ELWATAN-ALHABIB
mardi 16 septembre 2014
 
Le projet français d'intervention militaire en Libye pas près d'aboutir
 
 
 
 
par Kharroubi Habib
La France veut intervenir militairement en Libye au principe que la situation chaotique qui y prévaut est menaçante pour la sécurité et la stabilité des pays des zones euroméditerranéennes dont la France et de la région du Sahel où elle est présente militairement. Mais elle ne peut y aller seule car non seulement son armée n'a pas les moyens d'entreprendre solo une opération d'envergure dont la durée dans le temps serait nécessairement longue, mais aussi pour ne pas encourir l'accusation de contrevenir au droit international.

Paris a donc opté pour placer son intervention militaire projetée sous couverture soit des Nations unies, soit d'une coalition régionale réunissant des Etats environnants de la Libye et naturellement inquiets eux aussi des répercussions qu'engendre chez eux la situation dans ce pays devenu une véritable pétaudière. Paris n'a pas grand espoir d'obtenir le feu vert du Conseil de sécurité de l'ONU. Echaudées par la tournure prise par la précédente intervention militaire internationale en Libye à laquelle elles n'avaient pas opposé leur veto, la Russie et la Chine ne se laisseront sûrement pas manœuvrer cette fois et refuseront la caution onusienne au projet français. C'est pourquoi elle fait le forcing en direction des pays voisins de la Libye pour les convaincre de lui fournir la leur.

Les deux pays régionaux dont la France recherche le plus assidûment l'aval et la contribution à une intervention militaire étrangère en Libye sont l'Algérie et l'Egypte. Or ces deux pays ont clairement pris position contre une telle option et prônent en commun une démarche à l'égard du problème libyen se basant sur la nécessité d'amener les protagonistes de la crise dans ce pays à accepter le dialogue national axé sur leur réconciliation et la consolidation des institutions démocratiques du pays. Alger et Le Caire ont d'ailleurs pris l'initiative de réunir une conférence regroupant les pays limitrophes de la Libye qui se sont entendus pour entreprendre une action commune dans ce sens auprès de ces protagonistes libyens. Les deux capitales sont en tout cas franchement hostiles à une intervention étrangère en Libye du genre de celle que Paris veut.

C'est sur l'Algérie dont les autorités françaises escomptent que l'aval entraînerait celui de l'Egypte et d'autres Etats voisins de la Libye que les pressions les plus fortes s'exercent pour tenter de lui faire changer de position. A cet effet, même le chef d'état-major de l'armée française a été mis à contribution. Sa visite à Alger tant commentée n'a pas eu probablement d'autres motifs que celui de sonder les dispositions d'esprit du commandement militaire algérien à l'égard du projet français et celui de tenter de les convaincre d'opter en sa faveur. Même si les responsables algériens sont effectivement conscients que la gravité et la dangerosité de la situation qui prévaut en Libye font peser de lourdes menaces sur la sécurité nationale de l'Algérie, ils n'accepteront certainement pas de déroger au principe de la non-intervention de l'armée nationale en dehors des frontières du pays.

Ils déclineront d'autant les invites françaises qu'ils ont constaté que les partisans de l'intervention militaire précédente ont abandonné à son sort le pays de Kadhafi une fois ce dernier et son régime abattus. Une indifférence qui a précipité la Libye dans le chaos. Et ils ont raison de soutenir qu'une autre intervention militaire étrangère n'aboutirait qu'à le plonger dans une situation pire que celle qu'il connaît présentement. Paris peut toujours s'agiter pour tenter de faire entériner son projet mais a peu de chance d'y parvenir tant au Conseil de sécurité que régionalement auprès des deux poids lourds que sont l'Algérie et l'Egypte.

 
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