ELWATAN-ALHABIB
jeudi 4 septembre 2014
 

Crise politique : Pourquoi l’armée est-elle sollicitée

 

 

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le 03.09.14 

Des partis politiques et des personnalités nationales de poids et de divers horizons interpellent l’armée pour juguler la  crise dans laquelle s’enlise le pays et aider à l’élaboration d’une perspective de mise en place d’un régime démocratique.

Fortement sollicitée pour peser de tout son pouvoir en faveur d’un changement démocratique, le commandement militaire cristallise tous les regards. En raison du flou politique dominant et surtout d’un chef d’Etat absent renforçant une périlleuse impasse, alors que les rumeurs font rage au sein du sérail, l’armée est de plus en plus sollicitée pour assumer son rôle historique. Des partis politiques et des personnalités nationales de poids et de divers horizons l’interpellent  pour juguler la  crise dans laquelle s’enlise le pays et aider à l’élaboration d’une perspective de mise en place d’un régime démocratique.
La grande muette, dont le rôle a été de tout temps déterminant dans les choix politiques comme dans la désignation des chefs d’Etat, est ainsi mise aujourd’hui face à ses responsabilités en tant que dépositaire du pouvoir réel car c’est elle qui «donne la légitimité  aux civils pour gouverner», dixit l’ancien chef du gouvernement, Mouloud Hamrouche. Et c’est précisément ce dernier qui, depuis la campagne pour reconduire Abdelaziz Bouteflika au poste de président de la République pour un quatrième mandat qui fait  peser sur l’armée une forte pression pour rappeler sa mission historique. «Faire allégeance au pays et à l’Etat de droit en non pas aux hommes», l’invite-t-il.
Le chef de file des réformateurs ne cesse depuis d’appeler à forger «un nouveau consensus national» dont l’armée serait un acteur majeur car, selon lui, sans elle «rien ne pourra se faire». M. Hamrouche, au double parcours militaire et politique, fait la démonstration qu’il n’est «pas dans l’intérêt de l’armée de rester figée dans la situation actuelle». D’autres acteurs politiques se rallient également à l’idée de s’appuyer sur l’institution militaire pour amorcer un processus de changement politique démocratique.
De nombreuses formations politiques travaillent à l’élaboration d’un compromis historique et convient le pouvoir à aller vers un changement de régime. Mokrane Aït Larbi a ainsi apporté sa contribution au débat sur le rôle de l’armée dans «une transition démocratique et pacifique».
Pour l’ancien dirigeant du RCD, il ne s’agit pas d’appeler à un coup d’Etat militaire, mais face à  « un dialogue de sourds qui s’est installé entre le pouvoir et l’opposition, l’armée détient la clé de la solution». En rappelant que l’armée a eu depuis l’indépendance « un rôle politique qui a pesé dans les évènements à commencer par l’élection de l’assemblée nationale constituante en 1993 jusque au quatrième mandat.

C’est le commandement militaire qui a fabriqué les présidents, de Ben-Bella à Bouteflika et c’est le même commandement qui a fixé les grandes lignes de l’Etat. L’armée a pesé dans les grands évènements positivement ou négativement et c’est elle qui déteint les moyens matériels et humains et les compétences capables de contribuer efficacement à un changement démocratique (…)».
L’avocat poursuit son analyse en considérant que l’armée qui devrait être au « service de l’Etat, du peuple et de la nation en non pas au profit  de d’un pouvoir, d’un groupe ou d’un système ne peut retourner aisément dans les casernes alors que l’Algérie est dans une crise multiformes. Dans le contexte actuel, son rôle est de convaincre le président de la république de la nécessité de parvenir à un accord impérieux entre le pouvoir et l’opposition autour d’un plate forme adoptée par tout le monde dans la perspective d’un changement pacifique et éviter une nouvelle tragédie».
La grande muette restera-elle sourde ?
Ces appels seront-ils entendus? La grande muette restera-elle sourde  aux «appels patriotiques» ? S’il est admis que durant la période post-octobre 1988 l’armée était soudée autour d’un groupe de généraux puissants qui se sont jetés dans l’arène et façonné le paysage politique, aujourd’hui, après quinze ans de règne de Bouteflika c’est le paysage de l’institution militaire qui a sensiblement changé. La guerre que se sont livrée des segments du pouvoir à la veille du scrutin présidentiel du 17 avril a vigoureusement révélé les dissensions, les divisions et surtout les tensions qui caractérisent le pouvoir et son épicentre militaire.
Une escalade qui avait dévoilé les désaccords entre les centres de décision. Le Département du renseignement et de la sécurité a été violemment secoué et son patron, le général Toufik, a été mis en cause et en «difficulté» par le clan présidentiel via le FLN. Des analystes estiment que le commandement militaire n’est plus un bloc homogène et hégémonique. «En trois mandats, Bouteflika et son clan ont réussi à asseoir leur pouvoir et l’élargir à mesure que les puissants chefs militaires quittaient leurs fonctions».
Les rapports de force dans le sérail ne sont pas restés figés. Le règne de Bouteflika a donné naissance à d’autres groupes influents au sein du pouvoir s’appuyant sur l’informel dominant et surtout sur l’accumulation de grosses fortunes qui contrebalancent le poids des militaires et des politiques. L’apparition de cette «nouvelle force» à une capacité de nuisance certaine qui évolue en neutralisant d’autres forces et à leur tête celle de l’armée. Cette dernière faut-il le souligner est fortement sollicitée militairement en raison du contexte sécuritaire régional.
Ses chefs sont pour la plupart au crépuscule de leur carrière. Les acteurs politiques les appellent à accomplir leur denier acte. «Sauver» le pays d’un chaos menaçant ! Les généraux- majors, Toufik et Gaïd Salah interpellés par Mouloud Hamrouche ont-ils la volonté et la possibilité de le faire, eux qui étaient «forcés à maintenir le statu quo» ?
N’est-il pas illusoire d’accorder des vertus démocratiques à des prétoriens qui ont façonné un ordre autoritaire ? Ceux qui exhortent l’armée à assumer son rôle dans le changement démocratique tablent sur une situation d’urgence nationale. «Les décideurs militaire sont enclins à l’ouverture quand le danger se fait imminent», proclame un connaisseur du sérail. En somme, à court terme, une succession devrait  s’ «organiser» à des niveaux différents au sein du pouvoir.
L’inéluctable départ à la retraite des patrons du DRS, Mohamed Mediène, et du chef d’état-major, Ahmed Gaïd-Salah. Reste le chef de l’Etat dont l’état de santé est incertain, et qui focalise toutes les incertitudes. Ces départs vont-ils alors induire des changements profonds dans la nature du régime politique? En tout état de cause, la classe politique ,comme  le reste de la société l’espèrent ardemment.
Hacen Ouali
 
Commentaire:
A.Dehbi
 
LE SEUL CADRE LEGITIME D'UNE INTERVENTION DE L'ARMEE
Si l'Institution militaire nationale qu'est l'ANP doit faire le ménage quelque part, elle doit d'abord le faire en son propre sein, pour être pleinement légitimée à intervenir dans le champ politique, afin de faire respecter la Constitution, en particulier dans ses dispositions relatives aux conditions d'exercice de la fonction de Président de la République, en sa double qualité de Chef de l'Exécutif et de Commandant Suprême des Forces armées.
Ainsi, si elle doit s'impliquer, l'armée se grandirait en assumant cette intervention exclusivement au nom des intérêts supérieurs du peuple algérien et de la nation algérienne et non pas au nom de tel ou tel clan d'oligarques corrompus, repus mais toujours insatiables – civils et militaires confondus – qui considèrent l'Etat, comme leur propriété familiale ou clanique, et le peuple profond, comme une plèbe d'un autre âge, qui ne mérite ni libertés publiques, ni statut politique ni dignité socio-économique.
Le Chef de l'Etat, M. Abdelaziz Bouteflika doit être dignement et constitutionnellement destitué, en vertu des dispositions-mêmes de la Constitution. Cet acte constitutionnel, permettra du même coup de délégitimer toute cette faune familiale et clanique d'opportunistes et d'aventuriers de tous bords, sans foi ni loi, gravitant autour d'un homme malade et d'âge avancé, formant autour de lui, des centres de pouvoirs clandestins, pour la plupart d'entre eux, soumis à des influences de toutes sortes, aussi bien de l'intérieur que de l'extérieur. Et peut-être même plus que des influences : des pressions, voire des diktats, auxquelles l'institution militaire a le devoir sacré de mettre fin ; encore une fois, au nom des intérêts supérieurs du peuple algérien et de la nation algérienne.

Le monde est probablement à la veille d'un conflit mondial majeur et généralisé et beaucoup d'experts géostratégiques parlent carrément de 3ème Guerre Mondiale…
La Souveraineté nationale et l'indépendance du peuple algérien sont au-dessus des calculs idéologiques et partisans, et à plus forte raison, au-dessus des prétentions des castes et des intérêts de clans et de personnes, quels que soient leurs positions civiles ou militaires. Il est urgent pour notre pays, de mettre en place un Gouvernement technocratique de Transition, dirigé par une personnalité d'envergure et de notoriété, jouissant d'une autorité morale incontestable, ayant pour mission, sous un délai n'excédant pas un an, d'organiser dans la loyauté et la transparence, l'élection d'une Assemblée Constituante, qui sera chargée, en tant que dépositaire de la Souveraineté du Peuple algérien, de doter l'Algérie d'une nouvelle Constitution qui sera nécessairement le reflet authentique des aspirations et de la volonté de ce Peuple, telle qu'exprimées par le suffrage universel.
Ce sera l'honneur de l'armée algérienne et de son élite nationaliste, d'accompagner dans l'Ordre, la Paix et la Justice, une authentique Transition démocratique de l'Algérie vers le statut d'un Etat digne de ce nom, respecté à l'intérieur et à l'extérieur ; un Etat d'égalité réelle des droits et des devoirs entre les citoyens ; un Etat d'où seront bannis la "hogra" et l'exclusion, l'impunité et l'injustice, par-delà les considérations d'ordre culturel, idéologique ou politique. En un mot, un Etat de Droit authentique.
 
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