ELWATAN-ALHABIB
dimanche 25 mars 2012
 

Algérie: Les cruciales élections

 

 

Benchenouf Djamaledine
Il a raison Bouteflika, d'une certaine manière, de dire que les prochaines élections sont aussi importantes que le 1er Novembre 1954.
Un régime aux abois...
Oui il a raison, et tout le régime avec lui, qui s'affole et ratisse large, en tentant de corrompre de larges couches de la population, pour les inciter à ne pas suivre les mots d'ordre de Boycott, lancées par la véritable opposition, celle d'un peuple en marche, et non plus les vagues murmures d'une opposition maison, qui hésite et tergiverse, avant de tomber dans les bras d'un régime qui la méprise autant qu'il l'utilise, et tout autant qu'il l'entretient..
Bouteflika, et son régime ont raison, en effet, de craindre le pire, non pas pour le pays, mais pour leur propre survie à la tête de ce malheureux pays, qu'ils séquestrent impunément, depuis l'indépendance chèrement acquise, mais jamais exercée par le peuple, dont ils pillent les richesses, et qu'ils mènent tout droit au chaos, puisque ce pays tout entier ne vit que sur ses ressources hydrocarbures. (98% des recettes du pays proviennent de la vente du pétrole et du gaz)
Bouteflika et son régime, qui poussent le mépris qu'ils ont pour ce peuple jusqu'à le menacer d'une intervention de l'OTAN, si'il ne se rend à leurs urnes savent qu'une abstention massive, pour ces consultations en particulier, sonnerait comme un glas pour leur mainmise sur le pouvoir en Algérie. Ils le savent, parce que leurs partenaires occidentaux, et les Américains en particulier, le leur ont clairement signifié. Finie la complaisance sans limite! Le printemps des peuples, quoiqu'en disent les uns et les autres, car c'en en est, ne leur en déplaise, a bouleversé les sempiternelles données. Les peuples se sont réellement dressés contre l'oppression, bien que maladroitement, bien qu'anarchiquement, et malgré les récupérations fulgurantes qui les ont souvent bridés, malheureusement canalisés, conditionnés, et divisés. Mais pour les puissances occidentales, et les forces noires qui les dirigent d'une main tremblante désormais, il n'est plus question d'improviser. Il n'est plus question de prendre les trains en marche, ni de laisser ouvrir toutes ces boîtes de pandore. A fortiori que le système capitaliste mondial est en fin de ressources, que de profonds bouleversements vont l'affecter de manière parfois incontrôlable pour lui.
L'empire se redéploie !
Et ces forces sont encore plus déterminées à siffler la fin de la récréation que la contagion de ce printemps des peuples commençait à s'étendre jusques au coeur même de leurs propres pays. Jusqu'à la City. C'est dans un tel contexte, et dans le cadre d'objectifs planétaires, que ceux qui dirigent le monde ont pris, ou plutôt repris en main les destinées des peuples qui s'agitent et donnent des signes de vouloir changer leur triste sort.
Les Américains sont dans une guerre, qui ne dit pas son nom, avec la Chine. Et le Maghreb, comme le reste du continent africain, en est devenu un champ de bataille, où l'issue de cet affrontement silencieux, mais non moins redoutable, sera éminemment décisive pour l'avenir. Le continent noir, où d'énormes réserves hydrocarbures attendent leur tour d'être exploitée par les maîtres du monde, sont une place à prendre pour les Chinois, dont l'expansion multidimensionnelle a besoin de bases énergétiques un tant soit peu exclusive. Et ils savent que leur pénétration dans ce continent tout entier doit se faire sur plusieurs fronts, de mille et une manière, et en usant de procédés nouveaux, quasi inusités. De leur côté, les Américains ne peuvent se permettre de laisser faire la Chine. Ce serait pour eux une défaite stratégique sans précédent, et le commencement d'un déclin pourtant annoncé, mais qu'ils retarderont autant qu'ils le pourront. Et pour eux, en la matière, l'Algérie est devenue un pivot stratégique, le pôle central du Maghreb, et leur futur gendarme du Sahel. Et ils ne veulent plus de mauvaises surprises, par conséquent, comme celle de la Tunisie, où ils ont été contraints d'improviser, et de prendre les évènements en marche.
Ils ont laissé une chance au régime algérien, de leur démontrer qu'il contrôle ses populations, en faisant participer celles-ci aux prochaines élections législatives, à un minimum de 40%, avec la participation du FFS, et la présence d'observateurs internationaux. Ce sont là les propre conditions des Américains.
Cette consultation aura, en la circonstance, pour les Américains, valeur de test pour évaluer les capacités du régime algérien, et pour celui-ci, un examen de passage qui décidera de son propre sort. Un test fiable, qui déterminera par conséquent s'ils continueront à faire confiance à ce régime, où à exiger son départ, en même temps qu'ils mettront en place les mécanismes pour s'assurer la désignation de ceux qui seront appelés à le remplacer.
C'est pour cela que ce régime se décuple, qu'il redouble d'efforts, qu'il multiplie ses contacts, et qu'ils dépense des milliards de dollars, pour acheter la participation des "foules", pour reprendre son propre jargon.
Chasser le régime, et refuser le diktat de ses maîtres !
Lors des précédentes élections, celles qui ont désigné l'actuel Parlement, le taux de participation a avoisiné les 30%, dont 10% de bulletins nuls, de l'aveu du régime lui-même. Mais à l'époque le contexte était différent, et le régime n'a pas été gêné le moins du monde, pour valider des élections qui désignaient pourtant le parlement le moins représentatif du monde. Ils l'ont même utilisé, pour violer la Constitution du pays, et annuler l'article qui limitait l'exercice de l'Institution présidentielle à deux mandats. Ce Parlement des copains-coquins, qui ne représentait même pas le cinquième de l'électorat, a ainsi obéi à l'injonction du régime qui l'a mis en place, et à permis au président sortant de briguer un troisième mandat, avec un mépris pour le peuple algérien qui confinait à celui que les colons du 19eme siècle avaient pour les indigènes qu'ils expropriaient, où qu'ils enfumaient, indifféremment.
Aujourd'hui ce serait peu dire que d'affirmer que le peuple algérien est à la croisée des chemins. Selon qu'il opte pour la participation à ces élections où à leur boycott, il s'engagera, dans une voie qui décidera durablement de son destin. En allant voter, il aidera ses propres bourreaux, ceux qui mènent sont pays à la ruine, à se maintenir à sa tête, et à continuer à  piller ses ressources.
La fringale de ce régime à dévaster le pays, et à le conduire vers une impasse économique d'où ne sortira pas entier le peuple algérien s'explique par le fait que les barons du régime sont les premiers à savoir que leur gestion ne peut conduire qu'à une explosion annoncée du pays. C'est pour cela qu'ils mettent les bouchées doubles, et qu'ils placent les milliards de dollars qu'ils ont subtilisés au peuple algériens dans des pays lointains, où ils iront se retirer, avec toute leur engeance, leurs clientèles et leurs parentèles, le jour où le pays sombrera dans le chaos, à Dieu ne plaise. Ce qui est malheureusement inéluctable, avec une telle gestion du pays.
Mais si le peuple algérien se mobilise massivement, qu'il renoue avec ses vertus de courage et d'honneur, avec la maturité politique de ses pères fondateurs, et que ses élites parviennent enfin à se dégager de l'immobilisme honteux dans lequel le régime les a assignées, il faudra qu'il se prépare alors à entreprendre une longue marche, pénible et périlleuse, où des ennemis puissants seront embusqués, pour l'empêcher d'aller vers son plein et entier accomplissement.
Et seule son unité, sa détermination, et son extrême vigilance lui permettront d’accéder à la libération et à la dignité retrouvée. Ce sera extrêmement difficile, mais c'est de ce défi immense que sortira enfin de la vile gangue où il a été empêtré, un peuple algérien enfin libéré de ses chaînes, de toutes ses chaînes.
Djamaleddine Benchenouf
 
Commentaires:

Enregistrer un commentaire

Abonnement Publier les commentaires [Atom]





<< Accueil
"Si vous n’y prenez pas garde, les journaux finiront par vous faire haïr les opprimés et adorer les oppresseurs." Malcom X

Archives
février 2007 / mars 2007 / avril 2007 / mai 2007 / juin 2007 / juillet 2007 / août 2007 / septembre 2007 / octobre 2007 / novembre 2007 / décembre 2007 / janvier 2008 / février 2008 / mars 2008 / avril 2008 / mai 2008 / juin 2008 / septembre 2008 / octobre 2008 / novembre 2008 / décembre 2008 / janvier 2009 / février 2009 / mars 2009 / avril 2009 / mai 2009 / juin 2009 / juillet 2009 / août 2009 / septembre 2009 / octobre 2009 / novembre 2009 / décembre 2009 / janvier 2010 / février 2010 / mars 2010 / avril 2010 / mai 2010 / juin 2010 / juillet 2010 / août 2010 / septembre 2010 / octobre 2010 / novembre 2010 / décembre 2010 / janvier 2011 / février 2011 / mars 2011 / avril 2011 / mai 2011 / juin 2011 / juillet 2011 / août 2011 / septembre 2011 / octobre 2011 / novembre 2011 / décembre 2011 / janvier 2012 / février 2012 / mars 2012 / avril 2012 / mai 2012 / juin 2012 / juillet 2012 / août 2012 / septembre 2012 / octobre 2012 / novembre 2012 / décembre 2012 / janvier 2013 / février 2013 / mars 2013 / avril 2013 / mai 2013 / juin 2013 / juillet 2013 / août 2013 / septembre 2013 / octobre 2013 / novembre 2013 / décembre 2013 / janvier 2014 / février 2014 / mars 2014 / avril 2014 / mai 2014 / juin 2014 / juillet 2014 / août 2014 / septembre 2014 / octobre 2014 / novembre 2014 / décembre 2014 / janvier 2015 / février 2015 / mars 2015 / avril 2015 / mai 2015 / juin 2015 / juillet 2015 / août 2015 / septembre 2015 / octobre 2015 / novembre 2015 / décembre 2015 / janvier 2016 / février 2016 / mars 2016 / avril 2016 / mai 2016 / juin 2016 / juillet 2016 / août 2016 / septembre 2016 / octobre 2016 / novembre 2016 / décembre 2016 / janvier 2017 / février 2017 / mars 2017 / avril 2017 / mai 2017 / juin 2017 / juillet 2017 / août 2017 / septembre 2017 / octobre 2017 /


Powered by Blogger

Abonnement
Articles [Atom]