ELWATAN-ALHABIB
jeudi 1 septembre 2011
 

Pourquoi il faut se débarrasser du



DRS !

In Kalimadz.

21 août 2011

Le général Toufik, ici en compagnie de l’ancien chef du gouvernement, Sid Ahmed Ghozali, et du général Larbi Belkheir, sur le tarmac de l’aéroport d’Alger, le 16 janvier 1992, quelques minutes avant le retour en Algérie de Mohamed Boudiaf.

Par Yahia Bounouar.

Beaucoup en Algérie, du simple citoyen à l’observateur averti, ont du mal à cerner le niveau d’ingérence de l’armée dans la vie politique. Bien que tout le monde connaisse le pouvoir sans limite qui se cache derrière les fameuses trois lettres ( DRS), il leur est difficile de comprendre l’origine de cette puissance.

D’abord il faut savoir que ces fameuses trois lettres cachent une institution militaire.

Le DRS ( Département du Renseignement et de la Sécurité ), dirigé par le général Mohamed Mediene, alias Toufik, est un département regroupant plusieurs services de renseignements. C’est en vérité, un ministère du renseignement à l’intérieur du ministère de la défense. Sa direction la plus importante est la direction chargée du renseignement à l’intérieur (DSI). Elle est dirigée par le général, Abdelkader Kherfi, alias, général Ahmed. Elle fonctionne comme une véritable police politique, chargée de quadriller l’appareil de l’état mais également la société pour assurer la tranquillité du régime. Avec le chef de l’état, Abdelaziz Bouteflika, lui même choisi par l’armée et imposé au peuple par elle, ces deux hommes, ils sont les « hommes forts » de l’Algérie.

L’appareil de l’état sous tutelle

Le DRS constitue un état dans l’état. Il est présent dans chaque Wilaya, et dans chaque Daira, ou l’officier est souvent est plus puissant que le wali lui même et dans tous les cas, plus craint que ce dernier. De de même, y a t il, un officier du DRS dans chaque ministère, dans chaque administration, dans chaque entreprise publique et depuis quelques années, y compris dans les grandes entreprises privées. La ou ils sont, il font la pluie et le beau temps. Ces officiers sont plus craints que les ministres eux mêmes.

La justice bénéficie d’une attention particulière. Appareil de restriction et d’intimidation par excellence, les juges et magistrats qui composent le système judiciaire sont suivis scrupuleusement. Leur évolutions dépend de leur degré d’obéissance aux injonctions du DRS : emprisonner des innocents et libérer des coupables, sans remords ni questions.

De leur « rapports », dépendent, effectivement, les plans de carrière des fonctionnaires et notamment des hauts fonctionnaires, ceux que l’on appelle les cadres supérieurs de l’état. C’est le DRS, une institution militaire, qui décide dans les faits, de l’avancement ou non de la carrière des hauts fonctionnaires en utilisant la fameuse « enquête d’habilitation », de laquelle est tributaire toute nouvelle nomination par décret.

La société civile cadenassée

En ce qui concerne la société civile, La DSI, dispose des différentes structures pour infiltrer, manipuler, orienter, et déstabiliser toute organisation qui émerge dans la société. Il en est ainsi, des paris politiques, des syndicats, des organisations de masses, des unions professionnelles, des organisations des droits de l’homme et d’une manière générale de tout citoyen qui s’intéresse à la vie politique dans son pays.

Comme la justice, les médias bénéficient d’un traitement « spécial ». Une direction, installée à Ben Aknoun et dirigée par le colonel Fouzi, scrute en permanence les journaux, fiche les journaliste en deux catégories : les hostiles et les dociles. Aux uns, le harcèlement, les tracasseries et aux autres la publicité publique et les « articles » préparés. Cette direction va plus loin en refusant aux journalistes professionnels indépendants les agréments pour créer des journaux alors que dans le même temps, ces agréments sont distribués à des milliardaires à la fortune douteuse.

Cette mainmise de la police politique sur l’appareil de l’état et sur la société, fait qu’aujourd’hui, la simple évocation de ces trois lettres ( DRS) suscite la terreur au sein de la population.

Tout cela se fait, bien entendu, en toute illégalité et en violation flagrante et permanente de la constitution, qui reconnaît aux algériens le droit de participer librement à la vie publique dans leur propre pays.

Une configuration d’un autre âge

L’Algérie est un des très rares pays ou la police politique est dirigée et est constituée exclusivement de militaires. En Tunisie et en Egypte, par exemple, les équivalent du DRS existaient mais ils dépendaient du ministère de l’intérieure et non pas de l’armée. Cette ingérence directe de l’armée dans la vie publique, à travers ses services de renseignements ( DRS) est un héritage de dictatures qui n’existent plus, ( l’URSS, Le Chili de Pinochet, la RDA, la Roumanie de Causcescu etc….).

Cette configuration qui n’existe que dans les dernières dictatures les plus féroces ( Birmanie, Corée du Nord,,,,) revient à faire, dans les faits, du responsable du DRS et de celui du directeur du renseignement intérieur, les hommes fort du régime. Voilà comment d’obscurs officiers, inconnus du peuple, élus par personne, ne rendant compte à personne, se retrouvent avec un quasi droit de vie et de mort sur les citoyens. Voilà comment des officiers de renseignements, ne disposant que de compétences en matière de répression et de gestion policière, sans aucune connaissance ni vision politique se retrouvent avec un pouvoir politique inégalé qui engage la destinée de tout un pays.

Ceci dit, l’histoire récente, l’histoire même de ces dictatures, nous montre que lorsque les peuples ont décidé d’en finir, aucune police politique, militaire soit-elle, n’ a pu les sauver. Le DRS ne fera pas exception !

Y.B

 
Commentaires:

Enregistrer un commentaire

Abonnement Publier les commentaires [Atom]





<< Accueil
"Si vous n’y prenez pas garde, les journaux finiront par vous faire haïr les opprimés et adorer les oppresseurs." Malcom X

Archives
février 2007 / mars 2007 / avril 2007 / mai 2007 / juin 2007 / juillet 2007 / août 2007 / septembre 2007 / octobre 2007 / novembre 2007 / décembre 2007 / janvier 2008 / février 2008 / mars 2008 / avril 2008 / mai 2008 / juin 2008 / septembre 2008 / octobre 2008 / novembre 2008 / décembre 2008 / janvier 2009 / février 2009 / mars 2009 / avril 2009 / mai 2009 / juin 2009 / juillet 2009 / août 2009 / septembre 2009 / octobre 2009 / novembre 2009 / décembre 2009 / janvier 2010 / février 2010 / mars 2010 / avril 2010 / mai 2010 / juin 2010 / juillet 2010 / août 2010 / septembre 2010 / octobre 2010 / novembre 2010 / décembre 2010 / janvier 2011 / février 2011 / mars 2011 / avril 2011 / mai 2011 / juin 2011 / juillet 2011 / août 2011 / septembre 2011 / octobre 2011 / novembre 2011 / décembre 2011 / janvier 2012 / février 2012 / mars 2012 / avril 2012 / mai 2012 / juin 2012 / juillet 2012 / août 2012 / septembre 2012 / octobre 2012 / novembre 2012 / décembre 2012 / janvier 2013 / février 2013 / mars 2013 / avril 2013 / mai 2013 / juin 2013 / juillet 2013 / août 2013 / septembre 2013 / octobre 2013 / novembre 2013 / décembre 2013 / janvier 2014 / février 2014 / mars 2014 / avril 2014 / mai 2014 / juin 2014 / juillet 2014 / août 2014 / septembre 2014 / octobre 2014 / novembre 2014 / décembre 2014 / janvier 2015 / février 2015 / mars 2015 / avril 2015 / mai 2015 / juin 2015 / juillet 2015 / août 2015 / septembre 2015 / octobre 2015 / novembre 2015 / décembre 2015 / janvier 2016 / février 2016 / mars 2016 / avril 2016 / mai 2016 / juin 2016 / juillet 2016 / août 2016 / septembre 2016 / octobre 2016 / novembre 2016 / décembre 2016 / janvier 2017 / février 2017 / mars 2017 / avril 2017 / mai 2017 / juin 2017 / juillet 2017 / août 2017 /


Powered by Blogger

Abonnement
Articles [Atom]