ELWATAN-ALHABIB
vendredi 14 novembre 2014
 
Agitation dans l'impasse





par M. Saadoune
L'impasse du système en Algérie s'accompagne aussi d'une incapacité des acteurs présumés de la société à créer l'alternative. Ce n'est pas une affaire d'idées, le constat d'obsolescence du système de pouvoir actuel est très largement partagé et pas seulement au sein des opposants. La peur du changement existe chez les tenants du pouvoir et elle les rend inaptes à se projeter au-delà de la gestion-contrôle de l'immédiat.

Face à la chute des prix pétroliers, on a des officiels qui s'étendent en propos rassurants qui ne seront pas démentis sur le court terme grâce à l'addition des réserves de change et du Fonds de régulation. Ce que les tendances mondiales dans le secteur des hydrocarbures énoncent cependant, quand on ne se limite pas à surveiller les prix du baril, est bien un impérieux changement à faire. Or, comme le note un économiste, la gouvernance algérienne semble croire que le monde va « s'adapter aux exigences de notre bien-être » alors que les grandes puissances économiques œuvrent constamment, souvent dans la douleur, à s'adapter.

La question du changement est d'abord politique. Face à un pouvoir qui dispose encore suffisamment de moyens pour gérer l'immédiat, la seule manière de pousser à la réforme serait d'amener les classes populaires à s'intéresser, à nouveau, aux questions politiques. A mettre la pression sur le régime. Cela n'a rien d'une promenade car le passif de la décennie 90 et de l'échec du processus démocratique a créé une forte méfiance à l'égard de la politique. En janvier 2011, les appels lancés pour faire « dégager » le pouvoir ont été sans écho. Sans surprise. Avant d'appeler les Algériens à la politique, il faut commencer par se rendre visible, présent et actif.

Contrairement aux journalistes - qui de facto font de la politique -, l'écrasante majorité des Algériens ne lisent pas les communiqués et les résolutions des partis. Et il serait malvenu de le leur reprocher comme le fait un certain discours méprisant à leur égard qui les réduit à des ventres que l'on gave. Les Algériens sont «normaux», ils ne suivent pas les appels de ceux qu'ils ne connaissent pas. Par contre, ils se mobilisent, quand ils le peuvent, pour des raisons concrètes. Les Algériens «bougent» en vérité, ils n'arrêtent pas de le faire. Leur mouvement est porté sur des demandes concrètes, ils sont, eux aussi, dans l'immédiat. Mais qui peut le leur reprocher quand ceux qui sont censés penser à «loin» ne le font pas ?

Les Algériens sont-ils mobilisables par la mise en avant des risques et des menaces, bien réelles, qui font peser l'immobilisme du système ? La réponse est difficile car les tenants du pouvoir, eux-mêmes, excellent dans l'art de jouer sur les menaces pour diaboliser les opposants et justifier l'immobilisme. Actuellement, ceux qui font de la politique partagent globalement le même diagnostic mais se perdent dans des méandres. Pourquoi ceux qui sont dans la CNLTD éprouvent-ils le besoin de s'attaquer à la démarche du FFS alors qu'ils ne sont pas dans l'action ? Ils auraient pu choisir de l'ignorer ou de dire regardons où cela mène ? Ils en font une fixation. Une agitation de plus dans l'impasse. 
 
Commentaires:

Enregistrer un commentaire

Abonnement Publier les commentaires [Atom]





<< Accueil
"Si vous n’y prenez pas garde, les journaux finiront par vous faire haïr les opprimés et adorer les oppresseurs." Malcom X

Archives
février 2007 / mars 2007 / avril 2007 / mai 2007 / juin 2007 / juillet 2007 / août 2007 / septembre 2007 / octobre 2007 / novembre 2007 / décembre 2007 / janvier 2008 / février 2008 / mars 2008 / avril 2008 / mai 2008 / juin 2008 / septembre 2008 / octobre 2008 / novembre 2008 / décembre 2008 / janvier 2009 / février 2009 / mars 2009 / avril 2009 / mai 2009 / juin 2009 / juillet 2009 / août 2009 / septembre 2009 / octobre 2009 / novembre 2009 / décembre 2009 / janvier 2010 / février 2010 / mars 2010 / avril 2010 / mai 2010 / juin 2010 / juillet 2010 / août 2010 / septembre 2010 / octobre 2010 / novembre 2010 / décembre 2010 / janvier 2011 / février 2011 / mars 2011 / avril 2011 / mai 2011 / juin 2011 / juillet 2011 / août 2011 / septembre 2011 / octobre 2011 / novembre 2011 / décembre 2011 / janvier 2012 / février 2012 / mars 2012 / avril 2012 / mai 2012 / juin 2012 / juillet 2012 / août 2012 / septembre 2012 / octobre 2012 / novembre 2012 / décembre 2012 / janvier 2013 / février 2013 / mars 2013 / avril 2013 / mai 2013 / juin 2013 / juillet 2013 / août 2013 / septembre 2013 / octobre 2013 / novembre 2013 / décembre 2013 / janvier 2014 / février 2014 / mars 2014 / avril 2014 / mai 2014 / juin 2014 / juillet 2014 / août 2014 / septembre 2014 / octobre 2014 / novembre 2014 / décembre 2014 / janvier 2015 / février 2015 / mars 2015 / avril 2015 / mai 2015 / juin 2015 / juillet 2015 / août 2015 / septembre 2015 / octobre 2015 / novembre 2015 / décembre 2015 / janvier 2016 / février 2016 / mars 2016 / avril 2016 / mai 2016 / juin 2016 / juillet 2016 / août 2016 / septembre 2016 / octobre 2016 / novembre 2016 / décembre 2016 / janvier 2017 / février 2017 / mars 2017 / avril 2017 / mai 2017 / juin 2017 / juillet 2017 / août 2017 /


Powered by Blogger

Abonnement
Articles [Atom]