ELWATAN-ALHABIB
jeudi 29 novembre 2007
 

De Sarajevo à Guantanamo, l'itinéraire des "six d'Algérie"

Par Marc Perelman (Journaliste basé à New York) 22H50 25/11/2007



De Sarajevo à Guantanamo, l'itinéraire des "Six d'Algérie"
Par Marc Perelman (Journaliste basé à New York) 22H50 25/11/2007
http://rue89.com/2007/11/25/de-sarajevo-a-guantanamo-litineraire-des-six-dalgerie
Premier volet d'une enquête sur ces détenus arrêtés illégalement en Bosnie en 2001 suite à des pressions américaines.

Les Six Algériens arrêtés en Bosnie (Département de la défense)

La neige tombe drue, en cette nuit de janvier 2002, sur une petite foule réunie aux abords de la prison centrale de Sarajevo, en Bosnie-Herzégovine. Elle est venue accueillir six hommes à leur sortie du pénitencier. Mais depuis quelques jours, une rumeur enfle: ces détenus d'origine algérienne, qui viennent d'être innocentés d'un complot d'attentat contre l'ambassade américaine, vont être livrés aux militaires américains. Les heures passent et les portes de la prison restent closes. Soudain, les forces spéciales de la police bosniaque font leur apparition. Quelques minutes plus tard, les policiers tentent d'exfiltrer les six individus. Echauffourées, gaz lacrymogène, matraques… Au milieu de la confusion, un convoi parvient finalement à se frayer un passage et fonce dans la nuit avec, à son bord, les détenus.

Ils sont en route pour la base militaire américaine de Guantanamo Bay, à Cuba, où ils seront parmi les premiers occupants de la fameuse prison. Pourtant, quelques heures avant leur transfert, les plus hautes instances judiciaires bosniaques avaient rendu deux décisions interdisant expressément une telle opération: l'une innocentant les six du complot contre la mission américaine, pour lequel ils étaient incarcérés depuis trois mois, et l'autre interdisant ce transfert extrajudiciaire.

En Avril 2002, la Cour suprême de Bosnie a officiellement suspendu l'enquête criminelle contre eux et, deux ans plus tard, le procureur général de Bosnie les a formellement acquittés. Plusieurs institutions bosniaques et européennes ont, depuis lors, réclamé leur libération. En vain. Le Pentagone maintient que ce sont des "ennemis combattants" affiliés à Al-Qaeda qui continuent de constituer une menace pour la sécurité des Etats-Unis. Ils sont aujourd'hui encore à Guantanamo. Leur cas doit être abordé par la Cour Suprême américaine le 5 décembre.

Après des années de silence, plusieurs des acteurs clés ont, pour la première fois, accepté d'évoquer ce qui s'est produit dans les coulisses de cette affaire, à Sarajevo, fin 2001 et début 2002. Le verdict est clair: un bras de fer inégal entre une Amérique traumatisée par le 11 septembre et une Bosnie aux ordres, sous les yeux d'une communauté internationale complice d'une violation flagrante du droit. Ceci dans un pays où les Etats-Unis et l'Union européenne n'ont pourtant pas ménagé leurs efforts pour créer un système judiciaire modèle après la sanglante guerre civile des années 90...

Plus troublant encore, une enquête basée sur de multiples témoignages et des documents inédits amène inévitablement à se poser la question: les "Six d'Algerie" ont-ils été victimes d'une terrible méprise que personne n'a ensuite osé corriger par honte de l'admettre?

"Si nous quittons la Bosnie, Dieu préserve votre pays"

11 septembre 2001: Après les attenats de New York, George Bush décide de lancer la "guerre contre le terrorisme" afin d'éradiquer le réseau Al-Qaeda. Comme le déclare alors Cofer Black, un haut responsable antiterroriste, "il est temps de retirer les gants". En plus de l'Afghanistan, du Pakistan ou du Moyen-Orient, la Bosnie s'impose comme une priorité. Depuis des années, les services secrets américains gardent un œil sur une poignée de volontaires musulmans étrangers qui s'y étaient rendus (avec l'appui tacite des Etats-Unis) pour combattre les Serbes aux côtés de leurs frères musulmans pendant la guerre civile. Certains se sont installés en Bosnie après l'accord de paix de Dayton qui mit un terme aux hostilités en novembre 1995, travaillant souvent pour des organisations caritatives musulmanes.

Début octobre 2001, l'ambassade américaine à Sarajevo demande à la police fédérale bosniaque d'enquêter sur un groupe d'individus correspondant à ce profil. Les autorités locales portent rapidement leur attention sur Bensayah Belkacem, un natif Algérien vivant avec son épouse bosniaque et leurs deux filles près de la ville de Zenica. Il est arrêté le 8 octobre 2001, officiellement pour avoir falsifié son passeport yéménite afin d'entrer en Bosnie. A son domicile, les enquêteurs trouvent prétendument un morceau de papier avec la mention manuscrite "Abu Zubeida" et un numéro de téléphone au Pakistan.

Abu Zubaydah Abu Zubaydah est un lieutenant de Ben Laden qui sera arrêté au Pakistan six mois plus tard. En outre, les officiels américains, citant des relevés et des écoutes téléphoniques, affirment aux autorités bosniaques que Bensayah a passé 70 coups de téléphone en Afghanistan dans les mois suivants le 11 septembre et discuté de moyens d'obtenir des passeports avec Abu Zubaydah par téléphone. Ils leur fournissent une liste de suspects. La police bosniaque découvre que l'un d'eux, Saber Lahmar, vit dans la même maison que son beau-père, qui travaille comme… portier de l'ambassade américaine à Sarajevo. Lahmar est aussitôt mis sous surveillance.

Le 16 octobre, les services américains interceptent une conversation à partir de son téléphone incluant ce qu'ils interprètent comme une référence codée à une future attaque contre les ambassades américaine et britannique à Sarajevo. Le jour suivant, les deux missions sont fermées.

Ce même jour, lors d'une réunion entre officiels américains et bosniaques, Christopher Hoh, le chargé d'affaires américain, explique au Premier ministre de la Fédération bosnienne, Alija Behmen, que Washington retirera son personnel et rompra les relations diplomatiques entre les deux pays si Sarajevo n'arrête pas les suspects. "Si nous quittons la Bosnie, Dieu préserve votre pays, Monsieur le premier ministre", lâche Hoh, selon un document produit par les avocats américains des six prisonniers.

Un avocat du Département d'Etat, Vijay Padmanabhan, confirme l'existence de cette rencontre mais nie que de telles menaces y aient été proférées. Il explique que les Américains y ont simplement transmis des informations de leurs services secrets concernant le projet d'attentat contre l'ambassade.

Quoi qu'il en soit, la police locale arrête Lahmar et quatre autres hommes d'origine algérienne en l'espace d'une semaine. Ils sont placés en détention provisoire pendant trois mois pour leur rôle dans le projet d'attentat, tandis que la police et le FBI lancent une enquête de grande ampleur. Vers la fin de leur détention provisoire, les médias locaux rapportent que les hommes sont sur le point d'être expulsés. Le 10 Janvier 2002, les autorités bosniaques publient un arrêté d'expulsion pour quatre d'entre eux. Le jour suivant, le ministère des Affaires étrangères bosniaque demande au gouvernement algérien de prendre les Six en charge. Alger refuse net (voir la lettre de l'ambassade d'Algérie à Rome).

Aucun élément de preuve ne justifie de maintenir ces hommes en prison

Tout se joue le 17 Janvier 2002. Ce jour là, le procureur fédéral de Bosnie informe le juge de la Cour suprême en charge du dossier qu'il n'existe aucun élément de preuve justifiant de maintenir les hommes en prison. Le magistrat ordonne leur libération immédiate. Au même moment, la chambre des droits de l'homme, la cour la plus élevée de Bosnie, rend une injonction exigeant du gouvernement qu'il prenne toutes les mesures nécessaires pour s'assurer que les hommes ne soient pas expulsés de force.

Mais les autorités bosniaques reçoivent aussi une note de l'ambassade américaine leur indiquant que les Etats-Unis se déclarent prêts à prendre les Six d'Alger en charge. Et le soir même, les forces du ministère de l'intérieur bosnien extirpent les hommes de la prison et les livrent à une base militaire américaine tôt le lendemain matin. Ligotés, les yeux bandés, ils sont embarqués dans un avion C-130 vers Guantanamo, où ils arrivent le 20 janvier après des escales en Turquie et en Allemagne, sans doute pour ramasser d'autres "ennemis combattants".
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Sarajevo-Guantanamo: témoins à charge contre Washington
Par Marc Perelman (Journaliste basé à New York) 12H43 27/11/2007


Suite de notre enquête en trois parties sur les "Six d'Algérie", arrêtés illégalement en Bosnie en 2001 suite aux pressions américaines sur la communauté internationale et les autorités bosniennes. Le cas des "Six d'Algérie", toujours détenus à Guantanamo, passera devant la Cour suprême des Etats-Unis le 5 décembre.


Que s'est-il réellement passé pendant les quelques jours fatidiques de janvier 2002 qui ont conduit à l'incarcération des "Six d'Algérie" à Guantanamo? Les autorités américaines et bosniaques restent muettes. Des documents juridiques permettent de lever une partie du voile. Surtout, des représentants de la communauté internationale sur place à l'époque ont accepté de briser des années de silence.

Parmi eux, Wolfgang Petritsch, un diplomate autrichien qui dirigeait la mission internationale en Bosnie et avait à ce titre des pouvoirs très élargis. Il révèle que les dirigeants bosniaques lui ont avoué s'être sentis obligés de se conformer aux demandes américaines. "Les Etats-Unis ont exercé une pression énorme sur eux", raconte-t-il.

Pour Madeleine Rees, une Britannique qui représentait le Haut commissariat de l'ONU pour les droits de l'homme en Bosnie, blâmer les seuls Américains est une excuse trop facile. Petritsch et les plus hauts officiels internationaux "savaient exactement ce qui se passait et ils n'ont rien fait, ce qui signifie qu'ils étaient complices", accuse-t-elle. Pour Petritsch:

"Si j'avais protesté plus ouvertement contre cette violation du droit, je suis convaincu que cela aurait compromis la mission internationale dont j'avais la charge. J'ai dû choisir."

Il affirme que des officiels américains lui ont clairement fait comprendre que Washington était prêt à retirer son soutien à la mission internationale s'il protestait publiquement contre le transfert des "Six d'Algérie".

L'administration Bush, elle, nie en bloc: "Les Etats-Unis ne menacent pas et n'intimident pas, ce n'est pas notre style", affirme Padmanabhan, l'avocat du Département d'Etat.

"Notre mission était d'établir un environnement stable"

En plus du poids de son ambassade, Washington a également pu compter sur la présence d'Américains à la tête de plusieurs institutions internationales clés en Bosnie: la force internationale de stabilisation de l'Otan, connue sous le nom de Sfor, la mission de l'ONU et celle de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Pour Madeleine Rees, il ne s'agit pas d'une simple coïncidence:

"Les Etats-Unis ont utilisé leur position dominante dans l'appareil international en Bosnie pour poursuivre leur objectifs de politique étrangère."

Une accusation vivement rejetée par le général à la retraite Jacques Klein, qui dirigeait la mission de l'ONU, ainsi que par Robert Beecroft, qui était à la tête de la délégation de l'OSCE. Ils précisent toutefois que le transfert des Six était du ressort de la Sfor, la force multinationale de l'Otan, commandée à l'époque par le général américain John Sylvester.

Petritsch, qui est aujourd'hui ambassadeur d'Autriche aux Nations unies à Genève, se souvient avoir confronté Sylvester au sujet du rôle ambigu joué dans le transfert des Six par les soldats américains servant sous ses ordres:

"Il m'a clairement indiqué qu'il n'était autorisé à répondre à aucune question au sujet de cette affaire parce qu'il ne portait pas une ‘casquette' internationale mais sa ‘casquette' américaine. C'était une réponse profondément troublante."

Le Général Sylvester, qui est aujourd'hui consultant en Virginie, dit n'avoir aucun souvenir spécifique d'une telle conversation. Toutefois, il admet que s'il était "officier de l'OTAN, [il était] également un général américain".

"Notre mission était d'établir un environnement stable en Bosnie et ces individus faisaient peser une menace directe sur cet objectif."

La justice bosnienne bafouée

Une chose est incontestable: en orchestrant ce transfert extrajudiciaire, Washington a bafoué le système judiciaire mis en place par les Occidentaux dans la Bosnie de l'après-guerre. Au premier chef, la chambre de droits de l'homme, qui fut créée par les accords de paix de Dayton en 1995. Elle avait la particularité d'être composée de juristes internationaux et locaux et d'être dotée de vastes pouvoirs. Ses décisions étaient sans appel. Du moins en théorie.

Car son injonction de janvier 2002 ordonnant aux autorités bosniennes de ne pas transférer les Six d'Algérie restera, comme on l'a vu, lettre morte. De même que ses jugements prononcés à trois reprises en 2002 et 2003 affirmant que la Bosnie avait violé la convention européenne des droits de l'homme et devait prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les droits fondamentaux des six prisonniers. "La constitution de la Bosnie était considérée comme la meilleure au monde en termes de droits de l'homme" en raison notamment des larges pouvoirs octroyés à la chambre, explique Manfred Nowak, le rapporteur spécial de l'ONU pour la torture qui était en 2001 un des magistrats de la chambre.

"Notre rôle était de développer la règle de droit, particulièrement les droits des prisonniers. Évidemment, cela a été ignoré dans ce cas précis."

Stress et violences physiques

Padmanabhan, l'avocat du Département d'Etat, est on ne peut plus clair sur ce point: les Etats-Unis n'ont aucunement tenu compte de ces décisions judiciaires quand il s'est agi de désigner ces hommes comme "ennemis combattants". Il précise qu'ils ont eu la possibilité de présenter leurs arguments devant les tribunaux militaires mis en place par l'administration Bush pour les détenus de Guantanamo. Ces instances spéciales font l'objet de furieuses batailles devant la justice américaine et au Congrès, notamment en raison des droits limités octroyés à la défense, de l'admission d'éléments de preuve classifiés ainsi que d'informations obtenues grâce à des méthodes dites "coercitives".

Les Six ont du attendre début 2004, soit plus de trois ans, pour avoir accès à leurs avocats de la firme Wilmer-Hale de Boston, qui a pris leur cas pro bono. Selon ces derniers, qui ont effectué une dizaine de voyage à Guantanamo, leurs clients souffrent de symptômes aggravés de dépression et de désordres liés au stress. Certains ont subi des violences physiques et l'un d'entre eux, Saber Lahmar, est placé en isolation depuis juin dernier pour avoir incité des détenus à se suicider et se mettre en grève de la faim.

En juillet 2004, les Six d'Algérie ont déposé des recours dits d'habeas corpus devant une cour fédérale à Washington affirmant que leur détention indéfinie sans accusation criminelle était illégale. Après deux arrêts contradictoires en première instance, une cour d'appel a jugé en février dernier que de telles pétitions étaient recevables uniquement par des commissions militaires. Cependant, la Cour Suprême a finalement accepté d'entendre un recours des Six (joint à ceux d'autres détenus de Guantanamo) le 5 décembre.

Cette décision ne portera cependant pas sur le fond de l'affaire. Or, si des doutes existent depuis le début sur la véracité des accusations contre les Six, les informations filtrant depuis Guantanamo n'ont fait que les aviver.
 
lundi 26 novembre 2007
  Les Brit’ n’ont pas les moyens de leur politique




25-11-2007
Les Britanniques chiffrent leur engagement militaire dans les guerres au service des US(a) comme étant de 6000 soldats en Afghanistan, nombre qui devrait s’élever à 7700 en fin de cette année et environ 5500 en Irak, évaluation qui sera revue à la baisse de moitié très vite en début d’année prochaine.

Ces 11 500 hommes de troupe souffrent d’un mauvais entraînement, d’une impréparation majeure au type de conflit qu’ils sont censés livrer.
Ils se sentent trahis et méprisés par leur direction et leur moral est au plus bas.

Cette semaine, 5 anciens responsables de la Défense ont lancé une attaque publique en règle à la Chambre des Lords contre l’actuel gouvernement Brown pour le budget qu’ils estiment très insuffisant consacré aux soldats envoyés dans cette partie de l’Asie. Ils ignorent que la somme allouée à l’aide du partenaire étasunien dans son bourbier de guerre perpétuelle contre le terrorisme et qui est surtout un financement par les impôts de l’industrie militaire étasunienne a régulièrement augmenté d’année en année depuis 2002.

Il ne s’est trouvé personne pour rétorquer que cette onéreuse aventure entamée par Tony Blair n’a aucune retombée positive pour le pays, et que surtout elle a été amorcée sous des prétextes mensongers et qu’il s’agit bien d’une guerre illégitime.
Ici, le vassal, ex-empire sur lequel le soleil ne se couchait jamais au plus fort de sa puissance au 19ième siècle, n’a pas les moyens de réaliser proprement son acte de soumission, entretenir à peine 10 000 hommes, hors de son territoire, et n’ose se retirer du bourbier.

Osons espérer que les Européens en retirent une leçon pour les éventuels engagements qui leur seront proposés dans le cadre de l’Otan ou de la Défense européenne à venir.

Convergence des Causes
 
jeudi 22 novembre 2007
 

LE PRESIDENT FRANCAIS EST-IL ISLAMOPHOBE?



La polémique prend de l'ampleur
Le président français est-il islamophobe ?


Nicolas Sarkozy est-il islamophobe ? Les propos d'une rare violence qu'aurait tenus le président à l'égard des musulmans ne font pas la Une des quotidiens dans leur version imprimée mais sont commentés vivement dans la Toile.

C'est le correspondant à Bruxelles du quotidien Libération, Jean Quatremer, qui a sorti le scoop dans son blog. Contacté par El Watan, notre confrère affirme n'avoir reçu aucun démenti de l'Elysée ou du gouvernement français. Voici son texte paru le 14 novembre dernier. « L'histoire se raconte dans les chancelleries européennes. Nicolas Sarkozy, recevant le Premier ministre irlandais, Bertie Ahern, le 21 septembre, puis suédois, Fredrik Reinfeldt, le 3 octobre, se serait livré à une véritable diatribe anti-musulmane devant ses invités. Selon mes sources, le chef de l'Etat s'est lancé dans une diatribe confuse d'une vingtaine de minutes, dans un langage très dur, très familier, choquant pour tout dire, contre le “trop grand nombre de musulmans présents en Europe” et leurs “difficultés d'intégration”. Il a aussi décrit de façon apocalyptique le “choc de civilisation” qui oppose les musulmans à l'Occident. Le tout, manifestement, pour justifier son opposition à l'adhésion de la Turquie à l'Union. Mais ses interlocuteurs, qui n'en sont toujours pas revenus, ne sont même pas sûrs de l'avoir bien compris, tant le discours était décousu et surtout hors de propos avec l'objet de ces rencontres, la préparation du Sommet de Lisbonne des 18 et 19 octobre. Ils en ont, en tout cas, retiré la désagréable sensation que Sarkozy, non seulement avait un sérieux problème avec les musulmans, mais avait du mal à maîtriser ses nerfs. » Cet article crée une polémique qui prend de plus en plus d'ampleur. Il n'a pour l'instant (jusqu'à samedi soir) pas été démenti par l'Elysée. Le Monde et Libération ont diffusé cette information sur le site Internet mais pas dans la version papier. Les réactions des lecteurs sont violentes. « Pourquoi donc Libération n'a pas jugé utile de publier dans sa version imprimée une information de cette importance ? », avons-nous demandé au journaliste de Libération, Jean Quatremer. « Vous savez aussi bien que moi la façon dont fonctionne un journal, ses priorités, ses horaires de bouclage, etc. J'ai eu une confirmation tardive de l'information, j'ai immédiatement mis en ligne le papier sur mon blog qui fait partie intégrante de l'offre d'information de Libération. Il a été immédiatement signalé dans la rubrique Monde du site du journal. Le journal l'a même mis en Une du site vendredi toute la journée et le papier est toujours signalé en rubrique Monde. Sans doute le journal papier a-t-il considéré que l'information ayant déjà été divulguée sur le site, il n'était pas nécessaire de la reprendre. Les priorités sont différentes sur le papier et sur le net ainsi que le mode d'écriture. En tous les cas, une chose est sûre : il n'y a pas volonté d'étouffer l'info. Enfin, non, je n'ai pas eu de réactions de l'Elysée, ni de qui que ce soit », explique à El Watan Jean Quatremer. L'auteur du scoop rappelle le discours de Nicolas Sarkozy aux ambassadeurs le 27 août dernier qui avait alors déclaré : « Nous aurions tort de sous-estimer la possibilité d'une confrontation, entre l'Islam et l'Occident (...) l'affaire des caricatures en a été un signe avant-coureur. » Affaire à suivre.

Pour lire l'article en entier et les réactions sur le blog de Jean Quatremer : http://bruxelles.blogs.libertion.fr/coulisses/

Rémi Yacine
Samroui, un huste algérien
 
 

Une présentation du dernier ouvrage du grand journaliste Eric Laurent sur Bush et l'Iran... visitez son blog, il est très intéressant...

"Bush, l'Iran et la Bombe
Enquête sur une guerre programmée "

Les Etats-Unis et L'Iran sont-ils au bord de la guerre ?


Un conflit de cette ampleur, dans une zone aussi sensible, pourrait avoir des conséquences incalculables. Depuis plusieurs mois, Eric Laurent enquête sur cet affrontement qui se profile. Il a rencontré les principaux protagonistes américains, iraniens, européens, russes, israéliens, restitué le détail des négociations engagées et aussi obtenu des révélations sur une guerre qui semble déjà programmée du côté américain. Il révèle pour la première fois que dès la fin de l'année 2003, George W. Bush a adopté une directive top secret, dont le nom de code est CONPLAN 8022 qui prévoit l'utilisation d'armes nucléaires tactiques contre l'Iran. Une première depuis Hiroshima. Il apporte des informations stupéfiantes sur les hommes de l'ombre qui, autour du Vice Président Cheney ont poussé le président américain à l'épreuve de force. Malgré l'échec irakien. Avec son nouveau livre, Eric Laurent nous fait pénétrer dans les coulisses du pouvoir, à Washington, mais aussi à Téhéran où le chef spirituel du Président iranien Ahmadinejad, l'Ayatollah Yazdi déclare que l'Iran doit se préparer à une guerre imminente avec Washington qui conduira au retour immédiat du 12e Imam révéré par la religion Chiite. Nous découvrons aussi que malgré l'affrontement américano-iranien, les affaires continuent, notamment pour la firme du Vice Président Chenney, Halliburton. Malgré l'interdiction officielle, la firme pétrolière possède un bureau à Téhéran, exploite un gisement gazien géant iranien et coopère avec les gardiens de la Révolution iraniens pourtant considérés officiellement par l'administration Bush comme une organisation terroriste. Parmi les nombreuses révélations qui composent l'ouvrage, Eric Laurent évoque l'opération Merlin : la CIA s'est trompée en voulant transmettre de fausses informations à Téhéran sur la fabrication de l'arme nucléaire et lui a en réalité permis de réaliser des avancées considérables. Un livre qui déchiffre une des crises les plus graves que nous ayons jamais vécu, et l'énigme George W. Bush : désormais le Président américain pense qu'il sera jugé par l'Histoire et la postérité et s'identifie à Truman, considéré aujourd'hui comme un des grands présidents après avoir connu des sommets d'impopularité.

Sources Le blog d'Eric Laurent



Bush et l'Iran: une «guerre programmée»

par Alexandre Sirois

La question n'est plus de savoir si les États-Unis attaqueront l'Iran. Il est maintenant plus approprié de se demander: quand les Américains passeront-ils à l'attaque?

C'est ce qu'estime le journaliste français Éric Laurent, qui vient de publier un essai intitulé Bush, l'Iran et la bombe (Plon). Il y prédit l'imminence d'une «guerre programmée» entre Washington et Téhéran.

«Il y a une volonté de la part de l'administration Bush d'intervenir militairement contre l'Iran. Elle considère que le dossier nucléaire iranien est la plus grande menace pour la paix mondiale», dit-il.

«Tout ce qui concerne les frappes potentielles et les moyens militaires à utiliser a déjà été planifié depuis longtemps. Fin 2003 et début 2004, tout a été mis en place par le Pentagone», ajoute le journaliste, rencontré hier à Montréal.

Éric Laurent, mieux connu pour avoir exposé «le monde secret des Bush» dans un essai précédent, a cette fois décidé de se pencher sur les intentions de l'actuel président américain et de sa garde rapprochée dans le dossier iranien.

Il explique que les néo-conservateurs qui ont tant inspiré George W. Bush ces dernières années préparaient, en même temps que la guerre contre l'Irak, celle contre l'Iran.

Et ce qui est loin d'être rassurant, c'est que ces stratèges semblent avoir commis les mêmes erreurs dans le dossier iranien que dans le dossier irakien. «Les services de renseignement américain sont d'un flou absolu et ont une méconnaissance totale des réalités iraniennes, dit-il. Notamment de l'ampleur du danger nucléaire iranien.»

La boîte de Pandore

Ce qui n'a pas empêché l'administration Bush de planifier une attaque contre le régime des mollahs dans les moindres détails. De décider, par exemple, qu'elle pourrait utiliser des armes nucléaires tactiques. Le meilleur moyen de détruire des installations profondément enfouies sous terre par les autorités iraniennes.

«Ce serait tout un symbole. Un interdit qui serait levé. La première fois depuis Hiroshima qu'on banaliserait l'utilisation de l'arme nucléaire. La boîte de Pandore serait ouverte», prévient le journaliste.

Éric Laurent s'est servi du travail de plusieurs reporters américains bien informés pour son essai. On n'y trouvera donc bien peu de matériel original quant à la nature de la préparation d'une intervention militaire américaine contre l'Iran.

Sa force est plutôt de mettre tous ces renseignements en contexte, entre autres à l'aide de nombreuses entrevues avec des sources - dont il préserve l'anonymat - proches de l'administration et de la famille Bush.

Même les démocrates

Des contacts obtenus, explique-t-il en entrevue, à la suite d'un séjour d'un an et demi au sein d'un prestigieux institut de recherche à Washington, le Woodrow Wilson Center, au milieu des années 80.

Contacts qui, jumelés à sa solide connaissance de l'univers politique américain, lui font dire que si ce n'est pas Bush qui déclenche une série de frappes contre l'Iran, ce sera son successeur. Même s'il est démocrate.

Car un président des États-Unis ou une présidente - précise-t-il en faisant référence à une possible élection d'Hillary Clinton - qui ferait des concessions à l'Iran «perdrait la face».

«Il faudrait des concessions iraniennes. Que les Iraniens se mettent brusquement à changer de cap, à 180 degrés. Et ça me paraît extrêmement improbable, dit-il C'est un dossier extrêmement épineux qui ne pourra pas se résoudre, à mon avis, autrement que par la force.»

 
 

Les Etats-Unis cherchent à semer la discorde entre l'Iran et les ‎pays arabes




« Pour faire face à la Révolution islamique d'Iran, les Etats-‎Unis cherchent à semer la discorde entre l'Iran et les pays ‎arabes. », c'est ce que le Président de l'Assemblée islamique, ‎Gholam-Ali Haddad-Adel, a rappelé, ce mercredi, à Téhéran, lors ‎de son entretien avec le Président du Conseil des représentants de ‎l'Irak, Mahmoud al-Machhadani. « Les occupants de l'Irak ‎mentent, lorsqu'ils prétendent soutenir la « Démocratie », alors que ‎la RII souhaite l'indépendance, l'unité, la cohésion, la puissance et ‎le bonheur des Irakiens. », a-t-il ajouté. Haddad Adel a, également, ‎évoqué la disponibilité du Majlis islamique à coopérer avec le ‎Parlement irakien. Pour sa part, le Président du parlement irakien a ‎affirmé que, tandis qu'un certain nombre de pays soutiennent le ‎terrorisme, en Irak, la RII oeuvre pour la paix et le bonheur des ‎Irakiens. « Les relations entre l'Iran et l'Irak sont solides et ‎profondes et personne ne peut les ternir. L'Irak a besoin ‎aujourd'hui du soutien de tous ses voisins, notamment, la RII. », a ‎ajouté al-Machhadani.

Mercredi 21 Novembre 2007
IRIB
 
lundi 19 novembre 2007
 

COMMUNICATION DE SMAIL GOUMEZIANE LORS DES DEBATS D'EL WATAN

Aisance financière de l'Algérie : mythes et réalités

Est-ce à dire qu'aisance financière et pauvreté sont, paradoxalement, condamnées à faire bon ménage ? N'est-ce pas tout simplement la confirmation que, selon le bon sens populaire, « l'argent ne fait pas le bonheur… de ceux qui n'en ont pas ? »

Examinons cette réalité ambivalente à travers quelques chiffres :
Les réserves de change du pays dépassent les 90 milliards de dollars, soit plus d'une année de produit intérieur brut (PIB), ou plus de quatre ans d'importations.
Une partie de ces réserves (42 milliards de dollars, soit 36% du PIB) est centralisée par l'Etat dans un Fonds spécial dit de Régulation des recettes (FRR).
Quant au budget de l'Etat, il affiche, désormais, avec satisfaction, un excédent de l'ordre de 12,7% du PIB. Pourtant, les conditions de vie des algériens ne s'améliorent guère de façon significative. Pis, pour une grande partie d'entre eux, la pauvreté reste endémique, quand elle ne s'aggrave pas.
Le revenu annuel moyen par tête d'habitant est bien remonté à plus de 3 000 dollars, après la chute vertigineuse des années 1990, mais il ne fait, somme toute, que dépasser légèrement son niveau de… 1987 (et encore, à dollar constant).
15% de la population active algérienne sont encore officiellement au chômage. Pis, parmi les chômeurs, deux sur trois sont des jeunes de moins de 30 ans.
Selon l'indicateur de pauvreté humaine des Nations unies (voir le Rapport sur le développement du PNUD 2006), la population algérienne vivant avec moins de deux dollars par jour était en 2004 de 15,1% de la population globale, soit près de 5 millions d'habitants.
Si l'on tient compte du seuil de pauvreté national de l'Algérie, ce sont 22,6% de la population qui vivent en dessous de ce seuil, soit un algérien sur quatre ! Dans ces conditions, une grande partie de la population se trouve fragilisée face aux fluctuations erratiques du marché national, de plus en plus achalandé, vaille que vaille, par les importations. Ainsi, toute modification des prix des denrées ou toute rupture dans les approvisionnements se répercutent brutalement sur le pouvoir d'achat comme on a pu le constater ces derniers mois, ne serait-ce que dans le domaine des fruits et légumes ou du lait. En effet, pour le citoyen lambda, deux dollars par jour, soit 150 DA, c'est tout juste de quoi acheter deux kilos de pommes de terre et, au vu des importations de ces derniers mois, de qualité douteuse ! Même lorsque les prix sont « stabilisés » pour « protéger » les consommateurs, comme c'est le cas pour le pain, c'est toute une profession artisanale qui est déstabilisée en amont, aboutissant à la fermeture de milliers de boulangeries. Ainsi donc, l'aisance financière, en devises et en dinars, du pays se conjugue avec de fortes contraintes économiques et sociales pour une grande partie de la population. Etrange paradoxe que ce pays qui serait riche, alors que son peuple est pauvre. Un paradoxe d'autant plus incompréhensible pour la population à qui on vante en permanence les performances en termes de croissance globale, alors qu'elle en subit quotidiennement les effets pervers : pénuries récurrentes dans les produits de base ; flambées des prix cycliques ; difficultés multiples pour l'accès au logement ou aux soins ; explosion de l'informel ; multiplication des nouveaux riches ; chômage persistant et concurrence de la main-d'œuvre internationale, y compris dans les métiers non qualifiés (1)… Comme s'il y avait un mur invisible entre le « matelas » de devises et de dinars de l'Etat et le sort de la population.

Le syndrome mercantiliste

En fait, si paradoxe il y a, il est ailleurs. Car, si la pauvreté d'une partie importante de la population est bien palpable, l'aisance financière de l'Etat est un trompe-l'œil et ne démontre en rien que l'Algérie soit riche. Cette aisance financière est illusoire pour plusieurs raisons. D'une part, elle résulte d'excédents financiers aléatoires et non renouvelables. Ils sont issus d'une activité primaire, celle des hydrocarbures qui a une durée de vie limitée (au mieux une génération), générant un excédent commercial externe particulièrement sensible aux fluctuations du marché international et constituant un gisement fiscal couvrant aux deux tiers le budget national. Historiquement, cela n'a rien d'exceptionnel. Bien des pays ont connu une telle situation. Suite à la découverte du Nouveau monde, dès le XVIe siècle, certains pays cédèrent avec laxisme aux bienfaits de l'or et des pierres précieuses rapportés par bateaux entiers des Amériques. Ils pensaient alors que richesse et développement se mesuraient au volume du trésor amassé. Ce fut le syndrome mercantiliste. Il coûta cher à des pays comme l'Espagne, le Portugal ou l'Italie qui, longtemps, furent à la traîne du formidable essor impulsé par la Révolution industrielle. Sa critique scientifique dès les XVIIe et XVIIIe siècles, notamment par Adam Smith, fut à l'origine de la constitution de l'économie politique en tant que science. Depuis, celle-ci a réalisé des progrès considérables, et la révolution industrielle est désormais reléguée au rang d'ancêtre de la nouvelle Révolution scientifique et technique qui accompagne la mondialisation. Au-delà de tous ces bouleversements et des leçons qu'ils ont générées, on sait, ne serait-ce que depuis l'expérience algérienne de 1986, que les recettes d'exportation et fiscales peuvent fondre comme neige au soleil (2), tandis que le niveau des importations, dépendance alimentaire oblige, atteint vite son niveau incompressible. Dès lors, en ce début de XXIe siècle, forts de tout cet héritage historique, scientifique et pratique, peut-on, sans réagir, laisser l'Algérie se fourvoyer elle aussi dans le syndrome mercantiliste au risque, à son tour, de louper définitivement le train de cette nouvelle révolution scientifique et technologique ? Par ailleurs, que penser du niveau des réserves de change ? Quand on examine les pays développés ou même émergents, on constate que celui-ci n'atteint jamais le niveau algérien. Ainsi, le rapport réserves de change/PIB est de 2% en France, de 16% en Norvège, de 26% en Corée du Sud et même de… 8% en Arabie Saoudite. En Chine, où l'on pratique également une politique dynamique de constitution de réserves de change, le taux n'est que de l'ordre de 50% de son PIB contre 100% en Algérie. Est-il justifié de conserver un tel volume de réserves, dites de précaution, pour anticiper sur un possible retournement du marché pétrolier, comme ce fut le cas en 1986 ? Ce niveau de 90 milliards de dollars, n'est-il pas exagéré au regard de cet objectif ? D'autant que ce volume et le rythme accéléré avec lequel il a été constitué correspondent, on l'a vu, à une stratégie de change fondée sur les seules perspectives offertes par l'évolution des termes de l'échange issus des hydrocarbures. Ce faisant, ce trop-plein de réserves de change ne constitue-t-il pas un signal plutôt négatif en direction du système financier international, qui le comprendrait davantage comme proportionnel au niveau du risque/pays et comme la seule réponse possible de l'Algérie à une crise de son commerce extérieur ?
Par ailleurs, que penser de l'utilisation qui est faite de ces ressources tirées des hydrocarbures ? Côté dinars, le budget national est davantage « infrastructurel » : les moyens alloués à l'économie productive sont nettement insuffisants. En matière de fonctionnement, les dépenses pour les secteurs liés au transport, aux routes et autres équipements infrastructurels l'emportent sur les autres secteurs nationaux dont ils se déconnectent chaque jour davantage ; l'éducation et la santé restent des parents pauvres ; en matière de recettes, le système fiscal, alimenté à 65% par les hydrocarbures, continue d'ignorer le poids de l'informel et des activités spéculatives (3), et l'impôt pèse fortement sur les secteurs productifs légaux (l'impôt sur les bénéfices des sociétés, par exemple, est encore trop lourd pour les entreprises qui souhaitent réinvestir productivement leurs bénéfices) ; beaucoup d'argent continue d'être affecté à fonds perdus à des entreprises en mal de véritable restructuration industrielle. Côté devises, le placement, pour partie, de ces ressources dans un Fonds de régulation des recettes (FRR) et, pour partie, dans des obligations américaines, semble répondre au principe de précaution. Cependant, s'agissant du FRR, son objet principal, qui est de « neutraliser les surliquidités » en termes inflationnistes, et sa gestion centralisée, méritent débat au regard de ce qui est fait dans d'autres pays pétroliers, comme la Norvège par exemple. D'autant que, dans la réalité, le FRR participe à l'équilibre du budget national sans que cela n'empêche ni les poussées inflationnistes directes de (+4,5% en 2007) ni la modification de la structure de l'inflation. Celle-ci, on le sait, a trouvé refuge dans le logement (où les familles les plus pauvres, quand elles ont un logement, engloutissent jusqu'à 50% de leurs maigres revenus) et dans le foncier pour y développer une immense bulle spéculative. Avec le risque, à court ou moyen terme, de perdre le contrôle de l'évolution de l'ensemble des prix des biens et services. Quant aux obligations américaines, constituent-elles le placement le plus rentable et le plus sûr, quand on connaît le niveau abyssal du déficit américain et l'évolution du dollar face à l'euro ? Est-il économiquement juste de financer le budget américain pour qu'il subventionne ses géants de l'agroalimentaire dans le but de doper artificiellement leur compétitivité, de concurrencer de façon déloyale la multitude de petits paysans du tiers-monde, notamment africains, producteurs de céréales ou de coton, et de les réduire aux limites de la survie ? Est-il socialement juste de contribuer au financement de la recherche technologique américaine quand ce secteur souffre de graves contraintes organisationnelles et de ressources en Algérie ? De même, est-il politiquement juste de financer, avec de l'argent algérien, le déficit américain causé, pour l'essentiel, par les énormes dépenses militaires (plus de 300 milliards de dollars/an) imposées par les engagements de l'hyper -puissance au Moyen-Orient ? Enfin, pour être durable, l'aisance financière doit pouvoir s'appuyer sur une monnaie nationale reconnue internationalement. Une monnaie convertible, car c'est de cela qu'il s'agit, n'est-ce pas là le premier symbole de l'évolution de la richesse d'un pays ? Aussi, jusqu'à quand l'Algérie va-t-elle se contenter, pour avoir des devises, de l'excédent sur ses recettes d'exportations d'hydrocarbures, du recours à l'endettement international ou aux capitaux extérieurs (4) ? Le temps est venu de débattre sérieusement et sereinement de la question de la convertibilité du dinar et de mettre un terme à la double existence officielle et parallèle de la monnaie nationale car, on le sait, la convertibilité est un des moyens essentiels de lutte contre l'économie spéculative, la fraude fiscale et les fuites invisibles de capitaux qui gangrènent, via le commerce extérieur de l'Algérie, les activités productives du pays. La monnaie nationale, à travers son taux de change librement établi, pourra alors refléter les performances objectives de l'économie nationale.

Derrière le pétrole, la gouvernance

Dès lors, cette aisance financière en trompe-l'œil ne peut cacher la réalité d'une croissance sans développement, illustrée par la 102e place que l'Algérie occupe selon l'indicateur de développement humain des Nations unies pour 2006 (elle occupait la 103e place en 2005). Pourtant, on va le voir, ni le pétrole ni le gaz ne sont responsables de ce non-développement. En effet, faire le constat d'une croissance sans développement ne signifie pas qu'il faille se passer de ces formidables ressources financières en devises et en dinars que rapportent les hydrocarbures, ni qu'il faille vouer Sonatrach aux gémonies ou jeter aux orties son programme de développement. Pas plus qu'il faille culpabiliser son remarquable potentiel humain. Bien au contraire, il faut la consolider et valoriser au mieux ses travailleurs (un pas devrait être fait en ce sens avec la nouvelle grille des salaires), avant qu'ils ne cèdent aux sirènes de la concurrence internationale, en Algérie, au Maghreb, voire au-delà. Au demeurant, sous conditions de respecter l'éthique et l'environnement, tout excédent financier est bon à prendre. Il reste, cependant, que les excédents financiers tirés des hydrocarbures ont un impact limité, comme on l'a vu, aussi bien par le caractère non renouvelable de cette énergie que par l'usage peu productif qui en est fait. Comment comprendre autrement la part du lion consacrée aux investissements pétroliers et infrastructurels au regard de ce qui est alloué aux secteurs industriel et agricole ? Comment comprendre autrement la participation marginale des entreprises nationales et de leurs travailleurs à ces travaux infrastructurels ? N'est-ce pas une des causes de l'augmentation brutale du volume des importations (plus de 26 milliards de dollars en 2006) ? Le développement, il faut le rappeler, est d'abord affaire de choix, de stratégie et donc de gouvernance. A titre d'illustration, prenons le cas d'un autre pays pétrolier : la Norvège. Ce pays de moins de cinq millions d'habitants dispose aujourd'hui d'un niveau de réserves de change deux fois moins important que l'Algérie (47 milliards de dollars). Jusqu'au milieu du XXe siècle, le pays fut, avec le Portugal, le plus pauvre de l'Europe. Pourtant, ce pays caracole depuis plusieurs années en tête du classement mondial en termes de développement : le PIB norvégien par habitant a été multiplié par six en une quarantaine d'années (contre un peu plus de deux fois en Algérie) ; le revenu annuel moyen par habitant est désormais de 64 000 dollars, soit 20 fois supérieur à celui de l'Algérie. Comment la Norvège en est-elle arrivée là ? Tout d'abord, il faut savoir que la production de pétrole (140 millions de tonnes) et de gaz (87 milliards de m3) ne participe au mieux qu'à hauteur de 25% à la croissance de la richesse nationale grâce à une structure productive nationale plus équilibrée : les hydrocarbures constituent 15% du PIB norvégien, quand ils représentent près de 45% du PIB algérien ; les hydrocarbures ne représentent que 57% des exportations norvégiennes, contre 97% pour l'Algérie. Autrement dit, la richesse nationale norvégienne est à 85% le fruit des secteurs hors hydrocarbures (25% pour les produits manufacturés contre 5,2% en Algérie), et près de la moitié des exportations y sont constituées de produits hors hydrocarbures, principalement des produits manufacturés et à haute valeur technologique. C'est dire que la croissance norvégienne est une croissance équilibrée et soutenable s'appuyant sur l'ensemble de son secteur productif. Ces performances ne sont pas sans relation avec les principes qui président à l'organisation et à la gestion du « Fonds de pension du gouvernement » mis en place comme en Algérie, et principalement alimenté par les recettes d'hydrocarbures. Trois principes essentiels guident son fonctionnement : veiller à ce que le budget ordinaire reste l'outil central de gestion de la politique publique ; veiller à maintenir une structure industrielle diversifiée ; consolider la stabilité de l'économie norvégienne. Sur cette base, le Fonds de pension du gouvernement est géré de façon transparente sous le contrôle du Parlement et les partenaires sociaux (patrons et syndicats) sont associés à la définition de ses objectifs. Parallèlement, les déficits éventuels du budget ordinaire peuvent être occasionnellement couverts dans des limites correspondant au rendement obtenu de la gestion du Fonds. Enfin, au niveau de la dépense publique, une large part est consacrée à l'éducation et à la santé. Dans ce cadre, dès lors que les réserves de change ne dépassent pas, comme on l'a vu, un niveau raisonnable de « précaution », les ressources du Fonds sont totalement investies à l'étranger avec trois objectifs essentiels : assurer une répartition sur toutes les places financières dans le monde ; investir selon un portefeuille largement diversifié ; respecter concomitamment critères de rentabilité, environnementaux et éthiques. Résultat, à fin 2006, plus de 300 milliards de dollars sont accumulés dans le Fonds, soit l'équivalent du PIB, et six fois le niveau des réserves de change. Le rendement annuel du Fonds est de 12,6%, soit 38 milliards de dollars d'intérêts ! Mieux, au-delà de ce résultat financier, ce succès accompagne, on l'a vu, des performances exceptionnelles en matière de développement humain : les dépenses publiques de santé et d'éducation représentent chaque année près de 16% du PIB (soit plus de 45 milliards de dollars), quand elles ne dépassent guère 7 à 8% du PIB en Algérie (7) ; le taux de chômage y avoisine les 3% de la population active, soit 5 fois moins important qu'en Algérie. Dès lors, on le voit, avec des ressources en hydrocarbures identiques et un niveau de réserves de change deux fois moins importants, la Norvège consolide chaque jour un peu plus sa place de leader du développement à l'échelle mondiale et prépare au mieux l'avenir de son peuple, puisque les formidables ressources accumulées par le Fonds seront au fur et à mesure de l'épuisement des ressources minérales, utilisées au financement des retraites (la population est moins jeune qu'en Algérie et le taux démographique est de l'ordre de six pour mille) et de la santé publique. La leçon de l'exemple norvégien est simple : le pétrole n'est pas responsable du non-développement ; il peut, sous certaines conditions de gouvernance, être le carburant du développement ; il ne peut en être le moteur, ce rôle étant dévolu à une structure productive largement diversifiée. Le problème de l'Algérie se situe donc ailleurs : au niveau de la politique de développement initiée depuis plusieurs décennies, dont on tarde à faire le deuil pour passer à des stratégies alternatives visant une réelle diversification et compétitivité de la structure productive nationale ; à celui du mode de gouvernance qui a accompagné jusqu'à aujourd'hui une telle démarche. Or, à ces deux niveaux, malgré les promesses de réformes, le passif reste lourd : les entreprises nationales hors hydrocarbures, publiques et privées, n'ont toujours pas accès aux ressources (financières, organisationnelles, techniques et humaines) dont elles ont besoin, et ne génèrent pas, à leur tour, les surplus nécessaires à leur développement ; le pays tarde à engager les réformes structurelles qui s'imposent pour sortir de la spécialisation primaire et sectorielle.
Sur ce dernier point, c'est une véritable révolution dans le mode de gouvernance qu'il faut engager. C'est, en tout cas, une des conclusions que l'on peut tirer de récentes études multicritères (2005) sur la gouvernance dans le monde qui indiquent que l'Algérie demeure en deçà de la moyenne mondiale(8). Qu'on en juge pour six de ces critères, notés sur une échelle de un à cent (9). Pour le critère de « Responsabilité », l'Algérie obtient 25 points, quand la Corée du Sud recueille 68 points et la Norvège… 99 points. Pour le critère de « Stabilité politique », l'Algérie obtient 18 points, la Corée du Sud 61 et la Norvège 92. Pour le critère de « Efficacité de la gouvernance », l'Algérie obtient 43 points, la Corée du Sud 79 et la Norvège 98. Pour le critère de « Qualité de la régulation », l'Algérie obtient 26 points, la Corée du Sud 72 et la Norvège. Pour le critère de « Respect de la loi », l'Algérie obtient 32 points, la Corée du Sud 72 et la Norvège 99. Enfin, pour le critère de « Contrôle de la corruption », l'Algérie obtient 42 points, la Corée du Sud 69 et la Norvège 97.

Une aisance financière globale et structurelle

Au vu de ces quelques éléments d'analyse, et des comparaisons présentées succinctement, est-il encore nécessaire de souligner le caractère illusoire de l'aisance financière algérienne ? Probablement pas. Il n'empêche que la question de l'aisance financière réelle est à la fois une vraie question de recherche et une question politique majeure, à condition de l'examiner dans toutes ses dimensions et en relation avec la question du développement réel (10). De cette brève analyse, il ressort une première conclusion fondamentale : l'aisance financière n'a de sens que globale. Elle doit être la traduction d'un surplus économique global. Celui-ci doit être le résultat d'une croissance équilibrée dans toutes les composantes productives de la nation. Pour chacune de ces composantes, l'aisance financière doit être examinée dans ses origines, dans son contenu et dans sa destination. Dès lors, une seconde conclusion fondamentale peut être tirée : une aisance financière est réelle et durable quand elle a pour origine et pour contenu l'activité productive, et pour destination la consommation interne. Autrement dit, pour être significative, en termes de développement, l'aisance financière doit se situer à la fois au niveau de l'Etat, mais aussi à celui des entreprises et, last but not least, à celui des citoyens. C'est dire qu'au niveau de l'Etat, d'une entreprise ou d'un citoyen, une aisance financière tirée de rentes primaires, commerciales ou spéculatives ne peut être qu'artificielle, limitée dans le temps et contre-productive. C'est dire aussi qu'une aisance financière au niveau de l'Etat qui ne se conjuguerait pas avec une aisance financière au niveau des entreprises et des citoyens serait sans lendemain. Pour ces derniers, notamment, l'enrichissement de l'Etat ne peut être compris que s'il s'accompagne de meilleurs revenus directs (salaires et rémunérations) et indirects (redistribution sociale) et d'une amélioration structurelle de leur pouvoir d'achat. Là encore, l'exemple norvégien confirme cette conclusion : l'Etat y vit dans l'aisance financière, mais ses entreprises et ses citoyens aussi. Dès lors, dans tout pays, vouloir le développement c'est, in fine, viser l'aisance financière concomitante à chacun de ces trois niveaux. Aussi, toute stratégie de développement doit être jugée sur sa capacité à impulser l'émergence et la consolidation de cette triple aisance financière aux niveaux de l'Etat, des entreprises et des citoyens. Bien entendu, assurer l'aisance financière à ces trois niveaux ne signifie pas qu'il faille distribuer directement et sans contrepartie à l'Etat, aux entreprises ou aux citoyens les dividendes pétroliers. Il va de soi que l'aisance financière doit provenir de la création de richesse et d'une discipline budgétaire rigoureuse à chacun de ces niveaux. Dans cette perspective, comment imaginer que l'Algérie pourrait se développer sans un Etat tirant sa force de ressources budgétaires issues de tous les secteurs productifs, et de dépenses publiques principalement affectées en direction de ces mêmes secteurs productifs ? Inimaginable. Dès lors, comment générer des ressources hors hydrocarbures sans une urgente et profonde réforme fiscale, qui taxe fortement les activités rentières et spéculatives et favorise les activités et revenus productifs ? Comment structurer de façon dynamique la dépense publique pour favoriser ces mêmes secteurs productifs, et les secteurs d'accompagnement (éducation, recherche, santé, logement), sans un réexamen objectif des règles et procédures qui président encore aux équilibres budgétaires ? Mais ces conditions budgétaires, pour indispensables qu'elles soient, n'épuisent pas la question du développement. Dans ce cadre, comment imaginer que le pays pourrait se développer sans un tissu et un réseau d'entreprises publiques et privées nationales innovantes et performantes (donc à l'aise financièrement), au moment où la concurrence internationale et même intermaghrébine est des plus féroces ? Inimaginable. Récemment encore, au niveau international on constatait le faible niveau de compétitivité de l'économie nationale. Avec un indice de 3,48, parmi une quarantaine de pays en développement, l'Algérie se classait à la 29e place derrière la Tunisie, la Jordanie et la Libye (11). Pour dépasser cette réalité, comment pourrait-on promouvoir un maillage industriel cohérent et solide, sans lever toutes les contraintes qui pèsent depuis plusieurs décennies sur ces entreprises : accès limité, et en ordre dispersé, au foncier et au crédit ; blocage et fragilité de la recherche développement et de l'accès aux nouvelles technologies de l'information et de la communication ; embryons de filières technologiques nationales cantonnées dans les activités primaires, d'assemblage ou de conditionnement, atomisées et disséminées sur tout le territoire national ; insuffisance et faiblesse des partenariats entre l'Etat et les entreprises nationales, le plus souvent restreints aux sempiternelles mesures dites de restructuration financière (qui engloutissent, sans retour, des sommes astronomiques), ou plus récemment à celles relatives à la mise à niveau pour la conquête… des marchés extérieurs ; ouverture à des partenariats industriels ou commerciaux restreints aux domaines « traditionnels » ou déséquilibrés avec les entreprises internationales (celles-ci s'intéressant davantage au « matelas » de devises du pays qu'à son développement) ; intérêt limité pour la diaspora algérienne, ses élites et ses potentialités multiformes forgées dans la concurrence et l'adversité. Comment imaginer, enfin, que l'Algérie pourrait se développer sans que ses citoyens, notamment les jeunes, participent activement à la création de la richesse nationale hors hydrocarbures et à son partage équitable ? Inimaginable. A l'évidence, cette participation active ne peut résulter, comme c'est le cas aujourd'hui, de leur insertion, au petit bonheur la chance, dans les circuits de l'informel pour y subir la précarité et la dureté des petits boulots, quand ils ne sombrent pas dans toutes formes de délinquance. Cette participation active ne viendra pas non plus de leur quête insensée, et, au risque de leur vie, de l'eldorado européen, attisé en permanence par les réseaux satellitaires et par les filières illégales de passeurs transméditerranéens. On est là au cœur du développement. L'humain, et particulièrement les jeunes, constitue depuis longtemps l'enjeu crucial du développement : son atout et son objectif. Si l'on veut éviter que l'Algérie continue de se vider de sa sève, on mesure l'effort colossal qu'il faut consentir, en termes financiers, organisationnels, et même moraux, pour les nourrir, les éduquer et ouvrir leur esprit aux sciences et techniques, pour qu'ils acquièrent au plus vite ces compétences et qualifications qui leur permettront de rivaliser par le travail, la création et l'innovation avec les jeunesses du monde. Mais, c'est aussi celui qu'il faut soutenir pour créer les conditions qui permettront à ces jeunes d'exercer leurs savoirs et leurs talents en Algérie, devenant ainsi le fer de lance de la compétitivité des entreprises algériennes et au-delà de l'économie nationale, et son meilleur ambassadeur en termes « d'attractivité ». Parmi ces conditions, trois séries méritent de figurer en bonne place : celles qui favoriseront l'émergence d'un système éducatif et de recherche résolument tourné vers la modernité ; celles qui permettront l'organisation d'un véritable marché du travail multiplicateur d'emplois, et sur lequel ils pourront négocier de vrais « jobs », construire de vrais parcours professionnels, et faire évoluer leurs rémunérations au gré de leurs compétences, de leurs qualifications et de leur productivité ; celles, enfin, qui permettront l'organisation et l'expansion d'un marché intérieur regorgeant de produits et services, de qualité et à des prix compétitifs, issus pour une large part de la production nationale. Autrement dit, autant de conditions qui légitimeront et garantiront « leur aisance financière » par le travail productif. Une aisance qui leur permettra, en toute liberté, et sans le secours de l'Etat, de transformer leurs rêves en projets, et leurs projets en réalité. Alors, on pourra dire, avec raison et fierté, que l'Algérie et son peuple sont riches.

Notes de renvoi :

1- Notamment asiatique : ils seraient, officiellement plus de 30 000. Mais aussi travailleurs des pays d'Afrique subsaharienne, en attente d'une hypothétique traversée vers l'Europe. Terre d'émigration, l'Algérie devient rapidement une terre d'immigration.
2- Celles-ci avaient chuté de l'ordre de 40% en une année, au moment même où le pays était surendetté !
3- Ce qui explique pour une large part les niveaux élevés de fraude et d'évasion fiscales qui caractérisent le pays.
4- Le volume d'investissements extérieurs reste somme toute relativement modeste (moins de 1,5 milliard de dollars/an) et principalement orienté vers les hydrocarbures et la téléphonie.
5- Il fut notamment occupé cinq ans par les armées nazies lors de la Deuxième Guerre mondiale
6- Même en faisant la comparaison à parité de pouvoir d'achat, l'écart reste de un à huit.
7- Soit près de 10 000 dollars par an et par habitant de dépenses publiques d'éducation et de santé en Norvège, contre 250 dollars en Algérie, et un rapport de un à 40. Cela s'explique par le fait que le PIB norvégien est trois fois plus important que celui de l'Algérie, alors que sa population est près de sept fois plus faible.
8- Ces faibles performances en termes de gouvernance ne sont d'ailleurs pas étrangères à la détérioration du climat d'affaires, comme a pu le constater le rapport pour 2008 de « Doing Business » (Banque mondiale) qui classe l'Algérie à la 125e place sur 178.
9- Source : Kaufmann, Daniel, Aart Kray et Massimo Mastruzzi, in Governance indicators for 1996/2005, papier de recherche pour la Banque mondiale, et A decade of Measuring the quality of governance, septembre 2006.
10- Nous indiquions, lors d'un précédent débat d'El Watan, le contenu de ce développement réel analysé, « selon quatre regards croisés : celui de la diversification et de l'expansion de la production locale et des exportations ; celui du développement humain ; celui du développement durable ; celui du développement comme processus d'expansion des libertés ».
11- Il en est de même pour la productivité. Celle-ci est tellement basse que l'Algérie se classe à la 85e place sur 93, très loin derrière la Tunisie voisine (15e rang).

Demain : Pays riche, pays pauvres : aux sources du paradoxe algérien, par le Dr Ahmed Benbitour

Smaïl Goumeziane
 
mardi 13 novembre 2007
  Ce n’est qu’un début, M. Bush junior




13-11-2007
Que devrons-nous retenir de l’année 2007 qui s’achève dans des bruits de bottes qui claquent et crissent d’impatience et de charges atomiques prêtes à la déflagration, à l’abri, sous les ailes de Faucons combattants F16 ?

Ces rumeurs et ces clameurs autour de la prochaine victime annoncée, synchronisées à l’échelle planétaire, étouffent les éclats des massacres à grande échelle en Irak, en Afghanistan et en Palestine.
La propulsion à la magistrature suprême en France d’un Naboléon au verbe court, dégainant l’insulte vulgaire et toujours enthousiaste pour une rixe comme seule réponse au malaise social ? Le mini-Tsar Cözy encombre certes toute les premières pages d’actualités, mais les effets de sa politique économique tant vantée par les déclinistes qui se sont évertués à en faire la promotion, ne feront pas la croissance escomptée.

La France fera moins de deux pourcents de croissance et l’ensemble de la zone euro ne prétend pas dépasser les un plus un.
Le commissaire aux affaires économiques européennes croit voir des nuages pointer à l’horizon, c’est qu‘il n’avait jamais levé les yeux ni vraiment observé le ciel depuis longtemps obscurci par l’attitude belligérante et ténue de l’Occident ( Europe, US(a) et Japon ) dans la croissance mondiale - 18,3% alors que l’Inde et la Chine y contribuent à 40% en 2007-.
L’identité nationale tarde à être définie par le ministère auquel elle a été solennellement confiée. Mais si l’on en croit le dernier discours proféré la main sur le cœur par SAR Cözy devant le Congrès Étasunien, il nous faut imaginer que celle-ci, l’identité, voulue par le rejeton d’un nobliau hongrois coïncide avec les images d’un fantasmatique Visage Pâle vainqueur des sauvages Peaux Rouges fournies en Technicolor par les westerns conquérants des années cinquante. Le bel ouvrage de Hollywood, pure propagande antisoviétique, continue de hanter l’imaginaire rétréci et circonscrit à une mythologie révolue de notre apprenti-président.

La faiblesse du dollar, et donc la cherté de l’euro, sont le moyen le plus artificiel imposé par Ben Shimon Bernanke et subi béatement par la BCE pour masquer la récession réelle du futur ex-empire. Notre ancien Sinistre de l’Intérieur ne s’est guère empressé de le faire remarquer outre-Atlantique. Le pays France semble être gouverné selon l’unique principe de la chasse à l’étranger sans-papiers et tout autre pouvoir régalien est remisé tant le canon théologique de la libre Concurrence et Pas d’État prévaut aussi bien dans la gestion des Universités que dans la pénalisation des délits financiers.

La seule fonction que le pouvoir résiduel national exerce encore, sans devoir requérir préalablement les secours des Commissions Européennes, est celui de la police répressive. Il s’agit bien du champ d’activité affectionné et connu de notre ancien candidat à la Présidence où de minuscules succès
seraient à comptabiliser.

Les quelques immigrations « familiales » qui ont eu lieu se sont produites à l’occasion des régularisations des parents d’enfants scolarisés à l’été 2006. Dans ces cas, le test « a des haines » auraient dû se faire à rebours, et concerner les parents plutôt que les enfants. Nous apprendrons certainement un jour que les cas prévisibles justiciables de cette mesure infâmante n’excèdent pas quelques centaines, mais la loi a été faite pour flatter le racisme ambiant et détourner de la dure réalité que la France ne représente plus qu’une moyenne, de plus en plus médiocre puissance dans un monde en mutation.

L’événement inaugural notable du millésime a eu lieu le 11 janvier 2007. La Chine a réussi à envoyer un missile, un dérivé de vecteur intercontinental, qui a détruit un ancien satellite météorologique en orbite à 800 Km au-dessus de la Terre.
Désormais, les satellites espions et de téléguidage ne sont plus à l’abri d’une destruction. La Chine a acquis sûrement la technologie, en particulier le laser à très haute énergie, capable d’endommager les capteurs optiques de reconnaissance des satellites et de brouiller les systèmes GPS. Elle a la capacité aux moyens de radars laser de dépister des satellites avec orbitales basses.

La maîtrise de l’espace par le Système GPS est bien contestée aux US(a). Ils ont tout fait par ailleurs pour faire échouer le développement par les Européens de leur propre système Galileo. Aujourd’hui retardé et englué dans un problème de financement par des entreprises privées alors que l’option d’un téléguidage autonome est le garant d’une entité politique européenne indépendante, sa venue au jour est compromise.
Or toute la technologie d’armement US est fondée sur sa suprématie dans les airs. Les avions et les bateaux étasuniens aveuglés par les lasers chinois deviennent inopérants.

Le second événement majeur nous vient du début de l’effondrement du système bancaire britannico-étasunien mis en activité par le facteur déclenchant de la crise des prêts hypothécaires cet été. Le fond du problème est quand même la situation de débiteur mondial et surtout vis-à-vis de la Chine et du Japon d’une économie étasunienne qui ne survit uniquement qu’en créant des dettes, et en les revendant à autrui, en les « titrisant » et en encourageant la production de bulles spéculatives, brouillant ainsi la réalité de son état de délabrement avancé. Les banques, depuis que la religion de la dérégulation n’admet aucun hérétique, se dotent de valeurs « actifs » dont elles calculent elles-mêmes la valeur théorique et qui leur servent de réserve virtuelle capitalistique .

L’État britannique comme le fédéral étasunien quand les banques ne se sont plus faites confiance entre elles (elles sont structurées selon un modèle identique appelé engineering financier pour dire la fiction de leurs avoirs) sont intervenues en injectant des liquidités. Cette périphrase cache mal que les taxes et impôts de la glèbe ont servi et servent à combler le vide sidéral des réserves bancaires. La perte de confiance est contagieuse. Or le fonctionnement de ces nouveaux produits financiers sophistiqués suppose la croyance en la fiction de leur valeur escomptée, car les nouvelles normes de comptabilité permettent d’inclure dans les avoirs les résultats de ventes non réalisées. L’Islam et son interdit explicite de la spéculation et de la pratique d’enrichissement par le prêt de ce qui ne devrait servir que de moyen d’échange ne peut être vu par le système que comme l’ennemi théorique absolu.

Perte d’influence et d’hégémonie par la guerre même faite au Reste du Monde, perte de la suprématie dans la guerre aérospatiale, la seule qui vaille depuis la première guerre mondialisée par l’Europe, perte accélérée de la domination du dollar et du système financier anglo-saxon, ce n’est qu’un début, Mr G W Bush.

Convergence des Causes
13 novembre 2007
 
vendredi 9 novembre 2007
  Israël : perpétuel criminel, perpétuel menteur
PROCHE ORIENT


Exactement comme les nazis cherchèrent à concocter des "raisons" pour justifier leurs crimes, l'Etat sioniste d'Israël et ses partisans fanatiques font de même pour justifier le génocide lent que l'Etat juif perpètre contre les 1,4 million d'habitants de la Bande de Gaza.

Par Khaled Amayreh



 Israël : perpétuel criminel, perpétuel menteur
Les porte-paroles et les apologues israéliens, en particulier en Amérique du Nord, où les Juifs sionistes contrôlent une grande partie des médias, proclament systématiquement qu'Israël n'a aucune obligation morale ou légale de nourrir ou de s'occuper de la nourriture des Gazans sous blocus.

C'est bien sûr un argument manifestement trompeur, parce qu'Israël est toujours "la puissance occupante" de la Bande de Gaza et l'armée israélienne contrôle toujours de façon étroite l'espace aérien, les eaux territoriales et tous les passages frontaliers de Gaza.

Israël contrôle également les déplacements de tous les individus et le flux des marchandises et des services entrant et sortant de Gaza. Raisons pour lesquelles Israël ne peut pas en même temps maintenir Gaza sous contrôle et désavouer sa responsabilité dans la catastrophe humaine et économique qui se développe dans le petit territoire.

Certains esprits malades déclarent que parce qu'Israël est un Etat souverain, il a le droit de faire ce qu'il juge adéquat pour se défendre et préserver ses intérêts.

Oui, les nazis ou les néo-nazis contemporains peuvent tenir un argument similaire au sujet du 3ème Reich, à savoir que l'Allemagne sous Hitler était un Etat souverain et qu'elle avait le droit de faire tout ce qu'elle jugeait adéquat pour défendre et préserver les intérêts allemands.

Mais si les états souverains ont le droit de se comporter comme bon leur semble pour défendre leurs intérêts, alors les Juifs devraient cesser de blablater sur l'holocauste, puisque, selon cette logique ridicule, l'Allemagne avait le droit de faire tout ce qu'elle a fait pendant la 2ème Guerre Mondiale.

La souveraineté n'est pas absolue, et aucun état-nation n'a le droit de commettre des crimes contre l'humanité et de violer les droits humains et les libertés de ses citoyens et sujets sous le prétexte de souveraineté. Il va sans dire que les Palestiniens, en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza, sont les sujets et les prisonniers d'Israël. Oublions le judenrat palestinien (1) appelé Autorité Palestinienne.

Les porte-paroles israéliens continuent de répéter, sans aucune honte, qu'Israël a mis fin à son occupation militaire de Gaza, et qu'il n'est plus responsable du bien-être des 1,4 millions d'êtres humains du territoire.

En vérité, loin de mettre fin à son occupation de la Bande de Gaza, Israël a en fait transformé la petite enclave côtière d'environ 300km² en un camp de détention qui ressemble, de façon choquante, au ghetto de Varsovie sous les nazis.

C'est vrai qu'Israël a évacué quelques 2.000 colons juifs de Gaza, principalement pour éviter les conséquences démographiques de l'annexion d'une importante population non juive à Israël.

Mais l'Etat juif a maintenu son contrôle sur la vie de Gaza en contrôlant les livraisons de nourriture, d'énergie et d'eau vers l'enclave bondée où près de 70% de la population a recours à l'aide alimentaire mensuelle de l'UNRWA et autres associations caritatives.

L'année dernière, après la capture d'un soldat israélien par la guérilla palestinienne, l'armée israélienne a lancé une incursion de grande envergure à Gaza, tuant des centaines de personnes, pour la plupart des civils innocents.

De plus, l'armée israélienne a bombardé et détruit la plupart de l'infrastructure civile de Gaza, dont la centrale électrique, les routes, les écoles et les bâtiments publics.

La justification classique israélienne pour le blocus criminel actuel est qu'Israël a le droit et le devoir de défendre ses citoyens contre les projectiles Qassam tirés par les résistants palestiniens sur les colonies juives voisines.

C'est bien sûr un argument trompeur. Le Hamas et l'Autorité Palestinienne ont maintes fois proposé un cessez-le-feu total, qu'Israël a toujours refusé.

Alors, que veut réellement Israël ? Tuer les Gazans lentement, et aussi tranquillement que possible ? Israël ne peut affamer et bloquer Gaza et couper les fournitures de fuel et d'électricité et les autres produits vitaux aux habitants déjà suppliciés et en même temps se plaindre des tirs de quelques projectiles pratiquement inoffensifs, qui causent très peu de dégâts.

En plus de 3 ans, et après les tirs de milliers de roquettes Qassam, seuls 10 Israéliens ont été tués. Comparez ce chiffre aux centaines de Palestiniens, femmes, hommes et enfants tués impitoyablement par la machine de mort israélienne depuis la capture du soldat israélien l'an dernier.

Ce ne sont pas des représailles. C'est un massacre prolongé.

C'est une honte que des armes létales, prévues pour servir contre des armées régulières et puissantes, soient utilisées pour infliger la mort et la terreur sur des civils impuissants et sans protection. Oui, une armée qui se sert de F-16, d'hélicoptères Apache et de tanks Merkava contre des réfugiés pauvres n'est pas une armée de soldats, c'est une armée de voyous et de criminels de droit commun.

Malheureusement, les criminels, y compris les états criminels, ne comprennent pas le sens du mot honte. Il ne figure pas dans leurs dictionnaires.

En bref, Israël triche sur cette question des soi-disant "roquettes" Qassam. Israël provoque systématiquement le tir de ces projectiles en tuant des Palestiniens, en les affamant, en leur interdisant d'aller pêcher dans leurs propres eaux, en les empêchant de quitter Gaza pour le travail, l'enseignement, les soins médicaux et même pour le pèlerinage aux lieux saints de La Mecque.

Est-ce que le monde sait, ou s'inquiète de savoir, combien de Gazans attendent la mort parce qu'une nation qui s'autoproclame "la lumière des nations" refuse qu'ils aillent en Egypte ou en Cisjordanie pour se faire soigner ? Honte sur ce monde hypocrite ! Honte !

Aujourd'hui, Gaza ressemble à un camp de concentration, un endroit où l'odeur de la pauvreté, de la souffrance et du désespoir est partout, quand des hommes politiques qui ont perdu toute crédibilité continuent à jacasser sur le droit d'Israël à se défendre en même temps qu'ils ignorent complètement le droit des Palestiniens à la survie, à la sécurité, à la nourriture et à la dignité.

Je sais combien il est futile de faire appel à la plupart des gouvernements de ce monde, qui en sont arrivés à être gouvernés par la satanique doctrine du politiquement correct.

Mais des hommes et des femmes de conscience, de par le monde, peuvent faire la différence s'ils dénoncent et portent dans les rues l'exigence de mettre fin à la tragédie, créé par l'homme, qui se déroule en ce moment à Gaza.

Pour qu'un changement se produise et que des centaines de milliers d'hommes, de femmes et d'enfants innocents soient sauvés d'une mort lente, les gens qui ont une conscience et de la moralité doivent dénoncer, organiser des manifestations, descendre dans les rues et ne rien lâcher jusqu'à ce que cette obscénité se termine.

C'est aussi l'occasion pour les Juifs de conscience de montrer au monde que les Juifs ne sont pas comme les Allemands, qui n'ont rien dit et sont restés indifférents lorsque le Troisième Reich faisait ce qu'il faisait.

Je dis ceci parce que si Ehud Olmert et Ehud Barak, et les autres criminels de guerre, font ce qu'ils font en votre nom, alors agissez et prouver au monde que vous êtes à la hauteur des idéaux suprêmes auxquels vous prétendez adhérer.

L'Histoire ne sera pas tendre avec vous, si vous ne le faites pas.

(1) Pendant la Seconde Guerre mondiale, les Allemands créèrent des Judenräte (au singulier, Judenrat), c'est-à-dire des conseils juifs. Ces administrations municipales juives servaient à transmettre et à appliquer les ordres et les législations des nazis. Les membres des conseils juifs eurent aussi la charge de fournir des services communautaires de base à la population juive enfermée dans les ghettos. Ils étaient à la fois des courroies de transmission et des administrations complètes pour les Juifs, dont des unités de police.

Source : Palestine Info
Traduction : MR pour ISM

Vendredi 09 Novembre 2007
Khaled Amayre
 
mercredi 7 novembre 2007
  APPEL AUX ALGERIENNES ET ALGERIENS


Notre frère, le Docteur Salah Eddine SIDHOUM vient de proposer sur « El Nikach El hour » d’ « Algérie Politique », l’avènement d’un projet politique. Un rassemblement de tous les Algériens de bonne volonté dans le cadre d’un FORUM de la DIGNITE et du CHANGEMENT. C’est une idée qui a profondément germé chez un certain nombre de volontés intellectuelles et politiques depuis quelques années. Le moment est venu pour ces forces qui se lèvent de concrétiser les espérances de tout un peuple, avec et pour leur peuple. Pour l’instauration d’un Etat de Droit.

Dans le préambule de son intervention sur « Algérie Politique », le Docteur SIDHOUM déclare : «C’est le début, In Cha Allah, d’une véritable résurrection qui permettra d’abord aux Algériens de dialoguer sereinement dans un profond respect des différences, puis de se rassembler et s’organiser autour d’un compromis politique historique en vue d’un changement radical et pacifique de régime et de la remise du pouvoir aux représentants authentiques du peuple élus démocratiquement. »

De nombreuses personnalités algériennes de haute moralité, venant d’horizons politiques divers, de sensibilités et d’ancrages politiques qui représentent les aspirations de tous les Algériens, dans leur diversité et leurs différences, sans exclusion aucune, seront sollicitées pour contribuer à la discussion, puis à l’enrichissement du MANIFESTE pour la DIGNITE et le CHANGEMENT.

Nous sollicitons l’intervention de tous les Algériens pour discuter et débattre des sujets importants et graves qui nous concernent, avant même que les personnalités pressenties ne soient invitées à rédiger le projet du Manifeste. L’implication massive et directe des Algériens dans ce projet sera un facteur de première importance dans la démarche du projet et aura valeur d’exemple pour l’avenir politique du Forum pour la Dignité et le Changement, où la volonté populaire ne sera plus jamais un vain slogan.

Dans ce cadre, « Tahia Bladi », organise un forum de discussion et de débats autour du projet politique pour un FORUM DE LA DIGNITE ET DU CHANGEMENT. Tous les Algériens, quel que soit leur sensibilité politique sont invités à y participer. Aucune censure ne sera pratiquée, aux seules conditions pour les intervenants du respect de l’Ethique politique et de la dignité humaine.

Pendant la période qui sera réservée à la discussion sur ce projet politique, « Tahia Bladi » sera consacré exclusivement à cette activité. Le Docteur Salah Eddine SIDHOUM sera le principal animateur des débats. Toutes les personnalités intellectuelles et politiques qui souhaiteraient s’exprimer et apporter leur contribution sont invitées à intervenir également.

Voici le programme des thèmes qui seront abordés dans un premier temps :
- Les principes fondateurs.
- La démocratie.
- La place de la religion dans la République.
- La place de l’Armée dans la République.
- La question de l’identité et de la langue tamazight.

Ces thèmes étant intimement imbriqués, nous ne les proposerons pas séparément. Les intervenants pourront livrer leur opinion ou, éventuellement, poser leurs questions, sur l’un ou l’autre de ces sujets.

Le forum sera ouvert le 1er novembre 2007.
Le 1er novembre 54 a été le début de la libération du patrie. Que le 1er novembre 2007 soit le début de la libération du citoyen !

Nous prions tous nos amis et visiteurs de relayer l’information pour permettre à un maximum de nos compatriotes d’y participer. Il ne tient qu’à nous de changer l’atroce situation dans laquelle se débat notre peuple. Le temps est venu pour l’Algérie et les Algériens de se hisser au rang qui est le leur. Celui d’une grande Nation. Celui d’un Peuple digne.

GLOIRE A NOS MARTYRS !
VIVE L’ALGERIE !






نـداء لـكـل الـجـزائـريـاتـ وكـل الـجـزائـريـيـن



خلال ندوة "النقاش الحر" التي أجراها مع قراء موقع الإنترنت "الجزائر السياسية" أعـلـن الأخ صلاح الدين سيدهم عن مبادرة تسعى إلى إخراج البلاد من المأزق التي تتخبّط فيه، و ذلك عبر مشروع جمع شـمـل كـل الإرادات النزيهة في إطار "منتدى الكرامة و التغيير"٠


لـقـد بدأ التفكير في هذا المشروع منذ سنوات في أوساط عدد من الإرادات الفكرية و السياسية ٠ ويـبـدو جـلـيـا أنـه حـان الأوان لـهـﺬه الـقـوى الـمـتـنـامـيـة لأن تـرى الـنـور وتسعى إلى تحقيق طموحات الـشـعـب – بـمـعـيـتـه ومـن أجـلـه - ، من أجل إقامة دولة القانون.

صرّح الدكتور سيدهم في مقدمة تدخله عبر موقع "الجزائر السياسية " أن هذه الفكرة قد تكون "بداية انـبـعاث حقيقي إن شاء الله، سـيـمـكـن الـجزائـريـين مـن فتح أبواب الحوار بينهم في جو يسوده الهدوء والاحترام مهما امتدت اختلافاتهم في الرؤى، ثم التجمع و التنظيم حول أرضية مشتركة تهدف إلى تغيير جذري و سلمي لنظام الحكم و تسليم السلطة للممثلين الحقيقيين الذين يتم انتخابهم بطريقة ديمقراطية"٠

سـتـوجّـه دعـاوىدونـمـا أي إقـصـاء - إلـى شخصيات وطـنـيـة معروفة بنزاهتها ومن مـخـتـلـف الآفاق السياسية تمثل طموح أغلبية الجزائريين في أطار تنوعهم و اختلافهم، لكي تساهم في النقاش وإثراء بـيـان الـكـرامـة و الـتـغـيـيـر٠

لهذا ندعو كل الجزائريين و كل الجزائريات للمساهمة و النقاش بقوة وحزم في المواضيع الحساسة و الحيوية التي تهمّنا جميعا قبل أن يتم دعوة شخصيات لتحرير المشروع النهائي للميثاق٠ إن المشاركة القويّة والمباشرة للجزائريين في هذا المسعى سيكون عامـلا أساسيا في إنجاح المسار و المشروع الذي سينبثق عنه وسيكون بمثابة مثال يضمن مستقبل المنتدى للكرامة والتغييرحـتـى تـتـحـول الإرادة الـشـعـبيـة مـن طـور الشـعـارات إلـى طـور الـعـمـل الـجـاد.
طوال كل هذه المدة سيتفرغ موقع "تحيى بلادي
" بصفة كاملة لهذه المهمة، في حين أن الدكتور صلاح الدين سيدهم سيكون المنشط الرئيسي للمناقشة ٠ وندعو بشكل خاص كل الشخصيات السياسية و الفكرية للمساهمة في هذا المنتدى و إثراء النقاش بأفكارهم وإقتراحاتهم٠

وسيكون تـنـظـيـم الـبرنامج عـلـى النحو التالي؛

ـ المبادئ الأساسية
ـ الديمقراطية
ـ مكانة الدين في الجمهورية
ـ مكانة الجيش في الجمهورية
ـ مسألة اللغة و الثقافة الأمازيـغـيـة

هذه المحاور كلها جد متقاربة بينها ومـتـداخـلـة، لذا لا نقدمها بطريقة منعزلة وبإمكان المتدخلين الإدلاء بآرائهم أو طرح تساؤلاتهم حول كل المواضيع بدون أي قيد٠

المنتدى سيفتح يوم أول نوفمب
ر 2007

كان أول نوفمبر 54 بداية تحرير الوطن، فليكن أول نوفمبر 2007 بداية تحرير المواطن !
وبهذه المناسبة ندعو كل الأصدقاء وكذا كل زوار الموقع إعطاء صدى كبير لهذه المبادرة لضمان مشاركة واسعة لمواطنينا٠ الحل بين أيدينا للخروج من الوضعية المزرية التي يعيشها شعبنا ٠حان الوقت لكي ترتقي الجزائر و يرتقي الجزائريون إلي مكانتهم الحقيقية٠ إلى درجة أمة عظيمة و شعب كريم٠

المـجـد و الـخـلـود لـشـهـدائـنـا

وتحيى الـجـزائـر
 
  Mohammed Samraoui, un « juste » algérien

(1)

François Gèze, Algeria-Watch, 6 novembre 2007

Mohammed Samraoui, né en 1953, s'est engagé dans l'Armée nationale populaire algérienne en juillet 1974. Après un diplôme d'ingénieur en biochimie (en 1977) et une formation d'officier d'octobre 1978 à juin 1979 (où il a fini vice-major de sa promotion), il a été affecté comme instructeur à l'école de la Sécurité militaire (SM, les services secrets de l'armée) de Béni-Messous. Il a ensuite occupé différents postes, toujours au sein de la SM, à Constantine, à Guelma et à Tipasa.

De mars 1990 à juillet 1992, il a été nommé à Alger, comme responsable du service de recherche et d'analyse à la Direction du contre-espionnage de la SM (commandée à partir de septembre 1990 par le colonel Smaïl Lamari, dit « Smaïn », numéro deux du Département de renseignement et de sécurité, DRS, nouveau nom de la SM à compter de cette date). En parallèle, il a enseigné à l'école des officiers de la SM de Béni-Messous et il a été membre de l'administration de l'état de siège en 1991, puis de l'état d'urgence à partir de janvier 1992 (décrété officiellement en février 1992), date du coup d'État organisé par les chefs de l'armée et du DRS pour annuler les élections législatives dont le premier tour avait été gagné, le 26 décembre 1991, par le Front islamique du salut (FIS).

Au cours de l'été 1992, en désaccord avec la façon dont était conduite la lutte antiterroriste, il a demandé à être relevé de ses fonctions, ce qui lui a été refusé. Il a finalement accepté d'être muté à l'ambassade d'Algérie en Allemagne, où, de septembre 1992 à janvier 1996, il a occupé les fonctions d'attaché militaire et de conseiller (responsable de l'antenne locale du DRS), avec le grade de commandant, puis de lieutenant-colonel.

En septembre 1995, son chef, le général Smaïl Lamari, venu incognito à Bonn, demande à M. Samraoui d'organiser la liquidation physique de deux islamistes algériens réfugiés en Allemagne, Rabah Kébir et Abdelkader Sahraoui, deux opposants publics et bien connus. Son refus fait capoter l'opération.

Ayant clairement manifesté ses désaccords sur leurs méthodes à ses supérieurs, il est rappelé à Alger le 26 janvier 1996. Il y retourne le 4 février. Le chef du DRS, le général Mohamed Médiène, dit « Toufik », cherche alors à « acheter » son silence, en lui offrant un poste dans son staff et en lui proposant de l'élever au grade de colonel. Mais, écrit M. Samraoui dans son livre : « Je connaissais la valeur de ses “promesses”. Le 12 février, je quittai donc le pays par le vol Alger-Bruxelles. Rester en Algérie signifiait pour moi donner des ordres à des Algériens de tuer d'autres Algériens, leur imposer des souffrances, les interner, les avilir… Ce qui était en totale contradiction avec ma conscience et avec le serment fait à nos martyrs lors de mon incorporation dans les rangs de l'ANP. » Après sa désertion, il regagne l'Allemagne, où il demande en avril 1996 l'asile politique ; l'ayant obtenu, il vit depuis lors dans ce pays avec sa famille.

Resté silencieux plusieurs années, c'est début août 2001 qu'il intervient pour la première fois publiquement pour dénoncer, sans concessions, le régime algérien, sur la chaîne arabe Al-Jazira. Il révèle alors avec précision l'instrumentalisation de la violence islamiste par les chefs du DRS, déclarant notamment : « J'ai assisté à la naissance du GIA. Il a été créé pendant l'été 1991 par le commandant Guettouchi Amar, mort au cours d'une opération anti-terroriste à Télemly. Il était secondé par le capitaine Djaâfar, chargé d'éditer les communiqués et de les transmettre aux journalistes (2). » L'émission a un très grand retentissement en Algérie.

En juillet 2002, M. Samraoui témoigne au tribunal de grande instance de Paris en faveur de l'ex-sous-lieutenant Habib Souaïdia (lui aussi dissident), poursuivi en diffamation par le général Khaled Nezzar, ancien ministre de la Défense, qui lui reprochait sa dénonciation des exactions de l'armée algérienne dans son livre La Sale Guerre (La Découverte, Paris, 2001). Le témoignage de M. Samraoui (3), calme et précis, sera décisif, comme le relate en octobre 2007 la journaliste José Garçon : « Fixant le général Nezzar, il avait expliqué : “Notre mission était de casser le FIS, l'infiltrer, le disloquer, créer des faux groupes islamistes et leur attribuer des actions violentes. Le GIA (groupes islamiques armés) est une création des services de sécurité algériens.” Sonné, le général Nezzar s'était levé : “Tout à fait d'accord avec Samraoui. Les infiltrations et les coups de Jarnac, c'est partout.” Samraoui n'avait pas lâché prise : “Mais les assassinats quand même, mon général…” Nezzar avait alors tenté : “15 000 disparus, passons. Mais dire que le GIA est une émanation des services, là, ça va trop loin…” Et le procès avait basculé : l'ex-colonel Samraoui venait de donner corps à une guerre de l'ombre plus complexe que la veulent les analyses opposant “militaires républicains” et “fanatiques islamistes” (4). »

Puis, en octobre 2003, M. Samraoui publie chez l'éditeur français Denoël un livre de témoignage sur son parcours, Chronique des années de sang . Algérie : comment les services secrets ont manipulé les groupes islamistes , présenté comme suit par l'éditeur :

Ce livre marque un tournant : son auteur, l'ex-colonel Mohammed Samraoui, ancien cadre de la fameuse « Sécurité militaire » algérienne, y révèle pour la première fois les ressorts secrets de l'une des guerres civiles les plus atroces du xx e siècle. Il a vécu, de l'intérieur, l'enchaînement diabolique qui a plongé l'Algérie dans l'horreur, faisant plus de 150 000 morts et des millions de victimes. En désaccord avec ce qu'il voyait, il a choisi de déserter en 1996.

Opposant résolu de l'islamisme radical, il n'a pas accepté les effroyables méthodes utilisées pour le combattre. À commencer par la plus stupéfiante d'entre elles : la manipulation, à un niveau insoupçonné jusqu'alors, des « groupes islamistes armés » (GIA), par ses chefs de la Sécurité militaire. C'est le cœur de son livre, qui relate dans le détail le dessous des événements-clés de cette « seconde guerre d'Algérie » : des préparatifs du coup d'État de janvier 1992 aux massacres de 1997, en passant par l'assassinat du président Mohamed Boudiaf et les attentats de Paris en 1995.

Dans ce livre extrêmement précis et documenté, M. Samraoui explique ainsi son objectif et sa position politique personnelle :

« Ayant vécu au cœur du système, je peux dire que la réalité de la guerre qui déchire mon pays depuis 1992 est bien plus complexe que ne le laissent entendre les analyses manichéennes dominantes en Europe, opposant militaires républicains et fanatiques islamiques. C'est pourquoi mon objectif est de contribuer à la vérité historique, sans aucune complaisance ni parti pris.

« Dans ce témoignage, je mets en cause les chefs de l'armée qui manipulent et instrumentalisent la violence islamiste depuis des années. Certains pourraient être tentés de croire que je me fais ainsi l'avocat du Front islamique du salut (FIS) ou des islamistes, et c'est pourquoi je tiens d'emblée à préciser que je n'ai jamais appartenu à une quelconque organisation politique et qu'il n'est nullement dans mes intentions de nier ou de dédouaner les crimes abjects commis par les islamistes, qui ont été rapportés par de nombreux ouvrages – qu'ils aient ou non été manipulés, les auteurs de ces crimes restent des criminels, qui devront être jugés un jour. S'il y a eu la guerre, c'est qu'il y avait forcément deux protagonistes : à mes yeux, les généraux et les dirigeants du FIS sont coresponsables du drame algérien. »

Et il éclaire notamment d'un jour nouveau le comportement des chefs de l'armée et des services secrets :

« Ce qu'il faut comprendre, c'est la mentalité très particulière de ces généraux, que j'ai côtoyés de près : pour eux, la vie des gens du peuple n'a rigoureusement aucune valeur, a fortiori quand ils ont manifesté des sympathies pour l'islamisme. Dès 1994, j'ai pu constater que les hommes du DRS avaient pris l'habitude de torturer et tuer leurs concitoyens comme s'il s'agissait de simples insectes. Entraînés dans ce déchaînement de barbarie, il devenait parfaitement logique que les généraux imaginent d'utiliser l'arme des massacres pour régler leurs problèmes “politiques” de 1997. »

De 2003 à 2005, M. Samraoui est proche du Mouvement algérien des officiers libres (MAOL, un groupe d'officiers dissidents exilés) et il intervient parfois sur le site Web de ce mouvement (www.anp.org) pour dénoncer le régime d'Alger et ses chefs militaires.

Après la mise en sommeil du MAOL en 2005, M. Samraoui intervient peu publiquement, se consacrant à son travail et à sa famille, ainsi qu'à sa passion, les échecs, au sein de la Fédération internationale des échecs par correspondance (www.iccf.com), dont il a été élu président en 2005.

En avril 2007, il est l'un des cinq membres fondateurs (tous en exil) d'un nouveau « mouvement politique algérien », Rachad (http://fr.rachad.org), qui se définit comme suit : « Rachad a été créé dans le but de contribuer à opérer un changement fondamental en Algérie, de rompre avec les pratiques politiques en cours depuis l'indépendance et de redonner espoir au Peuple algérien. Rachad entend œuvrer pour l'instauration d'un État de droit régi par les principes démocratiques et de bonne gouvernance. Rachad est ouvert à tous les Algériens dans le respect de leurs différences, bannit toute forme d'extrémisme, d'exclusion ou de discrimination et prône la non-violence pour amener le changement. »

Le 22 octobre 2007, alors qu'il participe au congrès de la Fédération internationale des échecs par correspondance à Benalmádena (Espagne), M. Samraoui est arrêté par la police espagnole agissant en vertu d'un mandat d'arrêt international émis le 1 er octobre 2003 par la justice algérienne et relayé par Interpol, l'accusant de « désertion, atteinte au moral de l'armée et activité terroriste ». Et il est incarcéré dès le lendemain dans la prison Soto del Real de Madrid.

Cette arrestation a suscité une vive émotion dans les milieux européens des défenseurs des droits de l'homme et dans l'opposition algérienne (Hocine Aït-Ahmed, président du Front des forces socialistes a ainsi déclaré : « C'est un authentique scandale ! L'accusation est grotesque. Au fond, le régime ne lui pardonne pas les dénonciations qu'il a faites et il tente de se venger et de lui rendre la vie impossible »).

Placé au secret durant les trois premiers jours de sa détention, M. Samraoui a finalement été mis en liberté provisoire le 31 octobre 2007, par le juge antiterroriste de l'Audiencia nacional chargé de son cas, Ismael Moreno.

Rendant compte de sa mésaventure le 3 novembre, sur le site Web de Rachad, M. Samraoui dénonçait les « accusations mensongères et grossières » portées contre lui et une « opération commanditée par les services algériens, qui cherchaient à [l]'extrader dans la discrétion la plus totale ». Et il concluait : « Cette mésaventure ne fait que renforcer ma foi dans la justesse de notre combat pour venir à bout d'un système corrompu et corrupteur. Il m'est aussi permis de lancer un appel à tous les frères et sœurs de bonne volonté pour s'unir et œuvrer contre l'injustice, pour édifier un État de droit et asseoir une démocratie authentique qui permettra au peuple algérien d'imposer sa souveraineté et de recouvrer sa dignité. »

1. Jusqu'en 2003, cette note reprend pour l'essentiel les éléments biographiques fournis par Mohammed Samraoui lui-même dans son livre Chronique des années de sang. Algérie : comment les services secrets ont manipulé les groupes islamistes (Denoël, Paris, 2003).

2. Voir la retranscription partielle de ses propos lors de cette émission : « Les révélations du colonel Mohammed Samraoui de la DRS à Al-Jazeera », Algeria-Watch, 6 août 2001, www.algeria-watch.org/farticle/sale_guerre/samraoui_traduction.htm .

3. Retranscrit in extenso dans l'ouvrage des minutes du procès : Habib Souaïdia , Le Procès de « La Sale Guerre » , La Découverte, Paris, 2002.

4. José Garçon , « Alger veut récupérer un colonel dissident réfugié en Europe », Rue89 , www.rue89.com, 27 octobre 2007.

 
  Les déplacés en Irak sont désormais estimés à 2,3 millions





Le nombre d'Irakiens déplacés dans leur propre pays par l'insécurité a atteint en septembre le chiffre record de près de 2,3 millions, en augmentation de 16% par rapport au mois d'août, indique un rapport du Croissant rouge irakien publié lundi.

Au 30 septembre, 2.299.425 Irakiens avaient fui leurs régions d'origine depuis l'invasion américaine en mars 2003, selon ce rapport, dont l'AFP a obtenu une copie. Le nombre de déplacés irakiens a augmenté de 16% par rapport au mois précédent, soit 368.479 nouveaux déplacés.

Les enfants de moins de douze ans (65,3%) et les femmes (18,6%) représentent désormais plus de 83% de ces déplacés, précise le Croissant rouge.

La majorité des déplacés irakiens (63,6%, soit 1.462.468 personnes) sont localisés à Bagdad, dont 88,3% de femmes et enfants, selon l'organisation humanitaire.

En août, le nombre de déplacés irakiens avait été presque multiplié par deux en un mois, toujours d'après les chiffres du Croissant rouge.

Plus de 4,2 millions d'Irakiens, réfugiés et déplacés, ont fui leur domicile à cause des violences, selon le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR). Deux millions ont trouvé refuge en Syrie (1,4 million) et en Jordanie (entre 500.000 et 750.000).

L'exil des Irakiens est le plus important mouvement de population dans la région depuis l'exode d'une partie des Palestiniens après la création de l'Etat d'Israël en 1948.

Source: http://www.migreurop.org/
6 novembre 2007
 
lundi 5 novembre 2007
  Interview éditée par lemaghrebin.com


Interview de Mohamed Samraoui

lundi 5 novembre 2007

La genèse d'une arrestation orchestrée par le DRS

Cette interview a été réalisée par un journaliste algérien. Son journal l'a censurée et c'est pour cette raison que l'interview n'est pas signée."Le Maghrébin" et "Tahia Bladi" ont repris l'intégralité de l'entretien pour tous les algériens.

Comment s'est a passé votre arrestation à Malaga ?

Samraoui : Le lundi 22 octobre vers 11h alors que je présidais la séance du congrès de l´ICCF (Fédération Internationale des Echecs par Correspondance) qui se déroulait à Benalmadena, deux policiers en civil accompagné du directeur de l´hôtel ont demandé à me voir. J´avais vite compris qu´il s´agissait d´une cabale montée par les services algériens. Le policier qui parlait francais m´a demandé de récupérer mes affaires et de les suivre au commissariat. J´avais juste pris le soin de demander au délégué allemand d´informer le consulat au cas où je ne réapparais pas. Les policiers ont été très corrects et m´ont traité avec beaucoup de respect.

Les services algériens étaient-ils au courant de votre séjour à Malaga ?

Samraoui : C´est sûr et certain.

Racontez-nous votre garde à vue ?

Samraoui : Finalement ma garde à vue a été de très courte durée, puisqu´au commissariat de Torremolinos, aucun policier n´a été en mesure de m´indiquer s´il y avait un dossier à mon encontre, ils m´ont seulement dit que l´Algérie a lancé contre moi un mandat d´extradition et que je devais être transféré à Madrid la nuit même. Je n´avais fait aucune déposition à la police, puis vers 17h quelqu´un est venu (certainement quelqu´un des services espagnols) me demander si je voulais contacter quelqu´un par son intermédiaire, n´ayant pas de numéro en tête, la police m´a autorisé à utiliser mon laptop et je leur ai communiqué les numéros du capitaine Haroun à Londres et de Maitre Patrick Baudoin à Paris, d´ailleurs c´étaient les seuls numéros que j´ai retrouvés avec celui de mon domicile en Allemagne. Il avait fait semblant de les appeler, mais je savais que son objectif était de connaître les numéros de mes amis. Une demi heure plus tard, il est revenu en me disant que c´était fait, ce qui s´était avéré faux, puisque ni Haroun ni Baudoin n´ont été contacté ce jour et qu´ils n´ont appris la nouvelle que le jeudi soir lorsque ma famille avait donné l´alerte.

Quel est exactement le contenu du mandat d'arrêt et quand a-t-il été délivré par Alger ?

Samraoui : Ce n´est qu´au tribunal de Madrid que j´ai pris officiellement connaissance des chefs d´inculpation, et qui sont : désertion, atteinte au moral de l´armée et activité terroriste ; ce qui est ridicule puisque je peux aisément et preuves à l´appui réfuter ces allégations mensongères.

Le 23 octobre vous êtes transféré à Madrid. Comment s'est passé votre détention ?

Samraoui: Avant de quitter le commissariat de Torremolinos, j´ai demandé aux policiers qui m´accompagnaient de faire un tour par l´hôtel de Benalmadena pour régler la note d´hôtel, je ne voulais pas que plus tard « on » trouve un nouveau prétexte pour m´incriminer. Lorsqu´on a fréquenté ces milieux, il est normal que l´on devienne méfiant, car je sais qu´ils sont capables de tout. Le trajet en voiture civile (plus une autre qui servait d´ escorte) s´est passé sans problème, les policiers m´ont même offert le petit déjeuner au bord de la route et nous sommes arrivés au tribunal de Madrid vers 8h 40 du matin. Vers 11h et sans avoir au préalable vu mon avocat qui me fut désigné d´office, le procureur avait fait la lecture des chefs d´inculpation et mon avocat s´est contenté de demander sans conviction la liberté provisoire. J´ai alors voulu réagir et expliquer que la police espagnole a commis un acte illégal puisque je dispose du statut de réfugié politique depuis 1996, que je suis résident permanent en Allemagne et que cette demande d´extradition émise par l´Algérie n´intervient qu´après la parution de mon livre « chronique des années de sang » publié aux éditions Denoel en septembre 2003, mais le juge a refusé de m´écouter et m´a placé en détention provisoire au centre de Soto Del Real en attendant le dossier qu´Alger devait lui faire parvenir.

Est-il vrai que le ministre espagnol de l'Intérieur avait ordonné qu'on vous transfére vers le quartier VIP de la prison ?

Samraoui : Effectivement, je fus transféré au quartier VIP après trois jours, là j´ai pu contacter ma famille et le service consulaire de l´ambassade d´Allemagne à Madrid. Je dois également dire que l´avocat désigné d´office ne pas jamais contacté, nous avons seulement eu un entretien de 3 à 5minutes au tribunal de Madrid pendant lesquels il m´a remis sa carte de visite. Depuis, plus rien.

Avez-vous été interrogé par le juge d'instruction Ismael Brun ?

Samraoui : Non, ni les policiers, ni le juge d´instruction ne m´ont interrogé à ce jour. Curieux non !

Aviez-vous peur que l'on vous extrade en Algérie ?

Samraoui :Non je n´ai pas peur de l´extradition, j´ai peur de l´injustice. Vous savez tous que la justice n´est pas indépendante en Algérie et que les magistrats obéissent aux injonctions venues « d´en haut ». Je n´ai donc aucune garantie pour me défendre. De plus, compte tenu de l´état d´urgence toujours en vigueur et de mon passé d´ex officier de l´ANP, le tribunal civil va se déclarer incompétent et mon affaire transférée au tribunal militaire, et là je n´échapperai pas aux représailles.

Vous êtes détenteur du statut de réfugié politique en Allemagne. En principe vous êtres donc protégé par des conventions européens et donc inextradable. Les Algériens l'ignorent-ils ou ont-ils agi sciemment ?

Samraoui :Avez vous une explication à cela ! L´extradition n´est même pas envisageable, ce qui signifie que celui qui a lancé ce mandat a une totale méconnaissance des lois en vigueur. Il s´agit sûrement d´un officier zélé du DRS ou de la DGSN qui a profité de la tenue de la réunion d´Interpol à Alger, précisément le 22 octobre 2007 pour activer cette procédure.

Votre arrestation tombe au moment ou les relations entre l'Algérie et l'Espagne sont très tendues, pensez-vous que l'on veuille se servir de vous comme une carte politique, une sorte de monnaie d'échange ?

SamraouiJe n´écarte pas cette possibilité même si je n´y crois pas trop, je pense plutôt à l´œuvre d´un officier zélé, qui avait pris le soin de s´assurer que j´étais bien présent en Espagne, car il est utile de rappeler que je n´ai pas été arrêté à l´aéroport de Malaga lorsque je suis arrivé, mais bien 5 jours après.

Vous êtes libre depuis mercredi 31 octobre. Comment vivez-vous cette nouvelle situation ? Vous êtes mis sous contrôle judiciaire ?

Samraoui :Je suis en liberté provisoire et mon avocat a introduit aujourd´hui (02.11.2007) un recours pour que mon passeport me soit restitué et que je puisse retourner en Allemagne. Je serai fixé lundi inchallah, de toute manière la durée légale n´est que de 40 jours, au cas bien sûr où l´Algérie ne fournit aucune preuve de ma supposée « activité terroriste ».

Selon ce qui est ressorti dans la presse, le gouvernement algérien vous accuse de désertion, de diffamation envers l'armée et de terrorisme : vous jugez ces accusations de ridicules ?

Samraoui :Elles sont à la fois ridicules et grotesques. Elles nous renseignent sur le degré de médiocrité des responsables du DRS, qui ne font preuve d´aucun discernement. J´assume pleinement mon acte de désertion, puisqu´en 1996 j´avais à choisir entre devenir le complice des criminels ou déserter, et j´ai obéis à ma conscience en faisant le bon choix. D´ailleurs si c´était à refaire je referai exactement la même chose, quitte à se faire traiter de traître comme n´hésitent pas à le faire certains. Il faut avoir une sacrée dose de courage pour prendre la décision que j´ai prise, mais je le répète, je ne regrette rien. Pour ce qui est de l´atteinte au moral de l´armée, là encore je voudrais être précis : je n´ai jamais incriminé l´Armée en tant qu´institution, mais bien des officiers et des unités bien précises. Pourquoi tant d´amalgame ? Pourquoi toute attaque contre les généraux Lamari, Toufik, Tartag ou Djebbar est assimilée comme une attaque contre l´ANP ? La réponse est toute simple : ils ont confisqué l´armée et l´utilise comme un instrument pour parvenir à leur dessein, qui est d´écraser le peuple, et le dépouiller de tous ses droits. Quant à « l´activité terroriste », j´attends avec impatience et curiosité les preuves d´Alger. De tout facon étant en 2003 sous protection policière en Allemagne, je me demande comment je pouvais m´adonner à une activité terroriste. C´est clair qu´il s´agit d´une opération d´intimidation pour museler les opposants et les contraindre à se taire. Ils oublient que par leur acte mesquin, ils viennent de renforcer ma foi à lutter contre la tyrannie.

Dans des articles de presse, il est dit de vous que vous étiez numéro deux du DRS entre mars 1990 et juillet 1992. Quelles étaient réellement vos fonctions au sein du DRS ?

Samraoui : Entre mars 1990 et août 1992, j´étais effectivement sous directeur du contre-espionnage à la DCE, puis chef su Service de Recherche, qui était avec le CPO (Centre Principal Opérationnel), la plus importante structure de la DCE. J´ai eu aussi à représenter le DRS en tant que membre de l´administration de l´état de siège en 1991, puis de l´état d´urgence en 1992.

Dans votre livre « Chroniques des années de sang », vous développiez la thèse suivante : les groupes islamistes ont été instrumentalisés par les services secrets algériens bien avant et longtemps après l'interruption du processus électoral de janvier 1992 de manière à terroriser le peuple et présenter l'armée comme le seul recours pour sauver le pays. Comment ont-ils été instrumentalisés ?

Samraoui :D´abord mettons les choses au point. Je n´ai à aucun moment dit que les islamistes n´ont rien commis et que j´imputais toutes leurs actions aux services de sécurité. Une fois que la nuance est comprise, il est très facile de démontrer que les généraux ont instrumentalisé les groupes islamistes. D´abord je vous renvoie aux mémoires du général Khaled Nezzar qui relate dans les détails le plan conçu pour barrer la route au FIS bien avant l´interruption du processus électoral. Ensuite j´ai été témoin de la résurrection du MIA et de la création de groupuscules entièrement à la solde du DRS. Enfin en janvier 1992, au lieu d´arrêter le millier de « terroristes » fiché comme étant dangereux (ils étaient près de 1300), les chefs militaires ont raflé près de 40.000 personnes, la plupart sans jugement pour les placer dans les camps de rétention au Sahara, et en faire une université du terrorisme. Je pourrais rajouter des dizaines d´exemples ; rien qu´aujourd´hui il suffit de voir ce qui se passe avec les Hassan Hattab, Abderazak El para, pour s´apercevoir que la stratégie de la tension et du statu quo est maintenue à bon escient pour que certains généraux se présentent comme " l´ultime rempart de la Démocratie et de l´Etat républicain ".

Soutenez-vous la thèse que les GIA sont la création de généraux ? Si c'est le cas comment ?

Samraoui :Ce que je soutiens et si vous lisez mon ouvrage avec attention, c´est qu´il y a trois GIAs et qu´il ne faut pas faire d´amalgame. Il y a un GIA constitué de terroristes, de désoeuvrés, de délinquants, peut être de « convaincus de la cause » qui sèment la peur, commettent des rackets, des viols,…qui est pourchassé sans pitié par les forces de sécurité, puis il y a un autre GIA , composé pratiquement des mêmes individus, mais que le DRS a réussi à infiltrer (en leur désignant des cibles, en se chargeant de l´approvisionnent en armes et munitions,..) qui eux sont éliminés au gré des circonstances, enfin il y a le GIA totalement acquis à la solde du DRS, il s´agit de groupuscules crées par les différents centres du DRS, et qui appliquent ses directives. Lá encore les exemples sont nombreux. Et c´est surtout cette catégorie de GIA, que l´on appelle les « escadrons de la mort », l´OJAL ,… que je dénonce, car ce GIA a conduit en toute impunité aux dérives que tout le monde connaît.

En 1992, vous quittez Alger pou un poste d'attaché militaire en Allemagne. Quelles sont les raisons de ce départ ?

Samraoui : J´ai déjà eu à expliquer les raisons, d´une part parce que ma conception de la lutte contre le terrorisme différait de celle du général Smain Lamari. Lui combat le terrorisme avec les moyens des terroristes et sans s´attaquer à la source. Dans ces conditions on a beau éliminer 100, ils en reviendra toujours 100 nouveaux. En 1992 je lui ai dit que dans 15 ans nous serons toujours au même point. Les évènements m´ont hélas donné raison. J´ai même fini par donner ma démission en juillet 1992 à la suite de l´assassinat du président Boudiaf et des doutes qui entourent son exécution.

En quoi consistait votre travail en Allemagne ? Vous aviez infiltré les islamistes algériens qui y ont trouvé refuge ?

Samraoui :Oui en gros c´était cela, à la différence près, que je n´avais accès mes efforts que sur la neutralisation des filières d´acheminement d´armes, sur les réseaux de soutien au terrorisme et de leurs sources de financement. Les politiques du FIS je les ai combattu avec les moyens politiques, jamais avec la violence ou la manipulation.

Venons-en à la fameuse requête en 1995 du général Lamari qui consisterait à liquider Rabah Kébir et Abdelkader Sahraoui. Racontez-nous cette rencontre ?

Samraoui :J´ai déjà eu l´occasion de relater les circonstances de cet épisode, j´ai même tourné un documentaire sur cette affaire il y a quatre ans. Pour les détails, je vous invite à lire mon livre « chronique des années de sang » ; c´est pratiquement à cette période que ma rupture avec le DRS a été consommée.

En février 1996, vous revenez en Algérie. Dans votre livre, vous disiez que le patron du DRS Toufik vous a proposé une deal. En quoi consistait ce deal ?

Samraoui:Il m´a tout simplement proposé un poste dans son staff, au ministère de la défense nationale.

Quelles étaient les circonstance de votre désertion ?

Samraoui :J´ai expliqué tout cela en détail à maintes reprises. Il me semble que vous n´avez pas lu mon livre. Si tel est le cas, il est disponible en langue arabe sur le site du MAOL – www.anp.org -

Vous occupiez de hautes responsables dans l'armée jusqu'à 1996, pourquoi aviez vous attendu cette date pour la quitter pour ensuite dénoncer les méthodes de lutte anti-terroriste ?

Samraouir ne pas réveiller les blessures et ne pas porter atteinte à une structure à laquelle j´avais appartenu depuis près d´un quart de siècle, mais à partir du moment où le sous lieutenant Habib Souaidia, le capitaine Aboud Hichem et le général Khaled Nezzar ont publié des livres où chacun a donné une version tronquée ou des contre vérités , je ne me considérais plus tenu par cette obligation, d´autant qu´en juin 2001, les évènement de Kabylie a réveillé en moi le souvenir de la lutte contre les « islamistes », je m´étais dit, hier c´était les islamistes, aujourd´hui c´est les kabyles, après ce sera les touaregs, ces généraux sont dangereux pour l´Algérie, ils ont besoin de créer des tensions pour pouvoir se maintenir au pouvoir, et j´ai par conséquent pris mes responsabilités.

Vous aviez écris : "j'ai décidé de dénoncer dans ce livre les véritables auteurs du drame vécu par mon pays. Une sale guerre conduite par des généraux incompétents et assoiffés de pouvoir, qui fuient le devant de la scène pour masquer leur médiocrité et mieux ériger leur pouvoir sur les cadavres de leurs compatriotes". Vous occupiez de hautes responsables dans l'armée jusqu'à 1996, pourquoi aviez vous attendu cette date pour la quitter pour ensuite dénoncer les généraux.

Samraoui :Je viens involontairement de répondre à votre question plus haut.

En Allemagne, comme attaché militaire, vous aviez une belle maison, un bon salaire et une voiture. Certains vous accusent de cracher dans la soupe, d'être ingrat...

Samraoui :Je n´ai jamais nié cela, j´avais certes une résidence, un bon salaire, une voiture avec chauffeur et je ne payais pas mes factures de téléphone, tous ces privilèges n´ont eu aucune influence sur ma décision. L´argent et le pouvoir ne sont pas éternels, j´ai choisi d´avoir la conscience tranquille et ne pas faillir au serment fait à nos martyrs. Je ne suis pas entré dans l´armée pour faire souffrir des algériens. J´ai rejoint l´ANP pour édifier l´Algérie sur les bases de la justice, de l´égalité, de la liberté et sur la base de nos valeurs. Ce n´est pas parce que je combats l´intégrisme que je dois renoncer à mon attachement à ma religion. Voilà un peu la différence avec ceux qui me traitent d´ingrat aujourd´hui.

En vous en prenant aux généraux, n'avez pas conscience de dédouaner les terroristes islamistes des assassinats et des massacres qu'ils ont d'ailleurs revendiqués ?

Samraoui :C´est justement ce que cherchent les généraux pour me décrédibiliser, alors que j´ai toujours dénoncé et condamné les crimes commis par les islamistes. Ma réponse a été depuis 1992 non à la torture, à la manipulation et à l´élimination sélective des « gêneurs », l´alternative était d´offrir du travail, d´améliorer les conditions sociales, de revoir la qualité de l´enseignement, d´ouvrir un dialogue franc avec toutes les forces politiques, de lutter efficacement contre la corruption, de répartir équitablement les revenus de la rente, de cesser le mépris et l´injustice contre les « plus faibles ». Je vais peut être vous surprendre, en 1989, j´étais contre l´agrément accordé au FIS, car je le considérais comme étant un parti inconstitutionnel, mais à partir du moment où ce parti a été reconnu, en tant que légaliste je me dois de le respecter et de respecter le choix populaire s´il accède au pouvoir. C´est ce là la démocratie, et si le FIS faillit c´est au peuple de le destituer par la voie des urnes, pas par une poignet de généraux dictateurs et despotes.

En publiant un livre sur la « Sale guerre », n'aviez vous pas aussi l'impression de succomber à la mode qui consiste à mettre le terrorisme sur le compte des généraux et des colonels?

Samraoui :Non pas du tout, je viens de le dire, le livre de Habib Souaidia est incomplet et ne relate qu´une partie de la sale guerre, celui de Hichem Aboud, quoi que bien écrit n´apporte pas suffisamment de lumière sur le rôle des uns et des autres, et cerise sur le gâteau celui de Khaled Nezzar est bourré de contre vérités, cherchant visiblement à falsifier l´histoire et ne donner que la version des imposteurs. Mon livre n´apporte qu´une pierre à cet édifice. Il ne s´agit nullement d´une vérité absolue, mais d´un témoignage sur mon vécu de cette période. C´est une autre version qui tente de restituer des faits dans leur contexte sans aucun parti pris.

Qu'avez-vous à répondre à ceux qui disent que vous êtes un traître, un déserteur et un félon ?

Samraoui :Je leur dis, pour reprendre un titre d´un livre de Maître Jacques Verges : Mon Dieu pardonnez leur… ; moi je n´obéis qu´à ma conscience, ce que disent les autres m´importe peu, et s´ils se complaisent dans la médiocrité, la censure et la servilité, c´est leur affaire.

De quoi avez-vous peur si on devait un jour vous extrader en Algérie ?

Samraoui :La peur est un sentiment humain, cependant je n´ai peur que d´Allah, pas des humains. Je viens de le dire, ce qui m´empêche de rentrer en ce moment c´est l´injustice qui règne en Algérie, mais je précise bien que tous les magistrats ne sont pas pourris, ceci est aussi valable pour les militaires ou les journalistes. Le jour où je verrai un changement notable dans le pays, je rentrerai de mon plein chef, malheureusement tant que le général Toufik et ses sbires et ses larbins sont aux commandes, il est hors de question de faire des projets de retour.

D´ailleurs je suis prêt à être jugé publiquement, je leur propose même de retransmettre en direct à télévision le procès. Si cette garantie m´est offerte et si mes droits sont respectés, alors je donne ma parole de retourner immédiatement en Algérie en cas de jugement défavorable. Vous voyez ce n´est pas la justice qui me fait peur, c´est surtout l´injustice imposée par les criminels que je redoute le plus.
 
vendredi 2 novembre 2007
  MANIFESTE DE RESISTANCE

Les Néo-conservateurs constituent une menace existentielle. Il incombe à toute l’humanité de leur résister pour sa propre survie.

Un nombre infini de procès criminels contre les Néo-conservateurs devraient être amorcés par leurs victimes : celles du 11 septembre et celles de la soi-disant guerre contre le terrorisme qui s’annonce perpétuelle et que les Néos mènent dans le mensonge et le crime. Ce procès pluriel devrait conduire à une enquête plurielle sur ce mensonge et, surtout, sur ses finalités criminelles qui consistent à ramener l’humanité à la barbarie.

Cette enquête serait à la fois le point de départ et le processus de la résistance à cette menace.

Ce site se propose un foyer de promotion de cette option de résistance, et un appel aux résistants de s’unir pour cette priorité, avant que la course à l’abîme ne devienne irréversible.

I

L’organisation secrète, qui a pris le pseudonyme de Néo-conservateurs, constitue une menace existentielle pour les États-Unis et pour le reste du monde. Il incombe à toute l’humanité de résister à cette menace pour sa propre survie.

Quelle est la nature de cette menace, quelles sont ses expressions et moyens et comment lui opposer une résistance efficace qui puisse échapper à l’engrenage de violence suicidaire que cette organisation alimente dans les deux camps.

II

Les mobiles majeurs de cette organisation ne sont pas économiques mais foncièrement idéologiques. Ses finalités ne sont pas la domination ou l’exploitation classiques, mais un pouvoir suprême et exclusif qui se substitue aux institutions, et tend à l’élimination des « Autres », aux E.U. en premier lieu. Son projet initial n’est pas de type impérial conventionnel, mais de nature apocalyptique. Une apocalypse anticipée et particulière où cette organisation s’arroge le droit de s’imposer comme Juge Suprême. Son Jugement horrible a commencé à la veille du 11 septembre, ce crime parfait prévu pour prolonger sa perfection dans l’espace et le temps.

La nature de leur guerre se définit par une « guerre d’idées », celle de la « destruction créatrice ». Elle permettra à ce Juge Suprême de démolir le monde et de le recréer à sa monstrueuse image.

La démolition consiste à faire table rase des acquis de la civilisation : lois et légalité, raison humaine et esprit critique, droit de l’homme, liberté, souveraineté, dignité humaine, justice, responsabilité civique et humaine, compassion, espoir, etc., qui sont, pour les Néo-conservateurs, des valeurs, concepts et institutions à démolir et non seulement à ignorer. Par principe initial et non par besoin de circonstance. Les trois dernières années témoignent de l’application de ce principe. Le bafouage des conventions, des traités, des organisations internationales et de tous les espaces de souveraineté en est la démonstration.

Pour cette organisation, tous les acquis de notre humanité devraient céder pour faire place à la nouvelle charte dictée par les Néo-Juges Suprêmes. Le Nouvel Ordre Mondial ne se contente pas de dominer et de régler les relations internationales au niveau des États. Il est totalitaire : il se révèle un nouvel ordre de l’homme, des sociétés, de la foi, de la pensée et des diverses activités humaines. Bref, de la vie et de ses expressions. La montée en puissance des extrémismes, des intégrismes agressifs, des xénophobies, des instincts, de la peur et de la haine sont les signes avant-coureurs de cet ordre et de ses principes fondamentaux.

L’humanité, privée des acquis de la civilisation, se retrouvera sans défense. Alors que, nantie du « bagage » du nouvel ordre totalitaire et fournie de l’arsenal des nouvelles armes, elle se livrera à la destruction et l’autodestruction. Elle menacera sa propre sécurité physique, mettant sa survie en cause. La « destruction créatrice » du nouvel ordre s’annonce suicidaire.

III

Engager un procès criminel contre ces monstres et leur organisation est une obligation prioritaire. Ce procès devrait se traduire par un nombre infini de procès entamés par les victimes du 11 septembre et par les autres victimes réelles et potentielles de ce crime qui se poursuit et se multiplie, depuis cette date fatidique, sous le couvert et par le moyen de la soit-disant « guerre contre le terrorisme ». Et, étant donné que cette guerre est à ses débuts et menace chaque citoyen du monde, l’humanité entière est en droit, voire en devoir de poursuivre en justice cette organisation et ses membres. Ce serait le procès du siècle, mené contre les criminels du siècle et de l’histoire, par toute une humanité qui se refuse à la « fin de l’histoire ».

IV

Ce procès pluriel devrait mener à une enquête plurielle qui peut commencer par une triple enquête :
- la première, sur les Néo-conservateurs, la genèse et l’historique de leur organisation et de ses réseaux, et les activités secrètes qu’ils ont menées, des décennies durant, et mènent toujours, aux E.U. et dans le monde ;
- la seconde, sur la nature de leur projet et ses finalités apocalyptiques sus-mentionnées.
- la troisième, sur les conséquences désastreuses de leur projet aux E.U. et dans le monde : celles déjà subies aux trois dernières années, et celles prévues dans l’avenir, qui seront immensurables si ce projet est mené à son terme.

Cette enquête serait à la fois le point de départ et le processus de la résistance. Elle sera l’Enquête du siècle sur le Procès du siècle.

V

Pourquoi ce recours à l’Enquête comme processus de résistance ? Pour des raisons d’ordre pratique, et pour des raisons de principe.

Sur le plan pratique, seule une Enquête de cette envergure rapporterait les choses aux faits, face à d’édifice de mensonge qui fait actuellement ravage, et rendrait l’humanité consciente de la portée de cette menace existentielle. Elle devrait rendre chaque citoyen du monde essentiellement concerné, et aboutir à une coalition mondiale d’États et de sociétés contre cette menace.

L’Enquête, par-dessus tout, vise le talon d’Achille des Néo-conservateurs et menace leur pouvoir. Celui-ci provient de deux sources : la puissance des E.U. sur laquelle les Néos ont fait main-mise, et l’édifice de mensonge qu’ils ont méticuleusement construit pour tromper les E.U. en premier. Car une Enquête plurielle menée à son terme serait en mesure de dévoiler le mensonge et ses cruelles finalités, et de rendre les E.U. conscients de la tromperie et des actes criminels dont ils ont été la principale victime. L’opinion publique américaine, facteur déterminant dans cette épreuve, tournerait à l’appui de la résistance alors qu’il en est actuellement le principal obstacle.

VI

Les raisons de principe sont encore plus importantes, tout en ayant des portées aussi pratiques que les premières. Car il est impératif de résister à la culture des Néo-conservateurs, celle du mensonge, de la violence, de l’extrémisme et du nouveau totalitarisme, par une culture opposée. Faute de quoi, la résistance sera prise dans l’engrenage infernal qu’elle a voulu briser. Elle aggravera la situation initiale dont elle a voulu nous délivrer.

Elle fera partie du projet des Néo-conservateurs sans le savoir ni le vouloir. La montée en puissance de la violence et du terrorisme, en réaction à la soi-disant « guerre contre le terrorisme », en témoigne. Les Néo-conservateurs avaient réglé leur action, au préalable, en fonction des réactions prévues ou administrées par leur réseau. L’objectif étant de radicaliser les États et les sociétés du monde par l’effet de ces réactions, de les soulever contre le « monde du mal’, de les pousser à s’aligner derrière les « messagers du bien’ et de les voir s’adapter à cette guerre perpétuelle.

La résistance ne peut se faire dans la réaction, ni avancer dans l’obscurité, ni rester sur la défensive. L’Enquête plurielle et globale, dans le cadre de la responsabilité, nous semble être la bonne voie pour remédier à cette situation.

VII

La valeur symbolique de l’Enquête, comme voie de résistance, contribue à sa valeur fonctionnelle. En faisant appel aux acquis de la civilisation en tant que facteurs de sécurité, voire en tant qu’ultimes garanties de notre survie, elle fait preuve de double responsabilité, morale et pratique. Car elle fait appel non seulement à tout ce qui a « permis à l’homme de devenir humain », mais aussi, et surtout, à ce qui permettra à cet humain, à notre époque, de survivre.

Dans notre cas, cette option capitale de sécurité est en mesure de sortir la résistance de l’engrenage de la violence.

D’autant plus que ce recours salvateur à l’Enquête se veut fer de lance face à ceux qui font table rase de ces acquis-garanties. Ce qui permet aux portées pratiques de cette résistance civilisationnelle de se manifester et de contraster avec les pratiques et les moyens des Néo-conservateurs. Ceci mettra en lumière le vrai visage de chaque partie, à l’avantage de la résistance.

VIII

Les aspects de ce contraste seraient évidents.

Le recours à l’enquête comme voie de résistance se fie à un processus transparent et essentiellement démocratique destiné à être effectué par tous les citoyens du monde, face aux manœuvres clandestines et arbitraires d’une organisation secrète qui n’est sortie d’aucune urne électorale ;
- il fait appel à l’esprit critique face aux ennemis jurés de cet esprit, qui, conscients qu’il les menace, font tout pour le tuer dans un pays (les E.U.) qui se vante d’être promoteur de cet esprit ;
- il est en quête des faits et des réalités, face aux préjugés, aux mensonges et aux manipulations médiatiques ;
- il fait appel à la loi et à la justice, face à ceux qui se considèrent au-dessus de la loi et qui ne reconnaissent que la justice de la puissance ; et il est, en dernière analyse, une expression de responsabilité, alors que les fous de la volonté de puissance s’apprêtent à un génocide planétaire.

Ce contraste met en lumière l’état des faux préjugés généralisés qui dominent et façonnent dangereusement le spectacle global. Il rectifie les critères et rétablit les repères pour revitaliser l’esprit critique. Il inverse l’image d’une résistance dangereuse et d’une superpuissance salvatrice. La résistance remplira alors toutes les conditions principales d’une issue salutaire : elle se fera par une libre action constructive qui échappe et s’oppose à l’engrenage destructif des réactions ; elle avancera dans la lumière ; elle mettra les Néos sur la défensive, les contraignant à répondre pour leurs œuvres.

IX

Cette nouvelle résistance a pour mission d’unifier les diverses résistances actuelles. Et ce, dans un double but : celui de servir la cause commune en combinant les efforts contre un mal commun, et celui de servir la cause particulière de chaque résistance en s’opposant à une source de mal qui aggrave tous les autres maux. Car cette guerre de barbarie que mènent les Néo-conservateurs contre l’humanité est à la fois un mal en soi et un catalyseur des autres malheurs. Par son effet, les problèmes et les malheurs du monde empirent, les difficultés de les traiter s’accroissent et les efforts des militants qui s’y opposent risquent d’être dépassés. D’autant plus qu’elle peut mener à une situation irréversible à tous les niveaux, global, régional et local, balayant les efforts des militants.

S’opposer à cette guerre est donc une priorité absolue qui s’impose à chaque militant dans le monde, quel que soit le sujet de sa souffrance ou de sa cause et quelles que soient les alternatives auxquelles il aspire. Et c’est uniquement en prenant conscience de cette priorité que les diverses résistances peuvent s’unifier, bénéficiant de la richesse de leur diversité. La résistance-enquête mène à cette prise de conscience, en permettant aux militants de vérifier et de se rendre compte des faits, à partir d’enquêtes sur les sujets de leurs résistances particulières. Par exemple, un militant pour la laïcité dans son pays, ou contre les extrémismes, ou contre le fanatisme religieux, ou contre le racisme, ou contre les fous du ciel qui détruisent la terre, ou contre la xénophobie etc., ce militant ne tardera pas à découvrir qu’il est dépassé et que ses efforts risquent d’être neutralisés par les effets tous azimuts de la culture et des opérations de cette guerre sur sa société. Aussi neutre soit sa société vis-à-vis de cette guerre et aussi lointaine soit-elle du champ de ses opérations.

Ceci s’applique également aux autres militants pour d’autres causes : au sujet de la paupérisation, des pays pauvres endettés, des nouvelles inégalités galopantes, de la montée en puissance de la violence, de la globalisation des crimes contre la nature et l’environnement etc..

Les effets pluridimensionnels de cette guerre sur les sociétés et l’humanité tout entière ne se révèleront, dans toute leur monstruosité, qu’à une enquête plurielle multidisciplinaire, menée par tous les militants du monde sur la pluralité des secteurs et des dimensions de leur vie, directement ou indirectement affectés.

L’union des résistances du monde, dans le cadre de la résistance-enquête, plurielle, s’avère alors un passage obligé.

X

Cette résistance-enquête devrait être menée, principalement, par les sociétés, n’empêche qu’elle soit destinée à mobiliser les États et les sociétés à la fois. Elle serait entreprise par tous les individus, associations, mouvements, institutions et secteurs affectés directement ou indirectement par cette épreuve générale, ou devenus conscients de sa menace existentielle.

Cependant, cette entreprise devrait se démarquer nettement du monde des ONG qui fourmillent dans tous les continents et dont la plupart sont financées et dirigées par les représentants du mal qu’ils sont supposés combattre.

Aux États-Unis, cette résistance-enquête ne devrait pas se contenter des simulacres d’enquêtes menées par le Congrès, la Maison Blanche ou les autres instances « officielles’ douteuses, dites libres. Elle devrait s’en substituer. Le peuple des États-Unis est en droit de savoir qui le gouverne, comment il est gouverné, le coût matériel et moral que ses nouveaux maîtres lui infligent et la course à l’abîme que son pays endure.

Dans le monde, elle ne devrait pas être abandonnée à la discrétion des États. Il est vrai que ceux-ci, notamment les grandes puissances, savent plus que les autres parties, sus-citées, sur le sujet de l’enquête, mais maintes considérations entravent leur liberté ou leur volonté d’agir. Leur liberté est limitée par le fait qu’ils sont tenus à respecter les réalités du rapport des forces et à ne pas s’aventurer à se mettre en tête de ligne de l’opposition à la superpuissance et de subir, en conséquence, sa vengeance. Leur volonté d’agir, dans la situation actuelle exceptionnelle, dépendra d’une prise de conscience générale de cette menace existentielle, qui produira une volonté politique collective devant laquelle les gouvernements ne pourront pas hésiter. La résistance-enquête, entreprise principalement par les sociétés, est en mesure de mener à cette prise de conscience.

XI

Le facteur temps.

Dans la situation actuelle, le facteur temps est particulièrement déterminant. Il l’a été, jusqu’ici, dans le succès des Néos. Il l’est encore plus dans le succès à venir de la résistance.

Pour agir à temps, la résistance doit se situer dans le Néotemps fixé par l’agenda des Néo-conservateurs. Précipité, cet agenda consiste à créer une succession de situations anticipées qui leur permettent d’aller de l’avant, devançant toute opposition potentielle, pour l’empêcher d’agir ou pour la rendre inefficace. Le principe étant que l’opposition soit toujours dépassée par les événements. Les dernières années illustrent ce principe. Au lendemain du 11 septembre, les États-Unis et le reste du monde savaient moins sur les visées et les manœuvres des Néo-conservateurs, alors qu’ils étaient plus capables de les punir ou les retenir. Trois ans après, ils en savent plus, alors qu’ils deviennent moins capables d’y agir. Ce qui permit aux Néos de progresser, à leur projet d’avancer, à leur guerre de se légitimer et au « remodelage » du monde de s’affirmer suivant leur vision. Demain, nous saurons beaucoup plus sur la bande des Néos et sur ses crimes, et nous en ressentirons plus les conséquences qui s’accroissent d’ailleurs à chaque épisode, mais nous risquerons d’être devant le fait accompli, contraints à traiter uniquement avec les conséquences sans pour autant être capables d’agir sur les causes pour empêcher la progression du crime. Le facteur temps restera alors à leur coté. Cet état de chose pourra se perpétuer, permettant aux Néos d’amener le monde à une situation irréversible.

La résistance a pour premier devoir d’inverser cette équation : rendre le monde conscient à temps, pour agir à temps. C’est ce que l’enquête plurielle se propose de remplir dans le contexte du procès pluriel. Elle mettra en cause tous les termes de la version officielle des événements depuis le 11 septembre, celui-ci inclus. Elle mobilisera les victimes dont le nombre se multiplie à l’infini dans cette guerre perpétuelle et sans limites. Elle unifiera les résistants pour s’opposer à cette guerre en priorité et pour concentrer leurs efforts sur l’enquête comme option de résistance, juste et efficace, face à une guerre injuste et fatale.

La dynamique de ce processus d’enquête fournira au plus grand public un énorme capital de savoir qui prendra de vitesse l’agenda des Néo-conservateurs, et produira la volonté politique nécessaire au succès de toute action.

La résistance aura rempli sa fonction, celle de rendre le monde conscient à temps, pour agir efficacement à temps, avant que la situation ne devienne irréversible. Le facteur temps, déterminant, sera alors du côté de la résistance.

XII - L’AVENIR (1) - La menace existentielle

L’avenir abandonné aux Néo-conservateurs.

« Tout au plus, nous sommes à la fin du début », dit l’un des Néo-conservateurs. « vous avez assisté, jusqu’ici, aux escarmouches, aux petites batailles. La vraie guerre n’a pas encore commencé », nous assure un autre.

Les Néocons nous annoncent un avenir infiniment plus sombre que les trois années écoulées. Pourquoi tiennent-ils à nous le dire aussi solennellement, alors qu’ils savent que les États-Unis même sont vivement divisés sur la guerre qu’ils mènent, que la plupart des peuples du monde s’y opposent, que l’édifice de leurs mensonges s’écroule, que des doutes sérieux sur leur organisation et ses manœuvres s’accroissent et s’accentuent et, surtout, que le bilan de la guerre qu’ils promettent d’intensifier et perpétuer est négatif, voire catastrophique ?

Les Néo-conservateurs ont voulu, surtout, manifester leur volonté politique à un monde qui manque de cette volonté. Ils ont tenu à affirmer qu’ils sont résolus, à une opposition qui n’est pas résolue du tout ou ne l’est pas assez. Ils ont voulu dire qu’ils étaient les seuls à planifier pour l’avenir et les seuls à en savoir. Enfin, ils ont voulu insuffler à toutes les autres parties un certain sens de la fatalité pour s’assurer de leur résignation.

Les Néo-conservateurs sont en droit de penser ainsi, vu leur expérience encourageante dans le passé et les dispositions concrètes qu’ils ont prises pour s’assurer le succès dans l’avenir.

En l’espace de trois ans, ils ont entrepris le changement du monde et ils y sont parvenus, sans pour autant rencontrer une opposition coordonnée, résolue à les arrêter. L’état du monde s’est détérioré en s’engageant dans une voie qui peut ramener l’humanité à la barbarie, alors que les esprits les plus éclairés, dans leur immense majorité, ne semblent pas suffisamment alarmés. Ceux-ci se cantonnent dans la pensée traditionnelle pour traiter avec un cas exceptionnel. Ce qui permet aux Néo-conservateurs de se sentir les seuls à savoir que ce nouvel état du monde n’est pas l’après 11 septembre mais l’avant-première de l’ordre mondial qu’ils sont entrain d’établir. Ainsi assurés, ils se considèrent les seuls à pouvoir créer l’avenir et, par conséquent, à s’arroger le droit de Juges Suprêmes dans un contexte apocalyptique approprié, sans tenir compte des résistances traditionnelles qu’ils rencontrent. Ceci explique, en grande partie, l’arrogance de leur discours sur l’avenir.

Leurs dispositions concrètes pour l’avenir les assurent encore plus. Ils comptent sur le processus de radicalisation qu’ils ont enclenché dans les relations internationales et humaines et au sein des sociétés, propre à propager une culture de séparations, d’oppositions et de conflits. Et ils sont tout à fait satisfaits et rassurés de voir le monde s’acheminer à une situation conflictuelle qui peut devenir irréversible, alors que la vie internationale actuelle se caractérise par la complémentarité et l’interdépendance, et que la survie de l’humanité dépend, plus que jamais, de sa solidarité. Ils se félicitent d’autant plus que les sociétés-creusets sont menacées par l’incompatibilité de leurs composants, et ce à une époque où la communion humaine est obligée. En somme, les Néo-conservateurs sont rassurés là où le monde entier est inquiété.

Un monde ainsi changé par ce processus de radicalisation serait de moins en moins résistant à la guerre, vu les nouvelles réalités qui s’imposent dans les relations mondiales et régionales et au sein des sociétés. Alors les gouvernements hésitants ou rebelles aux exigences des meneurs de la guerre, finiraient par se soumettre aux exigences des nouvelles réalités. Ainsi une Europe récalcitrante, par exemple, serait ramenée à l’obéissance. Et une France, particulièrement critique à la logique de cette guerre, le serait de moins en moins au fur et à mesure que ses composants sociaux et religieux, victimes de la radicalisation, paraissent incompatibles. Les valeurs de la république, notamment la laïcité, seraient menacées par la montée en puissance des nouveaux communautarismes moulés dans la haine et la peur. Les dirigeants français, fidèles à ces valeurs, seraient dépassés par les événements et soumis à des pressions intérieures qui se conjuguent avec les pressions et contraintes extérieures déjà existantes. L’exemple de l’Europe et de la France s’applique à tous les continents et pays, à la seule différence des conditions particulières de chacun d’eux.

L’avenir, abandonné aux Néo-conservateurs, est la course à l’abîme. Une course dont le parcours comptera par stations de mois ou de semaines. Déjà un siècle de trois ans, gros de conséquences apocalyptiques, en a donné la note.

XIII - L’AVENIR (2) - La volonté de survivre

Opposer, à la volonté de puissance d’une caste, la puissance de la volonté publique.

L’avenir dépend de l’homme. Ce postulat de départ devrait servir d’idée directrice à la résistance pour se libérer du sens de la fatalité que les Néo-conservateurs ont tenu à insuffler à leurs opposants et à inculquer dans leurs têtes. Ils ont voulu assurer leur irrévocable « mission » déterminante et le sort déterminé de l’humanité.

Les déterminismes se sont révélés non seulement faux mais néfastes. Faux, puisqu’ils n’existent pas, dans l’histoire, en tant que loi. Néfastes, quand ils existent, dans les têtes des hommes, en tant que fausse foi. Pourtant, la fausseté des déterminismes ne doit pas trop nous assurer et nous inviter à l’inertie dans l’attente de voir le faux se trahir. Car les déterminismes ne sont démentis que par l’action des hommes.

L’appel à la résistance est un appel à l’action. Cependant, cette action doit s’imposer des conditions dont les unes la protègent contre les abus et la désorientation et les autres la rendent efficace. Pour se protéger, l’action doit être conçue en opposition non seulement au déterminisme mais aussi à la pure réaction, en vue d’échapper à l’engrenage de la violence qui est la piste favorite des Néo-conservateurs. Quant aux conditions de l’efficacité, dont la plupart ont été citées plus haut, elles ne peuvent se réaliser sans un facteur primordial et déterminant, celui de la volonté politique. A la volonté politique des Néo-conservateurs qui est une volonté de puissance, doit s’opposer une volonté politique collective qui exprimera la puissance de cette volonté. A la volonté d’une organisation-caste, doit s’opposer la volonté publique.

La résistance n’est pas une option parmi d’autres. Elle est un passage obligé. Car l’humanité est appelée à décider, par cette résistance, de son destin. C’est dans cet esprit et par cette prise de conscience que la résistance doit envisager sa mission salvatrice. Manquer de volonté politique pour faire face à cette menace c’est manquer de volonté de vivre, voire de survivre. C’est même manquer du pure instinct de survivre, vu l’évidence du danger et sa galopante progression.

Renverser le nouveau régime aux États-Unis et le nouvel ordre mondial.

Les Néo-conservateurs entreprennent d’établir un nouveau régime aux États-Unis et un nouvel ordre mondial, qui constituent une menace existentielle. La survie de l’humanité exige de renverser, en priorité, ce régime et cet ordre. Cette tâche primordiale incombe à la résistance.

Cette directive que doit se donner la résistance révèle un paradoxe et peut paraître impossible à réaliser.

Le paradoxe qu’elle révèle consiste en ce qu’elle fait appel à renverser le nouveau régime des E.U., alors que celui-ci entreprend de changer les régimes des autres pays du monde. En fait, ce nouveau régime redoutable qui se fait aux E.U. mérite d’être renversé en premier. D’abord, il est de portée globale sans commune mesure, ce qui fait que tous les citoyens du monde qui en sont victimes, sont en droit, voire en devoir de le changer. Ensuite, le renversement de ce régime rétablira certaines normes élémentaires aux E.U. et dans le monde, propres à répondre aux inquiétudes et à redonner espoir. Alors que le renversement des régimes des autres pays, tel que l’entreprennent les Néo-conservateurs dans le monde, est entrain d’aboutir soit à des régimes pires, soit au chaos, c.a.d. à la destruction et l’autodestruction. Le cas de l’Irak, destiné à se généraliser dans la région, sinon dans le continent, est exemplaire. Le raz de marée dans le monde, qui n’a pas tardé pas à se faire sentir, doit nous alarmer et nous inciter à agir. Une raison de plus pour renverser, en priorité, le nouveau régime qui se fait aux E.U. et du nouvel ordre mondial qui en suit.

Cette directive peut aussi paraître impossible, du fait qu’elle laisse entendre que la résistance telle quelle, dénuée de moyens tangibles, serait en mesure de s’opposer à la formidable machine de guerre et aux moyens illimités dont disposent les nouveaux maîtres de la superpuissance. Cependant, la volonté politique collective, dont nous avons parlé plus haut, peut changer toute l’équation. Car la puissance potentielle de cette volonté est considérable. D’autant plus que la résistance, qui exprime cette volonté, sera en position de force, vu la nature de la guerre que mènent les Néo-conservateurs. Car elle est une guerre d’idées en premier lieu, où les résistants sont avantagés : ils sont plus nombreux, plus féconds et plus dévoués que les manipulateurs du réseau Néo-conservateur ; ils auront besoin de moindres efforts et de plus modestes moyens pour affirmer les réalités que l’enquête sera en mesure d’établir, en comparaison aux énormes efforts et moyens que les Néo-conservateurs seront constamment contraints de déployer pour couvrir leur mensonge et pour monter les scénarios, de plus en plus épuisants et risqués, par nécessité de cacher leurs crimes et les impasses de leur logique de guerre. Néanmoins, quels que soient les efforts et les sacrifices que la résistance, consciente de ses responsabilités, aura à présenter par son libre choix, compteront peu par rapport aux conséquences forcées que l’humanité serait contrainte de subir sous l’autorité totalitaire des nouveaux Juges Suprêmes.

La résistance n’a alors d’autres choix que de faire un véritable tour de force pour réussir à destituer les Néo-conservateurs et renverser le nouveau régime aux EU. et le nouvel ordre mondial qu’ils ont établis. Cependant, cette réussite, qui est une condition pour survivre à leur menace directe, n’est pas suffisante pour le salut. L’avenir dépendra d’une autre lutte planétaire contre leur culture qui peut survivre à leur chute.

 
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Nom : Aît Hamza S.

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