ELWATAN-ALHABIB
samedi 24 mai 2014
 
Une décision qui n'a pas fini de faire parler d'elle 
 
 
 
 
par Kharroubi Habib
Là où les gouvernements dont les territoires renferment des gisements de gaz de schiste ont autorisé leur exploitation, la décision fait polémique entre experts en questions énergétiques et alimente l'indignation des milieux écologiques. L'Algérie ne fera pas l'économie d'une controverse sur le sujet après le feu vert donné mercredi par le Conseil des ministres à l'exploration et à l'exploitation de ce gaz de schiste, disponible, semble-t-il, en grand quantité dans le sous-sol national. Comme ailleurs, cette perspective divise nos experts nationaux et inquiète les défenseurs de l'environnement. A l'instar des gouvernements canadien et américain, le nôtre a tranché en faveur des partisans de l'exploitation. Il ne fait aucun doute que, comme pour les deux gouvernements précités, ce sont les considérations d'ordre financier qui ont prévalu pour la décision du nôtre. Ce qui ne manquera pas d'attiser la colère des opposants à celle-ci qui estimeront un vœu pieux, voire hypocrite, l'instruction faite par Bouteflika au Conseil des ministres, après son adoption, de «veiller» à ce que l'exploration et l'exploitation du gaz de schiste soient «menées en permanence avec le souci de préserver les ressources hydrauliques et de protéger l'environnement». A tort ou à raison, l'exploitation du gaz de schiste a de nombreux détracteurs qui la combattent en faisant valoir qu'elle génère plus de problèmes gravissimes par leurs conséquences pour les pays qui la permettent qu'elle n'en résout. Leur argument dans ce sens, qui devrait donner à réfléchir dans le cas de l'Algérie, est celui que l'exploitation est une menace mortelle pour les réserves d'eau. Elle le serait d'autant chez nous que le pays est semi-aride et déjà confronté à l'insuffisance de ces réserves. Sans vouloir prétendre être connaisseur du sujet et de ses implications, il nous apparaît que la décision prise par le Conseil des ministres a été hâtive et relève d'une pratique de la gouvernance par «fait du prince». Le Président réélu n'a que les mots de «consensus national» et de «concertation» dans la bouche depuis sa réélection. La question de l'exploitation du gaz de schiste, dont il sait parfaitement qu'elle donne lieu à forte controverse y compris parmi les «experts» du domaine énergétique, aurait pu l'inciter à la soumettre à débat préalable avant que le Conseil des ministres n'en soit saisi. En passant en force, l'adoption de l'autorisation d'exploitation du gaz de schiste, et sans faire valoir les raisons qui l'y ont conduit, Bouteflika crédite le soupçon que se font les anti-gaz de schiste qu'il aurait agi en l'occurrence avec pour unique motivation la satisfaction du desiderata de puissances étrangères convoitant cette ressource nationale et ayant accordé leur caution à son contesté et controversé quatrième mandat. Pour certains d'entre eux, Paris n'est pas étrangère à la décision du Conseil des ministres algériens.

En la matière, pensent-ils, elle a demandé un «renvoi d'ascenseur» qui va permettre aux sociétés françaises des hydrocarbures d'avoir accès à des gisements qui sont considérés comme parmi les plus grands dans le monde. Ce qui serait tout bénéfice pour l'Etat français qui n'a pu décréter la même décision pour les gisements que recèle son territoire au constat que son opinion publique y est majoritairement opposée. Ce qui indubitablement n'est pas une préoccupation qui a traversé l'esprit des autorités algériennes pour lesquelles le seul «consensus national» qui vaille est celui qu'elles se forgent dans les secrets de leurs «officines de réflexion».
 
Commentaires:

Enregistrer un commentaire

Abonnement Publier les commentaires [Atom]





<< Accueil
"Si vous n’y prenez pas garde, les journaux finiront par vous faire haïr les opprimés et adorer les oppresseurs." Malcom X

Archives
février 2007 / mars 2007 / avril 2007 / mai 2007 / juin 2007 / juillet 2007 / août 2007 / septembre 2007 / octobre 2007 / novembre 2007 / décembre 2007 / janvier 2008 / février 2008 / mars 2008 / avril 2008 / mai 2008 / juin 2008 / septembre 2008 / octobre 2008 / novembre 2008 / décembre 2008 / janvier 2009 / février 2009 / mars 2009 / avril 2009 / mai 2009 / juin 2009 / juillet 2009 / août 2009 / septembre 2009 / octobre 2009 / novembre 2009 / décembre 2009 / janvier 2010 / février 2010 / mars 2010 / avril 2010 / mai 2010 / juin 2010 / juillet 2010 / août 2010 / septembre 2010 / octobre 2010 / novembre 2010 / décembre 2010 / janvier 2011 / février 2011 / mars 2011 / avril 2011 / mai 2011 / juin 2011 / juillet 2011 / août 2011 / septembre 2011 / octobre 2011 / novembre 2011 / décembre 2011 / janvier 2012 / février 2012 / mars 2012 / avril 2012 / mai 2012 / juin 2012 / juillet 2012 / août 2012 / septembre 2012 / octobre 2012 / novembre 2012 / décembre 2012 / janvier 2013 / février 2013 / mars 2013 / avril 2013 / mai 2013 / juin 2013 / juillet 2013 / août 2013 / septembre 2013 / octobre 2013 / novembre 2013 / décembre 2013 / janvier 2014 / février 2014 / mars 2014 / avril 2014 / mai 2014 / juin 2014 / juillet 2014 / août 2014 / septembre 2014 / octobre 2014 / novembre 2014 / décembre 2014 / janvier 2015 / février 2015 / mars 2015 / avril 2015 / mai 2015 / juin 2015 / juillet 2015 / août 2015 / septembre 2015 / octobre 2015 / novembre 2015 / décembre 2015 / janvier 2016 / février 2016 / mars 2016 / avril 2016 / mai 2016 / juin 2016 / juillet 2016 / août 2016 / septembre 2016 / octobre 2016 / novembre 2016 / décembre 2016 / janvier 2017 / février 2017 / mars 2017 / avril 2017 / mai 2017 / juin 2017 / juillet 2017 / août 2017 / septembre 2017 /


Powered by Blogger

Abonnement
Articles [Atom]