ELWATAN-ALHABIB
lundi 24 mars 2014
 
L'OBSTRUCTION DE L'ESPACE-NATION 
 
 
 
 
 
par K. Selim
La stabilité est une vue de l'esprit, il n'y a que du mouvement : on progresse ou on régresse, on crée de la valeur ou on la dilapide. La défense d'un statuquo politique peut servir des intérêts restreints, elle dessert un pays en reportant les changements nécessaires aux moments les plus délicats. «Que l'idée est sublime, Que la révolution est grande, Que l'Etat est petit !». En ces temps où beaucoup d'Algériens sont déroutés et anxieux, difficile de ne pas songer à ces vers du grand Mahmoud Darwiche.

Pour une nation qui s'arrache à l'adversité, à la négation, l'Etat devient nécessairement trop petit quand il s'éloigne de l'idée qui a donné son sens et son sang à la révolution : la liberté pour les Algériens. Et le rêve d'un retour d'Etat qui défende cette liberté et renforce son mouvement vers le progrès. Pourquoi les Algériens s'inquiètent ? Tout simplement qu'ils observent, sous les soporifiques d'une aisance financière qui n'a rien de durable, une accumulation des signaux cliniques de la régression. Pourquoi assistons-nous à des affrontements entre Algériens à Ghardaïa ? Parce que les conditions ont été créées pour que des jeunes ne se pensent plus en Algériens mais en Mozabites ou Chaambi, en ibadites ou malékites ! Pourquoi à Constantine des bandes se font la guerre à la cité Ali Mendjeli ? Parce qu'ils ne se pensent plus ni Algériens, ni même Constantinois ! Ils ne sont plus que la bande de Fedj Errih contre la bande d'Oued El Had. Ces «guerriers» ne savent probablement pas grand-chose d'Ali Mendjeli et encore moins de «l'idée sublime» qui a porté son combat et celui de sa génération.

Cette régression vers le plus petit est un effet lourd d'une obstruction de l'espace de nation qui s'est installée au fil des années du fait d'un système qui exclut au lieu d'intégrer. La nation algérienne est le fruit d'un siècle de militantisme dont la révolution a été le couronnement. Ces militants ont créé de la valeur que le système de l'exclusion mis en place après l'indépendance ne fait que dilapider. On détruit de la valeur en Algérie, on n'en crée plus. Même les femmes et les hommes qui ont symbolisé cette grande idée d'une Algérie de la liberté sont soumis à une insidieuse entreprise de dévalorisation pour ne pas dire de désacralisation. L'Etat est trop petit quand il s'éloigne de l'idée sublime qui a fondé la révolution : un pays libre pour des hommes libres qui se dotent d'institutions sérieuses pour défendre les libertés. Et défendre le pays sans le bloquer dans une impasse générationnelle, sans entraver son mouvement naturel vers le progrès et le développement.

LES BANDES DE FEDJ ERRIH ET D'OUED EL HAD NOUS DISENT QUELQUE CHOSE DE TERRIFIANT ALORS QU'AU SOMMET ON AGITE LA PEUR AU SUJET «D'HOSTILITES INTERNES ET EXTERNES», «AVEREES ET POTENTIELLES». ON NAGE DANS L'AUTISME, DANS L'ETERNELLE MAIN DE L'ETRANGER A LAQUELLE ON ASSOCIE LA MAIN DE L'INTERIEUR. VIEUX DISCOURS PRECHANT UNE STABILITE SUR UN TERRAIN QUI BOUGE ET CHANGE ALORS QU'UNE NATION N'EST JAMAIS UNE DONNEE ABSOLUE ET STABLE PAR ESSENCE. ELLE PEUT S'ETIOLER COMME UNE TERRE A L'ABANDON PAR DEFAUT D'IRRIGATION ET D'ENTRETIEN. ET ON EN A LES SIGNES, ON N'EST DEJA PLUS DANS LE REGIONALISME, ON EST DANS LA TRIBU, LE DOUAR ET LE QUARTIER. UNE NATION EST UNE CONSTRUCTION HUMAINE, HISTORIQUE, ELLE DOIT ETRE ENTRETENUE, VALORISEE ET DEVELOPPEE. PAR L'APPORT DE TOUS ! ELLE PEUT REGRESSER ET DISPARAITRE - LES EXEMPLES NE MANQUENT PAS - SI CEUX QUI LA COMPOSENT NE PARVIENNENT PAS A SE DOTER DES INSTITUTIONS QUI PERMETTENT SON DEVELOPPEMENT ET LIBERENT SA CREATIVITE. LA NATION EST EN DANGER QUAND L'ETAT DEVIENT TROP PETIT POUR PRENDRE EN CHARGE L'IDEE FONDATRICE ET SUBLIME : UN PAYS LIBRE POUR DES HOMMES LIBRES…

 
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