ELWATAN-ALHABIB
mercredi 28 mars 2007
  Litterature sevile au secours d'un pouvoir corrompu et debile
Par Abdelkader Dehbi

Le ridicule ne tue pas certes, – et c'est bien dommage -, mais il a le don de nous mettre en boule. Voici donc une pleine page publicitaire – la page 20 - parue en ce samedi 24 Mars 2007 dans le quotidien en langue arabe "Ach-Chourouk" et annonçant la bonne nouvelle, c'est-à-dire la toute prochaine parution d'une biographie consacrée à M. Bouteflika sous ce titre ahurissant: "LE GEANT DE LA POLITIQUE MONDIALE, LE GENIAL PRESIDENT BOUTEFLIKA" sous la plume d'un certain Dhouifi Amar Saïfi, dont on ose espérer - pour la suite des évènements -, qu'il s'agit bien d'un pseudonyme….et surtout pas d'un autobiographe.Selon la présentation qui en a été faite, cette biographie se répartit en 5 volumes de 134 pages chacun. Le sommaire du premier volume à paraître, – on se demande d'ailleurs ce qu'il reste à dire dans les quatre autres -, traite en particulier des points suivants:- Les grandes réalisations de Bouteflika;- le règlement de la dette algérienne;- la liquidation de la mafia politique;- la volonté du peuple algérien d'immortaliser Bouteflika;- Bouteflika sera immortel;- l'amour du peuple pour Bouteflika;- la fidélité du peuple à Bouteflika;- le peuple ne permettra pas à Bouteflika de quitter le pouvoir;- l'amour de Bouteflika pour le peuple;- quelques poèmes célébrant les vertus du Président Abdelaziz Bouteflika.Suit alors, après présentation de cet hallucinant sommaire, un long embrouillamini de phrases absconses sensées être le fruit d'une "recherche approfondie s'étendant sur deux années" où l'auteur de la biographie s'élève tantôt contre "les accusations mensongères émanant de Abdelmoumène Khalifa, mettant en cause l'honorabilité de M. Bouteflika", tantôt contre " les pressions exercées par les forces de l'ombre pour empêcher la révision de la Constitution, révision qui a été ajournée à plusieurs reprises…". Puis, nous voici plongés sans transition dans les arcanes de la "la lutte contre la corruption, le blanchiment d'argent et les différents réseaux terroristes liés à El Quaïda…."….etc…etc…Puis, cet avertissement solennel: "Que les ennemis de l'Algérie, ceux de l'intérieur comme ceux de l'extérieur, sachent que les 33 millions d'Algériens sont tous des Bouteflika et qu'ils sont tous prêts à se sacrifier pour lui. Et que cette fois-ci, le scénario de l'assassinat du Président Boudiaf ne se répètera pas. Et que si El Quaïda , - réseau mondial ou réseau algérien - veut trouver un nouveau Boumaârafi, il lui faudra trouver 33 millions de Boumaârafi…." etc…etc…Enfin, l'auteur de cette biographie termine la présentation de son "ouvrage" par un véritable délire en vers, à l'adresse de Bouteflika, qu'il qualifie de "glorieux" et à qui il "garantit" l'éternité du paradis, en prenant Dieu Lui-Même à témoin, dans une espèce de transe verbale qui semble moins tenir de la spiritualité divine que de l'hystérie démoniaque, en vogue dans certaines zaouïas "ressuscitées" ou carrément réinventées.Je laisse le temps au lecteur de reprendre ses esprits. Nous sommes bien en Algérie hélas ! Et en l'an de grâce 2007. Seul cet infortuné de laudateur apparemment halluciné, semble revivre dans son esprit malade, ce genre inférieur que fut durant si longtemps, la littérature apologétique et servile. Un genre littéraire qui a discrédité les plus talentueux des écrivains, dès lors qu'ils ont mis leurs plumes au service du pouvoir, quand bien même ce pouvoir était symbolisé par d'authentiques Souverains ou de vrais hommes d'Etat. Et on est loin de ce cas de figure-ci, en tout état de cause. Il suffit de relire en effet Al Mutanabbi, flattant Seïf-Ad-Dawla, l'Emir d'Alep, ou bien les harangues de Bossuet, à l'adresse du "Roi Soleil". Sans oublier, plus près de nous, Staline le sanguinaire, baptisé "petit père des peuples" par les chantres littéraires du "réalisme socialiste"; ni le sinistre Ceuscescu, le "génie des Carpates" finissant pitoyablement ses jours dans un hangar de banlieue, sous les balles expéditives de la justice populaire. C'est assez dire dans quelles abysses nous a entraînés ce mal – j'allais dire cette malédiction – qui ronge notre pays et ses institutions et qui s'appelle: le culte du pouvoir pour le pouvoir. Un pouvoir illégitime et liberticide, avec son inévitable cortège d'autoritarisme et d'arbitraire, de corruption morale et de dégradation des mœurs sociales. Un culte du pouvoir – puisque c'est d'actualité -, qui amène des dizaines pour ne pas dire des centaines de candidats à la "députation" aux prochaines élections législatives, tous partis politiques confondus, à aller chercher partout, à travers le territoire national, des "parrainages de poids", souvent moyennant de grosses enveloppes, pour se faire élire à l'Assemblée Populaire Nationale. Une Assemblée pourtant totalement asservie aux décisions et orientations du Pouvoir Exécutif, à travers ses deux composantes, formelle et informelle. Mais une Assemblée devenue synonyme de sinécure et d'engraissement de ses membres, aux frais du Trésor Public, en même temps que de lieu de relations d'affaires douteuses, liées aux grands marchés publics. Il suffit d'aller demander au Président sortant, combien de milliards il a pu ramasser, tout au long de sa magistrature, à la tête de cette Institution nationale, par exemple en faisant "travailler" ses entreprises auprès des gros chantiers publics. Un culte du pouvoir qui a abouti à des situations de "scandale dans le scandale" comme dans l'affaire de la banqueroute criminelle de Khalifa Bank où des dizaines de personnalités de premier rang, impliquées ont été honteusement "exfiltrées" du dossier, avant la saisine de la Justice pour échapper aux poursuites. Sans parler de l'implication de six ministres du gouvernement actuel et d'autres gros poissons comme le Secrétaire Général actuel de l'UGTA qui a publiquement reconnu assumer ses fautes devant la Cour de Blida, comme s'il se savait protégé par une invisible immunité.Non, Monsieur Dhouïfi Amar Saïfi ! Qui que vous soyez, vous ne pouvez pas parler comme çà, au nom de "33 millions d'Algériens" qui seraient prêts à se sacrifier pour votre M. Bouteflika. C'est une escroquerie inacceptable qui risque de vous coûter cher, très cher, non seulement au plan moral, mais aussi au plan pénal, si d'aventure, des citoyens Algériens, indignés devant votre propre indignité, s'avisaient demain, de se constituer en Association pour la défense de leurs droits civiques et vous faire poursuivre par devant les Tribunaux, pour atteinte à leur dignité de citoyens libres, en parlant en leur nom. Agenouillez-vous jusqu'à plat-ventre devant votre petit Dieu si bon vous semble, mais fichez la paix aux 33 millions d'Algériens debout, parce que telle est leur nature, malgré le pullulement des asticots de votre espèce.-----(Abdelkader DEHBI)-----
 
mardi 27 mars 2007
  Les Rothschild et l'apparente opposition entre capitalisme,nazisme et communisme


Les Rothschild conduisent la "Symphonie Rouge" par Henry Makow Ph.D., rédigé le 9 novembre 2003. Aussi incroyable et bizarre que cela puisse paraître, l'humanité est vraiment victime d'une conspiration diabolique. Les guerres, les dépressions et les génocides du siècle passé n'étaient pas accidentels ou inévitables mais le résultat d'un dessein malveillant. Une preuve choquante est l'interrogatoire en 1938 par la police staliniste (le NKVD) d'un des fondateurs de l'Internationale Communiste, Christian G. Rakovsky, 65 ans, qui était menacé d'exécution pour un complot visant à renverser Staline. La transcription des 50 pages de son interrogatoire, surnommée « The Red Symphony (la symphonie rouge) » n'était pas censée devenir publique. Elle confirme que les Rothschild (Illuminati) planifiaient d'utiliser le communisme pour établir une dictature mondiale au profit des élites richissimes. C'est peut-être le document politique le plus explosif de l'histoire moderne. Il révèle pourquoi les Illuminati ont créé Hitler et ensuite pourquoi ils ont cherché à le détruire, et pourquoi Staline fit un pacte avec Hitler en 1939. Christian Rakovsky était un ancien initié communiste. Né Chaim Rakeover en 1873, il étudia la médecine en France avant de devenir un révolutionnaire. Il était le leader d'un groupe terroriste qui attaquait les officiels gouvernementaux. En 1919, Lénine le mit en charge du gouvernement soviet de l'Ukraine. Il défendit avec succès la zone pour les bolcheviks pendant la guerre civile. Staline le nomma ambassadeur de Russie à Paris en 1925. Rakovsky appartenait à la puissante faction Trotskyste qui prenait ses ordres auprès des Rothschild. Beaucoup de membres de cette faction furent tués lors de la purge par Staline du parti communiste en 1937. INTERROGATOIRE NOCTURNE Les circonstances de son interrogatoire dans la nuit du 26 janvier 1938 furent très dramatiques. Que pouvait bien dire Rakovsky pour sauver sa vie ? Rakovsky semble utiliser la tactique qui consiste à « tromper en disant la vérité. » Il gagne la confiance en révélant la vérité mais il en omet quelques aspects. Il essaye d'impressionner son interrogateur en disant que lui et Trotsky représentent une puissance invincible qu'il appelle « L'Internationale Financière Capitalo-Communiste. » Il confirme que le « mouvement révolutionnaire » était conçu pour gagner du soutien en prétendant servir la morale de l'humanité et les idéaux collectifs. Toutefois, le but réel était de donner un pouvoir mondial total aux banquiers en divisant la société et en sapant l'autorité établie. « Révolution » signifiait réellement « renversement » de la civilisation occidentale. « La chrétienté est notre seul vrai ennemi puisque les phénomènes politiques et économiques des états bourgeois n'en sont que ses conséquences » dit Rakovsky (Griffin, page 264). La paix est « contre-révolutionnaire » puisque c'est la guerre qui trace la route pour la révolution. Rakovsky, dont la langue était déliée grâce à une drogue douce mise dans son vin, se réfère aux Illuminati par « ils » ou « eux » Il en était un membre mais il ne faisait pas partie du premier cercle. Il explique que l'Ordre des « Illuminati » est une société secrète maçonnique dédiée au communisme. De manière significative, son fondateur Adam Weishaupt prit le nom de « la seconde conspiration anti-chrétienne de cette ère, le gnosticisme » (page 249). COMMENT CE RECIT PASSIONNANT FIT SURFACE L'interrogateur était un des agents stalinistes parmi les plus intelligents, Gavriil Kus'min connu sous le nom de « Gabriel. » A part lui et un technicien fiable caché, le docteur Jose Landowsky était la seule autre personne présente. Enrôlé par le NKVD pour aider « à délier les langues des détenus », le docteur Landowsky était écoeuré par les nombreuses tortures dont il fut témoin. Toutefois, l'interrogatoire de Rakovsky fut cordial. Le docteur Landowsky doutait que le doux euphorisant qu'il versa dans le verre de Rakovsky eut beaucoup d'effet. L'interrogatoire de Rakovsky, conduit en français, dura de minuit jusqu'à 7 heures du matin. Ensuite, Kus'min ordonna à Landowsky de traduire l'entrevue en russe et d'en faire deux copies. Le contenu laissait tellement rêveur que Landowsky mit un carbone de plus pour lui-même. « Je ne suis pas désolé d'avoir eu le courage de faire ça » écrivit-il (page 279). (Les Bolcheviks avaient tués le père de Landowsky, un colonel tsariste, lors de la révolution de 1917). Plus tard, un volontaire fasciste espagnol trouva le manuscrit sur le cadavre de Landowsky dans une cabane sur le front de Petrograd pendant la seconde guerre mondiale. Il le rapporta en Espagne où il fut publié sous le titre « Sinfonia en Rojo Mayo » en 1949. Le texte complet de « The Red Symphony » a été mis en ligne par Peter Myers. http://users.cyberone.com.au/myers/red-symphony.html http://www.onnouscachetout.com/forum/index.php?s=&act=ST&f=73&t=8296&st=1120&#entry134863 La transcription fut publiée en anglais en 1968 sous le titre « The Red Symphony: X-Ray of Revolution. » Vous pouvez la trouver dans l'ouvrage de Des Griffin « Fourth Reich of the Rich » (1988). Je recommande ce livre et tout ce que ce brillant auteur a écrit. REVELATIONS Rakovsky donne à son interrogateur une vision étonnante de l'intérieur de l'histoire moderne afin de prouver que ses commanditaires contrôlent le monde. « L'argent est à la base du pouvoir » dit Rakovsky et les Rothschild le fabriquent grâce au système bancaire. Le « Mouvement Révolutionnaire » était une tentative par Mayer Rothschild et ses alliés de protéger et d'étendre ce monopole en établissant un Nouvel Ordre Mondial totalitaire. Selon Rakovsky, « les Rothschild n'étaient pas les trésoriers mais les chefs de ce premier communisme secret… Marx et les plus hauts chefs de la première Internationale … étaient contrôlés par le baron Lionel Rothschild [1808-1878] dont le portrait révolutionnaire fut réalisé par le Premier Ministre anglais Disraeli, qui était aussi sa créature, et nous a été laissé [dans le roman de Disraeli 'Coningsby'] » (page 250) Nathaniel Rothschild (1840-1915), le fils de Lionel, avait besoin de renverser la dynastie chrétienne [orthodoxe] des Romanov. A l'aide de ses agents Jacob Schiff et les frères Warburg, il finança la partie japonaise dans la guerre russo-japonaise, et une insurrection infructueuse à Moscou en 1905. Puis il fut à l'origine de la première guerre mondiale (Trotsky était derrière le meurtre de l'archiduc Ferdinand) et finança la Révolution Bolchevique de 1917. Rakovsky dit qu'il fut personnellement impliqué dans le transfert de fonds à Stockholm. (pages 251-252) Le mouvement ouvrier juif (le Bund) était un instrument des Rothschild. La « faction secrète » du Bund infiltra tous les partis socialistes en Russie et fournit les dirigeants pour la Révolution Russe. Alexandre Kerensky, le premier ministre Menchevik en était un membre secret (page 253). Leon Trotsky était censé devenir le leader de l'URSS. Trotsky, un juif, épousa la fille d'un des plus proches associés de Rothschild, le banquier Abram Zhivotovsky et intégra « le clan. » Malheureusement, des communistes « nationaux » comme Lénine (un quart juif) croisèrent sa route. Lénine rejeta Trotsky et fit la paix avec l'Allemagne (traité de Brest-Litovsk en 1918). Ce n'était pas le plan des Rothschild. La première guerre mondiale était censée se terminer comme se termina la seconde. La Russie était censée envahir l'Allemagne en 1918 et aider les révolutionnaires locaux à établir une république populaire. Trotsky fut responsable d'une tentative d'assassinat de Lénine en 1918 mais Lénine survécut. Quand Lénine eut une attaque en 1922, Trotsky le fit achever par Levin, le docteur juif de Lénine. A ce moment critique, l'inattendu se produisit. Trotsky tomba malade et Staline fut en position de prendre le pouvoir. Dans ces circonstances cruciales, les Trotskytes prétendirent supporter Staline et infiltrèrent son régime en vue de le saboter. Rakovsky caractérise Staline comme un « Bonapartiste », un nationaliste par opposition à un international communiste comme Trotsky. « C'est un tueur de la révolution, il ne la sert pas, mais il s'en sert, il représente l'impérialisme russe le plus ancien, juste comme Napoléon s'identifiait avec les gaulois… » (page 257) MAITRISER STALINE Pour contrôler Staline, la finance internationale fut amenée à créer Hitler et le parti nazi. Rakovsky confirma que c'était bien des financiers juifs qui soutenaient Hitler, sans que Hitler en soit vraiment conscient. « L'ambassadeur Warburg se présenta sous un faux nom et Hitler ne devina même pas ses origines… Il mentit aussi sur qui il représentait… Notre but était de provoquer une guerre et Hitler était la guerre… [les nazis] reçurent … des millions de dollars envoyés par Wall Street, et des millions de marks par des financiers allemands par l'intermédiaire de Schacht ; [subvenant] à l'entretien des SA et des SS ainsi qu'au financement des élections… » (pages 259-260) http://www.savethemales.ca/000369.html Malheureusement pour les banquiers, Hitler s'est aussi montré rebelle. Il commença à imprimer sa propre monnaie ! « Il s'arrogea le privilège de fabriquer la monnaie, non seulement la monnaie physique mais aussi les outils financiers; il s'appropria l'appareil de falsification encore intact et le mit à travailler au profit de l'état… Pouvez-vous imaginer ce qu'il serait advenu … s'il avait gangrené un certain nombre d'autres états et instauré une période d'autarcie [règne absolu, remplaçant celui des banquiers]. Si vous pouvez, imaginez alors ses fonctions contre-révolutionnaires… » (page 263) Hitler était devenu une menace plus grande que Staline qui n'avait pas touché à la monnaie. La mission actuelle de Rakovsky était de convaincre Staline de signer un pacte avec Hitler et de retourner l'agression d'Hitler contre l'ouest. L'objectif était de faire l'Allemagne et les nations occidentales s'épuiser les unes les autres avant qu'un autre front ne soit ouvert à l'est. [Selon Walter Kravitsky, le chef des services de renseignements militaires soviétiques en Europe qui fit défection vers l'ouest et fut assassiné en 1941, Staline était déterminé à faire un pacte avec Hitler dès 1934. Il n'avait aucun désir de combattre les nazis. Est-il possible que Rakovsky et ses commanditaires ne le savaient pas? « On Stalin's Secret Service » (Kravitsky, 1939)] Rakovsky pressa les russes d'utiliser la tactique qui consiste à « tromper en disant la vérité. » Les russes devaient impressionner Hitler avec leur véritable désir de paix. Hitler ne devait pas suspecter qu'il était en train de se faire embarquer dans une guerre sur deux fronts. Un choix fut offert à Staline. S'il acceptait de partager la Pologne avec Hitler, l'ouest ne déclarerait la guerre qu'avec un seul agresseur, l'Allemagne. S'il refusait, les banquiers aideraient Hitler à le déposer. Kus'min exigea quelque confirmation de haut niveau. Rakovsky lui dit de voir Joseph Davies, l'ambassadeur US à Moscou, un camarade franc-maçon et représentant de l'administration Internationale Communiste de Roosevelt. Quelqu'un fut envoyé voir Davis qui confirma qu'il y avait beaucoup à gagner si Rakovsky obtenait une amnistie. Le 2 mars 1938, un puissant message radio fut envoyé à Moscou dans le code encrypté de son ambassade de Londres. « Une amnistie ou le danger nazi va grandir » dit-il. Davies assista au process de Rakovsky et lui fit un salut maçonnique. Le même jour, le 12 mars 1938, Hitler marchait sur l'Autriche. La condamnation à mort de Rakovsky fut commuée. Certains pensent qu'il poursuivit sa vie sous un nom d'emprunt. http://www.acts1711.com/red_symphony.htm Une autre source avance qu'il a été tué en 1941. http://www.spartacus.schoolnet.co.uk/RUSrakovsky.htm Des négociations secrètes furent engagées avec Hitler. Le résultat fut le pacte Ribbentrop-Molotov signé en août 1939, juste une semaine avant l'invasion de la Pologne. L'interrogatoire semble avoir créé un accord entre Staline et les Illuminati. LA RUSSIE LUTTE CONTRE L'EMPRISE DES ROTHSCHILD L'Europe et les Etats-Unis ont succombé au contrôle des Illuminati depuis longtemps. En Russie, il y a encore quelques spasmes avant la mort. Récemment, Vladimir Poutine a fait arrêter Mikhail Khordordovsky, le patron de Yukos, la plus grande compagnie pétrolière russe, et l'homme le plus riche en Russie. Poutine annonça que la Russie allait saisir ses 12 milliards de dollars représentant 26% de ses parts dans la compagnie pétrolière, un des nombreux actifs nationaux pillés dans la réorganisation du communisme il y a 15 ans. Nous avons alors appris que les parts avaient déjà été transférées vers nul autre que Jacob Rothschild dans le cadre d'un « accord inconnu jusqu'alors » prévu pour une telle circonstance. Les deux compères se connaissaient depuis des années « par leur amour commun des arts. » http://washingtontimes.com/world/20031102-111400-3720r.htm Rakovsky avait dit à Kus'min que les Illuminati ne prenaient jamais de positions politiques ou financières. Ils utilisent toujours des « intermédiaires. » « Les banquiers et les politiciens sont toujours des hommes de paille... même s'ils occupant les place importantes et apparaissent être les auteurs des plans qui sont mis en oeuvre... » (Pages 248-249) Evidemment, Khodordovsky est un « intermédiaire » pour Rothschild. De même que le sont Richard Perle, Henry Kissinger et Ariel Sharon qui chacun s'exprimèrent contre les actes de Poutine. Perle, l'architecte de la guerre en Irak, appela à l'exclusion de la Russie du G8. Sharon exprima son inquiétude sur « la persécution de l'homme d'affaires juif. » Khodordovsky est juif comme l'est Simon Kukes son successeur. Comme Perle et comme Kissinger. Beaucoup de juifs servent les Illuminati et c'est une des causes de l'anti-sémitisme. Mais Tony Blair et George W. Bush les servent aussi et ne sont pas juifs. Les membres du groupe de Bilderberg et des Skull and Bones ne sont pas juifs pour la plupart d'entre eux. Les Illuminati sont une alliance entre les Rothschild et les élites mondiales richissimes unies par la franc-maçonnerie, dont le Dieu est Lucifer. L'humanité, la magnifique expérience de Dieu, a été détournée et compromise. Depuis les soldats US en Irak jusqu'aux contribuables qui payent la dette nationale US, nous sommes tous des « hommes de paille. » La révélation finale de la franc-maçonnerie par Henry Makow Ph.D., rédigé le 16 novembre 2003. Les francs-maçons « doivent mourir avec la révolution qui a été engendrée avec leur coopération » selon C.G. Rakovsky, un des fondateurs de l'Internationale Communiste. « Le vrai secret de la maçonnerie est le suicide de la franc-maçonnerie en tant qu'organisation et le suicide physique de chaque franc-maçon important. » Cette révélation vient du compte rendu de l'interrogatoire par la police staliniste de 1938 intitulé « The Red Symphony. » (Transcription dans le livre de Des Griffin, « Fourth Reich of the Rich », page 254). « Il est clair que je connais ceci, pas en tant que franc-maçon mais en tant qu'individu qui leur appartient [aux Illuminati] » dit Rakovsky, un camarade de Léon Trotsky arrêté pour complot contre Staline. Le but de Rakovsky était de convaincre Staline, un nationaliste, de coopérer avec l'Internationale Capitalo-Communiste. J'ai présenté ce document la semaine dernière dans mon article « Les Rothschild conduisent la Symphonie Rouge. » http://www.savethemales.ca/000275.html 'PROTOCOLES DE SION' ET 'SYMPHONIE ROUGE' La franc-maçonnerie est la société secrète le plus grande du monde avec plus de cinq millions de membres, dont trois millions aux Etats-Unis. Elle est un instrument de la conspiration totalitaire. Dans « Les protocoles des sages de Sion », l'auteur (que je pense être Lionel Rothschild) écrit : http://www.savethemales.ca/300902.html « La maçonnerie non juive sert aveuglément d'écran, à nous et à nos objectifs, mais le plan d'action de notre force, même sa localisation très stable, reste pour la majorité des gens un mystère inconnu… Qui ou quoi est en position de contrecarrer une force invisible ? » (Protocole 4) Il écrit encore: « Nous créerons et multiplierons les loges franc-maçonniques... nous y ferons entrer tous ceux qui peuvent devenir ou qui sont importants dans leur activité publique, car dans ces loges nous trouverons notre principale source de renseignement et les moyens de notre influence.... Les complots politiques les plus secrets seront connus de nous et tomberons sous nos mains dirigeantes... Nous connaissons le but final… alors que les goyim n'aurons connaissance de rien... » (Protocol 15) Dans son interrogatoire, Rakovsky dit que des millions rejoignent la franc-maçonnerie pour en tirer avantage. « Les régnants de toutes les nations alliées étaient francs-maçons, à très peu d'exceptions près. » Toutefois, l'objectif réel est de « créer tous les prérequis nécessaires pour le triomphe de la révolution communiste ; c'est le but évident de la franc-maçonnerie ; il est clair que tout ceci fait sous des prétextes variés ; mais ils se cachent toujours derrière leur triple slogan bien connu [Liberté, Egalité, Fraternité]. Vous comprenez ? » Les maçons devraient se souvenir de la leçon de la Révolution Française. Bien que « ils aient joué un rôle révolutionnaire colossal, il en coûta la vie de la majorité d'entre eux… » Puisque la révolution requiert l'extermination de la bourgeoisie en tant que classe [de sorte que toute la richesse soit détenue par les Illuminati sous couvert de l'état], il en résulte que les francs-maçons devaient être liquidés. La vraie signification du communisme est une tyrannie des Illuminati. Quand ce secret sera révélé, Rakovsky imagine « la stupeur affichée sur le visage d'un franc-maçon quand il réalisera qu'il doit mourir des mains des révolutionnaires. Comme il criera pour demander qu'on récompense ses services à la révolution ! C'est un spectacle face auquel on peut mourir … mais de rire ! » (Page 254). Rakovsky parle de la franc-maçonnerie comme une supercherie: « une maison de fous mais en liberté » (Page 254) Comme les maçons, d'autres candidats à la principale classe de l'utopie humaniste (néoconservateurs, libéraux, sionistes, activistes gais et féministes) pourraient en être pour une désagréable surprise. Ils pourraient être laissés de côté après avoir été bien exploités. QUI SONT-ILS? Quand l'interrogateur presse Rakovsky de livrer des notables Illuminati pour approcher une de leurs initiatives, Rakovsky n'est sûr que de deux qui sont décédés : Walter Rathenau, le ministre des affaires étrangères de Weimar, et Lionel Rothschild. Il dit que Trotsky est sa source d'information. Les autres, insiste-t-il, ne sont que spéculation: « En tant qu'institution, la banque Kuhn Loeb & Company de Wall Street: [et] les familles Schiff, Warburg, Loeb et Kuhn; je dis familles pour souligner plusieurs noms puisqu'ils sont tous reliés ... par mariages; puis Baruch, Frankfurter, Altschul, Cohen, Benjamin, Strauss, Steinhardt, Blom, Rosenman, Lippmann, Lehman, Dreifus, Lamont, Rothschild, Lord, Mandel, Morganthau, Ezekiel, Lasky.... quiconque avec un des noms que je viens d'énumérer, même de ceux qui n'appartiennent pas à ‘Eux' pourraient toujours conduire à ‘Eux' avec toute affaire à caractère important. » (Page 272) En accordant aux banquiers le privilège de créer la monnaie, nous avons créé un insatiable vampire. Si vous pouviez fabriquer l'argent, imaginez la tentation que vous auriez de vouloir tout posséder ! http://www.savethemales.ca/260602.html REVOLUTION CACHEE Rakovsky parle du crash de 1929 et de la grande dépression comme une « révolution américaine. » Elle a été délibérément précipitée par les Illuminati pour leur profit, pour casser « l'américain classique » et pour prendre le pouvoir politique. « L'homme à travers lequel ils firent usage d'une telle puissance était Franklin Roosevelt. Avez-vous compris ? … En cette année 1929, la première année de la révolution américaine, en février, Trotsky quitte la Russie ; le crack se passe en octobre… Le financement de Hitler est validé en juillet 1929. Vous pensez que ceci s'est passé par hasard ? Les quatre années de gouvernement de Hoover furent utilisées pour la préparation de la prise de pouvoir aux Etats-Unis et en URSS : ici au moyen d'une révolution financière, et là-bas [Russie] à l'aide d'une guerre [Hitler, seconde guerre mondiale] et la défaite qui devait suivre. Un roman plein d'imagination débordante pouvait-il être vous apparaître plus évident ? » (Page 273). Rakovsky propose que Staline coopère avec les Illuminati (ce qu'il fit ensuite). La première condition est qu'il arrête d'exécuter les trotskystes. Puis « plusieurs zones d'influence » seront établies éloignant « le communisme formel du communisme réel. » Il y aura « des concessions mutuelles pour une entraide réciproque pour la durée du déroulement du plan… Des personnes influentes apparaîtront à tous les niveaux de la société, même à très haut niveau, qui soutiendront le communisme formel de Staline… » (Page 276) Rakovsky souligne que les Illuminati prévoient d'allier communisme et capitalisme. Dans chaque cas, les Illuminati contrôleront toute la richesse et la puissance. « A Moscou, il y a le communisme, à New York, le capitalisme. C'est tout comme la thèse et l'antithèse. Analysez les deux. Moscou est un communisme subjectif mais [objectivement] un état capitaliste. New York est un capitalisme subjectif mais un communisme objectif. Une synthèse personnelle, la vérité : la finance internationale et le capitalisme communisme ne font qu'un. 'Eux'. » (Page 276) CONCLUSION La symphonie rouge (The Red Symphony) confirme que nos leaders politiques et culturels sont la plupart des dupes ou des traîtres. La subversion des Etats-Unis fait partie d'un plan pour une tyrannie planétaire. Je n'en ai pas encore découvert tous les composants. Les gens me pressent de pousser mes recherches vers le Vatican et les jésuites, et je vais le faire. Mais évidemment une cabale occulte de banquiers et d'autres personnes riches est déterminée à asservir l'humanité. Beaucoup sont des juifs qui semblent suivre les injonctions talmudiques primitives et usurpent toute leur richesse, comme mis en évidence dans les « Protocoles des Sages de Sion. » Une manifestation de la tyrannie luciférienne émergeante des Rothschild basée à Jérusalem est le design maçonnique du nouvel immeuble de la Cour Suprême israélienne. La plupart des juifs ne sont pas impliqués dans ce plan, ils s'y opposeraient, et en sont eux-mêmes les victimes. L'antisémitisme est utilisé pour nous détourner de la vraie question, la création d'un état policier global dédié à asseoir la richesse des Illuminati. La « guerre contre le terrorisme » sert à établir ce contrôle autoritaire. Que sont-ils en train de manigancer qui soit nécessaire ? Une autre grande dépression ? Une autre attaque « terroriste » ? Les attentats du 11 septembre montrent qu'ils massacreront des américains innocents sans remords. Dans le système satanique, tout le monde est dupé. Les sionistes sacrifient leur vie pour Israël, les communistes pour une justice sociale, les féministes pour l'égalité et les américains pour le pétrole irakien. Nous sommes tous dupés pour nous éloigner de Dieu, pour penser que la religion et la moralité sont démodées. Les lois morales universelles existent et doivent être observées pour notre propre bien. Dieu simplement est Réalité. Nous sommes gâchés, absents, dévirilisés [déféminisés] et futiles. Comme les francs-maçons, nous sommes des moutons conduits vers l'abattoir. Hitler ne voulait pas la seconde guerre mondiale par Henry Makow Ph.D., rédigé le 21 mars 2004. Hitler ne voulait pas la seconde guerre mondiale, il n'avait pas l'audace de combattre l'Angleterre, selon Louis Kilzer, le journaliste lauréat du prix Pulitzer, auteur de « Churchill's Deception » (Simon & Schuster, 1994). Hitler croyait que le futur de la civilisation occidentale dépendait de la coopération de l'Allemagne avec ses cousins aryens : l'Angleterre et les Etats-Unis. Ses cibles territoriales étaient limitées à la Russie communiste. Il était déterminé à éviter de faire la guerre sur deux fronts. Le « miracle de Dunkerque » était en fait une extraordinaire ouverture pacifique pour l'Angleterre. Normalement, nous n'associons pas Hitler avec une telle magnanimité. En mai 1940, les britanniques étaient au bord de la défaite. L'armée anglaise était encerclée à Dunkerque. Plutôt que de les faire prisonniers, Hitler stoppa ses généraux pendant trois jours, permettant à 330.000 hommes de s'échapper. « Le sang de chaque anglais a trop de valeur pour couler » dit Hitler. « Nos deux peuples s'apparentent racialement et traditionnellement. C'est et cela a toujours été mon but, même si nos généraux ne peuvent pas le comprendre. » (Kilzer, page.213) Ce n'est pas une volonté d'exonérer Hitler. Son idéologie de suprématie de la race aryenne et l'esclavagisme/l'extermination des « races inférieures » (principalement juives et slaves) me répugnent. Ai-je besoin de le dire ? Mes propres grands-parents furent tués par les nazis. Je pense que des gens peuvent tirer fierté de leur race ou de leur nationalité sans chercher à dominer les autres. Néanmoins, nous devons comprendre que notre vision d'Hitler est influencée par la propagande. Les alliés étaient tout aussi coupables d'atrocités et de crimes de guerre. En outre, Hitler fut créé, manipulé et détruit par la même clique d'Illuminati qui règne aujourd'hui sur le monde. « LA SUPERCHERIE DE CHURCHILL » D'après le livre bien documenté de Kilzer, Hitler essayait de convaincre les anglais de faire la paix. En échange, il était prêt à se retirer de l'Europe de l'Ouest et d'une bonne partie de la Pologne. Kilzer décrit comment les services de renseignement britanniques (une branche des Illuminati) utilisa à son avantage l'idéologie raciste d'Hitler pour détourner ses forces contre la Russie et le piéger dans une guerre sur deux fronts. Ils purent le convaincre qu'un parti de la paix pro-nazi (anti communiste) était préparé à déposer le « va-t-en-guerre » qu'était Churchill. Ce parti était formé du duc de Windsor (l'ancien roi Edouard VIII) et d'autres élitistes à la volonté d'apaisement connus comme étant le « Cliveden Set » Les nazis avaient des liens sociaux de longue date avec ce groupe et avaient confiance en lui. Hitler semblait surestimer le fait que le duc de Windsor alla séjourner au château des Rothschild à Enzesfeld en Autriche après qu'il eut abdiqué. Rudolph Hess, le leader en second de l'Allemagne nazie, était en contact avec le groupe Cliveden et s'envola vers l'Angleterre le 10 mai 1941 pour négocier la paix. Selon Kilzer, Hess avait la bénédiction d'Hitler. Coïncidence, ce fut la pire nuit de la Blitzkrieg. Ensuite, il y eut une longue accalmie dans les raids aériens nazis et britanniques. Il apparaît que les nazis pensèrent avoir un accord avec les britanniques et portèrent leur attention sur l'invasion de la Russie le mois suivant (22 juin 1942). Hitler ne comprit pas que les élites anglo-américaines étaient (et sont encore) intimement liées avec la finance internationale (c'est-à-dire avec les Rothschild). L'impérialisme anglo-américain est en fait un front pour les familles qui possèdent la banque d'Angleterre et réserve fédérale US. Ces familles juives et non-juives sont connectées par l'argent, les mariages et le culte de Lucifer (c'est-à-dire la franc-maçonnerie). Roosevelt et Churchill étaient tous deux leurs laquais (comme tous nos « dirigeants » le sont). En 1771, Mayer Rothschild finança les Illuminati, une société secrète maçonnique qui à son tour engendra les révolutions majeures de l'ère moderne, y compris la révolution bolchevique en 1917. Le but ultime est d'établir une dictature mondiale des banquiers, qui est à un stade avancé aujourd'hui. Dans les années 30, leur objectif était d'inciter à une guerre sur deux fronts qui aurait terrassé les grands états nations (Angleterre, Allemagne et Russie). Comme toutes les guerres, l'objectif était de tuer des millions de gens, de traumatiser l'humanité, d'augmenter la dette publique et le profit privé, et de faire apparaître un « gouvernement mondial » (la future Organisation des Nations Unies) comme essentiel pour la « paix. » La politique d'apaisement britannique des années 30 visait probablement à encourager les tendances expansionnistes d'Hitler et à provoquer la guerre. Douglas Reed, correspondant à Berlin du Times (de Londres), fut le premier à déceler quelque chose de louche quand son journal supprima ses avertissements de la menace d'Hitler (Voir son ouvrage Controversy of Zion). ROTHSCHILD CONDUIT LA SYMPHONIE ROUGE (RED SYMPHONY) Pourquoi l'élite financière voudrait-elle aussi détruire la Russie alors qu'elle l'a créée ? La transcription de l'interrogatoire par le NKVD en 1938 de C.G. Rakovsky (alias Chaim Rakeover) nous en donne la réponse. Rakovsky était un intime de Trotsky et ancient ambassadeur soviet à Paris. http://www.savethemales.ca/000275.html L'agent de Rothschild, Léon Trotsky, était supposé succéder à Lénine mais il tomba malade au moment critique. Staline fut capable d'assumer le pouvoir et la Russie échappa ainsi au contrôle des Rothschild. Afin de contrôler Staline, la finance internationale fut forcée de mettre en place Hitler et le parti nazi. Rakovsky confirme que les financiers juifs supportèrent les nazis alors que Hitler n'en était pas conscient. « L'ambassadeur Warburg se présenta sous un faux nom et Hitler ne devina même pas ses origines… Il mentit aussi sur qui il représentait… Notre but était de provoquer une guerre et Hitler était la guerre… [les nazis] reçurent … des millions de dollars envoyés par Wall Street, et des millions de marks par des financiers allemands par l'intermédiaire de Schacht ; [subvenant] à l'entretien des SA et des SS ainsi qu'au financement des élections… » Malheureusement pour les banquiers, Hitler s'est aussi montré rebelle. Il commença à imprimer sa propre monnaie ! « Il s'arrogea le privilège de fabriquer la monnaie et pas seulement la monnaie physique mais aussi les outils financiers; il s'appropria l'appareil de falsification encore intact et le mit au travail pour le bénéfice de l'état… Pouvez-vous imaginer ce qu'il serait advenu … s'il avait gangrené un certain nombre d'autres états et instauré une période d'autarcie [règne absolu, remplaçant celui des banquiers]. Si vous pouvez, alors imaginez ses fonctions contre-révolutionnaires... » Hitler était devenu une menace plus grande que Staline qui n'avait pas touché à la monnaie. Les britanniques n'allaient pas faire la paix avec Hitler parce qu'il avait mis fin au racket des banquiers. En outre, les Illuminati voulaient une guerre élargie, la ruine de l'Europe et l'extension de l'URSS. LES COMMANDITAIRES SECRETS D'HITLER Le livre « Financial Origins of National Socialism » (1933) de « Sydney Warburg » fournit un autre aperçu de comment la clique des Illuminati supporta Hitler. Ce livret de 70 pages fut censuré pendant plusieurs années mais fut republié en 1983 sous le titre « Hitler's Secret Backers. » « Warburg » décrit une réunion secrète en juillet 1929 avec « Carter », le président du « Guarantee Trust » de J.P. Morgan, les présidents des « Federal Reserve Banks », « le jeune Rockefeller » et « Glean de la Royal Dutch. » Ils étaient tous sous tutelle des Rothschild. Il fut établi que Warburg qui parlait allemand irait en Allemagne et demanderait à Hitler de combien d'argent il avait besoin pour renverser l'état. La seule stipulation était que Hitler adopte « une politique étrangère agressive. » « Warburg » détaille cinq rencontres avec Hitler entre 1929 et 1933. La première eut lieu dans une cave à bière ; Hitler y calcula ses besoins sur le dos d'une assiette en carton. Environ 25 millions de dollars furent transférés. C'était extrêmement important dans le contexte de la grande dépression parce que les nazis nourrissaient et abritaient beaucoup de leurs partisans. On ne donna pas la raison de ce soutien à Hitler et il ne demanda pas. A deux occasions, il se demanda tout fort si « Warburg » était lui-même juif mais il rejeta l'idée avant que « Warburg » ne réponde. On ne connaît aucun « Sydney Warburg » mais l'évidence suggère que l'auteur pourrait être James P. Warburg, le fils du fondateur de la « Federal Reserve », Paul Warburg. Le général Ludendorff attesta au procès de Nuremberg que James P Warburg était le canal à travers lequel 34 millions de dollars furent finalement transférés de Wall Street aux nazis. On se demande pourquoi quelqu'un se compromettrait autant pour s'aliéner les gens les plus puissants du monde s'il n'était pas sincère. Les seules personnes ayant le pouvoir de supprimer ce livre sont ceux qu'il incrimine, et ils ont un passif certain pour ce qui concerne la suppression de tels ouvrages. Voir aussi la discussion d'Antony Sutton à propos de ce livre. http://www.reformation.org/wall-st-ch10.html CONCLUSION « Celui qui contrôle le passé contrôle le futur ; celui qui contrôle le présent contrôle le passé. » George Orwell. Ce sont les vainqueurs qui écrivent l'histoire. Notre vision de ce qu'était Hitler est une vison largement juive. Je ne fais que commencer cette recherche et j'admettrai mes erreurs sans problème. Voici mes conclusions provisoires : Bien que je rejette absolument l'idéologie raciste et les atrocités d'Hitler, il peut avoir représenté la dernière résistance sérieuse au programme des Illuminati. Paradoxalement, Hitler fut créé et manipulé par les banquiers auxquels il s'en est pris. Il a perdu la guerre parce qu'il n'appréciait pas leur programme plus ambitieux. Il a naïvement échoué à reconnaître qu'ils contrôlaient l'Angleterre et les Etats-Unis. C'est comme s'il ne croyait pas sa propre propagande. Aveuglé par un zèle raciste, il fit une bévue fatale (pour lui) de ne pas neutraliser l'Angleterre en accaparant les champs pétrolifères du Moyen-Orient. Il fit une autre erreur fatale en ne promettant pas de libérer le peuple russe de l'oppression. La brutalité nazie transforma les slaves en combattants implacables. Mais en dépit de son idéologie raciste démente et son barbarisme subséquent, Hitler aurait pu faire quelque chose de bien. Beaucoup d'allemands et même quelques juifs allemands le supportaient. Mais il n'était qu'un autre produit du jeu diabolique des Illuminati. Les banquiers centraux veulent le pouvoir totalitaire par Henry Makow Ph.D., rédigé le 3 décembre 2005. La « guerre contre le terrorisme » est une ruse des banquiers centraux pour contrôler chaque aspect de votre vie. En relisant « The Red Symphony » récemment, j'ai été choqué de lire l'affirmation d'un initié que les banquiers ne sont pas satisfaits avec une richesse infinie, ils veulent aussi un pouvoir illimité. « The Red Symphony » est un interrogatoire de la police secrète staliniste (NKVD) de Christian Rakovsky, un ambassadeur russe qui était un proche associé de Léon Trotsky, un agent des Rothschild. J'ai présenté ce document explosif de 50 pages à mes lecteurs il y a deux ans. Il lève le voile de l'histoire moderne et explique la vraie signification de la révolution, du communisme, de la franc-maçonnerie et de la guerre. Il n'était pas censé devenir domaine public. Le traducteur, le Docteur J. Landowsky, fit une copie non autorisée. L'expérimentation humaine est mise en danger par des intérêts privés qui ont usurpé la fonction de création monétaire. L'histoire moderne reflète le processus progressif par lequel ils transfèrent toute la richesse et la puissance vers eux-mêmes, en détruisant la civilisation occidentale et créant un état policier mondial. Rakovsky, dont le vrai nom était Chaim Rakover, fut condamné à mort dans la purge stalinienne de la faction trotskyste du parti. Léon Trotsky écrivit dans son autobiographie, My Life : « Christian G. Rakovsky... joua une part active dans les travaux internes de quatre partis socialistes – le bulgare, le russe, le français et le roumain – pour devenir finalement un des leaders de la fédération soviétique, président du soviet ukrainien des commissaires du peuple, et le représentant diplomatique soviet en Angleterre et en France... » Rakovsky essaya de convaincre son interrogateur que Staline devrait coopérer avec les banquiers qui « sont juste comme vous et moi. Le fait qu'ils contrôlent une quantité d'argent illimitée, dans la mesure où ils le crée eux-mêmes, ne détermine pas … les limites de leurs ambitions … Les banquiers ont une soif de pouvoir, de pouvoir total. Juste comme vous et moi. » Ils créèrent l'état communiste comme une « machine pour un pouvoir total » sans précédent dans l'histoire. Dans le passé, dû à plusieurs facteurs, « il y avait toujours de la place pour la liberté individuelle. Comprenez-vous que ceux qui contrôlent déjà partiellement les nations et les gouvernements mondiaux ont des prétentions de domination absolue ? Comprenez bien que c'est la seule chose qu'ils n'aient pas encore atteinte. » Une force pernicieuse paralyse nos vies nationales. Rakovsky l'identifie: « Imaginez vous-même, si vous le pouvez, qu'un petit groupe de personnes ayant un pouvoir illimité grâce à la possession d'une vraie richesse, et vous verrez qu'ils seront les dictateurs absolus des marchés financiers et de l'économie… Si vous avez assez d'imagination alors … vous verrez leur influence anarchique, moral et sociale, c'est-à-dire une influence révolutionnaire… Comprenez-vous ? » Le mouvement révolutionnaire, qui définit l'histoire moderne, était un moyen d'accroître le pouvoir des banquiers en détruisant l'ordre existant avant. A la révolution française, le pouvoir est passé subtilement aux banquiers qui n'étaient pas contraints pas les subtilités chrétiennes, dit Rakovsky. « Le pouvoir royal suprême fut subtilisé par des personnes dont les qualités morales, intellectuelles et cosmopolites les autorisaient à l'utiliser. Il est clair que c'étaient des gens qui n'avaient jamais été chrétiens, mais cosmopolites. » Le communisme, loin de distribuer la richesse, est conçu pour la concentrer dans les mains des personnes les plus riches de la planète. L'état possède la richesse et ils possèdent l'état. Et la marxisme, « avant d'être un système philosophique, économique et politique, est une conspiration pour la révolution. » Rakovsky se moque du « marxisme élémentaire... le marxisme populaire démagogique » qui est utilisé pour duper les intellectuels et les masses. [Quelque soient ses mérites intrinsèques, le socialisme semble conçu pour corrompre et rendre les peuples dépendants du grand gouvernement que les banquiers contrôlent.] En ce qui concerne la franc-maçonnerie: « Chaque organisation maçonnique essaye de créer tous les pré requis nécessaires pour le triomphe de la révolution communiste; c'est le but évident de la franc-maçonnerie » dit Rakovsky, lui-même un franc-maçon de haut rang. Le but de la révolution n'est rien de moins que de redéfinir la réalité en termes d'intérêts pour les banquiers. Ceci implique la promotion de la réalité subjective au détriment de la réalité objective. Si Lénine « sent que quelque chose est réel » alors c'est réel. Pour lui, chaque réalité était relative face à la seule et absolue réalité : la révolution. » En d'autres termes, le blanc est noir et le haut est en bas. C'est comme ça qu'était l'Union Soviétique et c'est en train de nous arriver maintenant. La vérité et la justice sont en train d'être remplacées par un diktat politique. « Le politiquement correct » , un terme bolchevique est maintenant d'usage courant. Des physiciens comme Steven Jones qui s'interrogent sur le 11 septembre sont réduits au silence. Des historiens comme David Irving sont emprisonnés. Rakovsky s'étonne que « les bancs sur lesquels étaient assis les usuriers graisseux pour commercer avec leur monnaie, sont maintenant devenus des temples, qui se tiennent avec magnificence à chaque coin de nos grandes villes contemporaines avec leurs colonnades païennes, et les foules s'y rendent … pour apporter assidûment leurs dépôts représentant tous leurs biens au dieu de l'argent… » Il dit que « l'étoile à cinq branches des soviets représente les cinq frères Rothschild avec leurs banques, qui possèdent des accumulations de richesses colossales, les plus grandes jamais connues. » « N'est-il pas étrange que Marx n'ait jamais mentionné ce fait ? » demande Rakovsky. « N'est-il pas étrange que pendant les révolutions, les insurgés n'aient jamais attaqué les banquiers, leurs châteaux ou leurs banques ? » La guerre est le moyen par lequel les banquiers centraux avancent vers leur objectif d'un gouvernement mondial totalitaire. Rakovsky dit que Trotsky était derrière le meurtre de l'archiduc Ferdinand (qui a déclenché la première guerre mondiale). Il rappelle la phrase prononcée par la mère des cinq frères Rothschild : « 'Si mes fils le veulent, alors il n'y aura aucune guerre.' Cela veut dire qu'ils étaient les arbitres, les maîtres de la paix et de la guerre, mais pas les empereurs. Etes-vous capable de visualiser le fait d'une telle importance ? La guerre n'est-elle pas une fonction révolutionnaire ? La guerre ? La Commune. Depuis cette époque, chaque guerre fut un pas de géant vers le communisme. » « Après l'assassinat de Walter Rathenau [membre des Illuminati, ministre des affaires étrangères de Weimar] en 1922, les Illuminati ne donnèrent des positions politiques et financières qu'à des intermédiaires » dit Rakovsky. « Evidemment à des personnes loyales et dignes de confiance, qui peuvent être garantis de mille manières : aussi on peut être sûr que ces banquiers et politiciens [aux yeux du public], ne sont que des hommes de paille, même si ils occupent des places très élevées, et sont manipulés pour apparaître comme les auteurs des plans qui sont menés. » En 1938, Rakovsky souligna trois raisons pour la seconde guerre mondiale à venir. La première était que Hitler commençait à imprimer sa propre monnaie. « C'est très sérieux. Beaucoup plus que tous les facteurs externes et cruels du national-socialisme. » Deuxièmement, le « nationalisme complètement développé de l'Europe occidentale est un obstacle au marxisme ... le besoin de destruction du nationalisme vaut à lui seul une guerre en Europe. » Finalement, le communisme ne peut pas triompher sauf s'il supprime la « chrétienté encore en vie. » Il parle de la « révolution permanente » comme datant de la naissance du Christ, et de la Réforme comme « sa première victoire partielle » parce qu'elle divise la chrétienté. Cela suggère que la « conspiration » contient aussi un facteur racial ou religieux. « En réalité, la chrétienté est notre seul vrai ennemi depuis tous les phénomènes politiques et économiques des états bourgeois. La chrétienté contrôlant les individus est capable d'annuler la projection révolutionnaire de l'état neutre soviétique ou de l'état athée. » Maintenant les banquiers centraux sont en train de promouvoir la troisième guerre mondiale comme étant « le choc des civilisations. » Substituez l'Islam à la chrétienté ci-dessus. CONCLUSION Nos croyances doivent s'adapter à la vérité et non le contraire. Apparemment, la vérité est qu'une relativement petite clique de familles de banquiers juifs et leurs alliés non juifs dans les familles dirigeantes en Europe et en Amérique ont usurpé le contrôle de la création des monnaies, et avec elle, la destinée du monde. Cette classe supérieure possède et contrôle la plupart des plus grandes sociétés du monde, les médias, les agences de renseignement, les sociétés secrètes, les universités, les politiques, les fondations, les groupes de réflexion, les ONG (organisation non gouvernementales). Il apparaît aussi qu'ils dominent le crime organisé. Le 11 septembre, la guerre contre le terrorisme et l'Irak font partie de l'inexorable processus par lequel la classe supérieure accroît sa richesse et son emprise. Le but final est un état policier mondial dans lequel les masses seront privées de leur richesse, de leur liberté et peut-être de leur vie. Les néoconservateurs sont réellement des néo-communistes. Ils compromettent la sécurité de leurs compatriotes juifs (de même que tous les américains) par leurs machinations malfaisantes. Les juifs devraient suivre mon exemple et les répudier. La classe supérieure veut que nous la voyions comme un « problème juif. » De cette manière, elle peut faire porter le chapeau à des juifs innocents et alors rejeter toute opposition en invoquant la « haine » et le « parti pris. » Le problème est principalement celui de la création de la monnaie (crédit) qui a conduit à une concentration intenable de puissance et de richesse entre peu de mains. Pratiquement chaque individu utile à la société, juif ou non, est forcé, sciemment ou non, de s'aligner avec cette classe supérieure. Nos institutions religieuses, culturelles et politiques ont été détournées. Ceci explique la fausse qualité de la vie sociale en occident. Comme nous célébrons Noël, rappelons nous du message du Christ: Dieu est Amour. Dieu est plus puissant que la force satanique qui tient l'humanité en esclavage. Mais Sa volonté ne peut être faite sauf si les hommes la font. Quel qu'en soit le prix, ne rien faire coûtera encore plus. L'abondance dont nous jouissons maintenant fait partie d'un complot séculaire pour piéger et asservir l'humanité.
Mardi 27 Mars 2007
vordevan@hotmail.com
 
  Inch'Allah
par Uri Avnery

Mondialisation.ca,

Le 26 mars 2007

Gush Shalom

Ce ne sont pas seulement les Palestiniens qui doivent pousser un soupir de soulagement après la prestation de serment du gouvernement palestinien d’union nationale. Nous, Israéliens, avons une bonne raison de faire de même.
Cet événement est une vraie bénédiction, non seulement pour eux, mais aussi pour nous - si toutefois nous nous intéressons à une paix qui mette fin au conflit historique.
POUR LES Palestiniens, le résultat immédiat est l’élimination de la menace de guerre civile.
C’était un cauchemar. C’était également absurde. Des combattants palestiniens se tiraient dessus dans les rues de Gaza, à la grande joie des autorités d’occupation. Comme dans l’arène de la Rome antique, des gladiateurs s’entretuaient pour l’amusement des spectateurs. Des gens qui avaient passé des années ensemble dans les prisons israéliennes se comportaient soudain comme des ennemis mortels.
Ce n’était pas encore une guerre civile. Mais les incidents meurtriers auraient pu y conduire. De nombreux Palestiniens craignaient que, si les affrontements n’étaient pas immédiatement stoppés, une véritable guerre fratricide éclate. Le grand espoir du gouvernement israélien était bien sûr aussi que le Hamas et le Fatah se détruisent l’un l’autre sans qu’Israël ait à lever le petit doigt. Les services de renseignement israéliens l’avaient même prédit.
Je n’avais pas d’inquiétude à ce sujet. De mon point de vue, une guerre civile palestinienne n’était pas en jeu.
Tout d’abord, parce que les conditions fondamentales d’une guerre civile n’existaient pas. Les Palestiniens sont unis dans leur composition ethnique, culturelle et historique. La Palestine ne ressemble pas à l’Irak, avec ses trois peuples distincts ethniquement (arabes et kurdes), sur le plan religieux (chiites et sunnites) et géographiquement (nord, centre et sud). Elle ne ressemble pas à l’Irlande, où les protestants, descendants des colons, combattirent les descendants catholiques de la population indigène. Elle ne ressemble pas aux pays africains, dont les frontières ont été fixées par les maîtres coloniaux sans aucune considération des frontières tribales. Elle n’a pas connu de soulèvement révolutionnaire comme ceux qu’ont amenés les guerres civiles en Angleterre, en France et en Russie, ou de problème qui divise la population comme l’esclavage aux Etats-Unis.
Les incidents meurtriers qui éclatèrent dans la bande de Gaza étaient des luttes entre milices de partis, aggravées par des querelles entre hamulas (familles étendues). L’histoire a connu de telles querelles dans presque tous les mouvements de libération. Par exemple : après la Première guerre mondiale, quand les Britanniques furent obligés d’accorder l’autonomie à l’Irlande, une lutte sanglante entre combattants de la liberté éclata aussitôt. Des catholiques irlandais tuèrent des catholiques irlandais.
A l’époque de la lutte de la communauté juive en Palestine contre le régime colonial britannique (« le mandat »), une guerre civile n’a été évitée que grâce à une personne : Menahem Begin, le commandant de l’Irgoun. Il était déterminé à empêcher à tout prix une guerre fratricide. David Ben Gourion voulait éliminer l’Irgoun, qui refusait son leadership et sapait sa politique. Dans ce qu’on a appelé la « saison », il donna l’ordre à la Haganah, son organisation loyale, de kidnapper des membres de l’Irgoun pour les livrer à la police britannique, qui les torturait et les emprisonnait à l’étranger. Mais Begin interdit à ses hommes d’utiliser leurs armes pour se défendre contre des Juifs.
Une telle lutte entre Palestiniens ne se transformera pas en guerre civile, parce que l’ensemble des Palestiniens s’y opposent vigoureusement. Tout le monde se souvient que, pendant la rebellion arabe de 1936, le leader palestinien de l’époque, le grand mufti Hadj Amin Al-Husseini, massacra ses rivaux palestiniens. Pendant les trois années de la rébellion (appelées « événements » dans la terminologie sioniste) les Palestiniens s’entretuèrent plus qu’ils ne tuèrent de leurs opposants britanniques et juifs.
Résultat : quand les Palestiniens furent confrontés à leur épreuve existentielle suprême, dans la guerre de 1948, ils furent divisés et déchirés, faute de direction unifiée, et se trouvèrent dépendants de gouvernements arabes querelleurs, qui intriguaient les uns contre les autres. Ils furent incapables de résister à la communauté juive organisée, beaucoup plus petite, mais qui a rapidement mis sur pied une armée unifiée et efficace. Le résultat fut la nakba, la terrible tragédie historique du peuple palestinien. Ce qui s’est passé en 1936 marque encore la vie de chaque Palestinien jusqu’à ce jour.
Il est difficile de lancer une guerre civile si la population y est opposée. Même les provocations de l’extérieur - et je présume qu’elles n’ont pas manqué - ne peuvent la déclencher.
Je n’ai par conséquent jamais douté un seul instant qu’en fin de compte un gouvernement d’union verrait le jour, et je suis content que cela arrive aujourd’hui.
POURQUOI est-ce bien pour Israël ? Je vais dire quelque chose qui va choquer de nombreux Israéliens et leurs amis dans le monde.
Si le Hamas n’existait pas, il faudrait l’inventer.
Si un gouvernement palestinien avait été formé sans le Hamas, nous aurions dû le boycotter jusqu’à ce que le Hamas en fasse partie.
Et si des négociations aboutissent à un accord historique avec la direction palestinienne, nous devrions y mettre comme condition que le Hamas le signe également.
Folie ? Bien sûr. Mais c’est la leçon que l’histoire nous lègue de l’expérience d’autres guerres de libération.
La population palestinienne dans les territoires occupés est divisée presque à égalité entre le Fatah et le Hamas. Signer un accord avec la moitié d’un peuple et continuer la guerre avec l’autre moitié n’a aucun sens. Après tout, nous devrons faire de sérieuses concessions pour la paix, comme le retrait dans des frontières beaucoup plus étroites et la restitution de Jérusalem-Est à ses propriétaires. Le ferons-nous en échange d’un accord que la moitié du peuple palestinien n’acceptera pas et dans lequel elle ne sera pas engagée ? Pour moi cela ressemble au summum de la folie.
J’irai plus loin : le Hamas et le Fatah ensemble ne représentent que la partie du peuple palestinien qui vit en Cisjordanie, dans la bande de Gaza et à Jérusalem-Est. Mais des millions de réfugiés palestiniens (personne ne sait vraiment combien) vivent en dehors du territoire de Palestine et Israël.
Si nous aspirons effectivement à la fin réelle du conflit historique, nous devons parvenir à une solution qui les inclut également. Donc je m’interroge fortement sur la sagesse de Tsipi Livni et de ses collègues, qui demandent que les Saoudiens retirent de leur plan de paix toute mention du problème des réfugiés. C’est tout simplement stupide.
Le bon sens conseillerait exactement le contraire : demander que l’initiative de paix saoudienne, qui est devenue un plan de paix panarabe officiel, inclue la question des réfugiés, afin que le règlement final constitue également une solution du problème des réfugiés.
Ce ne sera pas facile, bien sûr. Le problème des réfugiés a des racines psychologiques qui touchent le cœur même du conflit palestino-sioniste et il concerne le sort de millions d’êtres humains. Mais quand le plan de paix arabe dit qu’il doit y avoir une solution « d’un commun accord » - c’est-à-dire d’un commun accord avec Israël - il le transfère du royaume des idéologies inconciliables au monde réel, le monde des négociations et du compromis. J’ai souvent discuté avec des personnalités arabes et je suis convaincu qu’un accord est possible.
LE NOUVEAU gouvernement palestinien est basé sur l’« accord de La Mecque ». Il semble que celui-ci n’aurait pas été possible sans l’énergique intervention du roi Abdallah d’Arabie Saoudite.
Le contexte international doit être pris en considération. Le président des Etats-Unis fait actuellement des efforts désespérés pour amener son aventure irakienne à une conclusion qui ne restera pas dans l’histoire comme un désastre total. Dans ce but il essaie de constituer un front sunnite qui neutraliserait l’Iran et mettrait fin à la violence sunnite en Irak.
C’est évidemment une idée simpliste. Elle ne tient pas compte de l’énorme complexité des réalités de notre région. Bush a présidé à l’installation en Irak d’un gouvernement dominé par les chiites. Il a essayé d’isoler la Syrie sunnite. Et le Hamas est bien sûr une pieuse organisation sunnite.
Mais le navire-Etat américain commence à virer de bord. En tant que navire géant, il ne peut le faire que très lentement. Sous la pression américaine, le roi saoudien a été d’accord (peut-être à contre-cœur) de prendre lui-même la direction du monde arabe après que l’Egypte eut échoué dans cette tâche. Le roi a persuadé Bush qu’il doit parler avec la Syrie. Maintenant il essaie de le persuader d’accepter le Hamas.
Dans ce tableau, Israël est un obstacle. Il y a quelques jours, Ehoud Olmert s’est envolé pour l’Amérique et a déclaré à la conférence du lobby juif, l’AIPAC, qu’un retrait d’Irak serait un désastre (contrairement, soit dit en passant, à l’opinion de plus de 80% des Juifs américains, qui soutiennent un retrait rapide). Cette semaine, l’ambassadeur américain à Tel-Aviv a laissé entendre qu’à partir de maintenant le gouvernement d’Israël est autorisé à engager des négociations avec la Syrie - et on peut supposer que cette allusion se transformera en ordre sous peu. Pendant ce temps, aucun changement de position du gouvernement israélien n’est perceptible.
MALHEUREUSEMENT, juste à ce moment-ci, avec un gouvernement palestinien nouvellement formé qui a de bonnes chances d’être fort et stable, le gouvernement d’Israël est de plus en plus déstabilisé.
Le soutien à Olmert dans les sondages est proche de zéro. Les points de pourcentage peuvent se compter sur les doigts d’une main. Pratiquement tout le monde parle de sa mort politique dans quelques semaines, peut-être après la publication d’un rapport intérimaire de la commission Vinograd sur la seconde guerre du Liban. Mais même si Olmert réussit à survivre, son gouvernement sera un canard boîteux, incapable de lancer quoi que ce soit de nouveau, et certainement pas une initiative forte vis-à-vis du nouveau gouvernement palestinien.
Mais si Bush nous soutient d’un côté, et le roi saoudien de l’autre, peut-être après tout ferons-nous quelques pas en avant. Comme le disent les gens de cette région : Inch’Allah - si Dieu le veut.
Uri Avnery est journaliste et cofondateur de
Gush Shalom , (en français Bloc de la Paix).Article publié le 18 mars, en hébreu et en anglais sur les site de Gush Shalom Traduit de l’anglais « Inshallah » : RM/SWAssociation France Palestine Solidarité (version française)
Articles Mondialisation.ca par Uri Avnery
 
lundi 26 mars 2007
  Le Darfour et ses faux amis

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Par Bruno Guigue


lundi 26 mars 2007



C’est une règle d’or du système médiatique : plus la dénonciation de l’indifférence se fait entendre, plus elle contribue à ruiner son propre objet. Indifférente au drame du Darfour, l’opinion mondiale ? En partie peut-être, car ce drame humanitaire n’est hélas pas le seul sur la planète. Mais peut-on en dire autant de la « communauté internationale » ? Hormis le Liban, peu de pays ont récemment bénéficié d’une telle activité onusienne. En trois ans, le conseil de sécurité de l’ONU a adopté onze résolutions sur un conflit qui aurait fait 200 000 victimes depuis le printemps 2003. La dernière en date est la résolution 1706, du 31 août 2006, qui prévoit de transférer à l’Organisation des Nations unies la mission de paix confiée en 2004 à l’Union africaine.
Depuis l’adoption de ce texte, un véritable bras de fer oppose le gouvernement de Khartoum à l’ONU qui veut lui imposer l’envoi de plusieurs milliers de « casques bleus ». Défenseur sourcilleux de la souveraineté nationale soudanaise, le président Omar el-Béchir a néanmoins consenti, du bout des lèvres, à la formation d’une force hybride ONU-UA. En attendant, il fait traîner en longueur les négociations, ce qui suscite l’impatience américaine. La secrétaire d’Etat, Condy Rice, a ainsi annoncé que « de nouvelles options étaient à l’étude ». Animant une conférence conjointe avec son homologue israélienne, elle a déclaré que « le Soudan doit comprendre que la communauté internationale ne peut pas rester inactive alors que les gens souffrent ». (AFP, 15 mars 2007)
Si seulement ce message avait une portée universelle, et concernait aussi les Palestiniens sous occupation militaire depuis quarante ans, nul doute qu’il emporterait une large adhésion. Malheureusement, il n’en est rien. La présence de la ministre israélienne des affaires étrangères à cette conférence de presse, au demeurant, délivre un message limpide : la sollicitude américaine pour le Darfour n’a d’égale que sa complaisance pour Israël. Avec la même ardeur, Washington dénonce les atrocités commises par les sbires de Khartoum et fournit à Tel-Aviv les armes lui permettant de terroriser la population palestinienne. Volontairement schizophrène, l’hyperpuissance immunise Israël contre la machine onusienne tout en voulant la déchaîner contre le Soudan.
Le paradoxe est d’autant plus flagrant que la crise du Darfour, en droit international, est une affaire intérieure soudanaise. En Palestine, frappée d’impuissance par le veto américain, la communauté internationale laisse impunie une violation flagrante de la légalité internationale. Au Soudan, elle a pris soin d’étayer la légitimité de son intervention, tandis qu’en Palestine elle s’interdit même d’y songer. L’ingérence internationale dans les affaires intérieures d’un Etat, en effet, tire sa légitimité du soupçon de crimes contre l’humanité. D’où l’importance cruciale, pour l’issue de la procédure, de la qualification des crimes commis. Mais encore faut-il que les instances internationales aient été saisies.
Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a été officiellement saisi, à juste titre, de la situation qui prévaut au Darfour. A peine créée, cette nouvelle institution internationale a trouvé dans le drame soudanais un champ d’action privilégié. C’est le rapport de la mission d’évaluation du CDH, remis le 12 mars 2007, qui a provoqué le récent durcissement de la politique américaine. Dénonçant à nouveau « des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité » au Darfour, le rapport est particulièrement accablant pour Khartoum.
La résolution de l’assemblée générale du 15 mars 2006, qui a créé le Conseil des droits de l’homme, affirmait « qu’il importe d’assurer l’universalité, l’objectivité et la non-sélectivité de l’examen des questions relatives aux droits de l’homme, et de mettre fin à la pratique des deux poids deux mesures et à toute politisation. » Un vœu pieux, assurément, car il y a peu de chance de voir la politique israélienne dans les territoires palestiniens soumise à une enquête similaire du Conseil des droits de l’homme.
Souvent stigmatisée pour sa prétendue pusillanimité à l’égard du Soudan, l’ONU y déploie, au contraire, une activité d’autant plus fébrile qu’elle veut exorciser son impuissance passée face au génocide rwandais. Usant tour à tour de la menace et de la persuasion, cette action diplomatique s’accompagne, de surcroît, d’une véritable action judiciaire. Le 15 mars 2005, le conseil de sécurité de l’ONU a déféré la situation au Darfour au procureur de la Cour pénale internationale. Une liste de 51 chefs d’accusation pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité fut livrée en pâture à l’opinion publique, exerçant une pression considérable sur les autorités soudanaises et leurs alliés locaux. Car même si les noms des présumés coupables n’ont pas été divulgués, nul n’ignore que de hauts dignitaires soudanais figurent sur cette véritable liste noire.
Aide humanitaire massive, avalanche de résolutions, saisine de la CPI : cette débauche de moyens s’est avérée jusqu’ici d’une efficacité douteuse. Elle eût été impensable, en tout cas, sans le puissant aiguillon de la politique américaine. Le Darfour cumule trois avantages, il est vrai, de nature à susciter un réflexe compassionnel outre-Atlantique : il est géographiquement éloigné (exotisme propice à l’épanchement), son malheur est étranger à toute influence américaine (bonne conscience garantie), il est victime de la cruauté supposée du monde arabo-musulman (confort idéologique assuré). Du coup, il n’est pas étonnant que 50 000 personnes aient défilé à Washington en avril 2006 contre le « génocide » du Darfour, soit autant que lors du dernier défilé contre la guerre en Irak.
Don Cheadle, George Clooney, Angelina Jolie, le Congress Black Caucus, le musée de l’Holocauste, les associations juives, les milieux chrétiens évangélistes : la vaste coalition « pour sauver le Darfour » affirme représenter 130 millions de personnes à travers 178 associations. Les plus dynamiques sont incontestablement les associations juives. Mais les institutions mémorielles sont aussi de la partie. Ainsi « l’Initiative de prévention du génocide du musée de l’Holocauste », à Washington, qui s’est fixé pour mission d’ « honorer la mémoire de l’Holocauste en agissant contre les génocides contemporains ». Elle a décrété une « urgence spéciale » pour le Darfour en 2004, après avoir conclu que « les victimes étaient ciblées en raison de leur origine ». L’administration Bush lui a aussitôt emboîté le pas en qualifiant la guerre civile au Darfour de « génocide », alors que l’ONU et les Européens parlent de « crimes contre l’humanité ». (Libération, 20 mars 2007)
En France aussi, un mouvement d’opinion médiatiquement orchestré se dessine en faveur du Darfour. Julien Clerc prête sa voix à un message vidéo au profit de l’appel lancé par Bernard Kouchner dans Le Pèlerin pour l’ouverture de « couloirs humanitaires ». Artistes et intellectuels se rassemblent autour du collectif « Urgence Darfour » qui, précise Libération, « compte des francs-maçons, des chrétiens, des associations juives, noires (le CRAN), mais quasiment pas d’Arabes ou de musulmans ». Le Nouvel Observateur s’associe avec enthousiasme à l’appel lancé par « Urgence Darfour » au Parlement européen en faveur de l’envoi d’une « force de protection internationale ».
Bernard-Henry Lévy, lui, publie cinq pages touffues dans Le Monde après avoir erré une semaine en 4/4 climatisé à la frontière tchado-soudanaise. Participant à la soirée organisée par le collectif « Urgence Darfour » le 21 mars, Ségolène Royal et François Bayrou ont signé un « engagement en huit points pour sauver le Darfour ». Les autres candidats à l’élection présidentielle s’empressent d’en faire autant. Pour finir, un message du président de la République lu par BHL a menacé le Soudan de « sanctions » si les « exactions » se poursuivent. C’est « le réveil des consciences », résume Libération.
Si cette mobilisation avait pour effet d’améliorer le sort des habitants du Darfour, qui refuserait sincèrement de s’en réjouir ? Mais c’est peu probable. D’abord parce que ces initiatives médiatiques reposent souvent sur une analyse erronée de la situation. Ensuite, parce que cette partialité dans l’analyse produit précisément l’inverse de ce quelle prétendait obtenir. En proférant des généralisations abusives, on fournit à Khartoum le prétexte idéal pour justifier son immobilisme. C’est le cas, par exemple, lorsqu’on ressasse le réquisitoire simpliste contre « les milices arabes issues des tribus nomades qui massacrent les populations du Darfour au seul motif qu’elles sont négro-africaines ».
A entendre d’authentiques spécialistes de la région, ce genre d’assertion mérite d’être sérieusement nuancé. Certes, un certain « racisme » à l’égard des populations périphériques est le fait d’une partie des élites soudanaises d’origine arabe vivant dans la vallée du Nil. Détentrices du pouvoir à Khartoum, elles sont les véritables commanditaires des exactions commises par les miliciens « janjawids », ces « cavaliers diaboliques » qui font régner la terreur dans les zones rebelles. Mais les « janjawids », eux, sont aussi noirs que leurs victimes, explique Marc Lavergne, directeur de recherche au CNRS et spécialiste du Soudan : « pour moi, tout le monde est noir dans cette histoire. La notion de racisme n’a pas sa place. Les milices tribales janjawids sont des mercenaires qui ne se revendiquent pas du tout arabes. Ils ne sont pas le vrai problème. En exagérant, on pourrait dire que ce sont des pauvres qui se battent contre des pauvres. » (Afrik.com, 16 juillet 2004)
Rien n’est plus pernicieux, par conséquent, qu’une racialisation intempestive de la grille de lecture appliquée au conflit. Elle occulte le fait que toutes les ethnies vivant au Darfour, en réalité, ont été arabisées et islamisées au cours d’un long processus historique. Les tribus nomades du nord-Darfour, les Bagaras, l’ont été avant les autres, mais toutes utilisent l’arabe, même si elles continuent de pratiquer les parlers africains. Au surplus, le brassage multiséculaire des populations interdit de faire des distinctions « raciales » que les mariages interethniques ont rendu imperceptibles. « Tout autant victimes de la discrimination sociorégionale que leurs concitoyens noirs, les Bagaras ne se trouvent du côté des élites tueuses de Khartoum que par le jeu de la fausse conscience d’une arabité plus fantasmée que réelle », explique Gérard Prunier, chercheur au CNRS. (Le Monde diplomatique, mars 2007)
Ces milices manipulées par le gouvernement soudanais, du coup, sont loin d’être l’expression armée des « pasteurs nomades arabes ». Repris de justice libérés contre la promesse d’un engagement milicien, ex-déserteurs de l’armée gouvernementale dans le sud, membres des tribus chamelières victimes de la sécheresse, ressortissants de certaines ethnies négro-africaines qui attendent une rétribution pour leur ralliement : la composition des milices « janjawids » est extrêmement variée. Marc Lavergne y voit même un « lumpenprolétariat » (« prolétariat en haillons », selon la célèbre formule de Karl Marx), cyniquement utilisé par Khartoum pour « chasser les habitants du Darfour et installer à leur place de grandes fermes mécanisées confiées à des entreprises agricoles ou à de grandes familles ». Inversement, on oublie souvent de le mentionner, la principale ethnie arabe du Darfour (les Bagaras Rezeigats) a créé son propre mouvement de guérilla antigouvernementale pour protester contre la misère des populations et l’incurie de Khartoum.
Cet entrelacs de faits qui paraissent contredire les idées reçues devrait donc inciter à la prudence dans l’analyse. Les mêmes précautions méthodologiques, en outre, devraient être employées lorsqu’on aborde la dimension religieuse. Au Darfour tout le monde est musulman, et le conflit n’a aucune connotation religieuse. C’est l’une des différences majeures avec la sanglante guerre civile qui opposa Khartoum et la rébellion sudiste entre 1983 et 2005. Mais cette évidence ne gêne nullement BHL.
De passage au Darfour, le philosophe itinérant a eu une révélation : « J’ai vu, en fin de compte, peu de mosquées dans ce Darfour dévasté. Je songe que je n’ai pas croisé de femmes voilées. Je repense à l’école bombardée de Deissa, où l’on m’a montré les classes de filles à côté des classes de garçons. Et l’idée me vient que c’est peut-être là, après tout, un autre trait de cette guerre -et une autre raison, surtout, de se mobiliser : islam radical contre islam modéré ; le régime qui, à la fin des années 90, donnait asile à Ben Laden contre des populations musulmanes rebelles à l’islamisme ; au cœur de l’Afrique, dans les ténèbres de ce qui peut devenir, si nous ne faisons rien, le premier génocide du XXIème siècle, un autre théâtre pour le seul choc des civilisations qui tienne et qui est celui, nous le savons, des deux islams. » (Le Monde, 12 mars 2007)
Décidément, on ne voit que ce qu’on a envie de voir. Mais plus grave encore, on procède à la reconstruction imaginaire d’une réalité qui est toute différente. Le conflit du Darfour a éclaté en février 2003 avec la rébellion de deux groupes armés, le Mouvement pour la Libération du Soudan (MLS), puis le Mouvement pour la Justice et l’Egalité (MJE). Doté d’une réelle influence politique, ce dernier est d’obédience islamiste, et même suspecté d’être proche d’Hassan-al-Tourabi, chef de file des Frères musulmans et ex-éminence grise du régime issu du coup d’Etat militaire de 1989. A l’inverse, le pouvoir soudanais a clairement pris ses distances avec l’islamisme radical au lendemain des attentats du 11 septembre. Le président Omar-el-Béchir a évincé le courant « tourabiste », et Khartoum a fini par accéder au rang de partenaire des Etats-Unis dans la lutte contre Al-Qaida.
Le Soudan expiait de la sorte ses compromissions passées avec Ben Laden, et présentait une apparence respectable dans la perspective d’un accord de paix dans le sud. En tout cas, s’il y a des « islamistes » au Darfour, ils sont manifestement dans les deux camps. Une situation complexe qu’a récemment résumée Rony Brauman : « il ne s’agit pas d’un conflit entre islamistes extrémistes et musulmans modérés. Le front de résistance, à peu près uni jusqu’en 2006, s’est fragmenté en une douzaine de groupes qui se combattent entre eux tout en continuant à lutter contre les forces gouvernementales et les milices. Parmi les plus acharnés, parce qu’ils estiment que le Darfour ne leur a pas fait la place qu’il convenait, il y a les islamistes radicaux. » (Le Nouvel Observateur, 15 mars 2007)
Pourquoi, dans l’axiologie du conflit, privilégier de manière systématique la grille de lecture ethnique et religieuse ? Et ne pas se résoudre à considérer le conflit du Darfour, d’abord, comme un conflit politique ? « Les mouvements de libération, expliquait Marc Lavergne en 2004, ne revendiquent ni l’indépendance ni l’autonomie, mais un meilleur partage du pouvoir et des ressources. Ils considèrent que leur région est défavorisée par rapport à d’autres, en particulier celles du centre. La rébellion a éclaté, entre autres raisons, parce qu’un accord était sur le point d’être conclu entre Khartoum et la rébellion sudiste. Les gens du Darfour ont peut-être été tentés d’imposer, comme les gens du sud, un partage du pouvoir et des richesses. La répression a été disproportionnée. L’armée est intervenue avec des bombardements massifs, et le pouvoir a fait appel à des milices tribales, les janjawids. » (Le Nouvel Observateur, 5 août 2004)
Conflit politique entre un pouvoir accapareur et une région déshéritée, entre un centre hégémonique et une périphérie livrée à elle-même, la guerre du Darfour est une véritable tragédie. Le gouvernement de Khartoum, à l’évidence, porte une lourde responsabilité dans ce désastre, auquel les populations civiles paient un lourd tribut. Sur le sombre bilan de cette guerre, les estimations divergent, mais le chiffre de 200 000 victimes est retenu par l’ONU. Selon Rony Brauman, « on peut estimer que durant la période la plus violente, du printemps 2003 à l’été 2004, entre 30 000 et 70 000 personnes ont été tuées. Auxquelles il faut ajouter, comme dans tous les conflits, les victimes de la surmortalité provoquée par la malnutrition, soit 200 000 personnes environ. » (Le Nouvel Observateur, 15 mars 2007)
C’est une guerre civile terriblement meurtrière pour une région qui compte environ 7 millions d’habitants. Mais peut-on parler pour autant de génocide ? Pour l’ancien président de MSF, « ce n’était pas l’enjeu de cette guerre. A aucun moment, les dirigeants soudanais n’ont tenu des propos évoquant l’idée de détruire un groupe donné. Ils veulent marginaliser ce peuple et le garder sous la botte, c’est indiscutable. Mais pas l’exterminer. » 30 000 à 70 000 victimes directes des tueries commanditées par Khartoum, c’est un chiffre terrifiant et révoltant. Mais guère plus que les 30 000 morts provoquées par l’invasion israélienne du Liban, en 1982, dans un pays qui comptait à peine 3 millions d’habitants. Et aucun Conseil des droits de l’homme, ni aucune Cour pénale internationale n’a cru bon d’en blâmer les dirigeants israéliens.
Orchestrée par les médias américains, l’accusation de « génocide » permet de stigmatiser un régime arabe ayant longtemps flirté avec l’islamisme. Elle vise aussi à accréditer l’idée d’une intervention musclée des pays occidentaux. Mais hormis « l’hybridation » entre forces de l’ONU et forces de l’UA, dont Khartoum a accepté le principe, cette solution militaire a-t-elle un sens ? Comment une intervention étrangère, dans une région grande comme la France, aurait-elle la moindre chance de succès ? Le réflexe compassionnel occidental débouchant sur l’envoi d’un corps expéditionnaire : gardons-nous, ici comme ailleurs, de ce couple infernal.
Les partisans enthousiastes de la « solution militaire », outre qu’ils comptent sur les autres pour se faire trouer la peau, sont pour le Darfour de véritables faux amis. Non contents de réduire à sa dimension ethno-religieuse la perception du conflit, ils s’inscrivent dans un courant dominant dont la lutte contre « l’islamo-fascisme » constitue l’article de foi. Apologistes du bombardement humanitaire en Irak et supporters délirants de la « démocratie israélienne », ce sont eux qui fournissent à la politique néo-impériale de l’administration Bush ses cohortes d’idiots utiles.
Cumulant les infortunes, la population du Darfour voit ainsi s’ajouter à ses misères l’encombrant soutien de ceux qui applaudirent aux massacres israéliens en Palestine et au Liban, s’extasièrent sur les prouesses des B 52 en Irak, et considèrent toujours Abou Ghraib et Guantanamo comme de simples commissariats de police. Coincée entre les associations juives américaines et les intellectuels organiques hexagonaux, la cause du Darfour aura du mal à se faire entendre en dehors de la sphère d’influence des médias occidentaux. Il est infiniment regrettable que ses défenseurs les plus sincères ne l’aient pas compris, comme est particulièrement scandaleux le silence complaisant du monde arabe à l’égard des responsabilités de Khartoum dans la tragédie du Darfour.
A l’évidence, la seule solution au conflit est de nature politique. Le Darfour n’est pas un Etat indépendant, mais une région du Soudan. Toute démarche reposant sur le déni de la souveraineté nationale soudanaise conduira à une impasse. Catastrophique, la situation humanitaire au Darfour justifie une intervention massive de l’ONU pour nourrir et protéger les populations. Mais cette intervention doit surtout obtenir des parties en présence un accord politique permettant de mettre fin aux combats.
Simultanément, seule une pression de la communauté internationale peut infléchir Khartoum, mais à condition qu’elle n’apparaisse pas comme discriminatoire à l’égard d’un Etat arabe. Les imprécations anti-soudanaises des lobbies pro-israéliens relèvent d’une indignation sélective qui fait la différence entre « bonnes victimes » au Darfour et « mauvaises victimes » en Palestine. Mais surtout, et c’est plus grave encore, elles desservent la cause du Darfour sur la scène internationale, où Khartoum a beau jeu d’invoquer la solidarité arabe contre l’ingérence occidentale et la politique des « deux poids, deux mesures ».
A l’issue de son équipée dans les pick-up du Mouvement de libération du Soudan, BHL a proposé dans les colonnes du quotidien Le Monde de livrer des armes à cette fraction irrédentiste de la guérilla. Rejetant les accords de paix signés à Abuja sous la houlette de l’ONU en mai 2006, le MLS poursuit le combat au côté des « islamistes » du Mouvement pour la Justice et l’Egalité. Peu importe que le Conseil des droits de l’homme de l’ONU ait accusé la guérilla, elle aussi, de crimes contre l’humanité, ni que le retour à la table des négociations soit l’unique issue à la guerre civile. Indécrottables, les muscadins fortunés de la philosophie et les chantres hypocrites de l’humanitaire appellent leurs protégés à se battre jusqu’au bout, et pour les convaincre, ils leur promettent monts et merveilles. Véritables héros par procuration, ils sont prêts à se faire tuer jusqu’au dernier Darfouri.
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C’est une règle d’or du système médiatique : plus la dénonciation de l’indifférence se fait entendre, plus elle contribue à ruiner son propre objet. Indifférente au drame du Darfour, l’opinion mondiale ? En partie peut-être, car ce drame humanitaire n’est hélas pas le seul sur la planète. Mais peut-on en dire autant de la « communauté internationale » ? Hormis le Liban, peu de pays ont récemment bénéficié d’une telle activité onusienne. En trois ans, le conseil de sécurité de l’ONU a adopté onze résolutions sur un conflit qui aurait fait 200 000 victimes depuis le printemps 2003. La dernière en date est la résolution 1706, du 31 août 2006, qui prévoit de transférer à l’Organisation des Nations unies la mission de paix confiée en 2004 à l’Union africaine.
Depuis l’adoption de ce texte, un véritable bras de fer oppose le gouvernement de Khartoum à l’ONU qui veut lui imposer l’envoi de plusieurs milliers de « casques bleus ». Défenseur sourcilleux de la souveraineté nationale soudanaise, le président Omar el-Béchir a néanmoins consenti, du bout des lèvres, à la formation d’une force hybride ONU-UA. En attendant, il fait traîner en longueur les négociations, ce qui suscite l’impatience américaine. La secrétaire d’Etat, Condy Rice, a ainsi annoncé que « de nouvelles options étaient à l’étude ». Animant une conférence conjointe avec son homologue israélienne, elle a déclaré que « le Soudan doit comprendre que la communauté internationale ne peut pas rester inactive alors que les gens souffrent ». (AFP, 15 mars 2007)
Si seulement ce message avait une portée universelle, et concernait aussi les Palestiniens sous occupation militaire depuis quarante ans, nul doute qu’il emporterait une large adhésion. Malheureusement, il n’en est rien. La présence de la ministre israélienne des affaires étrangères à cette conférence de presse, au demeurant, délivre un message limpide : la sollicitude américaine pour le Darfour n’a d’égale que sa complaisance pour Israël. Avec la même ardeur, Washington dénonce les atrocités commises par les sbires de Khartoum et fournit à Tel-Aviv les armes lui permettant de terroriser la population palestinienne. Volontairement schizophrène, l’hyperpuissance immunise Israël contre la machine onusienne tout en voulant la déchaîner contre le Soudan.
Le paradoxe est d’autant plus flagrant que la crise du Darfour, en droit international, est une affaire intérieure soudanaise. En Palestine, frappée d’impuissance par le veto américain, la communauté internationale laisse impunie une violation flagrante de la légalité internationale. Au Soudan, elle a pris soin d’étayer la légitimité de son intervention, tandis qu’en Palestine elle s’interdit même d’y songer. L’ingérence internationale dans les affaires intérieures d’un Etat, en effet, tire sa légitimité du soupçon de crimes contre l’humanité. D’où l’importance cruciale, pour l’issue de la procédure, de la qualification des crimes commis. Mais encore faut-il que les instances internationales aient été saisies.
Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a été officiellement saisi, à juste titre, de la situation qui prévaut au Darfour. A peine créée, cette nouvelle institution internationale a trouvé dans le drame soudanais un champ d’action privilégié. C’est le rapport de la mission d’évaluation du CDH, remis le 12 mars 2007, qui a provoqué le récent durcissement de la politique américaine. Dénonçant à nouveau « des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité » au Darfour, le rapport est particulièrement accablant pour Khartoum.
La résolution de l’assemblée générale du 15 mars 2006, qui a créé le Conseil des droits de l’homme, affirmait « qu’il importe d’assurer l’universalité, l’objectivité et la non-sélectivité de l’examen des questions relatives aux droits de l’homme, et de mettre fin à la pratique des deux poids deux mesures et à toute politisation. » Un vœu pieux, assurément, car il y a peu de chance de voir la politique israélienne dans les territoires palestiniens soumise à une enquête similaire du Conseil des droits de l’homme.
Souvent stigmatisée pour sa prétendue pusillanimité à l’égard du Soudan, l’ONU y déploie, au contraire, une activité d’autant plus fébrile qu’elle veut exorciser son impuissance passée face au génocide rwandais. Usant tour à tour de la menace et de la persuasion, cette action diplomatique s’accompagne, de surcroît, d’une véritable action judiciaire. Le 15 mars 2005, le conseil de sécurité de l’ONU a déféré la situation au Darfour au procureur de la Cour pénale internationale. Une liste de 51 chefs d’accusation pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité fut livrée en pâture à l’opinion publique, exerçant une pression considérable sur les autorités soudanaises et leurs alliés locaux. Car même si les noms des présumés coupables n’ont pas été divulgués, nul n’ignore que de hauts dignitaires soudanais figurent sur cette véritable liste noire.
Aide humanitaire massive, avalanche de résolutions, saisine de la CPI : cette débauche de moyens s’est avérée jusqu’ici d’une efficacité douteuse. Elle eût été impensable, en tout cas, sans le puissant aiguillon de la politique américaine. Le Darfour cumule trois avantages, il est vrai, de nature à susciter un réflexe compassionnel outre-Atlantique : il est géographiquement éloigné (exotisme propice à l’épanchement), son malheur est étranger à toute influence américaine (bonne conscience garantie), il est victime de la cruauté supposée du monde arabo-musulman (confort idéologique assuré). Du coup, il n’est pas étonnant que 50 000 personnes aient défilé à Washington en avril 2006 contre le « génocide » du Darfour, soit autant que lors du dernier défilé contre la guerre en Irak.
Don Cheadle, George Clooney, Angelina Jolie, le Congress Black Caucus, le musée de l’Holocauste, les associations juives, les milieux chrétiens évangélistes : la vaste coalition « pour sauver le Darfour » affirme représenter 130 millions de personnes à travers 178 associations. Les plus dynamiques sont incontestablement les associations juives. Mais les institutions mémorielles sont aussi de la partie. Ainsi « l’Initiative de prévention du génocide du musée de l’Holocauste », à Washington, qui s’est fixé pour mission d’ « honorer la mémoire de l’Holocauste en agissant contre les génocides contemporains ». Elle a décrété une « urgence spéciale » pour le Darfour en 2004, après avoir conclu que « les victimes étaient ciblées en raison de leur origine ». L’administration Bush lui a aussitôt emboîté le pas en qualifiant la guerre civile au Darfour de « génocide », alors que l’ONU et les Européens parlent de « crimes contre l’humanité ». (Libération, 20 mars 2007)
En France aussi, un mouvement d’opinion médiatiquement orchestré se dessine en faveur du Darfour. Julien Clerc prête sa voix à un message vidéo au profit de l’appel lancé par Bernard Kouchner dans Le Pèlerin pour l’ouverture de « couloirs humanitaires ». Artistes et intellectuels se rassemblent autour du collectif « Urgence Darfour » qui, précise Libération, « compte des francs-maçons, des chrétiens, des associations juives, noires (le CRAN), mais quasiment pas d’Arabes ou de musulmans ». Le Nouvel Observateur s’associe avec enthousiasme à l’appel lancé par « Urgence Darfour » au Parlement européen en faveur de l’envoi d’une « force de protection internationale ».
Bernard-Henry Lévy, lui, publie cinq pages touffues dans Le Monde après avoir erré une semaine en 4/4 climatisé à la frontière tchado-soudanaise. Participant à la soirée organisée par le collectif « Urgence Darfour » le 21 mars, Ségolène Royal et François Bayrou ont signé un « engagement en huit points pour sauver le Darfour ». Les autres candidats à l’élection présidentielle s’empressent d’en faire autant. Pour finir, un message du président de la République lu par BHL a menacé le Soudan de « sanctions » si les « exactions » se poursuivent. C’est « le réveil des consciences », résume Libération.
Si cette mobilisation avait pour effet d’améliorer le sort des habitants du Darfour, qui refuserait sincèrement de s’en réjouir ? Mais c’est peu probable. D’abord parce que ces initiatives médiatiques reposent souvent sur une analyse erronée de la situation. Ensuite, parce que cette partialité dans l’analyse produit précisément l’inverse de ce quelle prétendait obtenir. En proférant des généralisations abusives, on fournit à Khartoum le prétexte idéal pour justifier son immobilisme. C’est le cas, par exemple, lorsqu’on ressasse le réquisitoire simpliste contre « les milices arabes issues des tribus nomades qui massacrent les populations du Darfour au seul motif qu’elles sont négro-africaines ».
A entendre d’authentiques spécialistes de la région, ce genre d’assertion mérite d’être sérieusement nuancé. Certes, un certain « racisme » à l’égard des populations périphériques est le fait d’une partie des élites soudanaises d’origine arabe vivant dans la vallée du Nil. Détentrices du pouvoir à Khartoum, elles sont les véritables commanditaires des exactions commises par les miliciens « janjawids », ces « cavaliers diaboliques » qui font régner la terreur dans les zones rebelles. Mais les « janjawids », eux, sont aussi noirs que leurs victimes, explique Marc Lavergne, directeur de recherche au CNRS et spécialiste du Soudan : « pour moi, tout le monde est noir dans cette histoire. La notion de racisme n’a pas sa place. Les milices tribales janjawids sont des mercenaires qui ne se revendiquent pas du tout arabes. Ils ne sont pas le vrai problème. En exagérant, on pourrait dire que ce sont des pauvres qui se battent contre des pauvres. » (Afrik.com, 16 juillet 2004)
Rien n’est plus pernicieux, par conséquent, qu’une racialisation intempestive de la grille de lecture appliquée au conflit. Elle occulte le fait que toutes les ethnies vivant au Darfour, en réalité, ont été arabisées et islamisées au cours d’un long processus historique. Les tribus nomades du nord-Darfour, les Bagaras, l’ont été avant les autres, mais toutes utilisent l’arabe, même si elles continuent de pratiquer les parlers africains. Au surplus, le brassage multiséculaire des populations interdit de faire des distinctions « raciales » que les mariages interethniques ont rendu imperceptibles. « Tout autant victimes de la discrimination sociorégionale que leurs concitoyens noirs, les Bagaras ne se trouvent du côté des élites tueuses de Khartoum que par le jeu de la fausse conscience d’une arabité plus fantasmée que réelle », explique Gérard Prunier, chercheur au CNRS. (Le Monde diplomatique, mars 2007)
Ces milices manipulées par le gouvernement soudanais, du coup, sont loin d’être l’expression armée des « pasteurs nomades arabes ». Repris de justice libérés contre la promesse d’un engagement milicien, ex-déserteurs de l’armée gouvernementale dans le sud, membres des tribus chamelières victimes de la sécheresse, ressortissants de certaines ethnies négro-africaines qui attendent une rétribution pour leur ralliement : la composition des milices « janjawids » est extrêmement variée. Marc Lavergne y voit même un « lumpenprolétariat » (« prolétariat en haillons », selon la célèbre formule de Karl Marx), cyniquement utilisé par Khartoum pour « chasser les habitants du Darfour et installer à leur place de grandes fermes mécanisées confiées à des entreprises agricoles ou à de grandes familles ». Inversement, on oublie souvent de le mentionner, la principale ethnie arabe du Darfour (les Bagaras Rezeigats) a créé son propre mouvement de guérilla antigouvernementale pour protester contre la misère des populations et l’incurie de Khartoum.
Cet entrelacs de faits qui paraissent contredire les idées reçues devrait donc inciter à la prudence dans l’analyse. Les mêmes précautions méthodologiques, en outre, devraient être employées lorsqu’on aborde la dimension religieuse. Au Darfour tout le monde est musulman, et le conflit n’a aucune connotation religieuse. C’est l’une des différences majeures avec la sanglante guerre civile qui opposa Khartoum et la rébellion sudiste entre 1983 et 2005. Mais cette évidence ne gêne nullement BHL.
De passage au Darfour, le philosophe itinérant a eu une révélation : « J’ai vu, en fin de compte, peu de mosquées dans ce Darfour dévasté. Je songe que je n’ai pas croisé de femmes voilées. Je repense à l’école bombardée de Deissa, où l’on m’a montré les classes de filles à côté des classes de garçons. Et l’idée me vient que c’est peut-être là, après tout, un autre trait de cette guerre -et une autre raison, surtout, de se mobiliser : islam radical contre islam modéré ; le régime qui, à la fin des années 90, donnait asile à Ben Laden contre des populations musulmanes rebelles à l’islamisme ; au cœur de l’Afrique, dans les ténèbres de ce qui peut devenir, si nous ne faisons rien, le premier génocide du XXIème siècle, un autre théâtre pour le seul choc des civilisations qui tienne et qui est celui, nous le savons, des deux islams. » (Le Monde, 12 mars 2007)
Décidément, on ne voit que ce qu’on a envie de voir. Mais plus grave encore, on procède à la reconstruction imaginaire d’une réalité qui est toute différente. Le conflit du Darfour a éclaté en février 2003 avec la rébellion de deux groupes armés, le Mouvement pour la Libération du Soudan (MLS), puis le Mouvement pour la Justice et l’Egalité (MJE). Doté d’une réelle influence politique, ce dernier est d’obédience islamiste, et même suspecté d’être proche d’Hassan-al-Tourabi, chef de file des Frères musulmans et ex-éminence grise du régime issu du coup d’Etat militaire de 1989. A l’inverse, le pouvoir soudanais a clairement pris ses distances avec l’islamisme radical au lendemain des attentats du 11 septembre. Le président Omar-el-Béchir a évincé le courant « tourabiste », et Khartoum a fini par accéder au rang de partenaire des Etats-Unis dans la lutte contre Al-Qaida.
Le Soudan expiait de la sorte ses compromissions passées avec Ben Laden, et présentait une apparence respectable dans la perspective d’un accord de paix dans le sud. En tout cas, s’il y a des « islamistes » au Darfour, ils sont manifestement dans les deux camps. Une situation complexe qu’a récemment résumée Rony Brauman : « il ne s’agit pas d’un conflit entre islamistes extrémistes et musulmans modérés. Le front de résistance, à peu près uni jusqu’en 2006, s’est fragmenté en une douzaine de groupes qui se combattent entre eux tout en continuant à lutter contre les forces gouvernementales et les milices. Parmi les plus acharnés, parce qu’ils estiment que le Darfour ne leur a pas fait la place qu’il convenait, il y a les islamistes radicaux. » (Le Nouvel Observateur, 15 mars 2007)
Pourquoi, dans l’axiologie du conflit, privilégier de manière systématique la grille de lecture ethnique et religieuse ? Et ne pas se résoudre à considérer le conflit du Darfour, d’abord, comme un conflit politique ? « Les mouvements de libération, expliquait Marc Lavergne en 2004, ne revendiquent ni l’indépendance ni l’autonomie, mais un meilleur partage du pouvoir et des ressources. Ils considèrent que leur région est défavorisée par rapport à d’autres, en particulier celles du centre. La rébellion a éclaté, entre autres raisons, parce qu’un accord était sur le point d’être conclu entre Khartoum et la rébellion sudiste. Les gens du Darfour ont peut-être été tentés d’imposer, comme les gens du sud, un partage du pouvoir et des richesses. La répression a été disproportionnée. L’armée est intervenue avec des bombardements massifs, et le pouvoir a fait appel à des milices tribales, les janjawids. » (Le Nouvel Observateur, 5 août 2004)
Conflit politique entre un pouvoir accapareur et une région déshéritée, entre un centre hégémonique et une périphérie livrée à elle-même, la guerre du Darfour est une véritable tragédie. Le gouvernement de Khartoum, à l’évidence, porte une lourde responsabilité dans ce désastre, auquel les populations civiles paient un lourd tribut. Sur le sombre bilan de cette guerre, les estimations divergent, mais le chiffre de 200 000 victimes est retenu par l’ONU. Selon Rony Brauman, « on peut estimer que durant la période la plus violente, du printemps 2003 à l’été 2004, entre 30 000 et 70 000 personnes ont été tuées. Auxquelles il faut ajouter, comme dans tous les conflits, les victimes de la surmortalité provoquée par la malnutrition, soit 200 000 personnes environ. » (Le Nouvel Observateur, 15 mars 2007)
C’est une guerre civile terriblement meurtrière pour une région qui compte environ 7 millions d’habitants. Mais peut-on parler pour autant de génocide ? Pour l’ancien président de MSF, « ce n’était pas l’enjeu de cette guerre. A aucun moment, les dirigeants soudanais n’ont tenu des propos évoquant l’idée de détruire un groupe donné. Ils veulent marginaliser ce peuple et le garder sous la botte, c’est indiscutable. Mais pas l’exterminer. » 30 000 à 70 000 victimes directes des tueries commanditées par Khartoum, c’est un chiffre terrifiant et révoltant. Mais guère plus que les 30 000 morts provoquées par l’invasion israélienne du Liban, en 1982, dans un pays qui comptait à peine 3 millions d’habitants. Et aucun Conseil des droits de l’homme, ni aucune Cour pénale internationale n’a cru bon d’en blâmer les dirigeants israéliens.
Orchestrée par les médias américains, l’accusation de « génocide » permet de stigmatiser un régime arabe ayant longtemps flirté avec l’islamisme. Elle vise aussi à accréditer l’idée d’une intervention musclée des pays occidentaux. Mais hormis « l’hybridation » entre forces de l’ONU et forces de l’UA, dont Khartoum a accepté le principe, cette solution militaire a-t-elle un sens ? Comment une intervention étrangère, dans une région grande comme la France, aurait-elle la moindre chance de succès ? Le réflexe compassionnel occidental débouchant sur l’envoi d’un corps expéditionnaire : gardons-nous, ici comme ailleurs, de ce couple infernal.
Les partisans enthousiastes de la « solution militaire », outre qu’ils comptent sur les autres pour se faire trouer la peau, sont pour le Darfour de véritables faux amis. Non contents de réduire à sa dimension ethno-religieuse la perception du conflit, ils s’inscrivent dans un courant dominant dont la lutte contre « l’islamo-fascisme » constitue l’article de foi. Apologistes du bombardement humanitaire en Irak et supporters délirants de la « démocratie israélienne », ce sont eux qui fournissent à la politique néo-impériale de l’administration Bush ses cohortes d’idiots utiles.
Cumulant les infortunes, la population du Darfour voit ainsi s’ajouter à ses misères l’encombrant soutien de ceux qui applaudirent aux massacres israéliens en Palestine et au Liban, s’extasièrent sur les prouesses des B 52 en Irak, et considèrent toujours Abou Ghraib et Guantanamo comme de simples commissariats de police. Coincée entre les associations juives américaines et les intellectuels organiques hexagonaux, la cause du Darfour aura du mal à se faire entendre en dehors de la sphère d’influence des médias occidentaux. Il est infiniment regrettable que ses défenseurs les plus sincères ne l’aient pas compris, comme est particulièrement scandaleux le silence complaisant du monde arabe à l’égard des responsabilités de Khartoum dans la tragédie du Darfour.
A l’évidence, la seule solution au conflit est de nature politique. Le Darfour n’est pas un Etat indépendant, mais une région du Soudan. Toute démarche reposant sur le déni de la souveraineté nationale soudanaise conduira à une impasse. Catastrophique, la situation humanitaire au Darfour justifie une intervention massive de l’ONU pour nourrir et protéger les populations. Mais cette intervention doit surtout obtenir des parties en présence un accord politique permettant de mettre fin aux combats.
Simultanément, seule une pression de la communauté internationale peut infléchir Khartoum, mais à condition qu’elle n’apparaisse pas comme discriminatoire à l’égard d’un Etat arabe. Les imprécations anti-soudanaises des lobbies pro-israéliens relèvent d’une indignation sélective qui fait la différence entre « bonnes victimes » au Darfour et « mauvaises victimes » en Palestine. Mais surtout, et c’est plus grave encore, elles desservent la cause du Darfour sur la scène internationale, où Khartoum a beau jeu d’invoquer la solidarité arabe contre l’ingérence occidentale et la politique des « deux poids, deux mesures ».
A l’issue de son équipée dans les pick-up du Mouvement de libération du Soudan, BHL a proposé dans les colonnes du quotidien Le Monde de livrer des armes à cette fraction irrédentiste de la guérilla. Rejetant les accords de paix signés à Abuja sous la houlette de l’ONU en mai 2006, le MLS poursuit le combat au côté des « islamistes » du Mouvement pour la Justice et l’Egalité. Peu importe que le Conseil des droits de l’homme de l’ONU ait accusé la guérilla, elle aussi, de crimes contre l’humanité, ni que le retour à la table des négociations soit l’unique issue à la guerre civile. Indécrottables, les muscadins fortunés de la philosophie et les chantres hypocrites de l’humanitaire appellent leurs protégés à se battre jusqu’au bout, et pour les convaincre, ils leur promettent monts et merveilles. Véritables héros par procuration, ils sont prêts à se faire tuer jusqu’au dernier Darfouri.
 
samedi 24 mars 2007
  L'ascension et le déclin des Néo-Conservateurs


par Jim Lobe et Michael Flynn

Mondialisation.ca, Le 21 mars 2007

Un petit groupe d’hommes résolus est parvenu à déterminer la politique étrangère des USA en utilisant le 11 septembre pour mettre en oeuvre leur programme longuement mûri qui - croyaient-ils - devait assurer la suprématie américaine et israelienne sur le Moyen Orient. Du refus du processus de Paix d’Oslo, jusqu’à l’invasion de l’Irak, en passant par le rêve d’un « siècle américain », Jim Lobe retrace l’histoire de la folie néoconservatrice qui s’est emparée des USA, et des désastres auquels elle a conduit.Karl Rove, Richard Perle, Donald Rumsfeld
Le 20 septembre 2001, seulement neuf jours après les attaques d’Al-Qaida aux Etats-Unis, le Projet pour le Nouveau Siècle Américain (Project for the New American Century-
PNAC), alors obscur think tank néoconservateur à Washington, dont le siège est situé dans le même bâtiment que le plus célèbre American Enterprise Institute (AEI), publiait une lettre ouverte au Président George W. Bush préconisant un certain nombre de mesures que l’administration devrait prendre dans sa « guerre contre le terrorisme » récemment déclarée. La lettre, publiée dans le Washington Times et le Weekly Standard, incitait à l’action militaire pour évincer les Talibans en Afghanistan et « capturer ou tuer » Oussama Ben Laden, les deux recommandations étant largement soutenues par pratiquement tous les leaders politiques des États-Unis.
Mais les suggestions du groupe ne s’arrêtaient pas là - en fait, le PNAC avait un nombre ambitieux de cibles supplémentaires à l’esprit, qui n’avaient que peu ou pas de liens avec la réalité des attaques terroristes. La lettre réclamait notamment, un changement de régime en Irak, « même si les preuves ne relient pas l’Irak directement à l’attaque. » La lettre proposait également de prendre « des mesures de représailles appropriées » contre l’Iran et la Syrie s’ils refusaient de se conformer aux exigences des États-Unis d’arrêt du soutien au Hezbollah du Liban ; arguait du fait que Washington devait mettre fin à l’aide à l’autorité palestinienne à moins qu’elle n’arrête immédiatement l’Intifada en cours contre l’occupation d’Israël ; et réclamait une « augmentation importante » des dépenses de défense pour poursuivre la guerre contre la terreur. Certains des signataires de la lettre - notamment, l’ancien directeur de la CIA
James Woolsey, et l’éditorialiste du magazine néoconservateur Commentary, Norman Podhoretz- ont bientôt appelé cette nouvelle guerre la « IVème guerre mondiale. » Ce programme ahurissant était soutenu par une quarantaine de membres influents de l’élite politique et de personnalités. Le groupe était composé essentiellement de néoconservateurs, mais incluait également un leader de la droite chrétienne, quelques nationalistes agressifs de droite, et quelques interventionnistes libéraux pro-israéliens liés au Parti Démocrate.
Après un peu plus de six mois, le PNAC a publié une lettre de relance le 3 avril 2002. Cette deuxième lettre s’est concentrée en grande partie sur la politique des États-Unis concernant le conflit Israelo-Palestinien. Le Président du PNAC
William Kristol, rédacteur au Weekly Standard et néoconservateur éminent, a rassemblé les signatures de 34 acteurs politiques, des alter ego intellectuels, y compris une bonne partie des membres du Bureau de la Politique de Défense [Defense Policy Board (DPB)] du chef du Pentagone Donald Rumsfeld. L’un des signataires notable était Richard Perle, qui en plus d’être le Président de DPB, un membre de l’AEI, et le commanditaire de Washington en chef d’Ahmed Chalabi, est également un des néoconservateurs les plus puissants de sa génération. La lettre invitait George W. Bush à abandonner tous les liens avec l’organisation de libération de la Palestine (OLP) dirigée par Yasser Arafat et à « assurer un appui total a Israël en tant que pays cherchant à éradiquer le réseau terroriste qui menace quotidiennement les vies des citoyens israéliens. » La lettre disait : « M. le Président, la politique des Etats-Unis ne peut plus recommander, et encore moins presser, Israël de continuer ses pourparlers avec Arafat, pas plus que nous ne serions disposés à subir des pressions en vue de pourparlers avec Oussama Ben Laden ou le mollah Omar. » Elle ajoutait : Le « combat d’Israël contre le terrorisme est notre combat. La victoire d’Israël est une partie importante de notre victoire. » Pour faire bonne mesure, la lettre a réitéré l’appel du PNAC « pour chasser Saddam Hussein du pouvoir. »
Un peu plus d’un an après la publication de ces lettres, l’agenda du PNAC semblait progresser rapidement. Non seulement les Talibans et ses alliés d’Al-Qaida avaient été évincés d’Afghanistan en décembre 2001, mais l’administration Bush avait également en juin 2002 renversé le cours de la politique menée de longue date par les Etats-Unis sur le problème israélo-palestinien et arrêté tout contact avec l’OLP d’ Arafat, déclarant que Washington aurait affaire seulement avec les leaders palestiniens qui « n’étaient pas compromis par la terreur. » Washington, en effet, s’alignait entièrement derrière le gouvernement du Likoud en Israël mené par le premier ministre Ariel Sharon.
Au début d’Avril 2003, les militaires des États-Unis avaient conquis Bagdad. Le 1er mai 2003, Bush annonçait la fin des combats majeurs en Irak dans son mémorable discours sur la « mission accomplie ». Les officiels de haut rang de l’administration et leurs associés néoconservateurs du DPB, de l’AEI, du PNAC, et d’ailleurs ont bientôt commencé à avertir publiquement que la Syrie et l’Iran étaient les prochains sur leur liste. « La libération de l’Irak était la première grande bataille pour le futur du Moyen-Orient, » a écrit Kristol dans le Standard au début du mois de Mai 2003 : « La prochaine grande bataille- qui ne sera pas, nous l’espérons, une bataille militaire - concernera l’Iran. Nous sommes déjà dans une lutte a mort avec l’Iran concernant le futur de l’Irak. » Dans les deux semaines qui ont suivi, l’administration rejetait une offre sans précédent de l’Iran pour négocier sur tous les différents majeurs entre les deux nations, y compris son programme nucléaire et son soutien des groupes armés anti-Israéliens, en échange de garanties de sécurité. L’administration Bush interrompait également tous les contacts diplomatiques avec Téhéran, y compris des entretiens jusqu’alors fructueux pour la stabilisation de l’Afghanistan, après avoir accusé l’Iran d’héberger des militants d’Al-Qaida prétendument liés à une série de bombardements en Arabie Saoudite. Les néoconservateurs étaient euphoriques ; leur agenda était non seulement devenue une politique, mais leur vision d’un « nouveau siècle américain » semblait bien suivre son cours pour devenir une réalité.
L’euphorie a duré la majeure partie de l’été 2003, jusqu’à ce qu’il apparaisse de plus en plus clairement que les prétentions optimistes de l’administration au sujet de sa victoire militaire éclair en Irak et de ses conséquences sur le reste du Moyen-Orient - et sur le reste du monde - se soient révélées profondément erronées. Dans un livre paru vers la fin 2003, Perle et son co-auteur
David Frum, un ancien rédacteur des discours de Bush, ont reconnu que le programme des néoconservateurs avait perdu son élan et était de plus en plus menacé. Mais les difficultés, à leur avis, étaient le résultat non pas tant des facteurs externes, telle que l’efficace et totalement imprévue insurrection sunnite, mais plutôt des tentatives menées par les « réalistes » du département d’état et de la CIA, et par des militaires de haut rang, retraités ou en activité, pour changer l’approche en Irak et ailleurs dans la région. Perle et Frum ont déploré : « Nous pouvons sentir que la volonté pour gagner baisse à Washington ; nous sentons le retour à de mauvaises et vieilles habitudes de complaisance et de déni. » [1]
En quelques petites années, les néoconservateurs [
2] un petit groupe se décrivant lui-même comme étant composé d’ « intellectuels » et leurs alliés parmi les nationalistes agressifs et la droite chrétienne avaient réussi à placer un nouvel agenda radical de politique étrangère, inaugurant une nouvelle ère dans les relations des États-Unis avec le reste du monde. Et ils ont commencé alors à trébucher. Cet article examine l’ascension et le déclin en cours des néoconservateurs et de leur agenda post guerre froide. Du fait que leur agenda se situe a une échelle globale et qu’ils demeurent des acteurs importants -quoique de plus en plus isolés - parmi l’élite de politique étrangère des États-Unis, comprendre les néoconservateurs et comment ils ont réalisé leur succès est une entreprise critique pour quiconque souhaite deviner le devenir de la seule dernière superpuissance du monde. Nous concluons que, bien que les néoconservateurs et leurs alliés partisans d’un nationalisme agressif conservent suffisamment de poids pour entraver les efforts de retournement de la politique étrangère américaine, les événements politiques récents aux États-Unis - y compris la démission du secrétaire de la défense Rumsfeld et son remplacement par Robert Gates - couplés a la débâcle croissante de la politique des Etats-Unis au Moyen-Orient, sont de bonne augure pour l’apparition d’un agenda aligné sur le réalisme pendant les deux dernières années de la présidence Bush.
De la Guerre du Golfe au 11 Septembre.
Le « succès » apparent de l’agenda du PNAC à la mi-2003 provenait de la rencontre de deux agendas distincts, bien que se renforçant mutuellement, qui avaient été présentés par les néoconservateurs et leurs divers partisans pendant la décennie ayant précédé la première présidence de George W. Bush. Peu de temps après la fin de la guerre froide, les néoconservateurs ont commencé à développer un certain nombre d’idées visant a maintenir les Etats-Unis engagés militairement et dominants dans le monde. Les idées naissantes soutenaient une stratégie globale hégémonique dont le noyau comportait deux principaux éléments : assurer la prééminence globale des États-Unis, et changer radicalement le Moyen-Orient en conformité avec une conception partisane de la sécurité d’Israël.
Ces idées ont été au début définies dans deux documents, l’un rédigé par des fonctionnaires de haut rang du Pentagone au lendemain de la guerre du Golfe de 1991, l’autre par un petit groupe de la ligne dure des néoconservateurs ayant des liens étroits avec le parti du Likoud d’Israël. Le premier, une ébauche du Defense Planning Guidance (
DPG), qui a été publiée grâce a des fuites au New York Times et au Washington Post au printemps 1992, offrait un modèle pour maintenir le statut d’unique superpuissance aux États-Unis, conduisant un critique démocratique, Joseph Biden (D-DE), a le critiquer comme étant « littéralement une Pax americana. » Le second, un rapport de 1996 intitulé « A Clean Break : A New Strategy for Securing the Realm (une coupure nette : Une nouvelle stratégie pour sécuriser le règne ) » était un court mémorandum préparé pour le premier ministre israélien entrant Benjamin Netanyahu. Il présentait une stratégie israélienne envers le Moyen-Orient qui pouvait nettement modifier l’équilibre des forces régionales en faveur d’Israël, lui permettant de se « défaire » du processus de paix d’Oslo et d’imposer efficacement n’importe quelle condition qu’il souhaiterait en vue d’un règlement final avec les Palestiniens et ses autres voisins arabes. Tandis qu’une grande partie du document se concentrait sur la déstabilisation de la Syrie, la première étape dans la stratégie proposée visait l’éviction du Président irakien Saddam Hussein et son remplacement par un gouvernement pro-Occidental.
Ces deux stratégies ont été finalement adoptées par la même coalition de faucons (les néoconservateurs, des nationalistes agressifs, et la droite chrétienne) qui plus tard ont fusionné autour du PNAC à la fin des années 1990. En retour, les stratégies ont aidé à fixer le cours de la politique étrangère des États-Unis juste après le 11 septembre 2001, quand un président des États-Unis n’ayant pratiquement aucune expérience ni intérêt pour les questions internationales prenait le parti, jugé approprié, d’une réponse retentissante - voire même messianique - au traumatisme qui venait juste de s’abattre sur la nation.
L’ébauche du Defense Planning Guidance (DPG) de 1992.
Le DPG est un document classifié régulièrement mis à jour de politique du Pentagone qui décrit les stratégies militaires des États-Unis et fournit un cadre pour former le budget de défense. Après la guerre du Golfe, la tâche de développer le nouveau DPG, le premier depuis la fin de la guerre froide, a incombé a celui qui était alors Sous-secrétaire pour la politique de défense
Paul Wolfowitz et a son aide en chef, I. Lewis “Scooter” Libby, deux des quelques néoconservateurs qui avaient tenu des postes de responsabilité dans l’administration de Bush père. Leur ébauche du texte des règles à suivre préconisait un monde d’après Guerre Froide dans lequel les Etats-Unis agiraient en tant que garant ultime de la paix et de la sécurité et s’engageraient à « décourager les concurrents potentiels d’aspirer à un plus grand rôle régional ou global. » (D’autres contributeurs comprenaient les fonctionnaires influents Zalmay Khalilzad, J.D. Crouch, et Andrew Marshall, aussi bien que Perle et le fondateur de RAND Corporation, Albert Wohlstetter.) L’ébauche du texte des règles à suivre préconisait un ordre global dans lequel l’intervention militaire des États-Unis deviendrait « un dispositif permanent » et où Washington s’appuierait sur « des assemblées ad hoc » (plus tard connues sous le nom de « coalitions de la volonté » -coalitions of the willing) pour imposer sa volonté, plutôt que sur le Conseil de sécurité de l’ONU. (En dépit du fait d’avoir autorisé l’action militaire des États-Unis dans la première guerre du Golfe, le Conseil de sécurité n’a pas été mentionné dans l’ébauche des règles à suivre.) Ces coalitions ad hoc viseraient avant tout à empêcher - soit par la concertation soit par la confrontation - des rivaux potentiels de menacer l’hégémonie des États-Unis et à empêcher les états voyous d’acquérir des armes de destruction de massive (ADM), en particulier dans des « régions critiques à la sécurité des Etats-Unis et ses alliés, y compris l’Europe, l’Asie de l’Est, le Moyen-Orient, et l’Asie du sud-ouest, et le territoire de l’ancienne Union Soviétique. »
Quand l’ébauche du DPG a fait l’objet de fuites dans la presse, elle a provoqué une tempête de controverses. Les Démocrates ont accusé cette stratégie estimant qu’elle conduirait la nation à la faillite et la transformerait en « gendarme global, » l’impliquant dans des guerres sans fin. D’autres fonctionnaires de haut rang, parmi les réalistes de l’administration de George H.W. Bush, essayant à la suite de la guerre du Golfe de rassurer le monde sur le fait que Washington accepterait des contraintes sur sa liberté d’action, ont rapidement désavoué son contenu. Selon certaines sources, Wolfowitz et Libby étaient sur le point d’être renvoyés en raison de la polémique mais ont été sauvés par leur patron
Dick Cheney, alors secrétaire de la défense, qui a accepté d’atténuer sensiblement le document dans sa forme finale.
Mais l’ébauche DPG et le noyau de ses idées ne disparaissaient pas entièrement. Cheney lui-même était impressionné par le document, et aurait demandé à Khalilzad, l’auteur principal de l’ébauche, de « suggérer de nouvelles justifications pour notre rôle dans le monde. » Le chroniqueur
Charles Krauthammer du Washington Post était également impressionné. « Quelle est l’alternative ? » s’interrogeait-il. « L’alternative se trouve dans les porte-avions japonais patrouillant le détroit de Malacca, et l’Allemagne nucléaire dominant l’Europe. » Pour Krauthammer et tout autre cadre néoconservateur, la vision du DPG d’un monde « unipolaire » non seulement était pertinente, maintenant que l’Union Soviétique faisait partie de l’histoire, mais constituait également une nécessité stratégique et morale - qui a été élaborée plusieurs années après par le PNAC. L’ébauche DPG arrivait finalement et fournissait l’ossature permettant de forger un nouveau consensus adopté aussi bien par les néoconservateurs (comme Libby et Perle), des nationalistes agressifs (comme Cheney, Rumsfeld, et John Bolton), aussi bien que des alliés-clés au sein de la droite chrétienne, et même quelques interventionnistes libéraux du Parti Démocrate.
Une réaffirmation précoce de certaines des idées contenues dans l’ébauche DPG est survenue en 1996, quand William Kristol et
Robert Kagan ont publié un essai notable, intitulé « vers une politique étrangère Néo-Reaganienne, » dans le magazine Foreign Affairs. Kristol et Kagan, tous deux néoconservateurs de seconde génération (William est le fils du fondateur du néoconservatisme Irving Kristol, et Robert le fils de Donald Kagan), ont exalté une philosophie de « grandeur nationale » et ont appelé les Etats-Unis a exercer rien de moins qu’une « hégémonie globale bienveillante. » L’hégémonie des États-Unis, ont hardiment affirmé les auteurs, « serait basée sur la compréhension que les buts moraux et les intérêts nationaux fondamentaux [de l’Amérique] sont presque toujours en harmonie. » L’essai, qui visait principalement à contrecarrer une tendance isolationniste croissante qui s’était développée dans le congrès a dominante Républicaine, demandait, entre autres, à ce que Washington poursuive une stratégie globale pour « contenir, influencer, et finalement chercher à changer le régime de Pékin, » reflétant autant le besoin néoconservateur chronique d’un ennemi contre lequel on peut mobiliser l’opinion publique que le consensus croissant au sein des intransigeants de la politique étrangère proclamant que la Chine (et non pas le Japon ou une Europe dominée par l’Allemagne) représentait la plus grande menace à l’hégémonie des États-Unis dans l’ère post Guerre Froide. Dans leur appel pour une hégémonie résolue, les auteurs étaient clairement inspirés par l’ébauche DPG, une inspiration qui a été rendue explicite dans les premières publications du [think tank] Projet pour le Nouveau Siècle Américain [Project for the New American Century- PNAC], créé par les deux auteurs l’année suivante en un effort d’institutionnaliser les idées développées dans leur essai.
Le PNAC a été fondé en 1997 avec l’établissement de sa « Déclaration de principes, » qui pariait sur le fait d’ « arriver à un leadership américain global et d’arriver à rassembler un soutien en sa faveur. » Insistant sur ce qu’il a appelé « les éléments essentiels du succès de l’administration Reagan, » notamment « un pouvoir militaire fort » prêt à relever « les défis présents et futurs, » le rapport déclarait : « Une politique Reaganienne de force militaire et de clarté morale peut ne pas être à la mode aujourd’hui. Mais elle est nécessaire si les Etats-Unis doivent se construire à partir de leurs succès du siècle passé et assurer notre sécurité et notre grandeur dans le prochain. » Parmi les 25 signataires de la charte du PNAC se trouvaient huit personnes qui deviendront des officiels de haut rang de la future administration du Président George W. Bush, dont sept - Cheney, Rumsfeld, Wolfowitz, Libby, Khalilzad,
Peter Rodman, et Elliott Abrams - joueront des rôles essentiels en accomplissant l’agenda du PNAC cinq ans plus tard. La plupart des autres -notamment le leader de la droite chrétienne Gary Bauer ; l’ancien secrétaire de l’éducation William Bennett ; Eliot Cohen, membre du DPB ; et le Président du Center for Security Policy, Frank Gaffney (aussi bien que Kristol et Kagan eux-mêmes) - travailleront étroitement avec ces membres internes de l’administration en essayant d’obtenir un soutien public en faveur de l’action agressive, d’abord contre Arafat de l’OLP et Saddam Hussein de l’Irak, et puis contre la Syrie et l’Iran [3] .
A suivre.
 
mercredi 21 mars 2007
  L'Irak et le Darfour : la politique derrière les crimes de guerre

par James Cogan

Mondialisation.ca, Le 12 fevrier 2007

La réponse internationale à deux cas de tueries massives — la guerre civile qui prévaut dans la région du Darfour au Soudan et l’occupation américaine de l’Irak — démasque la complète hypocrisie des principales puissances capitalistes et des Nations unies lorsqu’elles prétendent défendre les droits de l’Homme et faire respecter le droit international.
En mars 2003, l’administration Bush, soutenue par le gouvernement Blair en Grande-Bretagne et par le gouvernement Howard en Australie, a violé la Convention de Genève et s’est lancée, sans provocation de la part de l’Irak, dans une guerre d’agression. Tous les prétextes avancés pour justifier l’invasion ont été de la propagande grossière et des mensonges délibérés — des armes de destruction massive qu’aurait possédées l’Irak jusqu’aux allégations que le régime de Saddam Hussein soutenait le terrorisme international.
Des milliers d’Irakiens sont morts lors de l’opération « choc et stupeur » de l’envahisseur. Les forces sous direction américaine ont depuis tenté d’écraser la résistance légitime du peuple irakien au moyen de bombardements sans discrimination, de détentions de masse, de la torture dans des prisons, comme à Abou Ghraib, et de massacres dans des villes comme Fallujah, Najaf et Tal Afar. L’infrastructure économique, culturelle et sociale de l’Irak a été ravagée et la population appauvrie.


La politique américaine a favorisé les divisions sectaires et communautaristes et est directement responsable de la guerre civile sanglante qui ravage certaines régions du pays. L’armée et les forces policières irakiennes formées par les Etats-Unis sont constituées en grande partie de musulmans chiites et de Kurdes qui font régner la terreur dans les communautés arabes sunnites sympathisant avec l’insurrection anti-occupation.
Il n’y a pas de décompte précis du nombre d’Irakiens morts suite aux actions criminelles de l’administration Bush et de ses alliés. L’armée américaine a pris la décision délibérée ne pas les consigner. Une évaluation scientifique de ce nombre a toutefois été rendue publique.

En octobre 2006, le journal médical Lancet a publié les résultats d’une enquête approfondie, menée par l’Université Johns Hopkins, portant sur le nombre de morts résultant de l’invasion et de l’occupation de l’Irak par les Etats-Unis. Au total, on a interrogé 1849 foyers — soit près de 12 000 personnes — sur le nombre de décès dans leur famille et les causes de la mort, sur une période remontant à 14 mois avant l’invasion et se poursuivant jusqu’au moment de l’enquête. Les certificats de décès ont été présentés dans la plupart des cas.
Les données ont été amassées dans tout l’Irak. La conclusion de l’enquête a révélé que le taux de mortalité brut en Irak a grimpé de 5,5 pour mille qu’il était avant mars 2003, à 7,5, puis à 10,9 et a finalement atteint le chiffre stupéfiant de 19,8 entre juin 2005 et juin 2006.

En extrapolant ces résultats à toute la population irakienne, les chercheurs de l’Université Johns Hopkins ont estimé qu’entre 393 000 et 943 000 décès supplémentaires s’étaient produits sous l’occupation américaine, la médiane étant estimée à 655 000 morts. La grande majorité est morte de façon violente, par exemple d’un coup de feu, d’une explosion de voiture ou autre et de frappes aériennes. Les blessures par armes à feu ont causé 56 pour cent des morts violentes et il a été estimé que les forces américaines ou alliées ont été directement impliquées dans 31 pour cent de ces cas.

L’impact de la guerre a été beaucoup plus grand encore que ce nombre terrifiant de morts indiqué par les travaux des universitaires. Le nombre de personnes qui ont été physiquement ou psychologiquement blessées n’a pas encore été établi. Les agences de l’ONU estiment au bas mot que près de deux millions de personnes ont fui le pays et que 1,7 million a aussi été déplacés au sein du pays même. En d’autres termes, on peut penser que l’invasion illégale et brutale de l’Irak a été la cause de la mort, de blessures ou du déplacement de plus de 20 pour cent de la population du pays.
Cependant, dans les instances des Nations unies, qui ont à plusieurs reprises prolongé le « mandat » de l’occupation américaine pour qu’elle poursuive la répression du peuple irakien, l’étude Johns Hopkins a été passée sous silence. L’élite dirigeante européenne, qui avait affiché son opposition à la guerre en Irak en 2003, est elle aussi demeurée muette. Les médias américains, y compris les soi-disant journaux libéraux tels que le New York Times et le Washington Post, ont enterré le rapport.

Le fait que le président Bush ait rejeté du revers de la main ce rapport en le qualifiant de « non crédible » n’a pas été publiquement contesté. Son proche allié, le premier ministre australien John Howard, a fait la démonstration de son ignorance à la télévision australienne : « Je ne crois pas cette étude John Hopkins. Elle n’est pas plausible. Elle ne se base sur rien d’autre que sur une enquête de porte-à-porte. » Personne ne s’est élevé contre Howard dans les médias.

En fait, la méthodologie employée par les chercheurs de Johns Hopkins sert de base à la déclaration acceptée universellement par l’ONU, l’Union européenne, et les gouvernements de Bush, Blair et Howard, selon laquelle entre 200 000 et 400 000 personnes auraient été tuées dans le conflit qui fait rage dans la région du Darfour au Soudan.
C’est grâce aux sondages que l’on a estimé le nombre de morts causées par la punition collective de civils au Darfour par des troupes soudanaises et une milice progouvernementale connue sous le nom de Janjaweed. L’objectif du massacre était de réprimer un soulèvement de la population de l’ethnie africaine de la région contre le régime arabe du président Omar Hassan al-Bashir, soulèvement ayant débuté en mars 2003. Au cours de quatre ans de combats, environ 2000 villages d’ethnie africaine auraient été détruits par les Janjaweed ou les forces gouvernementales.

Comme en Irak, il n’existe pas de décompte précis des morts. Cependant, vers la fin 2004, l’organisation basée aux Etats-Unis et qui n’existe plus aujourd’hui, Coalition for International Justice (CIG) (coalition pour la justice internationale) avait utilisé la méthode scientifiquement acceptée pour parvenir à une estimation approximative: elle avait interrogé 1136 réfugiés près de la frontière du Tchad et du Soudan afin d’établir combien de membres de leur famille étaient décédés de mort violente ou étaient portés disparus. En extrapolant, elle avait obtenu le taux de mortalité pour l’ensemble de la population du Darfour. La CIG avait publié un rapport en avril 2005 estimant à quelques 140 000 le nombre de personnes qui avaient été tuées durant la guerre civile.
Début 2005, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait aussi interrogé 17 000 réfugiés afin de savoir combien de personnes de leur famille étaient mortes de malnutrition ou de maladie. En utilisant la même méthode, l’OMS avait évalué à 70 000 le nombre de décès en 2004, avec 10 000 décès additionnels anticipés pour chaque mois subséquent.

En combinant ces deux études, les politiciens et les journalistes à travers le monde rapportent régulièrement qu’entre 200 000 et 400 000 personnes ont été tuées au Darfour. Au moins deux millions de personnes de plus, terrorisées par la milice et touchées par la destruction des maisons et des cultures, ont été forcées de quitter leur foyer.
Dans ce cas, contrairement à celui de l’Irak, le nombre des morts a provoqué de par le monde l’indignation morale et des appels à la justice. Le 9 septembre 2004, le président Bush, reprenant à son compte le sentiment exprimé dans une résolution du Congrès, avait qualifié les atrocités au Darfour de « génocide ». Il avait déclaré : « Nous en sommes arrivés à la conclusion qu’un génocide s’est produit au Darfour. Nous pressons la communauté internationale à travailler avec nous pour empêcher et réprimer les actes de génocide. Nous en appelons aux Nations unies afin qu’elles entreprennent une enquête complète sur le génocide et les autres crimes commis au Darfour. »
Le parlement européen s’était joint à l’administration Bush et avait déclaré en septembre 2004 que les agissements du gouvernement soudanais « équivalaient à un génocide. »

John Kerry et les sénateurs Joseph Lieberman, Barak Obama et Hillary Clinton sont parmi les démocrates en vue aux Etats-Unis qui déclarent qu’un génocide est en train de se produire au Darfour et qui appellent à une plus grande intervention du gouvernement américain contre le gouvernement Bashir.
À l‘ONU, en plus d’une conférence sur l’aide à apporter au Darfour, d’une intervention militaire menée par la force de maintien de la paix de l’Union africaine et d’appels pour des sanctions plus sévères contre le Soudan, il y a aussi eu une commission d’enquête sur les crimes de guerre.
Le 31 mars 2005, le Conseil de sécurité de l’ONU instruisait le Tribunal pénal international (TPI) de la Haye en vertu de la résolution 1593 d’enquêter sur des crimes de guerre allégués au Darfour. Le procureur en chef de la cour, Luis Moreno-Ocampo annonçait en décembre que les premières accusations allaient être portées ce mois-ci. La déclaration du TPI mentionnait : « Les preuves se dégageant de cette première affaire désignent des personnes spécifiques qui semblent porter la plus grande responsabilité pour des crimes contre l'humanité et des crimes de guerre, y compris des crimes de persécution, de torture, de meurtre et de viol. »

Suggérant que des officiels soudanais de haut niveau pourraient être impliqués, le TPI déclarait : « le plus important peut-être c’est que les preuves mettent à nu le cadre opérationnel sous-jacent grâce auquel ces nombreux crimes ont pu être commis ». Lors d’une rencontre d’urgence sur la situation au Darfour, convoquée par la commission des droits de l’Homme de l’ONU le 12 décembre, le secrétaire général de l’ONU à la retraite, Kofi Annan déclarait : « Nous devons agir de toute urgence pour empêcher de nouvelles violations, notamment en traduisant en justice les auteurs des nombreux crimes qui ont déjà été
commis. »

Le contraste entre les deux situations, le Darfour et l’Irak est des plus saisissants. La raison sous-jacente peut se résumer en un mot qui à lui seul explique en grande partie la situation politique contemporaine : le pétrole.
L’impérialisme américain a envahi l’Irak en premier lieu pour prendre le contrôle de ses ressources énergétiques. Les démocrates ont entièrement soutenu cette ligne d’action. Ne voulant pas défier les Etats-Unis, les autres grandes puissances, incluant l’Angleterre, la France, l’Allemagne, le Japon, la Russie et la Chine, se sont joints à eux ou bien ont gardé le silence sur les crimes de guerre commis contre le peuple irakien. L’ONU est intervenue et donné sa bénédiction à cette guerre d’agression illégale.

Le Soudan est aussi un pays riche en pétrole et stratégique géopolitiquement. Cependant, la puissance émergente qui a gagné le plus d’influence dans ce pays, est la Chine. Les tentatives de Pékin de développer son influence politique et économique en Afrique sont vues comme une menace tant par les Etats-Unis que par l’Europe. L’indignation morale devant la situation au Darfour est un moyen commode de miner l’influence de la Chine et de donner un prétexte aux Etats-Unis et à ses alliés au cas où une intervention militaire plus importante s’avérait nécessaire.

L’ONU est tout simplement l’antichambre de ces intrigues impérialistes. Les représentants officiels de cette organisation ne sont rien moins que les porte-parole des principales puissances impérialistes, leur permettant d’exprimer leur inquiétude hypocrite sur la situation désespérée des gens au Darfour, tout en gardant délibérément le silence sur les crimes de guerre américains en Irak. C’est bien le dernier des soucis des représentants de l’ONU et des principales puissances impérialistes que la souffrance des millions de travailleurs ordinaires au Darfour, en Irak et ailleurs dans le monde.

Note : L’édition actuelle de février 2007 du magazine de Johns Hopkin contient une défense détaillée de son étude et de sa méthodologie. Voir “The Number”, by Dale Keiger,
http://www.jhu.edu/~jhumag/0207web/number.html
Article original en anglais paru le 9 février 2007.

 
lundi 19 mars 2007
  BUSH ET L'IRAK : L'impuissance de la force
Reconnaissons à Bush et à son staff la clarté du langage lorsqu’il s’agit de désigner leurs ennemis, qu’ils définissent par « terroristes »,- off course !-, mais aussi par « insurgés ». Autrement dit, et au moment où certains « plus royalistes que le roi » de chez nous, ultras du démocratisme exportable made in USA, mettent tout le monde dans le sac du terrorisme, l’administration américaine admet qu’il y a des résistants, des militants armés qui refusent l’occupation et qui se battent contre elle. L’Algérie aurait dû être le premier du monde arabe à saisir le sens du combat des résistants irakiens ; le saisir, mais l’aider également par tous les moyens. D’où nous vient-il aujourd’hui de considérer que les affaires de tous ces peuples, dans la paix, comme dans la souffrance de l’occupation, ne « nous concernent pas ». Sommes-nous devenus si lâches, si corrompus, que nous nous cachons derrière des motifs fallacieux pour justifier notre égoïsme et notre alignement sur les positions de l’Oncle Sam ?Aujourd’hui, il s’agit de bien comprendre les enjeux. Ce qui se joue en Irak, n’est pas seulement l’avenir de ce pays. Le notre aussi est concerné. Celui de tous les pays arabes, confrontés au plus grand péril de leur jeune existence. L’Irak devait être le modèle démocratique de ce nouveau Moyen-Orient qui s’étend jusqu’au Maghreb. Mais avant de l’offrir comme exemple, il fallait détruire les éléments constitutifs de cette nation, installer la terreur et la guerre civile, le chaos même, afin de détourner le peuple du pillage de son pétrole et préparer sa division en plusieurs petits états ethniques et confessionnels. La même chose nous attend et c’est pourquoi nous devons savoir de quel côté nous sommes. Dans le cas de l’Irak, tous les autres discours sont superflus. Ils servent la diversion ! Il ne s’agit pas de savoir si nous sommes pour la démocratie ou la dictature – c’est d’une tellement évident !-, si nous sommes pour le modernisme ou l’archaïsme, ou encore si nous sommes pour ou contre l’islamisme politique. Il s’agit de nous préparer à défendre l’unité de notre nation, la sauvegarde de nos cultures millénaires ; il s’agit de savoir si nous sommes capables de nous assumer en tant que nation libre, ayant la pleine souveraineté sur ses richesses et les leviers de son économie, capable d’affronter les défis du futur, dans la fierté et la dignité, ou si notre sort est d’être des sous-Américains ! Et c’est pour cette raison fondamentale que nous devons bien expliquer aux jeunes générations que les « Rambos » de leurs films préférés, tous ces agents spéciaux bien baraqués et tous ces Marines intrépides et habiles, ne sont rien à côté des jeunes résistants de Falloudjah ! Les premiers, ces héros positivés à l’extrême, ne sont que des figurants jouant dans les films hollywoodiens de propagande. Ce sont des « tigres en papier » ! Les seconds sont de vrais combattants, agissant pour une noble cause !Viktor Litovkine, commentateur militaire de l’Agence RIA Novosti, résume en ces termes la faillite de l’impérialisme en 2006 : « l’administration Bush et les États membres de sa Coalition ont oublié à leur dépends une vérité d’évidence : on peut vaincre des États, pas des peuples. » Oui, pourquoi ce scepticisme et même ce pessimisme chez certains de nos observateurs ? L’année qui vient de s’écouler a sonné le glas des impérialistes qui, après avoir été arrogants et méprisants, rasent désormais les murs. Où est ce Tony Blair à la suffisance maladive, élève d’un maître qui doit impérativement retourner à l’école des peuples ! Voyez la tête de Bush. Il a perdu son assurance et son air triomphal d’il y a quatre années ! Et grâce à qui ? Grâce à ces jeunes révolutionnaires – ils existent et ils ont les mains « propres » puisqu’ils ne s’attaquent pas aux civils comme les djihadistes des mouvements extrémistes-, les armées les mieux équipées du monde ont été mises à genoux. Pourquoi nos penseurs défaitistes ne se posent pas la question de savoir s’il est normal, logique, rationnel, sensé, admis que des « gueux », armés tout au plus de kalachnikovs, remportent la bataille contre les avions, les hélicoptères, les blindes et des troupes surentrainées, bénéficiant de la meilleure formation et d’un équipement sophistiqué ? Est-il normal que ces Gavroches du XXIème siècle, armés de leur seul courage et de la foi en la victoire inéluctable de leur peuple, mettent en déroute cette puissante armée qui bénéficie d’une couverture digne des films de science-fiction. Sur terre, dans les airs et même dans le cosmos, grâce à des satellites de la dernière génération, fonctionnant avec des programmes informatiques sophistiqués ultrasecrets, capables de déceler une présence humaine à quelques centimètres près ! Et que dire de tous ces systèmes complexes de radars pointés sur les zones où s’activent les résistants, ces missiles de croisière aux performances reconnues et appréciées et toutes ces trouvailles sorties des laboratoires du Pentagone !Bush peut envoyer des troupes par centaines de milliers et les scientifiques de la mort se creuser les méninges pour inventer d’autres joujoux de destruction massive, rien ne changera l’issue de ce conflit et aucune force ne fera tourner la roue de l’histoire dans le sens contraire à la volonté des peuples. Reconnaissons les grandes réalisations de la véritable résistance et adressons-lui un message de solidarité et d’espoir.
21:29 Publié dans Maamarblog
 
samedi 17 mars 2007
  Craignant pour leurs prévileges,les truands de la junte d'Alger casse une décision de justice
Après l'inculpation des 18 Gendarmes:

Un clan de l'Armée casse une décision de Justice!

Djamaledine Benchenouf,

15 mars 2007, http://esperal2003.blogspot.com/

Des informations nous confirment que 18 gendarmes, dont des gradés, auraient effectivement été inculpés et placés en détention préventive dans l'affaire de Kaïs qui a coûté la vie à deux jeunes Algériens. Selon certaines sources, la décision aurait été décidée conjointement entre la Cour d'Oum el Bouaghi et le Parquet militaire de Constantine. Selon d’autres elle aurait soulevé un problème entre la première et le second ! Mais dans un cas comme dans l'autre, l'inculpation a eu lieu, ainsi que la mise en détention préventive.Il n’y a aucun doute pour qui connaît le mode de fonctionnement du régime algérien qu’une mesure d’une telle gravité n’a pu être que « suggérée » par des cercles situés au plus haut du pouvoir de l’Etat. Avec l’accord du Commandement militaire virtuel ! Probablement, parce que l’enquête sur ce qui s'est passé à Kaïs a révélé de graves dysfonctionnements au sein de la Gendarmerie de Kaïs et des abus dans les faits qui ont entraîné la mort des deux jeunes hommes. Parce qu’il était devenu urgent de rétablir la confiance entre la population et les forces de l’ordre. Parce qu’il fallait soustraire celles-ci à la terrifiante logique des mafias qui ont pris le pays en otage et qui préfèrent avoir sous la main des services de sécurité corrompus, pour consacrer le fossé entre un Etat oppresseur et une population asservie, avec l’aide de ses propres enfants, jetables et interchangeables, qu’on a revêtus d’un uniforme de circonstance, en attendant de les remplacer quand ils auront été tués par ceux qu’ils oppriment par procuration.
Une telle mesure ne s’est jamais produite dans le pays, depuis son indépendance. Malgré des dépassements autrement plus graves, notamment lors des tragiques évènements d'Octobre 88 ou ceux de Kabylie. Aucun magistrat civil et encore moins une Chambre d’accusation n’aurait pu, en situation ordinaire, inculper et placer 18 militaires en détention préventive, sans un aval politique éminent. Vraisemblablement celui du Chef de l’Etat lui même!Le commun des mortels en Algérie sait parfaitement qu’il n’existe pas l'ombre d'une possibilité pour qu’un magistrat civil procède à une inculpation de 18 gendarmes de son propre chef ! C’est totalement exclu ! Nous ne le dirons jamais assez !
Il faut par ailleurs retenir le fait que l’inculpation n’a concerné que 18 Gendarmes ! Alors que toute la compagnie territoriale était engagée dans l’évènement. 18 Gendarmes sur plus d’une centaine d’autres éléments engagés dans l’évènement. Pourquoi ceux là et pas les autres? C’est dire que la recherche a abouti à des dépassements flagrants et imputés. D’autant que la gendarmerie de Kaïs était réputée dans toute la région, depuis des années, pour sa forte implication dans des trafics en tout genre. D'autant que le comportement de ses membres avait déjà crée des problèmes avec la population.
Ces Gendarmes inculpés ont pourtant été libérés ! En violation d’une décision expresse et formelle de Justice. Leur inculpation sera probablement annulée, s'il elle ne l'a déjà été. Des journaux aux ordres vont se faire un devoir d’expliquer à l’opinion qu’il y a eu confrontation de prérogatives judiciaires, entre les instances militaires et civiles. Pour escamoter la vérité. Je ne pense pas que des voix, de l’intérieur de l’Algérie, s’élèveront pour dire qu’une bande de bandits qui se sont nommés les uns les autres aux plus hauts grades de l’Armée, a défié la République qu'elle prétendait défendre, parce qu'elle a estimé qu’il était dangereux pour sa propre survie que la vraie République puisse reconquérir ses attributs. Que tous les Algériens soient égaux devant la Loi ! Qu’aucun membre des forces de l’Ordre ne puisse outrepasser ses prérogatives ! Que la vie de tous est sacrée ! Que quiconque doit rendre compte de ses actes ! Quel qu’il soit ! Que nul n'est au dessus des lois!
Les Algériens et le monde entier doivent savoir qu’un cercle du Commandement militaire, celui qui entretient la violence terroriste et qui instrumente une mafia politico financière à sa dévotion, a réagi immédiatement à la mesure d’inculpation des 18 gendarmes. Il en a fait une affaire de première importance ; il a même battu le rappel de Généraux qui avaient été mis à la retraite et qui continuent de considérer que rien ne doit se faire sans leur consentement. Il a donné des ordres pour que les gendarmes inculpés et incarcérés soient libérés sur le champ. Sans même négocier avec qui que ce soit. Il l’a décidé unilatéralement, parce qu’il s’est senti menacé. Cette décision de Justice contre des militaires qui ont tué des civils, la premiere de la Justice algérienne depuis l’indépendance, serait elle dictée par le Pouvoir politique, représente à leurs yeux un grave précédent, une dérive. Ils considèrent qu’il y va de leur propre survie. Dans leur logique mafieuse, cela ouvre, en effet, la porte à n’importe quel magistrat de la République de pouvoir les inculper eux même pour des faits qui pourraient leur être reprochés ultérieurement. Après qu'ils se soient auto amnistiés pour leurs crimes passés. Au moment où ils envisagent de réactiver la violence terroriste et de se positionner en rempart d’un occident qui joue à se faire peur. Ce serait la fin de leurs rêves de héros de la "global war", de leur règne despotique et de leurs abus. Le commencement d’une autre Algérie. Une Algérie débarrassée de leur présence mortifère.
Cette information étant d’une importance capitale pour l’avenir de l’Algérie, il est necessaire de répéter que des responsables de l'Institution militaire, aux plus hauts niveaux de commandement, et même d'ex chefs de l'Armée qui avaient été mis à la retraite mais qui se considèrent toujours comme des Autorités ayant droit de regard dans tout ce qui concerne la marche du pays, ont manifesté leur refus catégorique d'une décision de justice émanant d’instances judiciaires, civiles et militaires. Des réunions de plusieurs Chefs de l’Armée auraient eu lieu et des pressions insoutenables auraient été exercées pour contrer la marche de la Justice.Cette intrusion de certains chefs de l'Armée doit être considérée comme une rébellion et une action délibérée contre la République.C’est un acte de terrorisme contre tout le peuple algérien
.Djamaledine BENCHENOUF
 
vendredi 16 mars 2007
  COUP DE GUEULE CONTRE UN NOUVEAU JUDAS



Adieu pauvre Adriana (*) ! Quel terrible gâchis ! Quelle triste retraite ! Une vraie Bérézina politique. Et dire qu'on est à ce point dégoûté par ta trahison, qu'on n'arrive même pas à éprouver pour toi cette haine franche et sans détours qu'on éprouve pour ton nouveau maître, même quand il s'agite au bout de sa double laisse, tendue entre Tel-Aviv et Washington. le sinistre,l'ignoble raciste et sioniste, Sarkozy. Alors le mépris peut-être......Le malheur, c'est qu'on a l'impression "a posteriori" que tu as sciemment trompé tout ton monde pendant tout ce temps. Que tu as réussi - si j'ose dire - à tromper la bonne foi des imbéciles et des benêts de mon espèce qui pensaient que tu pouvais incarner une certaine droite française bon teint, affranchie et décomplexée vis-à-vis des lobbies américano-sionistes et renouant au grand jour avec ses amitiés traditionnelles dans le tiers-monde, en particulier dans le monde arabo-musulman. C'est un énorme crachat que tu viens de jeter sur ton plaidoyer flamboyant de 2003 contre la guerre en Irak, devant le Conseil de Sécurité ! L'Histoire ne retiendra que ta lamentable sortie, indigne d'un futur ex-Premier Ministre. Et qui, dans le meilleur des cas - à supposer que le nabot d'immigré juif hongrois puisse être élu - sera destiné à jouer le rôle peu glorieux de dame de compagnie, j'allais dire d'un "Joe Attia de luxe"" auprès de............Je ne me rappelle même plus du prénom d'icelle..... Honte à toi Adriana ! On n'a même pas envie de te demander: Combien ? Comme le fit le grand Georges Bernard Shaw qui, convié un jour dans une réception huppée d'aristocrates londoniens, demanda à brûle-pourpoint à la ravissante Duchesse de Kant: qui plastronnait au milieu de ses hôtes: ---- "Si je vous offrais un Million de Livres, mériterais-je vos faveurs Madame ? - Bien sûr cher Maître rétorqua la Duchesse, sans sourciller. Et maintenant, si je vous offrais seulement Cent Livres, accepteriez-vous ? -- Pour qui me prenez-vous demanda sèchement la Duchesse ? – Oh ! Pour çà, mon opinion est déjà faite chère Madame !, rétorqua le grand Maître. A présent, je cherche seulement à établir votre prix !!!!!!. " ----Je cite à dessein, l'auteur de la fameuse pièce de théâtre: "l'argent n'a pas d'odeur" pour vous dire que "a contrario", en ce qui concerne le roturier ordinaire que je suis, votre prix ne m'intéresse même pas. Adieu donc triste sire. Dieu merci, il reste tout de même en France une sacrée pépinière de près de 70 millions de français au sein de laquelle sont en train de lever – j'allais dire de se lever - à l'heure qu'il est, des centaines, des milliers d'hommes qui sauront relever un pays comme la France, tombé tellement bas dans ses génuflexions devant les lobbies de l'argent et du sionisme – que même un petit nazillon armé de karchers en est venu à confondre Cécilia avec Marianne. En tout état de cause, le combat contre ton nouveau maître et les maîtres de ton nouveau maître continuera. Sans toi. Ce sera toujours un Judas de moins…... ---(Abdelkader DEHBI)

(*) Adriana est le pseudo semble-t-il de Dominique de Villepin qui vien de rallier honteusement le raciste sioniste Sarkozy.


 
mercredi 14 mars 2007
  L'Oncle Sam et l'Afrique
Main basse sur l'Afrique : la stratégie de l'Empire pour contrôler le continent
Traduit par Fausto Giudice John Bellamy Foster, Monthly Review,

Depuis 5 ans, les USA mettent en place un dispositif militaire en Afrique. Après leur base navale et aérienne de Diégo Garcia dans l’Océan indien, ils ont loué à la France le Camp Lemonier à Djibouti, à partir duquel ont décollé les C-130 qui, en janvier, ont bombardé des populations civile somaliennes, au nom de la « lutte contre le terrorisme ». l’occupation par l’armée éthiopienne de la Somalie a été coordonnée, encadrée, préparée et soutenue en matière de logistique et de renseignement par l’armée US, installée à Djibouti et à Dire Dawa, en Éthiopie. En Afrique de l’Ouest, les USA avancent à grands pas dans l’établissement de têtes de pont militaires, terrestres, aériennes et navales, ici aussi sous couvert de « lutte contre le terrorisme ». En février, la Maison blanche a annoncé la création du commandement militaire US pour l’Afrique, AFRICOM. Pour le moment basé à Stuttgart, auprès du Commandement pour l’Europe (United States European Command, USEUCOM), ce nouveau Commandement devrait acquérir son autonomie et s’installer sur le continent dans les années qui viennent Il devrait commencer à être opérationnel le 1er octobre.
Désormais, l’Empire est donc à même de contrôler militaierment tous les continents de notre planète, sur laquelle il déploie un réseau dense d’un millier de bases militaires et 350 000 hommes et femmes de troupe (dont 150 000 en Irak et en Afghanistan)Dans le texte ci-dessous, John Bellamy Foster explique les objectifs et les visées de cette nouvelle « grande stratégie » de l’Empire, qui est celle de la suprématie mondiale : empêcher son inexorable déclin économique. (NdT)
Le Camp Lemonier à Djibouti La base aérienne de Diego Garcia
L’impérialisme est une constante du capitalisme. Mais il passe par diverses phases au fur et à mesure de l’évolution du système. Actuellement le monde est entré dans un nouvel âge de l’impérialisme marqué par une stratégie spectaculaire de domination mondiale des USA. Une indication de ce qui a changé nous est donnée par le fait que les militaires US mènent désormais des opérations vraiment mondiales et disposent de bases sur tous els continents, y compris en Afrique, où se déroule une nouvelle course au contrôle, qui est concentrée sur le pétrole.Les élites d’opinion aux USA, dans la décennie qui a immédiatement suivi l’effondrement de l’Union soviétique, se plaisaient à décrier l’absence d’une stratégie d’envergure comparable à ce que George Kennan avait appelé le « containment » (=e ndiguement, limitation de l’expansion de l’ennemi, terme forgé pour qualifier l’encerclement de l’Union soviétique pendant la Guerre froide, utilisé par George Kennan dans une directive du Département d’État de 1948. Lire ici, NdT), sous la couverture duquel les USA étaient intervenus durant toute la Guerre froide. La question clé, telle qu’elle fut posée en novembre 20000 par Richard Haass, analyse en sécurité nationale, était de déterminer la manière dont les USA allaient utiliser leur « surplus de puissance » pour remodeler le monde. La réponse de Hass, qui lui valut sans aucun doute d’être immédiatement embauché comme directeur de la planification politique au Département d’État sous Colin Powell, était qu’il fallait promouvoir une stratégie d’une « Amérique impériale » visant à assurer une domination mondiale des USA pour les décennies à venir. Quelques mois auparavant, une stratégie d’envergure très similaire, mais plus ouvertement militariste, avait été présentée par le Projet pour le Nouveau Siècle Américain, dans un rapport écrit par les futures figures de pointe de l’administration Bush, parmi lesquels Donald Rumsfeld, Paul Wolfowitz et Lewis Libby.1.La nouvelle grande stratégie impériale est devenue une réalité, suite aux attaques du 11 septembre 2001, avec l’invasion US de l’Afghanistan et de l’Irak et elle a été consacrée officiellement dans la déclaration de la Maison blanche sur la Stratégie de sécurité nationale de 2002. Résumant cette nouvelle poussée impériale, Stephen Peter Rosen, directeur de l’Olin Institute for Strategic Studies à Harvard et membre fondateur du Projet pour le Nouveau Siècle Américain, écrivait dans Harvard Magazine :
« Une entité politique qui a une supériorité militaire écrasante et utilise cette puissance pour influencer le comportement interne d’autres États, cela s’appelle un Empire. Comme les USA ne cherchent pas à contrôler les territoires ou à gouverner les citoyens outre-mer de l’Empire, nous sommes un empire indirect, certes, mais nous n’en restons pas moins un empire. Si cela est vrai, notre but n’est pas de combattre un adversaire, mais de maintenir notre position impériale et de maintenir un ordre impérial. Planifier des guerres impériales est différent de la planification de guerres conventionnelles internationales…Les guerres impériales pour restaurer l’ordre ne sont pas autant contraintes [par des considérations sur la dissuasion]. Une quantité maximale de force peut et doit être utilisée aussi vite que possible pour obtenir un impact psychologique – pour démontrer que l’empire ne peut être défié impunément…La stratégie impériale se concentre sur la prévention de l’émergence de challengers puissants et hostiles à l’Empire : par la guerre si nécessaire, mais si possible par l’assimilation impériale.2. »
Dans un commentaire paru fin 2002 dans Foreign Policy, John Lewis Gaddis, professeur d’histoire militaire et navale àYale, déclarait que le but de la guerre imminente contre l’Irak était d’infliger un “Azincourt sur les rives de l’ Euphrate.” Comme la fameuse victoire militaire d’Henry V au 15ème siècle, cela serait une démonstration de force si grande que le paysage géopolitique en serait changé pour des décennies. Selon Gaddis, ce qui était en dernière analyse en jeu, c’était la “gestion du système international par une seule puissance hégémonique », les USA. Cette stratégie visant à assurer l’hégémonie sur le monde entier par les USA par le biais d’actions préventives, était, soutenait-il, ni plus ni moins qu’une « nouvelle grande stratégie de transformation » 3.
La nature de la grande stratégie
Depuis l’époque de Clausewitz, la tactique est définie dans les cercles militaires comme « l’art d’utiliser des troupes dans une bataille » et la stratégie comme « l’art d’utiliser des batailles pour gagner la guerre » 4. En revanche d’idée de « grande stratégie » telle qu’elle a été promue de manière classique par les stratèges et historiens militaires comme Edward Meade Earle et B. H. Liddell Hart se réfère à l’intégration du potentiel guerrier d’un État dans des objectifs politico-économiques plus vastes. Comme l’a remarqué l’historien Paul Kennedy dans son ouvrage Grand Strategies in War and Peace (1991), “une veritable grande stratégie” “est autant, sinon plus, concernée par la paix que par la guerre…à propos de l’évolution ou de l’intégration de politiques qui pourraient être opérationnelles pour des décennies, voire des siècles. » 5
Les grandes stratégies sont géopolitiques dans leur orientation, visant à la domination de zones géographiques entières – y compris les ressources stratégiques comme les minerais et les voies d’eau, les ressources économiques, les populations et les positions militaires vitales. Les grandes stratégiques les plus réussies du passé sont celles des empires qui ont duré longtemps, qui ont été capables de maintenir leur pouvoir sur de grandes étendues de territoire sur des périodes prolongées. En général, les historiens de la grande stratégie se focalisent sur l’Empire britannique du XIXème siècle (Pax Britannica) et aussi sur l’ancien Empire romain (Pax Romana).
Pour les USA aujourd’hui, ce qui est en jeu, ce n’est plus le contrôle simplement d’une partie du globe, mais bien une véritable Pax Americana mondiale. Bien que certains commentateurs aient vu dans la dernière poussée impériale le résultat d’une petite cabale de néoconservateurs au sein de l’administration Bush, il y a en réalité un large consensus dans la structure de pouvoir US sur la nécessité d’étendre l’empire US. Une collection récente d’ouvrages qui contient des contributions critiques sur l’administration (en place) est intitulée The Obligation of Empire: United States’ Grand Strategy for a New Century [L’obligation d’Empire : la grande stratégie des USA pour un nouveau siècle].6
Ivo. H. Daalder (chargé de recherche à la Brookings Institution et ancien conseiller en politique étrangère d’ Howard Dean) et James M. Lindsay (vice-Président du Conseil sur les Relations étrangères, auparavant employé au Conseil de sécurité nationale sous Clinton) arguent dans leur livre America Unbound que les USA ont longtemps eu un « empire secret », camouflé sous le multilatéralisme. La politique unilatérale de la Maison blanche sous Bush consistant à “construire un empire fondé sur le seul pouvoir américain” n’a changé les choses que dans le mesure où elle a mis à nu son caractère caché et a réduit sa force d’ensemble en s’appuyant moins sur les États vassaux. Selon Daalder et Lindsay, les USA sont maintenant sous le commandements de penseurs “hégémonistes”, qui veulent assurer que les USA dominant le globe entier – à la fois dans leur propre intérêt national et pour remodeler le monde en accord avec « l’impérialisme démocratique ». Mais une posture si agressive, font-ils remarquer, n’est historiquement rien de bien nouveau sous le ciel US. On peut retracer une tendance impériale unilatéraliste jusqu’à l’époque de Theodore Roosevelt et elle était présente dès le début de la Guerre froide dans les administrations Truman et Eisenhower. Daalder et Lindsay croient encore en la possibilité d’une stratégie plus coopérative comme stratégie supérieure d’approche de la gestion d’un empire, avec les autres grandes puissances se laissant distancer par les USA7.
Mais un tel impérialisme coopératif devient plus difficile à réaliser une fois que la puissance hégémonique commence à décliner. Non seulement les USA subissent une concurrence économique accrue, mais avec la disparition de l’URSS, l’alliance de l’OTAN s’est affaiblie. Les vassaux européens de Washington ne suivent pas toujours ses directives, même s’ils ne sont pas en mesure de le défier directement. La tentation qui s’offre à une puissance hégémonique déclinante mais qui reste armée et dangereuse dans de telles circonstances est celle de tenter de reconstituer et même d’étendre son pouvoir en agissant unilatéralement et en monopolisant le butin de guerre.
La guerre pour le “Nouveau siècle usaméricain”Le système capitaliste est mondial dans sa dimension économique mais politiquement, il est divisé en États qui sont en compétition entre eux et développent leur économie de manières diverses. La contradiction du développement inégal du capitalisme a été exprimée de manière classique par Lénine dans son livre L’impérialisme, stade suprême du capitalisme (1916 ). Il ne peut y avoir d’autre base, dans le capitalisme, à la division en sphères d’influence, d’intérêt, de colonies etc. que le calcul de la force des participants dans cette division, leur force économique générale, financière, militaire etc. Et la force de ces participants dans la division ne change pas à un degré égal, car, dans le capitalisme, le développement de diverses entreprises, trusts, secteurs industriels ou pays ne peut pas être égal. Il y a un demi-siècle, l’Allemagne était un pays insignifiant et misérable, pour ce qui était de sa force économique, comparé avec la force de l’Angleterre à cette époque. Le Japon était également insignifiant, comparé à la Russie. Est-il “concevable” qu’en dix ou vingt ans, la force relative des puissances impérialistes demeure inchangée ? C’est asbolument inconcevable.8
Il règne aujourd’hui un large consensus sur le fait que le monde est en train de subir une transformation économique globale. Non seulement le taux de croissance de l’économie mondiale connaît un ralentissement général , mais la force économique relative des USA continue à s’affaiblir. En 1950 les USA comptaient pour moitié du PNB mondial, pour descendre à un cinquième en 2003. De même, ils contribuaient à presque la moitié de stock mondial d’investissements étrangers directs en 1960, comparés à un peu plus de 20% au début de ce siècle. Selon des projections de Goldman Sachs, la Chine pourrait prendre la relève des USA comme première économie du monde en 2039.9
Cette menace croissante alimente l’obsession de Washington pour jeter les bases d’un “Nouveau siècle usaméricain”. Son actuel interventionnisme vise à profiter de sa primauté présente, sur le court terme, sur les plans économique et militaire pour s’assurer des ressources stratégiques qui lui garantiraient à long terme une suprématie mondiale. Le but est d’étendre la puissance US directement tout en privant les concurrents potentiels de ces ressource stratégiques vitales qui pourraient leur permettre de défier (les USA) au niveau mondial ou même à l’intérieur de certaines zones.
Le document La stratégie de sécurité nationale des USA (The National Security Strategy of the United States) de 2002 notait : « Nos forces seront assez fortes pour dissuader d’éventuels adversaires d’édifier une puissance militaire à même de surpasser, ou d’égaler celle des USA. » Mais la grande stratégie va au-delà de la simple puissance militaire. Les avantages économiques sur les rivaux potentiels sont l’enjeu réel de la compétition intercapitaliste. D’où l’intégration de la puissance militaire US dans la lutte pour contrôler le capital, le commerce, la valeur du dollar et les matières premières stratégiques.
Les objectifs stratégiques US ont peut-être été exposés le plus clairement par Robert J. Art, professeur de relations internationales à Brandeis et chercheur associé à l’Olin Institute, dans son livre Grand Strategy for America. « Une grande stratégie », écrit-il “indique aux leaders d’une nation quels buts ils doivent poursuivre et comment ils peuvent utiliser au mieux la puissance militaire de leur pays pour atteindre ces objectifs. Dans la conceptualisation d’une telle grande stratégie pour les USA, Art présente six «intérêts nationaux principaux » par ordre d’importance :
· 1° - Prévenir une attaque sur le sol usaméricain;
· 2° - Prévenir des guerre eurasiatiques entre grandes puissances et, si possible, les compétitions intenses en matière de sécurité qui les rendent probables ;
· 3° -Préserver l’accès à des réserves de pétrole à des prix raisonnables et de manière sûre;
· 4° - Préserver un ordre économique international ouvert;
· 5° - Promouvoir la diffusion de la démocratie et le respect des droits humains à l’étranger et prévenir les génocides ou les massacres dans les guerres civiles;
· 6° - Protéger l’environnement mondial, en particulier contre les effets néfastes du réchauffement global et d’un changement climatique grave ;
Après la défense nationale au sens propre, c’est-à-dire la défense de la “patrie” contre des attaques extérieures, les trois autres grandes priorités stratégiques sont donc: (1) l’objectif géopolitique traditionnel d’hégémonie sur le continent eurasiatique vue comme la clé de la puissance, (2) assurer le contrôle des réserves pétrolières mondiales et (3) promouvoir des relations économiques capitalistes au plan mondial.
Pour atteindre ces objectifs, explique Art, Washington devrait “maintenir des forces positionnées” en Europe et en Asie orientale (les deux parties de l’ Eurasie avec les plus hautes concentrations de puissance) et dans le Golfe arabo-persique (où se trouve le plus gros des réserves pétrolières). “L’Eurasie abrite la plus grande partie de la population du monde, de ses réserves avérées de pétrole, de sa puissance militaire ainsi qu’une grande part de sa croissance économique. » C’est pourquoi il est crucial que la grande stratégie US dans cette région vise à renforcer l’hégémonie dans la région, à commencer par les régions pétrolières clé du sud de l’Asie centrale.10
Alors que la guerre et l’occupation s’enlisent en Afghanistan et en Irak sans issue, Washington a procédé à une escalade des menaces d’attaque “préventive” contre le voisin le plus puissant de ces pays, l’Iran. La justification principale donnée à cela et le programme iranien d’enrichissement de l’uranium, qui pourrait éventuellement permettre à l’Iran de développer des armes nucléaires. Mais il existe d’autres raisons à l’intérêt des USA por l’Iran. Comme l’Irak avant lui, l’Iran est une puissance pétrolière de premier rang, disposant maintenant des plus grandes réserves avérées après l’Arabie saoudite et avant l’Irak. Le contrôle de l’Iran est crucial dans le projet US de domination du Golfe arabo-persique et de son pétrole.
L’importance géopolitique de l’Iran va en outre au-delà du Moyen-Orient. Il est une pièce clé (tout comme l’Afghanistan) dans le Nouveau grand Jeu pour le contrôle du sud de l’Asie centrale, y compris du bassin de la Mer caspienne avec ses énormes réserves d’hydrocarbures. Les planificateurs stratégiques US sont obsédés par la crainte que se constitue un bloc formé par la Russie, la Chine, l’Iran et les pays d’Asie centrale (avec éventuellement le Japon), qui pourraient se rassembler économiquement et passer des accords dans le domaine energétique. Ce bloc pourrait briser la mainmise US et occidentale sur le marché mondial du pétrole et du gaz et créer la base pour un changement de pouvoir en faveur de l’Orient. Actuellement, la Chine, dont l’économie connaît la croissance la plus rapide du monde, manque de sécurité énergétique, même si sa demande en énergie fossile est en croissance rapide. Elle est en train d’essayer de résoudre partiellement ce problème en augmentant son approvisionnement énergétique à partir de l’Iran et des pays d’Asie centrale. Les tentatives US récentes d’établir une alliance plus forte avec l’Inde, dont Washington a favorisé l’accès au statut de puissance nucléaire, font clairement partie du Nouveau Grand Jeu pour le contrôle du sud de l’Asie centrale – ce qui évoque le Grand jeu entre la Russie et l’Angleterre au XIXème siècle pour le contrôle de cette partie de l’Asie.11

Dans sa propagande –il faudrait dire plutôt son marketing – le Pentagone diffuse des images tendant à étayer son argument principal : les armées US en Afrique font du travail humanitaire et d’aide au développement. Voici quelques-unes des photos diffusées sur le site e l’ United States European Command USEUCOM et prises généralement par des militaires chargés des « affaires publiques » ou de la « communication de masse »
Un soldat de la 10ème Division de montagne assure la sécurité d’une opération de vaccination du bétail menée par le 478ème Bataillon des Affaires civiles (Opérations spéciales) à Dire Dawa, en Éthiopie.
Village de tentes et latrines bâtis par le 5ème Bataillon de construction navale mobile du Génie maritime à Dire Dawa pour venir en aide aux populations frappées par la sécheresse.Tombouctou, Mali : des membres du 1er Bataillon du 10ème Groupe aéroporté de forces spéciales et des membres de l’armée malienne au cours d’une manœuvre conjointe en novembre 2006.
Le capitaine Kevin Donohue (dr.), 443ème bataillon des Affaires civiles de l’Armée de terre, forme des militaires et responsables muincipaux maliens à « l’évaluation efficace des besoins de leur ville », dans le cadre d’une manoeuvre dite « d’aide humanitaire » en mai 2006

La nouvelle course à l’Afrique
S’il y a un Nouveau Grand Jeu en cours en Asie, il y a aussi une nouvelle “Course à l’Afrique” de la part des grandes puissances.12 The National Security Strategy of the United States de 2002 déclarait que le “combat contre le terrrorisme mondial” et la nécessité d’assurer la sécurité énergétique des USA requéraient des USA qu’ils augmentent leur engagement en Afrique et appelaient à une « coalition volontaire » pour établir des arrangements sécuritaires sur ce continent. Peu après, le Commandement US d’Europe, basé à Stuttgart, en Allemagne —et chargé des opérations militaires U.S. en Afrique subsaharienne —a augmenté ses activités en Afrique de l’Ouest, se centrant sur les pays ayant d’importantes productions ou réserves de pétrole dans ou autour du Golfe de Guinée (en gros de la Côte d’Ivoire à l’Angola). Le Commandement militaire US pour l’Europe consacre maintenant 70% de son temps aux affaires africaines, alors qu’elles avaient une part insignifiante encore en 2003.13
Comme l’a remarqué Richard Haass, actuellement président du Conseil sur les Relations étrangères, dans sa préface au rapport publié par le Conseil en 2005 sous le titre Plus que de l’humanitarisme : une approche stratégique US de l’Afrique [More Than Humanitarianism: A Strategic U.S. Approach Toward Afric]a: “À la fin de la décennie, l’Afrique subsaharienne est susceptible de devenir une source d’importations énergétiques US aussi importante que le Moyen-Orient.»14 L’Afrique de l’Ouest dispose de quelques 60 milliards de barils de réserves pétrolières avérées. Son pétrole, à faible teneur en soufre, est un brut doux fort apprécié par l’économie US. Les agences et les boîtes à idées US prévoient qu’un baril de pétrole sur cinq entrant dans le circuit économique mondial dans la deuxième moitié de cette décennie viendra du Golfe de Guinée et que la part provenant du Golfe de Guinée dans les importations US passera de 15 à 20 % en 2010 et à 25% en 2015. Le Nigeria fournit déjà 10% du pétrole importé par les USA. L’Angola en fournit 4% et sa part devrait doubler d’ici la fin de la décennie. La découverte d e nouvelles réserves e l’expansion de la production pétrolière sont en train de faire d’autres pays de la région des exportateurs importants de pétrole, notamment la Guinée équatoriale, São Tomé et Principe, le Gabon, le Cameroun et le Tchad. La Mauritanie deviendra un exportateur de pétrole en 2007. Le Soudan, limité par la Mer rouge à l’Est et le Tchad à l’Ouest, est un important producteur de pétrole.
À l’heure actuelle, la principale base militaire permanente US en Afrique est celle établie à Djibouti, dans la Corne de l’Afrique, qui permet aux USA le contrôle stratégique de la route maritime qu’emprunte un quart de la production pétrolière mondiale. La base de Djibouti est aussi à proximité du pipeline soudanais (les militaires françaises ont depuis longtemps une présence militaire importante à Djibouti ainsi qu’une base aérienne à Abéché, au Tchad, près de la frontière soudanaise). La base de Djibouti permet aux USA de dominer l’extrémité orientale de la vaste bande pétrolière traversant l’Afrique, qui est désormais considérée comme vitale pour leurs intérêts stratégiques — une vaste bande allant du pipeline Higleig-Port Soudan (1600 km) dans le sud-est au pipeline Tchad-Cameroun (1000 km) et au Golfe de Guinée dans l’Ouest. Un nouveau poste d’opérations avancées en Ouganda donne aux USA la possibilité de contrôler le sud-Soudan, où se trouve la plus grosse patrie du pétrole soudanais.
En Afrique de l’Ouest, le Commandement militaire US pour l’Europe a désormais établi des postes d’opérations avancées au Sénégal, au Mali, au Ghana et au Gabon—ainsi qu’en Namibie, à la frontière avec l’Angola, au Sud – qui impliquent l’amélioration de pistes aériennes, le stockage de réserves essentielles et de carburant ainsi que des accords (avec les gouvernements locaux) permettant le déploiement rapide de troupes US.15 En 2003 a été lancé un programme de contreterrorisme en Afrique de l’Ouest et en mars 2004, des Forces spéciales US ont été directement engagées dans une opération militaire avec des pays du Sahel contre le groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), qui figure sur la liste des organisations terroristes dressée par Washington. Le Commandement US pour l’Europe es en train de développer un programme de sécurité côtière dans le Golfe de Guinée appelé la Garde du Golfe de Guinée. Il prévoit aussi la construction d’une base militaire navale US à São Tomé et Principe, qui selon, le Commandment US, pourrait rivaliser avec la base navale de Diégo Garcia dans l’Océan indien. Le Pentagone est donc est en train de se mouvoir agressivement pour établir une présence militaire dans le Golfe de Guinée qui permettra le contrôle de la partie occidentale de la route transafricaine du pétrole et les réserves vitales de pétrole qui y ont été découvertes. L’Opération Flintlock (“Pistolet à pierre”), une manoeuvre militaire de mise en route, a impliqué en 2005 1000 membres des Forces spéciales US. L’été prochain (2006), le Commandement pour l’Europe va conduire des manœuvres de sa nouvelle force de réaction rapide pour le Golfe de Guinée.
Ici, les canons suivent le commerce : les grandes entreprises pétrolières US et occidentales sont prises dans une course au pétrole ouest-africain et réclament de la sécurité. Selon le Wall Street Journal du 25 avril 2006, le Commandement militaire US pour l’Europe est en train de travailler avec la Chambre de Commerce US pour étendre l’emprise des entreprises US en Afrique dans le cadre d’une « réponse US intégrée ». Dans cette course économique aux ressources pétrolières africaines, les anciennes puissances coloniales, la Grande-Bretagne et la France, sont en compétition avec les USA. Mais sur le plan militaire, elles collaborent étroitement avec les USA pour assurer le contrôle impérial occidental sur la région.
L’escalade de la présence militaire US en Afrique est fréquemment justifiée par la nécessité de combattre le terrorisme et de contrer une instabilité croissante dans la région pétrolière de l’Afrique subsaharienne. Depuis 2003 le Soudan a été ravagé par une guerre civile et un conflit ethnique concentrés dans la région du Darfour, au sud-ouest (où se trouve une grande partie du pétrole soudanais), qui ont donné lieu à d’innombrables violations des droits humains et des massacres par des milices liées au gouvernement de populations de la région. Des tentatives de coups d’État ont eu lieu dans les nouveaux pétro-États de São Tomé et Principe (2003) e de Guinée équatoriale (2004). Le Tchad, dirigé par un régime brutalement oppressif protégé par un appareil de sécurité et de renseignements appuyé par les USA, a aussi vécu une tentative de coup d’État en 2004. Un coup d’État réussi a eu lieu en 2005 en Mauritanie contre l’homme fort soutenu par les USA Maaouiya Ould Taya. En Angola, la guerre civile a duré trois décennies – provoquée et alimentée par les USA, qui, avec l’Afrique du sud, ont organisé l’armée terroriste dirigée par l’UNITA de Jonas Savimbi – jusqu’au cessez-le-feu qui a suivi la mort de Savimbi en 2002. Au Nigeria, pays hégémonique dans la région, règnent la corruption, les révoltes et le vol organise de pétrole, avec des parts considérables de la production pétrolière du delta du Niger qui sont siphonnées – jusqu’à 300 000 barils par jour au début de 2004.16 L’apparition d’une insurrection armée dans le delta du Niger et le conflit potentiel entre le Nord musulman et Sud non musulman sont des sources majeures d’inquiétude US.
Il y a donc des appels incessants, avec un flot de justifications douteuses, à des « interventions humanitaires » US en Afrique. Le rapport du Conseil pour les Relations étrangères More than Humanitarianism insiste sur le fait que “les USA et leurs alliés doivent être prêts à prendre les mesures appropriées pour agir » au Darfour, au Soudan, « y compris des sanctions et, si nécessaire, une intervention militaire, si le Conseil de sécurité est bloqué pour le faire. » Parallèlement, l’idée que les militaires US pourraient être amenés avant longtemps à intervenir au Nigeria a été fortement agitée parmi les sommités et dans les cercles d’experts. Le correspondant de l’Atlantic Monthly Jeffrey Taylor écrivait en avril 2006 que le Nigeria était devenu “le plus grand État failli sur terre”, et qu’une poursuite de la déstabilisation de cet État ou son passage sous la coupe de forces islamiques radicales mettrait en danger « les importantes réserves pétrolières que l’Amérique a juré de protéger. Si ce jour devait arriver, cela donnerait le signal d’une intervention militaire bien plus massive que la campagne d’Irak. » 17
Mais les adeptes de la grande stratégie US s’accordent à penser que les vrais enjeux ne son pas les pays africains en soi et le bien-être de leurs populations, mais le pétrole et la présence croissante de la Chine en Afrique. Comme le Wall Street Journal l’a écrit dans “L’Afrique émerge comme champ de bataille stratégique” (“Africa Emerges as a Strategic Battlefield”), « La Chine a fait de l’Afrique une ligne de front dans sa recherche d’une plus grande influence mondiale, triplant son commerce avec le continent , qui est passé à $37 milliards ces cinq dernières années, verrouillant les ressources énergétiques, concluant des accords commerciaux avec des régimes comme celui du Soudan et éduquant les futures élites africaines dans les universités et écoles militaires chinoises » Dans More than Humanitarianism, le Conseil pour les relations étrangères décrit le menace principale comme venant de la Chine: “La Chine a altéré le contexte stratégique en Afrique. À travers toute l’Afrique, aujourd’hui, la Chine est en train d’acquérir le contrôle sur des ressources naturelles, éliminant les fournisseurs occidentaux des principaux projets de construction d’infrastructures et fournissant des prêts à bas taux et autres stimulants pour améliorer son avantage dans la compétition. »18 La Chine importe plus d’un quart de son pétrole d’Afrique, en premier lieu d’Angola, du Soudan et du Congo. Elle est le premier investisseur étranger au Soudan. Elle a fourni au Nigeria d’importantes subventions pour augmenter son influence et lui a vendu des avions de chasse. La plus grande menace, du point de vue des grands stratèges US, est venue du prêt à bas taux de 2 milliards de $ à l’Angola en 2004, qui a permis à l’Angola de résister aux exigences du FMI qu’il remodèle son économie et sa société selon des critères néolibéraux.
Pour le Conseil pour les relations étrangères , tout cela ne fait qu’aggraver la menace qui pèse sur le contrôle impérialiste occidental de l’Afrique. Vu le rôle de la Chine, écrit le Conseil dans son rapport, « les USA et l’Europe ne peuvent pas considérer l’Afrique comme leur chasse gardée, comme les Français voyaient autrefois l’Afrique francophone. Les règles sont en train de changer dans la mesure où la Chine cherche non seulement à accéder aux ressources, mais aussi à contrôler la production et la distribution de ressources, et peut-être même à se positionner pour obtenir un accès prioritaire à ces ressources, qui deviennent plus rares ». La rapport du Conseil sur l’Afrique est tellement soucieux de combattre la Chine par le biais de l’expansion militaire US dans la région qu’il fait appel à nul autre que Chester Crocker, ancien secrétaire d’État adjoint aux Affaires africaines de l’administration Reagan , qui exprime sa « nostalgie mélancolique pour l’époque où les USA où l’Occident étaient les seuls puissances influentes et pouvaient poursuivre leurs… objectifs avec les mains libres. »19
Ce qui est certain, c’est que l’Empire US s’est élargi à des parties de l’Afrique dans sa recherche rapace de pétrole. Il pourrait en résulter des ravages pour les peuples africains. Comme la vieille course à l’Afrique, cette nouvelle course est une lutte entre grandes puissances pour les richesses et le pillage – pas pour le développement de l’Afrique ou le bien-être de ses populations.

Une grande stratégie d’élargissement
Malgré l’évolution rapide du contexte stratégique et le passage à un impérialisme plus nu ces dernières années, il y a une cohérence et une continuité dans la grande stratégie impériale US, qui provident du large consensus qui règne au sommet de la structure de pouvoir sur l”idée que les USA doivent rechercher la “suprématie mondiale”, comme l’a exprimé Zbigniew Brzezinski, l’ancien Conseiller à la sécurité nationale du président Jimmy Carter. .20
La rapport du Conseil pour les Relations étrangères de 2006, More Than Humanitarianism…, qui soutient l’idée d’élargir la grande stratégie US pur englober l’Afrique, a été coprésidé par Anthony Lake, Conseiller à la sécurité nationale de Clinton de 1993 à 1997 et Christine Todd Whitman, ancienne chef d’Agence de protection de l’environnement sous Bush. Comme Conseiller à la sécurité nationale de Clinton, Lake a joué un rôle clé dans la définition de la grande stratégie US de l’administration Clinton. Dans un discours intitulé “From Containment to Enlargement,” (“De l’endiguement à l élargissement ») fait à la School of Advanced International Studies de la Johns Hopkins University le 21 Septembre 2003, il a déclaré qu’après l’effondrement de l’Union soviétique, les USA étaient le « pouvoir dominant (mondial)…Nous avons l’armée la plus forte du monde, sa plus grande économie, sa société multiethnique la plus dynamique…Nous avons endigué un menace mondiale qui pesait sur les économies de marché. Maintenant, nous devons chercher à élargir leur portée. Ce qui doit succéder à la doctrine de l’endiguement, c’est une stratégie du débordement.”
En d’autres termes, cela signife une expansion de la sphère du capitalisme mondial sous le parapluie militaro-stratégique US. Les ennemis en chef de ce nouvel ordre mondial étaient caractérisés par Lake comme les « États du retour de bâton », particulièrement l’Irak et l’Iran. L’insistance de Lake, au début de l’ère Clinton, sur une “grande stratégie d’élargissement” pour les USA a été réalisée aujourd’hui par l’élargissement du rôle des mlitaires US non seulement en Asie centrale et au Moyen-Orient, mais aussi en Afrique.21
La grande stratégie impériale US est moins le produit d’une politique définie à Washington par telle ou telle aile de la classe dominante U.S que le résultat inévitable de la position de puissance dans laquelle le capitalisme US se retrouve en ce début de XXIème siècle. La force économique US (avec celle de ses alliés les plus proches) connaît un déclin constant. Les grandes puissances ne sont pas susceptibles d’avoir les mêmes rapports économiques entre elles qu’il y a deux décennies. Parallèlement, la puissance militaire US a augmenté relativement avec la disparition de l’Union soviétique. Les USA contribuent à environ la moitié de toutes les dépenses militaires de la planète – une proportion deux fois supérieure à leur part de la production mondiale.
Le but de la nouvelle grande stratégie impériale US est d’utiliser cette force militaire sans précédent pour prévenir l’émergence de forces historiques nouvelles en créant une sphère de domination tous azimuts telle – qui englobe maintenant tous les continents – qu’aucun rival potentiel ne sera en mesure de défier les USA pour des décennies. Il s’agit d’une guerre contre les peuples de la périphérie du monde capitaliste et pour l’expansion du capitalisme mondial, en particulier US. Mais c’est aussi une guerre pour assurer le “Nouveau siècle américain”, dans lequel les nations du tiers monde sont vues comme des “ressources stratégiques” dans le cadre d’une lutte géopolitique plus vaste.
Les leçons d l’histoire sont claires : les tentatives d’obtenir la domination sur le monde par des moyens militaires, quoiqu’inévitables sous le capitalisme, sont destinées à échouer et ne peuvent que conduire à de nouvelles guerres plus grandes. Il est de la responsabilité de ceux qui sont engagés pour la paix mondiale de résister à la nouvelle grande stratégie impériale US en remettant en cause l’impérialisme et sa racine économique : le capitalisme lui-même.
Notes
1. La vision de Hass est étudiée dans John Bellamy Foster, “‘Imperial America’ and War,” Monthly Review 55, no. 1 (May 2003): 1–10; Project for the New American Century, Rebuilding America’s Defenses (September 2000), http://www.newamericancentury.org/.
2. Stephen Peter Rosen, “The Future of War and the American Military,” Harvard Magazine 104, no. 5 (May–June 2002): 29–31.
3. John Lewis Gaddis, “A Grand Strategy of Transformation,” Foreign Policy (November/December 2002): 50–57.
4. Clausewitz cité in Paul Kennedy, ed., Grand Strategies in War and Peace (New Haven: Yale University Press, 1991), 1.
5. Edwin R. Earle, ed., Makers of Modern Strategy (Princeton: Princeton University Press, 1948); B. H. Liddel Hart, Strategy (New York: Praeger, 1967); Kennedy, ed., Grand Strategies, 1–4.
6. James J. Hentz, ed., The Obligation of Empire: United States’ Grand Strategy for a New Century (Lexington, Kentucky: University of Kentucky Press, 2004).
7. Ivo H. Daalder & James M. Lindsay, America Unbound (Hoboken, New Jersey: John Wiley and Sons, 2005), 4–5, 40–41, 194.
8. V. I. Lenin, Imperialism, the Highest Stage of Capitalism (New York: International Publishers, 1939), 119.
9. Richard B. Du Boff, “U.S Empire,” Monthly Review 55, no. 7 (December 2003): 1–2; Dominic Wilson & Roopa Purshothaman, “Dreaming with BRICs,” Goldman Sachs Global Economics Paper, no. 99 (October 1, 2003), 4, http://www.gs.com/
10. Robert J. Art, A Grand Strategy for America (Ithaca: Cornell University Press, 2003), 1–11.
11.
Mercredi 14 Mars 2007
John Bellamy Foster
 
 

 
mardi 13 mars 2007
  "C'est une injure à l'intelligence !"

Affaire ULB/Tariq Ramadan

Philippe Moureaux :

« C'est une injure à l'intelligence ! »

- Cette interview datée du 5 mars 2007 a été refusée par Le Soir -
Suite au refus du recteur de l'ULB, Philippe Vincke, d'autoriser l'islamologue Tariq Ramadan à participer à un débat contradictoire au sein de l'Université bruxelloise, beaucoup ont réagi. Sauf le monde politique, très prudent sur une affaire plus qu'embarrassante. Vice-président du PS, professeur honoraire, membre du CA de l'ULB et bourgmestre de Molenbeek - commune bruxelloise à forte population arabo-musulmane -, Philippe Moureaux a le courage de sortir du bois. Interview.
Par Olivier Mukuna (*)
Quel est votre sentiment sur la polémique née de l'interdiction de débat faite à Tariq Ramadan par l'Université Libre de Bruxelles (ULB) ?
Philippe Moureaux : Mon sentiment, c'est une grande incompréhension dans ce qui me paraît être à la fois une erreur et une faute. Pour une Université qui se réclame du libre examen, refuser la parole à quelqu'un me paraît difficilement compréhensible. A l'exception, bien entendu, des cas qui relèvent de personnes qui dispensent des discours racistes. Mais en l'occurrence, je pense qu'il s'agit d'une forme d'injure à l'intelligence que de refuser de discuter avec M. Ramadan. C'est une personne que j'ai déjà eu l'occasion d'entendre. J'ai assisté à une conférence qu'il donnait dans une salle du centre de Bruxelles devant une assemblée composée essentiellement de personnes de confession musulmane. J'ai trouvé son discours - qui n'est pas le mien - intéressant et celui-ci mérite vraiment débat. En conséquence, je suis attristé par ce qui vient de se passer dans mon Université.
Par son discours et son positionnement, Tariq Ramadan sort-il du cadre démocratique ?
P.M : Pas du tout ! Je n'ai jamais eu cette impression. Au contraire, je l'ai entendu défendre l'idée de l'intégration sociale et politique des populations musulmanes, désormais installées de façon assez importante en Europe. Vous savez, je le déplore, mais l'islamophobie est assez à la mode dans certains milieux intellectuels. C'est le racisme des riches.
Vendredi dernier, Ramadan a été invité à débattre aux Facultés universitaires Saint-Louis au sujet de la « femme musulmane ». A cette occasion, l'islamologue genevois a rappelé qu'il condamne la lapidation, les châtiments corporels et la peine de mort …
P.M : Voilà une belle démonstration ! Je pense que c'est affligeant pour l'ULB que ce soit les Facultés Saint-Louis qui, elles, acceptent le dialogue, en leurs murs, entre un membre de l'ULB (Dan Van Raemdonck, ndlr) et Tariq Ramadan. Je ne peux que répéter qu'il s'agit là, dans le chef de l'ULB, d'une injure à l'intelligence. J'en suis très malheureux.
Avez-vous eu des contacts avec les autorités académiques de l'ULB ?
P.M : Non. Je n'ai eu aucun contact avec les autorités, parce que cela n'est pas directement de mon ressort.
Comment cette affaire est-elle perçue au sein de votre commune de Molenbeek et plus généralement dans la population belgo-musulmane ?
P.M : Cela va être très mal perçu. Cette affaire sera perçue comme un acte supplémentaire d'hostilité à l'égard de populations qui, dans leur immense majorité, ne souhaitent qu'une chose : vivre dans la paix et l'harmonie avec leur pays d'accueil ou le pays dans lequel elles sont nées. Pour ces personnes, la Belgique est leur pays, point à la ligne !
Vous êtes à l'origine de la loi Moureaux (1981) réprimant les actes de racisme et de xénophobie en Belgique. Cette affaire relève-t-elle d'une islamophobie sournoise voire d'un racisme anti-arabe ?
P.M : Je pense que le profil des personnes qui vont dans le sens de cette interdiction sont très différents. Il y en a qui sont de bonne foi parce qu'ils ont été influencés par cette campagne anti-musulmane qui bat son plein dans les médias. Par contre, il y en a d'autres qui s'inscrivent effectivement dans des formes sournoises de discrimination. Les deux aspects existent et c'est toujours très difficile de démêler. Sur cette affaire, on ne peut pas dire de but en blanc qu'il s'agit de racisme pur. Je crois que c'est beaucoup plus complexe.
Tariq Ramadan estime que ses positions critiques à l'égard du gouvernement israélien expliquent l'hostilité que lui vouent certains intellectuels. Qu'en pensez-vous ?
P.M : Je crains qu'il ait raison …
Il y a plusieurs mois, la RTBF diffusait un numéro de Question à la Une portant sur « l'Islam radical » en Belgique et en France. Vous y étiez brièvement interviewé. Avez-vous vu l'émission et qu'en avez-vous pensé ?
P.M : Je ne l'ai pas vue, mais on m'en a parlé. On m'a confié qu'elle faisait malheureusement partie de ces campagnes anti-musulmanes dont je viens de vous parler. Ce genre d'émission est très significatif : ils sont venus m'interroger dans mon bureau pendant une demi-heure et ils en ont diffusé trente secondes. Etant donné que je tenais un discours d'ouverture, ça ne les intéressait pas …
(*) Journaliste indépendant.
Mardi 13 Mars 2007
Olivier Mukuna
http://acteursdeterrain.canalblog.com/archives/2007/03/11/4272079.html
 
lundi 12 mars 2007
  La junte d'Alger persiste dans sa "sale guerre" contre le peuple
ASSASSINAT DE DEUX JEUNES A KAIS

Les gendarmes tuent encore!

Djamaladine Benchenouf,

10 mars 2007


Les gendarmes continuent de tuer ! Ils viennent d’assassiner deux jeunes Algériens à Kaïs. Belhafsi Sofiane et Belaamri Fateh, ont été fauchés en pleine jeunesse par des criminels en uniforme.Ils ont tué le premier qui était à bord d’un véhicule qu’ils avaient pris en chasse et qu’ils auraient pu immobiliser par d’autres moyens, sans être obligés de recourir à des tirs ciblés pour tuer. Puisqu’ils disposaient d’un véhicule plus rapide et que l'interception se faisait en terrain dégagé. Les occupants de celui qu’ils poursuivaient n’étaient pas armés et ils ne représentaient aucun danger pour eux ! Le jeune qu’ils ont touché mortellement n’était même pas au volant et se trouvait à l’arrière du véhicule.Ils ont tué le deuxième, alors que celui-ci, un ami intime de la victime, accompagnait une foule nombreuse de jeunes qui avaient assailli la brigade de Gendarmerie, au lendemain du crime, pour exprimer leur colère, leur exaspération contre des bandits en uniforme qui ont fait main basse sur leur petite ville et qui tuent leurs frères. Les gendarmes qui disent avoir utilisé des balles en caoutchouc, pour protéger leurs familles soutiennent ils malgré la mort de ce jeune homme, ont tiré à balles réelles pourtant. Tiré pour tuer ! Si la foule présentait une véritable menace pour leurs familles, comment expliquer que plus de trois cent jeunes en colère n’aient pas investi les lieux, pourtant très accessibles. Le fait est que le gendarme qui a tiré à balle réelle, a visé une cible et qu’il a tiré froidement, pour tuer. Les gendarmes sont de très bons tireurs. Ils peuvent viser les jambes ou les pneus. Ils préferent cibler la tête ou les organes vitaux.L’explication en est d’abord que les gendarmes, censés tous être des officiers de Police Judiciaire, dûment assermentés, sont pourtant formés à l’emporte pièce. Non pas pour faire face à des situations extrêmes et ne jamais perdre leur sang froid, mais pour réprimer toute velléité de la population. Leur perception de la foule a été forgée de façon à leur désigner tout mouvement de la population comme une menace qu’il faut briser par tous moyens. Tout manifestant est pour eux une cible permise. Ils savent qu’ils peuvent tuer. On le leur a inculqué. D’autant que les gendarmes de Kaïs ont avec sa population une relation très particulière. C’est pour cela que les deux jeunes de Kaïs sont morts ! Parce que le Darak El Watani porte en lui le réflexe d’une force de répression, parce que le gendarme est assuré de l’impunité et parce pour lui tous les jeunes sont des trabendistes qui doivent payer la dîme.L’assassinat du jeune Germah Massinissa qui a enflammé toute la Kabylie, qui a eu des conséquences tragiques sur toute la région des années durant, et qui continue d’en avoir, qui a fait germer dans le cœur de nombreux Kabyles jusqu’au désir de se séparer de l’Algérie, aurait pu servir d’exemple. Un Etat attaché à la sauvegarde du pays et de sa cohésion aurait pris toutes les dispositions pour que pareille tragédie ne se reproduise plus. Ce fut loin d’être le cas. Le pouvoir instrumenta lui-même la colère des gens. Il fomenta le départ de tous les gendarmes de la Kabylie. Non pas pour se soumettre à la volonté de la population, comme il le laissait croire, mais pour la punir et l’abandonner à son propre sort. Comme pour lui dire : « Ou tu acceptes qu’on tue tes enfants sans broncher, comme le reste des Algériens, où on instaure la pagaille chez toi ! »Entre temps, la gendarmerie, encore pire que les autres Corps de sécurité, continuait de se consacrer à ses activités favorites : la corruption, le racket, l’extraction de fonds, la gestion du trabendo. A Kaïs, les gendarmes se sont toujours distingués pour leur forte implication dans ces trafics. Toute la population garde en mémoire de nombreux cas qui ont failli mettre le feu à la poudrière. Des scandales à répétition. Sans répercussion aucune pour les gendarmes qui ont en été les auteurs. A Kaïs, ces « auxiliaires de la justice » se sont toujours comportés en maillons incontournables de tous les trafics qui ont cours dans la région. Il faut savoir que la population de Kaïs, qui s’est particulièrement intensifié au cours des vingt dernières années, souffre d’un chômage endémique. Dans une région agricole vivrière très difficile à exploiter, dont le barrage qui date de la période coloniale, s’est lourdement envasé, et dont l’unique ressource, pour une population active dont le taux de chômage dépasse les 50%, est le Trabendo. Kaïs se trouve en effet sur l’axe du commerce informel à destination et en provenance de la Tunisie. Tout y transite : Cheptel ovin, denrées alimentaires, cigarettes de contrebande et Kif. La gendarmerie de Kaïs est fortement et notoirement impliquée dans le trafic. Elle y pratique un racket systématique sur tous les réseaux. On connaît même le cas de gendarmes qui tiennent des carnets où ils notent les montants que doivent leur verser les jeunes qui activent dans telle ou telle filière. Ils sont au courant de tout ce qui se passe, connaissent les chemins détournés, « vendent la route » aux trafiquants des autres régions qui transitent par leur « territoire », disposent d’indicateurs et de rabatteurs patentés. Ce sont des « protecteurs » qui pressurent les jeunes qui n’ont pas d’autre choix pour gagner leur vie. S’ils ont tiré sur le véhicule qui a pris la fuite, ce n’est pas parce qu’ils pensaient avoir affaire à des terroristes éventuels, mais parce qu’ils devaient, à ce moment, croire qu’un trabendiste voulait échapper à leur racket. S’ils ont tiré sur le deuxième, c’était pour mater une foule asservie qui osait relever la tête !
Tous les gendarmes ne sont pas ainsi. Certains sont restés honnêtes et tentent vaille que vaille de faire leur devoir dans les voies de l’honneur et en respect du serment qu’ils ont prêté. Ils ont d’autant plus de mérite qu'ils sont très mal vus par leurs collègues, dans ce corps où les seules valeurs qui ont cours sont celles du profit à tout prix, de la force brutale et de l’oppression. Les deux jeunes Algériens qui ont été assassinés, car c’est le mot, par ces brutes sanguinaires, viennent s’ajouter à la longue liste de leurs exactions. Les Algériens de cette région, comme celle du reste du pays, trop longtemps meurtris par ceux qui prétendent les protéger, sont dans l’expectative. Pour le moment, le temps est à la douleur. Kaïs enterre ses morts dans la pudeur et le recueillement. Mais les Algériens ne seront pas éternellement des hommes qu’on tue impunément !Djamaledine BENCHENOUF
Djamaldine BEN
 
  Encore des mensonges

Robert Baer, ancien espion de la CIA, publie son premier roman « En 2003, les Américains sont partis en guerre contre le mauvais pays » Robert Baer, ancien espion de la CIA, publie son premier roman
« En 2003, les Américains sont partis en guerre contre le mauvais pays »
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Par Ian Hamel

mercredi 7 mars 2007




Robert Baer, membre pendant vingt ans de la division des opérations clandestines de la CIA, a de la suite dans les idées. En 2003, il publiait un document intitulé « Or noir et Maison-Blanche », révélant que la bureaucratie de Washington cherchait davantage à se remplir les poches qu’à assurer la sécurité de ses concitoyens. En 2007, l’ancien espion sort son premier roman : « Et la maison s’envolera » (*). Le thème ? Des dignitaires américains seraient toujours en contact avec Oussama Ben Laden, ce qui leur permettrait de spéculer (et de s’enrichir) grâce aux attentats. Une bombe sur la plate-forme 4 de Ras Tanura en Arabie Saoudite et vos actions dans le pétrole prennent aussitôt l’ascenseur…
« Vous croyez que j’exagère ? Savez-vous comment nous surnommions Washington à l’intérieur de la CIA ? Nigeria-sur-Potomac. Nigeria, en référence à l’un des pays les plus corrompus de la planète, et Potomac, du nom de la rivière qui arrose la capitale américaine. La centrale américaine est malheureusement gangrenée par la corruption, en raison de ses liens trop étroits avec les grandes compagnies pétrolières », dénonce l’ancien espion, longtemps considéré « comme le meilleur homme de terrain du Moyen-Orient ». Robert Baer a passé deux décennies dans les endroits les plus exposés de la planète. Bien avant le 11 septembre 2001, au Liban, en Syrie ou en Irak, il a pu palper « la haine, une haine profonde, irréductible, pour les Etats-Unis », raconte-t-il. Ce qui lui a fait redouter, bien avant les autres, « une catastrophe imminente », qui ferait éclater « la bulle de l’innocence américaine ».
En février 2006, Robert Baer nous accordait une interview à l’occasion de la sortie à Paris du film « Syriana », inspiré de son livre « La chute de la CIA ». Aujourd’hui, il répond à nos questions pour la sortie en français de « Et la maison s’envolera ». Certes, il s’agit d’un “thriller“, mais l’ancien espion américain traite toujours du même sujet : les ambiguïtés américaines dans la lutte contre le terrorisme. Le livre raconte l’histoire d’une étrange photo, découverte dans les archives de la CIA. Oussama Ben Laden pose au milieu, entouré de quatre autres personnes, parmi elles, un Occidental dont la tête a été soigneusement découpée. Quel est ce mystérieux personnage si proche du fondateur d’Al-Qaïda ? Le cliché a été pris dans un jardin, à Peshawar, au Pakistan. Malheureusement, tous ceux qui s’intéressent à cette image finissent de mort violente. Max Weller, le héros, agent chevronné de la CIA, est lui-même suspendu de ses fonctions. Il finit malgré tout par découvrir l’horrible vérité : des agents secrets américains n’ont pas coupé les ponts avec Oussama Ben Laden. Ils engrangent des millions de dollars en spéculant sur les attentats. Il s’agit bien évidemment d’un roman. Mais Robert Baer continue d’appuyer où cela fait mal : l’incompétence et la malhonnêteté du pouvoir américain.
Ne noircissez-vous pas exagérément la CIA ?
Pendant longtemps j’ai été innocent et je croyais ce que disait la CIA. J’en étais le responsable en Irak du Nord, dans le Kurdistan. Je savais qu’il n’y avait pas d’armes de destruction massive. Washington savait pertinemment que Bagdad ne représentait pas une menace pour elle. Cela ne l’a pas empêché de partir en guerre contre ce pays, de l’envahir, de le détruire, de provoquer la mort de milliers de personnes innocentes.
Un reportage réalisé par des journalistes français en Afghanistan affirme qu’à deux reprises des soldats français auraient pu tuer ou capturer Oussama Ben Laden, mais que le commandement américain les en aurait empêché. Est-ce possible ?
Oui. La CIA a eu elle aussi plusieurs occasions d’éliminer Oussama Ben Laden. Elle ne l’a pas fait car les Etats-Unis ont tout intérêt à le conserver vivant. Al-Qaïda va être enrôlée, aux côtés de l’Arabie saoudite, dans la prochaine guerre que l’Amérique compte déclencher contre l’Iran.
Dans votre roman, l’argent amassé par un espion américain corrompu passe par Genève. Cela ne fait-il pas un peu trop cliché ? Dubaï, Nicosie ou Nassau ne sont-ils pas des paradis fiscaux plus efficaces pour blanchir de l’argent ?
C’est vrai, mais je constate que les personnes corrompues liées à la CIA continuent d’utiliser les banques suisses et des avocats d’affaires suisses. Les Etats-Unis accordent une très grande importance à Genève, siège européen des Nations Unies. Il suffit de voir la taille de leur ambassade et de comptabiliser leurs effectifs. N’oubliez pas que le pétrole est le nerf de la guerre. En laissant traîner ses oreilles dans les palaces au bord du lac Léman, fréquentés par les princes et les hommes d’affaires du Golfe, on y apprend plus de secrets sur le Moyen-Orient que dans la plaine de la Bekaa.
Où avez-vous appris le français ?
J’avais 9 ans quand ma mère a divorcé. Nous avons quitté la Californie pour vivre quelque temps en Suisse. Depuis, je me débrouille à la fois en allemand et en français. De plus, j’ai une maison à Nuits-Saint-Georges, en Bourgogne, pas très loin de Beaune, entourée d’un hectare de vigne.
Que faites-vous aujourd’hui ?
J’écris de temps en temps pour « Time Magazine » et « Vanity Fair », je collabore à la chaîne britannique Channel Four. Pour mon deuxième roman, je m’inspire d’une histoire vraie : le meurtre de toute une famille de Russes en France dans les années 90.
(*) « … ET la maison s’envolera », Robert Baer, JC Lattès, 326 pages.
Propos recueillis par Ian Hamel
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Robert Baer, membre pendant vingt ans de la division des opérations clandestines de la CIA, a de la suite dans les idées. En 2003, il publiait un document intitulé « Or noir et Maison-Blanche », révélant que la bureaucratie de Washington cherchait davantage à se remplir les poches qu’à assurer la sécurité de ses concitoyens. En 2007, l’ancien espion sort son premier roman : « Et la maison s’envolera » (*). Le thème ? Des dignitaires américains seraient toujours en contact avec Oussama Ben Laden, ce qui leur permettrait de spéculer (et de s’enrichir) grâce aux attentats. Une bombe sur la plate-forme 4 de Ras Tanura en Arabie Saoudite et vos actions dans le pétrole prennent aussitôt l’ascenseur…
« Vous croyez que j’exagère ? Savez-vous comment nous surnommions Washington à l’intérieur de la CIA ? Nigeria-sur-Potomac. Nigeria, en référence à l’un des pays les plus corrompus de la planète, et Potomac, du nom de la rivière qui arrose la capitale américaine. La centrale américaine est malheureusement gangrenée par la corruption, en raison de ses liens trop étroits avec les grandes compagnies pétrolières », dénonce l’ancien espion, longtemps considéré « comme le meilleur homme de terrain du Moyen-Orient ». Robert Baer a passé deux décennies dans les endroits les plus exposés de la planète. Bien avant le 11 septembre 2001, au Liban, en Syrie ou en Irak, il a pu palper « la haine, une haine profonde, irréductible, pour les Etats-Unis », raconte-t-il. Ce qui lui a fait redouter, bien avant les autres, « une catastrophe imminente », qui ferait éclater « la bulle de l’innocence américaine ».
En février 2006, Robert Baer nous accordait une interview à l’occasion de la sortie à Paris du film « Syriana », inspiré de son livre « La chute de la CIA ». Aujourd’hui, il répond à nos questions pour la sortie en français de « Et la maison s’envolera ». Certes, il s’agit d’un “thriller“, mais l’ancien espion américain traite toujours du même sujet : les ambiguïtés américaines dans la lutte contre le terrorisme. Le livre raconte l’histoire d’une étrange photo, découverte dans les archives de la CIA. Oussama Ben Laden pose au milieu, entouré de quatre autres personnes, parmi elles, un Occidental dont la tête a été soigneusement découpée. Quel est ce mystérieux personnage si proche du fondateur d’Al-Qaïda ? Le cliché a été pris dans un jardin, à Peshawar, au Pakistan. Malheureusement, tous ceux qui s’intéressent à cette image finissent de mort violente. Max Weller, le héros, agent chevronné de la CIA, est lui-même suspendu de ses fonctions. Il finit malgré tout par découvrir l’horrible vérité : des agents secrets américains n’ont pas coupé les ponts avec Oussama Ben Laden. Ils engrangent des millions de dollars en spéculant sur les attentats. Il s’agit bien évidemment d’un roman. Mais Robert Baer continue d’appuyer où cela fait mal : l’incompétence et la malhonnêteté du pouvoir américain.
Ne noircissez-vous pas exagérément la CIA ?
Pendant longtemps j’ai été innocent et je croyais ce que disait la CIA. J’en étais le responsable en Irak du Nord, dans le Kurdistan. Je savais qu’il n’y avait pas d’armes de destruction massive. Washington savait pertinemment que Bagdad ne représentait pas une menace pour elle. Cela ne l’a pas empêché de partir en guerre contre ce pays, de l’envahir, de le détruire, de provoquer la mort de milliers de personnes innocentes.
Un reportage réalisé par des journalistes français en Afghanistan affirme qu’à deux reprises des soldats français auraient pu tuer ou capturer Oussama Ben Laden, mais que le commandement américain les en aurait empêché. Est-ce possible ?
Oui. La CIA a eu elle aussi plusieurs occasions d’éliminer Oussama Ben Laden. Elle ne l’a pas fait car les Etats-Unis ont tout intérêt à le conserver vivant. Al-Qaïda va être enrôlée, aux côtés de l’Arabie saoudite, dans la prochaine guerre que l’Amérique compte déclencher contre l’Iran.
Dans votre roman, l’argent amassé par un espion américain corrompu passe par Genève. Cela ne fait-il pas un peu trop cliché ? Dubaï, Nicosie ou Nassau ne sont-ils pas des paradis fiscaux plus efficaces pour blanchir de l’argent ?
C’est vrai, mais je constate que les personnes corrompues liées à la CIA continuent d’utiliser les banques suisses et des avocats d’affaires suisses. Les Etats-Unis accordent une très grande importance à Genève, siège européen des Nations Unies. Il suffit de voir la taille de leur ambassade et de comptabiliser leurs effectifs. N’oubliez pas que le pétrole est le nerf de la guerre. En laissant traîner ses oreilles dans les palaces au bord du lac Léman, fréquentés par les princes et les hommes d’affaires du Golfe, on y apprend plus de secrets sur le Moyen-Orient que dans la plaine de la Bekaa.
Où avez-vous appris le français ?
J’avais 9 ans quand ma mère a divorcé. Nous avons quitté la Californie pour vivre quelque temps en Suisse. Depuis, je me débrouille à la fois en allemand et en français. De plus, j’ai une maison à Nuits-Saint-Georges, en Bourgogne, pas très loin de Beaune, entourée d’un hectare de vigne.
Que faites-vous aujourd’hui ?
J’écris de temps en temps pour « Time Magazine » et « Vanity Fair », je collabore à la chaîne britannique Channel Four. Pour mon deuxième roman, je m’inspire d’une histoire vraie : le meurtre de toute une famille de Russes en France dans les années 90.
(*) « … ET la maison s’envolera », Robert Baer, JC Lattès, 326 pages.
Propos recueillis par Ian Hamel
 
jeudi 8 mars 2007
 

 
  Le danger planetaire en mouvement
Vous avez aimé la guerre d’Irak ? Vous allez adorer la guerre d’Iran ! Vous avez aimé la guerre d’Irak ? Vous allez adorer la guerre d’Iran !
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Par Pascal Boniface

jeudi 8 mars 2007



Vous avez aimé la guerre d’Irak ? Vous allez adorer la guerre d’Iran ! Certes elle n’aura pas tout à fait la même forme. Ne rêvez pas d’une invasion massive, avec déploiement de troupes au sol et occupation militaire prolongée débouchant sur une guerre civile. Cela n’est pas possible. Même l’hyperpuissance américaine a des limites. Elle n’a pas – elle n’a plus – les moyens d’ouvrir un deuxième front de ce type. Il faudra vous contenter de frappes aériennes, de bombardements ciblés sur les sites nucléaires iraniens. Mais rassurez-vous, si le déroulement sera différent, le résultat devrait être tout aussi catastrophique et même sans doute bien davantage.
Qu’est-ce qui doit le plus étonner ou le plus choquer ? Que les mêmes personnes qui avaient plaidé en faveur de la guerre d’Irak, puissent sans vergogne au vu de la réussite de celle-ci appeler à mener des opérations militaires contre l’Iran ? Qu’ils le fassent avec les mêmes arguments : danger nucléaire, nécessité de stopper un régime dangereux et insupportable ? Que les mêmes « experts » qui nous disaient que l’Irak regorgeait d’armes de destruction massive, nous disent (et depuis plusieurs années), que l’Iran est à un an de l’arme nucléaire, sans que leur crédibilité ne soit mise en cause ? Qu’ils osent se draper dans une position morale tout en pratiquant le terrorisme intellectuel et diaboliser ceux qui pensent que la guerre n’est pas nécessairement le meilleur moyen de résoudre les problèmes politiques.
Que toute honte bue, ils se livrent à des amalgames douteux en comparant Ahmadinejad à Hitler – relativisant ainsi les crimes de ce dernier ? Quand vous entendez que l’on compare un dirigeant à Hitler, sachez que les préparatifs de guerre sont bien en cours. Ce type d’assimilation a été fait pour Nasser avant la guerre de Suez, pour Saddam avant la guerre du Golfe de 1990-1991 (mais pas pendant la guerre Irak-Iran), puis avant celle de 2003 (mais pas entre les deux), et enfin pour Milosevic avant la guerre du Kosovo. Aucun de ces personnages n’était un grand démocrate. Mais peut-on sérieusement les mettre dans le même sac qu’Hitler ? N’est-ce pas une offense à la mémoire des millions de victimes du nazisme ? Certains avaient même osé, avant qu’il soit assassiné par un extrémiste israélien, opéré la même scandaleuse assimilation pour Rabbin.
Il ne s’agit ni de nier le danger que représenterait un Iran nucléaire, ni d’accepter sans broncher les déclarations inadmissibles d’Ahmadinejad de voir Israël rayé de la carte ou la scandaleuse conférence révisionniste de Téhéran. L’IRIS, comme de nombreux think-tanks, a d’ailleurs décidé de rompre tout contact avec l’organisme qui avait organisé cette conférence. Ce n’est pas non plus que le recours à la force doive être systématiquement rejeté. Il est des cas où il demeure l’ultime recours. Ce fut le cas, à mon sens, contre l’Irak en 1991. Ce n’était pas le cas en 2003 et ce n’est pas le cas aujourd’hui vis-à-vis de l’Iran.
Quel serait le résultat de frappes sur les installations nucléaires iraniennes ? Elles en détruiraient certainement une partie d’entre elles. Elles retarderaient donc l’accès possible de l’Iran à l’arme nucléaire. Mais elles augmenteraient la détermination des Iraniens à la posséder. Elles s’accompagneraient de « dommages collatéraux » (en clair des massacres) sur la population iranienne qui pourraient être importants. Après l’Afghanistan, l’Irak, le Liban, et cela sur fond d’accentuation de conflit israélo-palestinien.
Il y aurait bien un grand bond en avant, mais vers un choc des civilisations et non pas vers un Proche-Orient en paix, la fin du terrorisme ou la non-prolifération des armes nucléaires. Tous ces objectifs (qui étaient déjà ceux de la guerre d’Irak) seraient mis en échec par une guerre contre l’Iran. Alors qu’Ahmadinejad commence à être en difficulté sur le plan politique intérieur, il verrait sa légitimité renforcée selon la loi d’airain qui soude une population à ses dirigeants dès lors que le pays est attaqué de l’extérieur.
Certes, on peut se dire que rationnellement, au vu de la situation stratégique désastreuse qui est la leur, notamment en Irak, les Etats-Unis ne prendront pas le risque d’ouvrir un second front. Malheureusement le pire ne peut être exclu. George W. Bush peut finir par être convaincu par sa propre propagande. Si vraiment Ahmadinejad est Hitler, comment penser que les risques d’une guerre ne sont pas moins grands que celui de voir un Hitler doté d’armes nucléaires ?
Empêcher l’Iran de se doter d’armes nucléaires, faire en sorte que ce pays revienne à une politique internationale plus respectueuse de ses voisins, qu’il puisse être réintégré dans la communauté internationale sont des objectifs qui font consensus. La guerre n’est pas le bon moyen pour y parvenir.
On avait pu nourrir l’espoir après les élections de novembre 2006 et surtout après la publication du plan Baker Hamilton, que le président Bush adopterait une politique plus réaliste et moins dangereuse dans la région.
Malheureusement, il me semble pas vouloir suivre la voie raisonnable prônée par l’ancien secrétaire d’Etat de son père. Triomphe de l’idéologie sur la réalité ? Tentative de sortir de la crise en provoquant une crise encore plus grande ? Toujours est-il que l’on peut craindre des catastrophes à venir si George W. Bush accepte le principe d’une opération militaire contre l’Iran. Une hypothèse qui malheureusement gagne du terrain.
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Vous avez aimé la guerre d’Irak ? Vous allez adorer la guerre d’Iran ! Certes elle n’aura pas tout à fait la même forme. Ne rêvez pas d’une invasion massive, avec déploiement de troupes au sol et occupation militaire prolongée débouchant sur une guerre civile. Cela n’est pas possible. Même l’hyperpuissance américaine a des limites. Elle n’a pas – elle n’a plus – les moyens d’ouvrir un deuxième front de ce type. Il faudra vous contenter de frappes aériennes, de bombardements ciblés sur les sites nucléaires iraniens. Mais rassurez-vous, si le déroulement sera différent, le résultat devrait être tout aussi catastrophique et même sans doute bien davantage.
Qu’est-ce qui doit le plus étonner ou le plus choquer ? Que les mêmes personnes qui avaient plaidé en faveur de la guerre d’Irak, puissent sans vergogne au vu de la réussite de celle-ci appeler à mener des opérations militaires contre l’Iran ? Qu’ils le fassent avec les mêmes arguments : danger nucléaire, nécessité de stopper un régime dangereux et insupportable ? Que les mêmes « experts » qui nous disaient que l’Irak regorgeait d’armes de destruction massive, nous disent (et depuis plusieurs années), que l’Iran est à un an de l’arme nucléaire, sans que leur crédibilité ne soit mise en cause ? Qu’ils osent se draper dans une position morale tout en pratiquant le terrorisme intellectuel et diaboliser ceux qui pensent que la guerre n’est pas nécessairement le meilleur moyen de résoudre les problèmes politiques.
Que toute honte bue, ils se livrent à des amalgames douteux en comparant Ahmadinejad à Hitler – relativisant ainsi les crimes de ce dernier ? Quand vous entendez que l’on compare un dirigeant à Hitler, sachez que les préparatifs de guerre sont bien en cours. Ce type d’assimilation a été fait pour Nasser avant la guerre de Suez, pour Saddam avant la guerre du Golfe de 1990-1991 (mais pas pendant la guerre Irak-Iran), puis avant celle de 2003 (mais pas entre les deux), et enfin pour Milosevic avant la guerre du Kosovo. Aucun de ces personnages n’était un grand démocrate. Mais peut-on sérieusement les mettre dans le même sac qu’Hitler ? N’est-ce pas une offense à la mémoire des millions de victimes du nazisme ? Certains avaient même osé, avant qu’il soit assassiné par un extrémiste israélien, opéré la même scandaleuse assimilation pour Rabbin.
Il ne s’agit ni de nier le danger que représenterait un Iran nucléaire, ni d’accepter sans broncher les déclarations inadmissibles d’Ahmadinejad de voir Israël rayé de la carte ou la scandaleuse conférence révisionniste de Téhéran. L’IRIS, comme de nombreux think-tanks, a d’ailleurs décidé de rompre tout contact avec l’organisme qui avait organisé cette conférence. Ce n’est pas non plus que le recours à la force doive être systématiquement rejeté. Il est des cas où il demeure l’ultime recours. Ce fut le cas, à mon sens, contre l’Irak en 1991. Ce n’était pas le cas en 2003 et ce n’est pas le cas aujourd’hui vis-à-vis de l’Iran.
Quel serait le résultat de frappes sur les installations nucléaires iraniennes ? Elles en détruiraient certainement une partie d’entre elles. Elles retarderaient donc l’accès possible de l’Iran à l’arme nucléaire. Mais elles augmenteraient la détermination des Iraniens à la posséder. Elles s’accompagneraient de « dommages collatéraux » (en clair des massacres) sur la population iranienne qui pourraient être importants. Après l’Afghanistan, l’Irak, le Liban, et cela sur fond d’accentuation de conflit israélo-palestinien.
Il y aurait bien un grand bond en avant, mais vers un choc des civilisations et non pas vers un Proche-Orient en paix, la fin du terrorisme ou la non-prolifération des armes nucléaires. Tous ces objectifs (qui étaient déjà ceux de la guerre d’Irak) seraient mis en échec par une guerre contre l’Iran. Alors qu’Ahmadinejad commence à être en difficulté sur le plan politique intérieur, il verrait sa légitimité renforcée selon la loi d’airain qui soude une population à ses dirigeants dès lors que le pays est attaqué de l’extérieur.
Certes, on peut se dire que rationnellement, au vu de la situation stratégique désastreuse qui est la leur, notamment en Irak, les Etats-Unis ne prendront pas le risque d’ouvrir un second front. Malheureusement le pire ne peut être exclu. George W. Bush peut finir par être convaincu par sa propre propagande. Si vraiment Ahmadinejad est Hitler, comment penser que les risques d’une guerre ne sont pas moins grands que celui de voir un Hitler doté d’armes nucléaires ?
Empêcher l’Iran de se doter d’armes nucléaires, faire en sorte que ce pays revienne à une politique internationale plus respectueuse de ses voisins, qu’il puisse être réintégré dans la communauté internationale sont des objectifs qui font consensus. La guerre n’est pas le bon moyen pour y parvenir.
On avait pu nourrir l’espoir après les élections de novembre 2006 et surtout après la publication du plan Baker Hamilton, que le président Bush adopterait une politique plus réaliste et moins dangereuse dans la région.
Malheureusement, il me semble pas vouloir suivre la voie raisonnable prônée par l’ancien secrétaire d’Etat de son père. Triomphe de l’idéologie sur la réalité ? Tentative de sortir de la crise en provoquant une crise encore plus grande ? Toujours est-il que l’on peut craindre des catastrophes à venir si George W. Bush accepte le principe d’une opération militaire contre l’Iran. Une hypothèse qui malheureusement gagne du terrain.
Forum - réactions et
 
mardi 6 mars 2007
  Les disparitions continuent ...en Algerie.

Les enlèvements suivis de disparitions n'ont pas cessé


Algeria-Watch et Al-Karama for Human Rights, 6 mars 2007

Youssef Belmouaz , né le 28 juillet 1985, a été enlevé le 26 novembre 2006 à 11h devant l'université de Tiaret où il est inscrit en 4 e année de sciences vétérinaires. L'enlèvement a été effectué devant de nombreux étudiants par des hommes armés en tenue civile circulant à bord d'un véhicule banalisé de marque Renault express. Deux jours après la disparition de son fils, M. Belmouaz s'est rendu au parquet général de la cour de Tiaret. Le procureur général lui a affirmé que « l'arrestation avait été opéré par la « sécurité militaire » (Département du renseignement et de la sécurité, DRS) d'Alger et qu'il devait s'adresser au procureur d'Alger pour obtenir des informations ». M. Belmouaz s'est adressé à deux reprises à ce dernier ainsi qu'au ministre de la Justice et au président de la commission consultative nationale pour les droits de l'homme (CCNPDH), organisation gouvernementale, pour les informer de la disparition de son fils et requérir leur intervention. A ce jour, il n'a obtenu aucune réponse ni des uns ni des autres.
Le lendemain, 27 novembre 2006 , Brahim Abed , technicien supérieur en informatique, né le 16 juin 1983, a été enlevé à 8 heures du matin sur la voie publique à 200 mètres de son domicile à Tiaret. Des hommes en tenue civile et armés circulant à bord d'un véhicule 4X4 de couleur blanche l'ont embarqué pour une destination inconnue. La famille a fait le tour de nombreux commissariats, gendarmeries, casernes et tribunaux, en vain. Dans ce cas aussi, en raison du mode opératoire et de l'absence totale d'informations à son sujet, il est à craindre que Brahim Abed ne soit séquestré dans des locaux du DRS.
Depuis quelques mois une recrudescence des enlèvements suivis dans certains cas de disparitions est constatée. Des informations en faisant état nous parviennent de différentes régions (Khenchela, Oued Souf, Setif). Les victimes de ces arrestations illégales sont généralement détenues au secret dans des centres du DRS où elles subissent systématiquement des tortures et des mauvais traitements. Une fois réapparues, elles sont déférées au parquet et inculpées « d'apologie ou de soutien au terrorisme » ou encore «d'appartenance à une organisation terroriste » pour justifier les arrestations et détentions arbitraires ainsi que des gardes à vue prolongées souvent au delà de la durée légale, déjà excessive, de 12 jours.
Nous rappelons qu'une vague d'arrestations touche la wilaya de la Wilaya de Bordj Bou Arreridj depuis la mi-décembre 2006 . Plus d'une dizaine de personnes ont été enlevées par la police politique (DRS). Tous ont été systématiquement torturés dans les locaux du DRS de Constantine avant de se voir inculpés et placés en détention provisoire. Mounir Hammouche de Ain-Taghrout est décédé sous la torture (voir notre
communiqué du 22 février 2007). Il lui avait été reproché « de ne pas faire la prière dans la mosquée la plus proche de son domicile » et également « le fait qu'il portait une barbe ainsi qu'une tenue vestimentaire islamique ». Le sort d'autres personnes concernées par cette vague d'arrestation reste à ce jour inconnu.
Des faits similaires s'étaient produits quelques mois auparavant dans le village de El-Aouana, wilaya de Jijel. Dans la nuit de mercredi 26 avril au jeudi 27 avril 2006, une rafle avait été opérée par des agents du DRS en civil circulant à bord de véhicules banalisés au cours de laquelle cinq personnes avaient été enlevées à leur domicile respectif. Ces dernières ont été libérées après avoir subi d'horribles tortures (voir notre
communiqué du 4 juillet 2006).
Nous dénonçons vivement ces pratiques qui ont tendance à réapparaître avec force et interdites tant par la loi algérienne que par les conventions internationales auxquelles l'Algérie est partie
 
INFORMER POUR AGIR, AGIR POUR CHANGER.

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Nom : Aît Hamza S.

Conseiller en développement

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