde sans Islam

Par *Graham E. Fuller

Foreign Policy

Jan-Fév. 2008

C’est un article riche, passionnant et intéressant. Et il est d’autant plus intéressant que son auteur est un ex-vice président d’une entité de la CIA.

Il essaye d’imaginer la situation de l’humanité dans un monde où l’Islam n’aurait pas vu le jour. Un souhait où, faute de pouvoir revenir dans le temps pour tuer le bébé dans l’œuf, beaucoup de forces dépensent des fortunes et déploient des énergies pour étouffer l’Islam de libération et le réduire à des pratiques folkloriques.

Alors quelle aurait été l’évolution de ce monde ? Je vous laisse lire le texte de Graham E. Fuller pour découvrir ce qu’on serait devenu. L’on pourra formuler des remarques sur les hypothèses, l’analyse ou les conclusions de l’auteur et sur son emploi des termes comme terrorisme et terroriste sans définir le contenu. Mais pour un ex-agent de la CIA, il a au moins le mérite de reconnaître que ce chaos que nous vivons aujourd’hui est dû principalement aux agressions impérialistes de l’Occident.

Une dernière chose, j’aurais aimé que l’auteur, avec ses grandes connaissances géopolitiques et historiques, fasse le même exercice en imaginant un monde sans le mouvement sioniste, et par conséquent sans l’état d’Israël. Mais ça serait peut-être trop lui demander, n’est ce pas ? Quelqu’un pourrait-il objectivement émettre cette hypothèse de travail sans risquer sa mort intellectuelle ?

Imaginez, si vous le souhaitez, un monde sans l’Islam – une situation, il faut l’admettre, inconcevable, vu la place centrale qu’il occupe dans nos titres de nouvelles quotidiennes. L’Islam semble être derrière un large éventail de désordres internationaux : attentats suicides, voitures piégées, occupations militaires, luttes de résistance, émeutes, fatwas, jihad, opérations de guérilla, vidéos de menace et le 11/9 lui-même. « L’Islam » semble offrir une pierre de touche (un standard de mesure) analytique simple et instantanée, nous permettant de bien comprendre le monde convulsif d’aujourd’hui. En effet, pour quelques néoconservateurs « l’Islamofascisme » est maintenant notre ennemi juré dans une imminente « troisième guerre mondiale ».

Mais permettez-moi un peu. Et s’il n’y avait pas une telle chose comme l’Islam ? Et s’il n’y avait jamais eu de Prophète Mohammed, ni de saga de propagation de l’Islam à travers des grandes parties du Moyen Orient, de l’Asie et de l’Afrique ?

Etant donné notre actuelle focalisation sur le terrorisme, la guerre et l’antiaméricanisme rampant – l’un des sujets internationaux le plus émotionnel aujourd’hui –, il est vital de comprendre les vraies sources de ces crises. Est-ce l’Islam la source du problème, ou est-ce que cette source ne se trouve plutôt du côté de facteurs moins clairs et plus profonds ?

Pour l’intérêt de l’argumentation, dans un effort d’imagination historique, faites-vous une image d’un Moyen Orient dans lequel l’Islam n’est jamais apparu. Serions-nous alors épargnés de beaucoup des défis qui se trouvent aujourd’hui devant nous ? Le Moyen Orient serait-il plus pacifique ? De combien le type des relations Est-Ouest serait-il différent ? Sans l’Islam, il est sûr que l’ordre international présenterait une image très différente de celle d’aujourd’hui. Ou le ferait-il ?

ET SI PAS D’ISLAM, ALORS QUOI ?

Depuis les premiers jours d’un large Moyen Orient, l’Islam a visiblement façonné les normes culturelles voire même les préférences politiques de ses disciples. Comment pouvons-nous alors séparer l’islam du Moyen Orient ? Comme il s’avère, ce n’est pas très difficile à imaginer.

Commençons par l’aspect ethnique. Sans l’Islam, le visage de la région va rester complexe et confus. Les groupes dominants au Moyen Orient -- Arabes, Perses, Turcs, Kurdes, Juifs (est-ce un groupe ethnique ? et que représente ce groupe quantitativement ?, ndt.), voire Berbères et Pachtounes – continueront à dominer la scène politique. Prenez les Perses à titre d’exemple : Longtemps avant l’Islam, les empires persans successifs se sont étendus jusqu’aux portes d’Athènes et étaient les rivaux perpétuels de quiconque habita l’Anatolie. Des peuples sémites contestant cette hégémonie ont combattu les Perses à travers le croissant fertile jusqu’à dans l’Irak. Et puis il y a les forces puissantes des diverses tribus et des commerçants arabes s’étendant et migrant dans d’autres régions sémites du Moyen Orient avant l’Islam. Les Mongoles auraient tout de même envahi et détruit les civilisations de l’Asie centrale et beaucoup du Moyen Orient dans le 13e siècle. Les Turcs aurait aussi conquis l’Anatolie, les Balkans jusqu’à Vienne et une grande partie du Moyen Orient. Ces luttes -- pour le pouvoir, le territoire, l’influence et le commerce – existaient bien avant l’arrivée de l’Islam.

Cependant, c’est trop arbitraire d’exclure complètement la religion de l’équation. Si en réalité l’Islam n’a jamais émergé, la majeure partie du Moyen Orient serait restée essentiellement chrétienne avec ses diverses sectes comme cela a été le cas à l’aube de l’Islam. En dehors de quelques Zoroastriens et un petit nombre de Juifs, pas d’autre religion majeure n’était présente.

Mais est ce que l’harmonie avec l’Ouest aurait-elle régné si le Moyen Orient était resté chrétien ? On va trop loin. Nous devrions assumer que le monde européen médiéval agité et expansif n’avait pas étendu son pouvoir et son hégémonie à ses voisins de l’Est, en recherche des prises économique et géopolitique. Après tout, qu’est ce que ce seraient les Croisades si ce n’étaient pas une aventure occidentale menée essentiellement par des besoins politique, social et économique ? La bannière du christianisme était un peu plus qu’un symbole fort, un cri mobilisateur pour bénir les besoins profanes des Européens puissants. En effet, la religion particulière des autochtones ne figurait jamais en tête des causes de l’expansion impériale de l’Occident à travers la planète. L’Europe a pu parler d’une manière édifiante de porter « les valeurs chrétiennes aux autochtones », mais l’objectif évident était d’établir des avant-postes coloniaux comme sources de richesse pour la métropole et des bases pour l’expansion du pouvoir occidental.

Ainsi il est improbable que les habitants chrétiens du Moyen Orient aient bien reçu le flux des flottes européennes et leurs marchands soutenus par les fusils occidentaux. L’impérialisme aurait prospéré dans le mosaïque ethnique complexe de la région–-La matière brute du vieux jeu de diviser pour mieux régner. Et les Européens auraient toujours installé les mêmes dirigeants locaux pliables pour satisfaire leurs besoins.

Avançons l’heure à l’époque du pétrole au Moyen Orient. Les états du Moyen Orient, même si chrétiens, aurait-ils bien accepté l’établissement des protectorats européens sur leur région ? Certainement pas ! L’Occident aurait toujours construit et contrôlé les mêmes points d’étranglement comme le canal du Suez. Ce n’était pas l’Islam qui a fait que les états du Moyen Orient résistent vigoureusement au projet colonial avec son nouveau traçage des frontières selon les préférences géopolitiques européennes. Non plus, ces états chrétiens du Moyen Orient n’auraient-ils bien accueilli les compagnies pétrolières occidentales impériales, soutenues par des administrateurs européens, des diplomates, des agents de renseignements et des armées, pas plus que ce qu’ont fait les Musulmans. Regardez la longue histoire des réactions des Américains latins à la domination des Américains étatsuniens sur leurs pétrole, économie et politique. Le Moyen Orient serait toujours aussi motivé pour créer des mouvements nationalistes anticolonialistes pour arracher le contrôle sur leurs terres, marchés, souveraineté et destinée de l’emprise étrangère – tout comme les luttes anticolonialistes dans l’Inde hindou, la Chine confucéenne, le Vietnam bouddhiste et l’Afrique chrétienne et animiste.

Et certainement les Français se seraient, tout aussi volontiers, étendus sur l’Algérie chrétienne pour s’emparer des ses riches terres agricoles et établir une colonie. Aussi, les Italiens ne se sont pas fait gênés par le christianisme de l’Ethiopie pour transformer ce pays en une colonie violemment administrée. En bref, il n’y a pas de raison pour croire que la réaction du Moyen Orient à l’agression colonialiste européenne aurait changé significativement de la manière dont elle s’est effectivement déroulée sous l’Islam.

Mais peut-être le Moyen Orient serait plus démocratique sans l’Islam ? L’histoire des dictatures en Europe elle-même n’est rassurant sur ce point. L’Espagne et le Portugal ont fini avec leurs violentes dictatures seulement en milieu des années 1970. La Grèce s’est libérée d’une dictature liée à l’église il y a quelques dizaines d’années. La Russie chrétienne ne s’en est toujours pas sorti. Jusqu’à récemment, l’Amérique latine accablée par les dictateurs, qui souvent régnaient avec les bénédictions des USA et avec le partenariat de l’église catholique. La plupart des nations africaines chrétiennes n’ont pas eu de meilleure réussite. Pourquoi un Moyen Orient chrétien se présenterait différemment ?

Et puis il y a la Palestine. C’étaient évidemment les Chrétiens qui ont, honteusement, persécuté les Juifs durant plus qu’un millénaire culminant par l’Holocauste. Ces exemples horrifiques d’antisémitisme étaient bien enracinés dans la culture et les terres chrétiennes occidentales. Les Juifs auraient donc continué à chercher une patrie en dehors de l’Europe ; le mouvement sioniste aurait de toute façon vu le jour et aurait cherché une base en Palestine. Et le nouvel état juif aurait toujours déplacé les mêmes 750 milles Arabes natifs de la Palestine de leurs terres même s’ils avaient été des Chrétiens--en effet une partie parmi eux étaient des Chrétiens. Et ces Arabes chrétiens n’auraient-ils pas combattu pour protéger ou regagner leur propre terre ? Le problème israélo-palestinien reste au fond un conflit nationaliste, ethnique et territorial, renforcé seulement récemment par des slogans religieux. Et n’oublions pas que les Chrétiens arabes ont joué un rôle majeur dans les débuts du mouvement nationaliste arabe au Moyen Orient ; en effet, Michel Aflaq, le fondateur idéologique du premier parti panarabe Al-Baath, était un Chrétien syrien formé à la Sorbonne.

Mais les Chrétiens du Moyen Orient seraient certainement prédisposés religieusement envers l’Occident ? N’aurions-nous pas évité tous ces conflits religieux ? En effet, le monde chrétien lui-même a été déchiré par des hérésies depuis les premiers siècles du pouvoir chrétien, des hérésies qui étaient devenues des véhicules des oppositions politiques au pouvoir romain ou byzantin. Loin d’unir sous la religion, les guerres religieuses de l’Occident cachaient toujours des luttes plus profondes, ethnique, stratégique, politique, économique et culturelle pour la domination.

En vérité cette même référence à un « Moyen Orient chrétien » cache une animosité vilaine. Sans l’Islam, les peuples du Moyen Orient seraient restés comme ils étaient à la naissance de l’Islam–-la plupart des disciples du christianisme orthodoxe oriental. Mais c’est facile d’oublier que l’une des controverses historiques la plus violente, la plus virulente et la plus durable fut celle entre l’église catholique à Rome et le christianisme orthodoxe oriental à Constantinople – une rancune qui persiste toujours. Les Chrétiens orthodoxes orientaux n’ont jamais oublié ou pardonné le sac de Constantinople la chrétienne par les croisés occidentaux en 1204. Presque 800 ans plus tard, en 1999, le pape Jean Paul II chercha à faire quelques petits pas pour cicatriser la plaie dans la première visite d’un pape catholique au monde orthodoxe en mille ans. C’était un début, mais le désaccord entre l’Orient et l’Occident dans un Moyen Orient chrétien serait plutôt resté comme il est aujourd’hui. Prenez la Grèce par exemple : La cause orthodoxe a été un puissant mobile derrière le nationalisme et le sentiment anti-occidental là bas, et les passions anti-occidentales dans la politique grecque, il y a seulement une dizaine d’années, résonnaient des même suspicions et vues virulentes de l’Occident que nous entendons aujourd’hui de la part de beaucoup de chefs islamistes.

La culture de l’église orthodoxe diffère nettement de la philosophie occidentale de l’après siècle des lumières, qui insiste sur la laïcité, le capitalisme et la primauté de l’individu. Elle a encore des peurs résiduelles à propos de l’Occident similaires dans différents aspects les incertitudes des Musulmans d’aujourd’hui : des craintes du prosélytisme missionnaire occidental, la perception de la religion comme un vecteur clé pour la protection et la préservation de leurs propres communautés et culture, et une suspicion du caractère « corrompu » et impérial d l’Occident. En effet, dans un Moyen Orient chrétien orthodoxe, Moscou aurait joui d’une influence spéciale, même aujourd’hui, comme le dernier centre important de l’Orthodoxie orientale. Le monde orthodoxe serait resté une arène géopolitique clé pour la rivalité Est-Ouest dans la guerre froide. Après tout, Samuel Huntington, a inclut le monde chrétien orthodoxe parmi les plusieurs civilisations impliquées dans le choc culturel avec l’Occident.

Aujourd’hui, l’occupation US de l’Irak ne serait mieux accueillie si les Irakiens étaient des Chrétiens. Les Etats-Unis n’ont pas renversé Saddam Hussein, un chef profondément laïque et nationaliste, parce qu’il était musulman. D’autres peuples arabes auraient toujours soutenu les Arabes irakiens dans leur traumatisme de l’occupation. Nulle part les gens ne se réjouissent de l’occupation et la tuerie de leurs concitoyens aux mains des troupes étrangères. En effet, des groupes menacés par de telles forces externes s’efforcent toujours de trouver des idéologies appropriées pour glorifier leur lutte de résistance. La religion est l’une de telles idéologies.

Voilà donc le portrait d’un putatif « monde sans Islam ». C’est un Moyen Orient dominé par le christianisme orthodoxe oriental -- une église historiquement et psychologiquement méfiante de, voire hostile à, l’Occident. Même déchiré par des différences importantes ethniques, voire sectaires, ce Moyen Orient possède un sens aigu de conscience historique et de griefs contre l’Occident. Il a été envahi à plusieurs reprises par des armés impérialistes occidentaux ; ses ressources pillées ; ces frontières redessinées par des décrets occidentaux en conformité avec les différents intérêts de l’Occident ; et des régimes installés accommodants aux dictats occidentaux. La Palestine brulerait toujours. L’Iran serait toujours profondément nationaliste. Nous verrions toujours les Palestiniens résister contre les Juifs, les Tchéchènes résister contre les Russes, les Iraniens résister contre les Britanniques et les Américains, les Cachemiris résister contre les Indiens, les Tamiles résister contre les Cingalais au Sri Lanka, et les Uigurs et les Tibétains résister contre les Chinois. Le Moyen Orient aurait toujours un modèle historique glorieux–-le grande empire byzantin avec plus de 2000 ans d’histoire-–avec lequel il s’identifierait comme un symbole historique et religieux. Ceci, à plusieurs égards, perpétuerait le fossé Est-Ouest.

Ceci ne présente pas une image réconfortante et complètement pacifique.

SOUS LA BANNIERE DU PROPHETE

Evidemment, il est absurde de prétendre que l’existence de l’Islam n’a pas eu d’impact indépendant sur le Moyen Orient ou sur les relations Est-Ouest. L’Islam a fourni une force unificatrice d’un haut niveau à travers une large région. Comme une foi universelle, elle a créé une vaste civilisation qui partage des principes communs de philosophie, arts et société ; une vision d’une vie morale ; un sens de justice, jurisprudence et une bonne gouvernance – le tout dans une culture raffinée profondément enracinée. Comme une culture et une force morale, l’Islam a aidé à combler les différences ethniques entre les divers peuples musulmans, les encourageant à se sentir concernés comme une part d’un plus grand projet civilisationnel musulman. Rien que cela donne à ce projet un poids important. L’Islam a également affecté la géographie politique : S’il n’y avait pas eu d’Islam, les pays musulmans de l’Asie du Sud et du Sud-est–-notamment le Pakistan, le Bangladesh, la Malaisie et l’Indonésie—seraient aujourd’hui enracinés dans le monde hindou.

La civilisation islamique fournissait un idéal commun auquel tous les Musulmans pouvaient faire appel au nom de la résistance contre l’empiètement occidental. Même si cet appel échouait à arrêter la marée impériale occidentale, il a créé une mémoire culturelle d’un destin généralement partagé qui n’a pas disparu. Les Européens étaient capables de diviser et conquérir beaucoup de peuples africains, asiens et américains latins qui sont tombés séparément devant la puissance occidentale. Une résistance transnationale unie entre ces peuples, était difficile à atteindre dans l’absence de tout symbole commun ethnique ou culturel pour la résistance.

Dans un monde sans Islam, l’impérialisme occidental aurait trouvé la tache de diviser, conquérir et dominer le Moyen Orient et l’Asie, bien plus facile. Il n’y aurait pas eu de mémoire culturelle collective d’humiliation et de défaite à travers une vaste région. Cela est la raison principale qui explique pourquoi les Etats-Unis sont en train de se casser les dents sur le monde musulman. Aujourd’hui, les intercommunications globales et les images satellitaires partagées ont créé une forte auto-conscience parmi les Musulmans et un sens d’un plus grand siège impérial occidental contre une culture islamique partagée. Ce siège ne concerne pas la modernité ; il concerne la quête occidentale incessante pour la domination de l’espace stratégique, les ressources et même la culture du monde musulman--le trajet pour créer un Moyen Orient « pro-américain ». Malheureusement, les Etats-Unis supposent naïvement que l’islam est tout ce qui se met sur son chemin menant au prix à gagner.

Mais quid du terrorisme--la question la plus urgente que l’Occident associe presque immédiatement avec l’Islam aujourd’hui ? Dans une nette franchise, le 11/9, aurait-il eu lieu sans l’Islam ? Si les griefs du Moyen Orient, enracinés dans des années de colère émotionnelle et politique contre les actions et la politique US, ont été enveloppés dans une autre bannière, est ce que les choses auraient-elles largement différentes ? Encore, il est important de se rappeler combien facilement la religion peut-elle être invoquée même si d’autres rancunes de longue-date sont à blâmer. Le 11 septembre 2001 n’était pas le début de l’histoire. Pour les pirates de l’air d’al-Qaïda l’Islam jouait le rôle d’une loupe dans le soleil, rassemblant ces griefs collectifs répandus et partagés, et les concentrant dans un rayon intense, un moment de clarté de l’action envers un envahisseur étranger.

Dans la focalisation de l’Occident sur le terrorisme au nom de l’Islam, les mémoires sont courtes. Les guérillas juives utilisaient le terrorisme contre les Britanniques en Palestine. Les Tamiles hindous sri-lankais « Tigers » ont inventé l’art du gilet du suicide et pendant plus d’une décennie ils ont dirigé le monde dans le recours aux attenants suicides--don l’assassinat du premier ministre indien Rajiv Gandhi. Les terroristes grecques ont effectuée des opérations d’assassinat contre les officiels US à Athènes. Le terrorisme organisé sikh a tué Indira Gandhi, semé le chaos en Inde, instauré une base extérieure au Canada et abattu un vol Air India sur l’Atlantique. Les terroristes macédoniens étaient largement craints tout à travers les Balkans à la veille de la première guerre mondiale. Des douzaines d’assassinats majeurs à la fin du 19e et au début du 20e siècles ont été exécutés par des « anarchistes » européens et américains semant une peur collective. La l’Armée de la République Irlandaise (IRA) a développé un terrorisme effective brutale contre les Britanniques durant des décennies, tout comme ont fait les guérillas communistes et les terroristes au Vietnam contre les Américains, les communistes malais contre les soldats britanniques dans les années 1950, les terroristes Mau-Mau contre les officiers britanniques à Kenya--et le liste continue. Il n’y a pas besoin d’un Musulman pour faire du terrorisme.

Même l’histoire récente de l’activité terroriste n’est pas très différente. Selon Europol, 498 attaques terroristes ont eu lieu dans l’Union Européenne en 2006. Parmi elles, 424 étaient perpétrées par des groupes séparatistes, 55 par des extrémistes de la gauche et 18 par divers d’autres terroristes. Seulement un attentat a été commis par des islamistes. Pour être complet, il y avait un nombre d’attentats déjoués dans une communauté musulmane hautement surveillée. Mais ces nombres révèlent le large éventail idéologique des terroristes potentiels dans le monde.

Est-il alors très difficile d’imaginer les Arabes--chrétiens ou musulmans--, en colère contre Israël ou les invasions, les renversements et les interventions perpétuelles de l’impérialisme, faisant recours à des actes similaires de terrorisme et de guérilla. La question pourrait être plutôt, pourquoi ceci n’a pas eu lieu plus tôt ? Comme les groupes radicaux expriment les griefs dans notre monde globalisé, pourquoi nous ne devrions pas nous attendre à ce qu’ils portent leur lutte au cœur de l’Occident ?

Si l’Islam déteste la modernité, pourquoi il avait attendu jusqu’au le 11/9 pour lancer ces attaques. Et pourquoi des penseurs islamiques majeurs au début du 20e siècle parlèrent du besoin d’adopter la modernité tout en protégeant la culture islamique ? La cause d’Oussama Bin Laden dans ses premiers jours ne concernait pas la modernité du tout--il a parlé de la Palestine, des bottes américaines sur les terres de l’Arabie Saoudite, des gouverneurs saoudiens sous le contrôle des Etats-Unis, et des « croisés » modernes. Il est frappant qu’il fallait attendre aussi tard que 2001 pour voir la première grande ébullition de la colère musulmane sur le sol des Etats-Unis, en réaction à la politique US et à des événements accumulés tout autant historiques et récents. Si ce n’était pas le 11/9, un événement similaire était fatalement à arriver.

Et même si l’Islam comme un vecteur de résistance n’avait jamais existé, le Marxisme l’a fait. C’est une idéologie qui a engendré un nombre incalculable de terroristes, de guérilla et des mouvements de libération nationale. Il a façonné l’ETA basque, le FARC en Colombie, le Shining Path en Pérou, et la Faction de l’Armée Rouge en Europe pour ne nommer que quelques uns en Occident. George Habash, le fondateur du meurtrier Front Populaire de la Libération de la Palestine, était un chrétien grec orthodoxe et un marxiste qui avait étudié à l’université Américaine de Beyrouth. Dans une époque où le nationalisme arabe en colère flirtait avec un Marxisme violent, beaucoup de Palestiniens chrétiens ont accordé leur soutien à Habash.

Les gens qui résistent des oppresseurs étrangers cherchent des bannières pour propager et glorifier la cause de leur lutte. L’internationale lutte des classes pour la justice fournit un bon élément mobilisateur. Le nationalisme est encore mieux. Mais la religion fournit le meilleur de tous, en faisant appel aux plus hautes énergies pour défendre sa cause. Et partout, la religion peut toujours servir pour soutenir l’ethnicité et le nationalisme alors même qu’elle les transcende--notamment si l’ennemi est d’une religion différente. Dans de tels cas, la religion cesse d’être essentiellement la source d’affrontement et de confrontation mais plutôt son véhicule. La bannière du moment peu disparaître mais les griefs demeurent.

Nous vivons une époque où le terrorisme est l’outil de choix du faible. Il entrave déjà la puissance sans précédent des armés US en Irak, Afghanistan et ailleurs. Et c’est ainsi que Bin Laden dans beaucoup de sociétés non-musulmanes fut appelé le « prochain Che Guevara ». Ce n’est rien moins que l’attrait d’une résistance réussie contre le pouvoir américain dominant, le faible contre-attaque. Un attrait qui transcende l’Islam ou la culture du Moyen Orient.

ENCORE PLUS DE LA MEME CHOSE

Mais les questions demeurent, si l’Islam n’a pas existé, le monde serait-il plus pacifique ? Devant ces tensions entre l’Est et l’Ouest, l’Islam ajoute incontestablement un élément supplémentaire émotionnel, une couche supplémentaire de complications pour trouver des solutions. L’Islam n’est pas la cause de tels problèmes. Cela peut paraître raffiné de chercher des passages dans le Coran qui semblent expliquer « pourquoi ils nous haïssent ». Mais cela s’éloigne aveuglement de la nature du phénomène. Quelle idée confortable que d’identifier l’Islam comme la source « du problème » ; c’est certainement bien plus facile que d’explorer l’impact de l’empreinte globale massive de l’unique super puissance du monde.

Un monde sans Islam verrait toujours la plupart des rivalités tenaces meurtrières dont les guerres et les malheurs dominent la scène géopolitique. Si ce n’était pas la religion, tous ces groupes auraient trouvé d’autres bannières en dessous desquelles ils exprimeraient leur nationalisme et leur quête pour l’indépendance. Bien sûr, l’histoire n’aurait pas suivi exactement le même chemin comme elle l’a fait. Mais au fond, le conflit entre l’Est et l’Ouest reste toujours à propos des grandes questions historiques et géopolitiques de l’histoire humaine : l’ethnicité, le nationalisme, l’ambition, l’avidité, les ressources, les chefs locaux, le territoire de domination, le profit financier, le pouvoir, les interventions et la haine des étrangers, des envahisseurs et des impérialistes. Confronté à des questions intemporelles comme celles-ci, comment le pouvoir de la religion pourrait-il n’être pas invoqué ?

Souvenons-nous aussi que pratiquement tous les principaux horreurs du 20e siècle vinrent presque exclusivement des régimes strictement laïques : Léopold ii de Belgique au Congo, Hitler, Mussolini, Lénine et Staline, Mao et Pol Pot. C’étaient les Européens qui ont imposé leurs « guerres mondiales » par deux fois au reste du monde--deux conflits globaux dévastateurs sans aucun vague parallèle dans l’histoire islamique.

Quelques-uns aujourd’hui pourraient souhaiter un « monde sans Islam » dans lequel ces problèmes n’auraient vraisemblablement jamais eu lieu. Mais, en vérité, les conflits, les rivalités et les crises d’un tel monde pourraient ne pas apparaître si largement différents de ceux que nous connaissons aujourd’hui.

* Graham E. Fuller est un précédent vice président du conseil national des renseignements « National Intelligence Council » à la CIA, chargé des prévisions stratégiques à long terme. Il est actuellement professeur adjoint d’histoire à l’université Simon Fraser à Vancouver. Il est l’auteur de plusieurs livres sur le Moyen Orient, dont « L’Avenir de l’Islam Politique » (chez Palgrave Macmillan, New York, 2003).

http://www.foreignpolicy.com/users/login.php?story_id=4094&URL=http://www.foreignpolicy.com/story/cms.php?story_id=4094


Mercredi 16 Janvier 2008
 
lundi 14 janvier 2008
 

La mascarade de la présidentielles de 2008 aux États-Unis annonce le développement de la criminalité gouvernementale et l'extension de la guerre




La mascarade de la présidentielles de 2008 aux États-Unis annonce le développement de la criminalité gouvernementale et l'extension de la guerre

Par Larry Chin, le 10 janvier 2008


​​​​Dans l'histoire moderne des États-Unis, chaque élection est une magouille délictueuse, mise en scène et manipulée par des politiques élitistes, et interprétée par des marionnettes triées sur le volet, soutenues toutes par une équipe de criminels de guerre corrompus, de « consultants » en renseignement et en sécurité, et par des groupes de réflexion actifs. L'affaire de 2008 ne sera pas différente.


​​​​Alors que se présente une autre nouvelle élection démentielle, il est temps de dissiper encore une fois la folie et les espoirs sans fondement des masses. Il n'y aura pas de sauveur, pas de fin à la crise mondiale, et absolument aucun « changement. »


​​​​


Les monstres derrière chaque candidat


​​​​Pendant que le public étasunien est entraîné une fois de plus dans un nouvel égarement, la ridicule fête foraine décidant quelle « personnalité présidentielle » est la plus « sympathique, » quelle marionnette présélectionnée fait le meilleur discours, etc..., peu ou pas d'attention n'est portée sur les individus derrière chaque candidat ; sur les forces qui tirent les ficelles, et établissent réellement l'ordre du jour géopolitique.


​​​​Le Washington Post a fourni une liste complète des « maître » respectifs de chacune des marionnettes, à étudier ligne par ligne :


​​​​La guerre des bourreaux de travail : Liste de conseillers à la sécurité nationale et à la politique étrangère dirigeant les candidats à la présidence des deux partis.


​​​​Cette liste contient la clef du problème central : la guerre.


​​​​Comme le révèlent les noms, tout candidat important (marionnette choisie ayant quelques chances réelles d'être sélectionnée) représente l'ordre du jour fixé par les anciens et actuels néo-conservateurs, par les fonctionnaires de la « sécurité » et les politicards néo-libéraux, par les membres du Groupe des Bilderberg, de la Commission Trilatérale, du Conseil On Foreign Relations et des appareils tels que la Heritage Foundation, le Center for Strategic and International Studies, la Brookings Institution, l'AIPAC, la Hoover Institution, l'American Enterprise Institute, et par d'autres.


​​​​Comme on le voit ci-dessous, certains des individus les plus cauchemardesques qui arpentent aujourd'hui la Terre se trouvent derrière les candidats :


John McCain


- Henry Kissinger.

- Richard Armitage, ancien Vice-Ministre des Affaires Étrangères, agent secret et allié de longue date de Bush.

- Robert « Bud » McFarlane, conseiller à la sécurité nationale de Reagan-Bush, Iran Contra.

- William Kristol, directeur de The Weekly Standard (néo-conservateur).

- Alexander Haig, Ministre des Affaires Étrangères de Reagan-Bush.

- George Shultz, Ministre des Affaires Étrangères de Reagan-Bush, Hoover Institution, Bechtel.

- Brent Scowcroft, Ford, conseiller à la sécurité nationale de George HW Bush.

- James Woolsey, ancien directeur de la CIA.

- Lawrence Eagleburger, Ministre des Affaires Étrangères de George HW Bush.

- William Ball, Ministre de la Marine de l'administration Reagan

- Colin Powell.



Barack Obama


- Zbigniew Brzezinski

- Anthony Lake, conseiller à la sécurité nationale de l'administration Clinton.

- Sarah Sewall, Vice-Ministre de la Défense de l'administration Clinton, un tsar de la contre-insurrection.

- Richard Clarke, tsar du contre-terrorisme des administrations Clinton et Bush.

- Susan Rice, spécialiste de l'Afrique sous l'administration Clinton, membre du National Security Council, Brookings.

- Bruce Riedel, ancien agent de la CIA, National Security Council pour les affaires du Proche-Orient et d'Asie, Brookings



Hillary Clinton


- Bill Clinton.

- Madeline Albright, Ministre des Affaires Étrangères de l'administration Clinton .

- Sandy Berger, conseiller à sécurité nationale de Bill Clinton

- Richard Holbrooke, ambassadeur aux Nations Unies de l'administration Clinton.

- Général Wesley Clark, commandant au Kosovo à l'ère Clinton.

- Leslie Gelb, Council on Foreign Relations, ancien Ministre des Affaires Étrangères et fonctionnaire du Ministère de la Défense.

- Martin Indyk, ambassadeur en Israël de l'administration Clinton, Brookings.

- Strobe Talbott, Vice-Ministre des Affaires Étrangères de l'administration Clinton, créateur du groupe Caspien Pétrolier « 6+2, » Brookings.

- Jeffrey Smith, ancien avocat général de la CIA.



Rudy Giuliani


- Kim Holmes, ancien Vice-Ministre des Affaires Étrangères de George W. Bush, Heritage Foundation.

- Louis Freeh, ancien directeur du FBI.

- Stephen Yates, ex-adjoint de Dick Cheney.

- Norman Podhoretz, Hudson Institute (néo-conservateur).

- Kenneth Weinstein, Hudson Institute.

- De nombreux autres individus reliés aux organismes néo-conservateurs Hoover Institution et Heritage Foundation.



Mike Huckabee


​​​​Huckabee a été cachottier à propos de son équipe. Parmi les noms remontés à la surface jusqu'à présent :


- Ed Rollins, agent Républicain.

- Frank Gaffney, néo-conservateur.

- John Bolton, ambassadeur aux Nations Unis de George W. Bush (au moment où sont écrites ces lignes, la participation de Bolton est une forte rumeur).



John Edwards


​​​​Edwards se vante d'une grande équipe d'officiers de carrière, militaires et du renseignement, dont la plupart sont des « militants de base, » au milieu de noms plus remarquables :


- Barry Blechman, directeur adjoint de la US Arms Control and Disarmament Agency sous Jimmy Carter, fondateur et président du Henry L. Stimson Center

- Irving Blickstein, ancien assistant de l'adjoint du chef des opérations navales, RAND Corporation



Mitt Romney


- Cofer Black, former CIA and George W. Bush state department counter, terrorism officer, vice president of Blackwater USA Cofer Black, ancien CIA et George W. Bush, le Ministère des Affaires étrangères de contre, le terrorisme officier, vice-président de Blackwater USA

- Alberto Cárdenas, lobbyiste et ancien président du Parti Républicain de Floride.

- Roger Noriega, Vice-Ministre des affaires de l'hémisphère occidental de George W. Bush.

- Pete Hoekstra, député républicain du Michigan, haut fonctionnaire, Comité du Renseignement de la Chambre.


Le choix de la marionnette des maîtres


​​​​Comme l'a noté Daniel Estulin dans The True Story of the Bilderberg Group (véritable histoire du groupe Bilderberg), les maîtres du « gouvernement mondial unifié, » dont les membres manipulent toutes les élections, recherchent les principaux objectifs suivants :


1) l'identité internationale, ou l'« internationalisme, »

2) le contrôle centralisé des populations,

3) la société post-industrielle à croissance zéro,

4) un état mondial en perpétuel déséquilibre,

5) le contrôle centralisé de toutes les politiques étrangères et intérieures,

6) la prise de pouvoir de l'ONU et de l'OTAN, et

7) le commerce dominé par le bloc Anglo-US.


​​​​S'il est encore trop tôt pour déterminer le choix final des principaux groupes de meneurs du façonnage mondial (Bilderberg, Commission Trilatérale, Council on Foreign Relations, etc), il est évident, d'après la liste ci-dessus, que les marionnettes agrées pour la Maison Blanche sont déjà dans le « peloton de tête. »


​​​​Alors que les vrais représentants du « changement, » comme Dennis Kucinich, Cynthia McKinney et Ron Paul, n'ont aucune chance (leurs « voix » seront dans tous les cas systématiquement supprimées), les seules marionnettes restantes, et leur équipe respective, s'avèrent être des suppliants de la guerre actuelle et des élitistes de l'industrie.


​​​​Il va sans dire qu'en particulier John McCain, le candidat républicain, est profondément lié aux pires éléments, à Henry Kissinger, le plus éminent. Le lien élitiste de Barack Obama parle de lui-même : Zbigniew Brzezinski.


​​​​Dans les années 80, la participation de McCain au scandale de l'épargne et du crédit, comme membre de l'infâme Keating Five, est un fait historique.


​​​​Les vues brutales de McCain, sur la guerre et la mise à mort, sont aussi une affaire enregistrée, illustrée au mieux par sa page éditoriale de 2001, La Guerre, c'est l'Enfer. Entendons-nous bien là-dessus maintenant.


​​​​Il n'y a pas meilleure cristallisation de McCain que ses propres mots trempés de sang.


​​​​Il est bien connu que les deux Clinton sont membres de longue date des Bilderberg. Comme l'a noté Daniel Estulin, John Edwards, qui se donne maintenant des airs « populistes, » a été trié sur le volet par Henry Kissinger (qui travaille à présent derrière John McCain) pour être candidat à la vice-présidence de John Kerry en 2004. Aujourd'hui, quatre ans plus tard, ses liens ont dû certainement se renforcer.


​​​​


Voici venir une « guerre contre le terrorisme » encore plus agressive


​​​​Il est clair, qu'avec les « candidats » choisis, il n'y aura pas de fin à la guerre, ni à la poursuite du déclin de l'empire étasunien.


​​​​La « guerre contre le terrorisme » va non seulement se poursuivre mais aussi probablement s'intensifier et s'élargir sous la « nouvelle gestion. » La seule question est de savoir si ce penchant sera sous une marque néo-libérale, un Nouvel Ordre Mondial multinational« plus nuancé », un « consensus bipartite » à Washington, plus d'ordre économique et moins de politique, etc.... ou continuera la brutalité non dissimulée et la criminalité des Bush-Cheney.


​​​​Les événements violents, dont l'assassinat du Bhutto au Pakistan, et d'autres du genre « 9-11, » s'accordent avec les derniers... McCain et Giuliani.


​​​​De façon uniforme, les candidats républicains se font constamment l'écho de l'ordre du jour de guerre néo-conservateur des Bush-Cheney, et des mensonges du « terrorisme » et du 9-11. Huckabee, le bizarre cheval sombre du Parti Républicain, a exprimé des critiques contre certaines politiques des Bush-Cheney, mais pas contre la « guerre au terrorisme » en général.


​​​​Les candidats démocrates se sont tous eux-mêmes déclarés champions « anti-terroristes, » les « vrais » anti-terroristes que George W. Bush n'est pas.


​​​​Les vues meurtrière d'Obama sur la guerre, similaires à celles des Bush-Cheney, sont bien documentées. En plus de la guerre contre l'Iran, Obama a déclaré qu'il attaquerait le Pakistan si son administration possédait « des renseignement passibles de poursuite » sur le fait qu'Oussama Ben Laden se cache au Pakistan, et que le gouvernement n'agit pas.


​​​​En 2004, Edwards qui couinait lors de son débat de vice-présidence avec Dick Cheney qu'il allait « tuer les terroristes, » a réitéré récemment : « Si, en tant que président, je savais où est Oussama Ben Laden, j'irais le chercher. »


​​​​Clinton est allé encore plus loin dans les détails sur sa vision bizarre de la guerre : « À un moment, probablement quand les missiles seront lancés, le gouvernement pakistanais devra savoir qu'il est sur leur trajectoire. »


​​​​En fin de compte, La Guerre, c'est l'Enfer. Entendons-nous bien là-dessus maintenant de McCain est la voix du consensus. . . Le 9-11 a servi d'exemple au mensonge.


​​​​


Le décompte des voix et les autres illusions


​​​​Comme on l'a noté à maintes reprises dans cette publication, chaque aspect du vote étasunien a été, et continue d'être manipulé.


​​​​Avec la montée de la sophistication technique, il est pourtant factuel que les sociétés Diebold, ESS, Sequoia, et SAIC (principalement liées à l'appareil politique républicain) contrôlent le vote étasunien. En fait, de nouvelles générations de leurs machines seront utilisées en 2008.


​​​​Hors de portée de la courageuse dénonciation et de l'activisme d'organismes comme Black Box Voting et d'autres, le même raz-de-marée de destruction criminelle de la démocratie, mis en place pendant des générations, demeure au contrôle.


​​​​


Le vainqueur des élections de 2008 : la criminalité


​​​​Comme l'a écrit Mike Ruppert dans Crossing the Rubicon : « Ce qui profite de la criminalité et de la guerre, ce qui est destructeur de la vie humaine, du travail, du bonheur, de la santé dans le voisinage (que ce soit aux États-Unis ou en Afghanistan, en Afrique ou en Irak), qui est en réalité la clef de voûte de l'économie mondiale et le facteur déterminant de la réussite dans la concurrence impitoyable, est une boussole pour la civilisation humaine. On ne peut pas s'attendre à produire une crème brûlée en suivant la recette du ragoût de bestiole écrasée sur le bord de la route. »


​​​​Les criminels ne respectent pas les lois. Les criminels ne croient pas à la « démocratie. »


​​​​Les criminels ne « permettent » pas les élections.


​​​​Ils n'autoriseront pas les élections de 2008. Ils imposeront quelqu'un d'autre.



Original : http://onlinejournal.com/artman/publish/article_2824.shtml
Traduit au mieux par Pétrus Lombard pour Alter Info



Samedi 12 Janvier 2008
Larry Chin
 
  Le troisième mandat ou le mandat...habituel ?
par Adelhamid Mehri

Depuis l'indépendance, à toutes les étapes décisives et graves qu'a connues le pays, l'usage s'est installé pour penser l'Algérie en tant que Présidence et de reporter ou d'éviter carrément de la penser en terme d'Etat.

La réflexion sur la Présidence, elle même, est davantage centrée sur la personne du Président plutôt que sur l'Institution Présidentielle. A toutes les étapes nous choisissions un Président, ou, pour être plus précis, on nous présente un Président, en la personne de qui nous plaçons tous nos espoirs, à qui l'on confie tous nos problèmes, en qui l'on découvre des qualités qui justifient la confiance portée en lui, en ses capacités et sa sagesse. Des voix s'élèvent alors, par conviction ou conformisme, pour appeler à son élection ou à sa réélection. Mais le mandat du Président ainsi investi de notre confiance s'achève en règle générale, dans un flot d'accusations et de critiques. Des voix s'élèvent alors, par conviction ou par conformisme, pour lui faire assumer, seul, la responsabilité de l'impuissance, des erreurs, du marasme, des déviations et des dépassements qui ont eu lieu dans le pays au cours de sa magistrature.

Telles sont les caractéristiques, à de rares exceptions près, qui ont marqué le parcours et le destin de la plupart de ceux qui ont assumé la responsabilité de la première charge du pays. Certains de ces hommes sont partis dans un silence relatif, d'autres ont laissé leur vie en guise de fin de mandat. Durant toutes ces étapes décisives et graves, les voix des opportunistes sont celles qui s'élèvent le plus haut, qu'il s'agisse des campagnes de glorification ou de celles de dénigrement. Dans toutes ces étapes, l'on constate systématiquement l'absence de tout débat sérieux sur l'évaluation du système de pouvoir établi depuis l'indépendance, de ses institutions, des programmes et des politiques suivies durant l'étape précédente dans la gestion du pays. Ou, plus justement, ce débat est délibérément éludé.

Si nous avions mené ces débats, nous aurions pu identifier les causes réelles de l'impuissance, des erreurs, du marasme, des déviations et des dépassements subis par notre pays.

Si ces débats avaient pu être menés, l'on se serait rendu compte que la part négative qui revient aux hommes qui se sont succédé à la Présidence est peut-être moins importante - que leur apport positif aurait pu être plus grand - si le système de pouvoir à la tête duquel ils ont été placés reposait sur des structures saines et si ses institutions exprimaient réellement la volonté du peuple. Autrement dit, si ces structures et institutions étaient démocratiques, et effectivement représentatives et efficientes.

De nombreuses voix commencent à s'élever aujourd'hui, par conviction ou par conformisme, avec les mêmes méthodes et les mêmes approches politiques antérieures, pour appeler le président de la République, le frère Abdelaziz Bouteflika, à se porter candidat pour un troisième mandat. Comme si l'Algérie n'avait besoin aujourd'hui de rien d'autre que de perpétuer la situation actuelle que tout un chacun connaît et sur laquelle je n'éprouve pas la nécessité de m'étendre. La majorité des Algériens s'en plaignent ou subissent amèrement. Ma conviction est que la prolongation du mandat du Président sans changement radical du système de pouvoir conduit le pays, au minimum, à une impuissance plus marquée à résoudre ses problèmes et à faire face aux grands défis qui l'attendent à l'intérieur et à l'extérieur. De même que l'intronisation d'un nouveau Président, quelles que soient ses qualités, sans changement radicale du système, conduira aux mêmes résultats.

Cette problématique est fondamentalement celle qui a dicté l'appel que j'ai signé avec les frères Hocine Aït Ahmed et Mouloud Hamrouche, au mois de septembre dernier et que certains ont qualifié d'initiative. En réalité, il s'agissait, en plus, d'une invitation à l'initiative adressée aux responsables et aux citoyens, individus et organisations et à tous ceux qui croient en l'impérieuse nécessité d'un changement démocratique et en la nécessité d'appeler à ce changement et d'agir pour le réaliser. Le problème central qui se pose aujourd'hui n'est pas, simplement, le choix d'un homme, capable de résoudre les problèmes du pays. Mais l'édification d'un système de gouvernement qui donne à tous les Algériens la possibilité d'apporter leurs contributions à la solution de ces problèmes.
 
jeudi 10 janvier 2008
  La dernière effronterie iranienne




08-01-2008
Les Afghans exercent une menace sérieuse sur les US(a) et font preuve d’une agressivité à leur égard tout à fait déraisonnable. Ils les combattent en Afghanistan et c’est répréhensible et punissable.

Les insurgés Irakiens témoignent d’une haine irrationnelle et d’une jalousie profonde des Étasuniens, ils les combattent en Irak. Ils méritent une sanction grave qui leur fera aimer les US(a).

Les Palestiniens tirent des roquettes artisanales sur Israël détenteur de bombes nucléaires et dotée de la quatrième force militaire au monde. Et s’ils mettent ainsi en péril l’existence de l’État sioniste, ce n’est pas parce qu’une poignée de Juifs occidentaux leur volent leur terre et détruisent leur société, c’est par anti-sémitisme atavique.
La communauté internationale a pris la sage mesure de ne pas contrarier le programme de leur extermination lente mais sûre par leur occupant.

Les Libanais ont rétorqué à une violation de leur territoire Sud par des soldats sionistes en les saisissant comme prisonniers de guerre. Au regard des mœurs occidentales, c’est une agression caractérisée qui a justifié 3 000 morts Libanais et la destruction de tout leur pays.

Les nations se sont entendues pour disposer de forces militaires sur le territoire libanais pour empêcher toute velléité de riposte lors des violations du territoire et de l’espace aérien libanais C’est une pure impudence et effronterie, quand ce n’est pas la haine du Juif, de rétorquer si un envahi répond à son envahisseur et occupant.

Des bateaux militaires étasuniens dans les eaux territoriales iraniennes, et des garde-côtes tentent de les dissuader ? Mais c’est un crime de haute rébellion contre l’ordre établi de la pax americana qui veut que les US(a) sont partout chez eux. D’autant plus grave qu’une curieuse coïncidence veuille que l’empereur Bush fils soit en déplacement dans la région.

Convergence des Causes
9 janvier 2008
 
 

AL-Moqawama (An V)

IRAK : VOYAGE AU CŒUR DE LA RÉSISTANCE

par Gilles Munier

(Afrique Asie – janvier 2008)

DE LA LÉGIMITÉ DE LA RÉSISTANCE

L’invasion de l’Irak était illégale au regard du droit international. Les Etats-Unis et leurs alliés – en tant que puissances occupantes - n’avaient le droit ni d’organiser des élections, ni de promulguer une nouvelle constitution, ni de favoriser le sectarisme et la partition. Les conventions de La Haye, de 1907 et de Genève de 1949, sont très claires à ce sujet.

La légitimité de la résistance irakienne s’appuie sur la Charte de Nations unies et de nombreux textes fondamentaux. Selon la déclaration de Genève sur le terrorisme de 1987, le peuple irakien a le droit de lutter contre l'occupation étrangère et son combat ne peut être confondu avec des actes de terrorisme international.

La résistance irakienne veut être reconnue comme la continuité de l’Etat irakien. Si elle l’emporte, ceux qui ont collaboré avec l’occupant peuvent être arrêtés, jugés. Des plaintes pour crimes de guerre et contre l’humanité seront déposées contre les dirigeants de la coalition. L’Etat irakien pourrait alors réclamer des compensations pour les destructions et les victimes de guerre. Les contrats signés sous l’occupation – notamment dans le secteur pétrolier – seraient considérés comme illégaux, avec pour conséquence le remboursement des sommes perçues par les sociétés étrangères.

Dresser un tableau exhaustif de la résistance armée tient de la gageure car elle regroupe des organisations qui n’existent parfois que le temps d’une revendication, changent de nom, fusionnent, scissionnent. On peut les classer par appartenance idéologique, quand elles ne la camouflent pas. Dans ce cas, elles sont baasistes, nationalistes arabes - baasistes dissidents, nassériens, aréfistes -, proches des Frères musulmans, panislamistes, ou communistes du PC-cadres. Mieux vaut se garder de les étiqueter trop vite, leur couleur changeant parfois au gré de recrutements et d’évènements. En revanche, ce qui est certain, c’est que le gros des combattants n’a aucune filiation politique précise, n’est motivé que par la lutte de libération, et que le nombre des djihadistes étrangers - monté en épingle par les Américains - n’est pas déterminant. Il représente, au plus, 5% des moudjahidin.

« Petits groupes »

Dans les mois qui suivirent la chute de Bagdad, une quarantaine d’organisations a revendiqué des actions armées, parmi lesquelles : le Commandement de la résistance et de la libération de l’Irak, le Front national pour la libération de l’Irak, la Brigade Farouk, les Organes politiques des médias du parti Baas, Eveil et Guerre sainte, Al Ansar, la Bannière noire, les Cellules du Djihad, l’Armée de libération irakienne, les Combattants de la Secte victorieuse, les Moudjahidin, la Brigade verte, l’Armée de Muhammad, les Drapeaux Blancs, Saraya al-Moudjahidin, le Mouvement Tête de Serpent, le Retour …etc…Les services de renseignement américains étaient incapables de suivre leurs activités autrement qu’en comptabilisant les attentats et les victimes.

Donald Rumsfeld a bien évidement refusé de parler de résistance. Il ne reconnaissait l’existence que de « petits groupes » d’attaquants baasistes, de Feddayin de Saddam ou de formations loyalistes décrites par Paul Wolfowitz comme les « derniers vestiges d’une cause agonisante ». L’armée US, disait-il, « avait la sympathie de la population, pas les éléments survivants du régime baasiste »… Mais fin 2003, quand le nombre des attaques dépassa officiellement la trentaine par jour, Rumsfeld dû avouer que la guerre serait « longue, dure, difficile, compliquée ».

La résistance irakienne n’a pas été créée par des intellectuels romantiques, mais par l’élite des Moukhabarat (services secrets) et de l’armée. Cela leur a permis de mettre la CIA en échec quand elle a propulsé Abou Moussab Al-Zarqaoui sur le devant de la scène. Quand les Américains se sont aperçu que les Irakiens rendaient les Forces spéciale US responsables des attentats sauvages et des décapitations filmées, Zarqaoui a été éliminé.

En cinq ans, les Américains n’ont pu percer ni la stratégie, ni démanteler les principales organisations de la résistance. Ils ont tué des centaines de milliers d’Irakiens (un sondage effectué par l’ORB, un institut de sondage qui a pour client l’OTAN estime à plus de 1 200 000 le nombre des victimes de la guerre), ils détiennent officiellement aux camps Bucca et Cropper plus de 26 000 prisonniers politiques - dont 950 enfants – sans réduction conséquente du soutien apporté aux Moudjahidin. Muwafaq Al-Rubaï, directeur du Conseil de sécurité irakien expliquait sérieusement que Saddam Hussein avait « inoculé un virus incurable » dans l’esprit des Irakiens qui les empêchait d’accepter l’occupation et le gouvernement actuel.

Supplétifs tribaux

S’inspirant des méthodes expérimentées par les colonels Trinquier et Lacheroy pendant la guerre d’Algérie, le Général Petraeus - commandant en chef des forces de la coalition - a créé des corps de supplétifs tribaux pour lutter contre Al-Qaïda. Le plus connu est celui d’Al-Anbar commandé jusqu’à son assassinat, le 14 septembre 2007, par le Cheikh Abou Risha, arrêté sous Saddam Hussein pour banditisme sur l’autoroute Bagdad-Amman ! Dans les villes sont nés les « Groupes de citoyens locaux concernés ». Ils auraient dépassé les 70 000 membres, au point d’effrayer Nouri Al Maliki qui sait bien que la majorité d’entre eux l’accuse d’être un agent iranien. Pire pour lui et les Brigades Badr, une pétition signée par 300 000 chiites, parmi lesquels 14 chefs religieux et 600 chefs de tribu, réclame une commission d’enquête de l’ONU sur les crimes commis en Irak par les Iraniens et leurs agents.

A chaque changement de stratégie américaine, la résistance s’adapte. Des branches des Brigades de la Révolution de 1920 et de l’Armée islamique en Irak ont infiltré les supplétifs, tandis que d’autres s’emploient à éliminer ceux trop liés aux Etats-Unis. On en est arrivé au point où l’armée américaine laisse des groupes de résistance s’emparer de quartiers sans interférer dans les combats. Au poker menteur, Petraeus est perdant d’avance.

Fronts de libération prépositionnés

L’étape la plus importante franchie ces derniers mois a été la création de fronts de libération prépositionné dans la perspective d’un retrait conséquent des troupes d’occupation. Ils sont quatre d’inégale importance et plus ou moins unis :

§ L’Etat islamique d’Irak, fondé le 15 octobre 2006 sur la base d’un serment prononcé en trempant ses doigts dans une coupe remplie de parfum, une pratique appelée Hilf Al-Moutaîyabin, d’origine pré islamique avalisée par le Prophète Muhammad. Il comprend 7 organisations dont Al Qaïda en Irak, mais n’a rien à voir avec ben Laden. Son chef, Abou Omar Al-Bagdadi, propose de faire de l’Irak un Etat régi par la Charia et de rétablir le califat.

§ Le Front du Djihad et du Changement avec 8 organisations dont les Brigades de la Révolution de 1920. Créé le 7 septembre 2007, il se veut indépendant de tout parti politique, prône l’unification de la résistance et le recours à la Charia pour régler les différents politiques, parfois sanglants.

§ Le Haut commandement du Djihad et de la Libération, constitué le 2 octobre 2007, sous la présidence d’Izzat Ibrahim Al Douri - chef du Baas clandestin - regroupe 22 organisations. Ses membres sont issus des diverses composantes ethniques et religieuses du pays, baasistes ou non. Il propose la formation d’une assemblée consultative qui nommera un gouvernement transitoire. Des élections législatives permettront ensuite aux Irakiens de choisir librement leurs représentants.

§ Dernier né : le Conseil politique de la Résistance Irakienne composé, en octobre 2007, du Front pour le Jihad et la Réforme - qui comprenait Ansar Al Sunna, l’Armée islamique en Irak, et l’Armée des moudjahidine -, du Front pour la Résistance Islamique en Irak, et du mouvement Hamas – Irak. Il veut un Irak gouverné par des technocrates non sectaires.

Les fronts sont d’accord sur l’essentiel : le départ des Américains, des Iraniens et de leurs alliés. L’Etat islamique d’Irak mis à part, ce qui les divise depuis l’exécution de Saddam Hussein, tient plus à des ambitions personnelles qu’à leur vision de l’avenir de l’Irak. Les excès sectaires d’Al Qaïda en Irak, à l’origine du basculement de chefs de tribu dans l’orbite américaine, en ont fait la cible des organisations nationalistes et islamiques qui exècrent le wahhabisme.

La constitution attendue d’un « Conseil national de la résistance » n’est pas encore à l’ordre du jour. Qui le reconnaîtrait ? Certains pays arabes aident la résistance, mais cela ne va pas très loin. Hareth Al-Dari – chef du Comité des oulémas musulmans - est réfugié en Jordanie. Damas demeure un lieu de passage privilégié. Izzat Ibrahim aurait été aperçu au Yémen, en Arabie et au Caire.

Quel que soit le scénario choisi par George Bush, Nouri Al-Maliki et ses alliés ont des soucis à se faire. Comme le disait dernièrement un dirigeant de l’Armée islamique en Irak : « L’Irak est doublement occupé. Quand nous en aurons fini avec Al Qaïda et les Américains, nous nous occuperons des Iraniens et de leurs laquais ».
 
mardi 8 janvier 2008
  Qui sont ces néoconservateurs qui gouvernent l'Amérique?
par Nathanael Genet

"On dit souvent que le programme de G.W. Bush [...] est élaboré par un groupe de néoconservateurs. Mais le terme de néoconservateurs ne convient pas du tout ici, comme l'a du resté remarqué l'un d'eux : "les néoconservateurs ne veulent en rien défendre l'ordre des choses tel qu'il est, fondé sur la hiérarchie, la tradition et une vue pessimiste de la nature humaine" (Francis Fukuyama dans le Wall Street Journal du 24 décembre 2002). Ces penseurs [néoconservateurs] croient à la possibilité d'améliorer radicalement l'homme et la société, et ils s'engagent activement dans ce processus. Mais dans ce cas, ils ne méritent pas le terme de conservateurs - ni de paléo -
ni de - néo -. Un mot plus juste pour les désigner serait néofondamentalistes : fondamentalistes car ils se réclament d'un Bien absolu qu'ils veulent imposer à tous ; néo parce que ce Bien est constitué, non plus par Dieu, mais par les valeurs de la démocratie libérale."
Tzvetan Todorov,
Le nouveau désordre mondial (Ed. Robert Laffont)
(Petit ouvrage d'une centaine de pages dont nous vous recommandons la lecture)


Brève introduction

Cette page est destinée à éclairer le lecteur quant au fait que les chimères de révolution permanente, de chamboulement de l'ordre ancien, de société idéale qui ont jadis fait partie de la panoplie dialectique du parfait révolutionnaire bolchévique et marxiste ne sont pas mortes à la "Chute du mur", mais ont simplement changé de véhicule. Lorsque la Lada soviétique est tombée en panne en 1989, ces idéaux se sont engouffrés dans le rutilant Hummer américain, passant d'un Empire à l'autre avec le même but final, soit un monde idéal de paix des hommes et de bonheur pour tous. Les néoconservateurs qui gouvernent aujourd'hui à Washington (et depuis mai 2007, à Paris) ne sont ni plus ni moins que les héritiers de Marx et Hegel. Les chrétiens doivent en être conscients.


Néo... conservateurs?

Il y a déjà maintenant plus de quinze ans, dans un intéressant pensum s’inscrivant dans la foulée de l’effondrement du bloc soviétique, l’intellectuel néoconservateur – et athée - américain Francis Fukuyama, décretait ni plus ni moins que la « fin de l’histoire ». Dans sa thèse, qui reprenait une lecture hegelienne –voire marxiste- (donc pas très nouvelle) de l’histoire, Fukuyama défendait l’idée selon laquelle tous les événements qui la constituait tendaient tant bien que mal vers un seul but, à savoir l’avènement d’une démocratie libérale globale, véritable pendant capitaliste de la « société idéale socialiste » jadis annoncée par Karl Marx, une utopie qui avait été théoriquement enterrée quelques mois plus tôt. Au fil des pages, Fukuyama avait tenté de démontrer que les guerres, les révolutions, les catastrophes et autres pandémies n’avaient, au plus, marquées que de simples ralentissments ou reculs momentanés dans l’inexorable marche en avant des nations de tous les continents vers l’idéal de la démocratie libérale mondiale et universaliste. Le lot de chaque peuple avait été, selon Fukuyama, de connaître successivement une série d’ordres primitifs durant les siècles, tribalité, féodalité, monarchie, totalitarisme, le tout débouchant finalement, selon lui, vers un consensus mondial en faveur de la démocratie libérale. Cette césure historique, cette « fin de l’histoire » marquait en quelque sorte, et pour résumer sa pensée, l’avènement d’une ère nouvelle, d’une sorte de « siècle éternel » de prospérité et de paix terrestres, qui succèderait définitivement à tous les ordres anciens qui l’avaient précédés.Ces propos faisaient échos avec ceux du président américain de l’époque, George Herbert Walker Bush qui, un certain 11 septembre 1990 - l’autre 11 septembre -, avait annoncé devant le Congrès américain la naissance d’un nouvel ordre mondial, où, je cite, "tous les pays du monde, qu’ils fussent à l’Est ou à l’Ouest, au Nord ou au Sud, pourraient prospérer et vivre en harmonie, une voie insaisissable menant à la paix et qu’une centaine de générations avaient jusqu’alors recherchées". Pour Bush, comme pour Fukuyama et ses pairs néconservateurs, cette nouvelle ère qui s’ouvrait après la chute du mur de Berlin devait être "moins menacée par la terreur, plus forte dans la recherche de la justice et plus sûre dans la quête de la paix". Quinze ans après toutes ces affirmations optimistes, et six ans après les événements tragiques du 11 septembre 2001 (qui furent peut-être une "réponse islamique" à l'autre 11 septembre, celui de 1990 précité), nous ne pouvons que simplement constater qu’elles étaient erronées, ce qui consacre définitivement - et sans même parler des résultats catastrophiques dans tous les domaines de l’administration néoconservatrice de George W. Bush - l’échec total de cette lecture prétentieuse de l’histoire. Certes, le train de la mondialisation n’est pas près de s’arrêter, mais l’enthousiasme planétaire qu’avaient engendré la "chute du mur" et l’effondrement soviétique, a cédé la place à la méfiance, voire à l’hostilité d’une part importante des populations. Quinze après l’avènement de la domination exclusive du monde par des Etats-Unis que le ministre français des Affaires étrangères Hubert Védrine avait qualifiés, en 1999, d'hyperpuissance, le constat est clair : nous ne vivons pas, et de loin, dans un monde plus sûr, plus juste et plus prospère. Fukuyama et ses correligionnaires du matérialisme historique se sont donc trompés, l’histoire ne s’est pas arrêté avec l'effondrement de l'Empire soviétique, comme elle ne s’était pas plus arrêtée au soir de la victoire de Bonaparte à Iéna, en 1806, succès militaire et géostratégique qui devait consacrer, selon Hegel, la fin du monde féodal primitif et l’avènement d’un Etat universel et homogène, triomphe ultime des "lumières" sur un ordre ancien. On sait ce qu’il advint, moins de dix ans après Iéna, de l’Empire "universel" napoléonien. Si il n’est pas contestable que les peuples, ou plutôt les individus qui les composent, aspirent depuis la nuit des temps à la liberté, et si nous ne pouvons que nous réjouir de la chute de tel ou tel système dictatorial et liberticide, il ne faut pas que nous tombions pour autant dans l’illusion que tout cela procède d’un mouvement qui trouverait sa finalité dans une utopique démocratie libérale mondiale. Nous vivons encore, en Europe et en Amérique du nord, dans des pays plus ou moins prospères et démocratiques mais, contrairement à ce que Fukuyama et ceux qui partagent ses vues mondialistes pensent, il n’y a rien de définitivement acquis. L’histoire est vivante. Nos sociétés, qui ne peuvent se figer à un niveau de développement donné, ne peuvent donc qu’évoluer, dans un sens ou dans l’autre. Nous n’avons pas franchis la ligne d’arrivée au moment de la chute du mur de Berlin. Aussi, il serait dangereux pour notre survie, de céder à la douce et confortable illusion que nous pouvons faire du « surplace » en attendant que les autres peuples moins avancés, du tiers-monde notamment, nous rejoignent pour ne plus former qu’une grande communauté universelle égalitaire, prospère et pacifique.

De plus, l'actuel processus de mondialisation qui tend vers l'abolition de l'ordre ancien - les nations - est, comme la Bible nous l'apprend, le véhicule de l'ambition de Satan qui, par tout une série de miracles (comme l'illusion d'une fausse paix mondiale) et autres prodiges mensongers, s'apprête à tromper les hommes pour capter leur adoration, allant jusqu'à s'asseoir dans le Temple de Dieu (à Jérusalem), et se faire passer pour dieu même (2 Th 2:2-4, Ap 13). Les promoteurs de l'universalisme et du chamboulement de l'ordre ancien judéo-chrétien ne sont de fait que les agents - conscients ou inconscients - de ce projet satanique.

Mais, pour revenir à la question posée, qui sont ces néoconservateurs qui gouvernent l'Amérique et, depuis mai 2007, la France?

En 2000, George W. Bush se présenta comme chrétien "né de nouveau". Cela séduit les électeurs évangéliques qui votèrent en masse en sa faveur lors de l'élection présidentielle qui eut lieu cette année-là. Dans son entourage, on trouvait nombre de néoconservateurs, qui intègrèrent son gouvernement en janvier 2001, ce qui ne dérangea pas les chrétiens outre-mesure. Le problème est que les néoconservateurs sont des "disciples" non pas de Jésus-Christ, comme le sont les paléoconservateurs, mais plus modestement de Léo Strauss, un universitaire trotskyste (marxiste) des années 60, adèpte entre autres lubies, de la révolution permanente.

Les néoconservateurs, notamment ceux du
Project for a New American Century (Projet pour un nouveau siècle américain), rêvaient de Nouvel Ordre Mondial, de "Pax Americana" planétaire, soit la consolidation de l'Empire Américain, le tout imposé si nécessaire - la fin, selon eux, justifiant les moyens - par des guerres "préventives" aussi aggressives qu'illégales et menées au nom de la promotion de la liberté et de la démocratie (comme ce sera le cas en Irak en 2003). Beaucoup de chrétiens furent séduit par le terme "néoconservateur", aidés en cela par leurs leaders, notamment les pharisiens de la Christian Coalition, qui soutinrent aveuglement la candidature de Bush en 2000. Pour 2008, la Christian Coalition, emmenée par le "pasteur" Pat Robertson, est en train de se ranger derrière la bannière (forcément étoilée!) du pro-avortement et pro-mariage gay Rudy Giuliani!

Nombre de chrétiens américains sincèrent pensaient en 2000 que ces intellectuels néoconservateurs - pour la plupart pourtant athées déclarés - permettraient, surtout après huit ans d'administration Clinton, un retour en grâce dans le gouvernement des valeurs conservatrices classiques, telles que les valeurs morales (avortement etc.), l'éthique, un gouvernement minimum, des baisses d'impôt etc. Cela relevait hélas en fait d'une sérieuse erreur de casting, les néoconservateurs - comme cela se vérifie depuis 2001 qu'ils sont au pouvoir - sont à contrario adeptes du chamboulement de l'ordre moral classique promottant, pour la plupart, le mariage gay, ainsi que l'étatisme et le "Welfarisme", c'est-à-dire le transfert d'un maximum de pouvoirs des Etats de l'Union vers le gouvernement fédéral de Washington, ainsi que des déficits budgétaires massifs, financés par l'endettement du pays et la planche à billet qu'il fallut sérieusement "faire chauffer" pour produire assez de monnaie pour couvrir toutes les dépenses que la seule fiscalité des contribuables ne pourraient pas parvenir à soutenir. Cela résultat en une dévaluation chronique du billet vert depuis 2001 (confirmée par la montée vertigineuse du cours de l'or depuis cette date), et par une dette publique atteignant désormais des sommets totalement gigantesques. Une dette totalement hors de contrôle.

En France, la révolution permanente trotskiste remise au goût du jour par les intellos athées de Chicago est également en vogue. Pas un jour ne se passe sans que le néoconservateur Sakorzy n'annonce tel chamboullement protocolaire, telle création de telle énième commission chargée de telle grande réforme gadget, ou qu'on apprenne que tel leader du parti socialiste (l'opposition) a été récemment approché pour intégrer le gouvernement "d'ouverture". Sarkozy, comme ses correligionnaires d'outre-Altantique, n'est pas un conservateur, c'est un adepte des recettes qui ont échouées en URSS - tel que le chamboulement de l'ordre ancien dans le but d'instaurer une société idéale - et que l'on nous présente comme "novatrices".

Comme le dit si justement Tzvetan Todorov dans son livre que nous vous recommandons vivement "Le nouveau désordre mondial" (aux éditions Robert Laffont) :

En fait de néoconservateurs on devrait plus logiquement parler de "néofondamentalistes" :

fondamentalistes : car ils se réclament d'un Bien absolu qu'ils veulent imposer à tous

néo : parce que ce Bien est constitué, non plus par Dieu, mais par les valeurs de la démocratie libérale."
Ne nous laissons pas piéger par ces imposteurs.
 
lundi 7 janvier 2008
  Le système électoral américain
LE système électoral américain est gouverné par l'histoire et par la géographie. Pour en comprendre la complexité, il faut se reporter à 1787, lorsque la Constitution a dû mettre en place un processus qui convenait à 13 colonies disparates, sans grands moyens de communication et entre lesquelles l'on se déplaçait à cheval. À l'époque, la politique était pratiquée par ceux qui en avaient le temps et les moyens, mais la révolution américaine avait érigé en principe sacré la préséance de l'individu sur l'État. Au cours des 220 années qui ont suivi, le pays s'est agrandi de 37 États et de 296 millions de personnes mais, comme la plupart des institutions américaines, la façon d'élire les dirigeants est restée fidèle à la méthode définie par les Pères fondateurs. À quelques amendements près, elle a peu changé depuis lors. Les ajouts les plus significatifs ont été l'attribution du droit de vote à ceux qui étaient précédemment en esclavage, en 1870, et aux femmes, en 1920. En 1971, la majorité civique a été abaissée à 18 ans.
L'élection du président L'élection du Président des États-Unis illustre particulièrement l'héritage du XVIIIe siècle. Il est élu au suffrage indirect, par un collège de grands électeurs. Cette décision est le fruit d'un débat des Pères fondateurs et de leur souci de respecter l'équilibre entre 13 États de tailles différentes, et abritant 4 millions de personnes dispersées sur un territoire immense pour les normes de l'époque.Deux projets étaient à l'origine en concurrence : faire élire le président soit par le Congrès, soit par les gouverneurs des États. L'un et l'autre ont été abandonnés, car ils étaient constitutifs de conflits d'intérêt entre le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif, ou bien entre le pouvoir fédéral et le pouvoir local.Les rédacteurs de la Constitution ont alors imaginé un collège électoral comprenant autant de membres qu'il y a de parle- mentaires. Chaque État désigne un délégué pour chacun de ses sénateurs et de ses représentants. Le nombre des sénateurs est constant, deux par État, le nombre des représentants proportionnel à la population. Le District of Columbia, autrement dit la capitale, Washington, qui n'a pas de représentation parlementaire, s'est vu attribuer trois grands électeurs par le 23e amendement de la Constitution, en 1961. Ce système permet d'assurer la représentation de chaque État tout en tenant compte de son poids dans la nation. Ainsi actuellement, l'État le moins peuplé des États-Unis, le Wyoming (qui compte à peine plus de 500 000 habitants), a trois voix au collège électoral : l'équivalent de ses deux sénateurs et de son unique représentant, alors que l'État le plus peuplé, la Californie (36 millions d'habitants) en a 55. Si l'élection se faisait au suffrage universel, comme certains le suggèrent, surtout à l'extérieur des États-Unis, cela voudrait dire que les petits États seraient pratiquement rayés de la carte électorale et que leurs intérêts ne seraient pas pris en compte par les candidats.Ce système est un pur produit du fédéralisme. Son effet pervers est bien connu : un candidat peut être élu sans avoir remporté le vote populaire, comme cela s'est produit en 2000, pour la troisième fois dans l'histoire des États-Unis.Les rédacteurs de la Constitution n'avaient pas ce genre d'accident en tête. Le suffrage universel n'y est même pas mentionné. En revanche les prérogatives des États sont soigneusement établies : chacun d'entre eux peut désigner ses grands électeurs comme bon lui semble. Pendant une bonne partie du XIXe siècle, dans de nombreux États, les législatures, autrement dit les parlements locaux, désignaient directement les grands électeurs. Aujourd'hui, l'usage est qu'ils soient choisis par les deux grands partis, mais ils doivent en principe se conformer au vote populaire. Certains États pratiquent le système winner takes all qui attribue l'ensemble des délégués au candidat qui a la majorité dans l'État ; d'autres répartissent leurs délégués proportionnellement au nombre de voix recueillies par chaque candidat. Cette disposition complique considérablement le calcul des résultats. Le winner takes all revient à effacer le vote d'une partie des électeurs, par exemple en Californie où il est pratiqué, la dernière élection présidentielle n'a donné que des délégués démocrates alors que dans l'État 5,5 millions de personnes ont voté pour le candidat républicain, qui a remporté 22 des 55 circonscriptions.
Le calendrier électoral La Constitution se contente d'exiger que l'élection du président et des membres du Congrès aient lieu le même jour dans tout le pays. L'usage a imposé le premier mardi après le premier lundi de novembre. Cette période de l'année correspond à la fin des moissons, le moment où, au XVIIIe siècle, les hommes devenaient disponibles pour des activités politiques. Le mardi était le jour qui permettait de laisser un battement après les dévotions dominicales ; il ne devait pas tomber le jour de la fête de la Toussaint, d'où les contorsions autour du premier lundi du mois.Élus au mois de novembre, le président et le Congrès ne prennent leurs fonctions qu'en janvier. Ce délai est également un héritage des contraintes du XVIIIe siècle. Les grands électeurs devaient apporter les résultats du scrutin à cheval dans la capitale, ce qu'ils faisaient quand ils en avaient le temps.Les grands électeurs se réunissent le lundi qui suit le premier mercredi de décembre, pour procéder à l'élection du président. Dans 38 des États, ils doivent se conformer au scrutin populaire, dans les autres, ils ne sont pas formellement obligés de le respecter. Il est arrivé qu'un grand électeur ne vote pas pour le candidat du parti qui l'a mandaté, mais cela n'a jamais modifié le résultat de l'élection. Chaque État envoie à Washington le décompte du vote des grands électeurs dans une enveloppe scellée, déposée dans une boite en bois. Elle est remise au président du Sénat, autrement dit au vice-président des États-Unis, lors d'une séance solennelle qui réunit les deux Chambres, au début du mois de janvier. Les votes de chaque État sont proclamés et peuvent être contestés par un sénateur en exercice. En 2000, aucune voix ne s'est élevée pour revenir sur une élection tranchée par la Cour suprême. En revanche, en 2004, la sénatrice de Californie Barbara Boxer a contesté la validité du décompte de l'Ohio qui avait assuré la victoire de George W. Bush. Après une brève interruption de séance, la contestation a été déclarée non fondée. C'est seulement après ce décompte que le vainqueur est officiellement proclamé.Si deux candidats ont le même nombre de délégués, l'élection est départagée par un vote de la Chambre des représentants, ce qui est arrivé en 1824 : après une élection triangulaire compliquée, John Quincy Adams a été choisi comme président alors que l'un de ses concurrents avait remporté le vote populaire et l'autre le collège électoral ! Cette disposition est contenue dans le douzième amendement de la Constitution adopté en 1804. À l'origine, le candidat qui rassemblait le plus de grands électeurs devenait président et le second vice-président. Dès la deuxième élection présidentielle, le système a trouvé ses limites : Thomas Jefferson et Aaron Burr étant arrivés ex æquo, il a fallu imaginer un moyen de les départager.L'épilogue de l'élection de 2000 est unique dans l'histoire des États-Unis, en ce sens que le sort du pouvoir exécutif a été tranché par le pouvoir judiciaire. Trois jours après le scrutin du 7 novembre, la bataille était déjà engagée devant les tribunaux pour savoir si les quelques centaines de voix d'avance que le dernier recompte donnait à George W. Bush devait être validées ou contestées. L'affaire s'est promenée pendant cinq semaines devant divers tribunaux avant que la Cour suprême des États-Unis ne rende un arrêt décisif le 12 décembre. Il est possible de prêter aux juges des arrière-pensées politiques, mais leur argumentation porte sur un point de droit constitutionnel précis : dans l'arrêt Bush versus Al Gore, la Cour statue que le recompte partiel des bulletins de Floride demandé par Albert Arnold Gore viole la clause de l'equal protection définie par le 14e amendement de la Constitution et qui garantit un traitement égal devant la loi à tous les citoyens. La Cour a estimé, par 5 voix contre 4, qu'en recomptant certains bulletins plutôt que d'autres et en appliquant des méthodes de décompte subjectives, la loi ne traitait pas de manière égale tous les citoyens qui avaient voté. Cet arrêt est entré dans l'histoire pour ses conséquences politiques, mais il constitue également une jurisprudence qui ouvre la voie à de nombreuses contestations électorales : par exemple une circonscription qui ne possède pas un matériel de vote aussi performant que la circonscription voisine peut contester l'élection au nom de la clause de l'equal protection.Un bipartisme aménagé
L’élection présidentielle fonctionne en apparence sur le bipartisme. En fait les bulletins comportent une dizaine, voire davantage, de noms. Pour être candidat, il faut d’abord remplir les conditions exigées par la Constitution : avoir plus de 35 ans, être citoyen des États-Unis de naissance et avoir résidé plus de 14 ans dans le pays. La clause de la citoyenneté de naissance a été adoptée, à l’origine, pour éviter un hold-up sur la présidence par des puissances étrangères. Pour que cette clause soit abrogée, ce qui est parfois évoqué, il faudrait un amendement de la Constitution. Il devrait être voté par les deux chambres à une majorité des deux tiers et ratifié par les trois quarts des États. L’adoption d’un amendement prend en moyenne dix ans, ce qui rend vaines les spéculations sur une éventuelle accession d’Arnold Schwarzenegger à la Maison-Blanche ! Chaque État établit des conditions spécifiques pour avoir accès au ballot, c’est-à-dire aux listes de candidats ; il s’agit généralement d’un nombre variable de signatures de personnes inscrites sur les listes électorales et d’une caution financière. Avoir recueilli un pourcentage de 3 % à 5 % des voix à l’élection précédente donne un accès quasi automatique à la candidature. Certains candidats ne figurent que sur le ballot de quelques États.Il existe également une pratique folklorique dite du write-in : chaque électeur peut écrire à la main sur son bulletin le nom du candidat qu’il souhaiterait voir à la Maison-Blanche. Dans le cas d’un vote électronique un clavier est prévu à cet effet. Les trois write-in les plus courants sont : moi, Jésus-Christ et Mickey Mouse.La procédure de l’élection du président est généralement reproduite à l’échelle locale pour celle des gouverneurs. Ils sont également élus pour 4 ans, et peuvent accomplir un ou deux mandats selon la constitution de leur État.En ce qui concerne le Congrès, la Chambre des représentants est renouvelée tous les deux ans, et le Sénat par tiers tous les deux ans également. Ces élections coïncident soit avec la présidentielle, soit avec la mi-mandat, d'où leur nom de mid-terms. Cela veut dire en clair que le pays est constamment en campagne et doit organiser des élections gigantesques à une fréquence accablante.
Peut-il y avoir un système de vote fiable ?
Après le chaos de l’an 2000, le Congrès a voté la loi Help America Vote Act, connue sous le nom d’HAVA, qui débloquait près de 4 milliards de dollars sur 3 ans pour améliorer le système de vote aux États-Unis. Mais, comme l’ont démontré les deux scrutins qui se sont déroulés depuis lors, le problème ne tient pas qu’à l’argent.Ce qui s’est passé lors de l’élection présidentielle en 2000 est une sorte d’accident électoral. Si les deux candidats ne s’étaient pas retrouvés, par un extraordinaire hasard, avec quelques centaines de voix d’écart, personne ne se serait aperçu que certains bulletins prêtaient à confusion. Il est d’ailleurs probable que, si l’on avait examiné de près l’ensemble des opérations de votes, on serait tombé sur des centaines de dérapages.La faiblesse du système électoral américain tient à sa nature même : les électeurs votent sur une vingtaine de questions à la fois. Outre les grandes élections nationales, comme la présidentielle ou le renouvellement du Congrès, il y a les élections locales du gouverneur et du parlement de l’État. De surcroît, de nombreuses fonctions sont électives comme les juges, les shérifs ou le président de la Commission scolaire. Il faut enfin ajouter les référendums locaux qui portent parfois sur des questions cruciales comme l’immigration, et parfois sur d’autres qui le sont moins comme par exemple la cueillette des fruits sauvages dans les parcs nationaux (sic !). Il est impossible de répartir ces votes sur plusieurs scrutins car il y a déjà des élections tous les deux ans, voire tous les ans, lorsque les élections locales tombent en années impaires. Les électeurs sont donc condamnés à se battre avec des systèmes de vote à choix multiples.Les punching machines, les machines perforeuses responsables du recomptage de la Floride ont été définitivement mises au rancart. Les machines électroniques qui les ont remplacées n’ont pas rempli tous les espoirs qui étaient mis dans la technologie. Elles fonctionnent sur le même mode que les distributeurs de billets, en touchant du doigt un écran. Elles assurent aujourd’hui 30 % des opérations de vote, et ont généré lors des dernières élections des problèmes dans 25 des 50 États. Le premier problème tient à l’informatique : les machines ne démarrant pas ou devenant folles. Ainsi, dans un comté de l’Arkansas, les votes ont été enregistrés trois fois. Il arrive que les employés des bureaux de vote, qui sont souvent des retraités, ne maîtrisent pas la technique. Les électeurs eux-mêmes sont parfois déroutés par ces innovations, quoique les États ne ménagent pas les efforts pour les mettre à niveau : en 2004, en Floride, des machines à voter avaient été installées dans les églises des quartiers défavorisés pour que les fidèles puissent s’entraîner sous la direction du pasteur.Mais le principal reproche fait aux machines électroniques est que l’électeur n’a pas la preuve tangible que son vote a bien été enregistré. Le Congrès travaille sur une loi qui ferait obligation de fournir un reçu portant le nom de l’électeur et son choix, mais les deux chambres n’ont pas encore réussi à s’entendre sur un texte.
Un système incroyablement laxisteUn autre facteur de complication est le fait que les États, et même les comtés, ont le droit de réglementer les opérations de vote, à condition de ne pas contredire la loi fédérale. Les uns et les autres ont également à cœur de ne pas trop contrarier les électeurs. Les procédures d’inscription sur les listes électorales sont incroyablement laxistes. On peut s’inscrire à peu près n’importe où. Les deux grands partis procèdent à de grandes opérations de rabattage des électeurs sur le parking des supermarchés, sur les campus ou à la sortie des stades. Il suffit que ceux qui opèrent soient assermentés, et qu’ils transmettent ensuite les inscriptions à la Commission électorale. Il y a forcément des déperditions en cours de route. Beaucoup de ceux qui votent pour la première fois, ou qui ont changé leur inscription, ne se retrouvent pas sur les listes électorales le jour du scrutin. Pour parer à ce genre d’erreur, la loi HAVA a institué ce que l’on appelle le vote par provision. Un électeur dont le nom ne figure pas sur les listes du bureau dans lequel il se présente peut néanmoins voter. La validité de son vote est examinée par une commission dans les 7 jours qui suivent le scrutin. Lors de l’élection présidentielle de 2004, on a enregistré 1,6 million de votes par provision, dont les deux tiers ont été reconnus valables. Ce qui veut dire que le système et les électeurs s’étaient trompés un million de fois dans le premier cas et plus d’un demi-million de fois dans le second !Lors de cette même élection, la participation a été de 64 %, ce qui est un taux exceptionnel aux États-Unis. Pourtant, il n’y a guère d’excuse pour ne pas voter. Trent-et-un États ont d’ailleurs adopté une loi qui s’appelle no excuse, ce qui veut dire que l’on peut voter soit par correspondance, soit avant l’élection sans avoir à fournir le moindre motif. Certains États ouvrent les opérations de vote jusqu’à 6 semaines avant le jour officiel de l’élection, les électeurs peuvent se présenter pour voter dans divers endroits ou envoyer leur bulletin par la poste. Les représentants des partis politiques peuvent aussi assurer la collecte des votes par correspondance et les remettre aux bureaux de vote. Dans tous les États de l’Ouest, le vote anticipé ou par correspondance est très répandu à cause des distances. Un État, l’Oregon, a même institué le vote par correspondance pour tout le monde.Le respect des droits individuels entraîne l’un des aspects les plus surprenants du système : les électeurs ne sont que modérément tenus de s’identifier. Depuis la loi HAVA, ils doivent donner une preuve de leur identité lors de leur première inscription. Au moment de voter, une vingtaine d’États demandent aux électeurs une pièce d’identité, et dans 7 États seulement celle-ci doit comporter une photographie. Le document réclamé va de la facture d’électricité au permis de conduire. Il n’existe pas aux États-Unis de pièce d’identité nationale. Prenons un exemple, celui de l’Alabama où, comme dans beaucoup d’autres États, le permis de pêche est admis comme pièce d’identité : pour en obtenir un, il suffit d’en faire la demande sur internet. C’est la carte bancaire utilisée pour payer les droits qui sert d’identification.De même, il n’y a pas de contrôle de la nationalité de ceux qui votent. L’Arizona, qui abrite de nombreux immigrants en situation irrégulière, a vainement tenté d’instaurer cette vérification. Le système repose sur la dissuasion : voter sans en avoir le droit est un crime fédéral, qui peut entraîner jusqu’à dix ans de prison, mais les vérifications sont extrêmement rares.
Le syndrome de « l’élection volée »
Depuis le recompte et la conclusion judiciaire de l’élection de 2000, les Américains ont perdu confiance dans leur système électoral. Rien de ce que font les États, ou le gouvernement fédéral, ne semble pouvoir rassurer les électeurs. Internet est plein d’histoires de complots destinés à spolier le vrai vainqueur. La création d’une commission indépendante présidée à l’origine par Gerald Rudolf Ford Jr. et Jimmy Carter ne fait que renforcer la méfiance, dans la mesure où le travail de cette commission fait ressortir de multiples irrégularités. Beaucoup sont commises de bonne foi, mais il y a une vieille tradition, dans les deux partis, qui consiste à exploiter toutes les failles du système. Les électeurs, comme nous l’avons vu, ne se soumettent pas volontiers aux contraintes de réglementation des opérations de vote. Les États qui ont voulu instaurer des contrôles pour vérifier la nationalité, ou même l’identité des électeurs ont été traînés en justice par des organisations de défense des libertés civiques. La présidente de la Ligue des électrices a, par exemple, décrété qu’il s’agissait d’une « pratique odieuse ».L’élection de 2008 connaîtra vraisemblablement les mêmes psychodrames que les précédentes, et la Commission électorale s’apprête déjà à appliquer sa philosophie de fonctionnement : ne pas s’émouvoir tant que la marge d’erreur ne dépasse pas la marge de la victoire d’un candidat !
 
  Ambitions anglo-américaines : derrière l’assassinat de Benazir Bhutto et la déstabilisation du Pakistan



On sait depuis des mois que l’administration Bush-Cheney et leurs alliés ont manoeuvré pour renforcer leur contrôle politique sur le Pakistan, pavant la voie à l’expansion et à l’enracinement de la « guerre contre le terrorisme » dans la région. En fait cela simplifie les options de Bush - Cheney.
Pour semer le Chaos, un prétexte
« Apporter la démocratie au monde musulman » c’est la rhétorique Orwellienne utilisée pour masquer l’utilisation par Bush-Cheney de la pression et de la force, leur tentative dramatique de modifier le gouvernement pakistanais pour en faire une coalition Bhutto/Sharif-Musharraf, et les plans en coulisse pour une intervention militaire.
Différents plans de déstabilisation américains, connus de responsables et d’analystes, proposaient de renverser le pouvoir militaire au Pakistan.
L’assassinat de Bhutto semble avoir été anticipé. On a même rapporté qu’il y avait eu des « bavardages » parmi les responsables US sur de possibles assassinats, soit de Pervez Musharraf soit de Benazir Bhutto, bien avant que les tentatives récentes n’aient eu lieu.
Comme Jeremy Page l’a succinctement résumé dans son article « Qui a tué Benazir Bhutto ? » Les principaux suspects sont :
1)« des militants pakistanais et étrangers islamistes qui voyaient en elle une hérétique et un larbin des américains » et 2) L’ISI (Inter-Services Intelligence services secrets pakistanais ndlt), en fait une branche de la CIA. Le mari de Bhutto Asif Ali Zardari a accusé l’ISI d’avoir été impliqué dans l’attaque d’octobre.
L’assassinat de Bhutto a été comme prévu imputé à « Al Qaeda » sans qu’on mentionne le fait qu’Al Qaeda elle- même est une opération des services de renseignements anglo américains.
L’article de Page a été l’un des premiers à nommer l’homme qui a maintenant été visé comme étant le principal suspect : Baitullah Mehsud, un prétendu militant Taliban combattant l’armée pakistanaise à partir du Waziristan. Des rapports conflictuels établissent un lien entre Mehsud « Al Qaeda », le Taliban Afghan, et Mollah Omar. D’autres analystes établissent un lien entre lui et le terroriste A.Q. Khan.
Le profil de Mehsud et la façon dont on parle de lui font écho à la manière dont la propagande traite tous les « terroristes » post 11 septembre. Ceci renvoie à son tour aux questions habituelles sur l’implication de la propagande des services secrets anglo-américains. Est-ce que Mehsud est lié au ISI ou à la CIA ? Que connaissaient la CIA et l’ISI sur Mehsud ?
Plus important, est ce que Mehsud, ou la manipulation de la propagande l’entourant, fournit à Bush-Cheney un prétexte pour une agression futur dans la région ?
Propagande classique de la « guerre contre le terrorisme »
Alors que des détails de l’assassinat de Bhutto continuent d’être révélés, ce qui est clair c’est que c’était un coup politique, du même type que celui de l’agent US Rafik Hariri au Liban. Comme le coup très suspect d’Hariri, l’assassinat de Bhutto a été décrit par les médias de masse comme étant le martyr d’une grande messagère de la « démocratie » à l’Occidentale. Pendant ce temps, les actions brutales dans les coulisses du gouvernement US ont reçu peu d’attention.
Le 28 décembre 2007, la manière dont le New York Times a couvert l’assassinat de Bhutto offre l’exemple parfait de la distorsion Orwellienne par les medias de masse dissimulant, derrière l’écran de fumée de la propagande, de manière flagrante, la vérité sur l’agenda de Bush-Cheney. Cet article fait écho à la rhétorique de la Maison Blanche proclamant que les principaux objectifs de Bush sont d’ »amener la démocratie au monde musulman » et « de chasser les militants islamistes ».
En fait, l’administration ouvertement criminelle de Bush - Cheney n’a seulement soutenu et promu que l’antithèse de la démocratie : chaos, fascisme, et l’installation de régimes fantoches amis des anglo américains.
En fait, la géostratégie centrale et constante de Bush-Cheney, et de leurs homologues - élites partout dans le monde, c’est d’imposer continuellement et d’étendre la « guerre contre le terrorisme » fabriquée ; continuer la guerre à travers le continent eurasien, avec des évènements déclenchés par des opérations sous faux pavillon, et des prétextes fabriqués.
En fait, les principaux outils utilisés dans la « guerre contre le terrorisme » reste les militants islamistes, travaillant pour le compte des agences de renseignements militaires anglo-américaines - parmi eux « Al Qaeda », et l’ISI au Pakistan. Mehsud rentre dans ce profil.
Sauver le Pakistan de Bush-Cheney
Dans une citation du même article du NYT, Wendy Chamberlain, l’ancien ambassadeur US au Pakistan (et un personnage central derrière les efforts multinationaux pour construire un pipeline trans-afghan, en lien avec le 11 septembre) déclare fièrement : « Nous sommes acteurs dans le système politique pakistanais. »
Non seulement les US ont continué à être « acteur » mais l’un des dirigeants au sommet pendant des décennies.
Chaque dirigeant pakistanais depuis le début des années 90 - Bhutto, Sharif, et Musharraf - se sont soumis aux intérêts de l’Occident. L’ISI est en fait une branche de la CIA.
Tandis que Musharraf a été, et reste, un homme fort pour Bush-Cheney, des questions sur sa « fiabilité » et le contrôle - à la fois le contrôle du régime sur la populace et sur l’agitation populaire croissante, et le contrôle de l’élite sur son régime - sont à l’origine des tentatives de pression maladroites de Bush-Cheney pour la mise en place d’un gouvernement de partage de pouvoir (pro US du type irakien). Comme l’a noté Robert Sheer, Bush-Cheney ont joué à « la Roulette Russe » avec Musharraf, Bhutto et Nawaz Sharif - chacun d’entre eux ayant été l’avant-garde consentante et profondément corrompue des US.
Le retour à la fois de Bhutto et de l’autre ancien premier ministre, Nawaz Sharif, a simplement été une tentative des US pour couvrir ses paris sur les pouvoirs régionaux.
Qu’est ce que John Negroponte et Condoleeza Rice mettaient vraiment en place ces derniers mois ?
Qui profite de l’assassinat de Bhutto ? La « guerre contre le terrorisme » l’environnement géostratégique et de propagande, le projet d’imposer une guerre permanente mondiale utilisé par les intérêts de l’élite après le 11 septembre, tout ceci bénéficie clairement de l’assassinat de Bhutto. Bush-Cheney et leurs homologues également complices, pro guerre/pro occupation, au sein du parti Démocrate qui soutiennent avec enthousiasme l’utilisation routinière du mot « terreur », prétexte pour imposer une politique de guerre continuelle.
Sont de nouveau la cible de la rhétorique politique de Washington, l’énoncé : peur, « terrorisme », « sécurité » et force militaire, et cela fait également partie du barrage médiatique 24h sur 24.
Les candidats à la présidentielle US de 2008 et leurs élites de conseillers pour la campagne, tous sans exception soutenant avec enthousiasme la « guerre contre le terrorisme », ont, chacun à leur tour, présenté leur version respective de la rhétorique « nous devons stopper les terroristes »devant leurs supporters confus. Les candidats dont les sondages chutaient, avec à leur tête le participant au 11 septembre l’opportuniste Rudy Guiliani, et le faucon néo libéral Hillary Clinton, ont déjà bénéficié d’une nouvelle vague de frayeur de masse.
Musharraf profite de la disparition d’une rivale sérieuse, mais doit maintenant trouver une manière de rétablir l’ordre. Musharraf a maintenant une justification idéale pour réprimer les « terroristes » et imposer totalement la loi martiale, avec Bush-Cheney travaillant dans l’ombre derrière Musharraf - - - continuant de manipuler ou de remplacer son appareil, si Musharraf s’avère être trop peu fiable ou incapable de satisfaire les plans de Bush-Cheney.
On ne peut pas sous estimer la probable implication de l’ISI derrière le coup contre Bhutto. Le rôle de l’ISI derrière chaque acte majeur de « terrorisme » depuis le 11 septembre, reste la vérité centrale non dite derrière les réalités actuelles géopolitiques. Ni Sharif ni Musharraf, mais Bhutto, aurait menacé les agendas de l’ISI.
Bhutto, l’Islam militant et les pipelines
Maintenant qu’elle est devenir martyr, de nombreux faits historiques peu flatteurs sur Benazir Bhutto seront cachés et oubliés.
Bhutto elle-même a été intimement impliquée dans la création du milieu de la vraie « terreur« intentionnellement responsable de son assassinat. Tout au long de sa carrière politique, elle a soutenu les militants Islamistes, les Talibans, l’ISI, et les ambitions des gouvernements occidentaux.
Comme l’a noté Michel Chossudovsky dans « la guerre contre le terrorisme » de l’Amérique, c’est pendant le second mandat de Bhutto que Jamiat-ul-Ulema-e-Islam (JUI) et les Talibans ont accédé au pouvoir, accueilli dans le gouvernement de coalition de Bhutto. C’est à ce moment là que les liens entre le JUI l’armée et l’ISI ont été établis.
Alors que la relation de Bhutto avec à la fois l’ISI et les Talibans ont été mouvementées, c’est clair que Bhutto, alors qu’elle était au pouvoir, a soutenu les deux - et a soutenu avec enthousiasme les interventions anglo américaines.
Dans ses deux livres de référence, «Taliban: Militant Islam, Oil » et « Fundamentalism in Central Asia and Jihad: The Rise of Militant Islam in Central Asia, » Ahmed Rashid détaille amplement les connections du régime de Bhutto avec l’ISI, les Talibans, « l’Islam militant », les intérêts des multinationales du pétrole, et les responsables anglo américains et lesagents des services de renseignement.
Dans Jihad, Rashid a écrit : « Ironiquement, ce n’est pas l’ISI, mais la premier ministre Benazir Bhutto, la dirigeante la plus libérale, la plus séculière dans l’histoire récente du Pakistan, qui a donné le coup de grâce à une nouvelle relation avec l’Asie Centrale. Plutôt que de soutenir une processus de paix plus étendu en Afghanistan, Bhutto a soutenu les Talibans, dans le cadre d’une politique irréfléchie et présomptueuse pour créer un nouveau commerce tourné vers l’Occident et une route pour le pipeline du Turkménistan à travers le sud Afghanistan jusqu’au Pakistan, pour lequel les Talibans assureraient la sécurité. Bientôt l’ISI a soutenu cette politique parce que son protégé Afghan Gulbuddin Hekmatyar n’avait fait aucun progrès pour capturer Kaboul, et les Talibans semblaient être assez forts pour le faire. »
Sur les Talibans, Rashid a même fourni un détail historique : «Quand Bhutto a été élue premier ministre en 1993, elle a ouvert une route à l’Asie Centrale. Une nouvelle proposition a émergé fortement soutenue par le transport pakistanais frustré et la mafia dirigeant la contrebande, le JUI et l’armée Pashtoun et les responsables politiques ».
« Le gouvernement de Bhutto a complètement soutenu les Talibans, mais l’ISI restait sceptique sur leurs capacités, convaincu qu’ils resteraient utiles mais comme force périphérique dans le sud. »
« Le Congrès US a autorisé un budget clandestin de 20 millions de dollars pour la CIA pour déstabiliser l’Iran, et Téhéran a accusé Washington de faire passer ces fonds aux Talibans - une accusation toujours niée par Washington. Bhutto a envoyé plusieurs émissaires à Washington pour presser les US d’intervenir plus publiquement en prenant partie pour le Pakistan et les Talibans. »
Une erreur de Bhutto : elle a soutenu avec véhémence le pipeline proposé par la compagnie pétrolière d’Argentine Bridas, et s’est opposée au pipeline d’Unocal (ayant la faveur des US). Ceci a contribué à ce qu’elle soit chassée du pouvoir en 1996, et au retour au pouvoir de Nawaz Sharif. comme l’a noté Rashid : « Après la chute du gouvernement de Bhutto en 1996, le nouveau premier ministre élu Nawaz Sharif, son ministre du pétrole, Chaudry Nisar Ali Khan, l’armée et l’ISI ont complètement soutenu Unocal. Le Pakistan voulait un soutien plus direct des US pour les Talibans et a pressé Unocal de commencer rapidement la construction pour légitimer les Talibans. A la base, les US et Unocal ont accepté l’analyse et objectifs de l’ISI - que la victoire des Talibans en Afghanistan rendrait plus facile le travail d’Unocal et rendrait plus rapide la reconnaissance US. »
Sans nier son image attirante et pro occidentale, le réel bilan de Bhutto c’est celui de la corruption et de l’accommodation.
Dans la « guerre contre le terrorisme », chaque crime majeur géostratégique anglo américain a été précédé d’un prétexte arrangeant, orchestré et mené par des proxies « terroristes » directement ou indirectement connectés aux services de renseignement militaire US, ou manipulés pour agir comme atouts pour les renseignements. L’assassinat de Benazir Bhutto est simplement un exemple brutal de plus.
Ce fut le 11 septembre du Pakistan ; l’assassinat de JFK du Pakistan, et sonimpact résonnera pendant des années.
Contrairement aux informations colportées par les médias traditionnels, le chaos profite à la « guerre contre le terrorisme » de Bush-Cheney. Des appels pour « augmenter la sécurité dans le monde » paveront la voie à une réaction US musclée, une force menée par les US et d’autres formes pour « sévir » dans la région de la part de Bush Cheney. En d’autres termes, l’assassinat aide à faire en sorte que non seulement les US ne partiront pas mais qu’ils accroîtront leur présence.
L’élection pakistanaise, si elle a lieu, est un double choix plus simple : pro US Musharraf ou pro US Sharif.
Alors qu’on a des résultats mitigés concernant le succès de l’agenda de Bush-Cheney, et qu’il a rencontré une large palette de résistance ( « terroristique » de même que politique) il n’y a aucun doute que les fondations de la « guerre contre le terrorisme » sont restées fermes, inébranlées et systématiquement réinforcées.
En ce qui concerne Nawaz Sharif qui émerge maintenant comme le seul rival de Musharraf, lui, comme Musharraf et Bhutto, est connu pour son accommodation aux intérêts anglo américains- pipelines, commerce, et la présence militaire continuelle US. Comme le note Jean Charles Brisard et Guillaume Dasquié dans le livre Forbitten Truth, le coup militaire d’octobre 1999, conduit par Musharraf, qui a renversé le régime de Sharif a été provoqué par l’animosité entre les deux camps, de même que la « corruption personnelle de Sharif et sa mégalomanie » et des « inquiétudes que Sharif se pliait avec trop d’empressement au son de la politique de Washington concernant le Cashmir et l’Afghanistan. »
En d’autres termes, Bush-Cheney gagnent, peu importe quel atout se retrouve sur le trône.
Larry Chin 29/12/07 Copyright Global Research. Traduction Mireille Delamarre pour www.planetenonviolence.org

 
jeudi 3 janvier 2008
  Bienvenue à l’an sept* de l’ère de l’abrutissement du citoyen !


Abbas Aroua

A un jour du début de l’année 2008 on nous a appris la mort d’un détenu du camp de détention de Guantánamo Bay. Après quatre « suicides » dans ce camp de sinistre réputation, trois simultanés (un Yéménite et deux Saoudiens) le 10 juin 2006 et un quatrième le 30 mai 2007 (un Saoudien), nous voilà avec une cinquième victime (un Afghan). Abdul Razzak, âgé de 68 ans, ne s’est pas, lui, suicidé ; il est décédé le 30 décembre d'un cancer colorectal après avoir subi une chimiothérapie depuis le mois d’octobre. Arrêté en janvier 2003, Abdul Razzak est présenté par les autorités américaines comme « ayant eu de nombreux liens avec des forces hostiles à la coalition ».
À Guantánamo près de 300 détenus croupissent encore dans des conditions inhumaines, certains d’entre eux souffrant de graves pathologies, sans être jugés ni même inculpés. Ils sont pris dans un véritable piège. Ils ne veulent pas être remis aux autorités de leurs pays d’origine où ils risquent de subir un traitement pire qu’à Guantánamo, les autorités américaines qui ne cherchent qu’à s’en débarrasser leur refusent l’accès au sol américain de peur qu’ils n’intentent des procès contre le gouvernement étatsunien, et aucun pays tiers n’est disposé à les accueillir.La fin de l’année 2007 a aussi été une période où l’épouvantail « Al-Qaïda » à été agité à outrance.Deux explosions endeuillent le 11 décembre deux quartiers d’Alger (Benaknoun et Hydra), et le ministre de l’intérieur algérien, Yazid Zerhouni, livre immédiatement à la presse sa « conviction » que c’est l’œuvre d’« Al-Qaïda », alors que beaucoup d’observateurs y voient l’expression habituelle en Algérie d’une lutte inter clanique au sommet du pouvoir, cette fois-ci vraisemblablement au sujet du troisième mandat présidentiel d’Abdelaziz Bouteflika. Et lorsqu’on lui a reproché de ne pas attendre le déroulement et les résultats d’une enquête, les médias algériens « libres et indépendants » produisent dans les heures qui suivent un communiqué de la « Branche d'Al-Qaïda au Maghreb islamique » revendiquant les attentats.Quatre Français sont tués, et un cinquième grièvement blessé par balles, le 24 décembre en Mauritanie, dans une attaque d'hommes armés non identifiés sur une route près d'Aleg, à l'est de Nouakchott. Les médias, notamment français, ont d’abord parlé d’un crime crapuleux et d'une « tentative de vol à main armée par trois hommes circulant à bord d'une berline », mais le ministre de l’intérieur mauritanien, Yall Zakaria Alassane, est venu affirmer deux jours plus tard qu’il s’agit d’un « acte terroriste » commis par des groupes affiliés à Al-Qaïda. Ce sera l’occasion d’opérer des purges dans les rangs de la mouvance islamique en Mauritanie, dont de nombreux membres n’ont été libérés que récemment suite à la pression internationale. Le porte-parole de Yall Alassane expliquera que les actes terroristes, c’est le prix que la Mauritanie doit payer par avoir accédé à l’ère de la mondialisation.Un attentat à Rawalpindi près d’Islamabad coûte la vie le 27 décembre à l’ancien Premier ministre Benazir Bhutto. Beaucoup de Pakistanais suspectent les services de renseignement de son adversaire farouche Pervez Musharraf, mais le ministre pakistanais de l’intérieur, Hamid Nawaz, s’empresse de déclarer : « Nous avons la preuve qu’Al-Qaïda et les talibans sont derrière l’attentat-suicide contre Benazir Bhutto ». En quoi consistent ces preuves ? En une communication téléphonique interceptée par ses services dans laquelle le chef présumé d’Al-Qaïda au Pakistan, Baïtullah Mehsud, « félicitait un de ses hommes après l'attentat ». Ce dernier démentira de suite cette version des faits et niera toute implication dans ce meurtre.A part leur atrocité, ce que ces événements ont en commun, c’est qu’ils représentent des « opportunités politiciennes » pour des régimes répressifs et corrompus qui, désomais, ne jurent que par Al-Qaïda pour être agréés par leur maître locataire de la Maison blanche. Le régime algérien, au bord de l’écroulement en 2001, a provisoirement retrouvé un second souffle après les événements du 11 Septembre et a même réussi à « se vendre » outre Atlantique comme étant « l’Expert » en matière de lutte antiterroriste, moyennant soutien multiforme.Pour faire croire à leurs thèses, les autorités de ces pays nous produisent des « communiqués », des « appels téléphoniques », impossibles à authentifier, et d’autres « indices » impossibles à vérifier. Ceci me rappelle les années 90 lorsque le GIA sévissait en Algérie. Des communiqués se déversaient d’Alger sur les rédactions mondiales, sans que personne ne puisse les authentifier, et des porte-paroles du GIA à l’étranger étaient branchés sur des casernes militaires en Algérie pour prendre leurs instructions (voir Paris-Match du 9 octobre 1997).Pour les Algériens qui ont vécu les événements tragiques des années 90, et qui ont découvert par la suite comment certains cercles du régime militaire algérien avaient instrumentalisé la violence, les attentats, les massacres et autres crimes contre l’humanité, à des fins stratégiques et politiques – dans le cadre de la lutte contre insurrectionnelle – Al-Qaïda ne représente que le mutant du GIA à l’échelle mondiale.Et si Al-Qaïda n’était qu’un fantôme fabriqué par des experts de la stratégie COIN (COunter INsurgency), outil bien rôdé, et discipline bien établie dans la plupart des académies militaires du monde, notamment occidentales, car plusieurs fois éprouvée dans les continents du Sud durant la seconde moitié du 20ème siècle ? Pourquoi ce fantôme épouvantable ? Afin de faire diversion sur ce qui se passe dans les nombreux Guantánamo érigés dans les quatre coins du monde, afin de faire oublier la guerre menée contre l’Humanité (répression, humiliation, pillage, etc.), dans les Etats de non droit, de plus en plus nombreux ?Je sais que c’est une question qui dérange. Elle met mal à l’aise parce qu’on refuse d’admettre, en tant que citoyen vivant au 21ème siècle, à l’ère d’Internet et du téléphone portable, que l’on puisse être une victime malheureuse d’une grosse « escroquerie intellectuelle » ? Parce qu’on porte en soi l’assurance, voire l’arrogance, de celui qui a perdu la capacité de questionner les choses et d’interroger les événements. C’est le mal de ce siècle naissant, l’absence de sens critique, non pas chez le commun des mortels, mais chez les « élites », formées pourtant pour chercher à démêler le vrai du faux.Autrement, comment peut-on expliquer que les citoyens fassent une confiance aveugle aux discours officiels dominants ?En réalité, si on « avale » si facilement ces discours, sans avoir le temps de les « mâcher » convenablement, c’est parce qu’on est soumis à une machine médiatique redoutable qui les propage en continu, une machine directement ou indirectement aux ordres, qui fait appel pour les « valider », à des « experts », autoproclamés, es terrorisme, es monde arabe, es Maghreb, es islam, etc. qui viennent nous livrer leurs exégèses fumeuses des thèses décrétées par des régimes criminels à l’échelle nationale ou mondiale. Le dernier scoop émis récemment par un prétendu « expert es Al-Qaïda » invité sur le plateau de la chaîne France 24, est que la « Branche d'Al-Qaïda au Maghreb islamique » vient d’instituer un diplôme en « sciences du jihad » pour concurrencer les branches traditionnelles ! Cette nouvelle lui a permis évidemment d’expliquer pourquoi un bus d’étudiants était près du site de l’une des explosions d’Alger.Si on « avale » si facilement ces discours, à en subir une « indigestion intellectuelle », c’est parce qu’ils sont accrédités par le silence compréhensible des services de renseignement, au fait de ce qui se trame derrière la scène, et surtout le silence complice des chancelleries qui taisent ce qu’elles savent pour préserver des intérêts politiques et/ou économiques. A ce sujet, je me rappelle les propos de cet officier de la DST française, que j’ai rencontré il y a plus de dix ans, au sujet des attentats commis à Paris en 1995 : « Notre police scientifique a fait son boulot. Nous avons pu identifier des pistes qui mènent aux services algériens. Nous avons établi un rapport d’enquête, mais les autorités politiques ont préféré le mettre dans le tiroir. »Puisse l’année 2008 nous ouvrir les yeux et le cœur pour y voir plus clair afin de ne pas mourir idiots.

Abbas Aroua

1er janvier 2008

* Le calendrier de l’abrutissement a comme date d’origine un 11 Septembre 2001.
 
 

Le pétrole atteint le seuil historique de 100 dollars le baril à New York


NEW YORK (AFP) - Le pétrole a attaqué l'année en fanfare, en touchant le seuil symbolique des 100 dollars le baril, du fait de tensions géopolitiques accrues et de la faiblesse persistante du dollar, qui ont également poussé l'or, autre reine des matières premières, à un sommet.A New York, le "light sweet crude" a explosé son record, atteignant brièvement pour la première fois de son histoire le prix exact de 100,00 dollars le baril. Il a également terminé à un record de clôture à 99,62 dollars, en hausse de 3,64 dollars.A Londres, le cours du Brent de la mer du Nord s'est aussi envolé, atteignant successivement les 97 dollars le baril pour la première fois, puis un nouveau record absolu, à 98,00 dollars. Il a également clôturé à des sommets, à 97,84 dollars, en hausse de 3,99 dollars.Dans le même temps, l'once d'or a brillé de mille feux: elle a atteint 860,10 dollars, pulvérisant ainsi son record historique (850 dollars) qui datait de janvier 1980, au moment du second choc pétrolier et de la Révolution iranienne."Les fonds sont revenus sur le marché en ce début d'année. Nous avons plus de problèmes au Nigeria et il y a aussi les inquiétudes sur ce qui va se passer au Pakistan. Enfin, on attend une chute des stocks aux Etats-Unis", a énuméré Robert Montefusco, de la maison de courtage Sucden.Dans un contexte d'approvisionnements jugés précaires, la montée de la violence au Nigeria, premier producteur de brut africain, a fourni l'électrochoc attendu depuis des semaines.Au moins 12 personnes ont été tuées pendant le Nouvel An à Port Harcourt, centre pétrolier du Nigeria.Estimée à environ 2,1 millions de barils par jour, la production du pays a déjà été amputée d'environ un quart en 2006 et 2007.La montée des tensions géopolitiques au Pakistan, après l'assassinat de l'ex-Premier ministre Benazir Bhutto la semaine dernière, avait déjà amorcé un mouvement de hausse des prix du brut. Les élections législatives y ont été reportées mercredi au 18 février.Bien que le Pakistan ne produise pas de pétrole, il se situe dans une région stratégique et compte comme la seule puissance nucléaire connue du monde musulman et un allié-clé des Etats-Unis.Ces divers signes d'instabilité s'inscrivent dans un contexte de craintes récurrentes sur l'équilibre du marché. Les opérateurs s'inquiètent que l'offre ne suffise pas à satisfaire une demande en forte augmentation, notamment au regard de la fonte des réserves pétrolières aux Etats-Unis. Pour la semaine achevée le 28 décembre, les analystes anticipent la publication jeudi d'une chute des stocks de brut pour la septième semaine d'affilée."Nous avons enfin touché cette barre des 100 dollars et nous allons y rester tant qu'il y aura un déséquilibre entre l'offre et la demande" de brut, a réagi Bart Melek, analyste de BMO Capital Markets.En revanche, selon Didier Houssin, chargé du marché pétrolier et des mesures d'urgence à l'Agence internationale de l'énergie (AIE), "100 dollars, c'est symbolique, ce n'est pas forcément le signe d'une nouvelle tendance".Selon l'agence basée à Paris, le marché devrait plutôt connaître en 2008 "un meilleur équilibre entre l'offre et la demande", avec une augmentation de l'une et un ralentissement de l'autre."Il ne faut pas tirer de conséquences prématurées sur ce seuil qui reste symbolique. Toutefois si cet aspect symbolique peut entraîner une réaction des pays consommateurs en terme d'économie d'énergie, ce serait plutôt une bonne chose", a pointé M. Houssin.L'ascension parallèle du précieux métal et du visqueux liquide n'a rien de surprenant: la courbe de l'or suit généralement les sinuosités de celle du pétrole car la flambée pétrolière entretient les craintes inflationnistes et incite les investisseurs à se munir d'or, placement refuge en période d'escalade des prix.
 
  En Irak, aucune zone n'est hors de portée de la Résistance



02-01-2008
Lors d’une conférence de presse tenue ce lundi 31 décembre à Baghdad, le contre-amiral de l’armée US Gregory Smith a admis que « malgré les progrès, il n’y a aucun endroit de vraiment sécurisé en Irak »Nous sommes loin du discours publicitaire du général Petraeus qui n’a cessé d’afficher un triomphalisme exubérant, trop facile à démentir par n’importe quel observateur même inattentif. L’un et l’autre ont insisté sur l’aide précieuse apportée par les Conseils locaux des citoyens qui ont été formés par l’armée de l’occupant et ont fourni 70 000 éléments aux 100 000 hommes, figurant les nouvelles recrues versées dans la police et l’armée irakiennes. Alors qu’il y a à peine deux ans, l’imaginaire occidental a été raboté pour concevoir le sunnisme irakien comme un triangle et bien sûr dangereux car baathiste et donc terroriste, Petraeus le commandant en chef de l’US Army ne ressent aucune gêne à faire état urbi et orbi de l’échec de la stratégie qui avait prévalu au début de l’occupation. La préférence était allée à une alliance avec quelques collaborateurs chiites censés représenter une communauté bien sectarisée unie dans ses visées politiques, pure représentation d’un Chalabi et alter vite admise par les experts brillants par leur méconnaissance d’une structure sociale complexe.L’objectif premier était bien de déstructurer le pays et de dissoudre la moindre administration et le plus insignifiant des services publics.La pulvérisation par les néoconsionistes de l’entité irakienne a de facto donné un rôle prééminent régional à l’Iran qu’ils se mirent à charger de tous les maux, y compris d’être responsable d’une dissémination d’une multitudes d’unités résistantes franchisées par les (ir)responsables étasuniens d’Al Qaïdettes. Dès lors, les Chiites furent démonisés à leur tour, la barre fut redressée en toute hâte, et vogue la galère dans un recrutement intensif chez les Sunnites.Le Major Général AbdelKarim Khalef à la tête du Centre National de Commande du ministère de l’Intérieur se réjouit de la chute très significative du nombre des attaques, de plus de 70% entre juin et décembre.Au cours de cette conférence, le plan d’une opération de très grande envergure des armées d’occupation et de collaboration a été annoncé pour la mi-janvier. Elle sera concentrée sur la vallée de Diala, Mossoul et le nord de Baghdad. La logique militaire est infaillible, puisque les attaques sont en baisse, il faut donc les relancer en allant occire quelques innocents. D’ailleurs, cette logique de l’alimentation de la contre insurrection est doublée d’une autre visée impérieuse. Puisque les armes sont là, il faut les utiliser. Les dotations risqueraient de ne pas être renouvelées.Dans la même journée, la Résistance n’a pas voulu démentir Le contre-amiral Gregory Smith. Un incendie s’est déclaré au huitième étage du Ministère de l’Intérieur ce lundi.Alors, ces attaques de la Résistance sont-elles réellement en baisse ?

Convergence des Causes2 janvier 2008
 
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