ELWATAN-ALHABIB
mercredi 14 mai 2014
 

Ni nouvelle Constitution, ni nouveau DRS, c'est de rupture radicale qu'il s'agit…

 

 

 

 

Abdelkader Dehbi
Mardi 13 Mai 2014

La seule interrogation lancinante que pose ce démantèlement – qui, au demeurant, ressemble plus à un règlement de comptes au sommet qu'à de nobles préoccupations réformistes– c'est celle de savoir si notre pays ne se trouve pas aujourd'hui "à découvert" et "dépendant", dans un domaine de Souveraineté, tel que le Renseignement. Et, question subsidiaire : n'était-ce pas là précisément, l'objectif de ceux qui ont eu tout le loisir de planifier ce démantèlement, durant la longue vacance du pouvoir entre Avril et Juillet 2013 dernier ?



A la suite de différents articles parus dans la presse nationale, aussi bien francophone qu'arabophone, il m'a semblé utile de suggérer un recentrage du débat national autour d'un régime agonisant, malgré toutes les arrogantes apparences qu'il cherche à se donner.
Toute réflexion crédible sur la grave situation d'impasse socio politique et institutionnelle dans laquelle se débat notre pays, ne peut être que globale. Car c'est le pays dans toutes ses composantes institutionnelles et sociales qui fait face aujourd'hui, à une situation de crise sans précédent qui menace son devenir immédiat. Une crise caractérisée d'une part, par le profond discrédit moral qui frappe les hommes de pouvoir et les Institutions de l'Etat : Président de la République, Gouvernement, Armée, Services de Sécurité, Justice, Administrations centrales et locales, Parlement, Partis politiques godillots créés par le pouvoir, Médias publics et privés,….etc. D'autre part, par l'incapacité de l'élite politique et intellectuelle à mobiliser le peuple et à présenter contre le pouvoir usurpateur et corrompu, un front uni, autour d'une plate-forme de Valeurs morales communes issues de notre Culture et de notre Histoire, mais inspirés aussi, des principes politiques Universels et partagés comme les Droits de l'Homme, les Libertés publiques et individuelles fondamentales et la Démocratie, en tant que système de gouvernement du peuple par le peuple souverain, seule source de Droit et de Pouvoir.

Cette situation est la conséquence directe d'une décennie de guerre civile et de pouvoir éradicateur illégitime et sanguinaire, exercé par les généraux putschistes auteurs du Coup d'Etat du 11 Janvier 1992, contre la volonté du Peuple. Une décennie prolongée par quinze années de pouvoir politico-militaire régalien et de pillage criminel du pays par le clan des Bouteflika, leurs complices et leurs protecteurs – à l'intérieur et comme à l'extérieur – qui ont mis le pays en coupe réglée se nourrissant de la rente pétrolière, de la rapine et de la prédation du patrimoine national.
C'est assez souligner l'inanité et le cynisme à la fois, des récentes gesticulations et déclarations délivrées par cet improbable "Comité de Gestion" qui se trouve aujourd'hui aux commandes de notre pays, derrière le fantôme du Chef de l'Etat nominal… En particulier à propos d'une énième manipulation de la Constitution, qui n'en a plus que le nom, et dont le but évident est de désigner – hors de toute consultation du peuple – le futur homme de façade qui agira pour le compte de l'oligarchie mafieuse, militaro financière et policière qui exerce le pouvoir réel ; sans parler du personnage exécrable et corrompu qui en est en charge de cette nouvelle mascarade institutionnelle.… située dans le droit fil de la mascarade électorale du 17 Avril 2014, première phase du Complot que nous vivons aujourd'hui;
Et c'est le même constat qui prévaut, s'agissant de la restructuration du DRS, dont la mission étatique classique d'espionnage et de contre-espionnage a été profondément dévoyée par sa conversion en grande partie, au fil des ans, en une vulgaire police politique dédiée à la protection de l'oligarchie au pouvoir dont elle fait partie intégrante, aussi bien par la manipulation et la désinformation du peuple, que par l'intimidation, le chantage et la répression envers toute opposition réelle. Si le DRS paie aujourd'hui – est-ce la main de la Providence ? – les crimes commis contre le peuple algérien et relevant de la catégorie de Crimes Imprescriptibles, qui poursuivront leurs auteurs ad vitam aeternam, personne ne s'en plaindra, ni ne versera la moindre larme sur la disparition de cette institution dépravée.

La seule interrogation lancinante que pose ce démantèlement – qui, au demeurant, ressemble plus à un règlement de comptes au sommet qu'à de nobles préoccupations réformistes– c'est celle de savoir si notre pays ne se trouve pas aujourd'hui "à découvert" et "dépendant", dans un domaine de Souveraineté, tel que le Renseignement. Et, question subsidiaire : n'était-ce pas là précisément, l'objectif de ceux qui ont eu tout le loisir de planifier ce démantèlement, durant la longue vacance du pouvoir entre Avril et Juillet 2013 dernier ?

Encore une fois, le salut de notre pays ne peut pas venir d'une oligarchie corrompue et anti nationale – dans ses deux composantes civile et militaire – qui a régné et règne encore sans partage sur notre pays, par le mensonge, la falsification et la répression ; qui a commis des crimes de sang Imprescriptibles ; qui a volé, détourné des milliards de dollars ; qui a pillé le patrimoine national et hypothéqué les ressources des générations futures ; qui a fait allégeance à l'Occident impérialiste-sioniste et atlantiste, pour se maintenir au pouvoir.
Le salut ne peut venir que du peuple lui-même, guidé par des élites authentiquement patriotes et déterminées à créer un rapport de forces solidement ancré dans le peuple, pour faire front contre un pouvoir liberticide et fasciste, corrompu et félon.
 
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