ELWATAN-ALHABIB
samedi 3 mai 2014
 
Doute et suspicion sur le projet de révision constitutionnelle
 
 
 
 
par Kharroubi Habib
C'est un euphémisme de dire que la majorité de la classe politique et des représentations de la société fait montre de défiance et d'appréhension à l'endroit de la révision de la Constitution dont Bouteflika a annoncé le 28 avril la relance prochaine du projet en spécifiant qu'il veillera à ce qu'elle aboutisse à une loi fondamentale «consensuelle» ayant pour objectif la consolidation de «l'entente nationale».

Il faut reconnaître que leur attitude a des raisons fondées. Celle d'abord qu'ils ne peuvent qu'être méfiants vis-à-vis d'un homme qui a procédé en 2008 à une opération de même nature uniquement pour lever l'écrou constitutionnel qui l'empêchait de prétendre à un troisième mandat présidentiel. Partant de ce précédent, beaucoup le soupçonnent de vouloir procéder à une nouvelle révision pour cette fois s'assurer que sa succession dont la problématique reste posée eu égard à son problème de santé soit codifiée comme voulue par lui. Ils sont jusqu'à démonstration du contraire convaincus que Bouteflika n'a en vue à travers la révision projetée que d'officialiser la création du poste de vice-président dont le titulaire serait son homme lige. Ils attendent donc de voir comment le président réélu entend organiser cette concertation et ce débat qu'il a promis autour de la révision constitutionnelle.

Un remake du scénario de la commission Bensalah les confortera à coup sûr dans leurs préventions et dissuadera beaucoup d'entre eux à s'impliquer dans son processus. D'aucuns voulant juger de la sincérité de Bouteflika à rompre avec un tel scénario avancent l'idée de la mise en place d'une grande «commission constitutionnelle» dont la composante serait formée de représentants des partis politiques, de la société civile toutes catégories confondues, d'experts, de personnalités politiques et bien sûr le pouvoir en place. C'est de cette façon pensent-ils que Bouteflika ferait la preuve qu'il n'ambitionne pas de se confectionner une constitution «sur mesure», mais de doter le pays d'une loi fondamentale revêtue de l'onction consensuelle la plus large possible.

Bouteflika surprendra-t-il ses détracteurs soupçonneux ? L'on ne s'aventurera pas à le pronostiquer d'autant que des confrères se fiant aux «confidences» de sources qualifiées par eux de «crédibles» ont avancé que c'est Ahmed Ouyahia, son nouveau directeur de cabinet, que Bouteflika aurait chargé d'entreprendre la consultation sur la révision de la Constitution. Si ce choix se vérifie, il sera alors perçu par nombre d'acteurs politiques et sociaux comme indiquant la volonté du pouvoir de réduire cette concertation à des échanges formatés pour ne pas aller au fond sur ce qu'il y a lieu d'opérer de changements ou de rajouts dans la Constitution pour aller à un changement pacifique et graduel de système et de mode de gouvernance.

Ouyahia n'est pas en effet à créditer d'être favorable à un changement du système en vigueur. Droit dans ses bottes, en tant que Premier ministre et secrétaire général du RND il avait rappelons-le pris position nette contre les demandes allant dans ce sens. Il serait compréhensible par conséquent que sa désignation suscite des récusations et entretienne la méfiance à l'égard des intentions du pouvoir. A moins que son «recyclage» tant au cabinet présidentiel que dans le processus de la révision de la Constitution ne soit que manière de lui faire «avaler des couleuvres» et ainsi le démonétiser irrémédiablement en perspective d'une succession dont le quatrième mandat verra la mise en place des mécanismes.
 
Commentaires:

Enregistrer un commentaire

Abonnement Publier les commentaires [Atom]





<< Accueil
"Si vous n’y prenez pas garde, les journaux finiront par vous faire haïr les opprimés et adorer les oppresseurs." Malcom X

Archives
février 2007 / mars 2007 / avril 2007 / mai 2007 / juin 2007 / juillet 2007 / août 2007 / septembre 2007 / octobre 2007 / novembre 2007 / décembre 2007 / janvier 2008 / février 2008 / mars 2008 / avril 2008 / mai 2008 / juin 2008 / septembre 2008 / octobre 2008 / novembre 2008 / décembre 2008 / janvier 2009 / février 2009 / mars 2009 / avril 2009 / mai 2009 / juin 2009 / juillet 2009 / août 2009 / septembre 2009 / octobre 2009 / novembre 2009 / décembre 2009 / janvier 2010 / février 2010 / mars 2010 / avril 2010 / mai 2010 / juin 2010 / juillet 2010 / août 2010 / septembre 2010 / octobre 2010 / novembre 2010 / décembre 2010 / janvier 2011 / février 2011 / mars 2011 / avril 2011 / mai 2011 / juin 2011 / juillet 2011 / août 2011 / septembre 2011 / octobre 2011 / novembre 2011 / décembre 2011 / janvier 2012 / février 2012 / mars 2012 / avril 2012 / mai 2012 / juin 2012 / juillet 2012 / août 2012 / septembre 2012 / octobre 2012 / novembre 2012 / décembre 2012 / janvier 2013 / février 2013 / mars 2013 / avril 2013 / mai 2013 / juin 2013 / juillet 2013 / août 2013 / septembre 2013 / octobre 2013 / novembre 2013 / décembre 2013 / janvier 2014 / février 2014 / mars 2014 / avril 2014 / mai 2014 / juin 2014 / juillet 2014 / août 2014 / septembre 2014 / octobre 2014 / novembre 2014 / décembre 2014 / janvier 2015 / février 2015 / mars 2015 / avril 2015 / mai 2015 / juin 2015 / juillet 2015 / août 2015 / septembre 2015 / octobre 2015 / novembre 2015 / décembre 2015 / janvier 2016 / février 2016 / mars 2016 / avril 2016 / mai 2016 / juin 2016 / juillet 2016 / août 2016 / septembre 2016 / octobre 2016 / novembre 2016 / décembre 2016 / janvier 2017 / février 2017 / mars 2017 / avril 2017 / mai 2017 / juin 2017 / juillet 2017 / août 2017 / septembre 2017 / octobre 2017 / novembre 2017 /


Powered by Blogger

Abonnement
Articles [Atom]